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Du château fort au laboratoire, une archéologue sonore ressuscite le passé

Le marteau du forgeron sur le clou incandescent, la hache sur le chêne, le burin sur la pierre: Mylène Pardoën, “archéologue sonore”, capte les bruits d’un château fort en construction selon les techniques du XIIIe siècle pour recréer la bande-son du Moyen Âge.”Je suis à la pêche au son mais, au lieu d’avoir un filet, j’ai des micros”, explique cette chercheuse au CNRS Lyon-Saint-Étienne, en piquant un micro sur un gigantesque tronc d’arbre couché que la hache d’un équarrisseur façonne en bois de charpente.Ce billot viendra couvrir l’impressionnant château fort de Guédelon qui, depuis 28 ans, se construit à Treigny (Yonne) avec les matériaux et selon les techniques du XIIIe siècle.De quoi offrir un formidable terrain de jeu à Mylène Pardoën, qui traque depuis de longues années les sons du passé là où ils se font encore entendre. “Je capte les gestes de tout le patrimoine artisanal et des lieux qui ont encore une empreinte historique”, explique-t-elle à l’AFP. Il y a un patrimoine culturel, architectural, génétique… mais il n’y avait pas de patrimoine sonore: Mylène Pardoën a réparé cette erreur. Touche-à-tout du savoir, cette ancienne mécanicienne d’hélicoptères militaires s’est reconvertie dans la musicologie. Alliant sa passion pour l’Histoire avec son expertise du son, elle a inventé son propre métier, unique au monde: “archéologue sonore”.- Authentique -Mylène Pardöen, est déjà à la base du “projet Bretez”, du nom du cartographe qui a réalisé le plan de Paris de 1739. Cette marche virtuelle, multi-primée au niveau international, vise à reconstituer le Paris du XVIIIe siècle avec des images en 3D mais en y ajoutant une dimension, souvent oubliée: le “paysage sonore”.Sur le Pont au Change, dans le Paris du siècle des Lumières, on entend le charpentier clouant une poutre, les marchandes ambulantes, les bêtes qui vont à l’abattoir…Pour restituer cet univers, par les oreilles, il faut “reconstruire toutes les ambiances sonores puisqu’on ne peut pas prendre des ambiances contemporaines”, explique Mylène Pardoën.Le défi est d’autant plus élevé que l’ingénieure du son, aujourd’hui chercheuse au CNRS à la Maison des Sciences de l’Homme de Lyon (MSH), se refuse de céder à l’artificialisation de l’IA: “la restitution s’effectue sur la base des sons authentiques, et non sur la base d’effets sonores générés par ordinateur”, précise-t-elle.Mais où aller chercher à notre ère des sons du Moyen-Âge? Embarquée dans sa machine à remonter le temps sonore, la chercheuse a trouvé sa source à Guédelon.”Par exemple, sur cette maison-là”, dit-elle en pointant le plan du projet Bretez parcourant le vieux Paris, “il y avait des travaux de réparations”. “Eh bien, on a inséré des sons d’un équarrisseur et d’un forgeron qu’on a enregistrés à Guédelon”, explique-t-elle.- Indiana Jones du son -“On rend vivant, vraiment avec de l’humain, une fresque sonore”, dit-elle, assise devant une multitude d’écrans dans son laboratoire de Lyon aux murs et plafonds tapissés de 46 hauts-parleurs.C’est ici que la chercheuse “spatialise” les sons qu’elle a captés pour créer une “réelle immersion”. “Et la fresque devient une possible réalité d’un moment qui nous permet de raconter une histoire”, se réjouit Mylène Pardoën.Médaille de cristal du CNRS en 2020, qui distingue celles et ceux qui contribuent à l’excellence de la recherche française, Mylène Pardoën a également été la base de la reconstitution acoustique lors des rénovations de la cathédrale Notre-Dame, à Paris. Mais cette Indiana Jones du son remonte le temps bien plus loin en arrière: “J’ai des captations pour les gestes préhistoriques”, dit-elle en référence aux prises de son qu’elle a réalisées lors de la reproduction de tailles de silex faites à l’Institut de Préhistoire Orientale à Jalès (Ardèche).

