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En Roumanie, le candidat pro-européen remporte la présidence

Maintenir le cap européen et le soutien à Kiev ou se tourner vers l’extrême droite: les Roumains, nombreux dimanche aux urnes pour élire leur président, ont choisi la première option en donnant la victoire au maire centriste de Bucarest.Alors que peu auraient parié sur lui il y a deux semaines, Nicusor Dan, 55 ans, a recueilli 53,6% des suffrages, après dépouillement de la totalité des bulletins, un résultat accueilli dans la liesse à son quartier général.”C’est la victoire de milliers et de milliers de gens qui ont cru que la Roumanie pouvait changer dans la bonne direction”, a-t-il lancé à ses partisans au milieu de chants louant l’Europe et moquant la Russie.Il a aussi eu un mot pour ceux qui n’avaient pas voté pour lui, appelant à “se mettre au travail” et à “bâtir une Roumanie unie”.La présidentielle était surveillée de près dans les capitales européennes et les messages ont afflué, de la présidente de la Commission européenne Ursula von der Leyen qui a salué le choix des Roumains en faveur d’une “Europe forte” au chef d’Etat français Emmanuel Macron, pour qui “la démocratie” l’a emporté “malgré les nombreuses tentatives de manipulation”. Dans l’Ukraine voisine, Volodymyr Zelensky s’est félicité de ce succès “historique”, rappelant “l’importance d’avoir la Roumanie comme partenaire fiable”.- Mobilisation exceptionnelle -Cinq mois après la rarissime annulation du scrutin de novembre entaché par des soupçons d’ingérence russe, la Roumanie espère désormais refermer ce chapitre tumultueux.Mais les divisions sont profondes. Après avoir refusé dans un premier temps de concéder sa défaite malgré le verdict des urnes (46,4%) et crié à la fraude, le candidat souverainiste George Simion a félicité son adversaire, tout en promettant de “poursuivre le combat”.Cet admirateur de Donald Trump, âgé de 38 ans, avait largement dominé le premier tour le 4 mai avec près de 41% des voix, le double du maire de Bucarest, porté par un vent de colère face aux “politiciens voleurs” au pouvoir depuis 1989 et aux difficultés économiques d’un des pays les plus pauvres de l’UE. Il a pâti d’une série de “faux pas” dans l’entre-deux-tours mais surtout d’une “mobilisation quasi sans précédent, liée à un sursaut des défenseurs de la démocratie”, a commenté pour l’AFP l’analyste Sergiu Miscoiu. Le taux de participation s’est élevé à près de 65%, contre seulement 53% au premier tour.”Jamais une élection n’avait été aussi décisive” pour l’avenir du pays, “avec des implications géopolitiques manifestes”, ajoute l’expert.Car le chef de l’Etat a le pouvoir de nommer des personnes à des postes clés et de participer aux sommets de l’Union européenne et de l’Otan.Membre loyal de l’UE, la Roumanie, une nation de 19 millions d’habitants voisine de l’Ukraine, est devenue un pilier essentiel de l’Alliance atlantique depuis le début de l’offensive russe en 2022.- “Georgescu président” -Ce sont deux visions qui s’affrontaient dans les urnes.Nicusor Dan, un brillant mathématicien qui a fait ses études en France avant de devenir un militant anticorruption, est un Européen convaincu et un fervent soutien de Kiev.En face, George Simion, détracteur des “politiques absurdes de l’UE”, a plaidé pendant la campagne pour l’arrêt de l’aide militaire à l’Ukraine, prônant “la neutralité” tout en se défendant d’être “l’ami de Vladimir Poutine”.Il s’est de nouveau affiché dimanche avec Calin Georgescu, celui qui avait surpris en terminant en tête du scrutin du 24 novembre après une campagne massive sur TikTok dont le mode opératoire pointait vers la Russie.L’ex-haut fonctionnaire a depuis été inculpé et exclu de cette nouvelle course, une décision qui a provoqué des manifestations parfois violentes.”Calin Georgescu président!”, a crié une petite foule venue avec des fleurs accueillir son héros déchu.A la sortie des bureaux de vote, beaucoup disaient leur espoir que le cauchemar actuel se termine. “C’est un tel chaos en Roumanie” depuis l’annulation du vote, raconte Runa Petringenaru, organisatrice de séminaires de 55 ans.”C’est du jamais vu, probablement même à l’échelle européenne”, souffle-t-elle.

