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Hong Kong: début des plaidoiries au procès de l’homme d’affaires Jimmy Lai

La justice hongkongaise a entamé lundi les plaidoiries dans le procès de l’homme d’affaires Jimmy Lai, militant prodémocratie, affirmant que le septuagénaire était apte à assister aux audiences, malgré une suspension la semaine dernière pour un problème cardiaque.Des pays occidentaux et organisations de défense des droits humains appellent à la libération du magnat des médias de 77 ans, fondateur du journal Apple Daily, qui avait dû fermer en raison de son soutien aux grandes manifestations prodémocratie de 2019 à Hong Kong, parfois violentes.Jimmy Lai est jugé depuis décembre 2023 pour collusion avec des forces étrangères et encourt l’emprisonnement à vie. Il est également accusé d’avoir écrit des textes séditieux dans son journal.Il s’est présenté devant les magistrats vêtu d’une chemise blanche et d’un coupe-vent clair, et a pu écouter les débats grâce à un casque audio.Il a même souri et salué ses soutiens dans le prétoire, ainsi que les membres de sa famille.Selon le procureur Anthony Chau, le ministère public devrait prendre deux jours pour présenter leurs conclusions finales.Le magistrat a passé la matinée de lundi à aborder des questions juridiques, telles que l’interprétation du terme “collusion” dans le cadre de la loi sur la sécurité nationale de Hong Kong.M. Chau a déclaré lundi que M. Lai s’était vu prescrire des médicaments et portait un appareil de surveillance cardiaque, qui lui avait été remis vendredi.Il “ne s’est plaint ni de son état cardiaque ni de son état de santé général et est apte à comparaître devant la cour”, a-t-il précisé.La juge Esther Toh a également lu une note rédigée par un médecin-chef indiquant que Jimmy Lai était “physiquement et mentalement apte à comparaître” devant la justice.Vendredi, l’avocat de la défense Robert Pang avait déclaré à la cour que M. Lai avait souffert de “palpitations” cardiaques et eu l’impression de “s’évanouir”.Le gouvernement de Hong Kong a pour sa part déclaré le même jour dans un communiqué que “les soins médicaux” qui lui sont prodigués “pendant sa détention sont adéquats et complets”.

La bonne étoile tchèque de Kitaguchi, star japonaise du javelot

Elle ne maîtrise pas encore le tchèque mais a adopté les spécialités nationales, la bière et le goulach: la Japonaise Haruka Kitaguchi, championne olympique en titre du lancer de javelot, se sent désormais chez elle en Tchéquie.A un mois des Championnats du monde d’athlétisme à Tokyo (13-21 septembre), elle s’entraîne dur dans un coin reculé de ce pays d’Europe centrale qui compte plusieurs légendes de la discipline.Cela fait déjà plusieurs années qu’elle a posé ses valises à Domazlice, jolie ville historique de l’ouest, à la frontière avec l’Allemagne. “Je peux mieux me concentrer ici. Et le climat est plus agréable qu’au Japon, où il fait trop chaud pour moi”, explique à l’AFP la jeune femme de 27 ans, après avoir enchaîné courses et étirements.Véritable star dans son archipel natal, elle est devenue l’égérie des Mondiaux, son visage s’affichant sur de grands panneaux. “C’est fou”, dit-elle, “impatiente” d’y être et d’effacer la déception des JO de Tokyo où elle avait fini dernière de la finale en 2021. “J’espère pouvoir donner le meilleur de moi-même avec le soutien du public. Ce sera un souvenir inoubliable pour moi”, s’enthousiasme-t-elle.