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En plein conflit avec les Kurdes, le président syrien reconnaît leurs droits nationaux

Le président syrien Ahmad al-Chareh a annoncé vendredi soir reconnaître par décret les droits nationaux des Kurdes dont la langue sera désormais officielle, au moment où il est engagé dans un conflit avec les forces kurdes qui contrôlent le nord du pays.Pour la première fois depuis l’indépendance de la Syrie en 1946, la langue kurde pourra être enseignée dans les écoles et le nouvel an kurde, le Nowrouz, sera un jour férié officiel.Le chef de l’Etat islamiste a affirmé que les Kurdes constituaient “une partie intégrante” du pays où ils ont souffert de décennies de marginalisation et d’oppression des régimes précédents.Dans un discours télévisé adressé aux Kurdes, à la fin duquel il signe ce décret historique, Ahmad al-Chareh les appelle “participer à l’édification du pays” et s’engage à “garantir leurs droits”.Le texte accorde par ailleurs la nationalité aux Kurdes dont environ 20% avaient été privés de la citoyenneté syrienne à la suite d’un recensement controversé en 1962.M. Chareh a renversé en décembre 2024 Bachar al-Assad à la tête d’une coalition islamiste, et veut étendre son autorité sur l’ensemble du territoire syrien.- Impasse -Son annonce est intervenue alors que ses négociations avec les Kurdes pour mettre en oeuvre un accord signé en mars 2025, visant à intégrer leurs institutions civiles et militaires au sein de l’Etat syrien, sont dans l’impasse.Cette minorité avait profité du chaos de la guerre civile (2011-2024) pour s’emparer de vastes territoires du nord et du nord-est de la Syrie -incluant champs pétroliers et gaziers- après avoir défait le groupe jihadiste Etat islamique (EI) avec l’appui d’une coalition multinationale.Selon l’analyste Fabrice Balanche, spécialiste de la Syrie, les Kurdes sont estimés à quelque deux millions sur une population de 20 millions d’habitants. Ils sont notamment concentrés dans le nord-est (1,2 million) mais ils seraient aux alentours de 300.000 dans les villes de Damas et autant à Alep et sont également présents dans d’autres parties de la Syrie.Des combats avaient opposé la semaine dernière l’armée syrienne aux forces kurdes à Alep, où elles ont été délogées des deux quartiers qu’elles contrôlaient.- Retrait des forces kurdes -Les forces syriennes ont ensuite massé d’importants renforts dans la région de Deir Hafer, à une cinquantaine de km à l’est d’Alep, et sommé les Forces Démocratiques Syriennes (FDS, dominées par les Kurdes), d’évacuer une zone entre cette région et l’Euphrate, plus à l’est.Le chef des FDS Mazloum Abdi a annoncé sur X leur retrait. “A l’appel de pays amis et de médiateurs (…) nous avons décidé de retirer nos forces demain matin à 07H000 (04h00 GMT)” et “de nous repositionner à l’est de l’Euphrate”, a-t-il dit.Peu auparavant, l’armée avait annoncé bombarder les positions kurdes dans la région après avoir émis des avertissements aux civils, les FDS faisant pour leur part état “d’un violent pilonnage”.La coalition multinationale dirigée par les Etats-Unis était intervenue pour calmer le jeu entre les deux parties, soutenues par Washington.Une délégation de la coalition antijihadiste, déployée dans le nord de la Syrie, a rencontré vendredi des responsables kurdes à Deir Hafer pour “réduire la tension”, avait indiqué à l’AFP Farhad Shami, le porte-parole des FDS.L’armée avait accordé un délai aux civils pour évacuer la zone sous contrôle des FDS, et plus de 4.000 d’entre eux ont fui selon les autorités syriennes.Elle avait utilisé ce même procédé à Alep la semaine dernière, demandant aux civils de partir avant d’ouvrir le feu.Les correspondants de l’AFP ont vu des habitants sortir de la zone tenue par les Kurdes, certains empruntant un pont branlant sur un bras de l’Euphrate.”Les FDS nous ont empêchés de partir, c’est pour cela que nous sommes sortis par une route agricole”, a dit Abou Mohammad, un homme de 60 ans accompagné de sa famille.Les autorités syriennes avaient accusé les FDS d’empêcher les civils de partir, ce que ces dernières avaient démenti jeudi. L’armée a par ailleurs appelé les éléments des FDS à faire sécession et “revenir vers leur Etat”, ce que ces forces ont violemment dénoncé.

