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La Syrie “rĂ©organise” son ministère de l’IntĂ©rieur, salue la levĂ©e des sanctions amĂ©ricaines

Les autoritĂ©s syriennes ont annoncĂ© samedi une “rĂ©organisation” du ministère de l’IntĂ©rieur, notamment pour lutter contre les trafics de drogue et d’ĂŞtres humains, dans un contexte de rapprochement avec l’Occident et d’allĂ©gement progressif des sanctions contre Damas.La Syrie a saluĂ© la levĂ©e formelle des sanctions amĂ©ricaines, qui devrait permettre un retour des investissements pour relancer une Ă©conomie exsangue après plus de 13 ans de guerre civile.Le prĂ©sident Donald Trump a créé la surprise en annonçant, lors d’une visite Ă  Ryad le 13 mai, la levĂ©e des sanctions amĂ©ricaines, disant vouloir “donner une chance de grandeur” aux nouvelles autoritĂ©s de Damas.Il a aussi rencontrĂ© le lendemain le prĂ©sident syrien par intĂ©rim, Ahmad al-Chareh, qui a dirigĂ© la coalition de groupes rebelles islamistes radicaux ayant renversĂ© en dĂ©cembre le prĂ©sident Bachar al-Assad.”La RĂ©publique arabe syrienne se fĂ©licite de la dĂ©cision du gouvernement amĂ©ricain de lever les sanctions imposĂ©es Ă  la Syrie et Ă  son peuple depuis de longues annĂ©es”, a dĂ©clarĂ© le ministère syrien des Affaires Ă©trangères, Assaad al-Chaibani.”Il s’agit d’un pas positif dans la bonne direction pour rĂ©duire les souffrances sur les plans Ă©conomique et humanitaire”, a-t-il ajoutĂ©.La Syrie, dirigĂ©e par le clan Assad pendant plusieurs dĂ©cennies, fait l’objet de sanctions internationales depuis 1979. Celles-ci ont Ă©tĂ© renforcĂ©es après la rĂ©pression par le pouvoir de Bachar al-Assad de manifestations prodĂ©mocratie en 2011, Ă©lĂ©ment dĂ©clencheur de la guerre.- “Police du tourisme” -Samedi, le porte-parole du ministère syrien de l’IntĂ©rieur, Noureddine al-Baba, a indiquĂ© que plus de huit millions de personnes Ă©taient recherchĂ©es par les services de renseignement et de sĂ©curitĂ© de l’ancien pouvoir de Bachar al-Assad.Il a annoncĂ© Ă©galement la “rĂ©organisation” de son ministère et la crĂ©ation de nouveaux dĂ©partements, dont un organe de sĂ©curitĂ© des frontières terrestres et maritimes chargĂ© de lutter “en particulier contre les rĂ©seaux de trafic de drogue et d’ĂŞtres humains”. Un service de police du tourisme sera chargĂ© de sĂ©curiser les sites touristiques du pays, dont certains sont inscrits au patrimoine mondial de l’Unesco.Les sanctions internationales sont le principal obstacle Ă  la relance de l’Ă©conomie syrienne et leur levĂ©e permettra le retour des investissements dans le pays.Le pouvoir de M. Chareh s’emploie Ă  trouver les fonds pour la reconstruction du pays dĂ©vastĂ© par la guerre qui a fait plus d’un demi-million de morts, provoquĂ© l’exil de millions d’habitants et dĂ©truit les infrastructures.Pour le ministre syrien des Finances, Mohammed Barnieh, la levĂ©e des sanctions aidera Ă  la reconstruction et Ă  la modernisation des infrastructures, et “ouvrira la voie au retour des investissements”.En visite en Turquie, le prĂ©sident Chareh a rencontrĂ© Ă  Istanbul l’Ă©missaire amĂ©ricain pour la Syrie, Thomas Barrack, a indiquĂ© ce dernier dans un communiquĂ©, ajoutant que la rencontre visait “Ă  mettre en Ĺ“uvre la dĂ©cision audacieuse du prĂ©sident Trump d’ouvrir la voie Ă  la paix et Ă  la prospĂ©ritĂ© en Syrie”.M. Chareh s’est entretenu Ă©galement samedi avec le prĂ©sident turc Recep Tayyip Erdogan Ă  Istanbul, a rapportĂ© l’agence Ă©tatique turque Anadolu sans prĂ©ciser le contenu de leurs Ă©changes.- “PrioritĂ©s importantes” -Le dĂ©partement d’Etat amĂ©ricain a dĂ©livrĂ© une dĂ©rogation au titre de la “loi CĂ©sar” de 2020 qui prĂ©voyait des sanctions sĂ©vères contre toute entitĂ© ou entreprise coopĂ©rant avec le pouvoir dĂ©chu de Bachar al-Assad.L’exemption est valable pendant 180 jours, a prĂ©cisĂ© le secrĂ©taire d’Etat Marco Rubio pour qui la levĂ©e des sanctions doit permettre de “rĂ©aliser des investissements favorables Ă  la stabilitĂ©”.Après une rencontre avec M. Chaibani Ă  Damas samedi, l’envoyĂ© spĂ©cial de l’ONU pour la Syrie, Geir Pedersen, a appelĂ© Ă  la “poursuite du soutien fort de la communautĂ© internationale et des acteurs rĂ©gionaux” Ă  la Syrie.Mais M. Rubio a soulignĂ© que Washington s’attendait dĂ©sormais Ă  “une action rapide de la part du gouvernement syrien sur des prioritĂ©s politiques importantes”, en allusion au respect des droits des minoritĂ©s et aux progrès sur le chemin de la dĂ©mocratie.Le 20 mai, l’Union europĂ©enne a annoncĂ© la levĂ©e de toutes les sanctions Ă©conomiques contre la Syrie mises en place sous le pouvoir Assad.Cette levĂ©e des sanctions concerne essentiellement le système bancaire syrien, jusque-lĂ  interdit d’accès au marchĂ© international des capitaux. Elle prĂ©voit Ă©galement un dĂ©gel des avoirs de la banque centrale syrienne.En dĂ©cembre, les Etats-Unis ont abandonnĂ© l’offre d’une rĂ©compense de 10 millions de dollars pour l’arrestation d’Ahmad al-Chareh, datant de 2017. M. Chareh Ă©tait Ă  la tĂŞte de Hayat Tahrir al-Sham (HTS), l’ex-branche syrienne d’Al-QaĂŻda dissoute avec toutes les autres factions armĂ©es par le nouveau pouvoir.

