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Pollution plastique: les discussions volent en éclats à Genève

Les pourparlers pour élaborer le premier traité international contre la pollution plastique ont volé en éclats mercredi à Genève à trente heures de la fin prévue des négociations, la plupart des pays ayant rejeté une tentative maladroite de synthèse de la présidence.Après près de trois ans de négociations et neuf jours d’intenses discussions au bord du lac Léman, le diplomate qui préside les débats, Luis Vayas Valdivieso, a présenté un texte de synthèse et une procédure assez complexe de consultation pour tenter de surmonter les positions encore très éloignées.Mais au lieu de permettre d’avancer, le texte de 31 articles a provoqué la colère ou au moins l’insatisfaction de la majorité des délégués présents dans la salle qui ne l’acceptent pas comme base de négociation.La Colombie, qui veut un texte ambitieux pour lutter contre la pollution plastique, a jugé le document “inacceptable” et demandé un nouveau texte.Le Chili, le Mexique, le Panama, le Canada ainsi que l’Union européenne, y compris la France, ont emboité le pas au pays sud-américain, ainsi que les petites îles du Pacifique.- “Déséquilibré”Pour le représentant du Chili, ce texte est “clairement déséquilibré”, car “tout est relégué au niveau national et le texte ne crée aucun espace de coopération internationale pour lutter contre la pollution plastique”.Le texte “ne fait pas le minimum nécessaire pour répondre à l’urgence du défi auquel nous faisons face”, a relevé le ministre de l’Environnement du Danemark Magnus Heunicke dont le pays assure la présidence tournante de l’UE.”En 2022, nous avons promis aux citoyens du monde un traité pour supprimer la pollution plastique et réduire l’utilisation de produits chimiques dans le plastique qui menacent l’environnement et la santé. Le texte proposé n’est pas ce que nous avons proposé il y a trois ans”, a-t-il dit, en soulignant qu’un compromis “demande des mouvements de toutes les parties”.”Ce texte parle de refermer une blessure… mais le texte présenté ici rend cette blessure fatale et nous ne l’accepterons pas”, a déclaré le négociateur panaméen, ajoutant : “Ce n’est pas de l’ambition, c’est de la reddition.” Le Kenya a dénoncé l’absence d’obligations mondiales contraignantes sur quoique ce soit, signifiant que cela “n’a aucune valeur démontrable”.Les ONG de protection de l’environnement ont aussi tiré à boulets rouges sur le texte, dénonçant l’absence de référence à toute contrainte sur la production industrielle de plastique vierge.C’est un “cadeau à l’industrie pétrochimique et une trahison de l’humanité”, a jugé Graham Forbes, chef de la délégation de Greenpeace.- Même les pétroliers -Même les pays pétroliers qui s’opposaient à toutes les demandes de régulation de la production de plastique et aux interdictions de certaines molécules chimiques dangereuses pour l’environnement et la santé, ont indiqué qu’ils n’aimaient pas le texte.Leurs critiques (Arabie Saoudite, Koweit, Bahrain, Qatar..) portent essentiellement sur l’absence de “cadre” et de champs d’action.La Chine, qui est aussi le premier pays producteur mondial de plastique, a appelé le président à se “concentrer” sur les problèmes les plus importants dans les dernières heures de la négociation “plutôt que d’accroître les divergences”.”Il faut un rééquilibrage du texte” a jugé la ministre française de la transition écologique Agnès Pannier Runacher. “De mon point de vue, il est possible d’écrire un texte d’une dizaine de pages qui prenne en compte tous les points principaux du dossier”. Le plus difficile “c’est de le faire adopter”.Le conseil international de la chimie (ICCA) n’a pas émis d’avis sur le texte mais il a mis en garde les etats contre une tentation de rejet d’icila fin des pourparlers: “Si le désir d’avoir un accord parfait a pour conséquence de quitter Genève sans accord, le monde aura perdu la meilleure opportunité qu’il ait jamais eue pour affronter la pollution plastique à une échelle mondiale”, indique un bref communiqué transmis à l’AFP.