Machado assure que le Venezuela sera “libre” avec le soutien de Trump

L’opposante vénézuélienne et lauréate du prix Nobel de la paix Maria Corina Machado a affirmé vendredi à Washington que son pays entamait “une véritable transition vers la démocratie” et serait “libre” avec le soutien de Donald Trump.”Nous sommes désormais dans les premières étapes d’une véritable transition vers la démocratie”, a-t-elle déclaré lors d’une conférence, ajoutant …

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“Rien n’a changé” à Gaza, où le plan américain est entré dans sa deuxième phase

“Tout le monde est inquiet et frustré car rien n’a changé”: depuis sa tente à Gaza-ville, Mahmoud Abdel Aal exprime son amertume après l’annonce du passage à la phase deux du plan américain censé ramener la paix dans le territoire palestinien. Au milieu d’un paysage apocalyptique de bâtiments bombardés et de camps de fortune dévastés par …

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Ouganda: 10 morts lors des élections, Museveni en passe de prolonger ses 40 ans de règne

Au moins 10 personnes sont mortes lors d’élections entachées de violences en Ouganda, a déclaré l’opposition vendredi, tandis que le président Yoweri Museveni semble en passe de prolonger ses quatre décennies au pouvoir à l’issue d’un scrutin marqué par une répression généralisée et la coupure d’internet.De nombreux observateurs voient dans la présidentielle de jeudi – …

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Ukraine: Zelensky espère un accord avec les Américains, rencontre samedi à Miami entre négociateurs

Le président Volodymyr Zelensky a exprimé vendredi son espoir de voir l’Ukraine conclure la semaine prochaine des accords avec Washington pour mettre fin à la guerre contre la Russie, alors que les négociateurs ukrainiens doivent rencontrer la partie américaine samedi à Miami.Les émissaires américains négocient séparément avec Kiev et Moscou depuis des mois un accord …

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A la veille de sa signature, Lula et von der Leyen célèbrent l’accord UE-Mercosur

L’accord commercial entre l’Union européenne et le Mercosur est bon pour le “multilatéralisme”, a déclaré vendredi le président brésilien Lula en recevant à Rio de Janeiro la présidente de la Commission européenne, Ursula von der Leyen, qui a célébré “l’ouverture”.Après plus de 25 ans de négociations, les pays latino-américains fondateurs du Mercosur (Argentine, Brésil, Uruguay …

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Groenland: Trump menace de droits de douane les pays qui ne soutiennent pas son plan