Cannes: les stars arrivent avant le palmarès

Des frères Dardenne au cinĂ©aste chinois Bi Gan et son acteur Jackson Yee, les Ă©quipes des films en lice pour la Palme d’or ont commencĂ© samedi Ă  gravir les marches pour la cĂ©rĂ©monie de clĂ´ture du 78e Festival de Cannes, dont la compĂ©tition est restĂ©e très ouverte jusqu’au bout.La vaste coupure de courant qui a affectĂ© Cannes et sa rĂ©gion de la matinĂ©e au milieu d’après-midi n’a pas menacĂ© la cĂ©rĂ©monie mais a perturbĂ© les Ă©changes avec le jury, qui Ă©tait retranchĂ© dans une villa dans les hauteurs de la ville pour dĂ©libĂ©rer.Après quinze jours de compĂ©tition, le suspense reste total sur celui ou celle qui dĂ©crochera la Palme et succĂ©dera Ă  “Anora” de l’AmĂ©ricain Sean Baker.Les neuf membres du jury emmenĂ©s par la star française Juliette Binoche pourraient envoyer un signal politique fort en sacrant Jafar Panahi, prĂ©sent Ă  Cannes après quinze d’annĂ©es d’assignation en Iran.Le cinĂ©aste a marquĂ© les esprits avec “Un simple accident”, conte moral auscultant le dilemme d’anciens dĂ©tenus tentĂ©s de se venger de leur tortionnaire, dĂ©jĂ  rĂ©compensĂ© du Prix de la citoyennetĂ©. S’ils dĂ©crochaient le Graal avec “Jeunes mères”, les frères Dardenne deviendraient, eux, les premiers rĂ©alisateurs Ă  obtenir trois Palmes d’or. Le Prix du Jury Ĺ“cumĂ©nique et celui du CinĂ©ma Positif leur ont Ă©tĂ© dĂ©cernĂ©s.Le jury du festival remettra au moins six autres trophĂ©es, dont les prix d’interprĂ©tation fĂ©minine et masculine, au cours d’une cĂ©rĂ©monie qui dĂ©butera Ă  18H40 (16H40 GMT).- DĂ©filĂ© de stars -Parmi les 21 autres films de la compĂ©tition, les faveurs des critiques sont allĂ©es Ă  “Deux procureurs” de l’Ukrainien SergueĂŻ Loznitsa, “Nouvelle vague”, hommage rĂ©jouissant de l’AmĂ©ricain Richard Linklater à Jean-Luc Godard, et surtout au NorvĂ©gien Joachim Trier pour “Valeur Sentimentale”, un mĂ©lodrame entre rire et larmes ovationnĂ© une vingtaine de minutes, un record.L’Ă©quipe du film, notamment l’acteur suĂ©dois Stellan Skarsgard, a foulĂ© le tapis rouge. Les frères Dardenne, SergueĂŻ Loznitsa ont Ă©galement Ă©tĂ© rappelĂ©s au Palais des festivals.Parmi les nombreux rĂ´les fĂ©minins marquants, une nouvelle venue, la Française Nadia Melliti, s’est fait remarquer dans “La petite dernière”, sur une jeune musulmane qui dĂ©couvre son homosexualitĂ©.Cannes pourrait aussi primer sa rĂ©alisatrice, l’actrice française devenue cinĂ©aste Hafsia Herzi, 38 ans, et poursuivre ainsi son renouveau, après avoir donnĂ© la Palme d’or ces dernières annĂ©es Ă  ses compatriotes Julia Ducournau et Justine Triet.Autre trentenaire qui a marquĂ© les esprits mais divisĂ© la critique, le jeune prodige du cinĂ©ma chinois Bi Gan, 35 ans, avec sa dystopie hallucinĂ©e “RĂ©surrection”. Nouvelle venue sur la Croisette, l’Allemande Mascha Schilinski, 41 ans, plonge elle, avec “Sound of Falling”, dans un labyrinthe de traumas familiaux transmis de mères en filles.Tout au long de la quinzaine, ce 78e festival de Cannes a fait Ă©cho aux guerres au Proche-Orient et en Ukraine et a aussi Ă©tĂ© marquĂ©e par des dĂ©clarations engagĂ©es, Ă  commencer par la charge de Robert De Niro contre Donald Trump.CĂ´tĂ© paillettes, la quinzaine a connu ses dĂ©filĂ©s de stars, de Denzel Washington Ă  Tom Cruise, venu prĂ©senter le dernier “Mission: Impossible”, en passant par Scarlett Johansson, pour son premier film de rĂ©alisatrice, et Nicole Kidman. 

