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Eboulement mortel en Haute-Savoie: la roche reste instable, opérations de sécurisation en cours

La roche reste instable et des “opérations de sécurisation” sont en cours jeudi près de Passy en Haute-Savoie, où un éboulement a fait deux morts et deux blessés la veille, a indiqué la préfecture à l’AFP.La route nationale 205, sur laquelle un bloc de roches a percuté une voiture vers 18H00 mercredi tuant deux passagers âgés d’une vingtaine d’années, restera fermée dans le sens descendant pendant une dizaine de jours, a ajouté une porte-parole.”Des sondages ont lieu car le terrain reste très instable” au dessus de cette route qui court le long du flanc de la montagne, a-t-elle précisé.L’accès à Chamonix reste toutefois possible, avec des ralentissements, le viaduc des Egratz ayant été ouvert à la circulation dans les deux sens, souligne la préfecture.Les roches sont tombées sur l’arrière d’un véhicule de vacanciers originaires de la Somme. Le père et la mère, âgés de 54 ans, qui se trouvaient à l’avant ont été blessés et transférés à l’hôpital. Passagers à l’arrière, leur fils et sa petite amie, tous les deux nés en 2002, ont été tués.L’accident est survenu dans un “secteur très fracturé, avec une roche peu saine”, où il existe déjà de nombreux ouvrages de protection, notamment des filets, souligne Ludovic Ravanel, géomorphologue et directeur de recherches au CNRS. Même si “le lien direct est difficile à démontrer”, le drame a eu lieu “après dix jours de canicule et au premier jour de précipitations significatives”, relève-t-il.Or, “la sécheresse a pour effet d’assécher les fractures au niveau des parois et, paradoxalement, les fractures sèches tiennent moins que quand elles ont une certaine humidité, explique-t-il. Quand derrière il y a des précipitations significatives, ça produit des pressions dans les fissures qui peuvent déloger les blocs.”

Sabotage du gazoduc Nord Stream : un suspect ukrainien arrêté en Italie

Près de trois ans après le sabotage du gazoduc russe Nord Stream dans la mer Baltique, un Ukrainien, suspecté d’être l’un des coordinateurs du commando, a été arrêté jeudi en Italie.Il s’agit de la première arrestation dans cette mystérieuse affaire, particulièrement sensible en raison de la guerre en Ukraine, attaquée depuis février 2022 par la Russie.Dans un communiqué diffusé jeudi, le parquet fédéral allemand, spécialisé dans les affaires de terrorisme, a annoncé avoir “fait procéder à l’arrestation sur la base d’un mandat d’arrêt européen du citoyen ukrainien Serhii K., par la police italienne, dans la province de Rimini (Italie)”.”Serhii K. faisait partie d’un groupe de personnes qui, en septembre 2022, ont placé des explosifs sur les gazoduc ‘Nord Stream 1’ et ‘Nord Stream 2’ près de l’île (danoise, ndlr) de Bornholm”, écrit-il.Il s’agit “vraisemblablement d’un des coordinateurs de l’opération” de sabotage, ajoute-t-il. A Berlin, seule la ministre allemande de la Justice, Stefanie Hubig, avait réagi pour le moment à cette annonce, louant le “succès très impressionnant” du parquet.- Démentis de Kiev, Moscou et Washington -Le 26 septembre 2022, quatre énormes fuites de gaz précédées d’explosions sous-marines avaient eu lieu à quelques heures d’intervalles sur Nord Stream 1 et 2, des conduites reliant la Russie à l’Allemagne et acheminant l’essentiel du gaz russe vers l’Europe.A cette époque, Moscou avait cessé de livrer du gaz via Nord Stream 1, sur fond de bras de fer avec les pays européens alliés de Kiev. Quant au gazoduc jumeau Nord Stream 2, pomme de discorde entre Berlin et Washington depuis des années, il n’était jamais entré en service. Depuis le sabotage, des enquêtes judiciaires avaient été lancées séparément par l’Allemagne, la Suède et le Danemark. Elles ont été closes dans les deux pays scandinaves en 2024.De nombreuses pistes ont été évoquées, avec toujours en toile de fond, l’hypothèse qu’un Etat pourrait être le commanditaire de l’opération. Tant l’Ukraine que la Russie ou les Etats-Unis ont toujours vigoureusement démenti toute implication.Dans son communiqué publié jeudi, le parquet fédéral allemand affirme que Serhii K. et ses complices “ont utilisé un voilier (…) au départ de Rostock (port allemand sur la Baltique)”. – Plongeur ukrainien -“Le voilier avait été loué auprès d’une entreprise allemande à l’aide de faux papiers d’identité par le biais d’intermédiaires”, poursuit le parquet.”Les explosifs avaient détoné le 26 septembre 2022. Les explosions ont gravement endommagé les deux gazoducs”, rappelle le parquet.Après son transfert par les autorités italiennes en Allemagne, le suspect ukrainien doit être présenté au juge de la Cour fédérale de justice allemande.Il y a un an, plusieurs médias allemands, la chaine de télévision publique ARD et les journaux Die Zeit et Süddeutsche Zeitung avaient révélé que l’enquête s’orientait vers une piste ukrainienne, avec un mandat d’arrêt de la justice allemande contre un plongeur professionnel soupçonné d’être impliqué dans le sabotage avec deux autres des ses compatriotes. Ce plongeur, désigné comme Volodymyr Z. par les médias allemands, vivait en Pologne mais avait pu s’échapper en Ukraine avant son arrestation.Un jour après les révélations de la presse allemande, le Wall Street Journal avait affirmé que l’ancien chef d’Etat major ukrainien Valery Zaloujny, avait supervisé le plan visant à faire sauter les gazoducs. Un “non-sens absolu” avait réagi la présidence ukrainienne le 15 août 2024. Quant à Moscou, il avait jugé “clair” quatre jours plus tard que l’opération avait été ordonné par Washington.

