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Au Kenya, guerre en ligne contre les opposants au gouvernement

Lorsque la développeuse Rose Njeri a créé une application permettant de critiquer le contesté projet de loi de finances 2025, elle cherchait avant tout à renforcer la démocratie au Kenya. Mais elle s’est retrouvée emprisonnée et victime d’une campagne de diffamation en ligne.”Je ne faisais que créer des outils correspondant à mes convictions”, explique-t-elle à l’AFP, bouleversée d’avoir “dû dormir dans une cellule pendant quatre jours.”Agée de 35 ans, cette mère de deux enfants incarne malgré elle la répression croissante des voix dissidentes au Kenya, que dénoncent les ONG de défense des droits humains. Une répression accompagnée de harcèlement en ligne.Si son arrestation en mai a suscité l’indignation et le hashtag #FreeRoseNjeri (#LibérezRoseNjeri) largement partagé sur les réseaux sociaux, la développeuse s’est aussi retrouvée au cœur d’accusations conspirationnistes en ligne la faisant passer pour une pirate informatique formée en Estonie et travaillant pour un groupe russe.Presque au même moment, deux militants des droits humains, dont le Kényan Boniface Mwangi, connu dans son pays pour son opposition aux autorités, ont disparu en Tanzanie, où ils souhaitaient soutenir le leader de l’opposition Tundu Lissu lors de son procès pour trahison.Après des jours d’angoisse pour leurs familles, tous deux sont réapparus, ostensiblement diminués, et ont dénoncé des actes de torture et des violences sexuelles infligées selon eux par les forces de sécurité tanzaniennes.Le hashtag #AsanteSamia (#MerciSamia en swahili, NDLR), créé après que la présidente de Tanzanie Samia Suluhu Hassan a appelé à s’en prendre aux “militants étrangers mal élevés”, a atteint environ 1,5 million de vues sur des publications ciblant Boniface Mwangi, mais aussi Rose Njeri, pourtant éloignée de l’affaire.Un autre hashtag, #DogsOfWar (#ChiensDeGuerre), a également accusé les deux militants disparus en Tanzanie de faire partie d’une “perturbation coordonnée numériquement” et financée par George Soros, milliardaire philanthrope américain fréquemment ciblé par la complosphère occidentale conservatrice.#AsanteSamia et #DogsOfWar sont deux des sept hashtags identifiés par les équipes de fact-checking de l’AFP avant des manifestations antigouvernementales organisées en juin-juillet au Kenya.Des campagnes de désinformation coordonnées ont alors commencé à cibler militants et opposants sur X, manipulant les mots-dièses pour fabriquer l’illusion de leur rejet massif par les internautes.”Il existe des preuves d’une amplification coordonnée, en raison des multiples publications publiées simultanément ou à quelques secondes d’intervalle” sur certains comptes, affirme à l’AFP Moffin Njoroge, expert chez Code for Africa, une ONG luttant notamment contre la désinformation en ligne.- “Comportement automatisé” –   Alors que les opposants à l’exécutif du président kényan William Ruto, souvent jeunes, avaient largement l’avantage sur les réseaux sociaux lors des manifestations historiques de 2024, qui avaient culminé avec l’envahissement du Parlement le 25 juin, ils font maintenant face à une opposition virulente en ligne.En avril, après un documentaire de la BBC sur les violences policières au Kenya, les hashtags #BBCForChaos (#LaBBCPourLeChaos) et #ToxicActivists (#MilitantsToxiques) avaient respectivement enregistré environ 5,3 millions et 365.000 vues.Ces publications dépeignaient leurs cibles, dont Boniface Mwangi, comme des “marionnettes rémunérées”.Juste avant l’anniversaire du 25 juin 2024, les hashtags #PaidActivism (#MilitantismeRémunéré), #CommercialActivismKE (#MilitantismeCommercialKenya) et #ShunFakeActivismKE (#NonAuFauxMilitantismeKenya) ont encore cherché à discréditer militants et opposants.Certains comptes publient parfois “plus de 100 publications sous un hashtag en une journée”, observe Moffin Njoroge, ce qui atteste selon lui de “comportements automatisés”.