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Berlin suspend les exportations des armes qu’Israël pourrait utiliser à Gaza

Berlin a amorcé vendredi un changement de cap majeur vis-à-vis d’Israël dont il était jusqu’ici l’un des plus fidèles alliés, en annonçant suspendre les exportations d’armes que ce pays pourrait utiliser à Gaza.C’est par cette mesure forte que le gouvernement allemand a réagi à l’approbation par le cabinet de sécurité israélien du plan présenté par le Premier ministre Benjamin Netanyahu, visant à prendre le contrôle de la ville de Gaza, dévastée par la guerre et en proie à une crise humanitaire. Il devient “de plus en plus difficile de comprendre” en quoi le plan militaire israélien permettrait d’atteindre ses objectifs dans la bande de Gaza, a asséné dans un communiqué le chancelier allemand Friedrich Merz.”Dans ces circonstances, le gouvernement allemand n’autorise pas, jusqu’à nouvel ordre, les exportations d’équipements militaires susceptibles d’être utilisés dans la bande de Gaza”, a ajouté M. Merz, officiellement parti en vacances mercredi.Depuis le début de la guerre à Gaza, déclenchée par l’attaque du Hamas en octobre 2023, jusqu’au mois de mai de cette année, Berlin avait autorisé l’export d’au moins 485 millions d’euros d’armement vers Israël.Ces livraisons comprenaient des armes à feu, des munitions, des pièces d’armes, des équipements spéciaux pour l’armée et la marine, des équipements électroniques et des véhicules blindés spéciaux, selon une réponse récente du gouvernement allemand à une demande parlementaire.Dans le communiqué de vendredi, le chancelier Merz a insisté sur la “profonde inquiétude” du gouvernement allemand face à “la souffrance continue de la population civile dans la bande de Gaza”.”Avec l’offensive prévue, le gouvernement israélien porte une responsabilité encore plus grande” en ce qui concerne l’aide aux civils dans le territoire palestinien, a-t-il continué, réitérant son appel en faveur d’un accès complet pour “les organisations de l’ONU et d’autres institutions non gouvernementales”.  “Le gouvernement allemand demande instamment au gouvernement israélien de ne pas prendre de nouvelles mesures en vue d’annexer la Cisjordanie”, a ajouté le chancelier.- Pression de la société civile -En raison de sa responsabilité historique vis-à-vis de l’extermination de six millions de juifs pendant la Seconde Guerre mondiale, l’Allemagne était jusqu’ici avec les Etats-Unis l’un des plus grands soutiens d’Israël. Ainsi, contrairement à la France, au Royaume-Uni et au Canada, elle n’avait pas promis de reconnaître un Etat palestinien en septembre à l’ONU. Lors d’une visite en Israël la semaine dernière, le ministre allemand des Affaires étrangères, Johann Wadephul, avait réaffirmé la position de longue date de Berlin, selon laquelle la reconnaissance ne pourrait intervenir qu’après un processus de négociation entre Israël et les Palestiniens. Il avait toutefois ajouté que ce processus “devait commencer rapidement”. Berlin s’était également opposé à la suspension ou à la résiliation de l’accord d’association UE-Israël, qui faisait l’objet d’un réexamen par les 27.Mais devant les souffrances de plus en plus grandes des Palestiniens à Gaza, où une évaluation soutenue par les Nations unies a mis en garde contre la famine, la pression sur le gouvernement de Friedrich Merz s’était faite de plus en plus grande au sein de la société allemande.Selon un sondage publié jeudi par la chaîne publique ARD, 66% des Allemands attendaient de leur gouvernement qu’il exerce une influence plus grande sur Benjamin Netanyahu, afin de changer la politique israélienne vis-à-vis de Gaza.Récemment, la presse allemande s’était également fait l’écho de dissensions au sein de la coalition du conservateur Friedrich Merz, certains ministres sociaux-démocrates prônant une attitude plus dure vis-à-vis du gouvernement israélien.Vendredi, le vice-chancelier, le social-démocrate Lars Klingbeil, également ministre des Finances, s’est empressé de saluer cette “décision juste”.”La souffrance humanitaire à Gaza est insupportable”, a-t-il déclaré.