- “Pensées stupides” -En lice mercredi au meeting de Lausanne puis à Zurich à la fin du mois, Haruka Kitaguchi fera ensuite halte en Turquie pour peaufiner sa préparation avant le rendez-vous japonais.Son état de forme est incertain: elle pointe au sixième rang du classement mondial cette saison avec un lancer à 64,63 mètres. Son entraîneur, David Sekerak, évoque ses difficultés à vivre sa nouvelle célébrité. A cause de “ces pensées stupides (…) on a bien perdu une année, mais elle va bien maintenant”, assure-t-il. C’est lui qui l’a convaincue de s’installer en Tchéquie, après l’avoir rencontrée lors d’un séminaire de formation en Finlande en 2018.Il savait qu’elle avait remporté les championnats du monde juniors trois ans plus tôt. “J’ai pu constater son gabarit imposant”, du haut de son 1,79 m, et déceler “quelque chose de spécial en elle”, souligne-t-il, saluant son autodiscipline.L’athlète nippone ne regrette pas son choix.Lors de son premier séjour en Tchéquie, elle s’est entraînée aux côtés de son “idole”, Barbora Spotakova, double médaillée olympique et détentrice du record du monde depuis 2008 (72,28 m). “Une belle expérience”, se souvient-elle.Depuis, elle a conquis la couronne mondiale en 2023 à Budapest et l’or aux Jeux de Paris l’an dernier, ainsi que deux titres de la Ligue de diamant.A son retour des Jeux, Domazlice l’avait accueillie avec les honneurs et un groupe local de cornemuse, dans une ambiance festive.- Objectif 70 mètres -Mêlant anglais et tchèque, Haruka Kitaguchi dit apprécier la méthode de David Sekerak, qui a su selon elle trouver “le bon équilibre” à l’entraînement et la pousse à lancer toujours plus loin.”A chaque compétition, il se tient derrière moi pour m’encourager. C’est un soutien moral formidable”, ajoute-t-elle.Et pour relâcher la pression, il n’hésite pas à l’amener déguster une Pilsner ou des plats traditionnels tchèques.Toujours dans la bonne humeur: “Ma mère me dit que c’est la clé du succès!”, lâche la championne, éternel sourire aux lèvres, alors que celle-ci l’a accompagnée en Tchéquie avec un kiné et un cuisinier. Son appartement se trouve dans un bâtiment en partie rénové par Sekerak, dont la femme tient un hôtel sur place.Une ambiance familiale donc et des javelots fabriqués sur mesure par son coach. Le sien s’appelle Giant Baby, en référence à son surnom sur Instagram.La Japonaise, dont le record personnel est de 67,38 m, établi en 2023, rêve de dépasser les 70 mètres, “l’objectif de (sa) vie”.Pour son entraîneur, elle a même le potentiel de battre la marque mondiale de Barbora Spotakova.L’occasion de perpétuer la légende tchèque.

Ni mec, ni stress: les communautés 100% féminines fleurissent en Chine

Un potager, des oies, mais pas d’homme: ce gîte rural fait partie des communautés féminines qui essaiment en Chine. Les femmes y cherchent détente et entraide, loin des pressions socio-professionnelles et des jugements masculins.Leurs motivations? “Parler librement de sujets intimes”, “se faire des amies” ou “se sentir en sécurité”, expliquent les participantes dans cette maison blanche à flanc de colline.Après avoir confectionné des pains vapeur à la viande dans la cuisine avec vue sur les montagnes, les femmes discutent dans le salon cosy, où les rires fusent autour d’un jeu de société et de cafés latte.”Un espace 100% féminin, c’est sécurisant. Entre femmes, on parle plus facilement de certaines choses”, comme des relations amoureuses et de ses blessures, déclare Zhang Wenjing, 43 ans, une participante.”En présence d’un