@essy_2128 et @tonymkenya7 ont ainsi respectivement posté 226 et 140 messages sur X comportant #AsanteSamia en 24 heures, tandis que @darsil254 a utilisé 104 fois #ShunFakeActivismKE dans un laps de temps identique.Certains des comptes ayant lancé ces tendances ont un historique de promotion des hashtags “progouvernementaux”, remarque encore Moffin Njoroge. Tel @MurimiJeff_, à l’origine de #ToxicActivists, qui avait précédemment impulsé #BoldRuto (#RutoLeCourageux).Si les campagnes de désinformation au Kenya s’appuyaient auparavant sur des graphiques falsifiés, fausses citations, couvertures de journaux modifiées, etc. elles sont désormais montées en gamme grâce à l’IA, a constaté l’AFP.#DogsOfWar a accompagné une vidéo falsifiée de la chaîne américaine CNN affirmant que des militants “financés par l’étranger” avaient été expulsés de Tanzanie. #AsanteSamia a mis en avant un clip imitant un présentateur kényan qui rapportait un prétendu nouvel enlèvement de Boniface Mwangi.  – “Système tyrannique” -Ces campagnes sont liées à l’Etat kényan, estime Alphonce Shiundu, rédacteur en chef pour le Kenya de la plateforme Africa Check, qui a travaillé sur le sujet. “Il suffit de regarder la rhétorique politique, les déclarations des hauts responsables du gouvernement et les discussions en ligne. Il y a toujours une confluence”, note-il pour l’AFP.L’offensive numérique a ainsi coïncidé avec des avertissements de l’exécutif contre des supposées “tentatives de coup d’Etat” et l’inculpation de manifestants pour terrorisme.Ces tactiques relèvent du “plus vieux stratagème du manuel des régimes autoritaires”, estime Irungu Houghton, directeur exécutif d’Amnesty International Kenya. “La désinformation est conçue pour discréditer les défenseurs des droits humains et détourner l’attention des préoccupations qu’ils soulèvent”, poursuit-il.Dire que les militants sont “payés” rend “plus facile” pour l’Etat de les attaquer pour leurs soi-disant “menaces à l’intérêt national” et de justifier la répression de la contestation, commente de son côté Alphonce Shiundu.Au moins 65 personnes ont été tuées dans les manifestations de juin et juillet derniers, selon la police des polices kényane. Mi-juillet, le président Ruto avait choqué en appelant les forces de l’ordre à tirer “une balle dans la jambe” de pillards.A mesure qu’approchent les élections présidentielle et législatives de 2027 au Kenya, Moffin Njoroge s’attend à davantage de campagnes progouvernementales en ligne “visant les hommes politiques d’opposition et les militants”.”De quoi ont-ils si peur ?”, s’interroge Rose Njeri. Et de lancer : “Laissez-moi continuer jusqu’à ce que le Kenya soit libéré de ce système tyrannique.”

Des Soudanais s’attellent à la reconstruction de Khartoum ravagée par la guerre

Dans les rues de la capitale soudanaise Khartoum, ravagée par la guerre, ouvriers et volontaires s’affairent à déblayer les décombres, dégager les arbres tombés et réparer les réseaux électrique et d’eau.La guerre civile déclenchée en 2023 a dévasté la capitale et poussé près de la moitié de ses quelque neuf millions d’habitants à la fuite. Conquise par les paramilitaires au début de la guerre, elle a été reprise par l’armée en mars dernier.Aujourd’hui, la reconstruction est enfin lancée, menée par des agences gouvernementales et des groupes de volontaires, qui oeuvrent aussi à la