Migrations: le Conseil de l’Europe vole au secours de la CEDH

Le Conseil de l’Europe a volĂ© samedi au secours de la Cour europĂ©enne des droits de l’homme (CEDH), au lendemain de sa mise en cause par l’Italie et huit autres Etats du continent au sujet de l’immigration.La CEDH, dont le siège est Ă  Strasbourg, est chargĂ©e de faire appliquer la Convention europĂ©enne des droits de l’homme parmi les 46 pays signataires du texte, qui fĂŞte cette annĂ©e ses 75 ans. Elle a Ă©tĂ© mise en cause ces dernières annĂ©es dans plusieurs pays, notamment en France et au Royaume-Uni.Dans une lettre ouverte publiĂ©e vendredi par les services de la Première ministre italienne Giorgia Meloni, neuf pays europĂ©ens ont jugĂ© “nĂ©cessaire d’entamer une discussion sur la manière dont les conventions internationales rĂ©pondent aux dĂ©fis auxquels nous faisons face aujourd’hui”.Au sujet de la CEDH, les neuf Etats veulent voir “si la Cour, dans certains cas, a Ă©tendu la portĂ©e de la convention trop loin comparĂ© aux intentions originelles”.En rĂ©action, le secrĂ©taire gĂ©nĂ©ral du Conseil de l’Europe, dont dĂ©pend la CEDH, a apportĂ© samedi une rĂ©ponse inhabituellement ferme.”Maintenir l’indĂ©pendance et l’impartialitĂ© de la Cour est fondamental”, a dĂ©clarĂ© dans un communiquĂ© Alain Berset, ancien prĂ©sident socialiste suisse.”Dans un Etat de droit, la justice ne doit pas ĂŞtre soumise Ă  des pressions politiques”, a-t-il estimĂ©. “Les institutions qui dĂ©fendent les droits fondamentaux ne peuvent pas dĂ©pendre des cycles politiques. Si c’Ă©tait le cas, nous risquerions d’Ă©roder la stabilitĂ© qu’elles sont chargĂ©es d’assurer. La Cour ne doit pas servir d’arme, ni contre les gouvernements, ni par eux”.S’il a jugĂ© “sain” de dĂ©battre, il a ajoutĂ© que “face aux dĂ©fis complexes de notre Ă©poque, notre rĂ´le n’est pas d’affaiblir la Convention mais au contraire de la garder solide et pertinente”.- Dernier recours -La CEDH a condamnĂ© ces dernières annĂ©es plusieurs Etats pour leurs actions en matière de lutte contre l’immigration clandestine, bloquant notamment l’envoi par le Royaume-Uni de demandeurs d’asile au Rwanda et s’attirant au passage des critiques de l’ancien gouvernement conservateur britannique.Concernant la France, la Cour avait suspendu en 2023 l’expulsion d’un TchĂ©tchène vers la Russie. Le ministre de l’IntĂ©rieur d’alors, GĂ©rald Darmanin, s’Ă©tait alors dit prĂŞt Ă  payer l’amende imposĂ©e par la Cour. “Ce n’est pas grave”, avait-il commentĂ©.L’appel lancĂ© vendredi l’a Ă©tĂ© Ă  la suite d’une rencontre Ă  Rome entre Mme Meloni et la Première ministre danoise Mette Frederiksen, toutes deux ayant des positions très fermes sur l’immigration.Il a Ă©tĂ© Ă©galement signĂ© par les dirigeants de l’Autriche, la Belgique, l’Estonie, la Lettonie, la Lituanie, la Pologne et la RĂ©publique tchèque.”Nous croyons que l’Ă©volution de l’interprĂ©tation de la Cour a, dans certains cas, limitĂ© notre capacitĂ© Ă  prendre des dĂ©cisions politiques dans nos propres dĂ©mocraties”, ont fait savoir les signataires.Le gouvernement de droite radicale de Mme Meloni a promis de lutter contre l’immigration illĂ©gale, mais son projet majeur visant Ă  mettre en place des centres de rĂ©tention en Albanie s’est heurtĂ© Ă  une sĂ©rie d’obstacles lĂ©gaux.Des juges italiens ont refusĂ© de valider la rĂ©tention en Albanie de migrants interpellĂ©s en mer par les autoritĂ©s italiennes, renvoyant la question de la lĂ©galitĂ© de cette mesure Ă  la Cour europĂ©enne de justice, installĂ©e Ă  Luxembourg. Celle-ci ne s’est pas encore prononcĂ©e.Le juge français Mattias Guyomar, qui prendra vendredi la prĂ©sidence de la CEDH, a promis de son cĂ´tĂ© lors de son Ă©lection fin avril de dĂ©fendre l’institution face aux “attaques contre l’Etat de droit” et “la remise en cause des valeurs qui ont fondĂ© la Convention” europĂ©enne des droits de l’homme.La CEDH reçoit chaque annĂ©e des dizaines de milliers de requĂŞtes de particuliers pour qui elle constitue un dernier recours après l’Ă©puisement des procĂ©dures judiciaires au niveau national.