A Londres, trois bébés abandonnés, huit ans d’enquête et des parents introuvables

Après des années d’enquête, le mystère reste entier et la police semble prête à jeter l’éponge: entre 2017 et 2024, trois nouveau-nés, qui se sont avérés être frère et soeurs, ont été abandonnés dans des parcs de Londres et leurs parents restent introuvables.Les nourrissons ont été découverts par des promeneurs respectivement en septembre 2017, janvier …

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Free et Free Mobile condamnés à de lourdes amendes après une fuite de données

Les opérateurs Free et Free Mobile ont écopé mercredi d’un total de 42 millions d’euros d’amendes pour “manquements” à leurs obligations de sécurité lors d’une fuite de données spectaculaire en 2024, une sanction selon eux d’une “sévérité inédite” en matière de cyberattaque.Dans une décision rendue le 8 janvier et publiée mercredi sur Légifrance, la Commission nationale informatique et libertés (Cnil) a condamné Free à payer une amende de 15 millions d’euros et Free mobile à verser 27 millions. Ces sanctions sont prononcées plus d’un an après un vol de données massif, qui avait concerné 24 millions de contrats de clients de l’opérateur en octobre 2024.En parallèle de l’attaque informatique, un pirate avait proposé à la vente en ligne un fichier censé contenir les informations dérobées. Parmi les données, rapidement vendues, figuraient notamment des numéros de compte bancaire (Iban). Des procédures distinctes avaient été lancées contre les deux entités, Free et Free Mobile, qui ont chacune des obligations liées à leur propre système d’information, a expliqué la Cnil, destinataire de plus de 2.000 plaintes de personnes concernées par cette violation.Dans un communiqué, l’autorité de protection des données a souligné que les deux entreprises du groupe Iliad n’avaient “pas mis en œuvre certaines mesures élémentaires de sécurité qui auraient pu rendre l’attaque plus difficile”. Elle a aussi relevé plusieurs manquements au règlement européen de protections des données (RGPD). Elle a notamment évoqué une procédure d’authentification “pas suffisamment robuste” pour les salariés de Free travaillant à distance. C’est par ce biais que le pirate responsable de l’attaque s’était d’abord connecté au réseau informatique de l’entreprise, précise l’autorité.- “Sévérité inédite” -La Cnil a aussi reproché aux opérateurs des manquements dans leurs obligations en matière d’information des personnes concernées par le vol des données. Selon le Commission, les entreprises auraient dû davantage informer leurs clients des mesures de protection mises en place a posteriori, et mieux les prévenir des risques potentiels. Free Mobile est également visé pour avoir conservé pendant trop longtemps des données d’anciens clients. La Cnil a ainsi “constaté la présence de données relatives à plus de 15 millions de contrats résiliés depuis plus de cinq ans, dont trois millions depuis plus de dix ans”, ce qui est “manifestement excessif”, a-t-elle signalé.Free a rapidement dénoncé mercredi une décision d’une “sévérité inédite sans commune mesure au regard des précédents en matière de cyberattaques”. “Dans plusieurs cas comparables, malgré des impacts similaires, voire plus graves, sur les données personnelles, les sanctions prononcées semblent dérisoires au regard de celle-ci”, a insisté l’entreprise.”Nous allons donc déposer un recours devant le Conseil d’État afin de faire valoir nos droits et obtenir la révision de cette décision”, a ajouté l’opérateur, qui dit avoir renforcé son “architecture de sécurité” depuis l’incident.Un tel recours n’est toutefois pas suspensif. Les deux opérateurs devront donc s’acquitter des amendes avant une éventuelle nouvelle décision.Outre les amendes, la Cnil a également ordonné à Free et Free Mobile de prendre des mesures en matière de sécurité des données. Si elle constate que des évolutions avaient déjà débuté, elle a ordonné aux entreprises de finaliser la mise en œuvre de ces mesures dans un délai de trois mois. Elle a aussi enjoint à Free Mobile de finaliser le tri des données conservées et de purger ses bases de données des détails des contrats résiliés depuis plus de dix ans. Dans le volet pénal de cette affaire, un mineur de 16 ans avait été mis en examen début 2025.Outre Free, d’autres entreprises avait été ciblées en 2024 par des vols de données massifs. Après cette année noire, la Cnil avait annoncé en avril qu’elle allait hausser le ton et exiger davantage de garanties aux détenteurs de grandes bases de données.

