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Nucléaire: pourparlers à Istanbul entre l’Iran et trois pays européens

L’Iran tient vendredi en Turquie des pourparlers sur le nucléaire avec le Royaume-Uni, la France et l’Allemagne, parallèlement à des négociations sur ce dossier avec Washington.Le trio européen – connu sous le nom de E3 – faisait partie des puissances mondiales, avec la Chine, la Russie et les Etats-Unis, qui ont négocié l’accord nucléaire historique de 2015 avec l’Iran, prévoyant un encadrement des activités nucléaires iraniennes en échange d’une levée des sanctions internationales. Le texte est devenu de facto caduc à la suite de la décision unilatérale des Etats-Unis de s’en retirer en 2018, sous la première présidence de Donald Trump.Le président américain, qui depuis son retour à la Maison Blanche presse la République islamique de négocier un nouvel accord, a indiqué jeudi que son pays et l’Iran se rapprochaient de cet objectif. Selon le chef de la diplomatie iranienne, Abbas Araghchi, les discussions vendredi à Istanbul doivent se dérouler au niveau des vice-ministres des Affaires étrangères. Une source diplomatique française a confirmé la réunion de vendredi.- “Stratégie de confrontation” -Les Occidentaux, au premier rang desquels les Etats-Unis, et Israël, considéré par des experts comme la seule puissance nucléaire au Moyen-Orient, soupçonnent l’Iran de chercher à se doter de l’arme atomique, ce que ce pays dément en affirmant que son programme est destiné à des fins civiles.Dans une tribune publiée dimanche sur le site de l’hebdomadaire français Le Point, M. Araghchi a mis en garde les pays européens contre leur “stratégie de confrontation”.Fin avril, son homologue français, Jean-Noël Barrot, a affirmé que le groupe E3 n’hésiterait “pas une seule seconde” à rétablir des sanctions contre Téhéran si la sécurité européenne était menacée par le programme nucléaire iranien.Les diplomates européens font valoir qu’ils disposent de la possibilité de réenclencher le “snapback”, ce mécanisme dans l’accord de 2015 qui permet de réimposer les sanctions internationales contre Téhéran.”Cette stratégie de confrontation risque de provoquer une crise mondiale de prolifération nucléaire qui affecterait au premier chef les Européens eux-mêmes”, a prévenu le chef de la diplomatie iranienne.Il a indiqué toutefois que son pays était “prêt à tourner la page” dans ses relations avec l’Europe. La réunion de vendredi intervient moins d’une semaine après un quatrième cycle de négociations entre l’Iran et les Etats-Unis, sous la médiation d’Oman.Après son retour à la Maison Blanche en janvier, M. Trump a relancé sa politique dite de “pression maximale” sur l’Iran et exhorté l’Iran à négocier un nouvel accord tout en menaçant de bombarder ce pays en cas d’échec de la diplomatie.Jeudi, le site d’information américain Axios, citant un responsable américain et d’autres sources, a rapporté que l’administration Trump avait remis à l’Iran une “proposition écrite” pour un accord nucléaire lors du dernier cycle de négociations.- “Rameau d’olivier” -Mardi à Ryad, M. Trump a indiqué avoir tendu aux dirigeants iraniens un “rameau d’olivier”, ajoutant qu’il s’agissait d’une offre qui ne durerait pas éternellement. Ali Shamkhani, un conseiller du guide suprême iranien Ali Khamenei, a déclaré mercredi à NBC News que Téhéran s’engagerait à ne jamais fabriquer d’armes nucléaires, à se débarrasser de ses stocks d’uranium hautement enrichi, à n’enrichir l’uranium qu’aux niveaux nécessaires à un usage civil et à autoriser des inspecteurs internationaux à superviser le processus en échange de la levée immédiate de toutes les sanctions économiques à l’encontre de la République islamique.Avant les pourparlers, la Chine, qui a récemment tenu des discussions avec l’Iran sur son programme nucléaire, a déclaré qu’elle restait “engagée à promouvoir un règlement politique et diplomatique de la question iranienne.”Elle a également “salué l’engagement de l’Iran à ne pas développer d’armes nucléaires”, s’opposant “à toutes les sanctions unilatérales illégales”, selon le porte-parole du ministère chinois des Affaires étrangères, Lin Jian.L’Iran enrichit actuellement l’uranium à 60%, bien au-delà de la limite de 3,67% fixée par l’accord nucléaire de 2015, alors qu’un taux de 90% est nécessaire pour un usage militaire. Ses stocks de matière fissile inquiètent les puissances occidentales.Un an après le retrait des Etats-Unis de l’accord, l’Iran avait commencé à revenir sur les engagements qu’il avait pris en 2015. Téhéran insiste sur son droit à poursuivre l’enrichissement de l’uranium, affirmant que cela n’est pas négociable, mais qu’il serait ouvert à des réductions temporaires du niveau et du volume de l’enrichissement.