Premier sommet entre le Royaume-Uni et l’UE depuis le Brexit, centré sur la défense

Le Royaume-Uni et l’Union européenne tiennent lundi à Londres un sommet inédit, cinq ans après le Brexit, destiné à poser les fondations d’une relation plus étroite, en particulier en matière de défense.Le Premier ministre britannique Keir Starmer, qui a promis de “réinitialiser” la coopération avec l’UE à son arrivée au pouvoir en juillet dernier, accueille la présidente de la Commission européenne Ursula von der Leyen et le président du Conseil européen Antonio Costa.Ce sommet est l’occasion pour le dirigeant travailliste de concrétiser sa volonté de rapprochement avec Bruxelles et de tourner la page des années de tensions entre les 27 et les précédents gouvernements conservateurs liées au Brexit, intervenu le 31 janvier 2020.Depuis, la guerre déclenchée par la Russie en Ukraine et le risque d’un désengagement américain du continent européen ont conforté Londres et Bruxelles dans leur volonté de resserrer les liens dans le domaine de la défense.Si l’atmosphère s’est réchauffée entre les deux parties, les pourparlers ne sont pas aisés pour autant: ils se sont crispés notamment sur les questions des quotas de pêche et de mobilité des jeunes.Si une “percée” a été réalisée dimanche soir tard, il reste “encore des pas à faire”, a indiqué lundi matin une source proche des négociations à l’AFP. “Nous conclurons un accord dans l’intérêt national”, a de son côté affirmé Keir Starmer sur X lundi, réitérant sa promesse de “sécuriser les frontières, (de) factures moins chères et (de) davantage d’emplois” grâce à ce rapprochement, dont les contours restent flous.”Je ne peux pas confirmer que c’est conclu, mais c’est très prometteur, il y a eu des avancées et il s’agit fondamentalement d’améliorer le sort des gens dans ce pays”, a aussi déclaré sur la BBC le ministre du Commerce extérieur Jonathan Reynolds.- “Jusqu’au bout” -“On va dans la bonne direction. Quelques détails restent à régler mais c’est plutôt positif, on va y arriver”, commentait un diplomate européen dimanche en fin de journée à Bruxelles, sous couvert de l’anonymat.Les dirigeants devraient annoncer un partenariat sur la défense et la sécurité, signer un document définissant une vision commune sur les grands enjeux mondiaux et un autre listant les dossiers sur lesquels ils comptent progresser dans les prochains mois.Le pacte sur la défense permettrait au Royaume-Uni de participer à des réunions ministérielles de l’UE et de rejoindre certaines missions militaires européennes, au-delà des engagements communs déjà forts avec les pays de l’UE membres de l’Otan.Pour Londres, l’enjeu est aussi économique, avec à la clé l’accès pour ses entreprises au futur programme européen doté de 150 milliards d’euros visant à développer la base industrielle de défense au sein de l’UE. La participation à ce programme exigera toutefois un autre accord, dans un second temps, ainsi qu’une contribution financière britannique.Outre la défense, le gouvernement travailliste, qui cherche à stimuler des échanges commerciaux pénalisés par les formalités administratives nées du Brexit, a laissé entendre qu’il était ouvert à un alignement dynamique sur les normes de l’UE pour les produits alimentaires et agricoles.Un accord sur ces normes sanitaires et phytosanitaires aiderait les producteurs britanniques qui “sont confrontés à de la paperasserie administrative et des contrôles pour exporter vers notre partenaire commercial le plus proche et le plus important”, fait valoir Downing Street.- “Capitulation” -Mais certains pays de l’UE ont mis dans la balance d’autres demandes, comme la reconduction de l’accès des pêcheurs européens aux eaux britanniques, et un programme de mobilité réciproque des jeunes âgés de 18 à 30 ans pour étudier et travailler au Royaume-Uni et dans l’UE.Des sujets sensibles côté britannique, d’autant plus avec la montée en puissance du parti europhobe et anti-immigration Reform UK dirigé par l’ex-champion du Brexit Nigel Farage. Keir Starmer veut éviter tout ce qui ferait augmenter les chiffres de l’immigration légale, qu’il s’est engagé à faire baisser.Le chef du gouvernement répète à l’envi ses “lignes rouges”: pas question de revenir dans le marché commun ni dans l’union douanière, pas question de rétablir la libre circulation.Mais l’accord n’est même pas conclu que Nigel Farage, tout comme la dirigeante de l’opposition conservatrice Kemi Badenoch, l’ont déjà décrit comme une “capitulation” face à Bruxelles.Pour Anand Menon, directeur du centre de réflexion UK in a Changing Europe, le sommet est “le début, peut-être, d’un processus dans lequel la relation formelle va évoluer pour la première fois après l’accord de commerce et de coopération (TCA)” qui régit les relations entre les deux blocs depuis le départ du Royaume-Uni.

