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Au procès Le Scouarnec, les instances médicales se défaussent

Comment Joël Le Scouarnec, condamné dès 2005 pour infraction pédocriminelle, a-t-il pu continuer à être chirurgien et à faire impunément des victimes ? D’anciens responsables des institutions médicales ont été pressés de questions lundi par la cour criminelle du Morbihan, peinant à reconnaître une part de responsabilité de leurs institutions.A neuf jours du verdict, attendu le 28 mai, les débats ont été marqués par l’agacement grandissant de la cour et des avocats des parties civiles face à des témoins qui, pour la plupart, n’ont que de vagues souvenirs et se renvoient la balle concernant “la situation du Dr Le Scouarnec”.L’ex-chirurgien est jugé à Vannes pour des viols et agressions sexuelles sur 299 victimes, en grande majorité des patients mineurs, dont des dizaines après 2005.”Est-ce qu’il n’y a pas enfin une personne qui va reconnaître que ça a merdé?”, s’est exclamée Me Myriam Guedj Benayoun.Le 1er août 2006, Joël Le Scouarnec était titularisé à la tête du service de chirurgie de l’hôpital de Quimperlé (Finistère), bien qu’un de ses collègues ait averti dès le 14 juin le directeur de l’établissement de la condamnation en 2005 du médecin pour détention d’images pédopornographiques.De nombreux courriers permettent ensuite d’établir que le Conseil départemental de l’Ordre des médecins (CDOM) du Finistère, la direction départementale des Affaires sanitaires et sociales (Ddass) du Finistère, l’Agence régionale d’hospitalisation (ARH, devenue depuis Agence régionale de santé) de Bretagne étaient avisés.Tout comme la Direction de l’hospitalisation et de l’organisation des soins (Dhos), au ministère de la Santé, dont la directrice de l’époque, Annie Podeur, est citée à plusieurs reprises dans des échanges de mails.Elle affirme à la barre ne jamais avoir eu connaissance du dossier Le Scouarnec “parce qu’il n’a pas été traité à (son) niveau”, mais au niveau de Bernard Chenevière, son “N-3”.Ce dernier demande à plusieurs reprises à l’ARH de Bretagne de saisir le CDOM du Finistère. En vain: Joël Le Scouarnec pratiquera la chirurgie auprès d’adultes et enfants jusqu’à son arrestation pour viol sur mineur en 2017.- Petits hôpitaux -Pour Mme Podeur, l’affaire Le Scouarnec est symptomatique de l’isolement des praticiens dans “les petits établissements” hospitaliers comme Quimperlé.”Loin de moi l’idée de remettre en cause les instances disciplinaires, mais force est de constater qu’elles ont failli, et sans doute parce qu’on est dans des microcosmes locaux”, estime-t-elle.En ligne de mire, les CDOM du Finistère et de Charente-Maritime, départements où Joël Le Scouarnec a exercé après sa condamnation en 2005.Interrogé par visioconférence, l’ancien président du CDOM de Charente-Maritime, Joël Belloc, a semblé faire amende honorable. “Personnellement, je pense que (sa condamnation) était gravissime”, indique-t-il à la cour.Pour le médecin, “ça méritait au moins interdiction de contact avec les enfants” pour Joël Le Scouarnec dans sa pratique médicale.Mais lorsque la présidente, Aude Burési, lui demande s’il avait voté contre son inscription au tableau de l’ordre départemental en 2008, il ne se “souvient pas”.- “Un loupé” -Appelé à la barre, le directeur-adjoint de l’ARH de l’époque, Yvon Guillerm, tente de justifier l’absence de sanctions disciplinaires envers le médecin pédocriminel mais se perd dans un charabia administratif.”Savez-vous combien de victimes” a fait Joël Le Scouarnec pendant les 12 ans qui ont suivi sa première condamnation en 2005, le presse Me Céline Astolfe, avocate de parties civiles. “Avez-vous compris l’urgence?””J’ai conscience qu’il y a un décalage”, finit par avouer Yvon Guillerm.Celle qui fut sa chargée des ressources humaines, Valérie Astruc, admet qu'”à Quimperlé, comme de nombreux petits hôpitaux à cette époque, la priorité était d’avoir un certain nombre de spécialités représentées” pour éviter la fermeture.On pouvait donc “dissocier l’exercice chirurgical de la détention d’images pédopornographiques”, lâche-t-elle. “Avec le recul, je trouve que c’est un loupé.”Mme Podeur, de son côté, “veut bien assumer des responsabilités, mais il y a une hiérarchie dans les responsabilités: il y a un homme qui a été assez intelligent pour tout dissimuler à ses collègues”, rappelle-t-elle, évoquant l’accusé qui, dans son box, se tait.Auriez-vous pu faire les choses différemment? demande la présidente à Joël Belloc. “Il est évident qu’avec le recul on peut le penser” mais à l’époque “les perceptions étaient différentes”, estime le médecin retraité.Il admet ainsi que si le dossier de Joël Le Scouarnec avait été instruit en 2025, “il aurait été refusé”.