Le président américain Donald Trump a menacé vendredi de droits de douane les pays qui ne soutiendraient pas son plan pour acquérir le Groenland, au moment où une délégation bipartisane du Congrès américain est à Copenhague pour une visite de soutien au Danemark et au Groenland.”Je vais peut-être imposer des droits de douane sur des pays s’ils ne jouent pas le jeu sur le Groenland, parce qu’on a besoin du Groenland pour la sécurité nationale”, a déclaré le président américain lors d’une table ronde à la Maison Blanche, répétant son intention d’acquérir ce territoire autonome de l’Arctique, malgré la fin de non-recevoir du Danemark, pays allié des Etats-Unis en tant que membre de l’Otan.Ses déclarations interviennent après l’annonce d’un renfort de la présence militaire danoise au Groenland et de l’envoi d’une mission militaire européenne de reconnaissance.Depuis son retour au pouvoir, il y a un an, Donald Trump évoque régulièrement la prise de contrôle de l’immense île arctique rattachée au Danemark, stratégique, mais peu peuplée. Il a assuré qu’il s’en emparerait “d’une manière ou d’une autre”, pour contrer selon lui les avancées russes et chinoises en Arctique.- Les Etats-Unis invités -La France, la Suède, l’Allemagne et la Norvège, rejoints par les Pays-Bas, la Finlande et le Royaume-Uni, ont annoncé cette semaine l’envoi de personnel militaire pour une mission de reconnaissance qui s’inscrit dans le cadre de l’exercice danois “Arctic Endurance” organisé avec des alliés de l’Otan.Parallèlement, les Etats-Unis ont été invités à participer à des exercices militaires au Groenland a affirmé vendredi soir le chef du Commandement arctique danois à l’AFP, ajoutant que les exercices militaires sont en rapport avec la Russie.M. Trump a soutenu récemment que des navires russes et chinois se trouvaient près du Groenland, ce que le le général Søren Andersen a réfuté vendredi lors d’un entretien sur un navire danois.Vendredi, 11 parlementaires américains ont rencontré la Première ministre Mette Frederiksen, qui a acté l’existence d’un “désaccord fondamental” avec l’administration Trump, en présence du chef du gouvernement groenlandais Jens-Frederik Nielsen.La délégation américaine est arrivée vers midi au siège du patronat danois pour un repas avec des chefs d’entreprise. Plus tard dans la journée, elle s’est entretenue avec des membres du Parlement danois où le drapeau groenlandais a été hissé.La sénatrice républicaine Lisa Murkowski a salué “un bon dialogue” à chacune de ces réunions, et a appelé à “prendre soin” de l’amitié entre les Etats-Unis et le Danemark. – “Un allié, pas un actif” -“Quand vous demandez aux Américains s’ils pensent que c’est une bonne idée que les Etats-Unis acquièrent le Groenland, la grande majorité, environ 75 %, répondra: +Nous ne pensons pas que ce soit une bonne idée+”, a-t-elle dit aux journalistes après la rencontre au Parlement.”Le Groenland doit être considéré comme notre allié, et non comme un actif”, a ajouté Mme Murkowski.Cette visite intervient deux jours après une réunion à Washington où les autorités danoises ont constaté l’impossibilité de s’entendre dans l’immédiat avec les dirigeants américains sur l’avenir du territoire autonome. Outre Lisa Murkowski la délégation américaine est composée des sénateurs Chris Coon, Dick Durbin, Peter Welch et Jeanne Shaheen du Parti démocrate, ainsi que Thom Tillis du Parti républicain. La Chambre des représentants est représentée par les démocrates Steny Hoyer, Gregory Meeks, Madeleine Dean, Sara Jacobs et Sarah McBride. A Nuuk, capitale du Groenland, les habitants saluent leur soutien.”Le Congrès n’approuverait jamais une action militaire au Groenland. Ce n’est qu’un idiot qui parle”, assure Kenni (nom d’emprunt), syndicaliste de 39 ans, rencontré par l’AFP. “Mais s’il le fait, il sera destitué ou mis dehors. Si les membres du Congrès veulent sauver leur propre démocratie, ils doivent s’activer”.- Manifestations en préparation -Les militaires étaient plus visibles dans la capitale groenlandaise vendredi, a constaté un journaliste de l’AFP, deux jours après l’annonce du renforcement militaire danois, et l’envoi d’une mission de reconnaissance européenne.”Je ne pense pas que le déploiement de troupes en Europe ait un impact sur la prise de décision du président et cela n’a aucun impact sur son objectif d’acquérir le Groenland”, a déclaré jeudi la porte-parole de la Maison Blanche, Karoline Leavitt, pendant une conférence de presse.Il est “hors de question” que les Etats-Unis acquièrent le Groenland, avait répondu le ministre des Affaires étrangères du Danemark Lars Løkke Rasmussen.Dans ce contexte, d’importantes manifestations sont prévues samedi dans plusieurs villes du Danemark et à Nuuk, afin de protester contre les ambitions territoriales de Donald Trump.Sur les réseaux sociaux, des milliers de personnes ont signalé leur volonté de participer aux rassemblements à Nuuk et au Danemark dans la capitale du pays, à Aarhus (centre), Aalborg (nord) et Odense (sud), à l’initiative de plusieurs organisations groenlandaises.jll-ef-phy-nzg/emp/liu

Droits de douane, voitures électriques…: Carney annonce des accords et un nouveau partenariat avec Pékin

