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Trump écorne le “soft power” américain

La décision de l’administration Trump de révoquer l’accueil d’étudiants étrangers à l’université Harvard, emblème du rayonnement des Etats-Unis dans le monde, risque d’écorner un peu plus le “soft power” américain.Depuis son retour au pouvoir en janvier, le président Donald Trump s’est engagé dans une bataille idéologique visant à mettre un terme à des décennies de programmes faisant la promotion de la diversité aux Etats-Unis et à l’étranger.Il a dans le même temps ordonné des coupes claires dans l’aide étrangère américaine, s’en est pris à la recherche universitaire faisant craindre une fuite des cerveaux, et a sabré des médias, comme l’historique Voix de l’Amérique (VOA), désormais mise sous silence.Et début mai, Donald Trump a menacé de taxer à 100% les films diffusés aux Etats-Unis mais produits à l’étranger, une décision qui aurait été lourde de conséquences par exemple pour “Mission: Impossible – The Final Reckoning” avec Tom Cruise, plus grand film américain projeté à Cannes, tourné principalement au Royaume-Uni et en Afrique du Sud.Donald Trump a également mis au pilori les musées Smithsonian de Washington, des institutions culturelles accusées par le président républicain de mener un “endoctrinement idéologique” racial ou encore le Kennedy Center, lieu de spectacle phare de la capitale.Mis en avant dans les années 80 par le politologue de renom Joseph Nye, décédé début mai, le concept de “soft power” fait référence à une diplomatie d’influence ou d’attraction par opposition à une politique de coercition.Or, aux yeux des détracteurs de M. Trump, ces décisions cumulées sur fond de guerre commerciale nuisent à l’image des Etats-Unis à l’étranger et son pouvoir d’attractivité, impactant jusqu’à la venue de touristes aux Etats-Unis.Dénonçant la décision visant Harvard, la sénatrice démocrate Jeanne Shaheen a fait valoir que “les étudiants étrangers contribuent à notre économie, soutiennent l’emploi aux Etats-Unis et font partie de nos outils les plus puissants en matière de diplomatie et de +soft power+”.”Cette action irréfléchie nuit durablement à notre influence mondiale”, a-t-elle ajouté dans un communiqué.L’actuel Premier ministre canadien Mark Carney ou encore le président de Taïwan Lai Ching-te ont été étudiants à Harvard.La prestigieuse université américaine a certes obtenu un répit vendredi, un tribunal ayant bloqué temporairement cette révocation.Mais l’offensive est lancée et elle envoie des frissons à travers le monde.- Record d’étudiants étrangers -Les universités américaines attirent chaque année des centaines de milliers d’étudiants étrangers notamment d’Asie.En 2023/24, quelque 1.126.690 étudiants étrangers étaient inscrits dans des universités à travers les Etats-Unis, un record, d’après des chiffres cités par l’Institute of International Education.Dans l’ordre, l’Inde, la Chine et la Corée du Sud fournissent les plus gros contingents, principalement dans les filières des mathématiques, de l’informatique et de l’ingénierie.Les réactions à l’étranger à la décision contre Harvard ne se sont pas faites attendre notamment à Pékin, alors que les Etats-Unis et la Chine se livrent une féroce compétition et rivalisent d’influence dans le monde.”La Chine s’est toujours opposée à la politisation de la coopération éducative”, a réagi vendredi le ministère chinois des Affaires étrangères, estimant que cette démarche “ne fera que nuire à l’image et à la réputation internationale des Etats-Unis”.Les autorités de Hong Kong ont demandé aux universités de la ville chinoise d’accueillir “des étudiants exceptionnels de partout dans le monde” et ont promis des mesure pour faciliter leur venue. L’administration Trump estime que les universités américaines dont Harvard se sont transformées en vivier des idées d’extrême gauche ou progressistes et argue de gaspillages massifs dans des programmes de diversité inutiles.”Vous avez un enfant merveilleux qui a très bien réussi, puis vous l’envoyez à Harvard, et l’enfant revient à la maison (…) et il est certainement prêt à devenir un fabuleux militant de gauche, mais il ne sera peut-être pas en mesure de trouver un emploi”, a estimé jeudi la porte-parole du département d’Etat, Tammy Bruce.Lors d’une audition cette semaine au Congrès, le secrétaire d’Etat américain Marco Rubio, pris à partie sur les coupes budgétaires dans l’aide étrangère, avait répliqué qu’il ne s’agissait pas “de démanteler la politique étrangère américaine ni d’un repli sur soi” mais d’optimiser l’aide sous la bannière de l'”Amérique d’abord”.Interrogé par l’AFP en février, Joseph Nye, le théoricien du “soft power”, avait porté un jugement sévère sur Donald Trump.Trump “ne pense qu’en termes de coercition et de paiement”, écrivait-il dans un courrier électronique adressé à l’AFP. Or, “notre succès au cours des huit dernières décennies a également été basé sur l’attractivité”.