L’armée israélienne approuve le plan pour la prise de la ville de Gaza

L’armée israélienne a annoncé mercredi avoir “approuvé” le plan pour la prise de la ville de Gaza, la plus grande du territoire palestinien, dans le cadre d’une nouvelle phase de son offensive destinée à vaincre le Hamas et assurer la libération des otages. Des témoins ont signalé mercredi des frappes aériennes très intenses sur la ville ainsi que la présence de chars israéliens et de fortes explosions dans les quartiers de Tal al-Hawa et Zeitoun, où l’armée démolissait des maisons. Selon la Défense civile et des sources médicales, 75 Palestiniens, dont plusieurs enfants, ont été tués par des bombardements et des tirs israéliens, dont 34 qui attendaient de l’aide humanitaire, et cinq membres d’une même famille dans un bombardement aérien sur Khan Younès, dans le sud du territoire.Après 22 mois de guerre, Israël entend prendre le contrôle de la ville septentrionale de Gaza et de camps de réfugiés voisins, l’une des zones les plus densément peuplées de la bande de Gaza, afin d’y démanteler ce qu’il présente comme les derniers bastions du Hamas.Le mouvement islamiste palestinien a dénoncé mercredi “des incursions agressives dans la ville de Gaza” et une “escalade dangereuse de la part d’Israël”.Sur ordre du cabinet militaire du Premier ministre Benjamin Netanyahu, l’armée, qui exerce actuellement son contrôle sur les trois-quarts du territoire, se prépare à lancer cette nouvelle phase de ses opérations afin de libérer tous les otages israéliens retenus à Gaza et y “vaincre” le Hamas, selon ses objectifs affichés.Le chef d’état-major, le lieutenant-général Eyal Zamir, “a approuvé le cadre principal du plan opérationnel de l’armée dans la bande de Gaza”, a annoncé mercredi l’armée sans qu’aucun calendrier n’ait été donné.Dans les rues de Gaza-ville, des familles palestiniennes fuyaient à nouveau, bagages et matelas entassés sur des vélos ou des charrettes. – “Les chars avancent” -“Depuis plusieurs jours, des chars avancent (…) dans la partie sud-est du quartier de Zeitoun, en détruisant des maisons. Des chars avancent également dans la partie sud de Tal al-Hawa”, a raconté à l’AFP Abou Ahmed Abbas, un homme de 46 ans dont la maison a été détruite à Tal al-Hawa.”Les frappes sont extrêmement intenses. Elles se sont intensifiées et il y a aussi des tirs d’artillerie depuis dimanche”, a-t-il ajouté.”Les explosions sont massives, il y a beaucoup de frappes aériennes (…) les chars sont toujours là et j’ai vu des dizaines de civils fuir” vers l’ouest de la ville, a aussi témoigné Fatoum, une femme de 51 ans qui vit avec son mari et sa fille sous une tente à Tal al-Hawa. Les préparatifs israéliens coïncident avec l’annonce par le Hamas qu’une délégation du mouvement est arrivée au Caire pour des “entretiens préliminaires” avec des responsables égyptiens sur une nouvelle trêve.L’Egypte avait annoncé mardi travailler avec le Qatar et les Etats-Unis en vue d’un cessez-le-feu de 60 jours dans la bande de Gaza, où la guerre a été déclenchée le 7 octobre 2023 par l’attaque sanglante du Hamas sur le sol israélien.Benjamin Netanyahu avait affirmé dimanche que le plan israélien “ne visait pas à occuper Gaza, mais à la démilitariser”.Il avait énuméré les objectifs d’Israël: “Premièrement, désarmer le Hamas. Deuxièmement, tous les otages sont libérés. Troisièmement, Gaza est démilitarisée. Quatrièmement, Israël exerce un contrôle de sécurité prépondérant. Et cinquièmement, une administration civile pacifique non israélienne”.