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Face aux pressions chinoises, Tokyo et Séoul resserrent les liens

La Première ministre du Japon, Sanae Takaichi, a reçu mardi le prĂ©sident de la CorĂ©e du Sud, Lee Jae Myung, qui ont appelĂ© Ă  resserrer les liens entre les deux pays, en pleine crise diplomatique entre Tokyo et PĂ©kin.Les deux dirigeants se sont serrĂ© la main devant les camĂ©ras avant un entretien dans l’ex-capitale impĂ©riale de Nara, près de Kyoto (ouest du Japon), rĂ©gion natale de la dirigeante nationaliste, a constatĂ© une journaliste de l’AFP sur place.La rencontre intervient alors que les relations entre la Chine et le Japon enregistrent un coup de froid depuis que Mme Takaichi a laissĂ© entendre en novembre que son pays pourrait intervenir militairement si la Chine attaquait TaĂŻwan, considĂ©rĂ©e comme partie intĂ©grante de la Chine par PĂ©kin.La semaine dernière, PĂ©kin a annoncĂ© des contrĂ´les renforcĂ©s sur l’exportation vers le Japon de biens Ă  double usage, civil et militaire, au risque d’affecter l’approvisionnement du Japon en terres rares.”Dans cette situation de plus en plus complexe, au sein d’un ordre international en rapide Ă©volution, nous devons continuer Ă  progresser vers un avenir meilleur (…) la coopĂ©ration entre nos deux pays est plus importante que jamais, et primordiale”, a dĂ©clarĂ© le prĂ©sident sud-corĂ©en au dĂ©but de la rencontre. M. Lee, qui ne souhaite pas se mĂŞler du diffĂ©rend entre PĂ©kin et Tokyo, est au Japon pour deux jours.De son cĂ´tĂ©, Mme Takaichi a dĂ©clarĂ© au prĂ©sident sud-corĂ©en que, “tout en faisant progresser leurs relations bilatĂ©rales, les deux pays devaient coopĂ©rer pour assurer la stabilitĂ© rĂ©gionale et remplir leurs rĂ´les respectifs”.”Face Ă  la dĂ©tĂ©rioration de la situation dans le voisinage de nos deux pays, nos relations bilatĂ©rales, ainsi que la coopĂ©ration entre Japon, CorĂ©e du Sud et Etats-Unis revĂŞtent une importance croissante” et les liens entre Tokyo et SĂ©oul sont “stratĂ©giques”, a-t-elle martelĂ© Ă  l’issue de l’entretien.Selon la prĂ©sidence sud-corĂ©enne, les deux pays sont convenus de renforcer leur coopĂ©ration sur la sĂ©curitĂ© Ă©conomique et l’intelligence artificielle, ainsi que sur les “questions rĂ©gionales et mondiales”.- Restrictions chinoises -Avant sa visite au Japon, M. Lee s’est rendu il y a une semaine en Chine, oĂą il a rencontrĂ© son homologue Xi Jinping et mis en scène leur entente dans des selfies largement partagĂ©s en ligne.Sa visite au Japon peu de temps après sert Ă  “montrer que SĂ©oul ne favorise pas un camp plutĂ´t qu’un autre”, analyse BenoĂ®t Hardy-Chartrand, expert de gĂ©opolitique au campus de l’UniversitĂ© Temple Ă  Tokyo.Pour lui, la Chine s’imposait au menu des discussions Ă  huis clos, “car les mesures de rĂ©torsion de PĂ©kin, y compris les contrĂ´les Ă  l’exportation, auront Ă©galement un impact sur la CorĂ©e”. Les chaĂ®nes d’approvisionnement des trois pays sont imbriquĂ©es, notamment dans l’industrie Ă©lectronique.La rencontre au sommet se dĂ©roule aussi après d’importantes manĹ“uvres militaires chinoises autour de TaĂŻwan et des tirs de missiles balistiques par la CorĂ©e du Nord, dont PĂ©kin est proche, en mer du Japon.Dans un entretien avec la chaĂ®ne publique nippone NHK diffusĂ© lundi, M. Lee a cependant dĂ©clarĂ© qu’il n’avait pas Ă  “intervenir ou s’impliquer” dans la dispute sino-japonaise.Contrairement Ă  son prĂ©dĂ©cesseur, tenant d’une ligne dure avec la CorĂ©e du Nord, il dĂ©fend l’apaisement avec Pyongyang, alors que Tokyo s’inquiète des menaces nord-corĂ©ennes pour la sĂ©curitĂ© rĂ©gionale.Tokyo et SĂ©oul pourraient Ă©galement Ă©voquer les relations avec leur alliĂ© amĂ©ricain. L’imprĂ©visibilitĂ© du prĂ©sident Donald Trump “a remis en question de vieilles certitudes et soulignĂ© l’importance de renforcer leurs liens”, selon M. Hardy-Chartrand.”Sanae Takaichi se mĂ©fiera de la stratĂ©gie de la Chine, conçue pour creuser des divisions entre la RĂ©publique de CorĂ©e et le Japon, et elle voudra rĂ©affirmer le terrain d’entente partagĂ© entre SĂ©oul et Tokyo”, a relevĂ© auprès de l’AFP Yee Kuang Heng, professeur en sĂ©curitĂ© internationale Ă  l’UniversitĂ© de Tokyo.Les relations entre les deux voisins ont longtemps Ă©tĂ© minĂ©es par les questions liĂ©es Ă  l’occupation brutale de la pĂ©ninsule corĂ©enne par le Japon entre 1910 et 1945. L’ancien prĂ©sident conservateur sud-corĂ©en Yoon Suk Yeol avait travaillĂ© Ă  un rĂ©chauffement diplomatique avec Tokyo. M. Lee, son successeur, compare pour sa part la relation entre les deux pays Ă  celle de “voisins partageant un jardin”. Sa visite au Japon est la deuxième depuis aoĂ»t lorsqu’il avait rencontrĂ© le prĂ©dĂ©cesseur de Mme Takaichi, Shigeru Ishiba.