Thaïlande: 32 morts après l’effondrement d’une grue sur un train

Une grue s’est effondrée mercredi sur un train de passagers en Thaïlande, un accident spectaculaire qui a fait au moins 32 morts et des dizaines de blessés, selon le dernier bilan des autorités locales.La grue était utilisée sur le chantier d’un vaste projet ferroviaire soutenu par la Chine et géré par une entreprise thaïlandaise impliquée dans plusieurs accidents similaires par le passé.Sa chute a provoqué le déraillement, en contrebas, d’un train qui circulait entre Bangkok et le nord-est du pays. Au moins 32 personnes ont été tuées et plus de 60 blessées, dont sept grièvement, ont indiqué les autorités sanitaires locales, précisant que trois personnes étaient toujours portées disparues.Il était environ 9H00 lorsque Mitr Intrpanya, un habitant de la province de Nakhon Ratchasima, à plus de 200 km de la capitale, a entendu “un gros bruit suivi de deux explosions”.”Quand je suis allé voir ce qui s’était passé, j’ai trouvé la grue sur un train de passagers de trois wagons. Le métal de la grue semblait avoir tranché en deux le deuxième wagon”, a témoigné cet homme de 54 ans.Pasinee Klaharn, une femme au foyer de 31 ans, était en train de préparer son petit-déjeuner quand l’accident s’est produit, à 300 mètres de sa maison.”J’ai vu sur place trois personnes allongées, avec des plaies à la tête et un bras cassé”, a-t-elle raconté à l’AFP. “Mon mari est descendu à l’intérieur d’un wagon et a aidé quelques personnes avant l’arrivée des secours”.- TGV thaïlandais -La grue faisait partie d’un chantier colossal, lancé en 2017 avec une décennie de retard, pour la mise en service du premier train à grande vitesse de Thaïlande.Ce projet de plus de cinq milliards de dollars doit permettre d’ici 2028 de relier Bangkok à Kunming, dans le sud de la Chine, via le Laos.Il est soutenu par la Chine dans le cadre de sa politique des “nouvelles routes de la soie”, destinée à améliorer ses échanges commerciaux dans le monde et à renforcer son influence en Asie du Sud-Est.Afin d’éviter que ce chemin de fer n’accroisse sa dépendance vis-à-vis de Pékin au détriment de ses bonnes relations avec les Etats-Unis, la Thaïlande a insisté pour prendre en charge la totalité du coût.La Chine fournit tout de même une assistance technique, mais “il semble que la section concernée soit construite par une entreprise thaïlandaise”, a commenté le ministère chinois des Affaires étrangères.Il s’agit de l’Italian-Thai Development, qui a annoncé dans un communiqué qu’elle assumerait “la responsabilité d’indemniser les familles des victimes et de couvrir les frais médicaux des blessés”.- Accidents fréquents -Le Premier ministre thaïlandais Anutin Charnvirakul a appelé à faire la lumière sur les causes de l’accident et affirmé que les responsables devraient “rendre des comptes”.”Il est temps de modifier la loi afin de mettre sur une liste noire les sociétés de BTP responsables d’accidents à répétition”, a estimé le dirigeant.L’Italian-Thai Development et son directeur figuraient en août parmi plus de 20 personnes et entités inculpées dans une affaire liée à l’effondrement lors d’un tremblement de terre d’un immeuble en construction à Bangkok, qui avait fait 90 morts, principalement des ouvriers.L’entreprise a été impliquée ces dernières années dans plusieurs autres accidents, dont la chute en 2017 d’une grue utilisée pour la construction du métro aérien de la capitale.Les accidents industriels, sur les chantiers et dans les transports sont relativement fréquents en Thaïlande en raison d’une application parfois laxiste des règles de sécurité.Dix-huit personnes sont mortes en 2020 dans la collision d’un train de marchandises avec un bus transportant des passagers à une cérémonie religieuse.