Premier sommet entre le Royaume-Uni et l’UE depuis le Brexit, centré sur la défense

Le Royaume-Uni et l’Union européenne tiennent lundi à Londres un sommet inédit, cinq ans après le Brexit, destiné à poser les fondations d’une relation plus étroite, en particulier en matière de défense.Le Premier ministre britannique Keir Starmer, qui a promis de “réinitialiser” la coopération avec l’UE à son arrivée au pouvoir en juillet dernier, accueille la présidente de la Commission européenne Ursula von der Leyen et le président du Conseil européen Antonio Costa.Ce sommet est l’occasion pour le dirigeant travailliste de concrétiser sa volonté de rapprochement avec Bruxelles et de tourner la page des années de tensions entre les 27 et les précédents gouvernements conservateurs liées au Brexit, intervenu le 31 janvier 2020.Depuis, la guerre déclenchée par la Russie en Ukraine et le risque d’un désengagement américain du continent européen ont conforté Londres et Bruxelles dans leur volonté de resserrer les liens dans le domaine de la défense.Si l’atmosphère s’est réchauffée entre les deux parties, les pourparlers ne sont pas aisés pour autant: ils se sont crispés notamment sur les questions des quotas de pêche et de mobilité des jeunes.Si une “percée” a été réalisée dimanche soir tard, il reste “encore des pas à faire”, a indiqué lundi matin une source proche des négociations à l’AFP. “Nous conclurons un accord dans l’intérêt national”, a de son côté affirmé Keir Starmer sur X lundi, réitérant sa promesse de “sécuriser les frontières, (de) factures moins chères et (de) davantage d’emplois” grâce à ce rapprochement, dont les contours restent flous.”Je ne peux pas confirmer que c’est conclu, mais c’est très prometteur, il y a eu des avancées et il s’agit fondamentalement d’améliorer le sort des gens dans ce pays”, a aussi déclaré sur la BBC le ministre du Commerce extérieur Jonathan Reynolds.- “Jusqu’au bout” -“On va dans la bonne direction. Quelques détails restent à régler mais c’est plutôt positif, on va y arriver”, commentait un diplomate européen dimanche en fin de journée à Bruxelles, sous couvert de l’anonymat.Les dirigeants devraient annoncer un partenariat sur la défense et la sécurité, signer un document définissant une vision commune sur les grands enjeux mondiaux et un autre listant les dossiers sur lesquels ils comptent progresser dans les prochains mois.Le pacte sur la défense permettrait au Royaume-Uni de participer à des réunions ministérielles de l’UE et de rejoindre certaines missions militaires européennes, au-delà des engagements communs déjà forts avec les pays de l’UE membres de l’Otan.Pour Londres, l’enjeu est aussi économique, avec à la clé l’accès pour ses entreprises au futur programme européen doté de 150 milliards d’euros visant à développer la base industrielle de défense au sein de l’UE. La participation à ce programme exigera toutefois un autre accord, dans un second temps, ainsi qu’une contribution financière britannique.Outre la défense, le gouvernement travailliste, qui cherche à stimuler des échanges commerciaux pénalisés par les formalités administratives nées du Brexit, a laissé entendre qu’il était ouvert à un alignement dynamique sur les normes de l’UE pour les produits alimentaires et agricoles.Un accord sur ces normes sanitaires et phytosanitaires aiderait les producteurs britanniques qui “sont confrontés à de la paperasserie administrative et des contrôles pour exporter vers notre partenaire commercial le plus proche et le plus important”, fait valoir Downing Street.- “Capitulation” -Mais certains pays de l’UE ont mis dans la balance d’autres demandes, comme la reconduction de l’accès des pêcheurs européens aux eaux britanniques, et un programme de mobilité réciproque des jeunes âgés de 18 à 30 ans pour étudier et travailler au Royaume-Uni et dans l’UE.Des sujets sensibles côté britannique, d’autant plus avec la montée en puissance du parti europhobe et anti-immigration Reform UK dirigé par l’ex-champion du Brexit Nigel Farage. Keir Starmer veut éviter tout ce qui ferait augmenter les chiffres de l’immigration légale, qu’il s’est engagé à faire baisser.Le chef du gouvernement répète à l’envi ses “lignes rouges”: pas question de revenir dans le marché commun ni dans l’union douanière, pas question de rétablir la libre circulation.Mais l’accord n’est même pas conclu que Nigel Farage, tout comme la dirigeante de l’opposition conservatrice Kemi Badenoch, l’ont déjà décrit comme une “capitulation” face à Bruxelles.Pour Anand Menon, directeur du centre de réflexion UK in a Changing Europe, le sommet est “le début, peut-être, d’un processus dans lequel la relation formelle va évoluer pour la première fois après l’accord de commerce et de coopération (TCA)” qui régit les relations entre les deux blocs depuis le départ du Royaume-Uni.

