AFP World

Journée décisive dans l’Aude pour combattre l’incendie d’une ampleur inédite

Les soldats du feu veulent “taper vite et fort” jeudi, une journée “décisive de bascule” pour venir à bout de l’incendie d’une ampleur inédite, qui ravage l’Aude depuis près de 48 heures.En parcourant 17.000 hectares, le feu de forêt est d’ores et déjà le pire incendie depuis au moins 50 ans sur le pourtour méditerranéen français, selon une base de données gouvernementale répertoriant les feux de forêt depuis 1973.”L’objectif est de pouvoir fixer” le feu d’ici la fin de journée, a indiqué à l’AFP le colonel Christophe Magny, chef des pompiers de l’Aude, à la tête des opérations.En début d’après-midi, l’incendie n’était “pas encore fixé”, mais avait cessé de s’étendre, a déclaré à la presse le préfet de l’Aude, Christian Pouget.Cependant, “la bataille n’est pas encore terminée, le feu peut repartir de manière plus importante”, a-t-il ajouté, précisant que quelque 2.000 personnes évacuées n’avaient pas encore pu regagner leur domicile.Jeudi matin, 2.000 foyers étaient encore privés d’électricité, a fait savoir Enedis à l’AFP, indiquant que “la priorité immédiate (…) est d’assurer la continuité des services essentiels”, comme l’accès à l’eau ou aux réseaux de télécommunications.Parti mardi après-midi du village de Ribaute, entre Carcassonne et Narbonne, le sinistre géant a parcouru 17.000 hectares de végétation et de pinède, dont 13.000 brûlés, selon la sécurité civile. Il a aussi détruit ou endommagé 36 habitations et brûlé une quarantaine de véhicules, selon le bilan provisoire de la préfecture.À Saint-Laurent-de-la-Cabrerisse, une dame de 65 ans qui avait refusé de quitter sa maison a été retrouvée morte mercredi à son domicile dévasté par les flammes. La préfecture a également décompté 13 blessés: deux habitants hospitalisés, dont un grièvement brûlé, et onze sapeurs-pompiers, dont un souffre d’un traumatisme crânien, selon le ministre de l’Intérieur Bruno Retailleau.- “On se relèvera pas” -Dans cette commune, la plus affectée par l’incendie, une épaisse fumée se dégageait jeudi des collines de pins surplombant les vignobles où les herbes sèches s’embrasaient, a constaté un journaliste de l’AFP.Le préfet a évalué “de 800 à 900 hectares” les vignobles perdus.”Si on n’est pas aidés, on ne se relèvera pas. On perd gros. C’est un désespoir complet. Ça m’écœure, cette vigne, toutes ces années de travail, c’est parti en fumée en une heure”, confie à l’AFP Fabien Vergnes, 52 ans, dans sa propriété de 20 hectares à Tournissan, à quelques kilomètres de Saint-Laurent.-Météo “plutôt favorable”-Les conditions météo jeudi “sont plutôt favorables”, selon les pompiers de l’Aude. La tramontane, un vent sec et chaud qui renforce le feu, a été supplantée par un vent marin qui “va apporter de l’air plus humide qu’avant, ce qui est moins favorable à la propagation du feu”, a déclaré à l’AFP François Gourand, prévisionniste à Météo-France.”Notre stratégie c’est de taper vite et fort avant que ce vent ne se relève”, ont précisé les pompiers à l’AFP.Le vent qui poussait les flammes vers le littoral méditerranéen a tourné mercredi après-midi, redirigeant le danger vers le massif des Corbières et quinze communes déjà directement ou indirectement impactées par le sinistre.Le vent et “les températures de 32°C”, attendues dans l’après-midi, “nous amènent à rester prudents”, tempère le colonel Magny.- Stratégie militaire de lutte -Le dispositif aérien de quatre Canadair et trois hélicoptères bombardiers d’eau est mobilisé “toute la journée”, pour traiter le feu toujours actif sur divers secteurs, précisent les pompiers du département.  Le Premier ministre François Bayrou a qualifié l’incendie de “catastrophe d’une ampleur inédite” en estimant que l’épisode était “lié au “réchauffement climatique” et “à la sécheresse”. Dans un message de solidarité sur X, le chef de l’Organisation mondiale de la santé (OMS), Tedros Adhanom Ghebreyesus, a prévenu: “La crise climatique est à nos portes. Si aucune action n’est prise rapidement et collectivement, une catastrophe va arriver, c’est une question de +quand+ et non pas de +si+”.Au troisième jour de combat contre le feu, plus de 2.000 pompiers et 500 engins restent mobilisés jeudi. L’Union européenne a également annoncé se tenir “prête à mobiliser” des ressources. Une enquête a été ouverte pour déterminer les causes du feu, encore inconnues. Le Premier ministre a évoqué un départ de feu en bord de route.Fin juillet, à la moitié de la saison estivale, la sécurité civile avait comptabilisé plus de 15.000 hectares brûlés sur le territoire national pour 9.000 départs de feu, principalement sur le littoral méditerranéen.bur-chv-skh-dmc/dch/abl  