- “Capitulation” -Le Premier ministre fait face à une très forte pression de son opinion publique qui s’émeut du sort des 49 otages encore retenus à Gaza, dont 27 sont morts selon l’armée, pendant qu’à l’étranger, les appels se multiplient pour mettre fin aux souffrances des plus de deux millions d’habitants du territoire assiégé, menacés d’une “famine généralisée” selon l’ONU.L’attaque du Hamas a entraîné du côté israélien la mort de 1.219 personnes, en majorité des civils, selon un décompte de l’AFP établi à partir de données officielles.Les représailles israéliennes à Gaza ont fait 61.722 morts, majoritairement des civils, selon les données du ministère de la Santé du Hamas, jugées fiables par l’ONU.Mercredi soir, le Premier ministre Netanyahu a commenté les appels récurrents à mettre fin à la guerre par d’anciens responsables de l’appareil sécuritaire israélien: “j’ai beaucoup d’estime pour eux mais ils ont oublié le sens du mot victoire (…) la solution politique qu’ils proposent est en fait une capitulation”.Le chef d’état-major a souligné “l’importance d’accroître la disponibilité et la préparation des troupes pour le recrutement de réservistes”, une question politique épineuse alors que les ultra-orthodoxes, qui représentent potentiellement des dizaines de milliers d’hommes, refusent la conscription.Dans un communiqué publié mercredi, le Hamas a appelé à “poursuivre la mobilisation massive contre l’agression, le génocide et la famine” à Gaza, avec des “journées de marche et de colère contre l’occupation et ses soutiens”, vendredi, samedi et dimanche devant “les ambassades sionistes et américaines” partout dans le monde.

Ukraine: Trump veut réunir Poutine et Zelensky après l’Alaska

Donald Trump a affirmé mercredi vouloir organiser une rencontre à trois entre Vladimir Poutine, Volodymyr Zelensky et lui-même “presque immédiatement” après le sommet en Alaska avec son homologue russe, afin de mettre un terme à la guerre en Ukraine.Le président américain s’est exprimé devant la presse à Washington à la suite de ce qu’il a qualifié de “très bon appel” avec des dirigeants européens, sur fond de progression rapide des forces russes en Ukraine.”Nous aurons rapidement une seconde rencontre entre le président Poutine, le président Zelensky et moi-même, s’ils veulent que je sois là”, a-t-il déclaré.Le président américain a cependant déclaré qu’il pourrait renoncer à organiser cette rencontre, en fonction de la teneur de son tête-à-tête avec Vladimir Poutine vendredi sur une base militaire américaine en Alaska.”Si je sens que ce n’est pas approprié de l’organiser car nous n’avons pas obtenu les réponses que nous devons obtenir, alors il n’y aura pas de seconde rencontre”, a-t-il affirmé.”Nous espérons que le thème central de la réunion” entre Donald Trump et Vladimir Poutine en Alaska sera “un cessez-le-feu immédiat”, a de son côté déclaré Volodymyr Zelensky.Le président ukrainien s’exprimait de Berlin, où il a été reçu par le chancelier allemand, Friedrich Merz, pour une visioconférence avec Donald Trump et les principaux dirigeants européens, ceux de l’UE et de l’Otan.Le Premier ministre britannique, Keir Starmer, a évoqué une chance “réelle” de cessez-le-feu, et ce “grâce au travail du président” américain.