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“Dôme d’or”: le projet de bouclier antimissiles de Trump face à de nombreux défis

Le projet de Donald Trump de construire un vaste bouclier antimissiles baptisé “Dôme d’or” fait face à de nombreux défis et pourrait s’avérer beaucoup plus coûteux que prévu par le président américain.Le locataire de la Maison Blanche veut doter les Etats-Unis d’un système de défense efficace contre un large éventail d’armes ennemies, des missiles balistiques intercontinentaux aux missiles hypersoniques ou de croisière, en passant par les drones.Il souhaite que ce système soit opérationnel d’ici la fin de son mandat.Mais, quatre mois après que le président a ordonné au Pentagone de plancher sur ce projet, peu de détails ont émergé.”Les principaux défis seront le coût, l’industrie de défense et la volonté politique. Ils peuvent tous être surmontés, mais il faudra se concentrer et établir des priorités”, juge Melanie Marlowe, du Centre d’études stratégiques et internationales.”La Maison Blanche et le Congrès vont devoir se mettre d’accord sur les montants à dépenser et sur l’origine des fonds”, ajoute-t-elle, soulignant que “notre industrie de défense s’est atrophiée”, bien que “nous ayons commencé à la relancer”.”Il y a beaucoup de progrès à faire sur les capteurs, les intercepteurs et d’autres composants du projet”, affirme-t-elle notamment.Donald Trump a précisé mardi que le “Dôme d’or” coûterait environ 175 milliards de dollars au total.Un montant qui semble très inférieur au prix réel d’un tel système.”Ce n’est pas réaliste”, tranche Thomas Roberts, professeur assistant en affaires internationales et en ingénierie aérospatiale au Georgia Institute of Technology.”Le problème avec les déclarations d’hier (mardi), c’est qu’il manque les détails qui permettraient d’élaborer un modèle de ce à quoi ressemblerait réellement cette constellation”, observe-t-il.- Menaces croissantes -Selon une agence du Congrès américain sans affiliation partisane, le coût estimé d’un système d’interception basé dans l’espace pour contrer un nombre limité de missiles balistiques intercontinentaux est compris entre 161 milliards de dollars et 542 milliards sur 20 ans.Le dispositif envisagé par Donald Trump pourrait toutefois nécessiter une capacité en termes d’intercepteurs spatiaux “plus importante que les systèmes examinés dans les études précédentes”, a souligné cette agence, précisant que “la quantification de ces récents changements demandera une analyse approfondie”.Le “Dôme d’or” s’inspire du “Dôme de fer” israélien, conçu pour protéger le pays des attaques de courte portée menées par missiles et roquettes mais aussi par drones, et non pas pour intercepter des missiles à portée intercontinentale susceptibles de frapper les États-Unis.En 2022, la dernière évaluation de l’armée américaine dans le domaine des missiles (Missile Defense Review) faisait état de menaces croissantes de la Russie et de la Chine.Pékin se rapproche de Washington en matière de missiles balistiques et hypersoniques, tandis que Moscou modernise ses systèmes de missiles de portée intercontinentale et améliore ses missiles de précision, selon ce document.Il affirme également que la menace des drones – qui jouent un rôle clé dans la guerre en Ukraine – est susceptible de s’accroître et met en garde contre le danger des missiles balistiques de la Corée du Nord et de l’Iran, ainsi que des menaces de roquettes et de missiles provenant d’acteurs non étatiques.Or contrer toutes ces menaces est une entreprise de grande envergure, et plusieurs problèmes devront être résolus pour qu’un tel système puisse être mis en place.”Les menaces sont clairement de pire en pire”, affirme Chad Ohlandt, expert au sein de RAND Corporation, un institut de recherche. “La question est de savoir comment les contrer de la manière la plus rentable possible”.”Les questions quant à la faisabilité dépendent de l’endroit où l’on place la barre. Se défendre contre combien de menaces? De quelle nature? Plus on place la barre haut, plus cela coûte cher”, ajoute-t-il.”Un certain nombre d’étapes bureaucratiques, politiques et scientifiques devront être franchies si l’on veut que le Dôme d’or entre un jour en service avec une capacité significative”, souligne Thomas Withington, chercheur associé au Royal United Services Institute. “C’est une entreprise incroyablement coûteuse, même pour le budget américain de la défense. On parle d’une somme d’argent considérable”, insiste-t-il. “Je ne mettrais pas ma main à couper que l’on verra ce système un jour.”

Des villageois promettent de s’opposer “jusqu’au bout” à un barrage pour le canal de Panama

