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Trump demande à la Syrie une normalisation avec Israël après l’annonce d’une levée des sanctions

Donald Trump a rencontré mercredi à Doha le président syrien islamiste Ahmad al-Chareh, lui réclamant de normaliser ses relations avec Israël, après avoir annoncé une levée des sanctions contre son pays, dans un changement de cap majeur.Sitôt arrivé au Qatar après une visite en Arabie saoudite, le président américain a par ailleurs annoncé que la …

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Trump demande à la Syrie une normalisation avec Israël après l’annonce d’une levée des sanctions

Donald Trump a rencontré mercredi à Doha le président syrien islamiste Ahmad al-Chareh, lui réclamant de normaliser ses relations avec Israël, après avoir annoncé une levée des sanctions contre son pays, dans un changement de cap majeur.Sitôt arrivé au Qatar après une visite en Arabie saoudite, le président américain a par ailleurs annoncé que la compagnie aérienne Qatar Airways avait passé une commande de 160 avions pour une valeur de 200 milliards de dollars à Boeing.Il doit se rendre jeudi aux Emirats arabes unis, étape finale de sa tournée dans le Golfe, sauf s’il décide à la dernière minute d’aller en Turquie pour des pourparlers russo-ukrainiens, une “possibilité” qu’il a évoquée.La rencontre avec le président par intérim syrien s’est “très bien passée”, a confié Donald Trump aux journalistes dans l’avion, parlant d’un “homme jeune et séduisant. Un gars costaud”.Le portrait élogieux est frappant, pour un homme qui a figuré un temps sur une liste des jihadistes recherchés par les Etats-Unis, devenu président par intérim après avoir renversé en décembre Bachar al-Assad à la tête d’une coalition de forces islamistes.Donald Trump a assuré que le dirigeant syrien était prêt à accéder à sa demande d’une normalisation des relations avec Israël, avec qui la Syrie est officiellement en guerre depuis 1948.Interrogé à ce sujet, le président américain a dit: “Je lui ai dit, j’espère que vous rejoindrez (les accords d’Abraham, ndlr) une fois que vous aurez réglé votre situation et il m’a dit +oui+. Mais ils ont beaucoup de travail à faire”, en référence aux accords par lesquels plusieurs pays arabes ont reconnu Israël en 2020.En Syrie, la perspective d’une levée des sanctions qui étranglent le pays a suscité des manifestations spontanées de joie. “Cela stimulera l’économie et encouragera les gens à revenir”, s’est réjouie Zain al-Jabali, 54 ans, propriétaire d’une fabrique de savon à Alep (nord).- “Une chance de grandeur” -L’entrevue, la première du genre en 25 ans, a duré près d’une trentaine de minutes, en présence du prince héritier saoudien Mohammed ben Salmane et du président turc Recep Tayyip Erdogan, qui s’y est joint virtuellement.Le président américain a aussi demandé à Damas d’expulser les membres de groupes armés palestiniens et de prendre “la responsabilité” des prisons détenant des membres du groupe jihadiste Etat islamique en Syrie, actuellement prises en charge par les forces kurdes. La diplomatie syrienne a évoqué une “rencontre historique”, sans mentionner les relations avec Israël. Donald Trump avait créé la surprise mardi en annonçant qu’il allait “ordonner l’arrêt des sanctions” pour donner “une chance de grandeur” à la Syrie.Le pays fait l’objet de sanctions internationales depuis 1979, renforcées après la répression par le pouvoir de Bachar al-Assad de manifestations prodémocratie en 2011. La rencontre Trump-Chareh a eu lieu malgré les réticences d’Israël, allié indéfectible des Etats-Unis. Israël mène régulièrement des frappes en Syrie, pour empêcher selon lui que les armes du pouvoir déchu ne tombent entre les mains des nouvelles autorités, considérées comme hostiles. Concernant les discussions indirectes sur le nucléaire iranien entre Téhéran et Washington, Donald Trump a dit avoir “le sentiment que ça va bien tourner”. Il avait appelé mercredi à une application stricte des sanctions américaines visant l’Iran.- “Homme de paix” -A Doha, Donald Trump a reçu un accueil tout aussi rutilant qu’à Ryad.L’émir du Qatar, cheikh Tamim ben Hamad Al-Thani, s’est déplacé à l’aéroport pour l’accueillir, et l’avion présidentiel américain a eu droit à une escorte d’avions de combat qataris.Le convoi de Donald Trump a été ensuite précédé de Cybertrucks du constructeur Tesla aux couleurs des forces de sécurité qataries, un clin d’oeil au propriétaire de la marque et grand allié du président, Elon Musk.Dans un premier échange avec le dirigeant qatari, le président républicain a vanté le “marbre parfait” du palais où il était reçu, et loué “l’amitié” avec son hôte.Ce dernier l’a qualifié d'”homme de paix”.Mais ce passage à Doha a pour arrière-plan un scandale politique.L’opposition démocrate aux Etats-Unis reproche au milliardaire d’avoir accepté “le plus gros pot-de-vin étranger de l’histoire récente”.En cause: un Boeing 747-8 offert à Donald Trump par la famille royale qatarie pour remplacer au moins provisoirement son avion officiel, et pour l’utiliser après son mandat.