Duplomb (LR) n’exclut pas un nouveau texte pour réintroduire l’acétamipride

Le sénateur LR Laurent Duplomb, dont la loi a été en partie censurée la veille par le Conseil constitutionnel, n’a pas exclu vendredi un nouveau texte pour réintroduire le pesticide acétamipride contesté, mais en tenant compte cette fois des critères imposés par les Sages.Le Conseil constitutionnel dit que la réintroduction, sous conditions, de l’acétamipride, interdit en France depuis 2018, “n’était pas encore assez encadré sur la durée, (que) ce n’était pas encore assez encadré sur la liste des filières”, dans le texte que j’ai présenté, a reconnu sur RMC l’auteur de cette loi qui a fait l’objet d’une pétition demandant son abrogation, signée par plus de 2,1 millions d’opposants.”En fait, il nous donne les éléments qui pourraient permettre, avec un nouveau texte, de trouver des solutions pour pouvoir peut être réintroduire” l’acétamipride, un pesticide de la famille des néonicotinoïdes, dont la réintroduction a été jugée par les Sages contraire à la Charte de l’environnement.La décision du Conseil constitutionnel a été saluée, à gauche, comme une victoire pour l’écologie. “Il reste encore du temps pour examiner ce qui va se passer, comment nous allons pouvoir le faire”, a ajouté Laurent Duplomb, estimant que “le Conseil constitutionnel ne ferme pas la porte”.La réintroduction à titre dérogatoire de l’acétamipride a cristallisé la contestation contre la loi Duplomb. Son retour était réclamé par certains producteurs de betteraves et de noisettes pour lutter contre les ravageurs.Les Sages ont estimé que “faute d’encadrement suffisant”, cette mesure était contraire au “cadre défini par sa jurisprudence, découlant de la Charte de l’environnement”, selon un communiqué.Dans leur décision, ils rappellent que les néonicotinoïdes “ont des incidences sur la biodiversité, en particulier pour les insectes pollinisateurs et les oiseaux” et “induisent des risques pour la santé humaine”.La FNSEA, premier syndicat agricole, a dénoncé une décision “inacceptable”.Quant au groupe écologiste à l’Assemblée, il a fait part de son intention de déposer une proposition de loi pour tenter d’obtenir “une abrogation totale” de la loi.

Vents violents en Grèce: mort de deux touristes vietnamiens, trafic maritime perturbé