Trump parle à Poutine pour pousser à un cessez-le-feu en Ukraine

Donald Trump s’est entretenu lundi avec Vladimir Poutine au téléphone avec l’objectif, a dit le président américain, de “mettre fin au bain de sang” en Ukraine, après des pourparlers infructueux entre Kiev et Moscou la semaine dernière.La Maison Blanche a confirmé que l’appel avait bien commencé dans la matinée à Washington. Lors d’un point presse plus tôt, la porte-parole Karoline Leavitt avait déclaré que l’objectif de Donald Trump serait de “voir ce conflit prendre fin”, ajoutant que le président américain était devenu “las et frustré” de l’attitude de Moscou et Kiev.Les pourparlers de paix vendredi entre Ukrainiens et Russes, les premiers depuis 2022, n’ont pas abouti au cessez-le-feu réclamé par l’Ukraine et ses alliés, les attaques meurtrières se poursuivant sur le terrain.Après cette rencontre à Istanbul, qui a mis en exergue le gouffre entre les positions de Moscou et Kiev, Donald Trump avait déclaré sur sa plateforme Truth Social qu’il parlerait par téléphone à Vladimir Poutine “pour mettre fin au bain de sang”, disant espérer “une journée productive” et “qu’un cessez-le-feu aura(it) lieu”.Le président ukrainien Volodymyr Zelensky a, lui aussi, dit lundi vouloir un cessez-le-feu “complet et inconditionnel” de 30 jours, “suffisamment long” dans le temps pour permettre des discussions, et avec “la possibilité d’une prolongation”.Le président russe a repoussé jusque-là toutes les demandes de Kiev de trêve préalable à des discussions, estimant qu’une telle pause dans les combats permettrait aux forces ukrainiennes de se réarmer grâce à l’aide militaire occidentale.- “Sérieux” -L’appel Trump-Poutine est “évidemment important”, a reconnu lundi le porte-parole du Kremlin, Dmitri Peskov, assurant que Moscou “apprécie beaucoup” la “médiation” américaine dans cet épineux dossier.Selon lui, Moscou souhaite, “bien sûr”, “atteindre (ses) objectifs” en Ukraine “par des moyens politiques et diplomatiques”, après plus de trois ans de son invasion qui a entraîné la mort d’au moins des dizaines de milliers de personnes, civiles et militaires confondues.Avant l’entretien, le porte-parole du Kremlin avait également dit s’attendre à un travail “laborieux” et “peut-être long” en vue d’un règlement du conflit, évoquant “de nombreuses nuances qui doivent être discutées”.Dimanche à Rome, le vice-président américain JD Vance et Volodymyr Zelensky s’étaient entretenus, évoquant ensemble notamment, d’après un haut responsable ukrainien à l’AFP, “les préparatifs de la conversation” entre MM. Trump et Poutine et “un cessez-le-feu”.Cette rencontre était la première entre les deux hommes depuis leur altercation dans le Bureau ovale fin février, aux côtés de Donald Trump, un événement qui avait montré le changement de ton de la Maison Blanche vis-à-vis de l’Ukraine.Dans son avion de retour vers les Etats-Unis, le vice-président américain a également évoqué les négociations.”Nous avons conscience qu’il y a une sorte d’impasse ici, et je pense que le président (Trump) va dire au président Poutine: +Ecoutez, est-ce que vous êtes sérieux?”, a-t-il déclaré à la presse.”Si la Russie n’est pas disposée à cela, alors nous devrons finir par dire à terme: +Ce n’est pas notre guerre”, a averti JD Vance.- “Demandes absurdes” -De leur côté, les Européens, soutiens de Kiev, tentent de faire bloc et de faire pression sur Moscou, menaçant de sanctions “massives” si le Kremlin ne finissait pas par accepter une trêve.Dimanche, les dirigeants français, britannique, allemand et italien se sont entretenus par téléphone avec Donald Trump, rappelant “la nécessité” d’une trêve “inconditionnelle” et que “le président Poutine (prenne) au sérieux les pourparlers de paix”, selon un porte-parole du Premier ministre britannique, Keir Starmer.Donald Trump a prévu d’informer Volodymyr Zelensky et plusieurs dirigeants d’Etats membres de l’Otan après son entretien avec Vladimir Poutine.A ce stade, ses efforts n’ont pas permis d’avancée majeure dans le règlement du conflit, déclenché par l’invasion russe en février 2022. Intransigeant, Vladimir Poutine a martelé dimanche vouloir “éliminer les causes” du conflit et “garantir la sécurité de l’État russe”, une référence à l’exigence de Moscou que l’Ukraine soit démilitarisée et ne rejoigne pas l’Otan, que le président russe considère comme une menace existentielle pour son pays.La Russie “tente de faire les mêmes demandes absurdes” qu’en 2022, a dénoncé lundi le chef de la diplomatie ukrainienne, Andriï Sybiga, sur les réseaux sociaux.A l’avantage sur le front face à des troupes ukrainiennes moins nombreuses, les forces russes ont revendiqué lundi la prise de deux localités, une dans la région de Soumy (nord-est) et l’autre dans celle de Donetsk (est), épicentre des combats.