Les tracteurs de retour Ă  Paris pour exprimer la “rĂ©volte” agricole

Environ 350 tracteurs sont entrĂ©s mardi matin dans Paris pour une nouvelle journĂ©e de mobilisation, cette fois-ci aux couleurs de la FNSEA et des Jeunes Agriculteurs, afin d’exiger des “actes concrets et immĂ©diats” du gouvernement qui peine Ă  faire face Ă  la colère agricole.Depuis dĂ©but dĂ©cembre, les manifestations d’agriculteurs se multiplient et les annonces du gouvernement vendredi après des dĂ©filĂ©s de tracteurs de la Coordination rurale puis de la ConfĂ©dĂ©ration paysanne dans la capitale n’ont pas suffi Ă  calmer la colère.”On est au bout du bout, ça fait trois ans qu’on ne dĂ©gage pas de revenu sur nos exploitations. Les politiques sont incapables de nous donner un cap”, a dĂ©clarĂ© mardi devant l’AssemblĂ©e nationale Guillaume Moret, 56 ans, venu en tracteur depuis le Val d’Oise et responsable FNSEA en Ile-de-France.RavivĂ©e par la gestion de la dermatose bovine dans le Sud-Ouest, la contestation est nourrie par la signature prĂ©vue samedi de l’accord de libre-Ă©change UE-Mercosur et plus largement par un ras-le-bol gĂ©nĂ©ral d’une profession confrontĂ©e directement aux alĂ©as climatiques et Ă©conomiques.Venu des dĂ©partements de grande couronne parisienne mais aussi des Hauts-de-France, les tracteurs de la FNSEA se sont installĂ©s non loin de l’AssemblĂ©e nationale, oĂą le Premier ministre SĂ©bastien Lecornu a dĂ©cidĂ© de leur permettre de passer la journĂ©e, selon une source proche du dossier.”La rĂ©volte paysanne reprend”, peut-on lire sur une banderole dĂ©ployĂ©e devant l’AssemblĂ©e nationale, oĂą des prises de parole sont en cours en milieu de matinĂ©e avant une distribution de galette des rois. En 2024, la FNSEA avait dĂ©jĂ  lancĂ© ses tracteurs sur Paris pour demander des revenus, un allègement des normes et des simplifications pour les agriculteurs.- “Retrouver un peu de souffle” -La prĂ©fecture de police, qui a autorisĂ© lundi soir le rassemblement, a recensĂ© 350 tracteurs, tandis que la FNSEA en attend jusqu’Ă  500 mardi, a dĂ©clarĂ© Ă  l’AFP Damien Greffin, vice-prĂ©sident de la FNSEA qui, alliĂ©e aux Jeunes Agriculteurs, domine le syndicalisme agricole.La semaine dernière, les contestataires de la Coordination rurale, deuxième syndicat agricole, avaient eux aussi fait entrer leurs tracteurs venus de toute la France dans Paris, bravant des interdictions de convois de tracteurs et de manifestations non dĂ©clarĂ©es Ă  proximitĂ© des lieux de pouvoir parisiens. Le gouvernement avait assumĂ© de n’avoir pas dispersĂ© le rassemblement devant l’AssemblĂ©e.Mardi, un premier convoi d’une quinzaine de tracteurs FNSEA/JA venus des Yvelines est entrĂ© dans Paris peu avant 06H00. Vite rejoints par des dizaines d’autres, ils ont descendu les Champs-ElysĂ©es en klaxonnant.”On ne partira pas sans des mesures qui nous permettent de retrouver un peu de souffle”, a dĂ©clarĂ© Guillaume Moret. Certains, Ă©quipĂ©s de remorques, ont prĂ©vu matelas et duvets.La porte-parole du gouvernement Maud Bregeon a assurĂ© sur TF1 que les annonces dĂ©jĂ  faites aux agriculteurs ne valaient “pas solde de tout compte”, citant notamment l’eau et l’adaptation au changement climatique, et que “le dialogue” continuait.La FNSEA demande “une loi spĂ©ciale” pour aborder “la prĂ©dation du loup, les moyens de production et le sujet de l’eau”, explique son vice-prĂ©sident Damien Greffin.Le gouvernement a annoncĂ© vendredi un paquet de “300 millions d’euros”, largement dĂ©pendant du vote du budget, ainsi qu’une augmentation du nombre de loups qu’il est possible de tuer et des mesures pour “dĂ©bloquer” des projets destinĂ©s Ă  irriguer les cultures.La FNSEA veut Ă©galement “un moratoire sur l’ensemble des sujets eau” et la “suspension de la dernière version de la directive nitrates”, qui Ă©tablit notamment les plans d’Ă©pandages d’engrais, poursuit M. Greffin.- Barrages filtrants -Ă€ quelques jours de la signature de l’accord UE-Mercosur, samedi au Paraguay, les agriculteurs ont aussi multipliĂ© leurs opĂ©rations de protestation ailleurs en France, sur des routes ou dans des port pour des contrĂ´les sauvages de marchandises.Au Havre, ils ont dĂ©couvert “des produits qui n’ont pas les mĂŞmes normes de production” que les nĂ´tres, avait dĂ©plorĂ© auprès de l’AFP Justin LemaĂ®tre, secrĂ©taire gĂ©nĂ©ral des Jeunes Agriculteurs en Seine-Maritime.Pour ses dĂ©tracteurs, le traitĂ© commercial va bousculer l’agriculture europĂ©enne avec des produits importĂ©s – bĹ“uf, sucre, volailles – moins chers et pas forcĂ©ment respectueux des normes de l’UE, faute de contrĂ´les suffisants.A l’autre bout de la France, le barrage agricole sur l’A64 près de Toulouse Ă©tait lui en cours de dĂ©mantèlement par les forces de l’ordre mardi. “Nous sommes encerclĂ©s par les gendarmes”, a dĂ©clarĂ© par tĂ©lĂ©phone Ă  l’AFP JĂ©rĂ´me Bayle, porte-voix des “Ultras de l’A64” qui tiennent ce barrage depuis le 12 dĂ©cembre.