- Evacuations -Ces échanges ont eu lieu au lendemain de la plus grande progression en 24 heures des forces russes en territoire ukrainien depuis plus d’un an, selon l’analyse par l’AFP des données fournies par l’Institut américain pour l’étude de la guerre (ISW).Les troupes russes, dont l’avancée s’accélère, ont dit avoir conquis plus de 110 km2 supplémentaires au 12 août par rapport à la veille, ce qui n’était plus arrivé depuis fin mai 2024.Signe de la dégradation de la situation, l’Ukraine a ordonné mercredi l’évacuation de familles dans une dizaine de localités dans l’est, où les soldats russes ont rapidement gagné du terrain ces derniers jours.Au moins trois personnes ont été tuées dans des tirs d’artillerie et des raids de drones russes dans la région de Kherson (sud) tôt mercredi, d’après les autorités régionales.Pendant ce temps, l’activité diplomatique bat son plein depuis l’annonce du sommet à Anchorage, en Alaska, dont les Européens redoutent que l’issue ne soit défavorable à l’Ukraine, après trois ans et demi de conflit.L’Ukraine “doit être à la table” au cours des prochaines réunions, a réclamé Friedrich Merz, rappelant la position des Européens selon laquelle la “ligne de contact” (ligne de front) devait “être le point de départ” d’éventuelles négociations territoriales.La Russie réclame que l’Ukraine lui cède quatre régions partiellement occupées (Donetsk, Lougansk, Zaporijjia et Kherson), en plus de la Crimée annexée en 2014, et qu’elle renonce aux livraisons d’armes occidentales et à toute adhésion à l’Otan.- “Conséquences très graves” -Donald Trump a prédit “des échanges de territoires”, à un moment où les soldats russes occupent environ 20% de l’Ukraine.Mais il est aussi resté vague sur ses attentes vis-à-vis de Vladimir Poutine, disant vouloir “tâter le terrain” vendredi.Volodymyr Zelensky a lui exclu tout retrait de zones de l’est de l’Ukraine dans le cadre d’un accord de paix.Pour Friedrich Merz, l’Ukraine “est prête à discuter de questions territoriales” mais pas d'”une reconnaissance légale” de l’occupation par la Russie de certaines parties de son territoire.”Les questions territoriales (…) ne seront négociées que par le président ukrainien”, a de son côté martelé Emmanuel Macron, pour qui “il n’y a pas aujourd’hui, de manière sérieuse, des schémas d’échanges territoriaux qui sont sur la table”.Selon le chef de l’Otan, Mark Rutte, “la balle est désormais dans le camp de Poutine”.Moscou de son côté a jugé “insignifiantes” ces consultations entre Américains et Européens.Devant la presse mercredi, Donald Trump a averti que la Russie ferait face à des “conséquences très graves” si elle n’acceptait pas de mettre fin à la guerre, sans pour autant rentrer dans les détails.Pour Volodymyr Zelensly, “des sanctions doivent être mises en place et renforcées si la Russie” refuse une trêve.A Kramatorsk, une ville de l’est de l’Ukraine située à environ 20 km du front, des militaires ukrainiens semblaient résignés face à l’émulation diplomatique.”Il y a déjà eu tellement de négociations entre les chefs d’Etat, mais rien ne change,” a déclaré à l’AFP Dmytro, 21 ans.

Ukraine: Trump veut réunir Poutine et Zelensky après l’Alaska

Donald Trump a affirmé mercredi vouloir organiser une rencontre à trois entre Vladimir Poutine, Volodymyr Zelensky et lui-même “presque immédiatement” après le sommet en Alaska avec son homologue russe, afin de mettre un terme à la guerre en Ukraine.Le président américain s’est exprimé devant la presse à Washington à la suite de ce qu’il a qualifié de “très bon appel” avec des dirigeants européens, sur fond de progression rapide des forces russes en Ukraine.”Nous aurons rapidement une seconde rencontre entre le président Poutine, le président Zelensky et moi-même, s’ils veulent que je sois là”, a-t-il déclaré.Le président américain a cependant déclaré qu’il pourrait renoncer à organiser cette rencontre, en fonction de la teneur de son tête-à-tête avec Vladimir Poutine vendredi sur une base militaire américaine en Alaska.”Si je sens que ce n’est pas approprié de l’organiser car nous n’avons pas obtenu les réponses que nous devons obtenir, alors il n’y aura pas de seconde rencontre”, a-t-il affirmé.”Nous espérons que le thème central de la réunion” entre Donald Trump et Vladimir Poutine en Alaska sera “un cessez-le-feu immédiat”, a de son côté déclaré Volodymyr Zelensky.Le président ukrainien s’exprimait de Berlin, où il a été reçu par le chancelier allemand, Friedrich Merz, pour une visioconférence avec Donald Trump et les principaux dirigeants européens, ceux de l’UE et de l’Otan.Le Premier ministre britannique, Keir Starmer, a évoqué une chance “réelle” de cessez-le-feu, et ce “grâce au travail du président” américain.