homme, on fait davantage attention” à notre attitude, renchérit Chen Fangyan, 28 ans.Les participantes paient 30 yuans (3,60 euros) par nuit, puis 80 yuans (9,60 euros) à partir du quatrième jour, dans ce lieu nommé “L’Univers imaginaire de Keke”, du surnom de la fondatrice, Chen Yani, 30 ans.”Durant mes expériences professionnelles et entrepreneuriales, j’ai été harcelée par des hommes”, au point “d’être souvent incapable de travailler normalement”, raconte-t-elle ajoutant que c’est là qu’elle a commencé à réfléchir à “un lieu où l’on n’aurait pas d’appréhension”.- Pas “obligées de jouer un rôle” -Elle retape alors cette maison située à Lin’an, dans la province du Zhejiang (est du pays) et organise via le réseau social Xiaohongshu (le “Instagram chinois”, aussi appelé RedNote), un séjour chez elle durant le Nouvel an chinois.Douze femmes viennent, notamment pour échapper aux questions intrusives de leurs parents durant les fêtes – la pression en Chine pour se marier avant 30 ans étant particulièrement forte.”En famille, les femmes doivent souvent s’occuper des grands-parents, des enfants, du ménage. Sans compter les responsabilités au travail”, note Chen Yani.”Elles ont besoin d’un endroit où elles ne sont pas obligées de jouer un rôle”, souligne-t-elle.Grâce à leur indépendance économique et à un niveau d’études plus élevé, les femmes ont aujourd’hui davantage de choix, estime Yuan Xiaoqian, 29 ans, une autre participante.Et sur RedNote notamment, ces communautés féminines se multiplient.- “Force mentale” -Pour quelques jours ou mois, elles proposent davantage qu’un hébergement: elles se veulent des lieux de solidarité entre femmes.Comme celui que Yang Yun, 46 ans, a ouvert début juin à Xiuxi, un village du Zhejiang. Un endroit aux airs d’hôtel de charme, avec meubles bruts et calligraphies aux murs.Contre 3.980 yuans (480 euros) d’adhésion à ce club, nommé “Son Espace”, les membres peuvent y venir à tout moment et à vie.”Si elle perd son emploi, ses parents, se dispute avec son mari, est épuisée par la vie urbaine, elle sait qu’elle peut venir trouver un peu de chaleur”, explique Mme Yang, qui revendique 120 membres. “Cela leur donne une force mentale.”Les membres peuvent devenir partenaires, en investissant dans la rénovation de maisons du village, qu’elles peuvent ensuite louer aux touristes.Ces espaces non-mixtes sont par certains accusés de nourrir l’antagonisme entre sexes ce que Chen Yani récuse.”Comme les enfants ou les seniors (…), les femmes constituent un groupe social avec des trajectoires de vie, des problèmes similaires. C’est plus facile de se comprendre et de faire preuve d’empathie”, explique-t-elle.- Colocations permanentes? -D’autres lieux réservés aux femmes ouvrent en Chine.”Les hommes ont plein d’occasion de socialiser, lors de soirées arrosées ou en faisant du sport”, souligne Lilith Jiang, 34 ans, fondatrice à Pékin de la librairie-café non-mixte “La moitié du ciel”.Des espaces d’échanges que “les femmes n’ont pas”, explique-t-elle.Si Chen Yani concède que son “modèle économique n’est pas viable” elle assure que “tant qu’il y aura une demande, il continuera d’exister” et “d’inventer une autre manière de vivre”.”Certains disent sans cesse aux femmes: +si tu ne te maries pas, qu’est-ce que tu deviendras en vieillissant?+”, souligne Lilith Jiang.Pour elle, en alternative aux relations amoureuses, “des colocations 100% féminines sur le long terme, pour vieillir entre femmes, ça pourrait être une solution”.