Champions Cup: Bordeaux-Bègles mate Northampton et décroche son premier titre

Dans un bras de fer longtemps indĂ©cis qu’il a fini par faire basculer du bon cĂ´tĂ© en deuxième pĂ©riode, Bordeaux-Bègles a dominĂ© Northampton 28 Ă  20 samedi Ă  Cardiff pour remporter la Champions Cup, et dĂ©croche son premier titre, rĂ©compense d’une saison remarquable.Meilleure attaque de la compĂ©tition cette saison, avec Ă  la baguette une charnière Maxime Lucu-Matthieu Jalibert Ă©tincelante, les hommes de Yannick Bru l’ont emportĂ© avec 4 essais dont un doublĂ© de Damian Penaud, qui a battu son propre record d’essais sur une seule Ă©dition (14).”C’est Ă©normĂ©ment de bonheur”, a soulignĂ© l’ailier de l’UBB au micro de France 2. “Après le revers de l’annĂ©e dernière (en finale du Top 14 face au Stade toulousain 59-3, NDLR), on s’Ă©tait dit qu’on ne voulait plus jamais revivre ça.”Avec ce succès, les joueurs de l’UBB poursuivent la rĂ©cente domination française sur la Champions Cup, avec un cinquième titre d’affilĂ©e remportĂ©e par un club du Top 14 après Toulouse (2021, 2024) et la Rochelle (2022, 2023).Après avoir dominĂ© en demi-finale les tenants du titre toulousains, les Girondins n’ont pas tremblĂ© pour leur première finale continentale, loin de leurs errements de celle de Top 14 l’an passĂ©e.Pourtant cueillis Ă  froid par un essai rapide des Saints, tombeurs de l’armada irlandaise du Leinster en demie, les Bordelo-BĂ©glais ont ensuite Ă©touffĂ© l’Ă©quipe anglaise, malgrĂ© les efforts de ses joueurs sĂ©lectionnĂ©s avec les Lions Britanniques et Irlandais, les internationaux Henry Pollock, Fin Smith, Alex Mitchell, ou Tommy Freeman.DĂ©jĂ  privĂ© de certains cadres et rapidement handicapĂ© par plusieurs blessures dans ses lignes arrières, Northampton s’est comme Ă  son habitude accrochĂ© au courage, profitant de chaque erreur bordelaise, pour revenir Ă  Ă©galitĂ© Ă  la pause (20-20).Dans une deuxième pĂ©riode beaucoup plus cadenassĂ© mais dont Bordeaux a su garder le contrĂ´le, les Saints ont peu Ă  peu baissĂ© de pied, Ă©puisĂ©s par un banc bordelais bien supĂ©rieur.- Lucu et Jalibert en maĂ®trise -Les Girondins, surpris par un coup d’envoi court, ont d’emblĂ©e Ă©tĂ© pris Ă  la gorge par les Saints, qui n’ont mis que quelques minutes Ă  ouvrir le score avec un essai de Coles (2e).Pas dĂ©stabilisĂ©s par cette entame pour autant, les hommes de Yannick Bru ont rapidement pris en main la rencontre, grâce Ă  un jeu au pied d’occupation prĂ©cis de la charnière Lucu-Jalibert, qui a su profiter aussi de la dĂ©sorganisation anglaise après les sorties sur blessure de l’ailier James Ramm et de l’arrière George Furbank.Après un bon travail des avants, c’est sans surprise une des flèches de l’UBB, son ailier Damian Penaud, qui a dĂ©bloquĂ© leur compteur (6e).Constamment en danger face aux accĂ©lĂ©rations de Penaud et de son partenaire Louis-Bielle Biarrey sur l’autre aile, Northampton a craquĂ© quelques minutes plus tard sur un superbe une-deux entre les deux partenaires, seulement sauvĂ©s par un en-avant de passe (14e).Efficaces sur toutes leurs offensives, les Bordelo-BĂ©glais ont rapidement trouvĂ© la faille pour prendre l’avantage, grâce Ă  un slalom de Jalibert, qui a ensuite servi Adam Coleman d’une passe en cloche (21e, 10-7).Un doublĂ© de Penaud (37e), auteur de son 14e essai de la compĂ©tition cette saison, est venu concrĂ©tiser la domination bordelaise. Mais juste avant la pause, les Saints ont marquĂ© bien trop facilement, revenant Ă  Ă©galitĂ© avec le doublĂ© de Coles (40e+1, 20-20).Alors que les Anglais Ă©taient rĂ©duits Ă  14 après un carton jaune pour un plaquage dangereux de Prowse (44e), les Bordelais ont resserrĂ© l’Ă©tau sur les Anglais, sous pression dans leur camp.Une pĂ©nalitĂ© de Lucu (45e) et un essai en puissance de Cyril Cazeaux (55e) plus tard, le premier titre de leur histoire a commencĂ© Ă  se dessiner pour les Bordelo-BĂ©glais, Ă  plus d’un essai transformĂ© de leurs adversaires (28-20).Dans une fin de match hachĂ©e, oĂą les deux Ă©quipes ont fait preuve d’imprĂ©cisions et de maladresses, les Girondins ont assurĂ© l’essentiel pour tenir les Saints Ă  distance de leur en-but, et dĂ©crocher leur première Champions Cup.

Sur les hauteurs d’Athènes, les pompiers s’entraĂ®nent face au risque de nouveaux incendies