Les Palestiniens commémorent la “Nakba”, craignant que l’histoire ne se répète

Soixante-dix-sept ans après la “Nakba”, l’exode massif lié à la création d’Israël, les Palestiniens dénoncent de nouvelles tentatives de les chasser de leurs terres, Israël affichant sa volonté de conquérir Gaza et menant des opérations militaires en Cisjordanie qui ont vidé des camps de réfugiés.A Ramallah, en Cisjordanie occupée, des drapeaux du souvenir noirs et des drapeaux palestiniens flottaient aux carrefours au début de cette semaine de commémorations. Par contraste, rien d’officiel n’était prévu dans la bande de Gaza ravagée par plus de 19 mois de guerre entre Israël et le mouvement islamiste Hamas.Cette année marque le 77e anniversaire de la “Nakba”, “catastrophe” en arabe, la période au cours de laquelle, environ 760.000 Arabes de Palestine ont fui ou ont été chassés de chez eux à l’occasion de la création de l’Etat d’Israël.”Le jour de la Nakba n’est plus un souvenir, aujourd’hui”, juge Malak Radwan depuis la bande de Gaza où sa maison a été détruite par la guerre à Gaza, déclenchée par une attaque sans précédent du Hamas dans le sud d’Israël le 7 octobre 2023.”C’est devenu une réalité quotidienne que nous vivons à Gaza”, explique cette Palestinienne, déjà veuve à 36 ans.Depuis plus d’un an et demi, elle dit vivre sans “sécurité”, et se déplace de tente en tente avec ses enfants.Comme la majeure partie des 2,4 millions d’habitants, sa famille a été déplacée par les bombardements dévastateurs de l’armée israélienne.Le spectre d’un départ définitif plane depuis que le président américain Donald Trump a lancé l’idée de vider Gaza d’une partie de sa population pour en faire “la Riviera du Moyen-Orient”, une idée partiellement reprise par le Premier ministre israélien Benjamin Netanyahu.  “La Nakba ne se résume pas à un déplacement”, reprend Malak Radwan. “La Nakba, c’est voir son fils s’affaiblir et maigrir sous vos yeux sans rien pouvoir faire”.- “Devoir” -“Chaque jour, nous devons parler de notre pays, raconter ce que nos ancêtres ont fait, ce qui leur est arrivé exactement. C’est un devoir, car si nous oublions la cause, elle disparaîtra”, affirme quant à elle Lina Abou Kouweik, qui participe aux commémorations à Ramallah.Dans cette ville où siège l’Autorité palestinienne et dans le reste de la Cisjordanie, plusieurs personnes interrogées par l’AFP ont confié leurs angoisses face à l’avenir.Tout en poursuivant la guerre à Gaza, l’armée israélienne a lancé une opération dans ce territoire, en particulier dans le nord, autour de camps de réfugiés où vivent des personnes déplacées en 1948 et leurs descendants.Selon l’ONU, cette campagne a provoqué le déplacement d’au moins 38.000 personnes en raison des ordres d’évacuation, de la violence et des démolitions.Israël affirme vouloir éradiquer les groupes armés palestiniens de ces zones, certaines étant considérées comme des bastions de la lutte armée palestinienne.”Nous vivons encore chaque jour une nouvelle Nakba, à travers les attaques israéliennes contre les camps”, résume Nail Nakleh, un autre manifestant, lui-même descendant de réfugiés. Dans les cortèges, les conversations tournent autour des mêmes sujets d’inquiétude: le projet d’annexion de la Cisjordanie défendu par des personnalités politiques israéliennes, l’annonce par le gouvernement israélien d’une opération de “conquête” de Gaza, ou encore l’interdiction par Israël de l’agence onusienne dédiée aux réfugiés palestinien (Unrwa).- “Retour” -A Tel-Aviv, d’autres manifestants se sont réunis, malgré les condamnations de membres du gouvernement à l’égard des commémorations en Israël.”Le génocide que commet actuellement Israël à Gaza est quelque chose que nous ne pouvons plus tolérer, nous ne pouvons plus rester silencieux”, explique Naji Elali Abou Shehadeh, un étudiant en sociologie d’origine palestinienne.Après 1948, les Palestiniens qui sont restés dans ce qui est devenu Israël sont devenus des citoyens “arabes israéliens”, selon l’appellation en usage, même si beaucoup se définissent comme palestiniens. Remerciant les participants juifs s’associant à la manifestation, l’une des organisatrices, Solafa Makhoul, a dit avoir rassemblé “plus d’une centaine de personnes”.Sur les drapeaux ou les photos, la “clé du retour” occupe une position centrale dans toutes les commémorations: elle symbolise les clés des logements abandonnés en 1948 et évoque pour les Palestiniens le droit de revenir dans ces lieux qui se trouvent aujourd’hui en Israël.