Trump parle à Poutine pour pousser à un cessez-le-feu en Ukraine

Donald Trump s’est entretenu lundi avec Vladimir Poutine au téléphone avec l’objectif, a dit le président américain, de “mettre fin au bain de sang” en Ukraine, après des pourparlers infructueux entre Kiev et Moscou la semaine dernière.La Maison Blanche a confirmé que l’appel avait bien commencé dans la matinée à Washington. Lors d’un point presse plus tôt, la porte-parole Karoline Leavitt avait déclaré que l’objectif de Donald Trump serait de “voir ce conflit prendre fin”, ajoutant que le président américain était devenu “las et frustré” de l’attitude de Moscou et Kiev.Les pourparlers de paix vendredi entre Ukrainiens et Russes, les premiers depuis 2022, n’ont pas abouti au cessez-le-feu réclamé par l’Ukraine et ses alliés, les attaques meurtrières se poursuivant sur le terrain.Après cette rencontre à Istanbul, qui a mis en exergue le gouffre entre les positions de Moscou et Kiev, Donald Trump avait déclaré sur sa plateforme Truth Social qu’il parlerait par téléphone à Vladimir Poutine “pour mettre fin au bain de sang”, disant espérer “une journée productive” et “qu’un cessez-le-feu aura(it) lieu”.Le président ukrainien Volodymyr Zelensky a, lui aussi, dit lundi vouloir un cessez-le-feu “complet et inconditionnel” de 30 jours, “suffisamment long” dans le temps pour permettre des discussions, et avec “la possibilité d’une prolongation”.Le président russe a repoussé jusque-là toutes les demandes de Kiev de trêve préalable à des discussions, estimant qu’une telle pause dans les combats permettrait aux forces ukrainiennes de se réarmer grâce à l’aide militaire occidentale.- “Sérieux” -L’appel Trump-Poutine est “évidemment important”, a reconnu lundi le porte-parole du Kremlin, Dmitri Peskov, assurant que Moscou “apprécie beaucoup” la “médiation” américaine dans cet épineux dossier.Selon lui, Moscou souhaite, “bien sûr”, “atteindre (ses) objectifs” en Ukraine “par des moyens politiques et diplomatiques”, après plus de trois ans de son invasion qui a entraîné la mort d’au moins des dizaines de milliers de personnes, civiles et militaires confondues.Avant l’entretien, le porte-parole du Kremlin avait également dit s’attendre à un travail “laborieux” et “peut-être long” en vue d’un règlement du conflit, évoquant “de nombreuses nuances qui doivent être discutées”.Dimanche à Rome, le vice-président américain JD Vance et Volodymyr Zelensky s’étaient entretenus, évoquant ensemble notamment, d’après un haut responsable ukrainien à l’AFP, “les préparatifs de la conversation” entre MM. Trump et Poutine et “un cessez-le-feu”.Cette rencontre était la première entre les deux hommes depuis leur altercation dans le