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Pédocriminalité: un des 55 suspects interpellés s’est défenestré

Un des 55 hommes interpellés partout en France cette semaine dans le cadre d’une opération contre un réseau de pédocriminalité s’est défenestré vendredi matin près de Strasbourg et a été hospitalisé.Raphaël S., 45 ans, devait comparaître dans l’après-midi devant le tribunal de Strasbourg pour détention et diffusion d’images pédopornographiques, entre mars 2019 et mai 2025. L’homme s’est jeté du troisième étage d’un bâtiment situé à Geispolsheim, une commune de la grande banlieue strasbourgeoise.”Son pronostic vital est engagé. La personne est dans le coma actuellement”, a déclaré son avocat Michaël Wacquez au tribunal. La représentante du parquet, Agnès Robine, a confirmé qu’une “enquête a été ouverte suite à la découverte de monsieur, grièvement blessé”, précisant qu’il est “actuellement hospitalisé dans un état grave”.L’audience de comparution immédiate a été renvoyée au 6 août 2025, le tribunal décidant de le maintenir sous contrôle judiciaire, avec l’interdiction d’entrer en contact avec des mineurs.Raphaël S. avait été interpellé lundi. Salarié d’un Ehpad, il est également “évêque” de l’Église gallicane, une association qui se présente comme chrétienne mais qui est séparée de l’Eglise catholique et n’est reconnue par aucune confession.Sur le portail de son église, un simple pavillon situé au bord d’une route à Lingolsheim, est affiché un message indiquant “Pas de messe ce soir”, a constaté une journaliste de l’AFP. Sur le côté du bâtiment, une banderole proclame “Centre miséricorde. Sanctuaire de pèlerinage à Saint Joseph. Venez ici le prier avec confiance”.- Il reconnaît les faits -Raphaël S., qui  n’a pas d’antécédents judiciaires, avait été déféré mercredi et placé sous contrôle judiciaire dans l’attente de l’audience de comparution immédiate. “Il reconnaît les faits et il voulait s’en expliquer devant ses juges en essayant de trouver une solution sur le plan médical”, et par le biais d’un “traitement avec un psychothérapeute” a déclaré son avocat à la presse vendredi.C’est la position “qui a toujours été la sienne depuis le début de ce dossier”, a souligné Me Wacquez. Sur les faits qui lui sont reprochés, l’avocat a évoqué une “problématique médicale”: “Il avait besoin de soigner des pulsions par le visionnage d’images”.Né en septembre 1979 à Strasbourg, Raphaël S. a une compagne mais habite chez sa mère à Geispolsheim. Il n’a pas d’enfants, selon son avocat. “Il était toujours avec sa mère”, a déclaré à l’AFP Carla 44 ans, à Lingolsheim.”C’est choquant parce que c’est des clients”, a aussi témoigné une commerçante, qui décrit l’homme arrêté comme “discret”.Selon le journal local DNA, Raphaël S. avait béni la chapelle privée d’Alain Delon à Douchy, dans le Loiret.”J’ai connu Alain Delon par l’intermédiaire de Brigitte Bardot, une amie”, avait expliqué l’an dernier à ce journal l’Alsacien qui, sur les réseaux sociaux, se présente comme un “militant dans le domaine de la protection animale”.- Coup de filet -Cinquante-cinq hommes ont été interpellés partout en France entre lundi et jeudi dans le cadre d’une vaste opération de démantèlement d’un réseau de pédocriminalité qui échangeait sur la plateforme Telegram.Ils ont tous en commun d’avoir été en lien avec des pédocriminels “extrêmement dangereux”, incarcérés depuis l’été dernier, a expliqué jeudi à l’AFP le commissaire Quentin Bevan, chef du pôle opérationnel de l’Office des mineurs (Ofmin).Cette vaste opération a eu pour point de départ l’arrestation l’été dernier par les policiers de l’Ofmin de pédocriminels qui agressaient des enfants et mettaient en ligne leurs méfaits sur Telegram. Ils sont mis en examen notamment pour traite d’êtres humains et encourent la perpétuité.”Derrière ces abuseurs avérés d’enfants, il a fallu dix mois d’enquête pour parvenir à ce coup de filet”, a déclaré le commissaire Bevan, qui a souligné que Telegram “reste toujours la plateforme privilégiée” et un “repaire de pédocriminels”.

Procès Le Scouarnec: le maximum de 20 ans de réclusion requis, avec rétention de sûreté