L’Iran promet des procès “rapides”, craintes d’une première exécution mercredi

Le pouvoir judiciaire en Iran a promis des procès “rapides” pour les suspects arrêtés lors des manifestations, alors qu’une première exécution pourrait avoir lieu mercredi et que les organisations de défense des droits humains craignent un usage massif de la peine de mort.  Donald Trump a assuré que les Etats-Unis agiraient “de manière très forte” si les autorités iraniennes commençaient à exécuter des personnes arrêtées lors des manifestations qui secouent le pays depuis le 28 décembre. Téhéran, de son côté, accuse Washington de chercher un “prétexte” en vue d’une intervention militaire pour faire tomber le pouvoir.Amnesty International et d’autres ONG ont dit avoir des informations, notamment via sa famille, de l’exécution prévue d’un premier manifestant mercredi, ce qu’a aussi avancé la diplomatie américaine. “Plus de 10.600 manifestants ont été arrêtés (…) Erfan Soltani, 26 ans, dont l’exécution a été programmée pour le 14 janvier, est l’un d’eux”, a écrit le Département d’Etat dans un message en farsi sur X.Amnesty a demandé à l’Iran de “surseoir immédiatement à toutes les exécutions, y compris celle d’Erfan Soltani”.Selon les médias iraniens, le chef du pouvoir judiciaire a passé cinq heures dans une prison de Téhéran où sont détenus des manifestants – des “émeutiers” selon les autorités -, pour étudier leurs cas. A l’issue de cette visite, il a promis des procès “rapides” et “publics”. “Si quelqu’un a mis le feu à une personne, l’a décapitée avant de brûler son corps, nous devons faire notre travail rapidement”, a déclaré Gholamhossein Mohseni Ejeï.- “CONTINUEZ” -Le président américain, dont les intentions restent floues, a menacé plusieurs fois d’intervenir militairement depuis le début du mouvement, l’un des plus vastes depuis la proclamation de la République islamique en 1979.Mardi, il a promis aux manifestants que “beaucoup d’aide est en route”. “CONTINUEZ A MANIFESTER – PRENEZ LE CONTROLE DE VOS INSTITUTIONS!!!”, a-t-il lancé sur son réseau Truth social.La répression a fait au moins 734 morts selon l’ONG Iran Human Rights (IHR) basée en Norvège, qui estime toutefois que le nombre réel de morts pourrait s’élever à plusieurs milliers.Internet est toujours coupé dans tout le pays, pour le septième jour de suite, selon l’ONG de surveillance de la cybersécurité Netblocks, rendant difficile l’accès aux informations. Mais des rapports crédibles font état “de tueries à grande échelle menées par les forces de sécurité à travers le pays”, affirme l’ONG Human Rights Watch.De nouvelles vidéos, authentifiées par l’AFP, sont apparues mardi sur les réseaux sociaux montrant des dizaines de corps alignés à l’intérieur et à l’extérieur d’une morgue au sud de la capitale iranienne.”La violence augmente, les arrestations aussi. Les oppresseurs tirent au hasard”, racontait mardi à l’AFP Kian Tahsildari à Istanbul, relayant le témoignage d’amis à Machhad, dans le nord-est de l’Iran.Les médias d’Etat iraniens diffusent eux en boucle des images des dégâts et rendent hommage aux membres des forces de sécurité tués.Une cérémonie funéraire de masse est prévue mercredi pour les “martyrs” morts ces derniers jours – majoritairement des forces de l’ordre, ont fait savoir les autorités.A l’international, les condamnations affluent: l’ONU se dit “horrifiée” et la présidente de la Commission européenne Ursula von der Leyen a dénoncé un bilan “effroyable” et dit plancher sur de nouvelles sanctions contre Téhéran.Donald Trump a lui annoncé mardi des sanctions contre les partenaires commerciaux de l’Iran – des droits de douane de 25% prenant effet “immédiatement”.- “Rejoindre le peuple” -Fils de l’ancien chah d’Iran chassé du pouvoir en 1979, Reza Pahlavi, figure de l’opposition iranienne en exil aux Etats-Unis, a assuré mardi aux manifestants que “le monde n’a pas seulement vu et entendu votre voix et votre courage, maintenant il répond”.Il a aussi invité l’armée régulière à “rejoindre le peuple aussi vite que possible”. “Vous êtes l’armée nationale de l’Iran, pas l’armée de la République islamique”, a-t-il souligné.Depuis le début du mouvement, initialement lié au coût de la vie, le pouvoir dit comprendre les revendications portant sur des questions économiques mais accuse des “émeutiers” pilotés par l’étranger d’être à l’origine des violences.Agé de 86 ans, l’ayatollah Khamenei a déjà été confronté à d’importants défis, notamment durant la guerre de 12 jours avec Israël en juin 2025, déclenchée par une attaque massive contre les installations militaires et nucléaires iraniennes.Des analystes jugent prématuré de prédire dans l’immédiat la chute du pouvoir théocratique iranien, soulignant que la République islamique dispose de solides leviers répressifs, à commencer par le Corps des gardiens de la Révolution.