Sur un sentier qui borde le seul versant encore vert du mont PentĂ©lique, près d’Athènes, ravagĂ© plusieurs Ă©tĂ©s durant par des incendies de forĂŞt, cyclistes et coureurs profitent du soleil printanier avant les fortes chaleurs estivales.Soudain une fumĂ©e jaillit de la pinède, dĂ©clenchĂ©e par un sapeur-pompier Ă  l’aide d’un fumigène. Les sirènes des vĂ©hicules de pompiers brisent le silence. Une dizaine d’hommes en tenue de sĂ©curitĂ©, Ă©quipĂ©s de casques et d’appareils respiratoires, grimpent la colline en dĂ©ployant tuyaux d’incendie et extincteurs.Une habitante âgĂ©e d’une maison adjacente s’inquiète. “Encore un incendie?””C’est un exercice de simulation!”, la rassure une joggeuse dominicale en poursuivant sa course.Les habitants de Penteli, banlieue rĂ©sidentielle cossue dans le nord de la capitale grecque, sont habituĂ©s aux entraĂ®nements des pompiers avant des Ă©tĂ©s souvent caniculaires.  Ce dimanche, douze pompiers volontaires locaux, parmi la centaine dirigĂ©e par Apollon Kounis, se prĂ©parent avec trois vĂ©hicules.”C’est notre dernier exercice avant d’entamer le mois prochain des permanences 24 heures sur 24 dans notre station d’urgence”, explique Ă  l’AFP cet homme de 48 ans, “dĂ©vouĂ©” depuis sa jeunesse Ă  la protection de la forĂŞt. La Grèce est quasiment chaque Ă©tĂ© en proie aux incendies de forĂŞt liĂ©s aux “nouveaux dĂ©fis de la crise climatique”, selon un rĂ©cent rapport de l’Observatoire d’Athènes et du WWF-Grèce.En aoĂ»t dernier, dans l’Attique, la rĂ©gion d’Athènes, près de 10.000 hectares sont partis en fumĂ©e après un court-circuit sur un poteau Ă©lectrique. AttisĂ© par des vents puissants, le feu s’Ă©tait dangereusement rapprochĂ© de la capitale, se retrouvant Ă  15 km du centre, après s’ĂŞtre propagĂ© en quelques heures sur la partie orientale de Penteli.- Cours d’eau assĂ©chĂ©s -Une partie de la forĂŞt, de nombreux magasins, des habitations et des vĂ©hicules avaient Ă©tĂ© ravagĂ©s par les flammes.”Depuis 2018, je n’ai pas pris de vacances en Ă©tĂ©. Sauver la forĂŞt, c’est ma vie”, poursuit M. Kounis. “Le feu de l’annĂ©e dernière Ă©tait le plus catastrophique que j’ai vĂ©cu”, confie-t-il.Plusieurs habitations de Penteli disposent de citernes et de tuyaux d’incendie pour parer Ă  la menace de feux de plus en plus incontrĂ´lables.Alors qu’un nouvel Ă©tĂ© approche, la maire de la ville, Natassa Kosmopoulou espère que “les pluies plus frĂ©quentes depuis janvier vont limiter le nombre d’incendies”.Pour l’Ă©dile, la violence du phĂ©nomène de 2024 est Ă  imputer en partie Ă  la sĂ©cheresse prolongĂ©e dans une grande partie de la Grèce.”On a toujours eu des incendies Ă  Penteli mais ces dernières annĂ©es, les feux sont très intenses en raison du changement climatique”, affirme-t-elle. Devant son bureau rempli de papiers et de dossiers, elle explique devoir “se battre quotidiennement avec les services forestiers chargĂ©s de nettoyer les cours d’eau (assĂ©chĂ©s) qui sont souvent des points de dĂ©part de feu”.De nombreux cours d’eau assĂ©chĂ©s traversent la zone, dont les lits sont souvent remplis de branches d’arbres cassĂ©es, de mauvaises herbes ou mĂŞme d’ordures.En outre, les routes forestières et les zones pare-feu “ne sont pas suffisantes, ce qui entrave l’accès Ă  certaines parties de Penteli oĂą sont jetĂ©s gravats, pneus et tout ce que vous voulez”, dĂ©plore-t-elle.- “Repartir de zĂ©ro” -Apollon Kounis, qui se veut rassurant pour cet Ă©tĂ©, insiste sur la nĂ©cessitĂ© de “rester sur le pied de guerre pour sauver ce qui reste” de la montagne. D’une altitude maximale de 1.100 mètres, le mont PentĂ©lique Ă©tait rĂ©putĂ© par le passĂ© pour son air pur, prisĂ© des AthĂ©niens au point d’abriter hĂ´pitaux et sanatoriums.Dans sa plus grande partie, il est dĂ©sormais jonchĂ© de branches et d’arbres carbonisĂ©s.Sur la crĂŞte, le jaune des spartiers et le rouge des coquelicots contrastent avec la terre brulĂ©e. Dans la partie rĂ©sidentielle, Tryfonas Drakonakis se promène aux abords de la forĂŞt carbonisĂ©e oĂą l’on aperçoit quelques papillons. Le bruit des pylĂ´nes Ă©lectriques a remplacĂ© le chant des oiseaux.”J’essaie de ne pas regarder autour de moi, j’essaie d’oublier”, confie ce septuagĂ©naire, s’estimant chanceux que sa maison ait Ă©tĂ© Ă©pargnĂ©e par les flammes l’an dernier. Celle de sa voisine, Thomais Bertou, est partie en fumĂ©e, comme une quarantaine d’autres. Cette femme de 65 ans vit dĂ©sormais dans une caravane et tente de faire revivre son petit jardin.”Il n’en restait rien, on a dĂ» repartir de zĂ©ro. Que faire?”, s’interroge-t-elle. “Serrer mon coeur et continuer.”

Sur les hauteurs d’Athènes, les pompiers s’entraĂ®nent face au risque de nouveaux incendies