A Gaza, un petit carré de terre “pour survivre un jour de plus”

Entre les tentes d’un camp de déplacés à Gaza-ville, un petit carré de verdure émerge de la terre poussiéreuse: dans le chaos de la guerre, Ibrahim Abu Jabal, un agriculteur palestinien, prend soin de ses tomates, concombres et poivrons en espérant ainsi subvenir aux besoins de sa famille.”Nos corps ont besoin de tomates, de concombres”, raconte à l’AFP cet homme de 39 ans, père de neuf enfants.”Et ces produits sont chers ici. Pas seulement chers, ils ne sont même pas disponibles. Il n’y a pas de tomates, et même s’il y en avait, nous n’aurions pas l’argent pour les acheter.”Sur une parcelle de 120 mètres carrés près de sa tente, au milieu de ce camp où vivent des dizaines de milliers de Palestiniens, l’agriculteur cultive le sol sablonneux après avoir récupéré des graines de légumes séchés.Il parvient généralement à arroser ses rangées de plantes à partir d’un tuyau où l’eau coule une heure par jour et à remplir de grandes cruches pour les rapporter jusqu’à sa parcelle.”En raison de la situation que nous traversons, du coût de la vie élevé et de l’envolée des prix des légumes, j’ai dû retourner à mon ancien métier”, témoigne Ibrahim Abu Jabal.”J’ai préparé cette parcelle pour pouvoir recommencer à planter, juste pour que mes enfants et moi puissions survivre un jour de plus, ou un peu plus longtemps.”- L’accès à l’aide “bloqué” -Après 22 mois de guerre entre l’armée israélienne et le Hamas dans la bande de Gaza, assiégée par Israël, l’ONU et les ONG s’alarment d’un risque de “famine généralisée” parmi les plus de deux millions d’habitants du territoire palestinien.Un blocus hermétique imposé par Israël début mars, puis assoupli fin mai, a provoqué de très graves pénuries de nourriture notamment. Fin juillet, Israël a annoncé des pauses limitées dans les combats pour permettre l’acheminement de l’aide humanitaire, qui reste cependant insuffisante, selon les organisations internationales, face aux besoins immenses de la population.   Mercredi, l’Organisation des Nations unies pour l’alimentation et l’agriculture (FAO) a affirmé que seulement 1,5% des terres agricoles de Gaza étaient encore cultivables, en se basant sur des données satellitaires.Avant la guerre, déclenchée par l’attaque sanglante du Hamas contre Israël le 7 octobre 2023, l’agriculture représentait environ 10% de l’économie gazaouie et environ un quart de la population vivait au moins partiellement de l’agriculture, de l’élevage ou de la pêche, selon la FAO.”Gaza est aujourd’hui au bord d’une famine généralisée”, a affirmé mercredi le directeur général de cette agence, Qu Dongyu.”Les gens meurent de faim non pas parce qu’il n’y a pas de nourriture, mais parce que l’accès à celle-ci est bloqué, que les systèmes agroalimentaires locaux se sont effondrés et que les familles ne peuvent plus subvenir à leurs besoins les plus élémentaires”.- “Tenir une journée” -Les sites de distribution d’aide gérés depuis la fin mai par la Fondation humanitaire de Gaza (GHF), un organisme soutenu par les Etats-Unis et Israël, ont souvent été le théâtre de scènes chaotiques et meurtrières.Le 22 juillet, le bureau des droits de l’homme de l’ONU a affirmé que plus de mille Palestiniens qui tentaient d’obtenir de la nourriture avaient été tués par des tirs israéliens depuis le début des opérations de la GHF, dont près des trois quarts à proximité de sites de distribution.Une fille d’Ibrahim Abu Jabal, âgée de neuf ans, a été blessée près d’une cuisine caritative.”L’aide américaine ne répond pas aux besoins des gens, pas même d’un enfant”, remarque-t-il. “Au mieux, cela m’aide à tenir une journée. Pour quelqu’un comme moi qui a neuf enfants, en quoi une seule boîte d’aide peut-elle aider?”.