Deux touristes vietnamiens sont morts sur l’île de Milos en mer Egée, en Grèce, où des vents violents vendredi ont perturbé les liaisons maritimes avec les îles en pleine saison touristique, a-t-on appris auprès de la police portuaire.”Un homme et une femme ont été retrouvés inconscients dans la mer” près de la plage de Sarakininiko à Milos, île des Cyclades, et “ont été transportés au centre de santé local”, a indiqué à l’AFP une responsable de la police portuaire grecque. “C’était des touristes vietnamiens faisant partie d’un groupe de croisière. La femme est tombée à l’eau et l’homme a apparemment essayé de la sauver, tous les deux sont morts”, a-t-elle ajouté sans donner plus de détails sur la cause de cet accident. Des médias locaux ont rapporté que les victimes s’étaient noyées.Les accidents maritimes et les noyades sont fréquents pendant l’été en Grèce où de nombreux touristes visitent les îles et les plages de Grèce continentale.Les vents violents qui soufflent depuis vendredi matin surtout en mer Egée (est) ont contraint certains ferries à rester à quai au Pirée, grand port près d’Athènes, selon la police portuaire.”Des ferries n’ont pas pu partir ce matin en raison de vents violents, surtout ceux desservant les îles des Cyclades ou du Dodecannèse”, selon la même source.Ainsi, certaines liaisons avec les Cyclades, dont les îles très touristiques de Mykonos et de Paros, ainsi que la Crète ont été annulées, empêchant les déplacements de nombreux touristes, au pic de la saison. En fin de matinée au moins trois ferries sont finalement partis pour les Cyclades – plus particulièrement pour Paros et Santorin – ainsi que pour la Crète tandis que les itinéraires vers les îles du Dodecannèse (sud-est) prévus en fin d’après-midi, seront effectués, a assuré la police portuaire.Les liaisons maritimes avec les îles proches d’Athènes, dans le golfe Saronique – Egine, Hydra, Poros ou Spetses – ainsi que celles avec les îles en mer Ionienne (ouest) n’ont en revanche pas été annulées, selon la même source.Le vent fort du nord, appelé “meltem”, est habituel en mer Egée surtout en août, entraînant souvent des annulations de liaisons maritimes. – “Très fort risque d’incendie” -Par ailleurs, après une réunion d’urgence, le ministère de la Protection civile a placé certaines régions du pays, surtout l’Attique – agglomération d’Athènes -, l’est du Péloponnèse et la Crète, “en vigilance rouge” en raison d'”un très fort risque d’incendies”.Selon le service météorologique national (EMY), les rafales vendredi devraient atteindre 88 km/h. L’observatoire national d’Athènes a averti dans un communiqué qu’il existait un “risque très élevé d’incendies de forêt en raison du vent”, en particulier dans l’est et le sud du pays. Le maire d’Athènes a également fermé les parcs de la capitale dont le jardin national dans le centre après qu’un arbre est tombé dans l’une des artères commerçantes les plus fréquentées de la ville, manquant de peu des passants.Située en Méditerranée orientale, très exposée au changement climatique, la Grèce est chaque année touchée par de graves incendies. De nombreux incendies ont eu lieu depuis juin dans le pays, dont un sur l’île de Chios (nord-est de l’Egée) qui avait dévasté plus de 4.000 hectares, et un autre dans l’ouest de Péloponnèse en juillet, plus de 1.000 hectares.Il y a une semaine, à la suite d’une canicule prolongée avec des températures ayant dépassé les 45°C, de nombreux incendies s’étaient déclarés à travers le pays, dont l’un près d’Athènes, qui avait entraîné des évacuations d’habitants et endommagé des habitations. 