Première rencontre attendue entre Ukrainiens et Russes à Istanbul

Moscou et Kiev doivent tenir vendredi à Istanbul de premières négociations directes sur l’invasion russe de l’Ukraine depuis les premières semaines de cette guerre en 2022, mais en l’absence des présidents Vladimir Poutine et Volodymyr Zelensky, les espoirs de progrès sont jugés minces à ce stade.Cette première réunion entre Ukrainiens et Russes depuis le printemps 2022 doit démarrer à 09H30 GMT sous médiation turque, selon des sources au sein du ministère turc des Affaires étrangères, d’autres sources au fait des négociations estimant qu’elle pourrait être décalée à plus tard, selon les agendas des délégations.”Un cessez-le-feu inconditionnel: c’est notre priorité”, a martelé sur Telegram Andriï Iermak, le bras de droit du président ukrainien Volodymyr Zelensky.Avant cette rencontre très attendue, Turcs, Ukrainiens et Américains ont entamé dans la matinée une réunion trilatérale dans le palais de Dolmabahçe, à Istanbul, sur les rives du Bosphore, selon des sources turques.Peu avant, le chef de la délégation ukrainienne Roustem Oumerov, accompagné notamment de M. Iermak, avait échangé avec des représentants sécuritaires européens, ainsi qu’avec l’émissaire américain Keith Kellogg, selon une source ukrainienne.Le négociateur en chef russe avait, de son côté, dit plus tôt qu’il attendrait la délégation ukrainienne à partir de 07H00 GMT.Le secrétaire d’Etat américain Marco Rubio, arrivé à Istanbul, a cependant minimisé les espoirs la veille, disant ne pas nourrir “de grandes attentes” concernant la réunion russo-ukrainienne et reconnaissant que l’équipe russe n’est “pas au niveau que nous espérions”.- “Mandat pour un cessez-le-feu” -Le président américain Donald Trump a lui dit vendredi être prêt à rencontrer Vladimir Poutine “dès qu’il sera possible d’organiser” un sommet, sans quoi “rien ne se passera” concernant le règlement du conflit, avait-il prévenu la veille.Le président ukrainien Volodymyr Zelensky, qui avait lui aussi dit vouloir rencontrer en face-à-face M. Poutine à Istanbul, a accusé Moscou de ne pas prendre “au sérieux” ces pourparlers.La délégation russe est emmenée par un conseiller présidentiel de second plan, Vladimir Medinski, ex-ministre de la Culture.Vladimir Poutine avait proposé des négociations directes entre les deux pays. Mais, mis au défi par Volodymyr Zelensky de se rendre “en personne” à Istanbul pour négocier avec lui, le président russe n’a pas fait le déplacement.Dans ce contexte, Volodymyr Zelensky a délégué pour les discussions son ministre de la Défense Roustem Oumerov, qui aura “un mandat pour un cessez-le-feu”, alors que l’armée russe occupe toujours près de 20% du territoire ukrainien.La journée de jeudi a vu un échange d’invectives entre Kiev et Moscou. Volodymyr Zelensky a qualifié de “pure façade” la délégation russe. Il a été traité en retour de “clown” par la diplomatie russe.M. Medinski a, lui, martelé que son pays considérait que les nouveaux pourparlers devaient s’inscrire dans “la suite” des négociations bilatérales avortées de 2022.Il a assuré être prêt à de “possibles compromis”, sans toutefois les détailler.Le Kremlin maintient depuis le début de l’invasion des revendications maximalistes: que l’Ukraine renonce à rejoindre l’Otan, abandonne quatre de ses régions partiellement contrôlées par la Russie, en plus de la Crimée annexée en 2014, et que cessent les livraisons d’armes occidentales.- Moscou “ne veut pas la paix” -La diplomatie européenne et Kiev avaient réclamé un cessez-le-feu préalable avant toute discussion entre Kiev et Moscou. Une demande rejetée par Vladimir Poutine, au motif qu’une trêve prolongée permettrait aux forces ukrainiennes de se renforcer en recevant des armes occidentales, alors que l’armée russe a l’avantage sur le front.Il est “clair” que la Russie “ne veut pas la paix”, a déploré vendredi à Tirana la cheffe de la diplomatie de l’UE, Kaja Kallas, tandis que le secrétaire général de l’Otan, Mark Rutte, a assuré que Moscou avait fait une “erreur” en envoyant à Istanbul une équipe de “second rang”.La Chine, proche partenaire de Moscou, a de son côté répété son envie de voir un accord de paix “juste” et “durable”.Dans cette effervescence diplomatique, le ministre russe de la Défense, Andreï Belooussov, absent en Turquie, est arrivé vendredi à Minsk pour échanger avec le dirigeant bélarusse Alexandre Loukachenko.