Magdalena Martinez a vécu toute sa vie au bord de la rivière Indio, mais un barrage prévu pour protéger le canal de Panama de la sécheresse menace désormais d’engloutir sa maison. Cette femme de 49 ans fait partie des centaines d’habitants opposés à un nouveau réservoir qui doit alimenter en eau douce la cette voie navigable interocéanique, au cœur de tensions diplomatiques avec les États-Unis. “Je me sens mal face à cette menace”, déclare Mme Martinez dans la maison en bois au toit de tôle où elle vit avec son mari et cinq de ses treize enfants. “Nous ne savons pas où nous irons”, confie-t-elle à l’AFP. Toute sa famille est née à Boca de Uracillo, un hameau entouré de collines verdoyantes, dont les quelque 200 habitants vivent de l’élevage et de la culture, de manioc et de maïs notamment.Les villageois se disent déterminés à empêcher que leurs maisons soient sacrifiées pour aider l’industrie mondiale du transport maritime, qui pèse des milliards de dollars. “Il faut se battre jusqu’au bout”, lance Yturbide Sanchez, 44 ans. La semaine dernière, des centaines d’habitants de cette zone, brandissant des drapeaux, ont navigué sur la rivière Indio en barques à moteur pour protester contre le projet de barrage, qui obligerait des milliers de familles à déménager. “Nous ne voulons pas qu’ils nous prennent l’eau de la rivière, nous en avons besoin”, a déclaré à l’AFP Ariel Troya. “Si le projet avance, il nous privera de futur”, estime le cultivateur de 48 ans.- “L’eau du futur” -L’Autorité du canal de Panama (ACP), organisme public autonome qui exploite le canal de 80 km de long reliant les océans Atlantique et Pacifique, a décidé d’y construire un réservoir pour faire face à des sécheresses sévères, comme celle de 2023 ayant entraîné une réduction drastique du trafic maritime. Or, le Panama tire des recettes provenant du transit des navires et des prestations de services.Inauguré il y a plus d’un siècle, le canal de Panama dépend en effet de l’eau de pluie, autrefois abondante, stockée dans deux lacs artificiels qui fournissent également de l’eau potable.Le canal possède un système d’écluses pour hisser ou abaisser les navires jusqu’à 26 mètres au-dessus du niveau de la mer. Le passage d’un navire nécessite près de 200 millions de litres d’eau douce.Le nouveau réservoir voulu par l’Autorité, couvrant environ 4.600 hectares, alimenterait un des lacs existants via un tunnel de neuf kilomètres.Le projet “répond à un besoin identifié depuis longtemps : c’est l’eau du futur”, a déclaré à l’AFP Karina Vergara, responsable environnement et social à l’ACP. Les travaux devraient commencer en 2027 et s’achever en 2032, pour un investissement d’environ 1,6 milliard de dollars. Sur ce montant, 400 millions sont prévus pour indemniser et reloger environ 2.500 personnes de plusieurs villages. “Nous avons pris un engagement ferme de dialogue et de recherche d’accords” avec les personnes affectées, affirme Mme Vergara. Mais si le réservoir n’est pas construit, “on le regrettera dans 15 ans”, assure-t-elle.- “Donner nos vies” -Plusieurs représentants de la société civile affirment qu’au total, environ 12.000 personnes pourraient être affectées par le projet, soutenu par le président panaméen Jose Raul Mulino, puisqu’il toucherait l’ensemble du bassin de la rivière Indio. Long de 80 kilomètres, le canal de Panama représente 6% du commerce maritime mondial et constitue le moteur de l’économie du pays. Il se retrouve au centre d’un bras de fer diplomatique en raison des multiples menaces du président américain Donald Trump de “reprendre” le canal, restitué par les Etats-Unis au Panama en 1999, en raison d’une supposée influence chinoise.Dans le village de Limon, proche de Boca de Uracillo, les habitants refusent aussi d’abandonner leurs maisons. “Nous ne partirons pas. Ils devront nous faire partir par la force”, affirme Maricel Sanchez, 25 ans, étudiante à l’université. Les villageois comptent sur leurs terres pour vivre pendant la retraite, explique Olegario Cedeño, agriculteur, dans sa maison où il vit avec sa femme et ses trois enfants, entourée de poules et de perroquets. “Nous donnerons notre vie pour ce combat”. 

En Floride, l’angoisse de réfugiés vénézuéliens désormais privés de protection

A Doral, près de Miami, Denis Caldeira se sent comme bloqué dans des “limbes” juridiques de l’administration Trump: celle-ci a décidé de retirer le statut particulier d’immigré protégé dont lui et des centaines de milliers d’autres Vénézuéliens bénéficiaient aux Etats-Unis.”Il faut que je sorte pour aller travailler. Je ne peux pas rester enfermé à la maison. Bien sûr j’ai peur, mais je ne peux rien y faire”, raconte cet employé d’une société d’import-export de 47 ans à la chevelure soignée.A “Doralzuela”, comme elle est surnommée, 40% des habitants sont originaires du Venezuela, dans ces rues proprettes typiques de la Floride (sud) sous le soleil et les palmiers, entre des magasins bio, des terrasses de cafés branchés et une statue de Simon Bolivar.S’il n’est pas officiellement considéré comme un titre de réfugié, le statut de protection temporaire (TPS) permet, pour des raisons humanitaires, aux ressortissants de certains pays en guerre ou traversant une crise extraordinaire de vivre et travailler aux Etats-Unis.Mais dans le cadre de la campagne anti-immigration spectaculaire de l’administration du président Donald Trump, la Cour suprême l’a autorisée lundi à révoquer ce TPS à quelque 350.000 Vénézuéliens, dont le pays dirigé par Nicolas Maduro est pourtant considéré par Washington comme une dictature hostile.Dans un restaurant populaire de Doral connu pour sa variété d’arepas, l’une des spécialités qui fait la fierté des Vénézuéliens, Denis Caldeira déplore que “depuis le début de son mandat, il y a eu une sorte de persécution contre les Vénézuéliens en particulier”.Une campagne que beaucoup, comme lui, ne comprennent pas. Sa victoire à la présidentielle avait été favorisée par la progression du vote de l’électorat latino en faveur de la droite emmenée par Donald Trump, selon les observateurs. – “Profonde contradiction” -La hausse de l’immigration clandestine et l’inflation galopante sous l’ancien gouvernement expliquent en partie cette nouvelle tendance au sein des communautés latinos bien installées aux Etats-Unis. Mais, en Floride, le vote républicain d’une grande partie de la communauté cubaine notamment reflète depuis longtemps sa défiance à l’égard du pouvoir communiste qu’elle a fui.Alors, les Américano-Vénézuéliens ayant voté pour Donald Trump l’ont fait “en pensant qu’il allait avoir une position bien plus dure contre le régime de Maduro, qu’il allait le faire éjecter du pouvoir, et pas qu’il allait faire éjecter des Vénézuéliens des Etats-Unis”, souligne José Antonio Colina, président d’une organisation d’exilés de pays d’Amérique latine.Selon lui, la politique de l’administration Trump reflète une “profonde contradiction” dans la mesure où les Etats-Unis considèrent le Venezuela comme un pays dangereux qui viole les droits humains. “Comment peut-on envoyer là-bas des milliers de personnes qui ont précisément fui la persécution politique?”, se demande le militant associatif.Dans une de ses allocutions télévisées, Nicolas Maduro s’est lui-même offusqué contre la fin d’un dispositif pourtant mis en place par défiance vis-à-vis de son pouvoir. “Immigrer n’est pas un crime, leur retirer le TPS en est un”, a-t-il dénoncé.- “Un avenir ici” -A 55 ans, Keyla Méndez continuera de bénéficier de son statut TPS jusqu’au mois d’août. Mais l’avenir l’angoisse.”Bien sûr qu’on a peur. On a construit une famille ici, on a avancé, on a créé des liens”, confie sous ses larges lunettes rouges cette employée d’un cabinet d’avocats. “Mes enfants étudient et veulent un avenir ici. Ils ont peur de repartir. On a quitté la situation très difficile que vit notre pays”.Le plus dur pour Keyla Méndez, à l’instar de beaucoup d’autres Vénézuéliens de Doral, est de s’imaginer quitter un pays qu’elle voyait comme un refuge mais aussi le lieu où elle a pu évoluer socialement.”On espérait que tout ce grand nettoyage allait viser les personnes qui le méritent, pas nous tous”, s’agace Oli García, patronne d’une imprimerie.”On a apporté tellement”, dit cette femme de 42 ans qui rêve de créer encore plus “d’entreprises” et avoir “une succursale”.”Mais maintenant je ne sais pas quoi faire”, confie-t-elle. “Je ne sais pas ce qui va se passer, si je vais vraiment arrêter d’avancer ici et finir par devoir m’en aller”.