Ni mec, ni stress: les communautés 100% féminines fleurissent en Chine

Un potager, des oies, mais pas d’homme: ce gîte rural fait partie des communautés féminines qui essaiment en Chine. Les femmes y cherchent détente et entraide, loin des pressions socio-professionnelles et des jugements masculins.Leurs motivations? “Parler librement de sujets intimes”, “se faire des amies” ou “se sentir en sécurité”, expliquent les participantes dans cette maison blanche à flanc de colline.Après avoir confectionné des pains vapeur à la viande dans la cuisine avec vue sur les montagnes, les femmes discutent dans le salon cosy, où les rires fusent autour d’un jeu de société et de cafés latte.”Un espace 100% féminin, c’est sécurisant. Entre femmes, on parle plus facilement de certaines choses”, comme des relations amoureuses et de ses blessures, déclare Zhang Wenjing, 43 ans, une participante.”En présence d’un homme, on fait davantage attention” à notre attitude, renchérit Chen Fangyan, 28 ans.Les participantes paient 30 yuans (3,60 euros) par nuit, puis 80 yuans (9,60 euros) à partir du quatrième jour, dans ce lieu nommé “L’Univers imaginaire de Keke”, du surnom de la fondatrice, Chen Yani, 30 ans.”Durant mes expériences professionnelles et entrepreneuriales, j’ai été harcelée par des hommes”, au point “d’être souvent incapable de travailler normalement”, raconte-t-elle ajoutant que c’est là qu’elle a commencé à réfléchir à “un lieu où l’on n’aurait pas d’appréhension”.- Pas “obligées de jouer un rôle” -Elle retape alors cette maison située à Lin’an, dans la province du Zhejiang (est du pays) et organise via le réseau social Xiaohongshu (le “Instagram chinois”, aussi appelé RedNote), un séjour chez elle durant le Nouvel an chinois.Douze femmes viennent, notamment pour échapper aux questions intrusives de leurs parents durant les fêtes – la pression en Chine pour se marier avant 30 ans étant particulièrement forte.”En famille, les femmes doivent souvent s’occuper des grands-parents, des enfants, du ménage. Sans compter les responsabilités au travail”, note Chen Yani.”Elles ont besoin d’un endroit où elles ne sont pas obligées de jouer un rôle”, souligne-t-elle.Grâce à leur indépendance économique et à un niveau d’études plus élevé, les femmes ont aujourd’hui davantage de choix, estime Yuan Xiaoqian, 29 ans, une autre participante.Et sur RedNote notamment, ces communautés féminines se multiplient.- “Force mentale” -Pour quelques jours ou mois, elles proposent davantage qu’un hébergement: elles se veulent des lieux de solidarité entre femmes.Comme celui que Yang Yun, 46 ans, a ouvert début juin à Xiuxi, un village du Zhejiang. Un endroit aux airs d’hôtel de charme, avec meubles bruts et calligraphies aux murs.Contre 3.980 yuans (480 euros) d’adhésion à ce club, nommé “Son Espace”, les membres peuvent y venir à tout moment et à vie.”Si elle perd son emploi, ses parents, se dispute avec son mari, est épuisée par la vie urbaine, elle sait qu’elle peut venir trouver un peu de chaleur”, explique Mme Yang, qui revendique 120 membres. “Cela leur donne une force mentale.”Les membres peuvent devenir partenaires, en investissant dans la rénovation de maisons du village, qu’elles peuvent ensuite louer aux touristes.Ces espaces non-mixtes sont par certains accusés de nourrir l’antagonisme entre sexes ce que Chen Yani récuse.”Comme les enfants ou les seniors (…), les femmes constituent un groupe social avec des trajectoires de vie, des problèmes similaires. C’est plus facile de se comprendre et de faire preuve d’empathie”, explique-t-elle.- Colocations permanentes? -D’autres lieux réservés aux femmes ouvrent en Chine.”Les hommes ont plein d’occasion de socialiser, lors de soirées arrosées ou en faisant du sport”, souligne Lilith Jiang, 34 ans, fondatrice à Pékin de la librairie-café non-mixte “La moitié du ciel”.Des espaces d’échanges que “les femmes n’ont pas”, explique-t-elle.Si Chen Yani concède que son “modèle économique n’est pas viable” elle assure que “tant qu’il y aura une demande, il continuera d’exister” et “d’inventer une autre manière de vivre”.”Certains disent sans cesse aux femmes: +si tu ne te maries pas, qu’est-ce que tu deviendras en vieillissant?+”, souligne Lilith Jiang.Pour elle, en alternative aux relations amoureuses, “des colocations 100% féminines sur le long terme, pour vieillir entre femmes, ça pourrait être une solution”.