A l’AssemblĂ©e, le retour pĂ©rilleux du budget… en attendant le 49.3 ?

Faute d’accord trouvĂ© en fin d’annĂ©e, le projet de budget de l’Etat revient mardi dans l’hĂ©micycle de l’AssemblĂ©e nationale, sans majoritĂ© en vue et avec, en toile de fond, un recours au 49.3 qui paraĂ®t de plus en plus difficile Ă  Ă©viter.Un moment dĂ©cisif pour le Premier ministre SĂ©bastien Lecornu, de nouveau sous la menace d’ĂŞtre censurĂ©, et qui joue sa crĂ©dibilitĂ©.”Rien n’est exclu”, a rĂ©pĂ©tĂ© mardi la porte-parole du gouvernement Maud Bregeon sur TF1 Ă  propos du recours au 49.3 ou mĂŞme aux ordonnances, ces textes Ă©dictĂ©s par le gouvernement sans l’aval du Parlement. “Mais personne ne pourra faire l’Ă©conomie du compromis, quelle que soit la procĂ©dure lĂ©gislative que vous utilisez, vous devez vous mettre d’accord sur le fond du budget”, a-t-elle insistĂ©.La loi spĂ©ciale, votĂ©e dans l’urgence fin dĂ©cembre, a assurĂ© la continuitĂ© des actions de l’Etat et des administrations, mais ne permet que de pallier temporairement l’absence de vĂ©ritable texte budgĂ©taire. Dans une sĂ©quence budgĂ©taire Ă  rallonge, le gouvernement veut aller vite, il assure mĂŞme qu’il y aura un budget “fin janvier”. Son objectif: ramener le dĂ©ficit sous la barre des 5% en 2026, contre 5,4% en 2025.En fin d’après-midi mardi, les dĂ©putĂ©s entameront donc une nouvelle lecture du projet de loi de Finances, en prĂ©sence du Premier ministre.Les dĂ©putĂ©s, qui avaient rejetĂ© Ă  la quasi-unanimitĂ© le texte en première lecture, repartiront de la version du SĂ©nat et commenceront par examiner en prioritĂ© les articles relatifs aux collectivitĂ©s.Les Ă©conomies Ă  demander aux collectivitĂ©s territoriales, largement rĂ©duites par le SĂ©nat par rapport Ă  la proposition initiale du gouvernement, “font partie des quelques points bloquants”, selon Mme Bregeon. Autre point bloquant, les mesures fiscales, au cĹ“ur des tensions entre la droite et les socialistes. Celles-ci seront de facto dĂ©battues plus tard, comme la surtaxe sur les bĂ©nĂ©fices des entreprises que les socialistes veulent porter Ă  huit milliards d’euros.”A J-1 de l’examen, nous sommes encore loin d’un compromis. La droite rĂ©publicaine reste accrochĂ©e Ă  ses positions”, soulignait lundi Ă  l’AFP la nĂ©gociatrice PS Estelle Mercier, Ă  l’issue d’une rĂ©union organisĂ©e par Bercy entre forces politiques, de LR aux socialistes, pour trouver des “convergences”.- FĂ©brilitĂ© -L’exĂ©cutif continue d’afficher sa volontĂ© d’aboutir Ă  un accord pour faire voter le budget, alors mĂŞme qu’un tel scĂ©nario semble impossible, les Ă©cologistes et les communistes ayant martelĂ© leur opposition. Ainsi le recours Ă  l’article 49.3 de la Constitution semble quasi inĂ©luctable pour doter la France d’un budget.Plusieurs responsables, Ă  l’image de l’ancien prĂ©sident socialiste François Hollande ou de l’ex‑Premier ministre LR Michel Barnier, pressent le gouvernement d’abrĂ©ger les dĂ©bats en recourant rapidement Ă  cet outil qui lui permet de faire adopter un texte sans vote mais l’expose Ă  une motion de censure.Pour SĂ©bastien Lecornu, c’est en effet prendre le risque d’ĂŞtre renversĂ©. Mais aussi de se dĂ©dire puisqu’il s’Ă©tait engagĂ© Ă  ne pas utiliser ce 49.3 en Ă©change de la clĂ©mence des socialistes.”Les Ă©tapes qui viennent seront importantes sur sa popularitĂ©, sur l’image qu’il renvoie”, affirme Ă  l’AFP une ministre.Signe de fĂ©brilitĂ© ? L’exĂ©cutif a agitĂ© vendredi la menace d’une nouvelle dissolution en cas de censure du gouvernement, faisant savoir qu’il se prĂ©parait Ă  des lĂ©gislatives anticipĂ©es en mĂŞme temps que les municipales en mars.Sebastien Lecornu a peu Ă  craindre de deux motions de censure du Rassemblement national et de La France insoumise, sur la question de l’accord de libre-Ă©change Mercosur, depuis que les socialistes ont affichĂ© leur intention de ne pas voter ces motions qui devraient ĂŞtre examinĂ©es mercredi.- Faire trainer -L’inquiĂ©tude est autre sur le budget. Le rejet du texte la semaine dernière en commission a encore renforcĂ© les interrogations.Faut‑il laisser les dĂ©bats se dĂ©rouler ou Ă©courter sans tarder ? L’exĂ©cutif semble, pour l’heure, privilĂ©gier la première option.Selon une ministre, le gouvernement choisira son moment pour actionner le 49.3 en fonction du “climat” ambiant, alors que la colère agricole persiste et que de nouveaux tracteurs sont attendus mardi matin Ă  Paris.SĂ©bastien Lecornu “veut traĂ®ner le plus longtemps possible”, confie Ă  l’AFP l’un de ses proches. Recourir au 49.3 serait un “Ă©chec” pour lui, et “s’il l’utilise, c’est qu’il est allĂ© jusqu’au bout ”.Un jeu dĂ©licat s’est instaurĂ© entre SĂ©bastien Lecornu et le premier secrĂ©taire du PS Olivier Faure qui a de nouveau refusĂ© dimanche d’appeler explicitement Ă  son utilisation.Pour les socialistes, la question centrale demeure la version du texte que l’exĂ©cutif mettra sur la table, pour appuyer ou non sur le bouton censure.