Le Bureau des embuscades: quand aller à la Maison Blanche devient un test de sang froid

Il fut un temps où être invité à se rendre dans le Bureau ovale de la Maison Blanche était très convoité. Sous Donald Trump, c’est devenu un ticket d’entrée pour une possible embuscade politique impitoyable. Le président sud-africain Cyril Ramaphosa est la dernière victime en date d’une série qui a commencé avec une réunion explosive entre Donald Trump et son homologue ukrainien Volodymyr Zelensky en février. Le président américain a transformé ce qui n’était sous son prédécesseur Joe Biden qu’une simple occasion de photos diplomatiques en difficile épreuve jouée en direct à la télévision. Le spectacle est devenu familier: un dirigeant perché sur le bord de son fauteuil capitonné, devant la célèbre cheminée du Bureau ovale, attendant nerveusement le sort qui lui sera réservé. Le républicain de 78 ans jouera-t-il la carte du charme? Montrera-t-il les nouvelles dorures qu’il a fièrement installées dans l’antre de la présidence américaine? Défiera-t-il son invité sur les droits de douane, le commerce ou l’aide militaire américaine? Ou va-t-il purement et simplement lui rentrer dedans? Personne ne le sait avant d’arriver. Les dirigeants savent seulement que lorsque les caméras seront autorisées à pénétrer dans la pièce, ils seront sur la corde raide.La chaleur et l’espace confiné ajoutent à la tension alors que le milliardaire imprévisible tente de mettre son invité dans l’embarras et de prendre le dessus.Donald Trump a placé la barre haut lorsqu’il a reçu Volodymyr Zelensky le 28 février.- “Eteignez les lumières” -Les tensions liées au pivot soudain de Washington vers la Russie ont éclaté au grand jour lorsque le président américain, rouge de colère, a réprimandé vertement le dirigeant ukrainien, l’accusant de manquer de gratitude pour l’aide militaire américaine.Beaucoup se sont demandé s’il s’agissait d’une embuscade délibérée.Depuis, l’objectif des capitales étrangères est “d’éviter un Zelensky”. La visite du président sud-africain mercredi est celle qui a ressemblé le plus à une redite, et cette fois, elle était clairement planifiée.Il est arrivé avec les golfeurs sud-africains Ernie Els et Retief Goosen, dans l’espoir d’adoucir M. Trump, passionné de ce sport. Et contrecarrer ses accusations infondées d’un  “génocide” supposé commis contre les fermiers blancs en Afrique du Sud. Le visage du président sud-africain a trahi sa perplexité quand Donald Trump a demandé soudain qu’on “éteigne les lumières” et qu’on lance une vidéo. Sur les images, des hommes politiques sud-africains scandaient “Tuez l’agriculteur”. M. Ramaphosa, stupéfait, a regardé l’écran, puis M. Trump, et à nouveau l’écran.Mais à la différence du président ukrainien qui a argumenté face à un Donald Trump de plus en plus en colère, le chef de l’Etat sud-africain a gardé son calme. On ne lui a pas demandé de quitter la Maison Blanche à la différence du président ukrainien qui a raté le repas. D’autres dirigeants sont arrivés fin prêts. Certains sont sortis pratiquement indemnes de l’épreuve, voire avec une certaine gloire. – “Les audiences, c’est de l’or”-Malgré sa nervosité palpable, le Premier ministre canadien Mark Carney a tenu bon quand  Donald Trump a réclamé que son pays devienne le 51e Etat américain, martelant qu’il n’avait “jamais été à vendre”. Le Premier ministre britannique Keir Starmer a convaincu M. Trump avec une lettre du roi Charles III, tandis que le président français Emmanuel Macron a repris son numéro de camaraderie diplomatique, gestes d’affection à l’appui. Les alliés idéologiques du moment sont les plus chanceux, comme le Salvadorien Nayib Bukele accueilli chaleureusement après avoir accepté d’accueillir des migrants dans une méga-prison.Mais certains ont été mis dans l’embarras. Si le Premier ministre israélien Benjamin Netanyahu a reçu un accueil digne du premier invité étranger du second mandat de Donald Trump, il en a été tout autrement à son retour en avril. Les caméras n’ont pas manqué sa mine stupéfaite lorsque le président américain a annoncé des négociations directes avec l’Iran. Une sorte de télé-réalité, pour un président issu du monde des médias. Après la passe d’armes avec Volodymyr Zelensky, il s’était félicité d’un “grand moment de télévision”.L’un de ses conseillers a renchéri après la venue de M. Ramaphosa. “On est littéralement regardés dans le monde entier en ce moment même”, a lancé Jason Miller sur X. “Les audiences, c’est de l’or!”