Trump écorne le “soft power” américain

La décision de l’administration Trump de révoquer l’accueil d’étudiants étrangers à l’université Harvard, emblème du rayonnement des Etats-Unis dans le monde, risque d’écorner un peu plus le “soft power” américain.Depuis son retour au pouvoir en janvier, le président Donald Trump s’est engagé dans une bataille idéologique visant à mettre un terme à des décennies de …

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Transport des malades: les taxis menacent de nouveaux blocages avant la réunion au ministère des Transports avec Bayrou

Les chauffeurs de taxis ont menacé de nouvelles actions de blocage, en attendant une réunion de leurs représentants samedi à 17H00 au ministère des Transports en présence de François Bayrou, pour tenter de trouver une issue au conflit qui dure depuis bientôt une semaine en raison d’une nouvelle convention régissant le transport de patients.”On demande le retrait immédiat de cette convention et on demande à retourner autour de la table des négociations”, a déclaré samedi sur France Info, Emmanuelle Cordier, présidente de la Fédération nationale des taxis (FNDT), sans quoi de nouveaux blocages sont à prévoir.”A partir de lundi”, s’l n’y a pas d’ouverture de négociations, les aéroports parisiens de Roissy et Orly “vont être bloqués par les taxis et puis nous allons aussi nous occuper de Roland-Garros”, a déclaré Mme Cordier, le premier tour du tournoi de tennis démarrant dimanche.De nombreux taxis ont passé la nuit de vendredi à samedi boulevard Raspail, aux abords du ministère des Transports, a consaté un journaliste de l’AFP. Selon Gérome Lassalle, de l’association Elite Taxis, contacté par l’AFP, “au moins 300” d’entre eux ont campé là. En cas d’échec de la réunion au ministère, “les confrères vont être surmotivés pour prendre d’assaut les aéroports et les gares parisiennes”, a-t-il déclaré.L’intersyndicale des taxis a lancé une mobilisation lundi pour protester contre ce projet qui prévoit une unification des tarifs, aujourd’hui hétérogènes selon les départements. Le nouveau système doit reposer sur une prise en charge de 13 euros par l’Assurance maladie, puis un tarif kilométrique. Il est conçu pour dissuader les retours à vide ou les temps d’attente trop longs. Cette tarification doit entrer en vigueur le 1er octobre. L’objectif est de limiter la croissance des dépenses de transport sanitaire qui ont atteint 6,74 milliards d’euros en 2024, dont 3,07 milliards pour les taxis conventionnés (un bond de 45% depuis 2019).D’après le directeur général de l’Assurance maladie Thomas Fatôme, “la très grande majorité des taxis seront gagnants avec ce nouveau modèle, car il s’appuie sur une logique de transporter davantage de patients”.Le remboursement des transports de patients sur prescription est une activité essentielle dans le chiffre d’affaires de certains artisans-taxis.Parmi les manifestants, certains ont expliqué que la nouvelle grille tarifaire allait leur faire perdre une part substantielle de leur chiffre d’affaires. Yves Rubicondo, taxi à Pithiviers (Loiret) avec trois salariés, qui réalise 95% de son chiffre d’affaires avec l’Assurance maladie, pense perdre 25 à 30% de celui-ci.- Concurrence des VTC -“Ce que la CNAM propose est viable, mais on ne peut pas tout faire d’un coup. Pour moi c’est -60% de chiffre d’affaires!”, expliquait vendredi un taxi de la région lyonnaise venu manifester devant la gare du Nord à Paris.Les taxis demandent le retrait de la convention de la CNAM et la nomination d’un médiateur. Mais le gouvernement a déjà assuré vendredi qu’il ne comptait “pas faire machine arrière”.Tout au long de la semaine, des milliers de taxis ont manifesté, participé à des opérations escargot ou mis en place des blocages près des gares et aéroports pour se faire entendre. A Paris, l’épicentre de la contestation s’est concentré boulevard Raspail, où concerts de klaxons et feux d’artifice ont rythmé la semaine.Le climat s’est tendu à plusieurs reprises avec les forces de l’ordre et quatre manifestants parisiens ont été poursuivis.Les organisations de taxis ont aussi pris pour cible les chauffeurs de VTC, qui travaillent avec des plateformes comme Uber ou Bolt, accusés de concurrence déloyale et de pratiques irrégulières.Le ministre de l’Intérieur Bruno Retailleau, qui a dans ses missions la régulation des taxis, a d’ailleurs demandé aux forces de l’ordre de renforcer les contrôles des véhicules avec chauffeur (VTC).Dans un télégramme adressé jeudi aux préfets et consulté par l’AFP, le ministre de l’Intérieur met en exergue des “incidents récurrents” des derniers mois qui “démontrent la tension entre les taxis et les conducteurs de VTC”.En cause, selon M. Retailleau, “des pratiques irrégulières de la part des VTC et la présence de faux professionnels sur la voie publique”.Le ministre a demandé que les forces de l’ordre utilisent trois nouvelles amendes forfaitaires délictuelles pour exercice illégal du métier de taxi, prise en charge sans réservation et défaut d’inscription au registre VTC.