Sur un sentier qui borde le seul versant encore vert du mont PentĂ©lique, près d’Athènes, ravagĂ© plusieurs Ă©tĂ©s durant par des incendies de forĂŞt, cyclistes et coureurs profitent du soleil printanier avant les fortes chaleurs estivales.Soudain une fumĂ©e jaillit de la pinède, dĂ©clenchĂ©e par un sapeur-pompier Ă  l’aide d’un fumigène. Les sirènes des vĂ©hicules de pompiers brisent le silence. Une dizaine d’hommes en tenue de sĂ©curitĂ©, Ă©quipĂ©s de casques et d’appareils respiratoires, grimpent la colline en dĂ©ployant tuyaux d’incendie et extincteurs.Une habitante âgĂ©e d’une maison adjacente s’inquiète. “Encore un incendie?””C’est un exercice de simulation!”, la rassure une joggeuse dominicale en poursuivant sa course.Les habitants de Penteli, banlieue rĂ©sidentielle cossue dans le nord de la capitale grecque, sont habituĂ©s aux entraĂ®nements des pompiers avant des Ă©tĂ©s souvent caniculaires.  Ce dimanche, douze pompiers volontaires locaux, parmi la centaine dirigĂ©e par Apollon Kounis, se prĂ©parent avec trois vĂ©hicules.”C’est notre dernier exercice avant d’entamer le mois prochain des permanences 24 heures sur 24 dans notre station d’urgence”, explique Ă  l’AFP cet homme de 48 ans, “dĂ©vouĂ©” depuis sa jeunesse Ă  la protection de la forĂŞt. La Grèce est quasiment chaque Ă©tĂ© en proie aux incendies de forĂŞt liĂ©s aux “nouveaux dĂ©fis de la crise climatique”, selon un rĂ©cent rapport de l’Observatoire d’Athènes et du WWF-Grèce.En aoĂ»t dernier, dans l’Attique, la rĂ©gion d’Athènes, près de 10.000 hectares sont partis en fumĂ©e après un court-circuit sur un poteau Ă©lectrique. AttisĂ© par des vents puissants, le feu s’Ă©tait dangereusement rapprochĂ© de la capitale, se retrouvant Ă  15 km du centre, après s’ĂŞtre propagĂ© en quelques heures sur la partie orientale de Penteli.- Cours d’eau assĂ©chĂ©s -Une partie de la forĂŞt, de nombreux magasins, des habitations et des vĂ©hicules avaient Ă©tĂ© ravagĂ©s par les flammes.”Depuis 2018, je n’ai pas pris de vacances en Ă©tĂ©. Sauver la forĂŞt, c’est ma vie”, poursuit M. Kounis. “Le feu de l’annĂ©e dernière Ă©tait le plus catastrophique que j’ai vĂ©cu”, confie-t-il.Plusieurs habitations de Penteli disposent de citernes et de tuyaux d’incendie pour parer Ă  la menace de feux de plus en plus incontrĂ´lables.Alors qu’un nouvel Ă©tĂ© approche, la maire de la ville, Natassa Kosmopoulou espère que “les pluies plus frĂ©quentes depuis janvier vont limiter le nombre d’incendies”.Pour l’Ă©dile, la violence du phĂ©nomène de 2024 est Ă  imputer en partie Ă  la sĂ©cheresse prolongĂ©e dans une grande partie de la Grèce.”On a toujours eu des incendies Ă  Penteli mais ces dernières annĂ©es, les feux sont très intenses en raison du changement climatique”, affirme-t-elle. Devant son bureau rempli de papiers et de dossiers, elle explique devoir “se battre quotidiennement avec les services forestiers chargĂ©s de nettoyer les cours d’eau (assĂ©chĂ©s) qui sont souvent des points de dĂ©part de feu”.De nombreux cours d’eau assĂ©chĂ©s traversent la zone, dont les lits sont souvent remplis de branches d’arbres cassĂ©es, de mauvaises herbes ou mĂŞme d’ordures.En outre, les routes forestières et les zones pare-feu “ne sont pas suffisantes, ce qui entrave l’accès Ă  certaines parties de Penteli oĂą sont jetĂ©s gravats, pneus et tout ce que vous voulez”, dĂ©plore-t-elle.- “Repartir de zĂ©ro” -Apollon Kounis, qui se veut rassurant pour cet Ă©tĂ©, insiste sur la nĂ©cessitĂ© de “rester sur le pied de guerre pour sauver ce qui reste” de la montagne. D’une altitude maximale de 1.100 mètres, le mont PentĂ©lique Ă©tait rĂ©putĂ© par le passĂ© pour son air pur, prisĂ© des AthĂ©niens au point d’abriter hĂ´pitaux et sanatoriums.Dans sa plus grande partie, il est dĂ©sormais jonchĂ© de branches et d’arbres carbonisĂ©s.Sur la crĂŞte, le jaune des spartiers et le rouge des coquelicots contrastent avec la terre brulĂ©e. Dans la partie rĂ©sidentielle, Tryfonas Drakonakis se promène aux abords de la forĂŞt carbonisĂ©e oĂą l’on aperçoit quelques papillons. Le bruit des pylĂ´nes Ă©lectriques a remplacĂ© le chant des oiseaux.”J’essaie de ne pas regarder autour de moi, j’essaie d’oublier”, confie ce septuagĂ©naire, s’estimant chanceux que sa maison ait Ă©tĂ© Ă©pargnĂ©e par les flammes l’an dernier. Celle de sa voisine, Thomais Bertou, est partie en fumĂ©e, comme une quarantaine d’autres. Cette femme de 65 ans vit dĂ©sormais dans une caravane et tente de faire revivre son petit jardin.”Il n’en restait rien, on a dĂ» repartir de zĂ©ro. Que faire?”, s’interroge-t-elle. “Serrer mon coeur et continuer.”

Sur les hauteurs d’Athènes, les pompiers s’entraĂ®nent face au risque de nouveaux incendies

Sur un sentier qui borde le seul versant encore vert du mont PentĂ©lique, près d’Athènes, ravagĂ© plusieurs Ă©tĂ©s durant par des incendies de forĂŞt, cyclistes et coureurs profitent du soleil printanier avant les fortes chaleurs estivales.Soudain une fumĂ©e jaillit de la pinède, dĂ©clenchĂ©e par un sapeur-pompier Ă  l’aide d’un fumigène. Les sirènes des vĂ©hicules de pompiers …

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Transport des malades: les taxis menacent de “durcir” le mouvement en cas d’Ă©chec de la rĂ©union avec Bayrou