Les tracteurs de retour à Paris pour exprimer la colère agricole

Environ 350 tracteurs sont entrĂ©s dans Paris pour une nouvelle journĂ©e de mobilisation agricole, cette fois-ci aux couleurs de la FNSEA et des Jeunes Agriculteurs, afin d’exiger des “actes concrets et immĂ©diats” du gouvernement qui peine Ă  faire face Ă  la colère agricole.Peu après 8H00, quelque 250 tracteurs tracteurs Ă©taient arrivĂ©s au Quai d’Orsay, non loin de l’AssemblĂ©e nationale, sur les 350 recensĂ©s par les forces de l’ordre comme participant Ă  la mobilisation, selon un point de la prĂ©fecture de police.Ces tracteurs arrivent du Nord, de l’Eure-et-Loir, du Loiret et des dĂ©partements de la grande couronne parisienne et sont escortĂ©s par la police, jusqu’au quai d’Orsay oĂą se trouve leur point de rassemblement.A 7H30, une file ininterrompue de tracteurs s’Ă©tirait depuis l’AssemblĂ©e nationale, devant laquelle a Ă©tĂ© dĂ©ployĂ©e une banderole “La rĂ©volte paysanne reprend”, a constatĂ© une journaliste de l’AFP.Un premier convoi d’une quinzaine de tracteurs arborant des drapeaux de la FNSEA et des Jeunes Agriculteurs et issus des Yvelines Ă©tait entrĂ© dans Paris peu avant 06H00. Vite rejoints par des dizaines d’autres vĂ©hicules, ils ont remontĂ© l’avenue Foch et les Champs-ElysĂ©es en klaxonnant abondamment, escortĂ©s par des camions de CRS.”Pas de pays sans paysan”, “pas de paysan => pas d’alimentation”, indiquait un panneau accrochĂ© Ă  l’un des tracteurs. Certains agriculteurs, Ă©quipĂ©s de remorques, ont mĂŞme prĂ©vu matelas et duvets pour prolonger la journĂ©e de mobilisation.”Si on veut garder la souverainetĂ© alimentaire, qu’on nous laisse exercer notre mĂ©tier”, dit Ă  l’AFP Fabrice Moulin, 52 ans, qui cultive des cĂ©rĂ©ales dans l’Eure, Ă  proximitĂ© des Yvelines. “On n’est pas pour l’anarchie mais trop de règles tue les règles. Aujourd’hui, on ne vit plus de notre activitĂ©”, ajoute-t-il, Ă©voquant le chapelet de mauvaises nouvelles pour l’agriculture : crise sanitaire liĂ©e Ă  la dermatose nodulaire contagieuse (DNC), l’accroissement du coĂ»t des engrais, l’accord UE-Mercosur en passe d’ĂŞtre signĂ©. Pour Baptiste Zado, qui exploite une ferme en polyculture et Ă©levage avec son père dans les Yvelines, en rĂ©gion parisienne, “on a besoin qu’on nous sĂ©curise le marchĂ© français. L’Ă©levage français doit passer avant l’Ă©levage brĂ©silien”. “On ne peut plus se serrer la ceinture”, affirme ce membre des Jeunes Agriculteurs.L’action a lieu Ă  l’initiative de la FRSEA Grand bassin parisien, une entitĂ© englobant l’Ile-de-France et des dĂ©partements de rĂ©gions voisines, qui rĂ©clame des actes pour dĂ©fendre la souverainetĂ© alimentaire. Des actions coup de poing ont dĂ©jĂ  eu lieu de la part de la Coordination rurale et de la ConfĂ©dĂ©ration paysanne.A l’autre bout de la France, le barrage agricole sur l’A64 près de Toulouse Ă©tait lui en cours de dĂ©mantèlement par les forces de l’ordre mardi, un mois après avoir Ă©tĂ© Ă©rigĂ©, a-t-on appris de sources concordantes. “Nous sommes encerclĂ©s par les gendarmes”, a dĂ©clarĂ© par tĂ©lĂ©phone Ă  l’AFP JĂ©rĂ´me Bayle, porte-voix des “Ultras de l’A64” qui tiennent ce barrage depuis le 12 dĂ©cembre. Les journalistes sont maintenus Ă  l’Ă©cart.- “Colère lĂ©gitime” -Ă€ quelques jours de la signature de l’accord UE-Mercosur, samedi au Paraguay, les agriculteurs ont multipliĂ© leurs opĂ©rations de protestation, comme au Havre, premier port français de commerce, oĂą des filtrages ont Ă©tĂ© mis en place, sans bloquer l’activitĂ©, toutefois: depuis ce weekend, des agriculteurs “contrĂ´lent” les camions frigorifiques et vĂ©rifient la provenance des produits.Ils ont dĂ©couvert “des produits qui n’ont pas les mĂŞmes normes de production” que les nĂ´tres, avait dĂ©plorĂ© auprès de l’AFP Justin LemaĂ®tre, secrĂ©taire gĂ©nĂ©ral des Jeunes Agriculteurs en Seine-Maritime, rĂ©clamant “que l’importation respecte nos standards de production”.Pour les dĂ©tracteurs du traitĂ© commercial avec les pays du Mercosur (Argentine, BrĂ©sil, Paraguay, Uruguay), cet accord va bousculer l’agriculture europĂ©enne avec des produits importĂ©s moins chers et pas forcĂ©ment respectueux des normes de l’UE, faute de contrĂ´les suffisants.Les ports de Bayonne, La Rochelle, ont Ă©galement Ă©tĂ© le théâtre de blocages de la part de divers syndicats agricoles, lesquels ont mobilisĂ© devant les prĂ©fectures ou sur les routes Ă  Metz, Pau, PĂ©rigueux, Poitiers, Dax et Limoges.Cette nouvelle mobilisation, dĂ©butĂ©e en dĂ©cembre dans le Doubs puis en Ariège en opposition Ă  la gestion gouvernementale de la dermatose nodulaire contagieuse (DNC) bovine, s’Ă©tait musclĂ©e la semaine dernière avec l’entrĂ©e de tracteurs dans Paris.”La colère des agriculteurs est profonde et leurs revendications sont lĂ©gitimes, et nous les entendons au plus haut niveau du gouvernement”, a rĂ©pondu lundi matin sur BFMTV la ministre de l’Agriculture Annie Genevard, après avoir annoncĂ© vendredi des mesures en faveur des cĂ©rĂ©aliers, des viticulteurs ou encore des Ă©leveurs, sans calmer la mobilisation.bur-ngu-sb-meh-sm/ak/apz/