Une nouvelle vague de chaleur débute en France, jusqu’à 41°c attendus ce weekend

Une nouvelle vague de chaleur estivale étouffante a débuté vendredi midi avec 11 départements du sud de la France placés en vigilance orange “canicule”, avant de s’étendre à 17 départements samedi, et des températures qui pourront atteindre 41°C dimanche.Le pic de chaleur est attendu en début de semaine prochaine sur une large partie du pays, après un weekend marqué par des températures comprises entre 34°C et 40°C dans le sud, pouvant atteindre les 41°C selon Météo-France.”Les très fortes températures devraient s’intensifier en début de semaine prochaine”, avec les journées les plus chaudes prévues lundi et mardi, avant de se maintenir au moins jusqu’en seconde partie de semaine, précise vendredi le service météorologique.Depuis midi vendredi, Météo-France a placé en vigilance orange canicule le Rhône, la Loire, l’Isère, la Drôme, l’Ardèche, les Hautes-Pyrénées, la Haute-Garonne, le Tarn, le Tarn-et-Garonne, ainsi que l’Aveyron et le Lot. Samedi midi, la vigilance s’étendra à la Dordogne, l’Aude, le Puy-de-Dôme, l’Ain, la Savoie et la Haute-Savoie.Après une première vague de chaleur étouffante du 19 juin au 4 juillet, cet épisode constitue la 51e vague de chaleur enregistrée en France depuis 1947, selon Météo-France.- “Se protéger” -A Lyon, métropole française la plus souvent placée en vigilance canicule, les habitants se préparent à cette nouvelle flambée de températures qui devraient frôler les 40°C ce weekend. Installée sous une ombrière de la place Bellecour, Séléna – elle n’a pas voulu donner son nom -, 22 ans, fait sa pause: “J’essaie de me protéger du soleil”. Face aux chaleurs, cette employée du réseau de transports TCL va souvent “squatter” le lac d’Annecy, à 150 km, en Haute-Savoie, département également placé en vigilance orange à partir de samedi.Travailler sous la chaleur, Afi Bombakar, serveur, y est “habitué”. “On n’a pas le choix, on est là pour travailler”, explique le trentenaire en essuyant les tables d’une terrasse.Même constat pour Sophie, 29 ans, recruteuse de donateurs pour Médecins du Monde, un travail dans la rue “fait pour les vaillants” surtout lors des “températures extrêmes”. Habitant Lyon, elle a dû installer une climatisation à domicile, une “obligation” pour garder en vie son “chat malade”, malgré ses réserves écologiques. D’autres optent pour les mini-ventilateurs, produits stars de l’été en rupture de stock dans certaines boutiques depuis la première vague de chaleur.- Sécheresse et incendies -Météo-France a également alerté sur un danger “élevé” de feux de forêt sur le pourtour méditerranéen, alors que l’incendie d’une ampleur exceptionnelle dans l’Aude a été fixé jeudi soir après avoir parcouru 17.000 hectares de végétation et coûté la vie à une personne.Cette nouvelle vague de chaleur, conjuguée à de très faibles précipitations, va aggraver la sécheresse des sols, déjà très marquée dans le sud-ouest, où les viticulteurs s’inquiètent. “S’il fait chaud comme ça pendant trois semaines, tout va griller”, redoutait jeudi Emmanuelle Piovesan, dirigeante du domaine Clos Cavenac dans le Lot-et-Garonne.Pour anticiper des “pannes potentielles de climatisation”, la SNCF a supprimé trois allers-retours sur des vieux trains jusqu’à lundi sur la ligne Bordeaux-Marseille.”On note une accélération de la survenue des vagues de chaleur au fil du temps. Cette tendance est bien liée au changement climatique, qui a un impact fort sur les températures en France hexagonale”, a souligné à l’AFP Lauriane Batté, climatologue à Météo-France.Juillet 2025 a été le troisième mois de juillet le plus chaud jamais enregistré sur la planète avec une température moyenne supérieure de 1,25°c à celle de ce même mois en ère pré-industrielle (1850-1900), a annoncé jeudi l’observatoire européen Copernicus.