Bureau ovale fin février, aux côtés de Donald Trump, un événement qui avait montré le changement de ton de la Maison Blanche vis-à-vis de l’Ukraine.Dans son avion de retour vers les Etats-Unis, le vice-président américain a également évoqué les négociations.”Nous avons conscience qu’il y a une sorte d’impasse ici, et je pense que le président (Trump) va dire au président Poutine: +Ecoutez, est-ce que vous êtes sérieux?”, a-t-il déclaré à la presse.”Si la Russie n’est pas disposée à cela, alors nous devrons finir par dire à terme: +Ce n’est pas notre guerre”, a averti JD Vance.- “Demandes absurdes” -De leur côté, les Européens, soutiens de Kiev, tentent de faire bloc et de faire pression sur Moscou, menaçant de sanctions “massives” si le Kremlin ne finissait pas par accepter une trêve.Dimanche, les dirigeants français, britannique, allemand et italien se sont entretenus par téléphone avec Donald Trump, rappelant “la nécessité” d’une trêve “inconditionnelle” et que “le président Poutine (prenne) au sérieux les pourparlers de paix”, selon un porte-parole du Premier ministre britannique, Keir Starmer.Donald Trump a prévu d’informer Volodymyr Zelensky et plusieurs dirigeants d’Etats membres de l’Otan après son entretien avec Vladimir Poutine.A ce stade, ses efforts n’ont pas permis d’avancée majeure dans le règlement du conflit, déclenché par l’invasion russe en février 2022. Intransigeant, Vladimir Poutine a martelé dimanche vouloir “éliminer les causes” du conflit et “garantir la sécurité de l’État russe”, une référence à l’exigence de Moscou que l’Ukraine soit démilitarisée et ne rejoigne pas l’Otan, que le président russe considère comme une menace existentielle pour son pays.La Russie “tente de faire les mêmes demandes absurdes” qu’en 2022, a dénoncé lundi le chef de la diplomatie ukrainienne, Andriï Sybiga, sur les réseaux sociaux.A l’avantage sur le front face à des troupes ukrainiennes moins nombreuses, les forces russes ont revendiqué lundi la prise de deux localités, une dans la région de Soumy (nord-est) et l’autre dans celle de Donetsk (est), épicentre des combats.

Le Royaume-Uni et l’UE concluent un “nouveau partenariat stratégique”, cinq ans après le Brexit

Le Royaume-Uni et l’Union européenne ont conclu lundi un “nouveau partenariat stratégique” pour resserrer les liens, en particulier dans la défense, lors d’un sommet inédit depuis le Brexit il y a cinq ans.Ce sommet “marque une nouvelle ère dans notre relation”, a déclaré le Premier ministre Keir Starmer lors d’une conférence de presse conjointe avec …

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Le Royaume-Uni et l’UE concluent un “nouveau partenariat stratégique”, cinq ans après le Brexit