Le Premier ministre canadien Mark Carney a annoncé vendredi à Pékin des accords avec la Chine sur les droits de douane réciproques et sur l’importation de véhicules électriques, au cours d’une visite saluée comme le début d’un nouveau partenariat après des années de brouille.”Le Canada et la Chine ont conclu un accord commercial préliminaire, mais historique, visant à éliminer les obstacles au commerce et à réduire les droits de douane”, a dit M. Carney lors d’un point presse en marge de sa visite, la première d’un chef de gouvernement canadien depuis huit ans.M. Carney a aussi annoncé que son pays autoriserait l’entrée au Canada de 49.000 véhicules électriques fabriqués en Chine, à des droits de douane préférentiels de 6,1%, soit un retour au niveau de 2023 antérieur aux mesures de rétorsion mutuelles selon lui.Lors de leur rencontre, le président chinois Xi Jinping a aussi pris l’engagement de dispenser de visa les Canadiens venant en Chine, a déclaré le Premier ministre canadien, disposition s’appliquant apparemment aux touristes.Ces annonces concrétisent ce que M. Carney et M. Xi ont présenté comme l’avènement d’un nouveau partenariat, après des années de fâcherie entre leurs pays soumis aujourd’hui aux pressions américaines.”Je suis extrêmement heureux que nous allions de l’avant avec notre nouveau partenariat stratégique”, a dit Mark Carney.Son hôte au Palais du peuple a parlé de “nouveau chapitre” ouvert en octobre lors de leur rencontre en marge d’un sommet Asie-Pacifique en Corée du Sud.Ces discussions ont ouvert la voie au réchauffement matérialisé cette semaine. M. Xi avait alors invité M. Carney en Chine.- “Investissements considérables” -M. Carney est arrivé mercredi en Chine avec pour objectif de tourner la page de relations dégradées et de stimuler les échanges commerciaux.Les rapports sino-canadiens s’étaient fortement détériorés en 2018 avec l’arrestation par les autorités canadiennes d’une responsable du géant chinois Huawei à la demande des Etats-Unis, suivie de l’emprisonnement de deux ressortissants canadiens en Chine, accusés d’espionnage par Pékin.Depuis l’été 2024, Ottawa et Pékin s’affrontent sur le front commercial: surtaxes canadiennes sur les véhicules électriques et l’acier chinois, et ripostes chinoises sur des produits agricoles canadiens, dont le canola, un oléagineux utilisé pour l’alimentation et les biocarburants, dont le Canada est l’un des principaux producteurs mondiaux.D’ici au 1er mars, les droits de douane sur le canola devraient passer de plus de 80% à environ 15%. M. Carney a dit s’attendre au moins jusqu’à la fin de l’année à une réduction des droits sur les homards, les crabes et les pois.Quant aux véhicules électriques, M. Carney s’est employé à dissiper les inquiétudes du secteur automobile national en disant que 49.000, c’était “moins de 3%” du marché et qu’en retour il espérait dans les trois prochaines années des “investissements chinois considérables” créateurs d’emplois au Canada.- Face à Trump -Il a répété la nécessité de réduire la dépendance vis-à-vis du grand voisin américain, premier partenaire commercial loin devant la Chine.Chine et Canada ont en commun de subir les effets des politiques agressives du président Donald Trump.Ce dernier, qui a rompu les négociations commerciales avec Ottawa et insiste sur le fait que les États-Unis n’ont besoin d’aucun produit provenant de son voisin du nord, a déclaré vendredi aux journalistes qu’il était “bien” que Mark Carney ait signé un accord.”S’il peut conclure un accord commercial avec la Chine, il devrait le faire”, a déclaré le président américain.M. Carney a fait voeu de voir le Canada doubler ses exportations vers des pays autres que les Etats-Unis d’ici à 2035. Il a souligné le poids de la Chine: deuxième puissance économique représentant un tiers de la croissance globale et avec laquelle le commerce fait vivre des centaines de milliers de Canadiens.Il a donné des gages à ses hôtes sur la question ultrasensible de Taïwan en réaffirmant la politique canadienne d’une seule Chine. Il a éludé les questions sur la Chine comme puissance “perturbatrice”. Quant aux droits humains, ces questions sont plus efficacement abordées au sein de “coalitions” et sans “mégaphone”, a-t-il dit.”Nous prenons le monde comme il est, pas comme nous souhaiterions qu’il soit”.