Une peine maximale de 20 ans de réclusion assortie d’une série de mesures de sûreté en raison du “risque très élevé de récidive”, a été requise vendredi contre l’ex-chirurgien pédocriminel Joël Le Scouarnec, à quelques jours du verdict.Devant la cour criminelle du Morbihan à Vannes, l’avocat général Stéphane Kellenberger a demandé aux juges de prononcer vingt années de réclusion criminelle avec une “période de sûreté spéciale des deux-tiers eu égard à la gravité” des faits reprochés à l’accusé, jugé pour des viols et agressions sexuelles aggravés sur 299 personnes, pour la plupart des patients mineurs au moment des faits. Il a également requis une mesure spéciale de “rétention de sûreté”, s’appliquant après qu’un condamné a purgé sa peine, “du fait des troubles graves de sa personnalité et de la dangerosité induites par ces troubles en termes de risques très élevés de récidive”.Le magistrat a aussi demandé un suivi socio-judiciaire pendant 20 ans, une injonction de soins avec “sept ans supplémentaires encourus en cas d’infraction”.Joël Le Scouarnec, 74 ans, doit en outre être interdit définitivement d’exercer la médecine ou une autre profession dans le domaine de la santé, et ne plus avoir le droit d’exercer auprès de mineurs, mais aussi de posséder un animal, en raison de sa zoophilie, a exigé M. Kellenberger.L’ex-chirurgien doit aussi être privé pour dix ans de ses droits civiques et de famille, a estimé le représentant du ministère public, qui a également demandé une interdiction de séjour dans les régions Bretagne, Centre-Val-de-Loire, Pays de Loire, Normandie et Île-de-France “pour préserver les victimes de la terreur” de le croiser.”La peine maximum, c’est celle qui était attendue (…) avec quelques petites surprises comme l’interdiction de détenir un animal (…) ou d’être dans les départements”, a réagi Me Louise Aubret-Lebas, avocate de victimes. “Mes clients y sont très sensibles.”- “Le diable” -Pendant trois heures, l’avocat général a repris le fil de ce procès commencé le 24 février, un “procès hors-norme (qui) a été au-delà de l’abjection et de l’entendement.”Un procès qui ne sera pas le dernier: “il y aura probablement une autre procédure Le Scouarnec” concernant d’autres victimes potentielles, a ainsi déclaré le magistrat.”Vous étiez le diable et il s’habille parfois en blouse blanche”, a-t-il lancé.Tout au long de son réquisitoire, M. Kellenberger a avancé sur une ligne parfois ténue pour justifier les décisions du parquet de Lorient, critiquées par certaines parties civiles.”Dans une affaire d’une telle ampleur”, s’étendant de 1989 à 2014 et sur de multiples départements, la justice ne pouvait pas identifier chacune des victimes, ou pas dans les délais impartis pour ce procès ouvert le 24 février devant la cour criminelle du Morbihan, a expliqué M. Kellenberger.Mais “ces victimes ne sont pas oubliées” et “des investigations complémentaires sont en cours et pourront donner lieu à un procès”, a-t-il souligné.De même, le parquet de Lorient a ouvert une enquête distincte “contre X pour non-empêchement de crime et de délit”, a rappelé le magistrat. “Joël Le Scouarnec devait-il être seul dans le box?”Enfin, il a semblé faire son mea culpa concernant “la maladresse” avec laquelle les victimes avaient appris de la bouche des enquêteurs leur présence dans les carnets de l’accusé, qui y décrivait scrupuleusement les violences sexuelles qu’il leur infligeait.- “A la hauteur des enjeux” -Pour Stéphane Kellenberger, “aucune circonstance n’a jamais freiné Joël Le Scouarnec, aucune sauf son emprisonnement”.Arrêté en juin 2017, Joël Le Scouarnec purge actuellement une première peine de 15 ans de prison pour des violences sexuelles sur quatre enfants.Le cumul des peines n’existant pas dans le droit français, l’accusé n’effectuera peut-être pas l’entièreté des 20 ans requis par M. Kellenberger, a-t-il rappelé. Aux Etats-Unis, il aurait à purger “deux millénaires”.Mais la cour, a insisté le magistrat, ne peut “aller en deçà” de cette peine maximale de 20 ans: “cela n’aurait aucun sens pour les victimes et l’accusé lui-même.”Un réquisitoire “à la hauteur des enjeux” même si “nous avons de nombreux désaccords”, a salué l’un des avocats de la défense, Me Maxime Tessier, qui a souhaité réserver ses arguments pour sa plaidoirie lundi.Le verdict est attendu le 28 mai.

Russie : Lioudmila Vassilieva, 84 ans, condamnée pour avoir demandé “la paix”

Survivante du siège de Léningrad, Lioudmila Vassilieva, 84 ans, a été condamnée vendredi à une amende par un tribunal russe pour avoir publiquement brandi une pancarte réclamant “la paix”, en pleine offensive russe en Ukraine.”J’ai extrêmement mal pour mon pays”, avait, avant son jugement, dit cette femme qui a quatre petits-enfants, dans son appartement de Saint-Pétersbourg. Portant un cardigan bordeaux et soigneusement maquillée, Lioudmila Vassilieva, cheveux courts et gris, avait alors montré l’objet du délit : une pancarte avec un texte écrit à la main, qui lui a valu d’être jugée pour avoir “discrédité” l’armée, comme des milliers d’autres depuis le début de l’assaut russe en Ukraine en 2022.Il y est écrit : “A tous. Arrêtons la guerre ! Nous sommes responsables de la paix sur Terre !”. Le tout signé : “Avec amour, Lioudmila, enfant de Léningrad assiégée”, dans une référence compréhensible par tous les Russes au terrible siège, qui a duré du 8 septembre 1941 au 27 janvier 1944, par l’armée allemande de Léningrad (le nom de Saint-Pétersbourg à l’époque soviétique).  Lioudmila Vassilieva a brandi sa pancarte en mars dernier dans le centre de la deuxième ville de Russie.- Coupable d’avoir “discrédité” l’armée -Vendredi, le tribunal Kouïbychevski de Saint-Pétersbourg l’a reconnue coupable et l’a condamnée à une amende de 10.000 roubles (110 euros).Amnesty International, une ONG que la Russie a interdite lundi, estimait en 2023 que le délit de “discrédit” de l’armée était “utilisé pour criminaliser l’expression de toute opinion critique de l’invasion” de l’Ukraine.Le procès de Lioudmila s’est à cet égard inscrit dans un contexte de répression des voix dissidentes en Russie, dont l’offensive en Ukraine a fait au moins des dizaines de milliers de morts et de blessés, civils comme militaires, des deux côtés. Les arrestations pour “espionnage”, “trahison”, “sabotage”, “extrémisme” ou pour des critiques de l’armée se sont multipliées ces trois dernières années.La justice russe a notamment condamné en novembre dernier à cinq ans et demi de prison ferme une pédiatre de 65 ans à Moscou. Elle était accusée par la mère d’un de ses patients d’avoir critiqué l’assaut russe en Ukraine au cours d’une consultation.Lioudmila Vassilieva a, quant à elle, plaidé la “non-indifférence” pour expliquer son geste. “J’ai toujours été une personne qui n’est pas indifférente. J’ai toujours été du côté des faibles”, a-t-elle expliqué.- “Laissez les gens vivre !” -Dans son clair et grand appartement de Saint-Pétersbourg, deux élégants chats batifolent au milieu des livres. Il y a aussi le portrait de sa mère, qui a survécu au siège de Léningrad avec cinq enfants sur les bras, dont la petite Lioudmila.”Maman disait toujours : +nous pouvons tout supporter, pourvu qu’il n’y ait pas la guerre+”, a-t-elle raconté à l’AFP, se remémorant cet épisode tragique de la Deuxième Guerre mondiale, resté un symbole de la résistance face à l’Allemagne nazie, au cours duquel entre 600.000 et 1,5 million de personnes sont mortes, de faim pour la plupart. “Il arrivait à maman de donner son sang pour obtenir une ration supplémentaire”.Après la Deuxième Guerre mondiale, “on parlait tout le temps de la paix. Rappelez-vous du passé pour que cela (la guerre, ndlr) ne se reproduise jamais”. “Mais aujourd’hui, de quoi parle-t-on ?”, s’interroge Lioudmila, émue, faisant allusion au discours aux accents belliqueux du pouvoir et des médias russes.Pour cette femme, qui était ingénieure à l’époque de l’URSS, la Perestroïka (Restructuration) et les réformes mises en oeuvre par Mikhaïl Gorbatchev dans les années 1980 ont constitué une “fenêtre vers la liberté”. Membre du parti libéral “Choix démocratique” dans les années 1990, elle déclare baigner dans les idéaux démocratiques depuis toujours et avoir “participé à tous les rassemblements d’opposition” depuis l’arrivée de Vladimir Poutine au pouvoir en 2000.Son credo est : “Laissez les gens vivre et choisir par eux-mêmes ce qu’ils veulent !”.Et l’appel à la “paix” lancé en plein centre de Saint-Pétersbourg était non pas adressé aux autorités russes mais à “tous les gens”, car ce sont eux “qui peuvent avoir de l’influence et arrêter” le conflit, explique Lioudmila. “Quant à moi, j’ai déjà 84 ans. Je n’ai pas peur”.