Chili: une enclave allemande au passé sinistre refuse l’expropriation

Centre de torture sous Pinochet, une ancienne enclave allemande au Chili doit devenir un lieu de mémoire de la dictature. Mais ses habitants, déjà marqués par les sévices du gourou à la tête de leur communauté et les crimes qu’il a tolérés, s’opposent à l’expropriation.Située à 380 km au sud de Santiago, l’enclave fondée en 1961 sous le nom de Colonia Dignidad a été dirigée pendant plus de trente ans par Paul Schäfer, un ancien infirmier de l’armée allemande et prédicateur.Derrière l’image d’un village familial idyllique, il y a imposé un régime de terreur, réduisant des dizaines de personnes à l’esclavage, tandis que les enfants étaient victimes de sévices sexuels.Pendant la dictature d’Augusto Pinochet (1973-1990), l’enclave a également servi de centre de torture et de mise à mort. Les autorités estiment que 26 opposants y ont disparu et que des dizaines d’autres y ont été séquestrés et torturés.En 2024, le président de gauche Gabriel Boric a ordonné l’expropriation du coeur de la colonie, soit 116 de ses 4.800 hectares, afin d’y créer un mémorial dédié aux victimes de la dictature. “Ce sera le plus grand site de mémoire que notre pays aura”, a récemment déclaré auprès de l’AFP le ministre de la Justice, Jaime Gajardo.La dictature du général Pinochet a fait quelque 3.200 morts et plus de 38.000 personnes ont été torturées, selon des chiffres officiels.Mais le projet, dont la forme n’a pas été précisée, se heurte à l’opposition d’une partie des 122 habitants actuels. Appelés à céder une partie de leurs propriétés à l’État, ils dénoncent une nouvelle forme de violence et comptent saisir la justice.”Les colons connaissent chaque détail, chaque bâtiment, chaque arbre. Ils veulent conserver cet endroit où ils ont souffert et travaillé de force (…), parce qu’ils le considèrent comme le fruit de leur travail”, souligne auprès de l’AFP Anna Schnellenkamp, née il y a 48 ans dans la colonie.- “Sorte de vengeance” -“On nous prive de toute notre existence”, déplore Markus Blanck, 50 ans, disant ne pas savoir encore ce que deviendront les entreprises installées dans la colonie et dont il est à la tête.Rebaptisée Villa Baviera en 1991, l’enclave est aujourd’hui un centre de production agricole. On y trouve aussi un restaurant, un hôtel et même une maison de retraite, installée dans l’ancien hôpital. Outre les anciens colons et leurs descendants qui y résident encore, quelque 200 Chiliens y travaillent.Les pères d’Ana Schnellenkamp et de Markus Blanck, tous deux décédés, ont été accusés d’avoir été les complices de Schäfer. Kurt Schnellenkamp a purgé sa peine en prison, tandis que Hans Blanck est décédé avant d’être condamné.Quoi qu’il en soit, tous les colons s’estiment aujourd’hui victimes de Shäfer et de ses complices.Arrêté en 2005 en Argentine, l’ancien infirmier a été accusé d’agressions sexuelles sur des enfants. Il est mort en détention provisoire en 2010. Une vingtaine de personnes au total ont été condamnées en tant qu’auteurs ou complices d’agressions sexuelles et viols.”Nous avons vécu dans une cage pendant 40 ans”, assure Harald Lindemann, 65 ans, dans l’enclave depuis 1963.Des dizaines de colons sont retournés en Allemagne, où l’Etat les a reconnus en tant que victimes. Les habitants de Villa Baviera veulent que le Chili fasse de même.”On sent une sorte de vengeance contre nous (…) qui sommes pratiquement les enfants de ceux qui ont commis ces erreurs et ces crimes”, souligne M. Blanck. Le gouvernement cherche à achever le processus d’expropriation avant mars 2026, date à laquelle M. Boric cédera le pouvoir à son successeur à l’issue de la présidentielle de fin d’année.

Dans l’Arctique, une expédition norvégienne réalise des biopsies sur des ours polaires