Trump invite à dîner les acheteurs de sa cryptomonnaie, un mélange des genres jamais vu

Donald Trump reçoit à dîner jeudi les 220 plus gros détenteurs de sa cryptomonnaie, un événement à la croisée du pouvoir et de l’argent, scandaleux pour l’opposition démocrate, qui crie au conflit d’intérêt.Cette soirée, d’un genre inédit, avec blazer et cravate de rigueur, se tient au Trump National Golf Club, l’un des parcours de golf et country clubs du groupe familial, situé à Potomac Falls (Virginie), en grande banlieue de Washington.Pour en être, il fallait détenir, en moyenne entre fin avril et mi-mai, pour plus de 50.000 dollars de $TRUMP, le nom de cette devise numérique lancée quelques heures avant l’investiture de Donald Trump à la présidence des Etats-Unis.Certains, comme le milliardaire des cryptomonnaies Justin Sun, plus gros propriétaire de $TRUMP et l’un des rares invités à avoir officialisé publiquement sa présence, en ont même acquis pour plusieurs millions de dollars.”Y aura-t-il des bananes au dîner de demain?”, a-t-il écrit mercredi, sur X, en référence à l’installation de l’artiste Maurizio Cattelan qu’il a achetée aux enchères, fin novembre, pour 6,2 millions de dollars, avant de la manger. “Sinon, je peux en amener.”Sollicitée par l’AFP pour communiquer les noms des personnes présentes, la société organisatrice de l’événement et gestionnaire de la cryptomonnaie, Fight Fight Fight, n’a pas donné suite.Le système sur lequel s’appuient les monnaies numériques, la blockchain, garantit l’anonymat, contrairement au système financier traditionnel.Les 25 plus importants possesseurs auront droit, en plus du dîner, à une audience privée avec le chef d’Etat et une visite de la Maison Blanche.Le $TRUMP a été labellisé “meme coin”, classe de devises numériques à but purement spéculatif qui n’ont pas d’utilité transactionnelle et pas vocation de placement.Ses créateurs la présentent, eux, comme “l’expression du soutien et de l’engagement vis-à-vis des idéaux et des croyances” portés par Donald Trump.Une grande partie du milieu des cryptomonnaies a mal accueilli la commercialisation du $TRUMP, l’estimant de nature à ternir l’image de cette industrie.- “Il vend son influence” -Longtemps ouvertement hostile aux monnaies numériques, Donald Trump a fait volte-face durant sa dernière campagne et s’est même présenté en ardent défenseur du secteur, qui le lui a bien rendu en contribuant à sa réélection pour plus de 100 millions de dollars.Selon le cabinet spécialisé Chainalysis, les créateurs du $TRUMP ont empoché environ 320 millions de dollars de commissions depuis son introduction.Ils prévoient par ailleurs d’émettre, dans les trois ans, 800 millions d’exemplaires supplémentaires, tous contrôlés par Donald Trump et ses associés, ce qui représente, au cours actuel, une valeur marchande de plus de 11 milliards de dollars.”Il vend son influence et l’accès au gouvernement américain”, a fustigé mercredi le sénateur démocrate Jeff Merkley, qui doit participer à un rassemblement de protestation devant le lieu du dîner, jeudi. “C’est l’incarnation de la corruption.”De nombreux autres élus démocrates sont également vent debout, notamment le sénateur Mark Warner, pour qui la famille Trump utilise les cryptomonnaies “pour échapper à la supervision, masquer des affaires louches et faire du profit sur le dos des Américains”.Ils ont tenté de contrecarrer le vote, au Congrès, d’une loi sur les “stablecoins”, des devises numériques adossés à des monnaies traditionnelles, le plus souvent le dollar, au motif que le texte n’interdisait pas clairement au président d’en détenir.Une start-up lancée en septembre avec le soutien du clan Trump a créé, fin mars, son propre stablecoin, USD1, qui a déjà été utilisé par le fonds émirati MGX pour prendre une participation de deux milliards de dollars au capital de la plateforme d’échanges de cryptomonnaies Binance.$TRUMP ou USD1, “des gouvernements étrangers pourraient acheter ses cryptomonnaies, ce qui voudrait dire que Donald Trump viole la Constitution sans que le grand public ne le sache”, s’est alarmé mercredi le président de l’observatoire anticorruption CREW, Noah Bookbinder.Le document fondateur interdit ainsi théoriquement à un officiel américain d’accepter des fonds d’un gouvernement étranger sans accord préalable du Congrès.”Il est franchement ridicule (…) de suggérer que le président Trump fasse quoi que ce soit pour son intérêt personnel”, a martelé, il y a quelques jours, la porte-parole de la Maison Blanche, Karoline Leavitt, soutenant que le chef d’Etat respectait “toutes les lois relatives aux conflits d’intérêt”. 