Procès Le Scouarnec: début du réquisitoire, un nouveau procès déjà évoqué

“Il y aura probablement une autre procédure Le Scouarnec” concernant d’autres victimes potentielles, a affirmé vendredi l’avocat général Stéphane Kellenberger, au début de ses réquisitions au procès de l’ex-chirurgien pédocriminel, jugé à Vannes pour viols et agressions sexuelles sur 299 personnes.Un seul fait de viol commis avec de telles circonstances aggravantes expose le pédocriminel à une peine maximale de 20 ans de réclusion.Il ne fait pas de doute pour la plupart des protagonistes du procès que M. Kellenberger demandera cette peine maximale pour l’accusé, déjà condamné en 2020 à Saintes (Charente-Maritime) à 15 ans de réclusion pour des viols et agressions sur plusieurs fillettes.”Mon client est archi coupable”, concède même son avocat Me Maxime Tessier.Avant d’énoncer sa demande de sanctions, l’avocat général a semblé chercher à justifier l’action de la justice, parfois vivement critiquée par les victimes durant les trois mois d’audience. “Dans toute procédure pénale demeurent toujours des zones d’ombre”, a-t-il ainsi relevé.”Dans une affaire d’une telle ampleur”, s’étendant de 1989 à 2014 et sur de multiples départements, la justice ne pouvait pas identifier chacune des victimes, ou pas dans les délais impartis pour ce procès ouvert le 24 février devant la cour criminelle du Morbihan, a expliqué M. Kellenberger.Mais “ces victimes ne sont pas oubliées” et “des investigations complémentaires sont en cours et pourront donner lieu à un procès”, a-t-il assuré. L’avocat général a également mentionné “l’enquête contre X pour non-empêchement de crime et de délit” contre l’intégrité des personnes, ouverte par son parquet, celui de Lorient, à la suite de plaintes d’associations. Celles-ci dénoncent l’inaction des autorités sanitaires, des institutions hospitalières et des différentes instances de l’Ordre des médecins qui ont été averties d’une condamnation de Joël Le Scouarnec à quatre mois de prison avec sursis pour détention d’images pédopornographiques en 2005 mais n’ont rien fait pour l’empêcher d’exercer ou pour encadrer sa pratique au contact d’enfants.Il avait poursuivi sans encombre sa carrière et ses actes pédocriminels dans différents établissements de l’ouest de la France, jusqu’à son arrestation en 2017 en Charente-Maritime.- Mesures contre la récidive? -“Joël Le Scouarnec devait-il être seul dans le box?”, s’est interrogé M. Kellenberger dans ses réquisitions.”Il aurait pu être fait mieux, être fait autrement, même au milieu du fameux mille-feuille administratif français, chacun se renvoyant allègrement la balle jusqu’à ce que cette balle soit perdue et percute des innocents”, a-t-il lancé.La sanction demandée par M. Kellenberger sera-t-elle assortie d’une ou plusieurs mesures de sûreté pour éviter une récidive du pédocriminel?Pour les experts qui l’ont examiné, Joël Le Scouarnec est non seulement “totalement responsable de ses actes” mais présente aussi un très important risque de récidive.En 2023, ils ne notent chez lui “aucune compassion” pour ses victimes et la psychiatre Isabelle Alamone juge son “profil très inquiétant”, avec une “dangerosité criminologique très importante”. Pour elle, la détention est actuellement “la meilleure garantie” contre un nouveau passage à l’acte. “Même à son âge”, “la vigilance sera toujours de mise, il n’y aura pas de guérison en tant que telle.”La défense de Joël Le Scouarnec a insisté quant à elle sur “l’évolution” de l’accusé depuis le début du procès. Lui qui niait de nombreux viols et s’abritait parfois derrière des “gestes médicaux” a en effet fini par reconnaître l’intégralité des faits qui lui sont reprochés.Il en a même avoué d’autres, déjà prescrits, ou encore inconnus, comme ces violences sexuelles commises sur sa propre petite-fille qui font l’objet d’une nouvelle procédure.Cela risque toutefois de ne pas peser lourd dans la balance, d’autant que l’accusé maintient dans le même temps qu’il n’a aucun souvenir individuel de ses victimes et des violences qu’il leur infligeait, les consignant ensuite scrupuleusement dans des carnets.”Je ne sais pas, je ne me souviens pas”, a-t-il répété, suscitant fréquemment l’agacement de l’accusation et la colère des parties civiles.Beaucoup d’avocats de victimes ont également remis en cause la sincérité de ses excuses, réitérées de manière presque mécanique au fil des semaines, parfois au mot près.Quand il assure aujourd’hui ne plus avoir aucune attirance pour les enfants, “il se voile clairement la face et se ment à lui-même”, a lancé jeudi Me Virginie Hamon durant sa plaidoirie. Le procès se poursuivra lundi avec les plaidoiries de la défense et les derniers mots de l’accusé, avant que les cinq magistrats de la cour ne se retirent pour délibérer.Le verdict est attendu le 28 mai.