Une expédition scientifique norvégienne, que l’AFP a pu suivre, a réalisé en avril les premières biopsies de tissus graisseux sur des ours polaires au Svalbard, dans l’Arctique, pour évaluer l’impact des polluants sur leur santé.Un pied sur le patin d’un hélicoptère, le vétérinaire de la mission Rolf Arne Olden épaule sa carabine à air comprimé et déclenche le tir de sa fléchette anesthésiante sur l’ours blanc qui a commencé à courir sur la glace, en entendant le bruit de l’appareil.L’hélicoptère s’éloigne en attendant que l’animal s’endorme, puis se pose à proximité du mammifère pour que les scientifiques puissent prélever de très fines tranches de tissus graisseux et effectuer des prises de sang. “L’idée est de représenter au mieux ce que les ours vivent dans la nature, mais en laboratoire. Pour cela, on utilise leur graisse qu’on va exposer au stress qu’ils rencontrent, c’est-à-dire des polluants, mais aussi des hormones de stress”, explique Laura Pirard, toxicologue belge qui a développé la méthode à partir des biopsies des ours polaires.Les échantillons sont maintenus en vie pendant quelques jours sur le bateau pour être soumis à des polluants et composants hormonaux avant d’être congelés pour être analysés en laboratoire lors du retour à terre.Outre le vétérinaire qui a endormi l’ours, un ou deux scientifiques de la mission travaillent délicatement sur l’animal pour mener la biopsie, prélever du sang ou encore poser des colliers électroniques GPS, uniquement sur les femelles en raison de la morphologie de leur cou.- Chasse et réchauffement -De premiers “loggers” ont été posés l’an dernier sur cinq femelles. Ces petits cylindres de 4 cm de longueur enregistrent les battements cardiaques et la température de l’ourse. Ces mesures, couplées aux données GPS, permettent de déterminer leur mode de vie, et leur déplacement sur une année.La mission du “programme ours” est menée depuis 40 ans au Svalbard par des scientifiques de l’Institut polaire norvégien (NPI).Cette année, les huit scientifiques – le chef de mission et son adjoint, une spécialiste du comportement spatial, un vétérinaire et quatre toxicologues spécialisés dans les milieux marins – ont embarqué à bord d’un brise-glaces de recherche marine de 100 mètres de long, le Kronprins Haakon. “Nous avons eu une bonne saison, nous avons capturé 53 ours, dont dix femelles avec des oursons ou des jeunes d’un an, et nous avons posé 17 colliers”, précise le chef de l’expédition Jon Aars.Menacés par la chasse jusqu’à un accord international dans les années 1970, les ours polaires sont désormais affectés par le réchauffement climatique.Ceux du Svalbard “consomment davantage de nourriture terrestre, tels que des rennes ou des oeufs d’oiseaux, qu’auparavant”, explique Jon Aars. “Quand la glace fond, ils sont forcés de rester sur terre”, précise-t-il. “Ces ours passent désormais beaucoup plus de temps à terre qu’il y a 20 ou 30 ans.”La population d’ours polaires de la région arctique du Svalbard est cependant en légère hausse depuis une dizaine d’années, souligne le scientifique.

Scandale des eaux minérales: l’enquête sénatoriale déplore “une dissimulation” par l’Etat et des contrôles toujours défaillants