réhabilitation des hôpitaux et des écoles.”Nous travaillons pour réparer les infrastructures”, explique l’un d’entre eux, Mostafa Awad. A proximité, le bruit des marteaux et des pelles résonne.Des centaines de personnes se sont retroussé les manches mais la tâche s’annonce ardue au vu des destructions et pillages et en raison des pénuries d’outils et de matériel. L’ONU estime à environ 350 millions de dollars le coût de la réhabilitation des infrastructures de base. Mais la reconstruction complète “prendra des années et (coûtera) plusieurs milliards de dollars”, déclare à l’AFP Luca Renda, coordinateur résident de l’ONU.Via son agence pour le développement, PNUD, l’ONU a mis en place des programmes “argent contre travail” pour mobiliser des bras. La plupart des projets de reconstruction sont aujourd’hui financés localement.- Munitions non explosées -Les rues sont encombrées de décombres de bâtiments, de voitures calcinées, désossées, aux pneus fondus dans l’asphalte, de pylônes noircis et poteaux électriques abattus, ont constaté des correspondants de l’AFP. Le tout surmonté d’immeubles résidentiels éventrés et vides. Autre défi, les dizaines de milliers de munitions non explosées abandonnées par les combattants, que les autorités s’emploient à dégager.L’ONU a rapporté ce mois-ci que des mines avaient aussi été découvertes dans la capitale. Avant d’être chassés par l’armée, les paramilitaires ont procédé à des pillages et destructions systématiques -du matériel médical aux pompes à eau en passant par les câbles en cuivre.”Normalement, dans une zone de guerre, on voit des destructions massives, mais rarement une situation similaire à celle de Khartoum”, relève Luca Renda. “Tous les câbles ont été arrachés des habitations, toutes les canalisations ont été détruites.”Un responsable du département de l’électricité, Mohamed el-Béchir, décrit des “dégâts immenses”.”Certaines centrales électriques ont été complètement détruites”, les paramilitaires “ont spécifiquement ciblé l’huile des transformateurs et les câbles en cuivre”, dit-il à l’AFP. De vastes zones de Khartoum sont privées d’électricité et, faute d’approvisionnement fiable en eau, une épidémie de choléra s’est propagée en ville.Les autorités sanitaires ont signalé jusqu’à 1.500 nouveaux cas par jour en juin, selon l’ONU.Lors de sa première visite à Khartoum en juillet, le Premier ministre soudanais, Kamel Idris, a affirmé que “Khartoum redeviendra une capitale nationale fière”.- De l’espoir -Alors que la guerre fait encore rage ailleurs au Soudan entre l’armée du général Abdel Fattah al-Burhane et les paramilitaires de Mohamed Hamdane Daglo, le pouvoir a commencé à planifier son retour à Khartoum et prévu d’y réaménager le quartier d’affaires et gouvernemental dévasté.Il avait après le début de la guerre transféré son siège à Port-Soudan (est).Dans le centre-ville de Khartoum, un ouvrier, les mains couvertes de boue, empile des briques à côté d’un bâtiment en ruines.D’autres dégagent des gravats d’une maison, des morceaux de béton et de métal à bord de brouettes, ou installent des tuyaux dans des murs endommagés.Sur une route, des hommes transportent un arbre tombé sur un camion.”Nous manquons d’outils, de fournitures sanitaires et de fer”, déplore Mohamed El Ser, un ouvrier du bâtiment. L’ONU prévoit le retour de jusqu’à deux millions de personnes à Khartoum d’ici fin 2025.Ceux rentrés, estimés à des dizaines de milliers, disent avoir de l’espoir même si la situation reste difficile. “Les conditions de vie s’améliorent”, affirme Ali Mohamed. “La situation est stable, et les services essentiels commencent à revenir, comme l’eau, l’électricité et même les soins médicaux de base”.