Accumuler des bitcoins, un pari numérique risqué pour les entreprises

De Trump Media à Tesla, un nombre croissant d’entreprises misent massivement sur le bitcoin pour diversifier leurs réserves, contrer l’inflation ou attirer les investisseurs. Une stratégie à fort potentiel mais à haut risque face à l’extrême volatilité des cryptomonnaies.- Qui investit?Il est courant que les entreprises qui possèdent cette cryptomonnaie – la première en termes de capitalisation – exercent une activité en lien avec celle-ci.C’est le cas des sociétés qui “minent” des bitcoins, c’est-à-dire qui participent au processus de validation des transactions en échange de jetons.Mais aussi, dans une certaine mesure, de Tesla, qui les a un temps acceptés comme moyen de paiement, et de Trump Media, centrée autour du président américain, qui devrait bientôt proposer des produits d’investissement crypto.D’autres firmes opéraient jusqu’ici dans des domaines très éloignés avant de commencer à accumuler cette monnaie, comme le japonais MetaPlanet, à l’origine spécialisé dans l’hôtellerie.La société américaine Strategy, qui vendait initialement des logiciels sous le nom de MicroStrategy, cumule désormais plus de 600.000 bitcoins, soit plus de 3% de tous ceux jamais émis.Son cofondateur Michael Saylor a “créé une réelle valeur pour ses premiers investisseurs” en offrant la possibilité d’investir dans les cryptomonnaies sans en détenir directement, à une époque – il y a cinq ans – où les produits financiers actuels liés au secteur n’étaient pas autorisés, explique à l’AFP Andy Constan, directeur du cabinet d’analyse Damped Spring Advisors.- Quel intérêt?Les entreprises peuvent collecter les bitcoins “dans une optique de diversification” de leur trésorerie et pour “contrer les effets de l’inflation”, note Eric Benoist, spécialiste des technologies pour Natixis.D’autres sociétés, en difficulté, surfent sur la tendance pour “essayer de redorer leur image” en “s’adossant à un actif perçu comme solide et qui s’apprécie dans le temps”, note-t-il.Quelques-unes, comme Strategy, qui se focalisent sur l’accumulation de bitcoins, en font une véritable stratégie commerciale pour séduire des investisseurs attirés par le potentiel de cette monnaie.Les bitcoins peuvent aussi avoir une simple utilité pratique: la plateforme d’échange Coinbase utilise ainsi ses propres réserves comme garantie pour ses utilisateurs.- Quels risques?La valeur du bitcoin a été multipliée par 10 environ en cinq ans, profitant récemment d’une nouvelle réglementation américaine.Mais la devise “connaît régulièrement des chutes colossales” et sa volatilité est quatre fois supérieure à celle du principal indice boursier américain, le S&P 500, d’après Campbell Harvey, de l’université américaine de Duke.Il est risqué de “placer des actifs très volatils et sans rapport avec son activité dans sa trésorerie”, généralement constituée de titres sûrs comme des obligations à court terme, “dans laquelle on doit pouvoir puiser en cas d’urgence”, avance-t-il.Les achats des gros détenteurs de cryptomonnaies, surnommés “baleines”, ont contribué à doper son prix ces dernières années.Mais selon l’économiste, ces entreprises ne pourront pas “liquider tous ces bitcoins à leur prix actuel”, qui chuterait en cas de vente massive.Il faudrait inonder le marché pour faire bouger le cours, rétorque Jack Mallers, patron de Twenty One Capital, qui revendique 5 milliards de dollars en bitcoin.”Nous n’avons pas peur de” la volatilité car “nous conservons à long terme”, jure-t-il à l’AFP.- Une bulle? Selon un indicateur interne, l’action de Strategy est aujourd’hui vendue environ 70% au-dessus de la valeur de ses réserves.La société – qui n’a pas répondu à l’AFP – poursuit sa croissance en accumulant des bitcoins, ce qui attire les investisseurs et propulse son cours à la hausse.Mais à terme, il lui faudra monétiser ces actifs crypto, par exemple avec des produits financiers.Si les sociétés qui accumulent du bitcoin, plus généralement, n’y parviennent pas, Eric Benoist craint un éclatement de la bulle.Il rappelle que ces stratégies d’accumulation vont à l’encontre de la philosophie originelle de cette monnaie, pensée en 2008 comme un moyen de paiement décentralisé.Aujourd’hui, “les bitcoins finissent dans des coffres-forts électroniques auxquels on ne touche pas”.