Qui aura la Palme d’or? Le Festival de Cannes dévoile son palmarès

Qui décrochera la Palme d’or ? Juliette Binoche et son jury dévoilent samedi soir le palmarès du 78e Festival de Cannes, au terme d’une compétition très ouverte, avec quelques favoris comme le dissident iranien Jafar Panahi.Le jury pourrait envoyer un signal politique fort en sacrant aussi l’Ukrainien Sergueï Loznitsa ou le Suédo-égyptien Tarik Saleh, récompenser l’un des jeunes talents de la sélection ou marquer l’histoire en décernant une troisième Palme aux frères Dardenne.Emmenés par la star française, les neuf membres du jury se réunissent en conclave pour désigner, parmi les 22 films en compétition, le successeur d'”Anora”, Palme d’or 2024 de l’Américain Sean Baker. Ils doivent décerner au moins six autres trophées, dont les prix d’interprétation féminine et masculine, au cours d’une cérémonie de clôture qui débutera à 18H40 (16H40 GMT).Jafar Panahi, 64 ans, a marqué les esprits avec “Un simple accident”, conte moral auscultant le dilemme d’anciens détenus tentés de se venger de leur tortionnaire. Saluée par les critiques, cette charge contre les autorités iraniennes résonne avec le sort de Panahi, emprisonné deux fois en Iran, où ce long métrage tourné clandestinement pourrait lui valoir des représailles.”Ce qui importe le plus, c’est que le film ait été réalisé. Je n’ai pas pris le temps de penser à ce qui pourrait arriver. Je suis vivant tant que je fais des films”, a-t-il déclaré à l’AFP pendant le festival.La présence du réalisateur à Cannes, après avoir été assigné pendant 15 ans en Iran, était un moment fort.Au-delà de l’Iran, cette 78e édition a fait écho aux guerres au Proche-Orient et en Ukraine. Elle a aussi été marquée par des déclarations engagées, à commencer par la charge de Robert De Niro contre Donald Trump.Côté paillettes, la quinzaine a connu ses défilés de stars, de Denzel Washington à Tom Cruise, venu présenter le dernier “Mission: Impossible”, en passant par Scarlett Johansson, pour son premier film de réalisatrice, et Nicole Kidman. – Renouvellement -Parmi les autres films de la compétition qui ont séduit les critiques, “Deux procureurs” de Sergueï Loznitsa propose, en remontant au temps des purges staliniennes des années 30, une réflexion sur l’arbitraire.Les faveurs du public sont allées à “Nouvelle vague”, hommage réjouissant de l’Américain Richard Linklater à Jean-Luc Godard, et madeleine de Proust pour les cinéphiles. Mais surtout au Norvégien Joachim Trier pour “Valeur Sentimentale”, un mélodrame entre rire et larmes ovationné une vingtaine de minutes, un record.Son acteur suédois Stellan Skarsgard est en lice pour un prix d’interprétation, tout comme le Britannique Josh O’Connor (le prince Charles de “The Crown”), dans deux films, ou l’Américain Joaquin Phoenix, intense dans “Eddington”.Parmi les nombreux rôles féminins marquants, l’Américaine Jennifer Lawrence se livre totalement en mère qui bascule dans la folie dans “Die, My Love”. Une nouvelle venue, la Française Nadia Melliti, se fait remarquer dans “La petite dernière”, sur une jeune musulmane qui découvre son homosexualité.Le film a obtenu la Queer Palm vendredi. Cannes pourrait primer sa réalisatrice, l’actrice française devenue cinéaste Hafsia Herzi, 38 ans, et poursuivre ainsi son renouvellement, après avoir donné la Palme d’or ces dernières années à ses compatriotes Julia Ducournau et Justine Triet.Autre trentenaire qui a marqué les esprits mais divisé profondément la critique, le jeune prodige du cinéma chinois Bi Gan, 35 ans. Nouvelle venue sur la Croisette, l’Allemande Mascha Schilinski, 41 ans, plonge elle, dans “Sound of Falling”, dans un labyrinthe de traumas familiaux transmis de mères en filles.A l’opposé, le jury pourrait remettre une nouvelle Palme d’or aux frères belges Jean-Pierre et Luc Dardenne, 74 et 71 ans, pour “Jeunes mères”. Les septuagénaires deviendraient alors les premiers réalisateurs de l’Histoire à recevoir trois Palmes.

Venezuela: arrestation d’un proche de la cheffe de l’opposition à l’avant-veille des élections