Des Soudanais s’attellent à la reconstruction de Khartoum ravagée par la guerre

Dans les rues de la capitale soudanaise Khartoum, ravagée par la guerre, ouvriers et volontaires s’affairent à déblayer les décombres, dégager les arbres tombés et réparer les réseaux électrique et d’eau.La guerre civile déclenchée en 2023 a dévasté la capitale et poussé près de la moitié de ses quelque neuf millions d’habitants à la fuite. Conquise par les paramilitaires au début de la guerre, elle a été reprise par l’armée en mars dernier.Aujourd’hui, la reconstruction est enfin lancée, menée par des agences gouvernementales et des groupes de volontaires, qui oeuvrent aussi à la réhabilitation des hôpitaux et des écoles.”Nous travaillons pour réparer les infrastructures”, explique l’un d’entre eux, Mostafa Awad. A proximité, le bruit des marteaux et des pelles résonne.Des centaines de personnes se sont retroussé les manches mais la tâche s’annonce ardue au vu des destructions et pillages et en raison des pénuries d’outils et de matériel. L’ONU estime à environ 350 millions de dollars le coût de la réhabilitation des infrastructures de base. Mais la reconstruction complète “prendra des années et (coûtera) plusieurs milliards de dollars”, déclare à l’AFP Luca Renda, coordinateur résident de l’ONU.Via son agence pour le développement, PNUD, l’ONU a mis en place des programmes “argent contre travail” pour mobiliser des bras. La plupart des projets de reconstruction sont aujourd’hui financés localement.- Munitions non explosées -Les rues sont encombrées de décombres de bâtiments, de voitures calcinées, désossées, aux pneus fondus dans l’asphalte, de pylônes noircis et poteaux électriques abattus, ont constaté des correspondants de l’AFP. Le tout surmonté d’immeubles résidentiels éventrés et vides. Autre défi, les dizaines de milliers de munitions non explosées abandonnées par les combattants, que les autorités s’emploient à dégager.L’ONU a rapporté ce mois-ci que des mines avaient aussi été découvertes dans la capitale. Avant d’être chassés par l’armée, les paramilitaires ont procédé à des pillages et destructions systématiques -du matériel médical aux pompes à eau en passant par les câbles en cuivre.”Normalement, dans une zone de guerre, on voit des destructions massives, mais rarement une situation similaire à celle de Khartoum”, relève Luca Renda. “Tous les câbles ont été arrachés des habitations, toutes les canalisations ont été détruites.”Un responsable du département de l’électricité, Mohamed el-Béchir, décrit des “dégâts immenses”.”Certaines centrales électriques ont été complètement détruites”, les paramilitaires “ont spécifiquement ciblé l’huile des transformateurs et les câbles en cuivre”, dit-il à l’AFP. De vastes zones de Khartoum sont privées d’électricité et, faute d’approvisionnement fiable en eau, une épidémie de choléra s’est propagée en ville.Les autorités sanitaires ont signalé jusqu’à 1.500 nouveaux cas par jour en juin, selon l’ONU.Lors de sa première visite à Khartoum en juillet, le Premier ministre soudanais, Kamel Idris, a affirmé que “Khartoum redeviendra une capitale nationale fière”.- De l’espoir -Alors que la guerre fait encore rage ailleurs au Soudan entre l’armée du général Abdel Fattah al-Burhane et les paramilitaires de Mohamed Hamdane Daglo, le pouvoir a commencé à planifier son retour à Khartoum et prévu d’y réaménager le quartier d’affaires et gouvernemental dévasté.Il avait après le début de la guerre transféré son siège à Port-Soudan (est).Dans le centre-ville de Khartoum, un ouvrier, les mains couvertes de boue, empile des briques à côté d’un bâtiment en ruines.D’autres dégagent des gravats d’une maison, des morceaux de béton et de métal à bord de brouettes, ou installent des tuyaux dans des murs endommagés.Sur une route, des hommes transportent un arbre tombé sur un camion.”Nous manquons d’outils, de fournitures sanitaires et de fer”, déplore Mohamed El Ser, un ouvrier du bâtiment. L’ONU prévoit le retour de jusqu’à deux millions de personnes à Khartoum d’ici fin 2025.Ceux rentrés, estimés à des dizaines de milliers, disent avoir de l’espoir même si la situation reste difficile. “Les conditions de vie s’améliorent”, affirme Ali Mohamed. “La situation est stable, et les services essentiels commencent à revenir, comme l’eau, l’électricité et même les soins médicaux de base”.