Première rencontre attendue entre Ukrainiens et Russes à Istanbul

Moscou et Kiev doivent tenir vendredi à Istanbul de premières négociations directes sur l’invasion russe de l’Ukraine depuis les premières semaines de cette guerre en 2022, mais en l’absence des présidents Vladimir Poutine et Volodymyr Zelensky, les espoirs de progrès sont jugés minces à ce stade.Cette première réunion entre Ukrainiens et Russes depuis le printemps 2022 doit démarrer à 09H30 GMT sous médiation turque, selon des sources au sein du ministère turc des Affaires étrangères, d’autres sources au fait des négociations estimant qu’elle pourrait être décalée à plus tard, selon les agendas des délégations.”Un cessez-le-feu inconditionnel: c’est notre priorité”, a martelé sur Telegram Andriï Iermak, le bras de droit du président ukrainien Volodymyr Zelensky.Avant cette rencontre très attendue, Turcs, Ukrainiens et Américains ont entamé dans la matinée une réunion trilatérale dans le palais de Dolmabahçe, à Istanbul, sur les rives du Bosphore, selon des sources turques.Peu avant, le chef de la délégation ukrainienne Roustem Oumerov, accompagné notamment de M. Iermak, avait échangé avec des représentants sécuritaires européens, ainsi qu’avec l’émissaire américain Keith Kellogg, selon une source ukrainienne.Le négociateur en chef russe avait, de son côté, dit plus tôt qu’il attendrait la délégation ukrainienne à partir de 07H00 GMT.Le secrétaire d’Etat américain Marco Rubio, arrivé à Istanbul, a cependant minimisé les espoirs la veille, disant ne pas nourrir “de grandes attentes” concernant la réunion russo-ukrainienne et reconnaissant que l’équipe russe n’est “pas au niveau que nous espérions”.- “Mandat pour un cessez-le-feu” -Le président américain Donald Trump a lui dit vendredi être prêt à rencontrer Vladimir Poutine “dès qu’il sera possible d’organiser” un sommet, sans quoi “rien ne se passera” concernant le règlement du conflit, avait-il prévenu la veille.Le président ukrainien Volodymyr Zelensky, qui avait lui aussi dit vouloir rencontrer en face-à-face M. Poutine à Istanbul, a accusé Moscou de ne pas prendre “au sérieux” ces pourparlers.La délégation russe est emmenée par un conseiller présidentiel de second plan, Vladimir Medinski, ex-ministre de la Culture.Vladimir Poutine avait proposé des négociations directes entre les deux pays. Mais, mis au défi par Volodymyr Zelensky de se rendre “en personne” à Istanbul pour négocier avec lui, le président russe n’a pas fait le déplacement.Dans ce contexte, Volodymyr Zelensky a délégué pour les discussions son ministre de la Défense Roustem Oumerov, qui aura “un mandat pour un cessez-le-feu”, alors que l’armée russe occupe toujours près de 20% du territoire ukrainien.La journée de jeudi a vu un échange d’invectives entre Kiev et Moscou. Volodymyr Zelensky a qualifié de “pure façade” la délégation russe. Il a été traité en retour de “clown” par la diplomatie russe.M. Medinski a, lui, martelé que son pays considérait que les nouveaux pourparlers devaient s’inscrire dans “la suite” des négociations bilatérales avortées de 2022.Il a assuré être prêt à de “possibles compromis”, sans toutefois les détailler.Le Kremlin maintient depuis le début de l’invasion des revendications maximalistes: que l’Ukraine renonce à rejoindre l’Otan, abandonne quatre de ses régions partiellement contrôlées par la Russie, en plus de la Crimée annexée en 2014, et que cessent les livraisons d’armes occidentales.- Moscou “ne veut pas la paix” -La diplomatie européenne et Kiev avaient réclamé un cessez-le-feu préalable avant toute discussion entre Kiev et Moscou. Une demande rejetée par Vladimir Poutine, au motif qu’une trêve prolongée permettrait aux forces ukrainiennes de se renforcer en recevant des armes occidentales, alors que l’armée russe a l’avantage sur le front.Il est “clair” que la Russie “ne veut pas la paix”, a déploré vendredi à Tirana la cheffe de la diplomatie de l’UE, Kaja Kallas, tandis que le secrétaire général de l’Otan, Mark Rutte, a assuré que Moscou avait fait une “erreur” en envoyant à Istanbul une équipe de “second rang”.La Chine, proche partenaire de Moscou, a de son côté répété son envie de voir un accord de paix “juste” et “durable”.Dans cette effervescence diplomatique, le ministre russe de la Défense, Andreï Belooussov, absent en Turquie, est arrivé vendredi à Minsk pour échanger avec le dirigeant bélarusse Alexandre Loukachenko.