L’affaire des traitements illicites utilisés pour certaines eaux minérales, révélée par la presse début 2024, a fait l’objet d’une “dissimulation par l’Etat” relevant “d’une stratégie délibérée”, estime la commission d’enquête sénatoriale sur les pratiques des industriels de l’eau en bouteille.”Outre le manque de transparence de Nestlé Waters, il faut souligner celui de l’État, à la fois vis-à-vis des autorités locales et européennes et vis-à-vis des Français (…) Cette dissimulation relève d’une stratégie délibérée, abordée dès la première réunion interministérielle sur les eaux minérales naturelles le 14 octobre 2021. Près de quatre ans après, la transparence n’est toujours pas faite”, souligne ce rapport rendu public lundi après six mois de travaux et plus de 70 auditions.Nestlé Waters, dont la direction assure avoir découvert fin 2020 sur ses sites Perrier, Hépar et Contrex l’usage de traitements interdits pour de l’eau minérale, avait sollicité à ce sujet mi-2021 le gouvernement, puis jusqu’à l’Elysée. Selon le minéralier, il s’agissait d'”assurer la sécurité sanitaire” des eaux lors d’épisodes de contaminations bactériologiques de forages.Dix-huit mois plus tard, un plan de transformation de ses sites était approuvé par les pouvoirs publics, remplaçant les traitements interdits (UV, charbon actif) par une microfiltration fine par ailleurs controversée car à même de priver l’eau minérale de ses caractéristiques.Or le droit européen stipule qu’une eau minérale naturelle ne peut faire l’objet d’aucune désinfection ou traitement de nature à modifier ses caractéristiques.”Malgré la fraude aux consommateurs que représente la désinfection de l’eau, les autorités ne donnent pas de suites judiciaires à ces révélations” de 2021, souligne le rapport.Les sénateurs déplorent ensuite une “inversion de la relation entre l’État et les industriels en matière d’édiction de la norme”: “Nestlé Waters adopte une attitude transactionnelle, posant explicitement l’autorisation de la microfiltration à 0,2 micron comme condition à l’arrêt de traitements pourtant illégaux”.”En définitive, c’est au plus haut niveau de l’État que s’est jouée la décision d’autoriser une microfiltration sous le seuil de 0,8 micron”, au terme d’une “concertation interministérielle”, “dans la continuité des arbitrages pris par le cabinet de la Première ministre, Elisabeth Borne, mais sans que celle-ci ne semble informée”, note le rapport.”De son côté, la présidence de la République, loin d’être une forteresse inexpugnable à l’égard du lobbying de Nestlé, a suivi de près le dossier”, ajoute la commission, qui se base sur “des documents recueillis par ses soins”: elle “savait, au moins depuis 2022, que Nestlé trichait depuis des années”.Alexis Kohler, à l’époque secrétaire général de l’Elysée, avait lui aussi reçu les dirigeants de Nestlé. Lundi, la commission sénatoriale devrait publier les documents transmis par la présidence après son refus d’être auditionné.Interrogé par la presse en février, Emmanuel Macron avait démenti être au courant du dossier.- Trois milliards d’euros -Parmi les conséquences de cette gestion du dossier, le rapport note que l’industriel a pu continuer à commercialiser son eau sous l’appellation – lucrative – d’eau minérale naturelle.Dans le même temps, à ce jour, il n’y a pas “de vérifications exhaustives de l’absence de traitements interdits sur tous les sites de production d’eau conditionnée”, note-t-il.Parmi 28 recommandations, il préconise ainsi un suivi qualitatif des nappes, “un contrôle effectif du niveau de prélèvement réalisé par les minéraliers”, un meilleur étiquetage pour les consommateurs.Aujourd’hui, Perrier attend la décision de renouvellement de son autorisation d’exploiter la source comme “eau minérale naturelle”. Alors que des hydrogéologues mandatés par l’Etat ont rendu un avis défavorable, la préfecture du Gard doit se prononcer d’ici au 7 août et, en attendant, a donné deux mois au groupe pour retirer son système de microfiltration, estimant qu’il “modifie le microbisme de l’eau produite, en contradiction avec la réglementation”.Nestlé dit disposer de solutions alternatives, qu’il souhaite proposer aux autorités.Globalement, le marché des eaux minérales et de source françaises (104 sites, 11.000 emplois directs) représente quelque 3 milliards d’euros de chiffre d’affaires annuel.Un rapport demandé par le gouvernement à l’Inspection générale des affaires sociales, lui aussi révélé par la presse, avait conclu en 2022 que 30% des marques d’eaux en bouteille “subissent des traitements non conformes”.

Des Syriens rêvent de gagner dans les arènes équestres autrefois réservées aux Assad