Les Palestiniens commémorent la “Nakba”, craignant que l’histoire ne se répète

Soixante-dix-sept ans après la “Nakba”, l’exode massif lié à la création d’Israël, les Palestiniens dénoncent de nouvelles tentatives de les chasser de leurs terres, Israël affichant sa volonté de conquérir Gaza et menant des opérations militaires en Cisjordanie qui ont vidé des camps de réfugiés.A Ramallah, en Cisjordanie occupée, des drapeaux du souvenir noirs et …

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Bétharram: Bayrou, offensif, rejette les accusations de mensonges

Offensif, François Bayrou a rejeté mercredi à l’Assemblée nationale les accusations de mensonge ou de mansuétude à l’égard des dirigeants du collège-lycée Notre-Dame de Bétharram, redisant sous serment ne pas avoir eu d’informations privilégiées sur les violences physiques et sexuelles dans l’établissement.Le Premier ministre a dédié son audition par une commission d’enquête parlementaire aux “victimes”. “Si ma présence comme cible politique a permis que ces faits apparaissent, ce +Me too+ de l’enfance, alors cela aura été utile”, a-t-il affirmé. Les révélations sur Bétharram ont libéré la parole dans d’autres institutions catholiques.Usant parfois d’un ton de défi, François Bayrou a dénoncé d’emblée “l’instrumentalisation” politique de l’affaire pour “abattre” le “gouvernement” après avoir juré, peu après son arrivée à 17H00, de dire la vérité sur une affaire qui empoisonne son action à Matignon.Le chef du gouvernement avait posé près de lui le livre enquête “La Meute”, paru la semaine dernière, portant sur le fonctionnement très décrié de La France insoumise, dont le corapporteur de la commission Paul Vannier est un des députés les plus en vue.”Je maintiens l’affirmation qui est la mienne. Je n’ai pas eu d’autres informations comme ministre de l’Éducation nationale” (1993-97) “et je n’ai bénéficié d’aucune information privilégiée”, a répondu le Premier ministre lors d’un échange tendu avec l’élu LFI.- Duel -Dans une forme de duel avec l’élu insoumis, parfois à fronts renversés, il l’a accusé d’avoir “menti”, dénonçant sa “méthode” qui “consiste à essayer de tirer la réalité”. Le scandale touche intimement François Bayrou, ancien ministre et ancien député, qui a scolarisé plusieurs de ses enfants dans cet établissement catholique réputé, situé près de Pau, la ville dont il est resté maire, et où son épouse a enseigné le catéchisme.Se sont ajoutées les révélations de sa fille Hélène sur une agression physique par un prêtre dans un camp d’été. Des proches de ce prêtre assurent dans Libération mercredi que M. Bayrou avait été informé à l’époque d’une “gifle” donnée à sa fille.Le parquet de Pau mène l’enquête depuis un an sur environ 200 plaintes visant des faits présumés de violences et de viols dans l’établissement entre les années 1970 et 1990.”Je n’ai pas eu le sentiment que la