Medinski, historien nationaliste et négociateur en chef de Poutine à Istanbul

Ancien ministre de la Culture et historien aux vues nationalistes, le conseiller de Vladimir Poutine, Vladimir Medinski, emmène la délégation russe aux négociations de paix avec l’Ukraine à Istanbul, un rôle qu’il a déjà joué en mars 2022, au tout début du conflit.Le président ukrainien Volodymyr Zelensky avait mis au défi son homologue russe de se rendre “en personne” à cette rencontre, mais Vladimir Poutine y a envoyé une délégation composée de responsables de second rang et dirigée par M. Medinski.Ce conseiller du Kremlin avait déjà pris part en mars 2022 aux premières négociations infructueuses entre Russes et Ukrainiens, organisées au Bélarus et en Turquie. Les négociations avaient échoué et le conflit a fait depuis des dizaines de milliers de morts civils et militaires des deux côtés en un peu plus de trois ans. Moscou avait accusé l’Occident d’avoir fait pression sur Kiev pour faire avorter ces entretiens, aux cours desquels les Russes avaient campé sur des positions maximalistes, et assurant que l’Ukraine était sur le point de conclure un accord.M. Medinski a martelé jeudi que son pays considérait que les nouveaux pourparlers devaient s’inscrire dans “la suite” des négociations bilatérales avortées de 2022.Il a assuré être prêt à de “possibles compromis”, sans les détailler, et précisé que sa délégation avait “toutes les prérogatives” pour prendre des décisions.Vladimir Medinski, 54 ans, a gravi les échelons pour devenir l’un des principaux idéologues et homme de confiance de Vladimir Poutine, au pouvoir depuis 25 ans. Il n’est généralement pas considéré comme un décideur en politique étrangère.Depuis le début de l’offensive russe lancée contre l’Ukraine en 2022, M. Medinski a joué un rôle clé dans la propagande russe, en promouvant la rhétorique du Kremlin, notamment par le biais de manuels d’histoire diffusés dans les écoles et qu’il a cosignés.Vladimir Medinski est connu pour ses positions ultra-patriotiques sur l’histoire russe, sur laquelle il a écrit de nombreux ouvrages, remis en cause par de nombreux historiens pour leur révisionnisme.Ses écrits nient l’existence de l’Ukraine en tant que nation et avancent des revendications radicales sur son territoire. L’Ukraine fait “partie de la terre russe”, affirmait-il ainsi dans un entretien en 2023.- Bustes de Staline -Né à l’époque de l’URSS à Smila, une petite ville dans la région ukrainienne de Tcherkassy, fils d’un militaire soviétique, M. Medinski a fait ses études à la prestigieuse université des relations internationales MGIMO à Moscou où il s’est pris de passion pour l’histoire militaire russe.Il ouvre en 1992 son agence de publicité, puis poursuit sa carrière dans les services fiscaux, avant d’être élu en 2003 député du parti pro-Kremlin “Russie Unie” à la Douma (chambre basse du Parlement).Il occupe ensuite de 2012 à 2020 le poste de ministre de la Culture. M. Medinski est alors critiqué pour ses positions très conservatrices.Il souligne que la Russie doit “protéger” sa culture des errements supposés de la culture contemporaine européenne.Sous son mandat, des bustes du dictateur soviétique Staline sont érigés dans plusieurs villes de Russie, y compris à Moscou en 2017, à l’initiative de la Société russe d’Histoire militaire, une organisation que Medinski dirige.La même année, des historiens portent plainte contre lui, exigeant que son diplôme d’histoire, obtenu en 2011, lui soit retiré. Sa thèse portant sur la Russie médiévale fourmille, selon eux, d’erreurs et d’inexactitudes.M. Medinski a fait de la glorification de l’histoire russe son cheval de bataille, multipliant les financements publics de projets allant dans ce sens.Promu depuis 2020 au poste de conseiller du président russe, il apparaît rarement dans les médias.Fin janvier, il avait présenté un nouveau manuel scolaire consacré à “l’histoire militaire de la Russie” destiné à apprendre aux adolescents que l’offensive en Ukraine a été lancée pour “défendre la population du Donbass”, région russophone de l’est de l’Ukraine. 

Ressortissants détenus: la France dépose plainte contre l’Iran devant la CIJ, annonce Barrot

La France dépose plainte vendredi contre l’Iran devant la Cour internationale de justice (CIJ) pour “violation de son obligation de donner droit à la protection consulaire” concernant ses deux ressortissants français encore détenus dans ce pays, a annoncé le chef de la diplomatie Jean-Noël Barrot.Cécile Kohler et Jacques Paris “sont retenus otages depuis trois ans en Iran, détenus dans des conditions indignes qui sont assimilables à de la torture et qui sont privés de ce qu’on appelle les visites consulaires”, a dénoncé M. Barrot sur la chaîne de télévision France 2.Le ministre des Affaires étrangères français avait déjà indiqué début avril que Paris s’apprêtait à saisir la CIJ faute d’avancée. Cette annonce avait été saluée comme un “tournant majeur” par la soeur de Cécile Kohler.La plainte devant la CIJ intervient alors que des négociateurs iraniens rencontrent vendredi en Turquie retrouvent leurs homologues du Royaume-Uni, de France et d’Allemagne pour des pourparlers sur le nucléaire iranien.Cécile Kohler, enseignante, et son compagnon, Jacques Paris, que Paris qualifie d'”otages d’Etat”, ont été arrêtés en mai 2022 pour “espionnage” et sont emprisonnés depuis dans des conditions extrêmement dures, à l’isolement, dans la prison d’Evine de Téhéran.Ils sont officiellement les deux derniers Français détenus en Iran. Olivier Grondeau, qui était détenu depuis octobre 2022, a été libéré en mars.Une vingtaine d’Occidentaux sont détenus en Iran, le pays étant accusé par les chancelleries européennes et des ONG de pratiquer une “diplomatie des otages”.