Netanyahu décide des suites de la guerre à Gaza, le chef de l’armée droit dans ses bottes

Le Premier ministre israélien Benjamin Netanyahu réunit jeudi en fin d’après-midi son cabinet de sécurité pour décider des suites de la guerre dans la bande de Gaza, où l’extension attendue des opérations militaires suscite les cris d’alarme des familles d’otages et les réserves du chef d’état-major de l’armée.”Poursuite du blocus ou conquête de Gaza”, “Le moment de décider”, résume jeudi la presse israélienne, qui donne pour acquis un élargissement des opérations de l’armée, jusqu’à une conquête totale du territoire palestinien.Le cabinet de sécurité, en charge des questions militaires, se réunira à 18H00 locales (15H00 GMT).Le matin même, une vingtaine de proches d’otages ont pris place à bord d’au moins trois embarcations parties du port d’Ashkelon, dans le sud d’Israël, et se sont symboliquement rapprochés des côtes de Gaza pour lancer un cri d’alarme: “Mayday! Nous avons besoin de toute l’aide internationale pour secourir les otages”, ont-ils supplié, jetant des bouées à la mer et criant les noms des captifs du Hamas.- “Eliminer les menaces” -Le cabinet de sécurité devrait discuter et approuver un plan visant “à conquérir l’ensemble de la bande de Gaza, y compris la ville de Gaza et les camps de réfugiés” situés dans le centre du territoire, a affirmé la radio nationale Kan, estimant que “l’opération durera cinq mois et nécessitera une mobilisation massive de réservistes”.Alors que la presse se fait écho des réserves du chef d’état-major, voire de son opposition à ce plan présumé, l’intéressé s’est pour la première fois exprimé publiquement à ce sujet: “Nous continuerons d’exprimer notre position sans crainte, de manière pragmatique, indépendante et professionnelle”, a commenté le lieutenant-général Eyal Zamir, lors d’une visite aux soldats.Et de mettre en garde, sans explicitement se prononcer sur la prochaine phase des combats: “Nous ne limiterons plus notre réponse. Nous éliminerons les menaces à leur stade précoce dans tous les domaines et continuerons à travailler pour atteindre nos objectifs”. L’armée israélienne occupe ou opère actuellement au sol dans près de 75% de la bande de Gaza, principalement depuis ses positions permanentes dans le territoire le long de la frontière. Elle bombarde partout où elle le juge nécessaire.Selon le Bureau de coordination des affaires humanitaires de l’ONU (Ocha), 86,3% du territoire est militarisé par Israël et soumis à des ordres d’évacuation.Les zones non occupées sont aussi les plus peuplées: les villes de Khan Younès et Gaza, les camps de réfugiés de Deir-el-Balah, dans le centre du territoire.Après 22 mois d’une guerre dévastatrice déclenchée par l’attaque sanglante du Hamas contre Israël le 7 octobre 2023, la bande de Gaza, assiégée, est menacée d’une “famine généralisée”, selon l’ONU, et totalement dépendante de l’aide humanitaire, toujours distribuée en quantités largement insuffisantes selon les humanitaires.Quelque 2,4 millions de Palestiniens vivent au quotidien sous les bombes dans cet étroit territoire long de 41 km et large de six à 12 km, le long de la côte méditerranéenne. Israël avait déjà occupé Gaza en 1967 et implanté un ensemble de 21 colonies israéliennes, démantelées en 2005 avec le retrait unilatéral décidé par le Premier ministre d’alors, Ariel Sharon.- “Mort et destruction” -Mardi, M. Netanyahu a réaffirmé les objectifs de guerre fixés à l’armée: “vaincre totalement l’ennemi à Gaza, libérer tous nos otages et s’assurer que Gaza ne constituera plus une menace pour Israël”.Entre un “contrôle militaire à court terme de l’ensemble de la bande, une domination militaire à long terme et à un possible retour des colonies juives”, “l’occupation complète” voulue par Netanyahu n’est pas du tout claire, analyse le Times of Israël.L’opinion israélienne s’alarme toujours plus du sort des 49 otages encore retenus à Gaza, dont 27 déclarés morts par l’armée. La diffusion par le Hamas et le Jihad islamique de vidéos de propagande montrant deux d’entre eux, très affaiblis et amaigris, ont suscité colère et émotion en Israël, mais aussi à l’étranger.Le Forum des familles, principale organisation représentant ces familles, en a appelé solennellement au chef d’état-major pour qu’il s’oppose “au sacrifice des otages!”, alors que “80% de la population est favorable à un accord global” négocié en échange du retour des otages.Du côté palestinien, une extension des opérations de l’armée “signifie plus de destruction et de mort”, s’inquiète Ahmad Salem, un homme de 45 ans qui vit dans le camp de réfugiés de Jabalia.”Nous vivons chaque jour avec anxiété et peur de l’inconnu. (…) Il n’y a aucun endroit sûr à Gaza. Si Israël commence et étend ses opérations terrestres à nouveau, nous serons les premières victimes (…) Nous ne pouvons pas en supporter davantage”.La Défense civile de Gaza a fait état jeudi de la mort de 35 personnes tuées par des frappes ou des tirs israéliens.