commission était totalement objective”, a-t-il encore attaqué, après avoir semé la confusion en demandant la diffusion non autorisée de vidéos.Le Premier ministre s’est lancé ensuite dans un long récit détaillé de l’audition d’une ancienne professeur de mathématiques de Bétharram, Françoise Gullung, qui dit l’avoir alerté à plusieurs reprises, en la qualifiant “d’affabulation”. François Bayrou “fait erreur”, lui a répondu Mme Gullung, dans un message à l’AFP.Il s’est aussi attardé sur les détails du rapport d’inspection qu’il avait commandé en 1996 après une plainte pour violence physique et qui s’était montré favorable à l’établissement. “Je ne sais pas qui a raison” entre l’inspecteur et Mme Gullung, a-t-il dit. – “Je ne lis pas Mediapart” -Paul Vannier a aussi voulu confronter François Bayrou au célèbre épisode de la gifle qu’il avait donnée à un jeune garçon qui avait essayé de lui faire les poches, lors d’un déplacement en 2002. L’élu insoumis a semblé s’interroger sur une culture d’acceptation de de la violence, alors que le Premier ministre a parlé d’une “tape de père de famille” qui n’est pas “du tout une claque violente”.Ce scandale Bétharram pèse sur la cote de popularité de François Bayrou, qui a plongé ces derniers mois.Ses proches soulignent qu’il n’est pas l’objet de la commission d’enquête, laquelle porte sur “les modalités du contrôle par l’Etat et de la prévention des violences dans les établissements scolaires”.”Si c’est pour faire un procès politique du Premier ministre, ça ne servira à rien”, a prévenu le député MoDem Erwan Balanant.Après avoir entendu témoins, victimes et anciens ministres, M. Vannier et la macroniste Violette Spillebout rendront leurs conclusions fin juin.Interrogé pour la première fois en février par le député Vannier après des révélations de Mediapart -“Je ne lis pas Mediapart, c’est une hygiène personnelle”, a dit mercredi M. Bayrou-, le Premier ministre avait assuré n’avoir “jamais été informé de quoi que ce soit”. Il avait ensuite multiplié les dénégations, pourtant contredit par un ancien juge, un ex-gendarme et une professeure à la retraite, et même par sa fille aînée Hélène.L’ex-juge Christian Mirande estime dans Sud-Ouest mercredi que François Bayrou “a fait gonfler le soufflé” de l’affaire en niant initialement être venu le voir en 1998 pour évoquer un dossier de viol impliquant un religieux de l’établissement, le père Carricart, que M. Bayrou connaissait selon lui. “Je ne connaissais pas Carricart”, a dit le Premier ministre tout en admettant l’avoir “croisé”.Mais M. Mirande assure que ni lui ni M. Bayrou n’ont violé le secret de l’instruction puisqu’ils ont échangé sur ce que relatait déjà la presse à l’époque.Quelques dizaines de personnes se sont rassemblées près de l’Assemblée nationale durant l’audition, à l’appel de collectifs dont #NousToutes, pour réclamer la démission de François Bayrou.