Juan Pablo Guanipa, un important dirigeant de l’opposition vénézuélienne proche de la leader Maria Corina Machado, a été arrêté vendredi, accusé de conspiration contre les élections législatives et régionales de dimanche, boycottées par l’opposition.Le ministre de l’Intérieur Diosdado Cabello accuse M. Guanipa, ancien député âgé de 60 ans, d’être “l’un des chefs d'(un) réseau terroriste”. L’opposant sera poursuivi pour “terrorisme, blanchiment d’argent, incitation à la haine et à la violence”, a-t-il indiqué.Le ministre a diffusé à la télévision publique des images du dirigeant, menotté et vêtu d’un gilet pare-balles, faisant face à des policiers masqués et vêtus de noir.”Quatre téléphones ont été saisis, ainsi qu’un ordinateur portable. Tout le plan s’y trouve (…) Maintenant il va rendre des comptes devant la justice”, a affirmé M. Cabello.M. Guanipa vivait, comme Maria Corina Machado, dans la clandestinité depuis la présidentielle de juillet 2024 à laquelle l’opposition revendique la victoire, criant à la fraude.Le Conseil national électoral, accusé d’être aux ordres du pouvoir, a décrété le président Nicolas Maduro vainqueur du scrutin sans donner le détail des votes, assurant avoir été victime d’un piratage informatique jugé peu crédible par de nombreux experts. Pour cette raison, Mme Machado a appelé au boycott du scrutin de dimanche, promettant “des bureaux de vote vides”. Une frange de l’opposition va participer, estimant qu’il faut voter malgré les “fraudes du pouvoir”. – “Emprisonné mais jamais vaincu” -Peu de temps après son arrestation, un message est apparu sur les réseaux sociaux de l’opposant: “Si vous lisez ceci, c’est parce que j’ai été enlevé par les forces du régime de Nicolas Maduro. Je n’ai pas de certitude sur ce qui m’arrivera dans les prochaines heures, jours et semaines. Mais ce dont je suis sûr, c’est que nous gagnerons la longue lutte contre la dictature”, dit-il.”Aujourd’hui, je suis injustement emprisonné, mais jamais vaincu. Il ne leur reste que la peur. Ils se cachent derrière la brutalité et la cruauté pour se maintenir au pouvoir”, conclut-il dans son message faisant référence au pouvoir en place.Mme Machado a réagi sur les réseaux sociaux: “C’est du TERRORISME D’ÉTAT pur et dur. Guanipa est un homme COURAGEUX et INTÈGRE. Il est mon compagnon et mon frère”.Le chef de la diplomatie américaine, Marco Rubio, a exprimé sa “préoccupation” après cette arrestation “injustifiée et arbitraire”. Il a dénoncé une nouvelle vague de répression dans le pays avant les élections de dimanche.La dernière apparition publique de M. Guanipa — et de Mme Machado — remonte au 9 janvier et à une manifestation de l’opposition contre l’investiture de M. Maduro le 10 janvier. M. Cabello a également annoncé l’arrestation de 70 personnes dans le cadre de cette tentative présumée de “saboter” les élections.  Il a notamment cité 11 autres personnes, mentionnant un Équatorien, un Argentin, un Serbe, un Allemand et “quelques” Pakistanais. Il a accusé les détenus de vouloir placer des explosifs dans des hôpitaux, des stations de métro, des commissariats de police et des infrastructures électriques, assurant que les autorités avaient saisi des explosifs, des armes, des détonateurs et de l’argent liquide. En soirée, le parquet a diffusé un communiqué qualifiant M. Guanipa de “dangereux conspirateur qui fait partie d’une organisation criminelle qui a cherché à saboter” la présidentielle du 28 juillet. “Guanipa, qui entretient des liens avec des structures de trafic de drogue, est lié à un nouveau plan d’actions criminelles pour éviter la tenue pacifique des élections de dimanche”, selon le texte du procureur général Tarek William Saab.Le gouvernement vénézuélien dénonce presque quotidiennement des plans de déstabilisation et des complots.Lundi, M. Cabello avait annoncé la suspension des vols avec la Colombie au moins jusqu’au 26 mai, indiquant alors que des “mercenaires” cherchaient à s’infiltrer dans le pays. Les frontières terrestres font également l’objet d’une surveillance spéciale.Environ 400.000 membres des forces de l’ordre seront déployés pour sécuriser les élections.Figure de l’opposition, M. Guanipa avait été député en 2015 lors de législatives remportées par l’opposition. En janvier 2020, il était le “vice-président” de Juan Guaido, lorsque celui-ci s’est auto-proclamé “président intérimaire” du pays après la présidentielle 2018, remportée par Maduro lors d’un scrutin boycotté par l’opposition.Cet avocat avait été élu gouverneur de l’État pétrolier de Zulia (ouest) en 2017, mais il n’avait jamais pris ses fonctions, refusant de prêter serment devant l’Assemblée constituante, qu’il accusait d’avoir usurpé les pouvoirs législatifs de l’Assemblée élue en 2015.