Le Royaume-Uni et l’Union européenne ont conclu lundi un “nouveau partenariat stratégique” pour resserrer les liens, en particulier dans la défense, lors d’un sommet inédit depuis le Brexit il y a cinq ans.Ce sommet “marque une nouvelle ère dans notre relation”, a déclaré le Premier ministre Keir Starmer lors d’une conférence de presse conjointe avec la présidente de la Commission européenne Ursula von der Leyen et le président du Conseil européen Antonio Costa.L’accord conclu “est gagnant-gagnant”, a-t-il insisté, soulignant qu’avec les accords commerciaux signés la semaine dernière avec l’Iran et les Etats-Unis, “cela signifie des emplois (…) et plus de croissance créée” pour le Royaume-Uni.Après des mois de négociations, Européens et Britanniques ont notamment conclu un partenariat sur la défense et la sécurité, trouvé un compromis pour assouplir certaines barrières commerciales et prolongé un accord sur la pêche.En revanche, les négociations n’ont pas complètement abouti sur la mobilité des jeunes.Le dirigeant travailliste avait salué en ouvrant le sommet un “nouveau partenariat stratégique adapté à notre époque, qui apportera des avantages réels et tangibles en matière de sécurité, d’immigration clandestine, de prix de l’énergie, d’agroalimentaire, de commerce et autres”.La cheffe de l’exécutif européen a salué un “moment historique” entre des partenaires qui “poursuivent les mêmes objectifs” et “partagent les mêmes valeurs”.Après le sommet, les trois dirigeants sont allés déjeuner sur la frégate HMS Sutherland, amarrée au croiseur de la Seconde guerre mondiale HMS Belfast, sur la Tamise, à Londres.A son arrivée au pouvoir en juillet 2024, Keir Starmer avait promis de “relancer” les relations avec l’UE, après des années de tensions entre les 27 et les précédents gouvernements conservateurs liées au Brexit, intervenu le 31 janvier 2020.Depuis, la guerre déclenchée par la Russie contre Ukraine et le risque d’un désengagement américain du continent européen ont conforté Londres et Bruxelles dans leur volonté de rapprochement dans la défense.- Normes phytosanitaires  -Dans le cadre du nouveau partenariat sur la défense et la sécurité, le Royaume-Uni pourra participer à des réunions ministérielles de l’UE et rejoindre certaines missions militaires européennes.Il ouvre également la voie à l’accès des entreprises britanniques au futur programme européen doté de 150 milliards d’euros visant à développer la base industrielle de défense au sein de l’UE. La participation à ce programme exigera toutefois un autre accord ultérieur, ainsi qu’une contribution financière britannique.Les tractations se sont poursuivies jusqu’à la dernière minute pour lever les derniers blocages, notamment sur le dossier épineux de la pêche, particulièrement sensible pour la France.Finalement, Londres et les 27 ont acté la reconduction de l’accès des pêcheurs européens aux eaux britanniques – qui devait expirer en 2026 – jusqu’en 2038, et vice-versa.La ministre française de la Transition écologique Agnès Pannier-Runacher a salué “une excellente nouvelle pour nos pêcheurs”.En contrepartie, les Britanniques pourront exporter plus facilement leurs produits alimentaires vers le marché européen, grâce à un “alignement dynamique et rapide” du Royaume-Uni sur les règles sanitaires européennes.La suppression des formalités administratives et douanières sur la “grande majorité” des produits animaux et végétaux, était une des priorités du gouvernement travailliste pour soutenir la croissance économique. La Cour de justice de l’Union européenne sera l’autorité en dernier ressort, une concession susceptible de braquer les défenseurs du Brexit.Selon Downing Street, les mesures économiques doivent apporter “près de 9 milliards de livres (10,7 milliards d’euros) à l’économie britannique d’ici 2040”.Cet accord est “un soulagement” pour les entreprises, s’est réjouie Rain Newton-Smith, présidente de la principale organisation patronale britannique, la CBI.- “Capitulation” -Les discussions doivent en revanche se poursuivre sur la mobilité des jeunes. Les deux parties se sont à ce stade engagées à avancer vers un programme de visas permettant aux jeunes européens d’étudier ou travailler au Royaume-Uni et vice-versa, et se sont mises d’accord pour discuter d’un éventuel retour du Royaume-Uni au sein du programme d’échange étudiant européen Erasmus.Le sujet est sensible côté britannique, avec la montée en puissance du parti europhobe et anti-immigration Reform UK dirigé par Nigel Farage. Ces dernières semaines, Keir Starmer avait répété ses “lignes rouges” : pas question de revenir dans le marché commun ni dans l’union douanière, pas question de rétablir la libre circulation.Le vice-président de Reform UK Richard Tice a toutefois accusé le gouvernement d’avoir “capitulé” devant l’UE.”Nous redevenons soumis aux règles de Bruxelles”, a dénoncé la cheffe de l’opposition conservatrice Kemi Badenoch.