Sabotage du gazoduc Nord Stream : un suspect ukrainien arrêté en Italie

Près de trois ans après le sabotage du gazoduc russe Nord Stream dans la mer Baltique, un Ukrainien, suspecté d’être l’un des coordinateurs du commando, a été arrêté jeudi en Italie.Il s’agit de la première arrestation dans cette mystérieuse affaire, particulièrement sensible en raison de la guerre en Ukraine, attaquée depuis février 2022 par la Russie.Dans un communiqué diffusé jeudi, le parquet fédéral allemand, spécialisé dans les affaires de terrorisme, a annoncé avoir “fait procéder à l’arrestation sur la base d’un mandat d’arrêt européen du citoyen ukrainien Serhii K., par la police italienne, dans la province de Rimini (Italie)”.”Serhii K. faisait partie d’un groupe de personnes qui, en septembre 2022, ont placé des explosifs sur les gazoduc ‘Nord Stream 1’ et ‘Nord Stream 2’ près de l’île (danoise, ndlr) de Bornholm”, écrit-il.Il s’agit “vraisemblablement d’un des coordinateurs de l’opération” de sabotage, ajoute-t-il. A Berlin, seule la ministre allemande de la Justice, Stefanie Hubig, avait réagi pour le moment à cette annonce, louant le “succès très impressionnant” du parquet.- Démentis de Kiev, Moscou et Washington -Le 26 septembre 2022, quatre énormes fuites de gaz précédées d’explosions sous-marines avaient eu lieu à quelques heures d’intervalles sur Nord Stream 1 et 2, des conduites reliant la Russie à l’Allemagne et acheminant l’essentiel du gaz russe vers l’Europe.A cette époque, Moscou avait cessé de livrer du gaz via Nord Stream 1, sur fond de bras de fer avec les pays européens alliés de Kiev. Quant au gazoduc jumeau Nord Stream 2, pomme de discorde entre Berlin et Washington depuis des années, il n’était jamais entré en service. Depuis le sabotage, des enquêtes judiciaires avaient été lancées séparément par l’Allemagne, la Suède et le Danemark. Elles ont été closes dans les deux pays scandinaves en 2024.De nombreuses pistes ont été évoquées, avec toujours en toile de fond, l’hypothèse qu’un Etat pourrait être le commanditaire de l’opération. Tant l’Ukraine que la Russie ou les Etats-Unis ont toujours vigoureusement démenti toute implication.Dans son communiqué publié jeudi, le parquet fédéral allemand affirme que Serhii K. et ses complices “ont utilisé un voilier (…) au départ de Rostock (port allemand sur la Baltique)”. – Plongeur ukrainien -“Le voilier avait été loué auprès d’une entreprise allemande à l’aide de faux papiers d’identité par le biais d’intermédiaires”, poursuit le parquet.”Les explosifs avaient détoné le 26 septembre 2022. Les explosions ont gravement endommagé les deux gazoducs”, rappelle le parquet.Après son transfert par les autorités italiennes en Allemagne, le suspect ukrainien doit être présenté au juge de la Cour fédérale de justice allemande.Il y a un an, plusieurs médias allemands, la chaine de télévision publique ARD et les journaux Die Zeit et Süddeutsche Zeitung avaient révélé que l’enquête s’orientait vers une piste ukrainienne, avec un mandat d’arrêt de la justice allemande contre un plongeur professionnel soupçonné d’être impliqué dans le sabotage avec deux autres des ses compatriotes. Ce plongeur, désigné comme Volodymyr Z. par les médias allemands, vivait en Pologne mais avait pu s’échapper en Ukraine avant son arrestation.Un jour après les révélations de la presse allemande, le Wall Street Journal avait affirmé que l’ancien chef d’Etat major ukrainien Valery Zaloujny, avait supervisé le plan visant à faire sauter les gazoducs. Un “non-sens absolu” avait réagi la présidence ukrainienne le 15 août 2024. Quant à Moscou, il avait jugé “clair” quatre jours plus tard que l’opération avait été ordonné par Washington.