Tollé après des tirs israéliens pendant une visite de diplomates en Cisjordanie

Plusieurs pays européens ainsi que l’UE, l’ONU, le Japon et le Canada ont exprimé de vives protestations après qu’Israël a effectué mercredi des tirs, que son armée a qualifiés de “semonce”, lors d’une visite de diplomates organisée par l’Autorité palestinienne en Cisjordanie occupée.Cet incident survient dans un contexte de pressions internationales accrues sur Israël pour sa conduite de la guerre à Gaza, au but affiché d’anéantir le Hamas. Les Européens, en particulier, avaient haussé le ton en début de semaine.L’Autorité palestinienne a accusé des soldats israéliens d’avoir ouvert le feu “à balles réelles” sur des diplomates étrangers participant à une visite organisée par ses soins à Jénine, zone au coeur d’une offensive militaire israélienne dans le nord de la Cisjordanie occupée.Selon l’agence de presse palestinienne Wafa, la délégation comprenait des diplomates de nombreux pays, notamment de France, du Royaume-Uni, d’Espagne, du Canada, de Russie, de Turquie, du Brésil, d’Inde, d’Egypte, du Chili et du Japon.Dernier en date, le gouvernement japonais a dit jeudi regretter “profondément qu’un tel incident se soit produit”, soulignant que “cela ne doit pas se reproduire”. “Le gouvernement japonais a protesté auprès de la partie israélienne et a demandé une explication”, a précisé un porte-parole.Le Premier ministre canadien, Mark Carney, a qualifié mercredi soir de “totalement inacceptables” cet incident. Quatre Canadiens faisaient partie de la délégation.”Nous attendons une explication immédiate sur ce qui s’est passé. C’est totalement inacceptable”, a-t-il déclaré, ajoutant que sa ministre des Affaires étrangères, Anita Anand, avait convoqué l’ambassadeur d’Israël à Ottawa pour exiger des réponses.Toute menace contre la vie de diplomates est “inacceptable”, a de son côté réagi à Bruxelles la cheffe de la diplomatie européenne Kaja Kallas. Une opinion partagée par le secrétaire général de l’ONU Antonio Guterres qui a réclamé une “enquête minutieuse” des autorités israéliennes.L’Allemagne, la Belgique, l’Espagne, l’Irlande, les Pays-Bas, la Roumanie, la Turquie, la Jordanie, l’Arabie saoudite et l’Egypte ont également condamné les tirs. Rome, Paris, Madrid et Lisbonne ont également l’intention de convoquer les ambassadeurs d’Israël ou à défaut le chargé d’affaires.En Amérique latine, l’Uruguay a convoqué mercredi l’ambassadrice d’Israël en Uruguay, Michal Hershkovitz, pour “clarifier les faits”, tandis que le Mexique a également annoncé qu’elle demanderait à Israël des “clarifications”.L’Autorité palestinienne a dénoncé pour sa part un “crime odieux commis par les forces d’occupation israéliennes”.L’armée israélienne a exprimé ses regrets dans un communiqué et expliqué que “la délégation s’est écartée de l’itinéraire approuvé et est entrée dans une zone où elle n’était pas autorisée à se trouver”. “Des soldats en opération dans la zone ont tiré des coups de semonce pour les éloigner”, a-t-elle ajouté.- “Cessez-le-feu temporaire” – Lors d’une conférence de presse en début de soirée, le Premier ministre Benjamin Netanyahu s’est dit prêt à accepter un “cessez-le-feu temporaire” permettant de libérer des otages, affirmant que 20 des 58 otages (dont un soldat tué en 2014) toujours à Gaza sont “en vie de façon certaine”.Israël a ensuite annoncé l’entrée mercredi à Gaza de 100 camions d’aide humanitaire de l’ONU, après 93 la veille et une dizaine lundi après plus de deux mois et demi de blocus total du territoire palestinien dévasté par la guerre.La défense civile de Gaza a pour sa part fait état de 19 personnes, “pour la plupart des enfants” tuées dans des raids aériens israéliens à travers le territoire “la nuit dernière et tôt” mercredi. L’attaque sans précédent du mouvement islamiste palestinien qui a déclenché la guerre le 7 octobre 2023 a entraîné la mort de 1.218 personnes côté israélien, en majorité des civils, selon un décompte de l’AFP à partir de données officielles.La campagne de représailles israéliennes a fait au moins 53.655 morts à Gaza, majoritairement des civils, selon des données du ministère de la Santé du Hamas, jugées fiables par l’ONU.