- Evacuations -Ces échanges ont eu lieu au lendemain de la plus grande progression en 24 heures des forces russes en territoire ukrainien depuis plus d’un an, selon l’analyse par l’AFP des données fournies par l’Institut américain pour l’étude de la guerre (ISW).Les troupes russes, dont l’avancée s’accélère, ont dit avoir conquis plus de 110 km2 supplémentaires au 12 août par rapport à la veille, ce qui n’était plus arrivé depuis fin mai 2024.Signe de la dégradation de la situation, l’Ukraine a ordonné mercredi l’évacuation de familles dans une dizaine de localités dans l’est, où les soldats russes ont rapidement gagné du terrain ces derniers jours.Au moins trois personnes ont été tuées dans des tirs d’artillerie et des raids de drones russes dans la région de Kherson (sud) tôt mercredi, d’après les autorités régionales.Pendant ce temps, l’activité diplomatique bat son plein depuis l’annonce du sommet à Anchorage, en Alaska, dont les Européens redoutent que l’issue ne soit défavorable à l’Ukraine, après trois ans et demi de conflit.L’Ukraine “doit être à la table” au cours des prochaines réunions, a réclamé Friedrich Merz, rappelant la position des Européens selon laquelle la “ligne de contact” (ligne de front) devait “être le point de départ” d’éventuelles négociations territoriales.La Russie réclame que l’Ukraine lui cède quatre régions partiellement occupées (Donetsk, Lougansk, Zaporijjia et Kherson), en plus de la Crimée annexée en 2014, et qu’elle renonce aux livraisons d’armes occidentales et à toute adhésion à l’Otan.- “Conséquences très graves” -Donald Trump a prédit “des échanges de territoires”, à un moment où les soldats russes occupent environ 20% de l’Ukraine.Mais il est aussi resté vague sur ses attentes vis-à-vis de Vladimir Poutine, disant vouloir “tâter le terrain” vendredi.Volodymyr Zelensky a lui exclu tout retrait de zones de l’est de l’Ukraine dans le cadre d’un accord de paix.Pour Friedrich Merz, l’Ukraine “est prête à discuter de questions territoriales” mais pas d'”une reconnaissance légale” de l’occupation par la Russie de certaines parties de son territoire.”Les questions territoriales (…) ne seront négociées que par le président ukrainien”, a de son côté martelé Emmanuel Macron, pour qui “il n’y a pas aujourd’hui, de manière sérieuse, des schémas d’échanges territoriaux qui sont sur la table”.Selon le chef de l’Otan, Mark Rutte, “la balle est désormais dans le camp de Poutine”.Moscou de son côté a jugé “insignifiantes” ces consultations entre Américains et Européens.Devant la presse mercredi, Donald Trump a averti que la Russie ferait face à des “conséquences très graves” si elle n’acceptait pas de mettre fin à la guerre, sans pour autant rentrer dans les détails.Pour Volodymyr Zelensly, “des sanctions doivent être mises en place et renforcées si la Russie” refuse une trêve.A Kramatorsk, une ville de l’est de l’Ukraine située à environ 20 km du front, des militaires ukrainiens semblaient résignés face à l’émulation diplomatique.”Il y a déjà eu tellement de négociations entre les chefs d’Etat, mais rien ne change,” a déclaré à l’AFP Dmytro, 21 ans.