Nucléaire: nouveaux pourparlers à Rome entre l’Iran et les Etats-Unis

Des négociateurs de l’Iran et des Etats-Unis se sont retrouvés vendredi à Rome pour un cinquième cycle de pourparlers sur le nucléaire iranien sous médiation omanaise, au moment où les négociations semblent buter sur la question de l’enrichissement d’uranium.Téhéran et Washington, ennemis depuis la Révolution islamique de 1979 qui a renversé en Iran une monarchie pro-occidentale, ont entamé le 12 avril des discussions sur l’épineux dossier du programme nucléaire iranien.Les agences iraniennes Tasnim, Fars et Isna ont rapporté autour de 12H00 GMT le début des discussions entre le chef de la diplomatie iranienne, Abbas Araghchi, et l’émissaire américain pour le Moyen-Orient, Steve Witkoff.Ces pourparlers représentent le plus haut niveau d’engagement entre les deux pays depuis le retrait unilatéral en 2018 par les Etats-Unis de l’accord international sur le nucléaire iranien conclu trois ans plus tôt à Vienne.Le président américain Donald Trump, à l’origine de cette décision durant son premier mandat (2017-2021), a rétabli de lourdes sanctions américaines contre l’Iran dans le cadre d’une politique dite de “pression maximale”. Il cherche dorénavant à négocier un nouveau pacte avec Téhéran, qui espère une levée des sanctions qui asphyxient son économie.Les négociateurs des deux pays se retrouvent vendredi au moment où Washington et Téhéran affichent publiquement leur désaccord sur la question sensible de l’enrichissement d’uranium. L’émissaire américain pour le Moyen-Orient, Steve Witkoff, qui mène les discussions pour Washington, a estimé dimanche que les Etats-Unis “ne pouvaient autoriser ne serait-ce qu’un pour cent de capacité d’enrichissement” à l’Iran. – “Désaccords fondamentaux” -“L’Iran ne peut pas avoir une capacité d’enrichissement, car cela en ferait une puissance nucléaire potentielle”, a argué mercredi le chef de la diplomatie américaine, Marco Rubio.Des “désaccords fondamentaux” demeurent avec les Etats-Unis, a estimé jeudi le chef de la diplomatie iranienne, Abbas Araghchi, qui mène les négociations pour Téhéran.Si les Etats-Unis empêchent l’Iran d’enrichir de l’uranium “il n’y aura pas d’accord”, a-t-il mis en garde.Téhéran, qui défend un droit au nucléaire civil, considère cette exigence comme contraire aux dispositions du Traité de non-prolifération (TNP), dont l’Iran est signataire.”La souveraineté de l’Iran est une ligne rouge et l’Iran ne renoncera en aucun cas au droit d’enrichir de l’uranium”, a déclaré à l’AFP le politologue iranien Mohammad Marandi.Les pays occidentaux, Etats-Unis en tête, et Israël, ennemi juré de l’Iran, considéré par des experts comme la seule puissance nucléaire au Moyen-Orient, soupçonnent l’Iran de vouloir se doter de l’arme nucléaire. Téhéran nie avoir de telles visées.Le nucléaire emploie en Iran plus de 17.000 personnes, notamment dans l’énergie et le secteur médical, selon le porte-parole de l’Organisation iranienne de l’énergie atomique (OIEA), Behrouz Kamalvandi.”Les Pays-Bas, la Belgique, la Corée du Sud, le Brésil et le Japon enrichissent (l’uranium) sans posséder d’armes nucléaires”, avait-il souligné début mai.Jeudi, le président américain, Donald Trump, a parlé de l’Iran avec le Premier ministre israélien, Benjamin Netanyahu, selon la porte-parole de la Maison Blanche, Karoline Leavitt.- “Dans la bonne direction” -M. Trump estime que les négociations avec Téhéran, vues avec scepticisme voire franche hostilité par le dirigeant israélien, “vont dans la bonne direction”, a-t-elle ajouté.Selon l’Agence internationale de l’énergie atomique (AIEA), l’Iran enrichit actuellement l’uranium à 60%, bien au-delà de la limite de 3,67% autorisée par l’accord de 2015, mais en deçà du taux de 90% nécessaire pour un usage militaire. Téhéran a pris ses distances avec ses engagements de 2015 en représailles au retrait américain de l’accord sur le nucléaire.L’accord sur le nucléaire de 2015, qui expire en octobre, soit dix ans après l’entrée en vigueur du texte, prévoit la possibilité de réimposer des sanctions onusiennes si l’Iran ne se conforme pas à ses engagements.