Netanyahu décide des suites de la guerre à Gaza, le chef de l’armée droit dans ses bottes

Le Premier ministre israélien Benjamin Netanyahu réunit jeudi en fin d’après-midi son cabinet de sécurité pour décider des suites de la guerre dans la bande de Gaza, où l’extension attendue des opérations militaires suscite les cris d’alarme des familles d’otages et les réserves du chef d’état-major de l’armée.”Poursuite du blocus ou conquête de Gaza”, “Le moment de décider”, résume jeudi la presse israélienne, qui donne pour acquis un élargissement des opérations de l’armée, jusqu’à une conquête totale du territoire palestinien.Le cabinet de sécurité, en charge des questions militaires, se réunira à 18H00 locales (15H00 GMT).Le matin même, une vingtaine de proches d’otages ont pris place à bord d’au moins trois embarcations parties du port d’Ashkelon, dans le sud d’Israël, et se sont symboliquement rapprochés des côtes de Gaza pour lancer un cri d’alarme: “Mayday! Nous avons besoin de toute l’aide internationale pour secourir les otages”, ont-ils supplié, jetant des bouées à la mer et criant les noms des captifs du Hamas.- “Eliminer les menaces” -Le cabinet de sécurité devrait discuter et approuver un plan visant “à conquérir l’ensemble de la bande de Gaza, y compris la ville de Gaza et les camps de réfugiés” situés dans le centre du territoire, a affirmé la radio nationale Kan, estimant que “l’opération durera cinq mois et nécessitera une mobilisation massive de réservistes”.Alors que la presse se fait écho des réserves du chef d’état-major, voire de son opposition à ce plan présumé, l’intéressé s’est pour la première fois exprimé publiquement à ce sujet: “Nous continuerons d’exprimer notre position sans crainte, de manière pragmatique, indépendante et professionnelle”, a commenté le lieutenant-général Eyal Zamir, lors d’une visite aux soldats.Et de mettre en garde, sans explicitement se prononcer sur la prochaine phase des combats: “Nous ne limiterons plus notre réponse. Nous éliminerons les menaces à leur stade précoce dans tous les domaines et continuerons à travailler pour atteindre nos objectifs”. L’armée israélienne occupe ou opère actuellement au sol dans près de 75% de la bande de Gaza, principalement depuis ses positions permanentes dans le territoire le long de la frontière. Elle bombarde partout où elle le juge nécessaire.Selon le Bureau de coordination des affaires humanitaires de l’ONU (Ocha), 86,3% du territoire est militarisé par Israël et soumis à des ordres d’évacuation.Les zones non occupées sont aussi les plus peuplées: les villes de Khan Younès et Gaza, les camps de réfugiés de Deir-el-Balah, dans le centre du territoire.Après 22 mois d’une guerre dévastatrice déclenchée par l’attaque sanglante du Hamas contre Israël le 7 octobre 2023, la bande de Gaza, assiégée, est menacée d’une “famine généralisée”, selon l’ONU, et totalement dépendante de l’aide humanitaire, toujours distribuée en quantités largement insuffisantes selon les humanitaires.Quelque 2,4 millions de Palestiniens vivent au quotidien sous les bombes dans cet étroit territoire long de 41 km et large de six à 12 km, le long de la côte méditerranéenne. Israël avait déjà occupé Gaza en 1967 et implanté un ensemble de 21 colonies israéliennes, démantelées en 2005 avec le retrait unilatéral décidé par le Premier ministre d’alors, Ariel Sharon.- “Mort et destruction” -Mardi, M. Netanyahu a réaffirmé les objectifs de guerre fixés à l’armée: “vaincre totalement l’ennemi à Gaza, libérer tous nos otages et s’assurer que Gaza ne constituera plus une menace pour Israël”.Entre un “contrôle militaire à court terme de l’ensemble de la bande, une domination militaire à long terme et à un possible retour des colonies juives”, “l’occupation complète” voulue par Netanyahu n’est pas du tout claire, analyse le Times of Israël.L’opinion israélienne s’alarme toujours plus du sort des 49 otages encore retenus à Gaza, dont 27 déclarés morts par l’armée. La diffusion par le Hamas et le Jihad islamique de vidéos de propagande montrant deux d’entre eux, très affaiblis et amaigris, ont suscité colère et émotion en Israël, mais aussi à l’étranger.Le Forum des familles, principale organisation représentant ces familles, en a appelé solennellement au chef d’état-major pour qu’il s’oppose “au sacrifice des otages!”, alors que “80% de la population est favorable à un accord global” négocié en échange du retour des otages.Du côté palestinien, une extension des opérations de l’armée “signifie plus de destruction et de mort”, s’inquiète Ahmad Salem, un homme de 45 ans qui vit dans le camp de réfugiés de Jabalia.”Nous vivons chaque jour avec anxiété et peur de l’inconnu. (…) Il n’y a aucun endroit sûr à Gaza. Si Israël commence et étend ses opérations terrestres à nouveau, nous serons les premières victimes (…) Nous ne pouvons pas en supporter davantage”.La Défense civile de Gaza a fait état jeudi de la mort de 35 personnes tuées par des frappes ou des tirs israéliens.