Le taux de chômage stable en France, mais les jeunes inquiètent

Le taux de chômage en France est resté stable à 7,5% au deuxième trimestre, a rapporté l’Insee vendredi, mais le chômage des jeunes (19%) inquiète François Bayrou, favorable à un “plan d’urgence” en leur faveur.Le nombre de chômeurs au sens du Bureau international du travail, recherchant un emploi et immédiatement disponibles pour en prendre, a légèrement augmenté de 29.000 sur le trimestre à 2,4 millions de personnes.Le chômage dans la population active demeure ainsi “légèrement supérieur” aux 7,1% de fin 2022, début 2023, son point le plus bas depuis 1982, et inférieur de trois points à son pic de mi-2015.Cet indicateur montre aujourd’hui “une forme de résilience du marché du travail”, avec notamment un taux d’emploi qui continue d’augmenter, tiré notamment par le recul de l’âge de départ en retraite, relève Mathieu Plane, directeur adjoint du département Analyse et prévision de l’OFCE.Mais dans le même temps, l’emploi salarié privé a perdu quelque 100.000 postes (-0,4%) par rapport au printemps 2024, selon des chiffres publiés par l’Insee mercredi mais calculés à partir de données différentes – soit “deux thermomètres assez différents”, relève l’économiste pour expliquer un tel écart.Point particulièrement sensible, le taux de chômage des jeunes de 15 à 24 ans a diminué de 0,2 point par rapport au premier trimestre, mais reste élevé à 19%, et en augmentation de 1,2 point sur un an.Cette hausse inquiète le Premier ministre François Bayrou, qui a appelé dans une vidéo postée mercredi à un “plan d’urgence pour qu’on puisse proposer un travail à un plus grand nombre de jeunes”.De son côté, le ministère du Travail a indiqué à l’AFP qu'”une série de mesures sont en cours de lancement pour la rentrée”, ajoutant qu’il s’agit “d’ouvrir le capot et voir ce qui peut être amélioré concrètement et rapidement, plutôt que du gros investissement d’un argent qu’on n’a plus”.- Mesures budgétaires -Le 11 juillet, les ministres du Travail, de l’Education et des Sports avaient déclaré vouloir “mobiliser davantage les entreprises” pour la découverte des métiers dès le collège ou encore “développer 50.000 places en deux ans” dans les formations en alternance pour les premiers niveaux de qualification.Les jeunes mettent beaucoup plus de temps à s’insérer sur le marché du travail en France qu’au Royaume-Uni ou en Allemagne, selon une étude publiée en mars par le Conseil d’analyse économique, qui dépend de Matignon.Autre cause du taux d’emploi plus faible en France que chez ses voisins, les 55-64 ans ont été 61,8% à travailler au deuxième trimestre, soit 1,7 point de plus qu’un an auparavant et 0,3 point de plus qu’au trimestre précédent.Le taux de chômage des 50 ans et plus reste stable à 4,8% et a baissé de 0,2 point sur un an.La part des CDI dans l’emploi total s’est tassée de 0,1 point à 51,2% au deuxième trimestre, tandis que celui des indépendants a augmenté de 0,2 point à 9,1%, mais “ce ne sont pas forcément des emplois de très bonne qualité” notamment dans l’auto-entrepreunariat, relève M. Plane.Le halo autour du chômage, constitué des personnes qui souhaitent un emploi mais n’en recherchent pas ou ne sont pas immédiatement disponibles, atteint 1,9 million de personnes, soit 4,4% de la population des 15-64 ans. Il augmente légèrement sur le trimestre, de 21.000 personnes, mais diminue de 51.000 personnes sur un an.La stabilité du chômage pourrait toutefois être de courte durée avec les mesures budgétaires annoncées par François Bayrou pour 2026 afin de réduire les dépenses publiques.Ces mesures impacteront “la croissance, qui elle-même aura un effet sur le marché du travail”, prévoit Mathieu Plane.Des coupes contre lesquelles des syndicats veulent mobiliser à la rentrée, ce qui est aussi l’objectif d’appels divers et variés lancés ces dernières semaines sur les réseaux sociaux pour “tout bloquer” le 10 septembre.