Ukraine: Zelensky et les dirigeants européens attendus ensemble à la Maison Blanche

Faire bloc: le président ukrainien, Volodymyr Zelensky, et des dirigeants européens se rendent lundi à Washington pour appuyer la position de Kiev, sommé par le président américain d’accepter des concessions après le sommet Trump-Poutine qui n’a pas permis d’arrêter les combats en Ukraine.Précédée de nouvelles frappes russes meurtrières sur plusieurs villes ukrainiennes, cette rencontre à la Maison Blanche sera une première dans ce format depuis le début de l’invasion russe, en février 2022.Une frappe de drone russe lundi à Kharkiv, dans l’est de l’Ukraine, a fait au moins cinq morts et plus d’une dizaine de blessés, ont indiqué les autorités locales.La réunion doit permettre d’aborder notamment de possibles concessions territoriales et la fourniture de garanties de sécurité, pour mettre fin au conflit le plus sanglant en Europe depuis la Seconde guerre mondiale.”Le président ukrainien Zelensky peut mettre fin à la guerre avec la Russie presque immédiatement s’il le veut, ou il peut continuer à combattre”, a averti M. Trump dans une série de messages sur son réseau Truth Social où il a clairement mis la pression sur le dirigeant ukrainien pour renoncer à certaines exigences.”Pas question” pour Kiev de récupérer le contrôle de la Crimée annexée par Moscou en 2014, ni d’entrer dans l’Otan, a ainsi averti le milliardaire, qui s’est félicité qu’il n’y ait “jamais eu autant de dirigeants européens en même temps” à la Maison Blanche.Sont en effet attendus, outre M. Zelensky, le président français Emmanuel Macron, le chancelier allemand Friedrich Merz, la Première ministre italienne Giorgia Meloni, le Premier ministre britannique Keir Starmer, le président finlandais Alexander Stubb, le chef de l’Otan Mark Rutte, et la présidente de la Commission européenne Ursula von der Leyen.- Concessions territoriales -Le président ukrainien s’entretiendra d’abord en tête-à-tête avec M. Trump à partir de 13H00 (17H00 GMT). Les différents dirigeants européens se joindront ensuite à eux. A son arrivée à Washington, M. Zelensky a assuré que l’Ukraine partageait “le profond désir de mettre fin à cette guerre rapidement et de façon fiable” mais précisé que “la paix (devait) être durable”, à l’inverse des garanties données à Kiev après la chute de l’URSS ou des accords signés avec Moscou après l’annexion de la Crimée et le début d’une guerre dans l’est ukrainien.”La Russie doit mettre fin à cette guerre qu’elle a elle-même déclenchée. Et j’espère que notre force conjointe avec l’Amérique, avec nos amis européens, contraindra la Russie à une vraie paix”, a-t-il souligné sur les réseaux sociaux, assurant le président américain de sa “gratitude pour son invitation”.Sa dernière visite à la Maison Blanche remonte au 28 février, quand il avait été réprimandé et humilié publiquement dans le Bureau ovale par Donald Trump et son vice-président JD Vance, qui lui avaient reproché son manque de reconnaissance pour le soutien américain.Si l’imprévisible milliardaire républicain a montré ces derniers mois des signes de frustration à l’égard de Vladimir Poutine, il l’a accueilli en grande pompe en Alaska vendredi. Et il ne cache pas attendre de Kiev d’accepter des concessions territoriales, jusqu’ici rejetées par M. Zelensky.Outre la question de la Crimée évoquée explicitement dimanche par Donald Trump, un responsable au courant d’échanges téléphoniques samedi entre le président américain et des dirigeants européens a affirmé à l’AFP qu’il soutenait une proposition de Moscou selon laquelle Kiev cèderait en totalité les régions de Donetsk et Lougansk (est), et le front serait gelé dans celles de Kherson et Zaporijjia (sud).La Russie avait proclamé en septembre 2022 l’annexion de ces quatre régions ukrainiennes, même si ses troupes ne les contrôlent pas en totalité.L’émissaire américain Steve Witkoff a assuré que Moscou avait fait “certaines concessions” territoriales concernant “cinq régions” ukrainiennes, citant uniquement “une importante discussion sur Donetsk”, région qui constitue la priorité militaire du Kremlin.