Cannes: l’émotion avec les frères Dardenne pour refermer la compétition

Les frères Dardenne sont entrés vendredi dans la course pour une troisième et historique Palme d’or, au dernier jour d’une compétition cannoise qui a mis en lumière la star montante Josh O’Connor.Dans “Jeunes mères”, Jean-Pierre et Luc Dardenne suivent cinq adolescentes cabossées par la vie qui font leurs premiers pas dans la maternité. Trait d’union entre elles, une maison maternelle. Le duo belge, sacré à Cannes pour “Rosetta” (1999) et “L’Enfant” (2005), en fait l’épicentre de la reconstruction de ces filles-mères.S’ils étaient sacrés samedi, les septuagénaires deviendraient les premiers réalisateurs à totaliser trois Palmes.Après la salve d’applaudissements qui a suivi la projection, ils ont salué la mémoire d’Emilie Dequenne, décédée d’un cancer à 43 ans en mars, qu’ils avaient révélée dans “Rosetta”. Ce rôle lui a valu le prix d’interprétation féminine. “Emilie était quelqu’un de très vivante”, a déclaré Luc Dardenne devant une salle comble. “Emilie aimait la vie, donc vive la vie”, a complété son frère. La compétition cannoise s’est refermée dans la soirée avec la projection de “The Mastermind”, de l’Américaine Kelly Reichardt.En voleur de tableaux raté qui appelle maman à la rescousse quand les choses tournent mal dans les Etats-Unis de 1970, en pleine guerre du Vietnam, le Britannique Josh O’Connor, 35 ans, peut rêver à un prix d’interprétation. Visage du prince Charles dans la série “The Crown” et joueur de tennis pris dans un triangle amoureux dans “Challengers” avec Zendaya, O’Connor figure au générique d’un autre film en lice pour la Palme d’or, la romance gay “The History of Sound”.- Panahi, Loznitsa, Trier ? -Après cette ultime projection, les neuf membres du jury, emmenés par la star française Juliette Binoche, commenceront samedi leurs délibérations pour désigner, parmi les 22 films en compétition, le successeur d'”Anora”, Palme d’or 2024 de l’Américain Sean Baker. Quelques favoris se sont dégagés, notamment “Un simple accident”, charge contre les autorités de l’Iranien Jafar Panahi, “Deux procureurs”, réflexion sur l’arbitraire de l’Ukrainien Sergueï Loznitsa, et “Valeur sentimentale”, drame familial du Norvégien Joachim Trier.Plusieurs autres prix (mise en scène, scénario, interprétation féminine et masculine…) seront décernés au cours de la cérémonie de clôture, à partir de 18H40 (16H40 GMT).Hors compétition, le prix Un certain regard a été remis vendredi au “Mystérieux regard du flamant rose” du Chilien Diego Céspedes, 30 ans. Les protagonistes de ce film sont des femmes transgenres rejetées par la société, sur fond d’épidémie de sida. “La petite dernière”, troisième long-métrage et premier en compétition de l’actrice et réalisatrice française Hafsia Herzi, a remporté la Queer Palm, un prix alternatif du “meilleur film LGBTQ+” qui fête ses 15 ans, avec le cinéaste français Christophe Honoré comme président du jury. “Imago”, premier film tchétchène sur la Croisette, a remporté l’Oeil d’or du meilleur documentaire, dont le jury a aussi décerné un prix spécial à “The six billion dollar man”, consacré au fondateur de Wikileaks Julian Assange.”The president’s cake” de Hasan Hadi, premier film irakien à Cannes, a pour sa part remporté le prix du public à la Quinzaine des cinéastes.La Palm Dog, récompensant le cabot avec le plus de mordant du festival, a enfin été décernée à Panda, chien de berger du film islandais “L’Amour qu’il nous reste”, dans la section Cannes Première.Deux premières de films français étaient également au programme. “13 jours, 13 nuits” de Martin Bourboulon, avec Roschdy Zem et Lyna Khoudri, retrace l’évacuation de l’ambassade de France à Kaboul, qui s’apprête à tomber aux mains des talibans en août 2021.”Moi qui t’aimais” de Diane Kurys met en scène le même Roschdy Zem et Marina Foïs dans la peau d’un couple mythique du cinéma français, Yves Montand et Simone Signoret.

Trump menace l’Union européenne de droits de douane XXL

Donald Trump a menacé vendredi d’assommer l’Union européenne avec des droits de douane de 50% dès le 1er juin, des foudres commerciales que l’UE tente de contenir, appelant au “respect”.L’Union européenne travaille de “bonne foi” pour obtenir un accord commercial avec les Etats-Unis fondé sur le “respect” et non sur les “menaces”, a rétorqué le commissaire européen au Commerce Maros Sefcovic. L’UE est “pleinement engagée et déterminée à obtenir un accord qui fonctionne pour les deux parties”, a-t-il ajouté.Un appel au calme face aux attaques du président américain plus tôt vendredi, qui a affirmé qu’il ne “cherchait pas d’accord” commercial avec son partenaire outre-Atlantique.”Nous avons établi les termes de l’accord. C’est 50%” de droits de douane, a asséné Donald Trump dans le Bureau ovale, quelques heures après l’annonce de cette taxe XXL sur sa plateforme Truth Social.Le républicain répète à l’envi que l’UE a été “créée pour faire du mal aux Etats-Unis”.”Il est temps de jouer à ce jeu de la manière dont je sais y jouer”, a dit le milliardaire républicain, dont la politique protectionniste est basée sur des menaces tonitruantes souvent suivies de volte-face partielles, tout aussi retentissantes.- Made in USA -La Bourse de New York ne s’est pas affolée vendredi, contrairement aux marchés européens. Accusant le coup, Paris a clôturé à -1,65% et Francfort à -1,54%.Donald Trump, dans un autre message sur Truth Social, a ciblé Apple (dont le titre perdait 2,76% à 195,81 dollars). Il a menacé le géant de l’électronique de lui infliger “au moins 25%” de surtaxe s’il ne fabrique pas ses iPhone aux Etats-Unis.”L’iPhone, s’ils veulent le vendre aux Etats-Unis, je veux qu’il soit fabriqué aux Etats-Unis, ils en sont capables”, a asséné le président américain.Ces menaces concernent aussi le géant sud-coréen Samsung et les autres fabricants de smartphones.Un projet qui “n’est pas réaliste”, a jugé l’analyste de Wedbush Daniel Ives, pour qui “il faudrait cinq à dix ans pour rapatrier la production”. Et dans ce cas il faudrait s’attendre à une flambée des prix.Le patron d’Apple Tim Cook avait déclaré début mai s’attendre à ce que “la majorité des iPhone vendus aux Etats-Unis” pendant le trimestre en cours proviennent d’Inde, et non plus de Chine.Plusieurs pays ont condamné ces nouvelles menaces, qui “n’aident en rien” selon le ministre délégué au Commerce extérieur français.Le chef de la diplomatie allemande Johann Wadephul a jugé que ce nouvel accès de fièvre douanière “ne faisait que nuire à l’économie des deux marchés”.- “Très optimiste” -Les Etats-Unis exportent notamment vers l’UE des logiciels et des services de communications, là où l’Europe leur vend surtout des automobiles, des machines-outils et des équipements de transport.Donald Trump s’en prend régulièrement à l’Europe depuis son retour à la Maison Blanche, l’estimant “pire que la Chine” dans les relations commerciales.Les Etats-Unis évaluent leur déficit avec l’UE pour les biens à 235 milliards de dollars en 2024, mais la Commission européenne pointe que l’excédent américain en termes de services ramène le déficit commercial à 50 milliards d’euros (environ 57 milliards de dollars).Dans plusieurs notes, des analystes ont décrit l’annonce du président américain comme une “tactique de négociation”.”Elle intervient alors que les négociations avec l’UE ont débuté mais semblent difficiles, les premiers éléments semblant montrer un mécontentement des Etats-Unis car l’Europe ne propose qu’une baisse mutuelle, et non unilatérale, des droits de douane et rien sur la taxation numérique”, a ainsi pointé Capital Economics.Les droits de douane appliqués par les Etats-Unis aux produits européens s’élèvent actuellement à 12,5% en moyenne, 2,5% correspondant au niveau avant le retour de Donald Trump au pouvoir en janvier et 10% aux surtaxes annoncées début avril.