En Lituanie, l’armée allemande se déploie face à la menace russe

C’est un pas concret, et symbolique, pour une Allemagne qui veut se doter de l’armée “la plus puissante d’Europe”: une de ses brigades blindées entre en fonction jeudi en Lituanie, pour renforcer le front est de l’Otan face à la menace russe.Le chancelier Friedrich Merz et son ministre de la Défense Boris Pistorius se rendent pour l’occasion dans l’ex-république soviétique, indépendante depuis 1991.C’est la première fois, dans la période d’après-guerre, que l’armée allemande envoie une brigade complète de manière permanente à l’étranger.A Vilnius, les deux responsables allemands participeront à 14H00 (12H00 GMT) à l’appel solennel de la 45e brigade blindée, ou “Brigade Lituanie”, présente depuis début avril avec actuellement 400 soldats sur place.Objet d’un accord conclu en 2023 avec la Lituanie, cette “Panzerbrigade” doit voir ses rangs grossir pour compter environ 2.000 soldats d’ici mi-2026, puis 5.000 effectifs, dont 200 civils, d’ici 2027.Monté rapidement après le début de l’invasion de l’Ukraine, en février 2022, ce “projet phare” du gouvernement allemand est un marqueur de la remilitarisation du pays. “L’objectif est de sécuriser le flanc est de l’Otan contre la menace croissante que représente la Russie”, indique-t-on à Berlin.- Réarmement -Qu’il le fasse à une frontière russe – la Lituanie jouxte l’enclave de Kaliningrad -, dans une partie de l’Europe qui fut le théâtre d’exactions nazies, revêt une forte charge symbolique.Profondément pacifiste depuis la fin de la Seconde guerre mondiale, l’Allemagne a longtemps sous-financé sa défense, s’en remettant à la puissance américaine au sein de l’Otan.Après une première hausse sensible du budget de la Défense sous le mandat du chancelier Olaf Scholz, Friedrich Merz est allé encore plus loin en décidant de supprimer les limites d’endettement pour les dépenses militaires.Il dit vouloir doter l’Allemagne de “l’armée conventionnelle la plus puissante d’Europe”, bien que la Bundeswehr, qui espère porter ses effectifs à 203.000 soldats d’ici 2031, peine à recruter. A cette fin, le gouvernement entend s’aligner sur l’objectif discuté au sein de l’Otan – et souhaité par Donald Trump – de 5% du Produit intérieur brut (PIB) consacrés aux dépenses militaires et de sécurité. Selon Boris Pistorius, la part des dépenses de défense dans le PIB allemand (2,1% l’an dernier) devrait augmenter de 0,2 point de pourcentage par an sur une période de cinq à sept ans, pouvant ainsi atteindre un taux de 3,5% d’ici 2032.S’y ajouteraient 1,5% du PIB consacrés à des dépenses de sécurité plus larges, comme les infrastructures.- Incursions russes -Avec cette brigade en Lituanie, l’Allemagne assume vouloir contribuer “à la dissuasion à la frontière extérieure de l’Otan”, avait dit Boris Pistorius en janvier.Membres de l’Otan depuis 2004, la Lituanie et les deux autres pays baltes, la Lettonie et l’Estonie, craignent malgré ce statut d’être les prochaines cibles de Vladimir Poutine.Selon l’hebdomadaire Spiegel, début mai, un avion espion russe a été repéré dans l’espace aérien du Bélarus voisin pendant un exercice militaire de l’Otan, auquel l’armée allemande participait.Quelques jours plus tôt, un autre exercice en Lituanie, impliquant des hélicoptères allemands, aurait été espionné à l’aide d’un drone.La 45e brigade blindée “est dans le viseur des services de renseignement russes”, écrit le Spiegel, disant se baser sur une mise en garde du contre-espionnage militaire allemand.Jeudi, l’Estonie a évoqué une incursion récente d’un avion de chasse russe dans son espace aérien.Ces signalements se sont multipliés ces derniers mois dans la région de la mer Baltique, où se joue une grande partie de la “guerre hybride” que les pays occidentaux accusent la Russie de mener contre leurs intérêts.En mars, la Pologne et les trois pays baltes ont fait un nouveau pas vers un retrait de la convention internationale interdisant les mines antipersonnel, en invoquant la nécessité de renforcer leurs défenses face à la menace russe.Alarmistes face aux ingérences de Moscou en Allemagne et en Europe, les services secrets allemands ont récemment estimé que la Russie sera “probablement” en mesure “de mener une attaque contre l’Otan dès la fin de cette décennie”.

En Lituanie, l’armée allemande se déploie face à la menace russe

C’est un pas concret, et symbolique, pour une Allemagne qui veut se doter de l’armée “la plus puissante d’Europe”: une de ses brigades blindées entre en fonction jeudi en Lituanie, pour renforcer le front est de l’Otan face à la menace russe.Le chancelier Friedrich Merz et son ministre de la Défense Boris Pistorius se rendent pour l’occasion dans l’ex-république soviétique, indépendante depuis 1991.C’est la première fois, dans la période d’après-guerre, que l’armée allemande envoie une brigade complète de manière permanente à l’étranger.A Vilnius, les deux responsables allemands participeront à 14H00 (12H00 GMT) à l’appel solennel de la 45e brigade blindée, ou “Brigade Lituanie”, présente depuis début avril avec actuellement 400 soldats sur place.Objet d’un accord conclu en 2023 avec la Lituanie, cette “Panzerbrigade” doit voir ses rangs grossir pour compter environ 2.000 soldats d’ici mi-2026, puis 5.000 effectifs, dont 200 civils, d’ici 2027.Monté rapidement après le début de l’invasion de l’Ukraine, en février 2022, ce “projet phare” du gouvernement allemand est un marqueur de la remilitarisation du pays. “L’objectif est de sécuriser le flanc est de l’Otan contre la menace croissante que représente la Russie”, indique-t-on à Berlin.- Réarmement -Qu’il le fasse à une frontière russe – la Lituanie jouxte l’enclave de Kaliningrad -, dans une partie de l’Europe qui fut le théâtre d’exactions nazies, revêt une forte charge symbolique.Profondément pacifiste depuis la fin de la Seconde guerre mondiale, l’Allemagne a longtemps sous-financé sa défense, s’en remettant à la puissance américaine au sein de l’Otan.Après une première hausse sensible du budget de la Défense sous le mandat du chancelier Olaf Scholz, Friedrich Merz est allé encore plus loin en décidant de supprimer les limites d’endettement pour les dépenses militaires.Il dit vouloir doter l’Allemagne de “l’armée conventionnelle la plus puissante d’Europe”, bien que la Bundeswehr, qui espère porter ses effectifs à 203.000 soldats d’ici 2031, peine à recruter. A cette fin, le gouvernement entend s’aligner sur l’objectif discuté au sein de l’Otan – et souhaité par Donald Trump – de 5% du Produit intérieur brut (PIB) consacrés aux dépenses militaires et de sécurité. Selon Boris Pistorius, la part des dépenses de défense dans le PIB allemand (2,1% l’an dernier) devrait augmenter de 0,2 point de pourcentage par an sur une période de cinq à sept ans, pouvant ainsi atteindre un taux de 3,5% d’ici 2032.S’y ajouteraient 1,5% du PIB consacrés à des dépenses de sécurité plus larges, comme les infrastructures.- Incursions russes -Avec cette brigade en Lituanie, l’Allemagne assume vouloir contribuer “à la dissuasion à la frontière extérieure de l’Otan”, avait dit Boris Pistorius en janvier.Membres de l’Otan depuis 2004, la Lituanie et les deux autres pays baltes, la Lettonie et l’Estonie, craignent malgré ce statut d’être les prochaines cibles de Vladimir Poutine.Selon l’hebdomadaire Spiegel, début mai, un avion espion russe a été repéré dans l’espace aérien du Bélarus voisin pendant un exercice militaire de l’Otan, auquel l’armée allemande participait.Quelques jours plus tôt, un autre exercice en Lituanie, impliquant des hélicoptères allemands, aurait été espionné à l’aide d’un drone.La 45e brigade blindée “est dans le viseur des services de renseignement russes”, écrit le Spiegel, disant se baser sur une mise en garde du contre-espionnage militaire allemand.Jeudi, l’Estonie a évoqué une incursion récente d’un avion de chasse russe dans son espace aérien.Ces signalements se sont multipliés ces derniers mois dans la région de la mer Baltique, où se joue une grande partie de la “guerre hybride” que les pays occidentaux accusent la Russie de mener contre leurs intérêts.En mars, la Pologne et les trois pays baltes ont fait un nouveau pas vers un retrait de la convention internationale interdisant les mines antipersonnel, en invoquant la nécessité de renforcer leurs défenses face à la menace russe.Alarmistes face aux ingérences de Moscou en Allemagne et en Europe, les services secrets allemands ont récemment estimé que la Russie sera “probablement” en mesure “de mener une attaque contre l’Otan dès la fin de cette décennie”.