- Garanties de sécurité -La question de garanties de sécurité offertes à Kiev en échange d’un compromis devrait occuper une place centrale lors des discussions de lundi.En rentrant d’Alaska, Donald Trump a évoqué la piste d’une clause de sécurité collective inspirée de l’article 5 de l’Otan, en dehors toutefois du cadre de l’Alliance atlantique, considérée par Moscou comme une menace existentielle.Selon Emmanuel Macron, les Européens vont demander à M. Trump “jusqu’à quel point” il se joindra aux garanties de sécurité.Donald Trump a laissé entrevoir un sommet tripartite avec MM. Poutine et Zelensky, si “tout marche bien” lorsqu’il recevra le président ukrainien.En cas d’échec des pourparlers, le chef de la diplomatie américaine, Marco Rubio, a prévenu que Washington pourrait prendre de “nouvelles sanctions” contre Moscou.Le Kremlin, qui a l’avantage sur le front, est accusé de longue date par Kiev et ses alliés de jouer la montre en maintenant des demandes maximalistes.”Un cessez-le-feu est nécessaire parce que la Russie va continuer à tout faire pour terroriser notre population”, a réagi le chef de l’administration présidentielle ukrainienne Andriï Iermak, alors que la Russie bombardait dans la nuit de dimanche à lundi les régions de Soumy et Kharkiv (nord-est), faisant au moins trois morts dont un enfant en bas âge, selon les autorités régionales.

Ukraine: Zelensky et les dirigeants européens attendus ensemble à la Maison Blanche

Faire bloc: le président ukrainien, Volodymyr Zelensky, et des dirigeants européens se rendent lundi à Washington pour appuyer la position de Kiev, sommé par le président américain d’accepter des concessions après le sommet Trump-Poutine qui n’a pas permis d’arrêter les combats en Ukraine.Précédée de nouvelles frappes russes meurtrières sur plusieurs villes ukrainiennes, cette rencontre à la Maison Blanche sera une première dans ce format depuis le début de l’invasion russe, en février 2022.Une frappe de drone russe lundi à Kharkiv, dans l’est de l’Ukraine, a fait au moins cinq morts et plus d’une dizaine de blessés, ont indiqué les autorités locales.La réunion doit permettre d’aborder notamment de possibles concessions territoriales et la fourniture de garanties de sécurité, pour mettre fin au conflit le plus sanglant en Europe depuis la Seconde guerre mondiale.”Le président ukrainien Zelensky peut mettre fin à la guerre avec la Russie presque immédiatement s’il le veut, ou il peut continuer à combattre”, a averti M. Trump dans une série de messages sur son réseau Truth Social où il a clairement mis la pression sur le dirigeant ukrainien pour renoncer à certaines exigences.”Pas question” pour Kiev de récupérer le contrôle de la Crimée annexée par Moscou en 2014, ni d’entrer dans l’Otan, a ainsi averti le milliardaire, qui s’est félicité qu’il n’y ait “jamais eu autant de dirigeants européens en même temps” à la Maison Blanche.Sont en effet attendus, outre M. Zelensky, le président français Emmanuel Macron, le chancelier allemand Friedrich Merz, la Première ministre italienne Giorgia Meloni, le Premier ministre britannique Keir Starmer, le président finlandais Alexander Stubb, le chef de l’Otan Mark Rutte, et la présidente de la Commission européenne Ursula von der Leyen.