Les Uruguayens ont dit un dernier adieu à leur ex-président “Pepe” Mujica

La veillée funèbre en hommage à l’ancien président de l’Uruguay José “Pepe” Mujica, décédé mardi, s’est clôturée jeudi soir à Montevideo, avec une participation estimée à 100.000 personnes, parmi lesquelles le président brésilien Luiz Inacio Lula da Silva et son homologue chilien Gabriel Boric.Ancien guérillero et adepte d’un mode de vie austère, José Mujica, dit “Pepe”, charismatique président de l’Uruguay entre 2010 et 2015, est mort d’un cancer à l’âge de 89 ans dans sa modeste ferme de la périphérie de Montevideo, là même où doivent reposer ses cendres. Après un cortège funèbre mercredi dans le centre-ville de la capitale du pays sud-américain de 3,4 millions d’habitants, la veillée s’est poursuivie jusqu’à jeudi soir dans la salle des pas perdus du Palais législatif, bâtiment qui abrite le Parlement.”Je ne pars pas, j’arrive”, pouvait-on lire sur une banderole géante déployée sur l’esplanade du bâtiment par le Mouvement pour la participation populaire (MPP), la formation politique fondée par M. Mujica.A l’émotion témoignée par des dizaines de milliers d’Uruguayens s’est ajoutée celle des présidents chilien et brésilien dans l’après-midi, représentants comme José Mujica de la gauche latino-américaine.Les deux chefs d’Etat ont salué leur homologue uruguayen Yamandu Orsi, héritier politique de “Pepe” Mujica, et serré dans leurs bras la veuve de l’ex-dirigeant, Lucia Topolansky, avant de s’approcher en silence du cercueil. Lula a loué devant la presse un “être humain supérieur, une personne qui a essayé de changer le monde avec sa singularité, sa compétence politique, avec la capacité de dialoguer surtout avec la jeunesse”.- Chants -Des dizaines de milliers d’Uruguayens ont fait la queue pour rendre un dernier hommage à l’ex-dirigeant. Certains avec des fleurs à la main, d’autres avec des drapeaux sur les épaules.Peu après 17H00 heure locale (20H00 GMT), une salve d’applaudissements de plusieurs minutes a précédé la clôture de la veillée.L’émotion s’est transformée en chansons. Des milliers de personnes ont entonné a cappella “A don José”, un hymne de la culture populaire étroitement lié à la gauche et surtout à “Pepe” Mujica.”Aujourd’hui, c’était incroyable. Ca va laisser une empreinte” et “restera dans l’histoire pour toujours”, a déclaré à l’AFP Julio Laner, un retraité de 62 ans.Par sa façon d’être, “il nous a laissé un héritage ici et au niveau mondial et il laisse un très grand vide”, a déclaré, ému, à l’AFP, Roberto Pérez, un autre retraité.Pour Aurea Nascimento, une touriste brésilienne qui s’est présentée fleur à la main devant le cercueil recouvert du drapeau uruguayen, José Mujica “n’était pas un politicien ordinaire, c’était un philosophe, un humaniste, il véhiculait des valeurs universelles et différentes de celles que nous avons l’habitude de voir chez les gens de pouvoir”.

Le récit de persécution divise les fermiers afrikaners à la plus grande foire du pays

Dans les allées de la foire agricole de Bothaville bondées de bétail, tracteurs démesurés et “bakkies” –comme on appelle les pick-ups ici– les fermiers afrikaners étaient divisés jeudi sur le récit de persécutions à leur encontre porté par Donald Trump.Ils sont des centaines à déambuler dans les mêmes chemisettes et shorts kaki, tenue traditionnelle des Boers, mais sont loin de partager le même avis sur le récit d’un prétendu “génocide” envers eux, descendants des premiers colons européens en Afrique du Sud.Pour John Potgieter, cultivateur de maïs de 31 ans, “l’existence d’un génocide en Afrique du Sud ne fait aucun doute”. Il a fait le déplacement depuis Bloemfontein, la capitale de la province de l’Etat Libre située à 200 km au sud-ouest de Bothaville, bourgade elle-même éloignée de 200 km de Johannesburg dans la même direction.Le teint tanné de ceux travaillant au grand air, il rappelle l’existence du mur du Souvenir en montrant un  monument érigé dans l’enceinte du parc des expositions en hommage aux fermiers tués. Un mémorial devant lequel le vice-président Paul Mashatile s’est recueilli jeudi en assurant aux agriculteurs: “Nous sommes à vos côtés.”Vingt-cinq noms, classés par province, y ont été gravés l’année passée.Devant les chiffres, y compris ceux du groupe identitaire afrikaner Afriforum (49 meurtres en 2023), John Potgieter, qui n’imagine pas quitter le pays, convient: “Evidemment, le terme génocide est employé au sens large, ce n’est pas un génocide de masse comme l’Holocauste.”Avec 75 meurtres par jour en moyenne, l’Afrique du Sud affiche l’un des taux d’homicides les plus élevés de la planète. Mais il concerne surtout les zones urbaines et les jeunes hommes noirs.- “Je n’irai nulle part ailleurs” -“On est bien plus en sécurité dans une ferme qu’en ville”, assure Eduard van der Westhuizen, éleveur de moutons et de chèvres qui s’est installé à l’orée de la province de Johannesburg.”Il y a des problèmes, des meurtres parfois, mais ils ne sont pas ciblés. Je n’irai nulle part ailleurs, c’est mon pays, je l’aime”, lâche-t-il en brassant l’air de son bâton de berger.Un commercial en équipements agricoles à la moustache blanche, qui souhaite conserver l’anonymat, qualifie de “farce” l’initiative de Donald Trump d’accueillir 49 Afrikaners comme des réfugiés.Au contraire, pour l’agriculteur en devenir de 18 ans Danny Snyman, le président américain a le mérite d'”aider un peu en faisant peur et en faisant prendre conscience de ce qu’il se passe”.Même s’il reconnaît qu’il n’a “pas entendu parler de beaucoup de meurtres” autour des plantations de banane et d’agrume de sa famille à Nelspruit, dernière grande ville avant le parc Kruger.”Il y a plus de vols que de meurtres (…) Des vols de carburant, de tracteurs de temps en temps et de panneaux solaires.”Au milieu des champs de maïs, tournesol et sorgho, ce salon agricole, baptisé Nampo et étalé sur 40 hectares, est le plus grand du pays.Il a lieu tous les ans à Bothaville, dans la province de l’Etat Libre, ces terres où ont pris racine les Boers au XIXe siècle après avoir quitté la région du Cap, passée sous domination britannique.Les organisateurs du Nampo se revendiquent le salon numéro un dans l’hémisphère sud, forts de plus de 900 exposants cette année. Parmi eux: des revendeurs d’armes de poing et même de fusils automatiques AR15.”Dans certaines régions du pays, lorsqu’il y a une augmentation des attaques de fermes, les ventes augmentent”, observe auprès de l’AFP Willem Jordaan en charge du marketing de Dave Sheer Guns (DSG). “Il est important d’avoir un moyen d’autodéfense”. Désigné jeune fermier de l’année par l’organisation patronale des céréaliers, Dwayne Kaschula, 38 ans, ne se sent “pas du tout” menacé. “Si vous travaillez avec de l’argent liquide, ça fait immédiatement de vous une cible. Il y a donc beaucoup de façons de minimiser les risques.””La situation est calme depuis un certain nombre d’années”, observe cet exploitant aux 3.000 hectares dans le sud-est du pays.”Ma grand-mère elle-même a été attaquée à la ferme”, raconte Hanle Visser, une enseignante de 33 ans qui retourne dès qu’elle le peut sur l’exploitation familiale, près de la frontière avec le Botswana. “Heureusement, elle n’a pas été trop blessée. Ces choses font partie de la vie et peuvent arriver partout. On peut toujours faire partie des statistiques.”