Les rĂ©seaux sociaux nuisent gravement Ă  la santĂ© des ados, alerte l’Anses

L’usage des rĂ©seaux sociaux nuit Ă  la santĂ© mentale des adolescents, en particulier celle des filles, estime l’agence française de sĂ©curitĂ© sanitaire, au moment oĂą plusieurs textes visant Ă  les interdire pour les moins de 15 ans sont en prĂ©paration. S’ils ne sont pas la cause unique de la dĂ©gradation de la santĂ© mentale des ados, les effets nĂ©gatifs des rĂ©seaux sociaux, tout rĂ©cemment proscrits pour les moins de 16 ans en Australie, sont “nombreux” et “documentĂ©s”, affirme l’Anses dans un avis publiĂ© mardi, fruit de cinq ans de travaux d’un comitĂ© d’experts pluridisciplinaire.Comme l’avait prĂ©conisĂ© en septembre la commission d’enquĂŞte parlementaire sur TikTok, l’interdiction des rĂ©seaux sociaux aux moins de 15 ans fait actuellement l’objet de deux textes de loi: l’un initiĂ© par le prĂ©sident Emmanuel Macron, l’autre par le groupe Renaissance de Gabriel Attal et d’autres au SĂ©nat. L’Anses prĂ©conise d'”agir Ă  la source” pour que les mineurs n’accèdent qu’Ă  des “rĂ©seaux sociaux conçus et paramĂ©trĂ©s pour protĂ©ger leur santĂ©”.Cela implique que les plateformes modifient algorithmes de personnalisation de contenu, techniques d’interfaces persuasives et paramĂ©trages par dĂ©faut, souligne l’agence, dont les travaux Ă©clairent les dĂ©cisions publiques.”Cette Ă©tude donne des arguments scientifiques au dĂ©bat sur les rĂ©seaux sociaux des dernières annĂ©es: elle est basĂ©e sur 1.000 Ă©tudes qui ont Ă©tĂ© dĂ©cortiquĂ©es” et documentent “les effets sur la santĂ©”, a affirmĂ© Olivia Roth-Delgado, coordinatrice de l’expertise, lors d’une confĂ©rence de presse.L’enjeu est de crĂ©er un cadre de gouvernance “Ă  la hauteur des enjeux”, a martelĂ© Olivier Merckel, chef de l’unitĂ© Evaluation des risques liĂ©s aux agents physiques, soulignant qu’instaurer “des mesures rĂ©glementaires et des actions de contrĂ´le robustes” pour protĂ©ger la santĂ© des mineurs “incombe aux plateformes”.Celles-ci doivent dĂ©ployer “des systèmes fiables de vĂ©rification de l’âge et de recueil du consentement parental” afin de respecter la rĂ©glementation europĂ©enne sur les services numĂ©riques (DSA) et le règlement gĂ©nĂ©ral sur la protection des donnĂ©es (RGPD). Ce dernier prĂ©voit une inscription possible Ă  partir de 13 ans, avec une validation parentale entre 13 et 15 ans.- “Les filles plus impactĂ©es” -Pour l’agence sanitaire, les “systèmes de captation de l’attention” des plateformes “exploitent des vulnĂ©rabilitĂ©s propres” aux adolescents (tendance Ă  prendre des risques, Ă  la comparaison sociale, importance du jugement des pairs) alors qu’ils n’ont pas les “capacitĂ©s de rĂ©gulation Ă©motionnelle et comportementale” des adultes.Les rĂ©seaux sociaux consultĂ©s via un smartphone, sur lequel la moitiĂ© des 12-17 ans passent deux Ă  cinq heures par jour, sont une “caisse de rĂ©sonance inĂ©dite” qui renforce les stĂ©rĂ©otypes, met en avant des comportements Ă  risque et favorise le cyberharcèlement.Ceci dĂ©coule d’un modèle Ă©conomique “maximisant le temps d’utilisation” Ă  des fins lucratives et de “stratĂ©gies de captation de l’attention” (dĂ©filement infini des contenus, contenus ultra personnalisĂ©s…) incitant les adolescents Ă  rester sur les rĂ©seaux sociaux au dĂ©triment de leur sommeil. Cela induit somnolence, irritabilitĂ©, tristesse et “favorise des symptĂ´mes dĂ©pressifs”, rappelle l’Anses.En outre, les contenus vĂ©hiculent des “idĂ©aux normatifs” inatteignables, intĂ©riorisĂ©s par les filles, via des images retouchĂ©es, pouvant “engendrer une dĂ©valorisation de soi”, “terrain fertile” pour les symptĂ´mes dĂ©pressifs et les troubles alimentaires.Les algorithmes de personnalisation des contenus exposent certains mineurs Ă  des publications incitant au suicide, Ă  l’automutilation ou Ă  des comportements Ă  risques (dĂ©fis dangereux, consommation de drogues, alcool, tabac, cannabis…) et aux cyberviolences (insultes, rumeurs, exclusion, chantage, images intimes diffusĂ©es sans consentement), amplifiĂ©es par l’anonymat et la facilitĂ© de diffusion des menaces. Plus utilisatrices des rĂ©seaux sociaux que les garçons, davantage objets de “pression sociale liĂ©e aux stĂ©rĂ©otypes de genre” et plus cyberharcelĂ©es, les filles sont “plus impactĂ©es”, constate l’Anses, Ă  l’instar des personnes LGBTQI et des jeunes ayant dĂ©jĂ  des troubles psychiatriques.Pour l’agence, les contenus dĂ©lĂ©tères pour la santĂ© (violents, pornographiques, haineux, harcèlement, conduites Ă  risques, jeux d’argent, rĂ©gimes alimentaires extrĂŞmes…) doivent ĂŞtre interdits. Il y a urgence, alors que l’IA redouble le danger: “Perte de pensĂ©e critique, gĂ©nĂ©ration de stĂ©rĂ©otypes ou contenus dangereux…”.