L’ONU réceptionne de l’aide humanitaire à Gaza, une première depuis mars

L’ONU a annoncé dans la nuit de mercredi à jeudi avoir réceptionné et commencé à répartir de l’aide humanitaire à Gaza, après plus de deux mois et demi de blocus total, au moment où le Premier ministre israélien Benjamin Netanyahu s’est dit prêt à accepter un cessez-le-feu temporaire dans l’enclave palestinienne pour libérer des otages.Alors qu’Israël subit des pressions accrues sur la scène internationale pour sa conduite de la guerre à Gaza, où il impose un blocus total depuis début mars, le pouvoir israélien a annoncé cette semaine une reprise limitée de l’aide humanitaire.Mercredi, “les Nations unies ont collecté environ 90 chargements de camions au point de passage de Kerem Shalom et les ont expédiés à Gaza”, a annoncé dans un communiqué Stéphane Dujarric, porte-parole du secrétaire général de l’ONU.Le service de presse du gouvernement de Gaza, contrôlé par le Hamas, a confirmé que l’équivalent de 87 camions d’aide étaient entrés dans la bande de Gaza, dans un message publié dans la nuit sur Telegram.Israël avait annoncé l’entrée mercredi de 100 camions d’aide humanitaire de l’ONU à Gaza, chargés de farine, de nourriture pour bébés ou encore de matériel médical, après 93 camions la veille et une dizaine lundi. Mais aucune des cargaisons n’avait pu quitter la zone de transbordement de Kerem Shalom dans un premier temps.Les autorités israéliennes n’avaient autorisé les équipes onusiennes qu’à “passer par une zone très encombrée, que nous ne jugeons pas sûre et où des pillages étaient très susceptibles de se produire étant données les privations prolongées” des dernières semaines, avait expliqué plus tôt Stéphane Dujarric.Pour les Nations unies, le volume de l’aide est “une goutte d’eau dans l’océan” des besoins des Gazaouis: avant le déclenchement de la guerre, en représailles à l’attaque sans précédent du Hamas contre Israël le 7 octobre 2023, quelque 500 camions d’aide humanitaire entraient chaque jour à Gaza.- “Option de cessez-le-feu temporaire” -Après une trêve de deux mois, l’armée israélienne a repris son offensive le 18 mars à Gaza et s’est emparée de larges pans du territoire dévasté par la guerre. Le gouvernement Netanyahu a annoncé début mai un plan pour la “conquête” de Gaza, qu’Israël avait occupée de 1967 à 2005, nécessitant le déplacement interne de “la plupart” de ses 2,4 millions d’habitants.L’armée israélienne a lancé samedi une offensive d’envergure à Gaza, dans le but affiché de libérer les otages et d’anéantir le Hamas.Mais “s’il y a une option de cessez-le-feu temporaire, pour libérer des otages, nous serons prêts”, a déclaré Benjamin Netanyahu en conférence de presse, affirmant que 20 des 58 otages – dont un soldat tué en 2014 – toujours à Gaza étaient “en vie de façon certaine”.”Toute la bande de Gaza sera sous le contrôle de l’armée” israélienne à l’issue de l’offensive d’envergure lancée par Israël, a fait savoir le chef du gouvernement.En parallèle, mercredi, des tirs israéliens ont perturbé une visite de diplomates étrangers organisée par l’Autorité palestinienne à Jénine, en Cisjordanie, territoire occupé par Israël depuis 1967.Ces “coups de semonce”, tirés selon l’armée israélienne parce que la délégation s’était “écartée de l’itinéraire approuvé”, ont suscité un tollé international. M. Netanyahu n’a pas commenté les faits face à la presse.- “Pressions extérieures” -Mardi, le Royaume-Uni avait annoncé la suspension de ses négociations avec Israël sur un accord de libre-échange, et l’Union européenne a décidé un réexamen de son accord d’association avec Israël, soutenu par 17 Etats membres.”Les pressions extérieures ne détourneront pas Israël de sa voie pour défendre son existence et sa sécurité”, avaient réagi les Affaires étrangères israéliennes. Le ministère israélien avait jugé que le réexamen de l’accord d’association reflétait “une incompréhension totale de la réalité complexe à laquelle Israël” fait face et encourageait “le Hamas à rester sur ses positions”.L’attaque sans précédent du mouvement islamiste palestinien du 7 octobre 2023 a entraîné la mort de 1.218 personnes côté israélien, en majorité des civils, selon un décompte de l’AFP à partir de données officielles. 251 personnes avaient été enlevées.La campagne de représailles israéliennes a fait au moins 53.655 morts à Gaza, majoritairement des civils, selon des données du ministère de la Santé du Hamas, jugées fiables par l’ONU.L’armée israélienne a annoncé jeudi dans la nuit avoir intercepté un nouveau missile tiré depuis le Yémen, d’où les rebelles houthis visent régulièrement le territoire israélien. Soutenus par l’Iran, les Houthis affirment agir en solidarité avec les Palestiniens.Le ministère libanais de la Santé a pour sa part fait état mercredi de trois morts dans des frappes israéliennes sur le sud du pays, où Israël continue de cibler régulièrement le Hezbollah malgré un cessez-le-feu en vigueur depuis novembre.