Russes et Ukrainiens à Istanbul pour de possibles pourparlers sous médiation turque

Moscou et Kiev doivent tenir vendredi à Istanbul de premières négociations directes sur la guerre en Ukraine depuis le printemps 2022, mais en l’absence de Vladimir Poutine, les espoirs de progrès sont jugés minces.Le secrétaire d’Etat américain Marco Rubio a déclaré jeudi soir ne pas nourrir “de grandes attentes” concernant la réunion, reconnaissant que la représentation russe n’est “pas au niveau que nous espérions”.Donald Trump, qui s’était dit prêt à se rendre à Istanbul si le dirigeant russe en faisait autant, a lui estimé que “rien ne se passera (…) tant que (Vladimir Poutine) et moi ne serons pas ensemble”.Le président ukrainien Volodymyr Zelensky, qui avait lui aussi dit vouloir rencontrer M. Poutine à Istanbul, a accusé Moscou de ne pas prendre “au sérieux” ces pourparlers.La délégation russe est emmenée par un conseiller de second plan de Vladimir Poutine, Vladimir Medinski, ex-ministre de la Culture, et comprend également les vice-ministres des Affaires étrangères et de la Défense, ainsi que des représentants de l’armée.Vladimir Poutine avait proposé des négociations directes entre les deux pays. Mais, mis au défi par Volodymyr Zelensky de se rendre en personne à Istanbul pour négocier avec lui, le président russe n’a pas fait le déplacement.Dans ce contexte, Volodymyr Zelensky, qui est en Turquie, a délégué pour les discussions son ministre de la Défense Roustem Oumerov et un vice-ministre des Affaires étrangères, qui “auront un mandat pour un cessez-le-feu”.Donald Trump, qui pousse les belligérants à conclure la paix au plus vite, a répété jeudi qu’il pourrait se rendre “vendredi” en Turquie en cas de progrès dans les discussions.Jeudi soir, une source au ministère turc des Affaires étrangères a annoncé l’organisation de rencontres au format trilatéral.”Des négociations trilatérales entre les Etats-Unis, l’Ukraine, la Turquie”, d’une part, et entre “la Fédération de Russie, l’Ukraine et la Turquie” auront lieu à la place des pourparlers en tête à tête entre Russes et Ukrainiens, a affirmé cette source.- “Possibles compromis” -Vladimir Medinski, avait déclaré plus tôt qu’il attendrait la délégation ukrainienne vendredi à partir de 10H00 (07H00 GMT). La journée de jeudi a vu un échange d’invectives entre l’Ukraine et la Russie. Volodymyr Zelensky a qualifié de “pure façade” la délégation russe. Il a été traité en retour de “clown” par la diplomatie russe.M. Medinski a martelé que son pays considérait que les nouveaux pourparlers devaient s’inscrire dans “la suite” des négociations bilatérales avortées de 2022, et aux cours desquelles les Russes avaient campé sur des positions maximalistes.Il a assuré être prêt à de “possibles compromis”, sans les détailler, et précisé que sa délégation avait “toutes les prérogatives” pour prendre des décisions, ce que le président ukrainien avait précédemment mis en doute.M. Zelensky a été longuement reçu jeudi à Ankara par le président turc, Recep Tayyp Erdogan.Après cette rencontre, il s’est dit toujours “prêt” à des “discussions directes” avec son homologue russe, considérant que son absence était “un manque de respect” à l’égard de MM. Trump et Erdogan.De son côté, Marco Rubio a annoncé qu’un “responsable américain de rang inférieur” s’entretiendrait avec les représentants russes.- Sommet européen en Albanie -Jeudi, le Premier ministre britannique Keir Starmer a affirmé que M. Poutine devait “payer le prix de son refus de la paix” avec l’Ukraine, avant de participer à un sommet de la Communauté politique européenne en Albanie vendredi.Ce sommet doit réunir les dirigeants de 47 pays de l’Union européenne et de sa périphérie dont M. Starmer, le président français Emmanuel Macron et le chancelier allemand Friedrich Merz, ainsi que la présidente de la Commission européenne Ursula von der Leyen et le secrétaire général de l’Otan, Mark Rutte. M. Zelensky figure également dans la liste des invités.La diplomatie européenne et Kiev avaient réclamé un cessez-le-feu préalable avant toute discussion entre Kiev et Moscou. Une demande rejetée par la Russie, réticente à accepter une trêve prolongée qui pourrait selon elle permettre aux forces ukrainiennes de se renforcer en recevant des armes occidentales, alors que l’armée russe a l’avantage sur le front.Moscou, dont l’armée a revendiqué jeudi la conquête de deux nouvelles localités dans la région orientale de Donetsk, occupe près de 20% du territoire ukrainien.Le Kremlin maintient depuis le début de l’invasion des revendications maximalistes: que l’Ukraine renonce à rejoindre l’Otan, abandonne quatre de ses régions partiellement contrôlées par la Russie, en plus de la Crimée annexée en 2014, et que cessent les livraisons d’armes occidentales.burs-lgo/phs/roc 