Nucléaire: nouveaux pourparlers à Rome entre l’Iran et les Etats-Unis

Des négociateurs de l’Iran et des Etats-Unis se sont retrouvés vendredi à Rome pour un cinquième cycle de pourparlers sur le nucléaire iranien sous médiation omanaise, au moment où les négociations semblent buter sur la question de l’enrichissement d’uranium.Téhéran et Washington, ennemis depuis la Révolution islamique de 1979 qui a renversé en Iran une monarchie pro-occidentale, ont entamé le 12 avril des discussions sur l’épineux dossier du programme nucléaire iranien.Les agences iraniennes Tasnim, Fars et Isna ont rapporté autour de 12H00 GMT le début des discussions entre le chef de la diplomatie iranienne, Abbas Araghchi, et l’émissaire américain pour le Moyen-Orient, Steve Witkoff.Ces pourparlers représentent le plus haut niveau d’engagement entre les deux pays depuis le retrait unilatéral en 2018 par les Etats-Unis de l’accord international sur le nucléaire iranien conclu trois ans plus tôt à Vienne.Le président américain Donald Trump, à l’origine de cette décision durant son premier mandat (2017-2021), a rétabli de lourdes sanctions américaines contre l’Iran dans le cadre d’une politique dite de “pression maximale”. Il cherche dorénavant à négocier un nouveau pacte avec Téhéran, qui espère une levée des sanctions qui asphyxient son économie.Les négociateurs des deux pays se retrouvent vendredi au moment où Washington et Téhéran affichent publiquement leur désaccord sur la question sensible de l’enrichissement d’uranium. L’émissaire américain pour le Moyen-Orient, Steve Witkoff, qui mène les discussions pour Washington, a estimé dimanche que les Etats-Unis “ne pouvaient autoriser ne serait-ce qu’un pour cent de capacité d’enrichissement” à l’Iran. – “Désaccords fondamentaux” -“L’Iran ne peut pas avoir une capacité d’enrichissement, car cela en ferait une puissance nucléaire potentielle”, a argué mercredi le chef de la diplomatie américaine, Marco Rubio.Des “désaccords fondamentaux” demeurent avec les Etats-Unis, a estimé jeudi le chef de la diplomatie iranienne, Abbas Araghchi, qui mène les négociations pour Téhéran.Si les Etats-Unis empêchent l’Iran d’enrichir de l’uranium “il n’y aura pas d’accord”, a-t-il mis en garde.Téhéran, qui défend un droit au nucléaire civil, considère cette exigence comme contraire aux dispositions du Traité de non-prolifération (TNP), dont l’Iran est signataire.”La souveraineté de l’Iran est une ligne rouge et l’Iran ne renoncera en aucun cas au droit d’enrichir de l’uranium”, a déclaré à l’AFP le politologue iranien Mohammad Marandi.Les pays occidentaux, Etats-Unis en tête, et Israël, ennemi juré de l’Iran, considéré par des experts comme la seule puissance nucléaire au Moyen-Orient, soupçonnent l’Iran de vouloir se doter de l’arme nucléaire. Téhéran nie avoir de telles visées.Le nucléaire emploie en Iran plus de 17.000 personnes, notamment dans l’énergie et le secteur médical, selon le porte-parole de l’Organisation iranienne de l’énergie atomique (OIEA), Behrouz Kamalvandi.”Les Pays-Bas, la Belgique, la Corée du Sud, le Brésil et le Japon enrichissent (l’uranium) sans posséder d’armes nucléaires”, avait-il souligné début mai.Jeudi, le président américain, Donald Trump, a parlé de l’Iran avec le Premier ministre israélien, Benjamin Netanyahu, selon la porte-parole de la Maison Blanche, Karoline Leavitt.- “Dans la bonne direction” -M. Trump estime que les négociations avec Téhéran, vues avec scepticisme voire franche hostilité par le dirigeant israélien, “vont dans la bonne direction”, a-t-elle ajouté.Selon l’Agence internationale de l’énergie atomique (AIEA), l’Iran enrichit actuellement l’uranium à 60%, bien au-delà de la limite de 3,67% autorisée par l’accord de 2015, mais en deçà du taux de 90% nécessaire pour un usage militaire. Téhéran a pris ses distances avec ses engagements de 2015 en représailles au retrait américain de l’accord sur le nucléaire.L’accord sur le nucléaire de 2015, qui expire en octobre, soit dix ans après l’entrée en vigueur du texte, prévoit la possibilité de réimposer des sanctions onusiennes si l’Iran ne se conforme pas à ses engagements.