Iran: la rĂ©pression s’accentue, Trump menace les partenaires de TĂ©hĂ©ran de sanctions

Le prĂ©sident amĂ©ricain Donald Trump a menacĂ© lundi les partenaires commerciaux de l’Iran de sanctions douanières, au moment oĂą selon une ONG le bilan de la rĂ©pression des manifestations contre le pouvoir dĂ©passe les 600 morts.Donald Trump, qui a menacĂ© plusieurs fois d’intervenir militairement, a annoncĂ© lundi que tout pays commerçant avec l’Iran serait frappĂ© …

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Crise USA-Venezuela: Trump recevra l’opposante Machado, libĂ©ration de dĂ©tenus politiques

Le prĂ©sident amĂ©ricain Donald Trump va recevoir jeudi la cheffe de l’opposition vĂ©nĂ©zuĂ©lienne et prix Nobel de la paix Maria Corina Machado, au moment oĂą les libĂ©rations de dĂ©tenus politiques au Venezuela se poursuivent au compte-gouttes.Le prĂ©sident amĂ©ricain a laissĂ© entendre qu’elle pourrait lui remettre sa distinction, alors qu’il l’a Ă©cartĂ©e pour le moment des …

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Aux Etats-Unis, une fronde se lève pour préserver la Fed face à Trump