Retraitée, étudiante: parmi les Britanniques arrêtés pour leur soutien à Palestine Action

Marji Mansfield, retraitée britannique de 68 ans, n’aurait jamais imaginé être soupçonnée de soutenir le “terrorisme”. Cette grand-mère a été arrêtée début juillet pour avoir manifesté contre l’interdiction de l’organisation Palestine Action.Cette dernière a été ajoutée début juillet à la liste des organisations considérées comme “terroristes” au Royaume-Uni, après des actes de vandalisme perpétrés par ses militants.Depuis, le groupe Defend Our Juries organise des manifestations dans le pays pour protester contre l’interdiction gouvernementale, qui a été jugée “disproportionnée” par l’ONU. “C’est un choc terrible d’être accusée d’être potentiellement une terroriste”, confie Marji Mansfield, “fière grand-mère de sept petit-enfants”. Elle a été arrêtée par la police lors d’une manifestation à Londres le 5 juillet.A ce jour, plus de 200 personnes ont été interpellées, selon Tim Crosland, un représentant de Defend Our Juries. Trois personnes ont été inculpées en vertu de la loi antiterroriste jeudi pour avoir exprimé leur soutien au mouvement lors de la même manifestation que celle à laquelle a participé Mme Mansfield. Une infraction passible de jusqu’à 6 mois de prison. L’appartenance à un groupe interdit ou l’incitation à le soutenir peut elle valoir jusqu’à 14 ans de prison. Un nouveau rassemblement est prévu samedi à Londres, où les organisateurs attendent plus de 500 personnes. La police a mis en garde les participants contre les “potentielles conséquences pénales de leurs actes”.- “Terrifiée” -Le gouvernement britannique affirme que les sympathisants “ne connaissent pas la vraie nature” de Palestine Action. “Ce n’est pas une organisation non violente”, a assuré la ministre de l’Intérieur Yvette Cooper, disant disposer d'”informations inquiétantes” sur ses projets.La mesure d’interdiction fait l’objet d’une action en justice, lancée par Huda Ammori, cofondatrice en 2020 de ce groupe qui se présentait comme un “réseau d’action directe” visant à dénoncer “la complicité britannique” avec l’État d’Israël, en particulier sur la question des ventes d’armes. Une audience doit se tenir en novembre.La cause palestinienne, Marji Mansfield y est sensible depuis des années. Mais surtout depuis la guerre dans la bande de Gaza, déclenchée après l’attaque sans précédent du Hamas en Israël le 7 octobre 2023 qui a entraîné la mort de 1.219 personnes, en majorité des civils, selon un décompte de l’AFP réalisé à partir de données officielles israéliennes. Les représailles israéliennes ont depuis fait au moins 61.258 morts à Gaza, majoritairement des civils, selon les chiffres du ministère de la Santé du Hamas, jugés fiables par l’ONU.L’interdiction de Palestine Action