Ukraine : Trump évoque “la possibilité” d’aller en Turquie si Poutine s’y rend

Le président américain Donald Trump a évoqué mercredi “la possibilité” d’aller en Turquie cette semaine si son homologue russe Vladimir Poutine en faisait de même pour discuter avec le chef de l’Etat ukrainien Volodymyr Zelensky, dont l’offre de pourparlers directs n’a jusque-là pas reçu de réponse du Kremlin.Comme depuis trois jours, la présidence russe a à nouveau mercredi refusé de révéler la composition de la délégation russe qui se rendra en Turquie pour échanger directement jeudi avec des représentants ukrainiens sur l’issue du conflit, ce qui serait une première depuis le printemps 2022.M. Zelensky a dans le même temps assuré que l’Ukraine était “prête à toutes les formes de négociations” en vue de mettre fin au conflit déclenché en 2022 par la Russie et qu’il déciderait des “mesures à prendre” dès qu’il saurait qui représentera Moscou aux pourparlers prévus pour jeudi à Istanbul.Une source au sein de la diplomatie ukrainienne a affirmé dans l’après-midi à l’AFP que Kiev n’avait “toujours pas reçu de réponse” quant à une présence de Vladimir Poutine en Turquie. Ces derniers jours, Volodymyr Zelensky a appelé Vladimir Poutine à se rendre “en personne” à ces discussions, annoncées initialement par le maître du Kremlin et censées ouvrir un processus diplomatique pour trouver une issue à plus de trois ans d’offensive russe meurtrière en Ukraine.Le président russe, apparu publiquement à plusieurs reprises depuis l’offre de M. Zelensky, a gardé le silence sur le sujet mais Donald Trump, qui pousse pour une fin rapide des combats entre la Russie et l’Ukraine, a dit mercredi qu’il y avait “une possibilité” qu’il aille en Turquie si son homologue russe y était aussi.”Je ne sais pas s’il y va. Je sais qu’il voudrait que j’y sois. C’est une possibilité”, a déclaré M. Trump, tout en précisant plus tard que son “programme demain (jeudi) est complet”.- Questions “politiques” et “techniques” -Au cours de son briefing quotidien, le porte-parole du Kremlin, Dmitri Peskov, n’a pas souhaité révéler l’identité des représentants russes envoyés pour s’entretenir avec les Ukrainiens : “Rien n’a changé à ce sujet”, a-t-il martelé, répondant à une question de l’AFP. “La délégation russe attendra la délégation ukrainienne à Istanbul (Turquie) le jeudi 15 mai, c’est-à-dire demain”, a-t-il toutefois répété, comme la veille.Le conseiller diplomatique de Vladimir Poutine, Iouri Ouchakov, a précisé à la télévision russe s’attendre à ce que la réunion ait lieu “dans la matinée” et que des questions “politiques” et “techniques” seraient au menu.Côté ukrainien, Volodymyr Zelensky doit, quelle que soit la réponse de Vladimir Poutine à sa proposition, rencontrer à Ankara mercredi ou jeudi le chef de l’Etat turc Recep Tayyip Erdogan.Autre chose sûre pour le moment, le secrétaire d’État américain Marco Rubio sera en Turquie pour ces discussions russo-ukrainiennes, comme l’avait annoncé mardi Donald Trump.Mais M. Rubio est attendu vendredi à Istanbul, d’après un haut responsable américain, ajoutant à l’incertitude quant à la date même à laquelle les négociations russo-ukrainiennes se dérouleront.Il s’agirait des premiers pourparlers de paix directs entre Ukrainiens et Russes sur l’issue du conflit depuis l’échec des discussions initiales qui s’étaient tenues dans la foulée du déclenchement de l’offensive russe à grande échelle en février 2022.- Pas de “paix dictée” par Moscou -Depuis, la Russie et l’Ukraine campent sur des positions opposées.Vladimir Poutine réclame toujours que l’Ukraine renonce à rejoindre l’Otan et l’assurance de garder les régions ukrainiennes annexées par Moscou. Des conditions inacceptables pour Kiev et ses alliés.L’Ukraine veut, de son côté, des “garanties de sécurité” solides pour éviter toute nouvelle attaque de la Russie et que l’armée russe, qui contrôle environ 20% de son territoire, s’en retire, malgré les appels de Moscou à accepter “les nouvelles réalités” du terrain.Les Européens, alliés de l’Ukraine mais qui peinent à se faire entendre, ont menacé la Russie de sanctions “massives” si celle-ci n’acceptait pas un cessez-le-feu dans les prochains jours. En attendant, l’UE a approuvé mercredi un 17e paquet de mesures à son encontre.Dans ce contexte mouvant, le chancelier allemand Friedrich Merz a exhorté les autres Etats européens et les Américains à maintenir “la plus grande unité possible” et refuser une “paix dictée” par Moscou.Parmi les pays proches de la Russie, la Turquie, qui avait accueilli une partie des premiers pourparlers en 2022, a salué ces derniers jours un “tournant historique” après l’annonce de la reprise des discussions directes, tandis que la Chine, partenaire fidèle de Moscou, a dit espérer un accord de paix “durable et contraignant”.Le président brésilien Luiz Inacio Lula da Silva a assuré mercredi qu’il allait “essayer de parler à Poutine” pour le convaincre d’aller négocier à Istanbul avec M. Zelensky.Dans cette effervescence diplomatique, une réunion informelle des ministres des Affaires étrangères des Etats membres de l’Otan, prévue de longue date, a lieu mercredi et jeudi à Antalya, en Turquie, pour évoquer la hausse des dépenses militaires des pays de l’Alliance atlantique.