Pour la première fois, Ziad Abou al-Dahab vise la victoire dans une compétition d’équitation près de Damas, un scénario impensable sous Assad, dont le clan contrôlait étroitement ce sport en Syrie.”Les résultats étaient connus d’avance, toujours en faveur des cavaliers proches du pouvoir”, avant la chute de l’ancien président Bachar al-Assad en décembre, raconte Ziad Abou al-Dahab, 25 ans.”Mon plus grand rêve, à l’époque, était de finir troisième”, ajoute-t-il, en marchant aux côtés de son cheval bai. “Il était impossible de rivaliser avec la famille au pouvoir, car nos chevaux locaux ne faisaient pas le poids face à leurs chevaux européens.”A l’entrée du club équestre de Dimas, près de Damas, trône une statue de Bassel al-Assad à cheval, fils aîné de l’ancien président Hafez al-Assad et frère de Bachar, et dont la tête est recouverte du nouveau drapeau syrien. Destiné à succéder à son père, Bassel est mort dans un accident de voiture, laissant la place à Bachar, devenu président en 2000.L’équitation en Syrie a connu un essor remarquable dans les années 1990, lorsque Bassel al-Assad en a fait sa passion, participant à des compétitions locales et internationales et se faisant connaître comme “le premier cavalier du pays”.Sa popularité et son statut politique ont contribué à mettre en lumière ce sport et à en élargir la pratique. Depuis, l’équitation a été fortement associée au nom de Bassel al-Assad et intégrée à l’identité sportive officielle de l’Etat.L’ancien pouvoir a même donné le nom de “Bassel” à de nombreuses institutions publiques et infrastructures, et érigé dans plusieurs villes des statues le représentant à cheval, renforçant le lien entre le clan Assad et l’équitation, au point que ce sport est devenu un symbole de leur influence dans l’espace public.- “Compétition impossible” -Cette présence s’est transmise à la génération suivante, notamment à travers Cham, fille de Maher al-Assad, le frère de l’ex-président, qui a participé à des compétitions internationales.Ses participations, largement couvertes par les médias, ont illustré l’usage de ce sport par le régime comme outil de propagande.Ce monopole sur l’équitation a poussé le père de la cavalière Mounana Chaker, 26 ans, à lui interdire de poursuivre son rêve de monter à cheval, par crainte de l’ancien pouvoir, jusqu’à sa chute.”Mon père m’a interdit de pratiquer ce sport, car il avait peur de la famille au pouvoir, il me répétait sans cesse que la compétition était impossible”, relate-t-elle en caressant sa jument blanche.”Il ne voulait absolument pas que nous côtoyions les membres de la famille Assad. Il m’a raconté l’histoire de ce cavalier emprisonné après avoir battu Bassel al-Assad. Il ne voulait pas me mettre en danger”, explique-t-elle.Dans les années 1990, le cavalier Adnan Qassar s’est fait un nom en brillant dans une même compétition que Bassel, ce qu’il lui a valu 21 ans d’emprisonnement, avant d’être libéré par décret présidentiel en 2014.”J’ai longtemps été éloignée de ce sport, mais il est temps de revenir avec force. Je suis de la famille Chaker, pas de la famille Assad”, déclare Mme Chaker.- “Un rêve devenu réalité” -Alors que les préparatifs vont bon train pour une compétition locale, l’entraîneur Chadi Abou al-Dahab, 48 ans, supervise environ 240 chevaux, parmi lesquels des races européennes, autrefois réservées aux Assad, dans un centre dédié à Dimas.”Environ quarante chevaux et juments étaient exclusivement réservés à la famille Assad. Personne n’avait le droit de s’en approcher.”A présent, il constate l’arrivée de nombreux nouveaux visages désireux de s’inscrire et de participer à ce sport. “Nous avons désormais beaucoup de cavaliers ambitieux”, se réjouit-il.Tout ému, l’entraîneur Salah Al-Ahmad, 52 ans, encourage son fils Jawad, qui réalise enfin son rêve de monter la jument Topsy, longtemps réservée à Cham al-Assad.”Il rêvait de la toucher, de lui caresser la tête. Aujourd’hui, dans cette nouvelle ère, la jument est à lui. Il a remporté deux compétitions avec elle. C’est un rêve devenu réalité.”

Inondations en Argentine: un mort, trois disparus et près de 2.000 évacués

Les inondations provoquées par de fortes pluies dans la province de Buenos Aires dans le nord de l’Argentine ont fait un mort et trois disparus alors que près de 2.000 personnes se trouvent toujours dans des centres d’évacuation, ont annoncé dimanche les autorités provinciales.Un homme a été retrouvé mort et les forces de sécurité recherchent trois disparus, a indiqué le chef de la protection civile de la province, Fabian Garcia.Les pluies quasi-ininterrompues, près de cinq fois la normale locale en mai, ont fait déborder rivières et fossés, coupant une demi-douzaine d’axes routiers et submergeant des champs dans cette zone de pampa (plaine) sans relief. Elles ont aussi inondé des rues en grande banlieue de Buenos Aires.Selon M. Garcia, 1.945 personnes se trouvent encore dans des centres d’évacuation et “un très grand nombre de personnes ont quitté leur domicile pour aller vivre chez des proches”.Le nombre de personnes évacuées a été réduit à moins de la moitié de ce qu’il était samedi soir.”Après la tempête de la nuit dernière (samedi), l’eau a baissé dans toutes les régions et les gens commencent à rentrer chez eux”, indique un communiqué du gouvernement provincial.Tant le gouvernement national que provincial ont lancé des opérations d’urgence, envoyant dans les localités les plus touchées des brigades de secours, des équipes techniques, des véhicules de sauvetage et des fournitures pour les réfugiés, comme des matelas, des couvertures, des vêtements secs, de l’eau et de la nourriture.”Cet événement est absolument extraordinaire, c’est le climat, ça change; cela s’appelle le changement climatique”, a déclaré le gouverneur Axel Kicillof à la chaîne Crónica TV.A Campana, plusieurs familles ont dû passer une partie de la nuit sur leur toit dans l’attente des secours, pour échapper à leur maison inondée. “On a perdu tout ce qu’on avait, ce pour quoi on a sué toutes ces années, et on n’a pas d’endroit où aller”, se désolait samedi matin auprès de l’AFP Manuel Sanchez, sur le point d’être secouru avec ses enfants.Le volume de précipitations depuis vendredi a dépassé celles recensées début mars à Bahia Blanca (600 km au sud de Buenos Aires), où pluies torrentielles et inondations avaient fait 18 morts, a souligné le ministre de Sécurité provincial Javier Alonso.Selon la météorologue Cindy Fernandez, la norme en mai dans cette partie du pays se situe “autour de 70, 80 mm d’eau pour tout le mois. Là, ça a quintuplé”.