Le nord de l’Europe frappé par une sécheresse exceptionnelle

Une sécheresse jamais vue depuis des décennies frappe depuis plusieurs semaines une partie du nord de l’Europe, allant de l’Écosse aux Pays-Bas, ce qui pourrait, si elle se prolongeait, réduire les futurs rendements des cultures que les agriculteurs sont en train de semer.Lorsqu’il y a un déficit d’eau dans les champs de blé, de maïs, de colza ou d’orge, leur “croissance est limitée”, explique à l’AFP Nicolas Guilpart, maître de conférence en agronomie à Agro Paris Tech.Il a plu beaucoup moins que la normale au printemps dans le nord de la France, en Belgique ou au Royaume-Uni, et les sols sont secs, au point d’être poussiéreux par endroits.Dans les champs, les semis de printemps n’ont pas encore germé à cause du temps exceptionnellement sec.Luke Abblitt, agriculteur de l’est de l’Angleterre, “prie pour que la pluie” tombe alors que le Royaume-Uni connaît jusqu’ici son printemps le plus sec depuis plus d’un siècle et demi. “Nous passons d’un extrême à l’autre: il pleut beaucoup en hiver, et moins au printemps et en été”, a dit l’agriculteur à l’AFP. Il se résigne désormais à adapter ses méthodes de culture ou “explorer de nouvelles variétés” résistantes.Certains agriculteurs ont commencé à irriguer plus tôt, a rapporté le principal syndicat agricole britannique NFU, qui réclame des investissements pour installer des cuves de stockage sur les exploitations.- Beaucoup de soleil -Aux Pays-Bas, il n’avait jamais aussi peu plu depuis le début des relevés en 1906, ce qui inquiète Samuel Jonson Sutanto et Inge de Graaf, chercheurs à l’université de Wageningen.”Cela a entraîné une réduction significative des débits fluviaux – parmi les plus faibles jamais enregistrés – et une baisse du niveau des nappes phréatiques, en particulier dans les régions orientales et méridionales”, indiquent-ils à l’AFP.Selon eux, “l’impact écologique devient de plus en plus visible (…) avec des conséquences négatives pour la flore et la faune”.Au Danemark, l’institut météorologique a prévenu début mai que les trois derniers mois avaient été exceptionnellement secs, avec moins de 63 mm de pluie enregistrés.À cela s’ajoutent un ensoleillement et des températures supérieurs à la normale pour le Danemark. Depuis le 15 mai, l’indice de sécheresse est supérieur ou égal à 9 sur une échelle de 1 à 10, ce qui n’est jamais arrivé aussi tôt depuis que cet indice a été établi en 2005, a souligné l’institut.En Suède,la Fédération des agriculteurs conseille aux exploitants de revoir leur planification en matière d’eau.- Besoin d’irriguer -En France, les nappes phréatiques, en sous-sol, sont bien remplies, mais les plantes ont besoin d’eau en surface pour pousser, et donc de pluie.Or le Nord est placé en vigilance sécheresse depuis lundi: le département a reçu, entre février et début mai, la quantité de pluie qui tombe habituellement en un mois, et le vent de nord-est a accentué l’assèchement des sols. Les agriculteurs misent donc de plus en plus sur l’irrigation. C’est le cas de Sébastien De Coninck, producteur d’endive. Le village de ce trentenaire, Beuvry-la-Forêt (Nord), a reçu entre mars et mai huit fois moins de précipitations que sur la même période l’année dernière, particulièrement arrosée, explique-t-il à l’AFP.”Jusqu’à il y a cinq ans, on ne se posait pas la question de l’irrigation dans le Nord” mais les lignes bougent, car sans ou avec, “le rendement peut varier du simple au double”, pointe l’agriculteur.L’irrigation permet de “pallier ce manque de précipitation”, reconnaît l’agronome Nicolas Guilpart, mais encore faut-il “avoir les ressources pour le faire”. Pour irriguer, l’eau est prélevée dans les nappes, les cours d’eau à proximité ou dans les retenues d’eau, également appelées “bassines”.En France aussi les températures sont au-dessus de la normale, notamment dans les Hauts-de-France, “rendant l’atmosphère plus +séchante+”, entraînant “plus d’évapotranspiration (combinaison de l’évaporation et de la transpiration des plantes, NDLR) et donc augmentant la demande en eau des plantes”, explique l’agronome.Mais cette sécheresse intense dans une partie du nord de l’Europe contraste avec celle du sud du continent, notamment l’Espagne et le Portugal, où l’on a mesuré jusqu’au double des quantités de pluie habituelles sur cette période.

La grande distribution dans le viseur des associations sur l’alimentation durable

Acteur central de la consommation, la grande distribution est de plus en plus scrutée par les associations et les ONG, qui lui reprochent son manque d’implication dans la transition vers une alimentation plus saine, dont elle est pourtant un levier de poids.”En retard” sur la transition alimentaire selon une vaste étude publiée mi-mai par le Réseau action climat (RAC), accusés par plusieurs associations dont Foodwatch jeudi de “brader” la santé des consommateurs en concentrant leurs promotions sur des produits trop gras, trop sucrés ou trop salés, les géants de la grande distribution voient leur modèle critiqué. Ce modèle “basé sur un prix bas et des volumes élevés, n’est pas en capacité d’intégrer les enjeux de la transition alimentaire”, explique Charlie Brocard, chercheur en alimentation à l’Institut du développement durable et des relations internationales.Les poids lourds du secteur martèlent pourtant être conscients des enjeux et faire des efforts. Carrefour assure par exemple avoir “fait de la transition alimentaire pour tous sa raison d’être”. Leclerc, souvent l’un des plus décriés par les différentes enquêtes et rapports – avec une note de 4,5 sur 20 attribuée par le RAC dans son rapport sur la transition écologique de la grande distribution – a annoncé mi-avril lancer son propre indicateur carbone pour ses marques distributeurs.  Mais entre la guerre des prix que se mènent Leclerc, Carrefour, Intermarchés ou encore Lidl, les “marges très faibles” et “l’absence de croissance” du secteur, le contexte rend “compliqué” tout changement de modèle vers une forme plus vertueuse sans “fragiliser le modèle économique”, affirme Remy Gerin, directeur de la chaire Grande consommation à l’Essec.Le poids des acteurs de la grande distribution dans la consommation alimentaire est considérable: selon la FCD (Fédération patronale des supermarchés), l’alimentation dans les grandes surfaces pèse près de 200 milliards d’euros de chiffre d’affaires annuels.- “Responsabilité du consommateur” -Or les grandes enseignes “décident ce qu’elles mettent en rayon, fixent les prix, décident des articles qu’elles mettent en promotion”, souligne Remy Gerin. La prépondérance de la viande rouge et des plats préparés au détriment des aliments végétaux est par exemple l’un des reproches qui revient le plus souvent dans les enquêtes d’ONG et associations.  “En mettant le paquet sur la promotion de certains aliments – des produits sains, non transformés, végétariens – les distributeurs seraient en capacité de créer des marchés”, selon Charlie Brocard, qui s’appuie sur l’exemple du bio. “Lorsque les distributeurs se sont désengagés du bio, les ventes ont baissé. Cela montre leur pouvoir réel sur la demande”, explique le chercheur. “Bien sûr qu’on a parfaitement conscience de notre responsabilité là-dedans, mais (elle) n’est pas unique”, a réagi vendredi sur RTL Dominique Schelcher, PDG de la Coopérative U. “Il y a la responsabilité du consommateur lui même, la nôtre, peut être celle des médias qui passent de la publicité aussi pour ces produits là parfois. Donc c’est une responsabilité collective où chacun doit prendre sa part”, a-t-il jugé.C’est également le point de vue de Layla Rahhou, déléguée générale de la FCD, pour qui la transition alimentaire est “une question de société globale” et “un combat que (la grande distribution) ne peut mener seule”. “Le pouvoir de l’offre existe mais ce n’est pas le seul. Il ne faut pas déresponsabiliser les consommateurs”, estime-t-elle.Ailleurs en Europe, des exemples existent. Le géant belgo-néerlandais de la distribution Ahold Delhaize revendiquait par exemple en 2023 de proposer 44,1% de protéines d’origines végétales dans ses supermarchés aux Pays-Bas.  La France, depuis la loi Climat de 2021, prévoit de mettre en place un affichage environnemental sur tous les produits alimentaires afin de mieux informer le consommateur, à l’instar du nutri-score.Mais dans le projet de Stratégie pour l’alimentation, la nutrition et le climat (Snanc) mis en consultation par le gouvernement début avril avec deux ans de retard, il n’est plus question que d’un affichage sur la base du volontariat.