Cassie continue son témoignage accablant au procès de P. Diddy

La chanteuse Cassie poursuit mercredi son témoignage-choc au procès de la star du hip-hop P. Diddy après avoir raconté la veille son “humiliation” sous l’emprise d’un homme l’ayant forcé selon elle à des pratiques sexuelles qui la “dégoûtaient”.La chanteuse américaine de R&B est la pièce centrale de l’accusation au procès ultra médiatisé du rappeur et producteur de 55 ans, tombé de son piédestal depuis que les accusations de violences sexuelles se sont multipliées contre lui en 2023.Cassie avait commencé mardi à raconter au tribunal de Manhattan son calvaire, malgré une grossesse proche du terme, issue de son union avec son actuel époux Alex Fine, qui l’a obligée à faire des pauses dans son récit.La chanteuse a poursuivi mercredi matin son témoignage. Peu après le début de sa relation avec le rappeur, avec lequel elle est restée dix ans, Cassie dit avoir été contrainte de participer à des “freak-offs”: des marathons sexuels que P. Diddy dirigeait et dont elle était le centre de l’attention mais aussi, selon elle, l’objet.Sur des écrans au tribunal ont défilé mercredi les visages d’une douzaine d’hommes, des “escorts” soupçonnés d’avoir été recrutés et rémunérés pour ces “freak-offs”. Cassie les a reconnus et pour la majorité d’entre eux s’est souvenue de leur prénom ou surnom. “Ce sont des escorts que nous avons utilisés par des +freak-offs+”, à New York, Los Angeles, Miami et à une occasion à Ibiza, en Espagne, a-t-elle dit d’une voix posée. Elle a confirmé avoir eu des relations sexuelles avec chacun d’entre eux, en présence de Sean Combs, le vrai nom de P. Diddy.Ces “escorts” étaient payés avec “l’argent de Sean” mais c’est elle qui avait pour tâche de les recruter, a-t-elle précisé. “C’était mon boulot (…). C’est ce qui était attendu de moi” par “Sean”, a-t-elle assuré.   Interrogée par la procureure Emily Johnson à savoir si elle voulait participer à ces “freak-offs”, la chanteuse a répondu: “non”. Sean Combs la forçait aussi à avoir des relations sexuelles avec des travailleurs du sexe pendant qu’il regardait et se masturbait, a-t-elle témoigné mardi. Elle a précisé qu’elle ne voulait pas non plus embrasser ces hommes mais que “Sean” ne lui laissait pas le choix.- “C’était dégoûtant” -Si elle ne répondait pas à ses ordres, il envoyait sa garde rapprochée la chercher. Si elle ne se pliait pas à ses désirs, il la frappait, avait-elle indiqué mardi. Les hommes étaient payés en cash, plusieurs milliers de dollars, ce qu’a confirmé l’un d’eux lundi à la barre. “C’était dégoûtant, c’était trop, j’étais accablée”, a-t-elle dit mardi aux jurés, à propos de ces actes sexuels scénarisés et dirigés par son compagnon de l’époque dans des chambres d’hôtel. Une vidéo datée de 2016, publiée par CNN l’an dernier et diffusée cette semaine aux jurés, montre P. Diddy se déchaîner contre Cassie dans un couloir d’hôtel de Los Angeles, l’attrapant brutalement par la nuque, la projetant violemment au sol et lui assénant un lourd coup de pied alors qu’elle était à terre.Mercredi, la procureure a montré des photos de Cassie dans un Uber alors qu’elle rentrait chez elle après l’épisode de l’hôtel. Sur ces photos, sa lèvre est enflée, et elle porte de grosses lunettes noires.”C’est moi sur ce selfie (…), je portais des lunettes noires car j’avais un oeil au beurre noir et que j’essayais de le dissimuler”, a-t-elle déclaré au tribunal. Une de ses amies a appelé la police mais Cassie a dit ne pas souhaiter alors identifier son agresseur: “je n’étais pas prête”.   P. Diddy est aujourd’hui accusé d’avoir profité de sa notoriété et de ses moyens financiers pour forcer des femmes à participer à ces longues séances sexuelles avec des hommes prostitués, qu’il regardait, filmait, et dont il menaçait de diffuser les vidéos si les victimes parlaient. D’autres femmes sont attendues pour témoigner à ce procès qui secoue l’industrie musicale américaine et au terme duquel P. Diddy, figure incontournable du hip-hop des trois dernières décennies, pourrait être condamné à la prison à vie.