Le Royaume-Uni et l’UE concluent un “nouveau partenariat stratégique”, cinq ans après le Brexit

Le Royaume-Uni et l’Union européenne ont conclu lundi un “nouveau partenariat stratégique” pour resserrer les liens, en particulier dans la défense, lors d’un sommet inédit depuis le Brexit il y a cinq ans.Ce sommet “marque une nouvelle ère dans notre relation”, a déclaré le Premier ministre Keir Starmer lors d’une conférence de presse conjointe avec la présidente de la Commission européenne Ursula von der Leyen et le président du Conseil européen Antonio Costa.L’accord conclu “est gagnant-gagnant”, a-t-il insisté, soulignant qu’avec les accords commerciaux signés la semaine dernière avec l’Iran et les Etats-Unis, “cela signifie des emplois (…) et plus de croissance créée” pour le Royaume-Uni.Après des mois de négociations, Européens et Britanniques ont notamment conclu un partenariat sur la défense et la sécurité, trouvé un compromis pour assouplir certaines barrières commerciales et prolongé un accord sur la pêche.En revanche, les négociations n’ont pas complètement abouti sur la mobilité des jeunes.Le dirigeant travailliste avait salué en ouvrant le sommet un “nouveau partenariat stratégique adapté à notre époque, qui apportera des avantages réels et tangibles en matière de sécurité, d’immigration clandestine, de prix de l’énergie, d’agroalimentaire, de commerce et autres”.La cheffe de l’exécutif européen a salué un “moment historique” entre des partenaires qui “poursuivent les mêmes objectifs” et “partagent les mêmes valeurs”.Après le sommet, les trois dirigeants sont allés déjeuner sur la frégate HMS Sutherland, amarrée au croiseur de la Seconde guerre mondiale HMS Belfast, sur la Tamise, à Londres.A son arrivée au pouvoir en juillet 2024, Keir Starmer avait promis de “relancer” les relations avec l’UE, après des années de tensions entre les 27 et les précédents gouvernements conservateurs liées au Brexit, intervenu le 31 janvier 2020.Depuis, la guerre déclenchée par la Russie contre Ukraine et le risque d’un désengagement américain du continent européen ont conforté Londres et Bruxelles dans leur volonté de rapprochement dans la défense.- Normes phytosanitaires  -Dans le cadre du nouveau partenariat sur la défense et la sécurité, le Royaume-Uni pourra participer à des réunions ministérielles de l’UE et rejoindre certaines missions militaires européennes.Il ouvre également la voie à l’accès des entreprises britanniques au futur programme européen doté de 150 milliards d’euros visant à développer la base industrielle de défense au sein de l’UE. La participation à ce programme exigera toutefois un autre accord ultérieur, ainsi qu’une contribution financière britannique.Les tractations se sont poursuivies jusqu’à la dernière minute pour lever les derniers blocages, notamment sur le dossier épineux de la pêche, particulièrement sensible pour la France.Finalement, Londres et les 27 ont acté la reconduction de l’accès des pêcheurs européens aux eaux britanniques – qui devait expirer en 2026 – jusqu’en 2038, et vice-versa.La ministre française de la Transition écologique Agnès Pannier-Runacher a salué “une excellente nouvelle pour nos pêcheurs”.En contrepartie, les Britanniques pourront exporter plus facilement leurs produits alimentaires vers le marché européen, grâce à un “alignement dynamique et rapide” du Royaume-Uni sur les règles sanitaires européennes.La suppression des formalités administratives et douanières sur la “grande majorité” des produits animaux et végétaux, était une des priorités du gouvernement travailliste pour soutenir la croissance économique. La Cour de justice de l’Union européenne sera l’autorité en dernier ressort, une concession susceptible de braquer les défenseurs du Brexit.Selon Downing Street, les mesures économiques doivent apporter “près de 9 milliards de livres (10,7 milliards d’euros) à l’économie britannique d’ici 2040”.Cet accord est “un soulagement” pour les entreprises, s’est réjouie Rain Newton-Smith, présidente de la principale organisation patronale britannique, la CBI.- “Capitulation” -Les discussions doivent en revanche se poursuivre sur la mobilité des jeunes. Les deux parties se sont à ce stade engagées à avancer vers un programme de visas permettant aux jeunes européens d’étudier ou travailler au Royaume-Uni et vice-versa, et se sont mises d’accord pour discuter d’un éventuel retour du Royaume-Uni au sein du programme d’échange étudiant européen Erasmus.Le sujet est sensible côté britannique, avec la montée en puissance du parti europhobe et anti-immigration Reform UK dirigé par Nigel Farage. Ces dernières semaines, Keir Starmer avait répété ses “lignes rouges” : pas question de revenir dans le marché commun ni dans l’union douanière, pas question de rétablir la libre circulation.Le vice-président de Reform UK Richard Tice a toutefois accusé le gouvernement d’avoir “capitulé” devant l’UE.”Nous redevenons soumis aux règles de Bruxelles”, a dénoncé la cheffe de l’opposition conservatrice Kemi Badenoch.