L’ONU réceptionne de l’aide humanitaire à Gaza, une première depuis mars

L’ONU a annoncé dans la nuit de mercredi à jeudi avoir réceptionné et commencé à répartir de l’aide humanitaire à Gaza, après plus de deux mois et demi de blocus total, au moment où le Premier ministre israélien Benjamin Netanyahu s’est dit prêt à accepter un cessez-le-feu temporaire dans l’enclave palestinienne pour libérer des otages.Alors qu’Israël subit des pressions accrues sur la scène internationale pour sa conduite de la guerre à Gaza, où il impose un blocus total depuis début mars, le pouvoir israélien a annoncé cette semaine une reprise limitée de l’aide humanitaire.Mercredi, “les Nations unies ont collecté environ 90 chargements de camions au point de passage de Kerem Shalom et les ont expédiés à Gaza”, a annoncé dans un communiqué Stéphane Dujarric, porte-parole du secrétaire général de l’ONU.Le service de presse du gouvernement de Gaza, contrôlé par le Hamas, a confirmé que l’équivalent de 87 camions d’aide étaient entrés dans la bande de Gaza, dans un message publié dans la nuit sur Telegram.Israël avait annoncé l’entrée mercredi de 100 camions d’aide humanitaire de l’ONU à Gaza, chargés de farine, de nourriture pour bébés ou encore de matériel médical, après 93 camions la veille et une dizaine lundi. Mais aucune des cargaisons n’avait pu quitter la zone de transbordement de Kerem Shalom dans un premier temps.Les autorités israéliennes n’avaient autorisé les équipes onusiennes qu’à “passer par une zone très encombrée, que nous ne jugeons pas sûre et où des pillages étaient très susceptibles de se produire étant données les privations prolongées” des dernières semaines, avait expliqué plus tôt Stéphane Dujarric.Pour les Nations unies, le volume de l’aide est “une goutte d’eau dans l’océan” des besoins des Gazaouis: avant le déclenchement de la guerre, en représailles à l’attaque sans précédent du Hamas contre Israël le 7 octobre 2023, quelque 500 camions d’aide humanitaire entraient chaque jour à Gaza.- “Option de cessez-le-feu temporaire” -Après une trêve de deux mois, l’armée israélienne a repris son offensive le 18 mars à Gaza et s’est emparée de larges pans du territoire dévasté par la guerre. Le gouvernement Netanyahu a annoncé début mai un plan pour la “conquête” de Gaza, qu’Israël avait occupée de 1967 à 2005, nécessitant le déplacement interne de “la plupart” de ses 2,4 millions d’habitants.L’armée israélienne a lancé samedi une offensive d’envergure à Gaza, dans le but affiché de libérer les otages et d’anéantir le Hamas.Mais “s’il y a une option de cessez-le-feu temporaire, pour libérer des otages, nous serons prêts”, a déclaré Benjamin Netanyahu en conférence de presse, affirmant que 20 des 58 otages – dont un soldat tué en 2014 – toujours à Gaza étaient “en vie de façon certaine”.”Toute la bande de Gaza sera sous le contrôle de l’armée” israélienne à l’issue de l’offensive d’envergure lancée par Israël, a fait savoir le chef du gouvernement.En parallèle, mercredi, des tirs israéliens ont perturbé une visite de diplomates étrangers organisée par l’Autorité palestinienne à Jénine, en Cisjordanie, territoire occupé par Israël depuis 1967.Ces “coups de semonce”, tirés selon l’armée israélienne parce que la délégation s’était “écartée de l’itinéraire approuvé”, ont suscité un tollé international. M. Netanyahu n’a pas commenté les faits face à la presse.- “Pressions extérieures” -Mardi, le Royaume-Uni avait annoncé la suspension de ses négociations avec Israël sur un accord de libre-échange, et l’Union européenne a décidé un réexamen de son accord d’association avec Israël, soutenu par 17 Etats membres.”Les pressions extérieures ne détourneront pas Israël de sa voie pour défendre son existence et sa sécurité”, avaient réagi les Affaires étrangères israéliennes. Le ministère israélien avait jugé que le réexamen de l’accord d’association reflétait “une incompréhension totale de la réalité complexe à laquelle Israël” fait face et encourageait “le Hamas à rester sur ses positions”.L’attaque sans précédent du mouvement islamiste palestinien du 7 octobre 2023 a entraîné la mort de 1.218 personnes côté israélien, en majorité des civils, selon un décompte de l’AFP à partir de données officielles. 251 personnes avaient été enlevées.La campagne de représailles israéliennes a fait au moins 53.655 morts à Gaza, majoritairement des civils, selon des données du ministère de la Santé du Hamas, jugées fiables par l’ONU.L’armée israélienne a annoncé jeudi dans la nuit avoir intercepté un nouveau missile tiré depuis le Yémen, d’où les rebelles houthis visent régulièrement le territoire israélien. Soutenus par l’Iran, les Houthis affirment agir en solidarité avec les Palestiniens.Le ministère libanais de la Santé a pour sa part fait état mercredi de trois morts dans des frappes israéliennes sur le sud du pays, où Israël continue de cibler régulièrement le Hezbollah malgré un cessez-le-feu en vigueur depuis novembre.