Côte d’Ivoire: à Abidjan, une ancienne décharge transformée en parc urbain

Difficile de croire que sous l’herbe fraîche et les infrastructures flambant neuves du parc d’Akouédo sont stockées des millions de tonnes de déchets qui, pendant des décennies, ont pourri la vie et la santé des riverains de ce quartier de l’est d’Abidjan.Ouverte en 1965, la décharge d’Akouédo a fermé ses portes en 2018 pour se transformer en un grand parc urbain d’une centaine d’hectares, un espace vert rare dans la capitale économique de Côte d’Ivoire, forte de six millions d’habitants et à l’urbanisation galopante.Après cinq ans de travaux, le parc est prêt à ouvrir ses portes, même si la date d’ouverture officielle n’est pas encore connue. Un changement de décor radical plus que bienvenu pour les habitants d’Akouédo, où la décharge – qui accueillait notamment des déchets toxiques dangereux – était à l’origine d’importants problèmes sanitaires, écologiques et sécuritaires.”On a beaucoup souffert”, témoigne à l’AFP Célestine Maïlé qui habite Akouédo depuis plus de 30 ans. Aujourd’hui, “ça fait du bien de respirer” sourit-elle, émue de découvrir le nouveau visage du site. “Il y avait des montagnes d’ordures et en dessous l’eau coulait partout”, se souvient-elle.En plus de l’exposition aux odeurs et aux nuisibles, cette décharge constituait “un problème de santé publique majeur”, estimait en 2019 une étude menée par des scientifiques ivoiriens sur les risques toxicologiques de la cohabitation avec ses déchets.Les auteurs de l’étude préconisaient “la fermeture et la réhabilitation” urgente du site, assurant que les populations vivant aux alentours de la décharge d’Akouédo étaient “clairement exposées aux intoxications de polluants” dangereux, comme le plomb, le mercure ou le chrome, cancérigène.L’exposition à cette pollution a aussi favorisé des affections telles que le paludisme, des gastro-entérites, ou encore des troubles respiratoires, soulignaient les chercheurs. “Les ordures entraînaient des maladies”, confirme Célestine Maïlé qui souffre elle-même de problèmes aux yeux liés à des décennies de vie près de la décharge.Selon la riveraine, Akouédo était en outre “devenu le coin des drogués”, où les agressions étaient courantes.-“Une réparation”-“Ce dépotoir, c’était vraiment comme si nous étions au cimetière”, explique Séverin Alobo, directeur de cabinet de la chefferie du village d’Akouédo.Pour le représentant de l’autorité traditionnelle du village, la création du parc d’Akouédo est “une réparation” pour les habitants.  “Le nom d’Akouédo ne sera plus associé à une décharge, mais à un beau parc urbain”, s’est de son côté félicité Bouaké Fofana, ministre ivoirien de l’Hydraulique, de l’Assainissement et de la Salubrité.”Ce qui a été perdu a été amplement regagné”, assure le ministre, précisant que 750 emplois directs et indirects ont été créés avec ce projet, qui comprend aussi la création d’un marché, la construction d’un collège et la rénovation de deux kilomètres de voirie dans le quartier.Le projet, financé par l’Etat ivoirien à hauteur de 124 milliards de francs CFA (189 milions d’euros), comporte également un volet environnemental. Les déchets stockés sous le parc sont désormais valorisés en ressources énergétiques, grâce à un système de drainage et de captage. Le biogaz et les liquides issus de la fermentation des 53 millions de tonnes de déchets accumulés sont transportés vers une usine où ils seront transformés en électricité, afin d’alimenter le parc, ainsi qu’une partie du réseau national.Le parc comporte également une “Maison de l’environnement” pour accueillir des événements “autour des enjeux environnementaux contemporains”, a indiqué M. Fofana. Les visiteurs pourront également profiter d’aires récréatives et sportives, notamment d’un court de tennis et de deux terrains de football, d’une grande passerelle serpentant dans une forêt tropicale en devenir, ainsi que de potagers partagés.Longtemps seul site de stockage de déchets de la ville, la décharge d’Akouédo a été remplacée par un centre d’enfouissement à Kossihouen, dans la banlieue d’Abidjan, à la capacité de stockage quatre fois supérieure.