Le pape a reçu le vice-président américain JD Vance

Le pape Léon XIV a reçu lundi matin en audience au Vatican le vice-président américain JD Vance, qui a donné au souverain pontife une lettre écrite par Donald Trump pour l’inviter à Washington, selon une porte-parole de la Maison Blanche.”Ce fut une bonne rencontre, une rencontre productive”, a déclaré Karoline Leavitt lors d’un point presse. La porte-parole a précisé que Donald Trump espérait voir Léon XIV à Washington “dès qu’il pourra venir”.Le Vatican avait publié avant cela une photo du pape natif de Chicago recevant JD Vance et le secrétaire d’Etat Marco Rubio, au lendemain de leur participation à la messe inaugurale du souverain pontife.Le vice-président américain a rencontré par la suite également Mgr Paul Richard Gallagher, “ministre des Affaires étrangères” du pape, indique un communiqué du Vatican.Les deux hommes se sont félicités des “bonnes relations bilatérales” et ont procédé à un échange de vues concernant des sujets “d’actualité internationale, souhaitant que dans les zones de conflit, le droit humanitaire et le droit international soient respectés et une solution négociée” trouvée “entre les parties impliquées”, selon la même source.JD Vance et Marco Rubio, aux côtés de dizaines de responsables politiques et têtes couronnées, ainsi qu’environ 200.000 fidèles, ont assisté dimanche sur la place Saint-Pierre à la messe marquant officiellement le début du pontificat de Léon XIV.Avant de devenir pape, Léon XIV avait republié sur son compte personnel X des critiques à l’encontre du gouvernement du président américain Donald Trump concernant sa politique migratoire, et avait également formulé des reproches à l’égard de M. Vance.Mais le vice-président américain a insisté dimanche sur le fait que les États-Unis étaient “très fiers” du pape.”Nos prières l’accompagnent avec certitude alors qu’il entame cette mission très importante”, a déclaré M. Vance lors d’une réunion dimanche après-midi avec la présidente de la Commission européenne Ursula von der Leyen et la Première ministre italienne Giorgia Meloni.

Viktor Orban, victime collatérale des élections en Roumanie

Persuadé qu’il allait gagner, le Premier ministre hongrois Viktor Orban avait apporté son soutien tacite au candidat d’extrême droite George Simion à la présidentielle en Roumanie. Problème: il s’est mis à dos la puissante minorité hongroise de ce pays voisin et a perdu son pari.C’est le candidat pro-européen Nicusor Dan qui a gagné dimanche avec …

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Viktor Orban, victime collatérale des élections en Roumanie