Sebastião Salgado, grand témoin de l’état du monde, est mort

Grand témoin de la condition humaine et de la planète, le photographe franco-brésilien Sebastião Salgado, connu pour ses grandes images en noir et blanc de peuples défavorisés et de la forêt amazonienne, est mort vendredi à 81 ans à Paris.L’Académie des Beaux-Arts française, dont il était membre, a annoncé son décès.”Photographe parcourant le monde sans arrêt, il a contracté une forme particulière de malaria en 2010, en Indonésie, dans le cadre de son projet +Genesis+. Quinze ans plus tard, les complications de cette maladie se sont transformées en une leucémie sévère, qui a eu raison de lui”, a fait savoir sa famille dans un communiqué transmis à l’AFP.De Brasilia, le président brésilien Lula a rendu hommage à son compatriote, “l’un des plus grands et meilleurs photographes que le monde ait connus”.La Maison européenne de la photographie, à Paris, a évoqué ses images “puissantes, profondément engagées et d’une force graphique rare”, qui “ont contribué à transformer notre regard sur le monde”.Un de ses confrères, l’Américain Steve McCurry, a salué sur Instagram “sa vision et son humanité”. “Il n’a pas seulement documenté la condition humaine avec une profondeur inégalée, mais a aussi aidé à sauver la planète avec son travail pour la reforestation (…)”, a-t-il écrit.Dans son Etat natal de Minas Gerais, Salgado a fondé l’institut Terra, pour faire repousser la forêt et régénérer la biodiversité.Selon la présidence de la COP30 sur les changements climatiques, prévue en novembre au Brésil, il a “inspiré des millions de personnes en décrivant, avec sensibilité et maestria, la relation entre l’humanité et l’environnement”.Certains reprochaient à Salgado de tirer profit d’une “esthétique de la misère”, des critiques qu’il préférait ignorer.Il n’avait “jamais détourné le regard” du réel “pour que le monde puisse, à son tour, le regarder en face”, a relevé la ministre française de la Culture Rachida Dati.- “langage puissant” -Il laisse un héritage unique en images de ses centaines de voyages à travers la forêt amazonienne mais aussi à travers la planète, du Rwanda à l’Indonésie, du Guatemala au Bangladesh, capturant avec son objectif des tragédies humaines comme la famine, les guerres ou les exodes massifs.Il concevait la photographie comme “un langage puissant pour tenter d’établir de meilleurs rapports entre les hommes et la nature”, rappelle l’Académie des Beaux-Arts française dans sa biographie.Il travaillait presque exclusivement en noir et blanc, qu’il considérait à la fois comme une interprétation de la réalité et une manière de traduire la dignité irréductible de l’humanité.Né le 8 février 1944 à Aimorés, dans le Minas Gerais au Brésil, économiste de formation, il s’était exilé en France en 1969 pour fuir la dictature militaire avec sa future épouse, Lélia Wanick, avec qui il a eu deux fils.Il avait débuté sa carrière de photographe professionnel en autodidacte en 1973 à Paris, intégrant tour à tour les agences Sygma, Gamma et Magnum jusqu’en 1994. Il avait alors fondé avec son épouse Lélia Wanick une agence exclusivement dédiée à son travail, Amazonas images, devenue leur studio.- “Mode de vie” -Ses photos ont été publiées dans la presse internationale et dans des magazines comme Life ou Time, et ont fait l’objet d’innombrables livres (“Exodus”, “Genesis”, “Amazônia”, “De ma terre à la Terre”…) et expositions.Dans le cadre de l’année France-Brésil, une rétrospective de 170 clichés emblématiques de Salgado se tient jusqu’à début juin à Deauville, en Normandie.La photographie “est un mode de vie, c’est mon idéologie”, confiait-il à l’AFP en 2022, à Sao Paulo, durant la présentation de son exposition “Amazonie”, fruit de sept ans de travail dans la plus grande forêt tropicale de la planète.Au printemps de la même année, il présentait “Aqua Mater” au coeur du quartier d’affaires de la Défense à Paris, un travail sur l’eau et son importance.Il disait alors que ses photos représentaient “l’essence de la vie, l’eau qui naît des forêts (…). Elles racontent l’histoire de l’eau en abondance et celle dont manquent ceux qui vivent dans des camps de réfugiés, dans le désert”, ajoutait-il, appelant à cesser “notre destruction massive de la planète au profit d’un équilibre”.Il devait inaugurer samedi à Reims (nord-est de la France) une exposition de dessins de son fils Rodrigo, 45 ans, porteur de trisomie 21, à l’église du Sacré-Coeur, pour laquelle une douzaine de vitraux ont été réalisés à partir de ses oeuvres.