Hommage de Macron aux agents pénitentiaires, un an après l’attaque meurtrière du péage d’Incarville

Un an après l’évasion sanglante de Mohamed Amra au péage d’Incarville (Eure), Emmanuel Macron a rendu mercredi hommage aux agents pénitentiaires tués et blessés dans cette attaque et affiché sa “détermination” pour gagner le “combat contre la criminalité organisée”.Après avoir inauguré un état-major de lutte contre la criminalité organisée à Nanterre, le chef de l’Etat a déposé une gerbe à Caen en mémoire aux deux agents tués au péage d’Incarville, puis a visité la prison ultrasécurisée de Vendin-le-Vieil (Pas-de-Calais), qui doit accueillir 100 grands narcotraficants à partir du 31 juillet.L’établissement a été vidé il y a quelques semaines de la quasi-totalité de ses occupants et est actuellement en travaux pour renforcer encore plus sa sécurité.Une autre prison de haute sécurité, celle de Condé-sur-Sarthe (Orne), suivra d’ici mi-octobre pour accueillir également 100 autres figures du narcobanditisme.L’objectif est de placer ces détenus totalement à l’isolement, selon un régime de détention très strict inspiré de la lutte antimafia en Italie.Cela comprend des mesures telles que des fouilles intégrales après tout contact avec l’extérieur, des parloirs équipés d’hygiaphone, un accès limité au téléphone ou encore des auditions par visioconférence, pour éviter au maximum les extractions judiciaires, moment particulièrement sensible pour l’administration pénitentiaire.- Plaque à Incarville -Des dispositions dénoncées par certains observateurs et des avocats comme attentatoires aux droits fondamentaux.”Nous ne laisserons rien au hasard, et nous mettrons tous les moyens et la plus grande détermination pour gagner ce combat contre la criminalité organisée”, a déclaré M. Macron à l’issue de sa visite à Vendin-le-Vieil, sans prendre de questions des journalistes.”On a tous été touchés par ce qu’il s’est passé il y a un an, et le pays tout entier a été touché par ce qu’il s’est passé ces dernières semaines”, a-t-il assuré à des agents de la prison ultrasécurisée, en faisant référence aux récentes actions d’intimidation contre des établissements et personnels pénitentiaires.L’attaque ultraviolente d’Incarville, commise le 14 mai 2024 par un commando lourdement armé qui avait aussi blessé trois autres agents, a profondément choqué les communautés pénitentiaire et judiciaire.A la mi-journée, quelques centaines de personnes, parmi lesquelles figuraient les trois agents blessés dans l’attaque, ont assisté à Caen à l’hommage rendu par le président de la République aux deux fonctionnaires tués.Après un moment de recueillement, le président a déposé une gerbe avant de s’entretenir en privé avec les familles des victimes.”Aujourd’hui, la présence du président montre que, au sommet de l’État, on n’a pas oublié le drame”, s’est félicité Emmanuel Baudin, secrétaire général FO Justice, appelant les magistrats à “davantage” recourir à la visioconférence plutôt qu’à l’extraction judiciaire.Une plaque noire saluant la mémoire des deux agents “victimes de leur devoir” a aussi été dévoilée mercredi matin au péage d’Incarville, a constaté l’AFP. Les familles des agents tués avaient fait savoir qu’elles ne souhaitaient pas se rendre sur les lieux du drame, avait expliqué lundi le garde des Sceaux Gérald Darmanin.- “Nous ne lâcherons rien” -Cette attaque a marqué un tournant dans la lutte contre les narcotrafiquants, érigée en priorité. La loi narcotrafic a été définitivement approuvée fin avril, un succès rare pour le gouvernement. La mesure phare du texte est la création en 2026 d’un parquet national anticriminalité organisée (Pnaco), compétent sur les dossiers les plus graves et complexes sur le modèle du parquet national antiterroriste (Pnat). Un “état-major interministériel de lutte contre la criminalité organisée” (EMCO), sur lequel pourra s’adosser ce nouveau parquet, est créé, composé de 15 personnes issues de 12 services différents, judiciaires et de renseignement, selon l’Élysée.Emmanuel Macron a inauguré mercredi matin ce nouvel état-major, installé dans les locaux de la Direction nationale de la Police judiciaire (DNPJ) à Nanterre, en compagnie notamment de M. Darmanin et du ministre de l’Intérieur Bruno Retailleau.Avec ces mesures, “la République désormais met tous ses moyens” pour qu’une évasion comme celle de Mohamed Amra “n’arrive plus”, a déclaré mardi M. Darmanin sur France 2.Le narcotrafiquant multirécidiviste a été interpellé à Bucarest le 22 février après neuf mois de cavale et remis à la France les jours suivants. A ce jour, les investigations menées par la Juridiction nationale de lutte contre la criminalité organisée (Junalco), ont permis de mettre en examen 38 personnes, dont Amra, et d’en écrouer une trentaine.”L’enquête continue, je n’en dirai pas plus, mais nous irons au bout et nous ne lâcherons rien”, a encore promis mercredi M. Macron.edy-mby-cor-pim-adr-abo-mac-kau/etb/gvy