IA et guerres commerciales au programme du rendez-vous annuel des géants des semi-conducteurs

Les géants mondiaux des semi-conducteurs se réunissent cette semaine à Taïwan pour le salon technologique Computex, rendez-vous annuel d’un secteur au coeur de la révolution de l’intelligence artificielle (IA) mais chahutée par les guerres commerciales de Donald Trump.Le patron de Nvidia Jensen Huang, qui est né à Taïwan, doit prononcer lundi un discours à la …

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IA et guerres commerciales au programme du rendez-vous annuel des géants des semi-conducteurs

Les géants mondiaux des semi-conducteurs se réunissent cette semaine à Taïwan pour le salon technologique Computex, rendez-vous annuel d’un secteur au coeur de la révolution de l’intelligence artificielle (IA) mais chahutée par les guerres commerciales de Donald Trump.Le patron de Nvidia Jensen Huang, qui est né à Taïwan, doit prononcer lundi un discours à la veille de l’ouverture formelle de l’édition 2025 de l’événement de quatre jours, auquel participeront également AMD, Qualcomm et Intel. Computex est la principale vitrine technologique annuelle de Taïwan, dont les usines de semi-conducteurs de pointe sont cruciales pour de nombreux produits, des iPhones aux serveurs qui font fonctionner ChatGPT. Des dirigeants de Qualcomm, MediaTek et Foxconn prendront également la parole au salon, où les progrès réalisés dans le domaine de l’intégration de l’IA depuis les centres de données vers les ordinateurs portables, les robots et les véhicules connectés, seront sous les feux de la rampe.- “Période charnière” -“J’ai de nombreuses annonces incroyables à faire”, a déclaré Jensen Huang aux journalistes à Taipei vendredi.”Nous sommes au coeur de l’écosystème technologique et nos partenaires sont nombreux ici”, et “nous sommes impatients d’annoncer de nombreuses collaborations, de nombreux nouveaux projets, de nombreuses nouvelles technologies et initiatives ensemble”, a poursuivi le patron de Nvidia.Pour Paul Yu, du cabinet de conseil et groupe de réflexion basé à Taïwan Witology Markettrend, l’industrie traverse une “période charnière”.”Au cours des deux dernières années et demie, des progrès significatifs ont été réalisés dans le domaine de l’intelligence artificielle”, et “2025 à 2026 sera la période cruciale pour passer de l’entraînement des modèles d’IA à des applications rentables”, a-t-il estimé.Malgré ces avancées, le secteur doit actuellement faire face aux défis l’impact potentiel des nouveaux droits de douane américains et à des chaînes d’approvisionnement perturbées.Washington a ouvert en avril une enquête visant à déterminer si la dépendance des Etats-Unis à ses importations de semi-conducteurs présente un risque, ou non, pour la sécurité nationale.Or, c’est après ce type d’enquête qu’avaient été imposées en mars et avril des surtaxes sur l’acier, l’aluminium et l’automobile.- Situation “trop incertaine” -Le président américain Donald Trump a également accusé Taïwan de voler l’industrie américaine des puces et menacé d’imposer des droits de douane allant jusqu’à 100% sur les importations de semi-conducteurs en provenance de l’île.Néanmoins, la plupart des acteurs présents au Computex “éviteront d’aborder directement les droits de douane, car la situation est trop incertaine”, prédit Eric Smith, du site d’information spécialisé TechInsights.Certains craignent que Taïwan, qui produit la majorité des puces du monde et près de toutes celles les plus avancées, s’imposant comme un maillon essentiel des chaînes d’approvisionnement de la planète, ne perde sa position dominante sur le marché.Cependant, cette place de leader agit pour Taïwan tel un “bouclier de silicium”, référence au matériau le plus utilisé dans l’industrie. Ce bouclier est censé protéger l’île d’une invasion ou d’un blocus de la Chine — qui la revendique comme une partie de son territoire — en incitant les Etats-Unis à la défendre pour son secteur des semi-conducteurs.Sous pression, le fleuron TSMC a d’ores et déjà annoncé en mars un investissement de 100 milliards de dollars aux Etats-Unis, salué par le président taïwanais Lai Ching-te comme un “moment historique” dans les relations entre Taipei et Washington.Le fournisseur de TSMC GlobalWafers a également fait part la semaine dernière de son intention d’augmenter ses investissements américains de 4 milliards de dollars, et ouvert une usine de fabrication de plaquettes de silicium au Texas.Jensen Huang, interrogé vendredi, semble optimiste quant à l’avenir de Taïwan, affirmant qu’elle “resterait au centre de l’écosystème technologique”.