Persuadé qu’il allait gagner, le Premier ministre hongrois Viktor Orban avait apporté son soutien tacite au candidat d’extrême droite George Simion à la présidentielle en Roumanie. Problème: il s’est mis à dos la puissante minorité hongroise de ce pays voisin et a perdu son pari.C’est le candidat pro-européen Nicusor Dan qui a gagné dimanche avec le soutien massif des Magyars (Hongrois), comme dans le département de Harghita, en Transylvanie, qui lui a offert son plus beau score national (plus de 90%).Dans une Europe centrale aux frontières mouvantes au cours de l’histoire, un million de Hongrois peuplent cette région.Choyés depuis 2010 par un Viktor Orban en quête des suffrages des binationaux, ils ont été stupéfaits dans l’entre-deux-tours quand ils ont entendu leur protecteur louer leur pire ennemi, George Simion.Car le chef du parti nationaliste AUR prône leur assimilation et leur nie tout droit spécifique.En 2019, il a même été impliqué dans des affrontements autour d’un cimetière militaire austro-hongrois de la Première guerre mondiale à Valea Uzului, l’incident interethnique le plus violent en Roumanie depuis plusieurs décennies. M. Simion réclame l’interdiction du parti représentant cette minorité, le RMDSZ, qu’il a qualifié de “terroriste ethnique” parce qu’il militait pour une plus grande autonomie. Et ce dernier le lui a bien rendu, en appelant à le faire battre. – “Anti-Hongrois à l’excès” -Avant ce spectaculaire revirement, le Premier ministre hongrois était sur la même ligne hostile, ignorant les appels du pied d’un George Simion se présentant en “Orban roumain”.Son parti, le Fidesz, refusait l’année dernière encore de siéger au Parlement européen dans le même groupe que la formation AUR de George Simion, jugée “anti-hongroise à l’excès”.A son retour au pouvoir en 2010, M. Orban a distribué aux Magyars roumains des passeports et l’argent coule à flot depuis pour rénover les écoles, construire des stades et s’attirer les faveurs de ce bassin électoral crucial. “La menace pesant sur nos droits en tant que minorité prime sur tout le reste”, explique à l’AFP Szilard Simon, économiste de 49 ans originaire de Harghita. “Alors pour nous, il était impensable de soutenir George Simion”.Le dirigeant hongrois “a raté son coup” selon lui, sa prise de position ayant eu un effet boomerang alors que les Magyars se sont déplacés nombreux aux urnes pour contrer le candidat nationaliste.”L’entourage d’Orban a sans doute pensé” que cet ancien hooligan était “déjà élu”, estime l’expert Nandor Bardi, du centre de recherche HUN-REN. “Perçu par beaucoup comme un visionnaire charismatique, son image en a pris un coup”, dit-il du Premier ministre hongrois.Même s’il a tenté de limiter les dégâts par la suite en se fendant d’un coup de fil au chef du RMDSZ, Hunor Kelemen.- “Traître” -“Le rejet a été général”, s’émeut Laszlo Tokes, une personnalité importante chez les Hongrois de Roumanie: il a joué un rôle important dans la chute du régime communiste de Nicolae Ceausescu. Viktor Orban s’est “trop précipité” et a fait passer ses ambitions en politique européenne avant les intérêts de ses compatriotes à l’étranger, ce qui pose un “gros problème”, dit à l’AFP cet ancien élu du Fidesz et vice-président du Parlement européen.”Lutte pour le christianisme et la souveraineté”, mépris pour les “bureaucrates de Bruxelles”, opposition à l’aide pour l’Ukraine et admiration pour le président américain Donald Trump… Viktor Orban a cependant préféré ne retenir que ses points de convergence avec George Simion.Sans penser aux législatives à venir en Hongrie au printemps 2026, où il est sérieusement menacé par un nouvel opposant. Celui-ci, Peter Magyar, a sauté sur l’occasion pour qualifier Viktor Orban de “traître”, espérant attirer ses compatriotes habitant en Roumanie, à qui on a “craché au visage”.Il s’est lancé dans une médiatique marche de 300 km pour aller à leur rencontre et tenter de les persuader qu’il sera plus à même de les protéger. “Ils ont bien vu qu’on en avait qu’après leur vote mais qu’on ne ne souciait pas tellement de leur sort”, a-t-il déclaré.Il reste encore du temps et Laszlo Tokes pense que les Hongrois de Roumanie n’oublieront pas tout ce que Viktor Orban a fait pour eux. Mais “cet épisode ne va pas l’aider”, juge-t-il.