Hong Kong: la défense de Jimmy Lai s’exprime lors des plaidoiries finales

La défense du militant prodémocratie Jimmy Lai doit à nouveau s’exprimer jeudi à Hong Kong lors des plaidoiries finales de son procès pour atteinte à la sécurité nationale, après avoir déclaré qu’il était bon de “soutenir la liberté d’expression”.L’homme d’affaires âgé de 77 ans est accusé de collusion avec des forces étrangères et encourt l’emprisonnement à perpétuité.Les autorités affirment que le fondateur du journal Apple Daily, de nationalité britannique, a fait pression sur des gouvernements occidentaux pour qu’ils imposent des sanctions à la Chine et à sa région administrative spéciale de Hong Kong. Jimmy Lai est également accusé d’avoir écrit des textes séditieux dans son journal.Le quotidien Apple Daily a dû fermer en raison de son soutien aux grandes manifestations prodémocratie de 2019 à Hong Kong, parfois violentes, après lesquelles Pékin a mis en place une loi de sécurité nationale dans ce haut-lieu de la finance mondiale – celle qui vaut à l’homme d’affaires d’être poursuivi.Mercredi, lors des plaidoiries finales, l’avocat de M. Lai, Robert Pang, a déclaré à la cour qu’il n’était “pas mauvais de soutenir la liberté d’expression” et les droits humains. “Il n’est pas mauvais d’essayer de persuader le gouvernement de changer sa politique”, a-t-il ajouté.Plus tôt mercredi, le procureur Anthony Chau a jugé que le témoignage de Jimmy Lai, intervenu plus de 50 jours à l’audience, n’était “pas crédible”.Décrire l’Apple Daily comme un “défenseur neutre des valeurs fondamentales de Hong Kong” est “tout à fait trompeur”, a déclaré Anthony Chau à la cour. Jimmy Lai “et l’Apple Daily ont été anticommunistes pendant de nombreuses années”, et le magnat des médias “a glorifié la violence (…) et le martyre contre le régime du (Parti communiste chinois)”, a-t-il affirmé.Il a ajouté que de nombreuses correspondances prouvaient ses liens avec des personnalités politiques occidentales, et un projet pour faire mettre en place des sanctions contre la Chine et Hong Kong lors des manifestations massives de 2019.Des pays occidentaux et organisations de défense des droits humains appellent à la libération de l’homme d’affaires, en détention depuis décembre 2020. La semaine dernière, les plaidoiries finales avaient été reportées en raison de “palpitations” cardiaques chez Jimmy Lai.

A Strasbourg, les Ecologistes défendent l’unité de la gauche en vue de la présidentielle

Chantres de l’unité à gauche, les Ecologistes organisent jeudi, au premier jour de leurs universités d’été à Strasbourg, un grand rassemblement de toute la gauche, y compris mélenchoniste, dans l’optique de la présidentielle de 2027.”Sur l’unité pour 2027, je ne lâcherai rien”, promet la patronne des Ecologistes Marine Tondelier, qui entend bien mettre “la pression” sur tous les partis de gauche et fera un discours dans la soirée, juste avant le meeting commun. Cet événement verra réunis sur la même scène Marine Tondelier, le patron des socialistes Olivier Faure ainsi que des responsables communiste, unitaire (ex-LFI), insoumis et Place publique. Pour l’heure, quasiment tous ces partis promettent de voter la censure du Premier ministre François Bayrou lors de l’examen du budget 2026. Ce rassemblement fait suite à l’initiative lancée début juillet à Bagneux (Hauts-de-Seine) par Lucie Castets, l’éphémère prétendante à Matignon du Nouveau Front populaire, pour une candidature commune pour la prochaine présidentielle, face au risque de voir arriver au pouvoir l’extrême droite.Lucie Castets, également présente à Strasbourg, avait alors obtenu que le PS, les Ecologistes, Générations, Debout (le parti de François Ruffin) et l’Après (le parti des ex-Insoumis) actent le principe d’un “projet commun” et d’un candidat commun pour 2027. Ils ont décidé notamment de se mettre d’accord sur les modalités de désignation du candidat fin 2025 et sur le choix du candidat “entre mai et octobre 2026″.Mais alors que le Nouveau Front populaire avait réussi à rassembler la quasi-totalité de la gauche après la dissolution de 2024, Jean-Luc Mélenchon et Raphaël Glucksmann ont