Des personnalitĂ©s amĂ©ricaines de tous bords ont dĂ©fendu lundi avec force l’indĂ©pendance de la banque centrale des Etats-Unis, selon elles menacĂ©es par une tentative de dĂ©stabilisation inĂ©dite du gouvernement Trump.En rendant publique dimanche soir une procĂ©dure lancĂ©e Ă  son encontre par le ministère amĂ©ricain de la Justice, le prĂ©sident de la RĂ©serve fĂ©dĂ©rale (Fed) Jerome Powell a dĂ©clenchĂ© une foule de marques de soutien.Ses prĂ©dĂ©cesseurs Ă  la Fed ont dĂ©noncĂ© une instrumentalisation de la justice “sans prĂ©cĂ©dent” visant Ă  “saper l’indĂ©pendance” de l’institution monĂ©taire. Une telle dĂ©marche “n’a pas sa place aux Etats-Unis”, ont affirmé dans un communiquĂ© Alan Greenspan, Ben Bernanke et Janet Yellen, associĂ©s Ă  d’autres personnalitĂ©s Ă©conomiques de premier plan.”L’histoire nous montre que quand des tentatives indues de peser sur la politique monĂ©taire parviennent Ă  leurs fins, cela conduit souvent Ă  des rĂ©sultats très regrettables, notamment une instabilitĂ© Ă©conomique et une inflation Ă©levĂ©e”, a dĂ©clarĂ© de son cĂ´tĂ© un haut responsable actuel de la banque centrale, le prĂ©sident de la Fed de New York John Williams, lors d’un Ă©vĂ©nement organisĂ© dans sa ville.  Quant au gouverneur de la Banque de France, François Villeroy de Galhau, il a qualifiĂ© Jerome Powell de “modèle d’intĂ©gritĂ©”.- Des rĂ©publicains se rebiffent -Des parlementaires rĂ©publicains ont aussi manifestĂ© leur dĂ©sapprobation, alors que le parti prĂ©sidentiel a jusqu’ici peu rĂ©sistĂ© aux initiatives de la Maison Blanche.”Les enjeux sont trop Ă©levĂ©s pour fermer les yeux: si la RĂ©serve fĂ©dĂ©rale perd son indĂ©pendance, la stabilitĂ© de nos marchĂ©s et de l’Ă©conomie dans son ensemble en souffrira”, a Ă©crit sur X la sĂ©natrice de l’Alaska Lisa Murkowski.Comme son collègue Thom Tillis, elle a prĂ©venu qu’elle n’adouberait aucun candidat de Donald Trump Ă  un poste au sommet de la Fed tant que cette affaire perdurera.Le chef d’Etat peut annoncer Ă  tout moment le nom de la personne qu’il veut voir prendre la suite de Jerome Powell, dont le mandat de prĂ©sident prend fin en mai.Donald Trump a lui-mĂŞme prĂ©sentĂ© son conseiller Ă©conomique Kevin Hassett comme favori mais il mĂ©nage un certain suspens.Il veut une “colombe” dĂ©complexĂ©e Ă  la tĂŞte de la Fed, soit, dans le jargon de banque centrale, une personne fermement dĂ©cidĂ©e Ă  rĂ©duire les taux d’intĂ©rĂŞt, peu regardante sur le niveau de l’inflation. – “PrĂ©texte” -C’est par une dĂ©claration solennelle filmĂ©e que le très pondĂ©rĂ© Jerome Powell a annoncĂ© dimanche soir que le ministère de la Justice avait lancĂ© une enquĂŞte pouvant conduire Ă  des poursuites pĂ©nales Ă  son encontre.Il a affirmĂ© sans dĂ©tour que la procĂ©dure Ă©tait fondĂ©e sur un “prĂ©texte”, l’important coĂ»t des travaux de rĂ©novation du siège de la Fed Ă  Washington, qui cache selon lui la raison vĂ©ritable: l’institution n’a pas fourni Ă  Donald Trump les baisses de taux d’intĂ©rĂŞt qu’il attendait.Ce nouveau rebondissement a surpris les investisseurs, qui apprĂ©cient gĂ©nĂ©ralement les baisses de taux directeurs mais sont aussi attachĂ©s Ă  l’indĂ©pendance de la Fed, garde-fou contre l’inflation.Après une ouverture dans le rouge, la Bourse de New York a toutefois renversĂ© la vapeur et terminĂ© en hausse.”Les marchĂ©s se disent que cette enquĂŞte aura peu, voire pas d’impact sur l’indĂ©pendance de la Fed” au bout du compte, selon Bernard Yaros, d’Oxford Economics. Outre Jerome Powell, Donald Trump a tentĂ© de rĂ©voquer une autre responsable de la Fed, Lisa Cook. L’affaire arrive ce mois-ci devant la Cour suprĂŞme.

Iran: la rĂ©pression s’accentue, Trump menace les partenaires de TĂ©hĂ©ran de sanctions