Depuis la Hongrie vers la Roumanie, un “pèlerinage” contre un rapprochement Orban-Simion

Le chef de l’opposition hongroise Peter Magyar a entamé mercredi une marche vers la Roumanie pour protester contre la récente proximité affichée par Viktor Orban avec le nationaliste roumain George Simion, accusé d’être une menace pour les nombreux Hongrois du pays voisin.Le Premier ministre “a craché au visage de nos frères et soeurs à l’étranger” …

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Depuis la Hongrie vers la Roumanie, un “pèlerinage” contre un rapprochement Orban-Simion

Le chef de l’opposition hongroise Peter Magyar a entamé mercredi une marche vers la Roumanie pour protester contre la récente proximité affichée par Viktor Orban avec le nationaliste roumain George Simion, accusé d’être une menace pour les nombreux Hongrois du pays voisin.Le Premier ministre “a craché au visage de nos frères et soeurs à l’étranger” en soutenant tacitement le candidat de l’extrême droite à la présidentielle dimanche en Roumanie, a déclaré M. Magyar en donnant à Budapest le coup d’envoi de ce “pèlerinage” baskets au pied, sac de randonnée et drapeau hongrois en bandoulière.La semaine dernière, Viktor Orban avait surpris en promettant au favori du scrutin son soutien pour “défendre le christianisme et le souverainisme” au sein de l’Union européenne.Cette prise de position a suscité la colère du parti RMDSZ, qui représente un million de Hongrois en Roumanie et estime que George Simion est un danger pour leurs droits en tant que minorité et pour l’utilisation de leur langue. Il a appelé à voter contre lui.Prompt à saisir l’occasion, Peter Magyar, présenté par les sondages comme un sérieux rival pour Viktor Orban aux législatives de 2026, a aussitôt annoncé une marche d’une douzaine de jours pour s’attirer les faveurs de cet électorat à la double nationalité.Le climat politique est extrêmement tendu dans le pays d’Europe centrale, les deux camps échangeant quasi quotidiennement invectives et attaques.Le Premier ministre a convoqué mardi un Conseil de défense nationale, accusant son opposant de “participer activement à une opération des services secrets ukrainiens”, parce qu’il a fait fuiter la semaine dernière sur les réseaux sociaux un enregistrement du ministre de la Défense datant de 2023.Ce dernier y affirmait que la Hongrie avait remanié son commandement militaire afin de “rompre avec la mentalité de paix” et de se préparer à un conflit. M. Magyar a présenté cette bande sonore comme la preuve que M. Orban était prêt à entraîner la Hongrie dans la guerre, alors qu’il ne cesse publiquement d’accuser l’UE d’un comportement belliciste par son ferme soutien à l’Ukraine.Le gouvernement a rejeté cette interprétation, affirmant qu’il était “évident et normal” de se préparer à une “menace de guerre imminente”.Il estime également que cette fuite a été délibérément programmée la veille de l’annonce par Kiev de l’arrestation de deux personnes soupçonnées d’espionnage pour le compte de la Hongrie.Cette affaire a conduit à une expulsion réciproque de diplomates entre les deux pays, dont les relations sont très mauvaises, Viktor Orban bloquant l’adhésion de l’Ukraine à l’UE.