Corps retrouvés dans la Seine à Choisy-le-Roi: une deuxième garde à vue

Une deuxième personne a été placée en garde à vue jeudi dans le cadre des enquêtes ouvertes après la découverte de quatre corps dans la Seine le 13 août à Choisy-le-Roi (Val-de-Marne), a indiqué le parquet de Créteil à l’AFP, confirmant une information du Parisien.Le ministère public a indiqué qu’il ne ferait “pas d’autre commentaire en l’état” des investigations.Aucune information n’a notamment été apportée sur de potentiels liens entre cette seconde garde à vue et la première, débutée mercredi et qui concerne un homme “pour meurtres en concours”, selon le parquet.Ce chef de garde à vue signifie que les soupçons se portent sur un “concours d’infractions”: autrement dit le ou les meurtres ont pu être commis par une personne suspectée d’autres faits pour lesquels il n’a pas été définitivement condamné.Lorsqu’il s’agit de meurtres en concours, la garde à vue peut durer jusqu’à 96 heures.Le 13 août, quatre corps avaient été retrouvés dans la Seine: un premier, repéré par un passant près du pont de Choisy, et trois autres corps immergés découverts par les sapeurs-pompiers et les forces de l’ordre en inspectant les alentours.Dans cette zone à la configuration particulière où le courant de la Seine ralentit, les autorités n’avaient dans un premier temps exclu aucune hypothèse: corps charriés par le courant et sans liens entre eux, homicides, accidents ou suicides.Mais les autopsies avaient d’abord conduit à l’ouverture d’une enquête pour homicide dans le cas du premier corps, par ailleurs identifié comme un homme âgé d’une quarantaine d’année et domicilié dans le Val-de-Marne.Puis une deuxième enquête pour meurtre avait été ouverte concernant un des trois autres cadavres, même si “eu égard à l’état très dégradé des corps retrouvés du fait de leur immersion dans l’eau, il était seulement possible de déterminer que les défunts étaient trois hommes, adultes, sans plus de précision”, expliquait alors le parquet.”De nombreux examens techniques (notamment médico-légaux) et investigations sont en cours afin notamment d’établir l’identité des trois défunts non identifiés, mais aussi les circonstances et la date de décès de l’ensemble des corps retrouvés”, ajoutait le ministère public.Jeudi en milieu de journée, le parquet n’avait pas précisé si les deux gardes à vue en cours concernaient la première, la deuxième ou les deux enquêtes pour homicide.