Rencontre sous haute tension à la Maison Blanche autour du Groenland

Les chefs de la diplomatie danoise et groenlandaise se rendent mercredi à la Maison Blanche pour un entretien sous haute tension visant à désamorcer la crise autour du Groenland, territoire autonome danois dont Donald Trump affirme vouloir s’emparer.A quelques heures de la rencontre, le Danemark a promis qu’il allait “renforcer sa présence militaire” au Groenland et dialoguer avec l’Otan pour accroître la présence de l’Alliance dans l’Arctique, a annoncé à l’AFP le ministre danois de la Défense, Troels Lund Poulsen, en réponse aux critiques américaines. Depuis son retour au pouvoir, il y a près d’un an, le président américain évoque régulièrement la possibilité de prendre le contrôle de cette immense île arctique, stratégique mais peu peuplée. Ses menaces ont redoublé depuis la capture début janvier du président vénézuélien Nicolas Maduro.Le ministre danois des Affaires étrangères, Lars Løkke Rasmussen, et son homologue groenlandaise Vivian Motzfeldt avaient sollicité un entretien avec le secrétaire d’Etat, Marco Rubio. La réunion aura finalement lieu à la Maison Blanche, le vice-président, JD Vance, ayant demandé à y participer.Ce dernier avait tenu des propos très durs à l’encontre de Copenhague lors d’une visite au printemps au Groenland, où il n’avait pas été invité. Il avait fustigé la faiblesse de l’engagement danois au Groenland et sur la sécurité arctique, qualifiant le Danemark de “mauvais allié”.M. Løkke a dit espérer lever “certains malentendus” au cours de la rencontre, alors que le Danemark et le Groenland rejettent toute idée de rattachement de l’île aux Etats-Unis.”Nous continuerons de renforcer notre présence militaire au Groenland, mais nous allons également insister au sein de l’Otan sur davantage d’exercices et une présence accrue de l’Otan dans l’Arctique”, a promis de son côté le ministre de la Défense danois dans un communiqué à l’AFP.Donald Trump a accru les inquiétudes danoises et groenlandaises ces derniers jours, déclarant dimanche qu’il s’emparerait “d’une manière ou d’une autre” du territoire autonome danois.Le milliardaire républicain affirme que les Etats-Unis ont besoin du Groenland pour contenir les avancées de la Russie et de la Chine en Arctique. – “Crise géopolitique” – Selon Penny Naas, chercheuse au German Marshall Fund of the United States (GMFUS), un centre d’études sur les relations transatlantiques, la réunion pourrait tourner court si les Américains campent sur leur exigence d’obtenir le Groenland coûte que coûte.Mais, “s’il y a une légère nuance, cela pourrait mener à une conversation différente”, estime-t-elle.La cheffe de la diplomatie groenlandaise participera aux discussions. Les dirigeants groenlandais, comme le Danemark, s’opposent fermement aux projets de Donald Trump.”Nous sommes confrontés à une crise géopolitique et si nous devons choisir entre les Etats-Unis et le Danemark là, maintenant, nous choisissons le Danemark”, a dit mardi le chef du gouvernement groenlandais, Jens-Frederik Nielsen, à l’occasion d’un déplacement à Copenhague.”Le Groenland n’appartiendra pas aux Etats-Unis. Le Groenland ne sera pas dirigé par les Etats-Unis. Le Groenland ne fera pas partie des Etats-Unis”, a-t-il martelé.Interrogé mardi sur ces déclarations, Donald Trump a répondu: “Eh bien, c’est leur problème”. “Je ne sais rien (du Premier ministre groenlandais), mais ça va devenir un gros problème pour lui”, a-t-il ajouté.Aux côtés de M. Nielsen à Copenhague, la Première ministre danoise, Mette Frederiksen, a estimé qu’il n’avait pas été facile de résister à ce qu’elle a qualifié de “pression totalement inacceptable de la part de notre plus proche allié”.Le Danemark, membre de l’Otan, rejette les accusations américaines selon lesquelles il ne protégerait pas suffisamment le Groenland face à la Russie et à la Chine.Copenhague rappelle avoir notamment investi près de 90 milliards de couronnes (12 milliards d’euros) pour renforcer sa présence militaire dans l’Arctique.Peu après la rencontre à la Maison Blanche, une délégation du Congrès américain – composée principalement de démocrates, mais aussi d’un républicain – se rendra à Copenhague pour exprimer sa solidarité avec le Danemark.”Les menaces continues du président Trump envers le Groenland sont inutiles et ne font qu’affaiblir notre alliance au sein de l’Otan”, a déclaré le sénateur démocrate Dick Durbin, l’un des membres de cette délégation.De son côté, la France annoncé que son consulat au Groenland ouvrirait le 6 février.