a poussé la retraitée à se mobiliser. Mais la veille de la manifestation, “j’étais terrifiée”, se remémore cette ex-consultante en banque. Des images diffusées par les médias la montrent en train d’être soulevée par plusieurs policiers, après avoir refusé de se lever. A ses côtés, une femme de 83 ans.La suite ? “12 ou 13 heures de garde à vue” et un contrôle judiciaire strict. “Je ne peux plus emmener mes petits-enfants au Musée d’histoire naturelle”, déplore-t-elle. “Nous sommes juste des gens ordinaires, de milieux différents (…) pas des terroristes !” – “Libertés publiques” -Malgré tout, elle ne regrette rien. Même tonalité pour Alice Clack, 49 ans, médecin obstétricienne arrêtée à Londres le 19 juillet.”Personne ne veut se faire arrêter. Je ressens simplement qu’il y a une responsabilité (…) pour ceux d’entre nous qui le peuvent” de manifester, explique-telle, dénonçant une interdiction qui “porte atteinte à nos libertés publiques”.Et elle, qui a travaillé pour l’ONG Médecins sans frontières (MSF), de raconter à l’AFP le “dégoût” et “l’horreur” qui l’étreignent à la vue des images d’enfants palestiniens émaciés. Une “famine généralisée” menace la bande de Gaza, totalement dépendante de l’aide humanitaire, selon l’ONU. Les manifestants brandissent régulièrement des pancartes sur lesquelles est inscrit: “Je m’oppose au génocide. Je soutiens Palestine Action”. Israël rejette de son côté les accusations de génocide à Gaza, qui se multiplient à travers le monde.”Il y a eu des moments où j’étais au bord des larmes mais me rappeler pourquoi je le faisais m’a aidée à rester calme”, confie Alice Clack sur ses 12 heures de garde à vue.Zahra Ali, 18 ans, étudiante en première année d’histoire, a aussi été arrêtée le 19 juillet, puis libérée sous contrôle judiciaire.”On est arrivé à un point où la famine à Gaza est dégoûtante. Et notre gouvernement ne fait rien”, s’indigne-t-elle. S’imaginer en prison, à 18 ans, “c’est un gros truc” mais “si des gens de 80 ans peuvent le faire, alors moi aussi”, dit la jeune femme. Elle ne se considère pas comme une militante mais comme “une personne normale (…) qui estime que ce que fait notre gouvernement est injuste”.

Retraitée, étudiante: parmi les Britanniques arrêtés pour leur soutien à Palestine Action

Marji Mansfield, retraitée britannique de 68 ans, n’aurait jamais imaginé être soupçonnée de soutenir le “terrorisme”. Cette grand-mère a été arrêtée début juillet pour avoir manifesté contre l’interdiction de l’organisation Palestine Action.Cette dernière a été ajoutée début juillet à la liste des organisations considérées comme “terroristes” au Royaume-Uni, après des actes de vandalisme perpétrés par …

Retraitée, étudiante: parmi les Britanniques arrêtés pour leur soutien à Palestine Action Read More »