Le prĂ©sident amĂ©ricain Donald Trump a menacĂ© lundi les partenaires commerciaux de l’Iran de sanctions douanières, au moment oĂą selon une ONG le bilan de la rĂ©pression des manifestations contre le pouvoir dĂ©passe les 600 morts.Donald Trump, qui a menacĂ© plusieurs fois d’intervenir militairement, a annoncĂ© lundi que tout pays commerçant avec l’Iran serait frappĂ© de droits de douane de 25% par les Etats-Unis.”Cette dĂ©cision est dĂ©finitive” et “prend effet immĂ©diatement”, a affirmĂ© le prĂ©sident amĂ©ricain sur son rĂ©seau Truth Social, une mesure susceptible de frapper notamment la Chine, principal partenaire commercial de l’Iran.Lundi, les autoritĂ©s iraniennes ont tentĂ© de reprendre le contrĂ´le de la rue en organisant des rassemblements massifs Ă  travers le pays. A l’appel du prĂ©sident Massoud Pezeshkian, des milliers d’Iraniens ont envahi selon les images de la tĂ©lĂ©vision d’Etat la place de la RĂ©volution, au coeur de TĂ©hĂ©ran, en soutien au pouvoir confrontĂ© Ă  l’un de ses plus grands dĂ©fis depuis la proclamation de la RĂ©publique islamique en 1979.Leur mobilisation est un “avertissement” aux Etats-Unis, a rĂ©agi le guide suprĂŞme, l’ayatollah Ali Khamenei.Dans la capitale, au milieu de drapeaux de la RĂ©publique islamique et de slogans “Mort Ă  l’AmĂ©rique”, la foule a rĂ©citĂ© des prières pour les membres des forces de sĂ©curitĂ© tuĂ©s dans ce que le gouvernement qualifie “d’Ă©meutes”. Des dizaines sont morts au total, selon la presse iranienne.L’Iran mène une guerre contre des “terroristes”, a lancĂ© sur place le prĂ©sident du Parlement, Mohammad Bagher Ghalibaf, menaçant d’infliger Ă  Donald Trump une leçon “inoubliable” en cas d’attaque amĂ©ricaine.D’autres rassemblements similaires ont eu lieu dans plusieurs villes, d’après les mĂ©dias officiels, tandis que le gouvernement a dĂ©crĂ©tĂ© trois jours de deuil national.- PrĂŞts pour “la guerre” -Dans le mĂŞme temps, dĂ©nonce l’ONG Iran Human Rights (IHR), la rĂ©pression du mouvement dĂ©butĂ© le 28 dĂ©cembre contre le marasme Ă©conomique et dĂ©fiant dĂ©sormais ouvertement le pouvoir, s’intensifie. L’organisation dit avoir confirmation de la mort de 648 manifestants au total – et d’environ 10.000 arrestations. Son bilan prĂ©cĂ©dent faisait Ă©tat de 192 tuĂ©s.Mais la rĂ©alitĂ© pourrait ĂŞtre bien plus noire, craint IRH, Ă©voquant des rapports pour l’heure non confirmĂ©s allant jusqu’Ă  6.000 morts. Les autoritĂ©s ont imposĂ© une coupure totale des communications internet depuis le 8 janvier, compliquant la collecte d’informations. Sur une vidĂ©o authentifiĂ©e dimanche par l’AFP, on voit des dizaines de corps enveloppĂ©s dans des sacs noirs devant une morgue de la capitale, et ce qui semble ĂŞtre des Iraniens Ă  la recherche de leurs proches disparus.Le Centre pour les droits de l’homme en Iran (CHRI), dont le siège est Ă  New York, a affirmĂ© dimanche que les hĂ´pitaux Ă©taient “dĂ©bordĂ©s” par l’afflux de manifestants blessĂ©s et que les rĂ©serves de sang diminuaient.A Paris, le prĂ©sident français Emmanuel Macron a condamnĂ© “la violence d’Etat qui “frappe aveuglĂ©ment” les manifestants, et Londres a fustigĂ© “l’horrible” rĂ©pression, appelant Ă  “cesser immĂ©diatement les violences”. L’Union europĂ©enne a dit envisager “de nouvelles sanctions, plus sĂ©vères” contre l’Iran.En Ă©cho Ă  TĂ©hĂ©ran, Moscou a de son cĂ´tĂ© dĂ©noncĂ© les “tentatives d’ingĂ©rence extĂ©rieures”.Les autoritĂ©s iraniennes ont convoquĂ© lundi des ambassadeurs ou chargĂ©s d’affaires d’Allemagne, de France, d’Italie, de Grande-Bretagne, en poste Ă  TĂ©hĂ©ran, pour protester contre le soutien affichĂ© aux manifestants.Le personnel diplomatique non essentiel de l’ambassade de France a par ailleurs quittĂ© le pays, selon deux sources informĂ©es du dossier.Après les menaces rĂ©pĂ©tĂ©es de Donald Trump, le chef de la diplomatie iranienne Abbas Araghchi a affirmĂ© que son pays “ne cherchait pas la guerre”, mais y Ă©tait “tout Ă  fait prĂ©parĂ©”, tout en laissant la porte ouverte Ă  des nĂ©gociations.- “Ligne rouge franchie” -Selon la Maison Blanche, des frappes aĂ©riennes pour mettre fin Ă  la rĂ©pression du mouvement sont toujours sur la table. Toutefois, “la diplomatie est toujours la première option pour le prĂ©sident”, a dĂ©clarĂ© lundi la porte-parole Karoline Leavitt, le pouvoir iranien adoptant un “ton très diffĂ©rent” lors de discussions privĂ©es avec l’Ă©missaire amĂ©ricain, Steve Witkoff.Les Etats-Unis avaient menĂ© en juin des frappes contre les installations nuclĂ©aires iraniennes, aux cĂ´tĂ©s de son alliĂ© IsraĂ«l.La vague de contestation survient dans un pays affaibli par cette guerre de 12 jours et les coups portĂ©s Ă  plusieurs de ses alliĂ©s rĂ©gionaux, ainsi que par les sanctions liĂ©es Ă  son programme nuclĂ©aire, rĂ©tablies en septembre par l’ONU.Le fils de l’ancien chah d’Iran, chassĂ© du pouvoir en 1979, et figure de l’opposition iranienne en exil aux Etats-Unis, Reza Pahlavi, a exhortĂ© sur les rĂ©seaux sociaux les forces armĂ©es et de sĂ©curitĂ© Ă  “se tenir aux cĂ´tĂ©s du peuple”.Dans une interview sur CBS News, il a mis en garde contre un pouvoir iranien qui “tente de duper le monde en faisant croire une nouvelle fois qu’il est prĂŞt Ă  nĂ©gocier”.Donald Trump “sait ce qui est en jeu”, ajoute l’ancien prince hĂ©ritier, estimant que “la ligne rouge qui avait Ă©tĂ© tracĂ©e a Ă©tĂ© clairement franchie par ce rĂ©gime”.Ce mouvement est d’une ampleur sans prĂ©cĂ©dent depuis celui qui avait Ă©branlĂ© l’Iran après la mort en septembre 2022 de la jeune Kurde Mahsa Amini, arrĂŞtĂ©e par la police des moeurs pour avoir prĂ©tendĂ»ment enfreint le code vestimentaire imposĂ© aux femmes.

PlongĂ© dans l’incertitude, le Hamas en quĂŞte d’une nouvelle hiĂ©rarchie

Le Hamas prĂ©pare des Ă©lections internes dans les semaines Ă  venir après des mois de direction collĂ©giale, avec notamment pour objectif de s’assurer un rĂ´le Ă  l’avenir dans la bande de Gaza, dĂ©truite par la guerre avec IsraĂ«l.L’attaque du 7 octobre 2023 sur IsraĂ«l par le mouvement islamiste palestinien a dĂ©clenchĂ© la guerre. Deux ans et …

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