A Londres, trois bébés abandonnés, huit ans d’enquête et des parents introuvables

Après des années d’enquête, le mystère reste entier et la police semble prête à jeter l’éponge: entre 2017 et 2024, trois nouveau-nés, qui se sont avérés être frère et soeurs, ont été abandonnés dans des parcs de Londres et leurs parents restent introuvables.Les nourrissons ont été découverts par des promeneurs respectivement en septembre 2017, janvier 2019 et janvier 2024, l’un enveloppé dans une serviette, les autres dans des sacs, dans des parcs proches d’East Ham, à la périphérie est de Londres – des quartiers à la population ethniquement variée, où coexistent coquettes maisons victoriennes et logements sociaux.La petite Elsa – ainsi prénommée par le personnel de l’hôpital qui l’a recueillie – a été localisée le 18 janvier 2024, moins d’une heure après sa naissance, par un homme qui promenait son chien.Roman, quant à elle, a été trouvée le 31 janvier 2019 dans un autre parc situé moins de deux kilomètres plus loin. Enveloppée d’une simple couverture, juste avant un épisode neigeux, ses pleurs ont attiré l’attention des promeneurs.  Harry, le premier bébé, avait été découvert le 17 septembre 2017, à un kilomètre de l’endroit où l’a été Roman.L’enquête a commencé en 2017 et s’est intensifiée après la découverte du troisième bébé. Mais la police londonienne estime aujourd’hui avoir “épuisé toutes les pistes”. Elle devrait dire ce mois-ci si elle arrête ses investigations. – Un quatrième bébé? –   Les forces de l’ordre ont frappé aux portes de 400 foyers, passé en revue des centaines d’heures d’images de télésurveillance et offert une récompense de 20.000 livres (environ 23.000 euros), sans résultat.La principale découverte est survenue en juin 2025: des tests ADN ont alors établi que les trois bébés étaient frère et soeurs.Faute d’avoir retrouvé leur deux parents, l’enquêteur chargé du dossier, Jamie Humm, disait en mai craindre de prochainement découvrir un quatrième bébé, qui “n’aurait pas la chance d’Elsa et de ses frère et soeur” d’être retrouvé vivant.Cette affaire rarissime suscite aussi des inquiétudes sur le sort de la mère. “En tant que mère, je me demande comment on peut abandonner son enfant”, a commenté auprès de l’AFP Charlotte Mallett, une habitante d’East Ham, se souvenant encore du froid qui régnait le jour où elle a appris par la télévision locale la découverte de la petite Roman, peu après la naissance de son propre fils. Un tel abandon ne peut être que le résultat d’une “situation contrainte”, “sans autre issue” possible, dit-elle.Pour Kevin Browne, un expert en psychologie médico-légale qui a travaillé sur les abandons d’enfants, la mère pourrait être une migrante qui, dans un climat d’hostilité et d’expulsions croissantes, préfère éviter tout contact avec les autorités.   Le fait qu’elle ait accouché en secret, risquant sa vie autant que celle de ses bébés, pourrait indiquer qu’elle était “terrifiée”, dit-il à l’AFP.Au début de l’enquête, Jamie Humm pensait que “la mère ne voulait pas se manifester”. Il considère désormais qu’il est plus probable qu’elle ait été dans l’impossibilité de le faire.