Une rencontre Trump-Poutine prévue “dans les prochains jours”, selon le Kremlin

Le Kremlin a annoncé jeudi qu’une rencontre entre Vladimir Poutine et Donald Trump était prévue “dans les prochains jours”, tout en écartant pour l’heure un sommet à trois avec le dirigeant ukrainien Volodymyr Zelensky, qui insiste pour négocier directement avec le président russe.M. Poutine a estimé que les “conditions” n’étaient pas réunies pour un tête-à-tête avec M. Zelensky. Moscou avait précédemment indiqué qu’une telle rencontre n’avait de sens qu’en phase finale des négociations de paix.Le président américain Donald Trump avait lui aussi évoqué mercredi une possible rencontre “très bientôt” avec son homologue Vladimir Poutine, ce qui constituerait une première depuis son retour à la Maison Blanche en janvier.M. Trump avait repris le contact avec M. Poutine dans l’espoir de mettre fin rapidement à l’offensive russe en Ukraine lancée en 2022, mais s’est montré de plus en plus frustré ces dernières semaines. Il a lancé à la Russie un ultimatum qui expire vendredi, lui sommant de trouver un accord avec l’Ukraine sous peine de sanctions sévères.”A la suggestion de la partie américaine, un accord de principe a été conclu pour organiser un sommet bilatéral dans les prochains jours”, a annoncé jeudi le conseiller diplomatique du Kremlin, Iouri Ouchakov.Selon lui, cette rencontre pourrait se tenir “la semaine prochaine” et M. Poutine a précisé que les Emirats arabes unis étaient l’un des endroits envisagés pour l’accueillir.”Nous avons beaucoup d’amis qui sont prêts à nous aider à organiser ce type d’événements. L’un d’entre eux est le président des Emirats arabes unis”, a déclaré M. Poutine aux côtés du président émirati, Mohammed ben Zayed, qu’il recevait au Kremlin.- Pas de rencontre avec Zelensky -M. Ouchakov a en revanche indiqué que Moscou n’envisageait pas pour l’heure de rencontre à trois entre Donald Trump, Vladimir Poutine et Volodymyr Zelensky, un format qui a été proposé par Washington.Et concernant un sommet Poutine-Zelensky, le dirigeant russe a dit “n’avoir rien contre” à condition que “certaines conditions” soient réunies. “Or, malheureusement, nous sommes encore loin de ces conditions”, a-t-il affirmé.M. Zelensky avait encore insisté jeudi matin pour qu’une telle réunion soit organisée, la qualifiant de “priorité claire” pour l’Ukraine.Cette soudaine accélération diplomatique intervient à la suite de la visite à Moscou mercredi de l’émissaire spécial du président américain, Steve Witkoff, qui s’est entretenu avec Vladimir Poutine.Le président ukrainien s’est de son côté entretenu mercredi soir au téléphone avec Donald Trump, une conversation à laquelle ont aussi participé plusieurs dirigeants européens.M. Zelensky a insisté pour que les Européens soient inclus dans les négociations de paix sur l’Ukraine, desquelles ils ont jusqu’à présent été tenus à l’écart malgré les tentatives de Paris, Berlin et Londres de les influencer.”L’Europe doit donc participer au processus”, a plaidé M. Zelensky jeudi.Le dirigeant ukrainien et le chancelier allemand Friedrich Merz ont néanmoins “loué” lors d’une conversation téléphonique “les efforts de médiation” de Donald Trump, selon Berlin.M. Zelensky a aussi indiqué avoir informé jeudi le président français Emmanuel Macron des derniers développements lors d’un appel téléphonique. “Nous coordonnons nos positions et nous estimons également nécessaire que l’Europe adopte une position commune”, a-t-il dit.- Menace de sanctions -La dernière rencontre en chair et en os entre le dirigeant américain et Vladimir Poutine avait eu lieu en 2019 en marge d’un sommet du G20 au Japon, mais c’est surtout leur sommet de juillet 2018 à Helsinki qui est resté dans les mémoires.Ce regain d’activité diplomatique intervient à la veille de l’expiration d’un ultimatum des États-Unis à la Russie, sommée de mettre fin au conflit. Dans l’immédiat, il n’est pas clair si cet ultimatum est encore d’actualité.Les pays qui commercent avec la Russie sont visés, comme l’Inde et la Chine. M. Trump a déjà annoncé jeudi porter à 50% au lieu de 25% les droits de douane sur les importations venues d’Inde, en raison des achats indiens de pétrole russe.Malgré les efforts diplomatiques américains, rien n’indique que la Russie a abandonné ses conditions pour mettre fin à son assaut.Elle réclame que l’Ukraine lui cède quatre régions partiellement occupées (celles de Donetsk, Lougansk, Zaporijjia et Kherson), en plus de la Crimée annexée en 2014, et qu’elle renonce aux livraisons d’armes occidentales et à toute adhésion à l’Otan. Des conditions inacceptables pour Kiev.Moscou a indiqué à plusieurs reprises vouloir discuter plus largement avec Washington de l’architecture de la sécurité en Europe, et notamment de l’expansion de l’Otan aux frontières russes.