En Russie, la chasse aux “extrémistes” cible les simples recherches en ligne

Comme beaucoup de jeunes de son âge, Artiom, Russe de 18 ans, dit “passer la moitié de sa vie” à flâner sur internet, d’un site web à l’autre. Un passe-temps qui pourrait être remis en cause par une nouvelle loi punissant la recherche de contenus jugés “extrémistes”.Les autorités russes restreignent de façon drastique la liberté d’expression depuis le lancement de leur offensive en Ukraine en 2022.Mais la législation, qui entrera en vigueur dès septembre, pousse la surveillance numérique encore plus loin en punissant la simple recherche en ligne des contenus “extrémistes”.Ce qualificatif a une définition très large, et peut désigner des groupes terroristes aussi bien que des opposants politiques.Chercher à savoir qui est le défunt opposant Alexeï Navalny ou ce qu’est le “mouvement international LGBT”, tous deux classés “extrémistes”, pourraient désormais valoir des amendes jusqu’à 5.000 roubles (environ 55 euros).Or le jeune Artiom, croisé par l’AFP dans un parc moscovite, affirme s’intéresser à “tout” type de sujets: “l’avenir de notre pays, la politique de nos leaders, celle des gouvernements étrangers”.Il considère qu’avec la nouvelle loi, sa vie va “basculer”, car il devra faire attention au moindre clic.Artiom se tiendra par exemple à l’écart des “sites de pays dits +inamicaux+”, un terme souvent utilisé pour désigner les Occidentaux. Et ces sites “sont ceux qui m’intéressent le plus”, lâche-t-il avec dépit.Un autre Moscovite, Sergueï, avoue avoir “peur”. Comme la plupart des personnes interrogées par l’AFP, il a préféré ne pas donner son nom de famille.”Encore hier j’ai fait des recherches librement et demain je peux en être désigné coupable”, s’inquiète ce créateur de bijoux de 33 ans, bandana et piercing.- “Censure” -La nouvelle législation a suscité l’inquiétude jusque chez les partisans du Kremlin, provoquant une rare opposition d’une soixantaine d’élus.”Même les jeunes pro-gouvernementaux s’opposent à cette censure”, affirme un professeur d’histoire d’une université moscovite, sous le couvert de l’anonymat.Un expert en sécurité informatique, préférant lui aussi rester anonyme, rappelle que “la loi déroge au principe garanti par la Constitution selon lequel lire ne peut pas être punissable”.”La recherche en ligne devient maintenant dangereuse, le pouvoir cherchant à faire peur à tous”, estime-t-il, jugeant que la Russie se rapproche ainsi d’un modèle de surveillance et de contrôle appliqué par les autorités chinoises.La respectée militante des droits de l’Homme Svetlana Gannouchkina considère, elle, que le but du Kremlin est de “semer la peur et d’étouffer toute volonté de résister”.”Craignant l’irritation générale face à cette guerre insensée contre l’Ukraine, le pouvoir prend des mesures hystériques”, résume auprès de l’AFP cette Russe de 83 ans, classée “agent de l’étranger” par les autorités de son pays.Une autre nouvelle loi interdit de faire la promotion des VPN, systèmes très utilisés en Russie pour contourner la censure. La plateforme de vidéos YouTube n’est déjà accessible en Russie que via VPN, ainsi que les réseaux sociaux du groupe Meta, propriétaire de Facebook et Instagram, proclamé “extrémiste”.- “Difficilement réalisable” -Une législation distincte permettra aussi dès septembre de reconnaître “extrémiste” une communauté entière si l’un de ses membres a été classé comme tel.Plusieurs communautés en ligne, notamment ceux de correspondants écrivant aux prisonniers politiques, ont déjà dû fermer ou se réorganiser face à la nouvelle législation.Pour Natalia, 50 ans, administratrice d’une école, “cette loi n’est qu’une bêtise”.Elle juge que tout un groupe “ne peut pas être responsable” pour les activités d’un seul de ses membres.”Et je dois donc vérifier chaque fois en ouvrant la page de mon groupe sur le jardinage si l’une des mémères n’a pas été proclamée +extrémiste+ par hasard?”, se moque Natalia.L’expert en sécurité numérique rappelle toutefois que la censure sur internet “à l’échelle nationale est difficilement réalisable”.La loi ciblera avant tout les personnes qui étaient déjà dans le viseur des autorités pour leurs positions politiques, selon lui.”On sait bien que la sévérité des lois russes est souvent atténuée par la possibilité de leur non-exécution”, résume l’expert avec un sourire ironique.