- “Une magnifique petite fille” -Dans cette affaire aussi “étrange” que “complexe”, en “imaginant les circonstances qui mettraient la mère dans une telle situation, on se dit qu’elle est peut-être en danger”, souligne Lorraine Sherr, une psychologue et experte en santé mentale à l’University College de Londres. L’abandon de bébés est devenu si rare que le gouvernement britannique ne compile plus de statistiques. Les dernières données datent de 2018 et font état de huit nourrissons abandonnés entre 2008 et 2018 en Angleterre et au Pays de Galles, selon la juge chargée du dossier de la petite Elsa.Dans certains pays comme la France, une femme peut accoucher anonymement et immédiatement remettre son bébé à l’adoption. Ce n’est pas le cas au Royaume-Uni, qui n’a pas non plus de “boîtes à bébés” contrairement à certains Etats américains, qui facilitent un abandon anonyme.Harry et Roman, aujourd’hui âgés de huit et six ans, ont été adoptés. A presque deux ans, Elsa est pour sa part dans une famille d’accueil qui a récemment entamé une procédure d’adoption.C’est “une magnifique petite fille, un concentré de rires et d’enthousiasme”, selon la juge aux affaires familiales Carol Atkinson, qui suit la procédure.Les prénoms attribués aux enfants juste après leur découverte ont été changés. Les autorités espèrent néanmoins qu’ils maintiendront des liens entre eux en grandissant. Mais, sans aucun document attestant de leur naissance, ils ne pourront jamais retrouver trace de leur mère. “Ils garderont cette souffrance affective toute leur vie”, souligne l’expert Kevin Browne.

Trump menace d’agir “de manière très forte” si l’Iran exécute des manifestants

Donald Trump a assuré que les Etats-Unis agiraient “de manière très forte” si les autorités iraniennes commençaient à exécuter des personnes arrêtées lors des manifestations qui secouent le pays depuis fin décembre, Téhéran accusant de son côté Washington à chercher un “prétexte” en vue d’une intervention militaire.Selon la diplomatie américaine, une première exécution est prévue …

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Une communauté bédouine de Cisjordanie chassée par le harcèlement de colons israéliens

Aussi résignés qu’abattus, les habitants bédouins du village de Ras Ein al-Auja ont démonté leurs enclos à moutons et chargé leurs affaires sur des camions. Ils sont chassés de leur village, en Cisjordanie occupée, par la recrudescence des violences de colons israéliens. “Ce qui se passe aujourd’hui, c’est l’effondrement total de la communauté à la suite …

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Les dirigeants japonaise et sud-coréen se mettent au diapason en jouant de la K-pop

Les dirigeants japonaise et sud-coréen ont joué ensemble deux titres de K-pop à la batterie en marge de leurs discussions officielles, le président sud-coréen Lee Jae Myung estimant que tous deux partageaient le désir de “synchroniser la cadence”.M. Lee et la Première ministre nippone Sanae Takaichi, vêtus pour l’occasion de hauts de survêtement bleus floqués …

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