Russes et Ukrainiens à Istanbul pour de possibles pourparlers sous médiation turque

Moscou et Kiev doivent tenir vendredi à Istanbul de premières négociations directes sur la guerre en Ukraine depuis le printemps 2022, mais en l’absence de Vladimir Poutine, les espoirs de progrès sont jugés minces.Le secrétaire d’Etat américain Marco Rubio a déclaré jeudi soir ne pas nourrir “de grandes attentes” concernant la réunion, reconnaissant que la représentation russe n’est “pas au niveau que nous espérions”.Donald Trump, qui s’était dit prêt à se rendre à Istanbul si le dirigeant russe en faisait autant, a lui estimé que “rien ne se passera (…) tant que (Vladimir Poutine) et moi ne serons pas ensemble”.Le président ukrainien Volodymyr Zelensky, qui avait lui aussi dit vouloir rencontrer M. Poutine à Istanbul, a accusé Moscou de ne pas prendre “au sérieux” ces pourparlers.La délégation russe est emmenée par un conseiller de second plan de Vladimir Poutine, Vladimir Medinski, ex-ministre de la Culture, et comprend également les vice-ministres des Affaires étrangères et de la Défense, ainsi que des représentants de l’armée.Vladimir Poutine avait proposé des négociations directes entre les deux pays. Mais, mis au défi par Volodymyr Zelensky de se rendre en personne à Istanbul pour négocier avec lui, le président russe n’a pas fait le déplacement.Dans ce contexte, Volodymyr Zelensky, qui est en Turquie, a délégué pour les discussions son ministre de la Défense Roustem Oumerov et un vice-ministre des Affaires étrangères, qui “auront un mandat pour un cessez-le-feu”.Donald Trump, qui pousse les belligérants à conclure la paix au plus vite, a répété jeudi qu’il pourrait se rendre “vendredi” en Turquie en cas de progrès dans les discussions.Jeudi soir, une source au ministère turc des Affaires étrangères a annoncé l’organisation de rencontres au format trilatéral.”Des négociations trilatérales entre les Etats-Unis, l’Ukraine, la Turquie”, d’une part, et entre “la Fédération de Russie, l’Ukraine et la Turquie” auront lieu à la place des pourparlers en tête à tête entre Russes et Ukrainiens, a affirmé cette source.- “Possibles compromis” -Vladimir Medinski, avait déclaré plus tôt qu’il attendrait la délégation ukrainienne vendredi à partir de 10H00 (07H00 GMT). La journée de jeudi a vu un échange d’invectives entre l’Ukraine et la Russie. Volodymyr Zelensky a qualifié de “pure façade” la délégation russe. Il a été traité en retour de “clown” par la diplomatie russe.M. Medinski a martelé que son pays considérait que les nouveaux pourparlers devaient s’inscrire dans “la suite” des négociations bilatérales avortées de 2022, et aux cours desquelles les Russes avaient campé sur des positions maximalistes.Il a assuré être prêt à de “possibles compromis”, sans les détailler, et précisé que sa délégation avait “toutes les prérogatives” pour prendre des décisions, ce que le président ukrainien avait précédemment mis en doute.M. Zelensky a été longuement reçu jeudi à Ankara par le président turc, Recep Tayyp Erdogan.Après cette rencontre, il s’est dit toujours “prêt” à des “discussions directes” avec son homologue russe, considérant que son absence était “un manque de respect” à l’égard de MM. Trump et Erdogan.De son côté, Marco Rubio a annoncé qu’un “responsable américain de rang inférieur” s’entretiendrait avec les représentants russes.- Sommet européen en Albanie -Jeudi, le Premier ministre britannique Keir Starmer a affirmé que M. Poutine devait “payer le prix de son refus de la paix” avec l’Ukraine, avant de participer à un sommet de la Communauté politique européenne en Albanie vendredi.Ce sommet doit réunir les dirigeants de 47 pays de l’Union européenne et de sa périphérie dont M. Starmer, le président français Emmanuel Macron et le chancelier allemand Friedrich Merz, ainsi que la présidente de la Commission européenne Ursula von der Leyen et le secrétaire général de l’Otan, Mark Rutte. M. Zelensky figure également dans la liste des invités.La diplomatie européenne et Kiev avaient réclamé un cessez-le-feu préalable avant toute discussion entre Kiev et Moscou. Une demande rejetée par la Russie, réticente à accepter une trêve prolongée qui pourrait selon elle permettre aux forces ukrainiennes de se renforcer en recevant des armes occidentales, alors que l’armée russe a l’avantage sur le front.Moscou, dont l’armée a revendiqué jeudi la conquête de deux nouvelles localités dans la région orientale de Donetsk, occupe près de 20% du territoire ukrainien.Le Kremlin maintient depuis le début de l’invasion des revendications maximalistes: que l’Ukraine renonce à rejoindre l’Otan, abandonne quatre de ses régions partiellement contrôlées par la Russie, en plus de la Crimée annexée en 2014, et que cessent les livraisons d’armes occidentales.burs-lgo/phs/roc 