Les chauffeurs de taxis ont menacĂ© de nouvelles actions de blocage, en attendant une rĂ©union de leurs reprĂ©sentants samedi Ă  17H00 au ministère des Transports en prĂ©sence de François Bayrou, pour tenter de trouver une issue au conflit qui dure depuis bientĂ´t une semaine en raison d’une nouvelle convention rĂ©gissant le transport de patients.”On demande le retrait immĂ©diat de cette convention et on demande Ă  retourner autour de la table des nĂ©gociations”, a dĂ©clarĂ© samedi sur France Info, Emmanuelle Cordier, prĂ©sidente de la FĂ©dĂ©ration nationale des taxis (FNDT), sans quoi de nouveaux blocages sont Ă  prĂ©voir.”A partir de lundi”, en l’absence d’avancĂ©es, les aĂ©roports parisiens de Roissy et Orly “vont ĂŞtre bloquĂ©s par les taxis et puis nous allons aussi nous occuper de Roland-Garros”, a dĂ©clarĂ© Mme Cordier, le premier tour du tournoi de tennis dĂ©marrant dimanche.Aux abords du ministère des Transports, Ă©picentre de la contestation, près duquel ils ont passĂ© la nuit, avec des dizaines, voire quelques centaines de collègues, de nombreux chauffeurs tablaient samedi sur un “durcissement” du mouvement, en cas d’impasse.”Il va falloir continuer Ă  montrer notre mĂ©contentement de façon pacifique, mais avec des blocages de plus en plus durs”, a estimĂ© NoĂ«l, chauffeur lyonnais de 60 ans, dont 21 ans de taxi.Si la rĂ©union “ne rĂ©pond pas aux attentes de tous les artisans qui sont ici”, il est possible que ce durcissement “dĂ©marre très tĂ´t, dès l’issue de la rĂ©union”, a estimĂ©, entre deux jets de pĂ©tards et concerts d’avertisseurs, Bernard Crebassa, prĂ©sident de la FĂ©dĂ©ration nationale des artisans du taxi (FNAT).L’intersyndicale des taxis a lancĂ© une mobilisation lundi pour protester contre ce projet qui prĂ©voit une unification des tarifs, aujourd’hui hĂ©tĂ©rogènes selon les dĂ©partements. Le nouveau système doit reposer sur une prise en charge de 13 euros par l’Assurance maladie, puis un tarif kilomĂ©trique. Il est conçu pour dissuader les retours Ă  vide ou les temps d’attente trop longs. Cette tarification doit entrer en vigueur le 1er octobre. L’objectif est de limiter la croissance des dĂ©penses de transport sanitaire qui ont atteint 6,74 milliards d’euros en 2024, dont 3,07 milliards pour les taxis conventionnĂ©s (un bond de 45% depuis 2019).D’après le directeur gĂ©nĂ©ral de l’Assurance maladie Thomas FatĂ´me, “la très grande majoritĂ© des taxis seront gagnants avec ce nouveau modèle, car il s’appuie sur une logique de transporter davantage de patients”.Le remboursement des transports de patients sur prescription est une activitĂ© essentielle dans le chiffre d’affaires de certains artisans-taxis.Parmi les manifestants, certains ont expliquĂ© que la nouvelle grille tarifaire allait leur faire perdre une part substantielle de leur chiffre d’affaires. Yves Rubicondo, taxi Ă  Pithiviers (Loiret) avec trois salariĂ©s, qui rĂ©alise 95% de son chiffre d’affaires avec l’Assurance maladie, pense perdre 25 Ă  30% de celui-ci.- Concurrence des VTC -Les taxis demandent le retrait de la convention de la CNAM et la nomination d’un mĂ©diateur. Mais le gouvernement a dĂ©jĂ  assurĂ© vendredi qu’il ne comptait “pas faire machine arrière”.Tout au long de la semaine, des milliers de taxis ont manifestĂ©, participĂ© Ă  des opĂ©rations escargot ou mis en place des blocages près des gares et aĂ©roports pour se faire entendre. Les organisations de taxis ont aussi pris pour cible les chauffeurs de VTC, qui travaillent avec des plateformes comme Uber ou Bolt, accusĂ©s de concurrence dĂ©loyale et de pratiques irrĂ©gulières.Le ministre de l’IntĂ©rieur Bruno Retailleau, qui a dans ses missions la rĂ©gulation des taxis, a d’ailleurs demandĂ© aux forces de l’ordre de renforcer les contrĂ´les des vĂ©hicules avec chauffeur (VTC).Dans un tĂ©lĂ©gramme adressĂ© jeudi aux prĂ©fets et consultĂ© par l’AFP, le ministre de l’IntĂ©rieur met en exergue des “incidents rĂ©currents” des derniers mois qui “dĂ©montrent la tension entre les taxis et les conducteurs de VTC”.En cause, selon M. Retailleau, “des pratiques irrĂ©gulières de la part des VTC et la prĂ©sence de faux professionnels sur la voie publique”.Le ministre a demandĂ© que les forces de l’ordre utilisent trois nouvelles amendes forfaitaires dĂ©lictuelles pour exercice illĂ©gal du mĂ©tier de taxi, prise en charge sans rĂ©servation et dĂ©faut d’inscription au registre VTC.

Battue, agressĂ©e sexuellement, couverte d’excrĂ©ments: une militante ougandaise raconte la torture en Tanzanie