Canicule: chaleur intense sur le Centre-Est, des orages attendus sur le Sud-Ouest

La vigilance maximale reste de mise mercredi pour l’Aude et quatre départements de la vallée du Rhône accablés par une vague de chaleur, s’accompagnant d’orages dans l’après-midi de Midi-Pyrénées à l’ouest de la Bourgogne, en passant par le centre du pays.Comme les jours précédents, de nouvelles températures record ont été enregistrées: 41,7 °C à Châteaumeillant (Cher); 39,8 °C à Nevers (Nièvre) ou encore 39,7 °C à St Michel de Maurienne (Savoie), à 698 m d’altitude, selon Météo France.De fortes rafales de vent de 80 à 100 km/h, localement 110 km/h, chutes de grêle “petite à localement moyenne”, pluies brèves et intenses, et une activité électrique importante, sont attendues en fin de journée. De fortes pluies ont ainsi commencé à s’abattre sur la Haute-Garonne peu avant 19H00.Des orages sont aussi prévus sur le relief des Alpes du Sud, avant de se diriger vers les plaines, “associés à de fortes intensités pluvieuses, localement entre 50 et 70 mm en peu de temps, et de la grêle pouvant être d’un diamètre assez gros”. Au total, 12 départements sont en vigilance orange pour les orages jusqu’à mercredi soir.Ces pluies et vents pourraient aider à faire reculer un peu les températures, qui s’emballent à nouveau dans les départements en rouge et alentours avec 40°C atteints en Bourgogne et Auvergne. Et la nuit s’annonce encore “chaude sur tout l’est du pays et le pourtour méditerranéen, avec des valeurs souvent supérieures à 20°C”, selon Météo France.- “Plus meurtrier que le froid” -La Rhône, Drôme, Ardèche, Isère et Aude resteront en vigilance rouge jusqu’à jeudi 06H00, avant de redescendre en orange, répit relatif dans l’Hexagone qui restera soumis à un temps très chaud, avec une vigilance orange pour les trois-quarts du pays.À Lyon, le parc Blandan restera ouvert pour une deuxième nuit consécutive, offrant un dispositif sécurisé à ceux qui espèrent un peu plus de fraîcheur à la belle étoile que dans un logement en surchauffe.Pour ceux qui n’ont d’autre choix que celui de la rue, la chaleur est aussi difficile à supporter. “On a rencontré des personnes très chaudement vêtues, ou avec des duvets, alors qu’il fait 35 degrés. Eux, ils ne ressentent pas cette chaleur, donc il y a un gros risque de déshydratation”, explique Céline Levesque à l’occasion d’une maraude sociale à Nogent-sur-Marne (Val-de-Marne). La directrice-adjointe de la filière de lutte contre les exclusions de la Croix-Rouge, et responsable SIAO 94 – Samu Social 94, souligne: “l’été peut être plus meurtrier que le froid”. Une panne électrique due à un problème technique non lié à la chaleur sur un train Trenitalia a par ailleurs provoqué une interruption totale du trafic en gare de Lyon Part-Dieu mercredi en fin d’après-midi, affectant de nombreux passagers. Une “reprise progressive” du trafic est actuellement en cours mais des “perturbations” demeurent autour de Lyon, a indiqué la SNCF TER AURA sur X.- “Plus chaud” qu’avant -Des alertes rouge canicule ont aussi été déclenchées en Italie, Portugal, en Grèce dans les Balkans ou encore en Espagne, où plusieurs dizaines d’incendies sont actifs. “Ces températures très élevées résultent de la masse d’air très chaude, mais également de l’influence du changement climatique”, explique Lauriane Batté, climatologue à Météo-France, ce qui donne un air “plus chaud” en moyenne qu’il y a “quelques décennies”.Des températures égales ou supérieures à 40°C ont été enregistrées plus de 1.800 fois au cours des dix dernières années en France contre moins de 40 fois dans les années 1990, selon les données des stations météo analysées par l’AFP.Plusieurs épisodes de pollution à l’ozone sont signalés, notamment en Ile-de-France, accentuant les risques sanitaires. Des restrictions liées à la sécheresse ont également été prises dans certains départements comme le Puy-de-Dôme.La France subit depuis vendredi sa 51e vague de chaleur depuis 1947 et sa deuxième de l’été 2025. Selon Météo-France, elle devrait se poursuivre en fin de semaine avec “un nouveau pic caniculaire attendu pour le weekend du 15 août”.