- Concessions territoriales -Le président ukrainien s’entretiendra d’abord en tête-à-tête avec M. Trump à partir de 13H00 (17H00 GMT). Les différents dirigeants européens se joindront ensuite à eux. A son arrivée à Washington, M. Zelensky a assuré que l’Ukraine partageait “le profond désir de mettre fin à cette guerre rapidement et de façon fiable” mais précisé que “la paix (devait) être durable”, à l’inverse des garanties données à Kiev après la chute de l’URSS ou des accords signés avec Moscou après l’annexion de la Crimée et le début d’une guerre dans l’est ukrainien.”La Russie doit mettre fin à cette guerre qu’elle a elle-même déclenchée. Et j’espère que notre force conjointe avec l’Amérique, avec nos amis européens, contraindra la Russie à une vraie paix”, a-t-il souligné sur les réseaux sociaux, assurant le président américain de sa “gratitude pour son invitation”.Sa dernière visite à la Maison Blanche remonte au 28 février, quand il avait été réprimandé et humilié publiquement dans le Bureau ovale par Donald Trump et son vice-président JD Vance, qui lui avaient reproché son manque de reconnaissance pour le soutien américain.Si l’imprévisible milliardaire républicain a montré ces derniers mois des signes de frustration à l’égard de Vladimir Poutine, il l’a accueilli en grande pompe en Alaska vendredi. Et il ne cache pas attendre de Kiev d’accepter des concessions territoriales, jusqu’ici rejetées par M. Zelensky.Outre la question de la Crimée évoquée explicitement dimanche par Donald Trump, un responsable au courant d’échanges téléphoniques samedi entre le président américain et des dirigeants européens a affirmé à l’AFP qu’il soutenait une proposition de Moscou selon laquelle Kiev cèderait en totalité les régions de Donetsk et Lougansk (est), et le front serait gelé dans celles de Kherson et Zaporijjia (sud).La Russie avait proclamé en septembre 2022 l’annexion de ces quatre régions ukrainiennes, même si ses troupes ne les contrôlent pas en totalité.L’émissaire américain Steve Witkoff a assuré que Moscou avait fait “certaines concessions” territoriales concernant “cinq régions” ukrainiennes, citant uniquement “une importante discussion sur Donetsk”, région qui constitue la priorité militaire du Kremlin.- Garanties de sécurité -La question de garanties de sécurité offertes à Kiev en échange d’un compromis devrait occuper une place centrale lors des discussions de lundi.En rentrant d’Alaska, Donald Trump a évoqué la piste d’une clause de sécurité collective inspirée de l’article 5 de l’Otan, en dehors toutefois du cadre de l’Alliance atlantique, considérée par Moscou comme une menace existentielle.Selon Emmanuel Macron, les Européens vont demander à M. Trump “jusqu’à quel point” il se joindra aux garanties de sécurité.Donald Trump a laissé entrevoir un sommet tripartite avec MM. Poutine et Zelensky, si “tout marche bien” lorsqu’il recevra le président ukrainien.En cas d’échec des pourparlers, le chef de la diplomatie américaine, Marco Rubio, a prévenu que Washington pourrait prendre de “nouvelles sanctions” contre Moscou.Le Kremlin, qui a l’avantage sur le front, est accusé de longue date par Kiev et ses alliés de jouer la montre en maintenant des demandes maximalistes.”Un cessez-le-feu est nécessaire parce que la Russie va continuer à tout faire pour terroriser notre population”, a réagi le chef de l’administration présidentielle ukrainienne Andriï Iermak, alors que la Russie bombardait dans la nuit de dimanche à lundi les régions de Soumy et Kharkiv (nord-est), faisant au moins trois morts dont un enfant en bas âge, selon les autorités régionales.