jusqu’alors refusé toute participation à une initiative unitaire, chacun préférant faire cavalier seul pour réussir à s’imposer dans les sondages. La secrétaire nationale des Verts se félicite donc de la venue de la députée insoumise Alma Dufour et du coordinateur de Place Publique Thierry Brochot, disant avoir la certitude que la position de Raphaël Glucksmann et Jean-Luc Mélenchon sera de plus en plus difficile à tenir.”Notre boussole, à tous, doit être l’antifascisme. Regardez ce qu’il se passe dans le monde, où de grandes démocraties basculent une par une. La France fait partie des prochains dominos qui peuvent tomber. Et si la France tombe, c’est l’Europe qui vacille”, s’alarme Mme Tondelier dans Libération, refusant “les petits jeux d’appareils”.- “Candidature forte” -Pour elle, “le gros défi” pour la gauche et les Ecologistes, “c’est de faire mentir les promesses de défaites qui nous sont faites”. Elle assure que depuis juillet, la gauche unitaire est “au travail” sur le programme, sur les conventions thématiques de la rentrée et sur l’organisation de la primaire en elle-même. Elle assure par ailleurs que les Ecologistes “n’ont pas vocation à être uniquement les gentils organisateurs de l’union”, et présenteront “une candidature forte à cette primaire”, laissant peu planer le suspense sur sa propre personne.Un rassemblement unitaire similaire est prévu la semaine prochaine, pour les journées d’été du PS à Blois, mais sans les Insoumis, avec qui les relations sont glaciales, notamment depuis que les socialistes ont refusé de censurer le gouvernement Bayrou sur le budget 2025.”Pourquoi nous avons fait le NFP? Parce que le danger de voir arriver Jordan Bardella à Matignon était imminent. Qui peut sincèrement penser que nous aurions, en 2025, en 2026 et 2027 davantage le luxe de la division qu’en 2024?”, argumente Mme Tondelier, plaidant aussi pour des rassemblements larges en cas de législatives partielles anticipées et pour les élections municipales de 2026. Mais sur cette dernière échéance, où les Ecologistes espèrent conserver leurs villes gagnées en 2020 et en conquérir d’autres avec le reste de la gauche, les tensions sont parfois fortes localement avec leurs partenaires socialistes ou insoumis. “Dans les villes de gauche où le ou la maire se représente, il semble logique, évident, que les gens qui ont travaillé ensemble pendant tout un mandat repartent au moins dans ce périmètre-là quand ça s’est bien passé”, défend-elle.L’ode à l’union risque cependant de se voir malmener dès le lendemain aux universités d’été de LFI à Châteauneuf-sur-Isère (Drôme) avec le discours, toujours très attendu, de Jean-Luc Mélenchon, déjà lancé pour sa quatrième campagne présidentielle.

Israël ordonne le rappel de 60.000 réservistes pour la prise de la ville de Gaza

Le ministre israélien de la Défense, Israël Katz, a ordonné mercredi le rappel de 60.000 réservistes après avoir donné son feu vert à la prise de la ville de Gaza, le Hamas dénonçant un “mépris flagrant” pour les efforts de médiation en cours en vue d’une trêve et la libération d’otages.Le cabinet de sécurité présidé par le Premier ministre, Benjamin Netanyahu, a approuvé début août un plan pour s’emparer de cette ville et de camps de réfugiés du centre du territoire, considérés comme les derniers bastions du Hamas, prendre le contrôle sécuritaire de toute la bande de Gaza et libérer les otages qui y sont toujours retenus.Ces derniers – 49 dont 27 morts selon l’armée – ont été enlevés lors d’une attaque sans précédent menée le 7 octobre 2023 par le mouvement islamiste palestinien Hamas contre Israël, qui a déclenché la guerre. Mercredi, la Défense civile locale a fait état de 21 Palestiniens tués par des frappes et tirs israéliens dans la bande de Gaza affamée, assiégée et ravagée par la guerre. Compte tenu des restrictions imposées aux médias à Gaza et des difficultés d’accès sur le terrain, l’AFP n’est pas en mesure de vérifier de manière indépendante les bilans et affirmations de la Défense civile ou de l’armée israélienne. M. Katz “a approuvé le plan d’attaque de l’armée à Gaza-ville”, a indiqué son ministère. Il a également “approuvé l’émission des ordres de rappel des réservistes nécessaires”, environ 60.000 hommes.Pour le Hamas, “l’annonce aujourd’hui par l’armée d’occupation terroriste du début [d’une] opération contre la ville de Gaza et ses près d’un million d’habitants et de déplacés […] témoigne […] d’un mépris flagrant des efforts déployés par les médiateurs”, en vue d’un accord de cessez-le-feu et de libération des otages.”Alors que le [Hamas] a annoncé son accord sur la dernière proposition présentée par les médiateurs, [Israël] insiste sur la poursuite de sa guerre barbare”, a ajouté le mouvement islamiste palestinien dans un communiqué.Le Premier ministre israélien Benjamin Netanyahu “démontre qu’il est le véritable obstacle à tout accord, qu’il ne se soucie pas de la vie [des otages israéliens] et qu’il n’a pas sérieusement l’intention de les récupérer”, ajoute le texte.Lundi, le Hamas a annoncé avoir accepté une nouvelle proposition des médiateurs – Egypte, Qatar et Etats-Unis- pour une trêve de 60 jours assortie de la libération des otages en deux étapes.Israël n’a pas réagi, mais une source gouvernementale a affirmé que le gouvernement n’avait “pas changé” de politique et continuait “d’exiger la libération” de tous les otages “conformément aux principes fixés par le cabinet pour mettre fin à la guerre”.La proposition, basée sur un précédent plan américain, prévoit une trêve de 60 jours, la remise de 10 otages vivants et des dépouilles de 18 otages décédés en échange de la libération de prisonniers palestiniens, ainsi que l’entrée de plus d’aide humanitaire, selon des sources du Hamas et du Jihad Islamique. Les captifs restants seraient libérés lors d’un deuxième échange, dans le délai de la trêve, durant laquelle doivent se tenir des négociations en vue d’un cessez-le-feu permanent. Or, depuis plus d’une semaine, l’armée israélienne, qui s’est emparée en plus de 22 mois de guerre d’environ 75% du territoire palestinien, a intensifié ses frappes et opérations dans la ville de Gaza, dans le nord du territoire. – Des milliers de déplacés – Les quartiers périphériques voisins de Zeitoun et Sabra y sont la cible d’intenses bombardements, selon des habitants.”Nous avons commencé des opérations préliminaires pour l’attaque. Nos forces sont en périphérie de la ville. Nous allons créer les conditions pour ramener les otages”, a déclaré mercredi le porte-parole de l’armée israélienne, Effie Defrin, à la télévision.Selon un communiqué de ses services, M. Netanyahu “a ordonné que le délai pour s’emparer des derniers bastions terroristes et vaincre le Hamas soit raccourci”, sans donner de date. De nombreux habitants ont fui Zeitoun et d’autres quartiers orientaux vers l’ouest de la ville et plus au sud, selon des témoins.L’armée israélienne “a détruit la plupart des bâtiments à Zeitoun et poussé à la fuite des milliers de personnes”, a déclaré au téléphone à l’AFP Anis Dalloul, 64 ans, réfugié dimanche dans un autre secteur. “Nous avons peur que (l’armée) occupe la ville et d’être déplacés à nouveau”.Mostafa Qazaat, chef du comité d’urgence de la municipalité de Gaza, a confirmé la fuite “d’un grand nombre” d’habitants. Dans le sud du territoire, l’armé israélienne a affirmé mercredi avoir tué dans le secteur de Khan Younès une dizaine de combattants du Hamas en repoussant une attaque de sa branche armée, qui assure avoir tué un nombre indéterminé de soldats israéliens.Faisant fi des protestations internationales, Israël a aussi approuvé mercredi un projet clé de construction de 3.400 logements en Cisjordanie occupée, qui empêcherait la création d’un éventuel Etat palestinien avec une continuité territoriale.L’Autorité palestinienne a fustigé une décision qui va selon elle faire de ce territoire une “véritable prison”. Londres l’a aussi condamnée, appelant Israël à revenir dessus.L’attaque du 7-Octobre a entraîné la mort côté israélien de 1.219 personnes, en majorité des civils, selon un décompte de l’AFP réalisé à partir de données officielles. La riposte israélienne a fait 62.122 morts à Gaza, majoritairement des civils, selon les données du ministère de la Santé du Hamas, jugées fiables par l’ONU.