Etudiants étrangers: Harvard obtient un sursis face à Trump

Bref soupir de soulagement à Harvard. Un tribunal américain a bloqué temporairement vendredi la décision de l’administration Trump d’interdire l’inscription de milliers d’étudiants étrangers dans la prestigieuse université, au coeur d’un bras de fer avec le président.Après les déclarations au vitriol, les appels à changer le cursus et les coupes dans les subventions de recherche, l’administration Trump a écrit jeudi un nouveau chapitre de son offensive contre l’enseignement supérieur en révoquant la certification SEVIS (Student and Exchange Visitor) de Harvard.L’université, située en banlieue de Boston, ne peut ainsi plus accueillir d’étudiants étrangers. Et ceux sur le campus pourraient devoir quitter les Etats-Unis dès la remise des diplômes, prévue la semaine prochaine.D’après le site internet de l’université, classée parmi les meilleures au monde et qui a produit 162 prix Nobel, l’établissement accueille cette année quelque 6.700 “étudiants internationaux”, soit 27% de ses effectifs.”D’un seul coup de crayon, le gouvernement efface un quart des étudiants d’Harvard”, peut-on lire dans la plainte déposée auprès du tribunal fédéral du Massachusetts, Etat du nord-est américain où est située l’université.Cette décision est “le dernier acte de représailles” de l’administration Trump “qui cherche à prendre le contrôle de la direction d’Harvard, de ses programmes et de l’+idéologie+ de l’université et des étudiants”, poursuit la requête de 72 pages, qui appelle à sa révocation “immédiate”.La juge fédérale Allison D. Burroughs a bloqué temporairement la décision de l’administration d’ici la tenue d’une audience préliminaire le 29 mai.Un conseiller de la Maison Blanche, Stephen Miller, a fustigé cette décision sur X. “Voilà une juge communiste qui créé le droit pour les étrangers (…)  d’être admis dans les universités américaines financées par les impôts des Américains”, a-t-il écrit à propos du sursis pour Harvard, université où les frais de scolarité avoisinent 59.000 dollars annuels.- Griefs de Trump -Le président républicain accuse les universités privées les plus prestigieuses, notamment Harvard et Columbia, d’avoir laissé prospérer l’antisémitisme et de n’avoir pas protégé suffisamment les étudiants juifs pendant les manifestations contre la guerre d’Israël à Gaza, lancée après les attaques du mouvement islamiste palestinien Hamas le 7 octobre 2023.Harvard a affirmé ces dernières semaines avoir pris des mesures pour s’assurer que les étudiants et le personnel juifs ou israéliens ne se sentent ni exclus, ni intimidés sur le campus, et refuse de renoncer à sa liberté académique.L’administration Trump reproche aussi à Harvard de se coordonner avec le Parti communiste chinois sur son campus. Celui-ci exerce un contrôle serré sur de nombreux aspects de la société chinoise, dont l’éducation supérieure, et de nombreux étudiants chinois vont se former à l’étranger.Près de 1.300 étudiants chinois sont actuellement inscrits à Harvard, selon les chiffres officiels et environ 280.000 étudient dans d’autres universités américaines.”La Chine s’est toujours opposée à la politisation de la coopération éducative”, a réagi vendredi le ministère chinois des Affaires étrangères, estimant que cette démarche “ne fera que nuire à l’image et à la réputation internationale des Etats-Unis”.Il y a également environ 550 étudiants allemands à Harvard. “La décision du gouvernement américain (…) m’attriste beaucoup. Ce n’est pas un signal positif, ni pour la jeune génération, ni pour le monde libre”, a réagi la ministre allemande pour la Recherche, Dorothee Bär.- “Illégales et injustifiées” -Dans son bras de fer, le gouvernement américain avait coupé 2,7 milliards de dollars de subventions à Harvard. L’université, l’une des plus riches au monde, a dénoncé ces coupes devant les tribunaux disant ne pas vouloir sacrifier sa liberté académique pour tenter de récupérer ces fonds.Selon la ministre américaine de la Sécurité intérieure, Kristi Noem, la décision du gouvernement de retirer à Harvard son droit de recevoir des étudiants étrangers pourrait aussi priver l’institution d’importants deniers.La ministre a assorti jeudi sa décision choc d’un ultimatum: si Harvard veut retrouver ce “privilège”, elle doit fournir dans les 72 heures toute une série d’informations dont elle disposerait sur d’hypothétiques activités “illégales” de ses étudiants étrangers durant les cinq dernières années.”Nous condamnons ces mesures illégales et injustifiées”, a répliqué vendredi dans un communiqué le président de Harvard, Alan Garber. Celui-ci précise que cette décision “met en péril le futur de milliers d’étudiants” de l’université et sert “d’avertissement” à ceux qui avaient choisi les Etats-Unis pour étudier et “réaliser leurs rêves”.