Les bureaux vitrés, des fours en surchauffe de moins en moins adaptés au climat

Télétravailler parce qu’il fait trop chaud au bureau, c’est le quotidien de certains salariés qui payent une conception inadaptée au réchauffement climatique des bâtiments de bureaux, souvent vitrés. “Il fait plus frais chez moi qu’ici, c’est infernal, je suis à deux doigts d’aller acheter des couvertures de survie”, se lamente une employée du secteur immobilier qui n’a pas souhaité donné son identité.Son lieu de travail n’a pourtant rien à voir avec une cuisine de restaurant, mais son bureau, à un mètre d’une baie vitrée exposée plein sud, affiche 29 degrés, cinq degrés de plus que les bureaux derrière la façade est du même bâtiment.Entièrement vitré, l’immeuble situé dans le quartier Austerlitz à Paris, a été construit au début des années 2000, et est un exemple typique des immeubles en surchauffe l’été, dénoncés par l’ingénieur Pascal Lenormand via un hashtag #balancetonfour, créé en 2023 sur les réseaux sociaux.Pour cet expert de la performance énergétique des bâtiments, lorsque la surface vitrée dépasse 30% de la surface de plancher d’une pièce, “ça commence à devenir dangereux”.Pour raisons esthétiques et économiques, les bâtiments tertiaires vitrés se sont largement imposés depuis la fin du siècle dernier, à l’image du quartier d’affaires de la Défense, à l’ouest de Paris. Mais s’ils apportent luminosité dans les vastes espaces de travail, ils sont de moins en moins adaptés aux fortes chaleurs. L’entreprise de Romain, 38 ans, est installée depuis deux ans dans un immeuble de coworking de la Défense, rénové à la fin des années 2010. “C’était tout neuf mais il a très vite fait trop chaud, ils doivent mettre la clim à fond”, explique-t-il. “On crève de chaud, il y a des baies vitrées à tous les étages”, peste Adrien, 49 ans, qui travaille dans le même immeuble. Sous les fortes températures de la mi-août “une collègue a craqué, elle a dit que son téléphone portable s’était éteint à cause de la chaleur”, explique-t-il.- “Pas suffisant” -Le sujet de “l’adaptation au réchauffement climatique est encore émergent” dans l’immobilier de bureaux, affirme à l’AFP Juliette Lefébure, directrice générale de l’Observatoire de l’immobilier durable (OID), une association de professionnels de l’immobilier engagée dans la transition écologique du secteur.”Aujourd’hui ce sont plutôt les enjeux de décarbonation (réduction de la consommation d’énergie carbonée, NDLR) qui sont au cœur des projets de rénovation de bâtiments, et non l’adaptation”, complète Gaëlle Peschoux, chargée de projet au sein de l’OID.Les dernières réglementations entrées en vigueur, au niveau français et européen, ont contraint un certain nombre d’acteurs à se pencher sur la question des risques liés au changement climatique, dont les canicules, les inondations, etc. Cette prise en compte dépend cependant “de la taille de la société, de son portefeuille et de ses moyens, il y a une vraie inégalité face au dérèglement climatique”, selon Thierry Laquitaine, directeur de l’investissement socialement responsable du gestionnaire de fonds immobiliers AEW. L’Institut de l’économie pour le climat (I4CE) a évalué les besoins annuels d’investissements en France pour adapter les bâtiments, y compris les logements, aux vagues de chaleur à entre “1 à 2,5 milliards d’euros pour la construction neuve et 4,8 milliards pour la rénovation”, en plus des investissements pour atteindre les objectifs de neutralité carbone.Et malheureusement il existe encore “beaucoup d’actifs qui sortent de terre sans tenir compte du contexte local ou de long terme” de réchauffement, déplore Juliette Lefébure. Elle cite des orientations par rapport au soleil mal pensées, des couleurs sombres inadaptées ou encore un choix de matériaux qui n’empêchent pas assez la transmission de la température entre extérieur et intérieur.”Les bâtiments sont notoirement beaucoup mieux isolés qu’avant”, assure Maxime Michaux, directeur de l’ingénierie du conseiller en immobilier JLL, grâce à des matériaux plus performants. Mais même la réglementation environnementale pour la construction neuve entrée en vigueur en 2022 (RE2020) “n’est pas suffisante”, selon la directrice générale de l’OID.Outre le recours déraisonné à la climatisation pour rafraîchir des bâtiments mal conçus, le problème “est surtout la mise en danger des personnes”, prévient Pascal Lenormand, pour qui “les situations les plus dramatiques sont celles des hôpitaux”.