En Russie, la chasse aux “extrémistes” cible les simples recherches en ligne

Comme beaucoup de jeunes de son âge, Artiom, Russe de 18 ans, dit “passer la moitié de sa vie” à flâner sur internet, d’un site web à l’autre. Un passe-temps qui pourrait être remis en cause par une nouvelle loi punissant la recherche de contenus jugés “extrémistes”.Les autorités russes restreignent de façon drastique la liberté d’expression depuis le lancement de leur offensive en Ukraine en 2022.Mais la législation, qui entrera en vigueur dès septembre, pousse la surveillance numérique encore plus loin en punissant la simple recherche en ligne des contenus “extrémistes”.Ce qualificatif a une définition très large, et peut désigner des groupes terroristes aussi bien que des opposants politiques.Chercher à savoir qui est le défunt opposant Alexeï Navalny ou ce qu’est le “mouvement international LGBT”, tous deux classés “extrémistes”, pourraient désormais valoir des amendes jusqu’à 5.000 roubles (environ 55 euros).Or le jeune Artiom, croisé par l’AFP dans un parc moscovite, affirme s’intéresser à “tout” type de sujets: “l’avenir de notre pays, la politique de nos leaders, celle des gouvernements étrangers”.Il considère qu’avec la nouvelle loi, sa vie va “basculer”, car il devra faire attention au moindre clic.Artiom se tiendra par exemple à l’écart des “sites de pays dits +inamicaux+”, un terme souvent utilisé pour désigner les Occidentaux. Et ces sites “sont ceux qui m’intéressent le plus”, lâche-t-il avec dépit.Un autre Moscovite, Sergueï, avoue avoir “peur”. Comme la plupart des personnes interrogées par l’AFP, il a préféré ne pas donner son nom de famille.”Encore hier j’ai fait des recherches librement et demain je peux en être désigné coupable”, s’inquiète ce créateur de bijoux de 33 ans, bandana et piercing.- “Censure” -La nouvelle législation a suscité l’inquiétude jusque chez les partisans du Kremlin, provoquant une rare opposition d’une soixantaine d’élus.”Même les jeunes pro-gouvernementaux s’opposent à cette censure”, affirme un professeur d’histoire d’une université moscovite, sous le couvert de l’anonymat.Un expert en sécurité informatique, préférant lui aussi rester anonyme, rappelle que “la loi déroge au principe garanti par la Constitution selon lequel lire ne peut pas être punissable”.”La recherche en ligne devient maintenant dangereuse, le pouvoir cherchant à faire peur à tous”, estime-t-il, jugeant que la Russie se rapproche ainsi d’un modèle de surveillance et de contrôle appliqué par les autorités chinoises.La respectée militante des droits de l’Homme Svetlana Gannouchkina considère, elle, que le but du Kremlin est de “semer la peur et d’étouffer toute volonté de résister”.”Craignant l’irritation générale face à cette guerre insensée contre l’Ukraine, le pouvoir prend des mesures hystériques”, résume auprès de l’AFP cette Russe de 83 ans, classée “agent de l’étranger” par les autorités de son pays.Une autre nouvelle loi interdit de faire la promotion des VPN, systèmes très utilisés en Russie pour contourner la censure. La plateforme de vidéos YouTube n’est déjà accessible en Russie que via VPN, ainsi que les réseaux sociaux du groupe Meta, propriétaire de Facebook et Instagram, proclamé “extrémiste”.- “Difficilement réalisable” -Une législation distincte permettra aussi dès septembre de reconnaître “extrémiste” une communauté entière si l’un de ses membres a été classé comme tel.Plusieurs communautés en ligne, notamment ceux de correspondants écrivant aux prisonniers politiques, ont déjà dû fermer ou se réorganiser face à la nouvelle législation.Pour Natalia, 50 ans, administratrice d’une école, “cette loi n’est qu’une bêtise”.Elle juge que tout un groupe “ne peut pas être responsable” pour les activités d’un seul de ses membres.”Et je dois donc vérifier chaque fois en ouvrant la page de mon groupe sur le jardinage si l’une des mémères n’a pas été proclamée +extrémiste+ par hasard?”, se moque Natalia.L’expert en sécurité numérique rappelle toutefois que la censure sur internet “à l’échelle nationale est difficilement réalisable”.La loi ciblera avant tout les personnes qui étaient déjà dans le viseur des autorités pour leurs positions politiques, selon lui.”On sait bien que la sévérité des lois russes est souvent atténuée par la possibilité de leur non-exécution”, résume l’expert avec un sourire ironique.