Etudiants étrangers: Harvard obtient un sursis face à Trump

Bref soupir de soulagement à Harvard. Un tribunal américain a bloqué temporairement vendredi la décision de l’administration Trump d’interdire l’inscription de milliers d’étudiants étrangers dans la prestigieuse université, au coeur d’un bras de fer avec le président.Après les déclarations au vitriol, les appels à changer le cursus et les coupes dans les subventions de recherche, l’administration Trump a écrit jeudi un nouveau chapitre de son offensive contre l’enseignement supérieur en révoquant la certification SEVIS (Student and Exchange Visitor) de Harvard.L’université, située en banlieue de Boston, ne peut ainsi plus accueillir d’étudiants étrangers. Et ceux sur le campus pourraient devoir quitter les Etats-Unis dès la remise des diplômes, prévue la semaine prochaine.D’après le site internet de l’université, classée parmi les meilleures au monde et qui a produit 162 prix Nobel, l’établissement accueille cette année quelque 6.700 “étudiants internationaux”, soit 27% de ses effectifs.”D’un seul coup de crayon, le gouvernement efface un quart des étudiants d’Harvard”, peut-on lire dans la plainte déposée auprès du tribunal fédéral du Massachusetts, Etat du nord-est américain où est située l’université.Cette décision est “le dernier acte de représailles” de l’administration Trump “qui cherche à prendre le contrôle de la direction d’Harvard, de ses programmes et de l’+idéologie+ de l’université et des étudiants”, poursuit la requête de 72 pages, qui appelle à sa révocation “immédiate”.La juge fédérale Allison D. Burroughs a bloqué temporairement la décision de l’administration d’ici la tenue d’une audience préliminaire le 29 mai.Un conseiller de la Maison Blanche, Stephen Miller, a fustigé cette décision sur X. “Voilà une juge communiste qui créé le droit pour les étrangers (…)  d’être admis dans les universités américaines financées par les impôts des Américains”, a-t-il écrit à propos du sursis pour Harvard, université où les frais de scolarité avoisinent 59.000 dollars annuels.- Griefs de Trump -Le président républicain accuse les universités privées les plus prestigieuses, notamment Harvard et Columbia, d’avoir laissé prospérer l’antisémitisme et de n’avoir pas protégé suffisamment les étudiants juifs pendant les manifestations contre la guerre d’Israël à Gaza, lancée après les attaques du mouvement islamiste palestinien Hamas le 7 octobre 2023.Harvard a affirmé ces dernières semaines avoir pris des mesures pour s’assurer que les étudiants et le personnel juifs ou israéliens ne se sentent ni exclus, ni intimidés sur le campus, et refuse de renoncer à sa liberté académique.L’administration Trump reproche aussi à Harvard de se coordonner avec le Parti communiste chinois sur son campus. Celui-ci exerce un contrôle serré sur de nombreux aspects de la société chinoise, dont l’éducation supérieure, et de nombreux étudiants chinois vont se former à l’étranger.Près de 1.300 étudiants chinois sont actuellement inscrits à Harvard, selon les chiffres officiels et environ 280.000 étudient dans d’autres universités américaines.”La Chine s’est toujours opposée à la politisation de la coopération éducative”, a réagi vendredi le ministère chinois des Affaires étrangères, estimant que cette démarche “ne fera que nuire à l’image et à la réputation internationale des Etats-Unis”.Il y a également environ 550 étudiants allemands à Harvard. “La décision du gouvernement américain (…) m’attriste beaucoup. Ce n’est pas un signal positif, ni pour la jeune génération, ni pour le monde libre”, a réagi la ministre allemande pour la Recherche, Dorothee Bär.- “Illégales et injustifiées” -Dans son bras de fer, le gouvernement américain avait coupé 2,7 milliards de dollars de subventions à Harvard. L’université, l’une des plus riches au monde, a dénoncé ces coupes devant les tribunaux disant ne pas vouloir sacrifier sa liberté académique pour tenter de récupérer ces fonds.Selon la ministre américaine de la Sécurité intérieure, Kristi Noem, la décision du gouvernement de retirer à Harvard son droit de recevoir des étudiants étrangers pourrait aussi priver l’institution d’importants deniers.La ministre a assorti jeudi sa décision choc d’un ultimatum: si Harvard veut retrouver ce “privilège”, elle doit fournir dans les 72 heures toute une série d’informations dont elle disposerait sur d’hypothétiques activités “illégales” de ses étudiants étrangers durant les cinq dernières années.”Nous condamnons ces mesures illégales et injustifiées”, a répliqué vendredi dans un communiqué le président de Harvard, Alan Garber. Celui-ci précise que cette décision “met en péril le futur de milliers d’étudiants” de l’université et sert “d’avertissement” à ceux qui avaient choisi les Etats-Unis pour étudier et “réaliser leurs rêves”.