Trump dîne avec les acheteurs de sa cryptomonnaie, l’opposition démocrate dénonce un trafic d’influence

Donald Trump a reçu à dîner à huis-clos jeudi les 220 plus gros détenteurs de sa cryptomonnaie, un événement à la croisée du pouvoir et de l’argent, scandaleux pour l’opposition démocrate, qui crie au conflit d’intérêt.Cette soirée, d’un genre inédit, s’est tenue au Trump National Golf Club, l’un des parcours de golf et country clubs du groupe familial, situé à Potomac Falls (Virginie), en grande banlieue de Washington.”Les Etats-Unis dominent dans les cryptos, le bitcoin, etc, et nous allons faire en sorte que cela dure!”, a écrit le président américain sur son réseau social Truth Social en marge du dîner. Longtemps ouvertement hostile aux monnaies numériques, Donald Trump a fait volte-face durant sa dernière campagne, et le secteur a contribué à sa réélection pour plus de 100 millions de dollars.Pour être du dîner, il fallait détenir, en moyenne entre fin avril et mi-mai, pour plus de 50.000 dollars de $TRUMP, le nom de cette devise numérique lancée quelques heures avant l’investiture de Donald Trump.Certains, comme le milliardaire des cryptomonnaies Justin Sun, plus gros propriétaire de $TRUMP, en ont même acquis pour plusieurs millions de dollars.Sollicitée, la Maison Blanche n’a pas fourni la liste des participants au dîner.Selon des données communiquées à l’AFP par la société d’analyse Inca Digital, beaucoup des heureux élus ont acheté leurs $TRUMP via des plateformes inaccessibles aux internautes américains, ce qui laisse penser qu’il s’agit de ressortissants étrangers.”Si vous pensez qu’il n’y a rien de mal, alors qu’avez-vous à cacher?”, a lancé, jeudi, lors d’une conférence de presse intitulée “Publiez la liste des invités”, le sénateur démocrate Chris Murphy.Le système sur lequel s’appuient les monnaies numériques, la blockchain, garantit l’anonymat, contrairement au système financier traditionnel.Des entrepreneurs tels le financier Bryce Paul, le patron de la plateforme Magic Eden, Jack Lu, ou le programmeur Nikita Anufriev ont fait part sur X de leur présence au gala, le dernier postant une vidéo du discours prononcé par Donald Trump.En arrivant à l’entrée du golf, les convives ont été accueilli par des dizaines de manifestants, qui ont notamment scandé “Pas à vendre!” (Not for sale), selon des images diffusées par Our Revolution, un des groupes qui organisaient ce rassemblement.Les 25 plus importants possesseurs ont droit, en plus du dîner, à une audience privée avec le chef d’Etat et une visite de la Maison Blanche.Le $TRUMP a été labellisé “meme coin”, classe d’actifs à but purement spéculatif qui n’ont pas d’utilité transactionnelle et pas vocation de placement.Ses créateurs la présentent, eux, comme “l’expression du soutien et de l’engagement vis-à-vis des idéaux et des croyances” portés par Donald Trump.Une grande partie du milieu des cryptomonnaies a mal accueilli la commercialisation du $TRUMP, l’estimant de nature à ternir l’image de cette industrie.- “Incarnation de la corruption” -Selon le cabinet spécialisé Chainalysis, les créateurs du $TRUMP ont empoché environ 320 millions de dollars de commissions depuis son introduction.Ils prévoient par ailleurs d’émettre, dans les trois ans, 800 millions d’exemplaires supplémentaires, soit 12 milliards de dollars au cours actuel, qu’ils contrôleront.”Il vend son influence et l’accès au gouvernement américain”, a fustigé mercredi le sénateur démocrate Jeff Merkley, qui doit participer à un rassemblement de protestation devant le lieu du dîner, jeudi. “C’est l’incarnation de la corruption.”Un groupe d’élus démocrates a tenté de contrecarrer le vote, au Congrès, d’une loi sur les “stablecoins”, des devises numériques adossés à des monnaies traditionnelles, au motif que le texte n’interdisait pas clairement au président d’en détenir.Une start-up lancée en septembre avec le soutien du clan Trump a créé, fin mars, son propre stablecoin, USD1, qui a déjà été utilisé par le fonds émirati MGX.$TRUMP ou USD1, “des gouvernements étrangers pourraient acheter ses cryptomonnaies, ce qui voudrait dire que Donald Trump viole la Constitution sans que le grand public ne le sache”, s’est alarmé mercredi le président de l’observatoire anticorruption CREW, Noah Bookbinder.Le document fondateur interdit ainsi théoriquement à un officiel américain d’accepter des fonds d’un gouvernement étranger sans accord préalable du Congrès.”Il est absurde d’insinuer que le président tire profit de sa fonction”, a clamé, jeudi, la porte-parole de la Maison Blanche, Karoline Leavitt, soutenant que le chef d’Etat respectait “toutes les lois relatives aux conflits d’intérêt”.Elle a rappelé que Donald Trump avait placé l’ensemble de ses intérêts économiques et participations dans un trust géré par son fils. Le milliardaire peut néanmoins récupérer ces actifs à tout moment.Donald Trump “a renoncé à tout pour servir notre pays”, a insisté Karoline Leavitt. “Il a perdu de l’argent, et il a failli perdre la vie”, a-t-elle ajouté, en référence à la tentative d’assassinat dont il a été la cible en juillet 2024.Le magazine Forbes estime pourtant que sa fortune a plus que doublé depuis l’an dernier, passant de 2,3 à 5,4 milliards de dollars actuellement.