L’assaillant de Salman Rushdie connaîtra sa peine vendredi

Hadi Matar, l’Américano-Libanais de 27 ans qui avait agressé au couteau en 2022 l’écrivain Salman Rushdie, symbole de la liberté d’expression, connaîtra vendredi la peine à laquelle il est condamné, après avoir été reconnu coupable de tentative de meurtre en février.Hadi Matar, qui a grandi aux Etats-Unis, avait été reconnu coupable de tentative de meurtre et agression par un jury américain, après deux semaines de procès au tribunal de Mayville, dans le nord de l’Etat de New York.L’assaillant, qui a toujours plaidé non coupable dans cette affaire, encourt pour ces faits respectivement 25 et sept années de prison.Le 12 août 2022, il avait lardé de coups de couteau l’auteur des “Versets sataniques”, ouvrage qui avait valu il y a plus de 30 ans à Salman Rushdie une fatwa de l’Iran, qui le jugeait blasphématoire.L’écrivain américano-britannique de 77 ans, né en Inde, a perdu l’usage de son oeil droit dans cette attaque, sa pomme d’Adam a été lacérée, son foie et son intestin grêle percés, et de graves lésions nerveuses au bras l’ont laissé paralysé d’une main.L’agression s’était produite devant près d’un millier de personnes lors d’une conférence sur la protection de la liberté des écrivains, dans une paisible région frontalière du Canada. L’auteur avait été sauvé par des spectateurs.- “Mare de sang”-A la barre du tribunal de Mayville, où il s’est présenté en février avec son oeil droit caché derrière un verre teinté, il a notamment raconté s’être vu “mourir” lors de cette attaque.”C’était un coup de couteau dans mon oeil, extrêmement douloureux, après je hurlais à cause de la douleur”, avait raconté Salman Rushdie durant le procès, ajoutant qu’il s’était retrouvé dans une “mare de sang”.L’écrivain avait déjà fait le récit de l’agression dans un livre, “Le couteau”. Hadi Matar, avait été arrêté dans la foulée.L’homme, qui a plusieurs fois hurlé des slogans propalestiniens durant son procès, a poignardé l’écrivain une dizaine de fois avec un couteau doté d’une lame de près de 20 centimètres.Quelques jours après l’agression, il avait été interviewé depuis sa prison par le tabloïd New York Post, auquel il avait confié avoir été “surpris” que Salman Rushdie ait survécu.Il n’avait pas dit, en revanche, s’il avait été inspiré par la fatwa lancée en 1989 par l’ayatollah Khomeini, à la tête de l’Iran à l’époque. Il a également déclaré à la presse qu’il n’avait lu que deux pages des “Versets sataniques”, mais a souligné qu’il reprochait à Rushdie d’avoir “attaqué l’islam”.Après la fatwa, Salman Rushdie a vécu reclus à Londres durant une décennie, mais depuis une vingtaine d’années il vit relativement normalement à New York.Hadi Matar est aussi inculpé devant la justice fédérale américaine pour “acte de terrorisme au nom du Hezbollah”, le mouvement chiite libanais soutenu par l’Iran. Téhéran a nié toute implication.Henry Reese, cofondateur de “Pittsburgh Ville Refuge”, un projet d’aide aux écrivains en exil, avait aussi été blessé dans l’agression.