DĂ©nudĂ©e, battue au point de ne pouvoir marcher, agressĂ©e sexuellement, couverte d’excrĂ©ments: la militante ougandaise Agather Atuhaire, retrouvĂ©e vendredi après avoir Ă©tĂ© enlevĂ©e plusieurs jours en Tanzanie, a racontĂ© Ă  l’AFP les tortures qu’elle dit avoir subies dans ce pays critiquĂ© pour sa rĂ©pression politique.Cette activiste des droits humains, avocate et journaliste indĂ©pendante, laurĂ©ate l’an dernier d’un prix international des Femmes de courage reçu des mains de l’ex-Première dame amĂ©ricaine Jill Biden, avait Ă©tĂ© arrĂŞtĂ©e lundi en mĂŞme temps que le militant kĂ©nyan Boniface Mwangi Ă  Dar es Salaam, capitale Ă©conomique tanzanienne.Tous deux Ă©taient venus soutenir le chef de l’opposition tanzanienne Tundu Lissu, qui comparaissait devant la justice pour trahison, des poursuites passibles de la peine de mort.Alors que M. Mwangi a Ă©tĂ© trouvĂ© jeudi au bord d’une route du nord de la Tanzanie, près de la frontière kĂ©nyane, Agather Atuhaire explique avoir Ă©tĂ© dĂ©posĂ©e vendredi au petit matin par des agents tanzaniens près de la frontière ougandaise. “Ce qui s’est passĂ© en Tanzanie reste en Tanzanie”, s’est-elle entendu dire. “Nous avons des vidĂ©os de toi.”Des vidĂ©os montrant les sĂ©vices qu’elle narre avoir subies la nuit de leur arrestation. D’abord “ils ont fait sortir Boni (Boniface Mwangi) de la voiture. Ils ont montĂ© le volume de la radio, qui passait des chansons sur JĂ©sus, du gospel (pour couvrir ses cris). Puis ils ont commencĂ© Ă  le frapper. Il hurlait”, narre-t-elle.Vient ensuite le tour d’Agather Atuhaire, qui explique avoir Ă©tĂ© dĂ©nudĂ©e, les mains menottĂ©es Ă  ses chevilles, comme semblent le prouver des croĂ»tes sur ses avant-bras et jambes. L’un des agents tanzaniens frappe alors “de toutes ses forces” la plante de ses pieds, tandis qu’un autre introduit quelque chose dans son anus, se souvient-elle.- “Supplice” -“Je ne me souviens plus quelle douleur Ă©tait la pire. Elles Ă©taient terribles simultanĂ©ment”, ajoute cette farouche critique du rĂ©gime – qu’elle qualifie de “criminel” – du prĂ©sident ougandais Yoweri Museveni, arrivĂ© au pouvoir en 1986, deux ans avant sa naissance.Elle raconte Ă©galement avoir eu le corps couvert d’excrĂ©ments durant son “supplice”.Des scènes toujours filmĂ©es, “pour humilier, instiller la peur, mais aussi vous rĂ©duire au silence”, analyse-t-elle. “Mais je ne suis pas ce genre de victime. Ils se sont trompĂ©s sur moi. Ce n’est pas Ă  moi d’avoir honte”.ContactĂ© pour commentaire, le gouvernement tanzanien n’avait pas rĂ©pondu Ă  l’AFP samedi Ă  la mi-journĂ©e. Lundi, jour de l’arrestation d’Agather Atuhaire et Boniface Mwangi, la prĂ©sidente tanzanienne Samia Suluhu Hassan, candidate Ă  sa réélection en 2027, avait demandĂ© Ă  ses forces de sĂ©curitĂ© d’interdire le pays aux “activistes” Ă©trangers “mal Ă©levĂ©s” qui tentent de “s’ingĂ©rer dans nos affaires”. “Nous ne devons permettre Ă  personne, de l’intĂ©rieur ou l’extĂ©rieur (de la Tanzanie), de venir ici et de nous perturber”, avait-elle averti. Le lendemain de cette harangue prĂ©sidentielle, après une nuit de souffrances, alors qu’elle ne “peut plus poser les pieds par terre” Ă  cause des coups reçus, Agather Atuhaire reçoit l’ordre se “mettre debout, faire de l’exercice, sauter”. “J’ai entendu Boni hurler alors qu’ils le forçaient Ă  faire cela.”Les jours suivants, jusqu’Ă  sa libĂ©ration, la militante assure avoir toujours eu les yeux bandĂ©s, constamment dans l’angoisse de ce qui pourrait encore lui arriver.- “TraitĂ©s pire que des chiens” -“Nous avons tous deux Ă©tĂ© traitĂ©s pire que des chiens, enchaĂ®nĂ©s, les yeux bandĂ©s, et avons subi des tortures vraiment horribles”, a confirmĂ© Boniface Mwangi, qui peinait Ă  marcher jeudi Ă  son retour Ă  Nairobi. “La situation en Tanzanie est très mauvaise. Je pense que ce qui nous est arrivĂ© est ce qui arrive Ă  tous les activistes tanzaniens”, a-t-il dĂ©noncĂ© devant la presse devant un aĂ©roport de la capitale kĂ©nyane.L’opposition tanzanienne et les ONG de dĂ©fense des droits humains dĂ©noncent la rĂ©pression politique de l’exĂ©cutif. Principal adversaire de Mme Hassan pour la prĂ©sidentielle de 2027, Tundu Lissu a Ă©tĂ© arrĂŞtĂ© et inculpĂ© dĂ©but avril pour trahison pour ses “incitations Ă  bloquer les Ă©lections”, selon la police. Ses partisans dĂ©noncent des accusations politiques.Le parti de M. Lissu a Ă©galement Ă©tĂ© exclu des prochaines scrutins, après avoir refusĂ© de signer un nouveau “code de conduite Ă©lectoral” qui selon lui n’incluait pas les rĂ©formes qu’il exigeait.Agather Atuhaire veut, elle, dĂ©poser plainte contre la Tanzanie pour les tortures subies.”Pour moi, la justice, le besoin de justice, dĂ©passe tout, y compris un sentiment de honte que je ne ressens mĂŞme pas”, a-t-elle assurĂ© Ă  l’AFP.”Bien sĂ»r, c’est difficile. J’ai des douleurs physiques. Je suis sĂ»re que je devrai composer avec la souffrance mentale, psychologique. Mais je ne donnerai Ă  personne, Ă  aucun de ces meurtriers, de ces organisations criminelles que nous avons pour gouvernements, le plaisir” de la voir brisĂ©e, a-t-elle lancĂ©.Samedi, le dĂ©partement d’État amĂ©ricain, “profondĂ©ment prĂ©occupĂ©”, a demandĂ© “une enquĂŞte immĂ©diate et approfondie sur les allĂ©gations de violations des droits humains” subies par Agather Atuhaire et Boniface Mwangui.