Pollution plastique: en Asie, une marée sans fin

Kulsum Beghum, 55 ans, trie les déchets sur une décharge de Dacca au Bangladesh. Son sang présente un taux très élevé de 650 microplastiques par mililitre, selon une analyse financée par le syndicat des récupérateurs de déchets.”Le plastique n’est pas bon pour moi”, dit-elle à l’AFP via un traducteur, au cours d’un entretien à Genève, en marge des négociations destinées à écrire le premier traité plastique international, où elle est venue témoigner de ses conditions de travail aux côtés des représentants de 184 pays.”Ca a commencé il y a 30 ans” à Dacca, dit cette femme de 55 ans, soutenue par son syndicat. Au début “le plastique c’était pour l’huile de friture et les sodas”, puis sont venus “les sacs de courses” qui ont remplacé les traditionnels sacs en jute. “On était attiré par le plastique, c’était tellement beau!”. Aujourd’hui, dans un pays parmi les plus fragiles économiquement de la planète, le plastique envahit tout, il tapisse les rues et les plages, obstrue les canalisations. Alamgir Hossain, membre d’une association affiliée à l’alliance internationale des ramasseurs de déchets, montre des photos sur son téléphone. Mme Beghum, elle, voudrait surtout que les plastiques non recyclables soient interdits, car elle ne peut pas les revendre, ceux-ci n’ayant aucune valeur marchande.- “Personne ne les ramasse” -Même remarque chez l’Indienne Indumathi (qui ne donne pas de nom de famille), venue de Bangalore en Inde, également pour témoigner: 60% des déchets plastique qui arrivent dans le centre de tri qu’elle a créé “sont non recyclables” dit-elle à l’AFP. Ce sont par exemple des sacs de chips mêlant aluminium et plastique, ou d’autres produits utilisant du plastique “multicouche”.”Personne ne les ramasse dans les rues et il y en a beaucoup”, dit-elle.Analyse de terrain confirmée par les scientifiques présents aux négociations de l’ONU à Genève. “Les sachets en plastique multicouche sont une catastrophe pour l’environnement, ils ne peuvent pas être recyclés”, souligne Stephanie Reynaud, chercheuse en chimie des polymères au CNRS à Pau en France.Indamathi analyse aussi à sa façon les échecs de certaines politiques publiques: Après l’interdiction des sacs à usage unique en 2014, elle a vu arriver les +lunchboxes+ en polypropylène noir ou transparent, à usage unique aussi. “On en voit de plus en plus dans les rues ou dans les décharges. Elles ont remplacé les sacs de courses”, dit-elle.Selon un récent rapport de l’OCDE portant sur le plastique en Asie du sud-est, des “politiques publiques plus ambitieuses pourraient faire baisser les rejets de plus de 95% d’ici à 2050” dans ces pays où la consommation de plastiques a été multipliée par neuf depuis 1990 à 152 millions de tonnes en 2022.Mais pour les militants de l’environnement, la tâche est rude devant cet océan de plastique.- “Nouveau colonialisme” – “Ce n’est pas la demande du consommateur” qui en est la cause, estime Seema Prabhu de l’ONG Trash Heroes basée en Suisse, et travaillant principalement dans les pays d’Asie du sud-est. “Le marché a été inondé” d’objets en plastique à usage unique qui remplacent des objets traditionnels en Asie comme les emballages en feuille de bananier en Thaïlande ou en Indonésie, ou encore les +lunch box+ en métal consignées en Inde. “C’est un nouveau colonialisme qui érode les cultures traditionnelles”, dit-elle à l’AFP.Selon elle, plus d’emplois pourraient être créés “dans une économie de la réutilisation que dans une économie de l’usage unique”. Les “sachets” (même en anglais, c’est le mot français qui est utilisé), pour les shampoings, les lessives ou les sauces, sont “une plaie”, ce sont “les plus petits objets plastiques dont l’industrie nous a intoxiqués”, dénonce Yuyun Ismawati Drwiega, indonésienne, qui copréside l’ONG internationale IPEN (International pollutents elimination network).”Ils sont faciles à transporter, faciles à obtenir, chaque kiosque en vend”, dit-elle. En Indonésie, des centres de collecte et de tri spécialisés dans les sachets ont vu le jour puis ont été fermés. Et ils s’accumulent.A Bali, où elle réside, elle organise des visites guidées qu’elle a surnommées “la belle et la bête”. La beauté ce sont les plages et les hôtels de luxe, la bête c’est l’arrière, les usines de tofu qui utilisent des briquettes de plastique comme combustible ou les déchetteries.