Au Bangladesh, vive controverse autour de l’interdiction du parti de l’indépendance

Mesure de justice ou déni de démocratie ? Au Bangladesh, la mise au ban politique du parti de l’ex-Première ministre du Bangladesh Sheikh Hasina, fer de lance de la guerre d’indépendance, a résonné comme un coup de tonnerre.Depuis la décision début mai du gouvernement provisoire, qui exclut la Ligue Awami des élections générales attendues d’ici un an, la controverse bat son plein, entre partisans et adversaires du plus vieux mouvement politique bangladais.Jahangir Alam a choisi son camp. Son fils de 19 ans a été tué lors des émeutes qui ont précipité la chute de la “bégum de fer” en août 2024, alors il soutient sans hésiter l’interdiction de son parti.”Le gouvernement a pris la bonne décision. Qui a donné à Sheikh Hasina le droit de tuer mon fils ?”, interroge le père d’Ibrahim Hossain Zahid.”Avant, les gens accrochaient la photo de +Mujib+ au-dessus de leurs têtes. A cause des fautes de sa fille, ils la piétinent”, poursuit-il.”Mujib”, c’est Sheikh Mujibur Rahman. Père de Sheikh Hasina, premier président du Bangladesh indépendant en 1971 et chef de la Ligue Awami qui a mené le combat fratricide contre le Pakistan. Un héros pour nombre de ses compatriotes.La question de l’avenir de la Ligue était posée depuis la “révolution” d’août 2024, mais ce n’est que le 11 mai que le chef du gouvernement provisoire, le prix Nobel de la paix Muhammad Yunus, l’a finalement tranchée.Les activités de l’AL ont été interdites, a justifié l’exécutif, “en application de la loi antiterroriste, jusqu’au procès du parti et de ses chefs”.- “Aucun remords” -Sheikh Hasina, plusieurs de ses ministres et des chefs de son parti et des forces de sécurité sont accusés par la justice d’avoir ordonné la répression des manifestations de l’été dernier.Selon un bilan très provisoire de l’ONU, elle aurait fait au moins 1.400 victimes.La Ligue Awami a rejeté “avec dégoût” la décision des autorités. Et promis de “continuer à fonctionner de façon appropriée”.Dans un pays où les tensions politiques sont restées très vives, l’analyste Farhad Mazhar, proche des étudiants à la pointe de la mobilisation anti-Hasina, juge l’interdiction bienvenue.”Elle est juste et conforme à la volonté du peuple”, argumente-t-il. “Alors oui, l’espace démocratique s’est réduit, mais la Ligue Awami n’a jamais exprimé aucun remords”.C’est là le principal reproche adressé à l’exécutif.Interdire l’AL constitue une “atteinte aux libertés fondamentales” qui “ressemble à la répression exercée par l’ex-gouvernement”, a jugé l’ONG Human Rights Watch.”Les opprimés sont devenus les oppresseurs”, griffe lui aussi Latif Siddiqui, figure historique de la Ligue Awami et ancien ministre.Proche de l’AL sous l’ancien régime, le chef du parti Jatiya, GM Quader, déplore par principe toute interdiction d’un mouvement politique.”Nous croyons en une démocratie multipartisane”, énonce-t-il. “Si la Ligue Awami est interdite pour avoir ordonné des meurtres de masse, qu’en est-il des partis plus ou moins impliqués dans un génocide”, interroge le dirigeant.- “Rebond” -Une référence au plus important parti islamiste du pays, le Jamaat-e-Islami.Soutien du Pakistan contre l’indépendance en 1971, il a été interdit et décimé par la répression sous le règne Hasina (2009-2024), où plusieurs de ses chefs ont été condamnés et pendus.Le Jamaat-e-Islami est revenu depuis l’an dernier sur la scène publique et a été autorisé à présenter des candidats à titre personnel.Du point de vue de la carte électorale, les spécialistes font remarquer que l’interdiction de l’AL ne signifie pas la mort de ses idées.”Ce serait très imprudent de le croire”, note Mamun Al Mostafa, professeur de sciences politiques à l’université de Dacca. “Le parti a déjà été interdit et a traversé de nombreuses crises (…) mais il a toujours rebondi”.”L’AL dispose d’un réservoir de vote évalué à 30% de l’électorat”, évalue pour sa part Shahdeen Malik, constitutionnaliste et avocat.”Vu les atrocités qu’elle a commis, elle a sûrement perdu une parti de son soutien mais pas en-deçà de 20%”, dit-il, “priver ces 20% de leur droit à être représenté ne profitera à personne”.Présenté comme le favori du prochain scrutin, le Parti nationaliste du Bangladesh (BNP) veut croire que si. Il n’a pas fait campagne pour la mise au ban de l’AL, mais il s’en est satisfait. Avec quelques arrières-pensées.Si les membres de la Ligue “n’ont pas oeuvré spécifiquement pour la suppression du BNP (…) ils sont les bienvenus”, a récemment lancé un de leurs chefs, Amir Khasru Mahmud Chowdhury.sa/pa/pt