Hong Kong: Jimmy Lai “commentait” juste l’actualité, plaide son avocat

Le militant prodémocratie Jimmy Lai ne faisait que “commenter les affaires du monde”, a fait valoir sa défense jeudi à Hong Kong lors des plaidoiries finales de son procès au titre de la loi sur la sécurité nationale imposée par Pékin.L’homme d’affaires âgé de 77 ans est accusé de collusion avec des forces étrangères et encourt l’emprisonnement à perpétuité. Les autorités affirment que le fondateur du journal Apple Daily, de nationalité britannique, a fait pression sur des gouvernements occidentaux pour qu’ils imposent des sanctions à la Chine et à sa région administrative spéciale de Hong Kong. Jimmy Lai est également accusé d’avoir produit des articles et contenus séditieux, notamment dans son journal.Ce quotidien, l’Apple Daily, a dû fermer en raison de son soutien aux grandes manifestations prodémocratie de 2019 à Hong Kong, parfois violentes, après lesquelles Pékin a mis en place une loi de sécurité nationale dans ce haut-lieu de la finance mondiale – celle qui vaut à l’homme d’affaires d’être poursuivi.Jeudi, à l’audience, l’avocat de Jimmy Lai, Robert Pang, s’est penché sur plusieurs des contenus incriminés, notamment des publications de Jimmy Lai issues des réseaux sociaux. Mais aussi un direct vidéo diffusé en 2020 dans lequel M. Lai mettait en garde contre l’attitude selon lui agressive de la Chine dans ses relations internationales, appelée à rester ainsi si, affirmait-il, le président Xi Jinping ne quittait pas le pouvoir.”Il commente les affaires du monde” comme on le fait “autour d’une table de dim sums” (des bouchées typiques de la cuisine cantonaise), a lancé Me Pang à la cour. “Ce n’est pas une demande de retrait de Xi Jinping.”La cour a exprimé son désaccord à plusieurs reprises au cours des explications données jeudi par Me Pang, et la juge Esther Toh l’a appelé à interpréter les propos de Jimmy Lai “sans les maquiller”.Mercredi, Me Pang avait déclaré à la cour qu’il n’était “pas mauvais de soutenir la liberté d’expression” et les droits humains.Plus tôt mercredi, le procureur Anthony Chau avait, lui, jugé que le témoignage de Jimmy Lai, intervenu plus de 50 jours à l’audience, n’était “pas crédible”.Décrire l’Apple Daily comme un “défenseur neutre des valeurs fondamentales de Hong Kong” est “tout à fait trompeur”, a déclaré Anthony Chau à la cour. Jimmy Lai “et l’Apple Daily ont été anticommunistes pendant de nombreuses années”, et le magnat des médias “a glorifié la violence (…) et le martyre contre le régime du (Parti communiste chinois)”, a-t-il affirmé.Il a ajouté que de nombreuses correspondances prouvaient ses liens avec des personnalités politiques occidentales, et un projet pour faire mettre en place des sanctions contre la Chine et Hong Kong lors des manifestations massives de 2019.Des pays occidentaux et organisations de défense des droits humains appellent à la libération de l’homme d’affaires, en détention depuis décembre 2020. La semaine dernière, les plaidoiries finales avaient été reportées en raison de “palpitations” cardiaques chez Jimmy Lai.

Des batteries de voitures reconditionnées pour la transition énergétique de l’Allemagne

En Allemagne, des batteries usagées de voitures électriques démarrent une seconde vie: elles sont reconditionnées pour stocker de l’électricité issue des énergies renouvelables. Un procédé pour soutenir la transition énergétique du pays, encore dépendant du charbon et du gaz.La startup allemande Voltfang, a inauguré officiellement mardi, à Aix-La-Chapelle, ville allemande située à deux pas des frontières belge et néerlandaise, une usine commerciale de batteries de seconde vie destinee au stockage d’énergie renouvelable, la plus grande d’Europe selon elle. Littéralement, Voltfang signifie en allemand “attraper des volts”.Dans un grand hangar, des techniciens vêtus de tee shirt gris avec l’inscription Voltfang en vert testent des batteries lithium usagées pour connaître leur durée de vie restante. Celles en bon état sont expédiées sur la ligne de production pour être reconditionnées. Empilés ensuite dans de grandes armoires metalliques hautes comme des réfrigérateurs, les modules de batteries stockeront l’électricité issue des énergies renouvelables pour alimenter une maison équipée de panneaux solaires, une entreprise reliée à une éolienne ou encore le réseau électrique public, en cas d’absence de soleil ou de vent.Parmi les clients: la chaîne allemande de supermarchés Aldi Nord, qui souhaite stocker l’énergie des panneaux solaires installés sur les toits de ses magasins. Un atout potentiel pour le tournant énergétique de l’Allemagne, où les renouvelables ont couvert près de 60% de l’électricité produite en 2024, avec un objectif de 80% en 2030.Cette électricité intermittente a obligé le pays à importer cet hiver de l’énergie nucléaire française et du charbon polonais pour éviter les coupures.  “Si des batteries peuvent être reliées au réseau d’électricité, nous n’avons pas besoin de charbon”, affirme à l’AFP David Oudsandji, 29 ans, patron  et co-fondateur de Voltfang. Cette solution de stockage des renouvelables contribue à la “sécurité” et à la “souveraineté européenne” en matière d’approvisionnement énergétique, ajoute-t-il. – Croissance exponentielle -Créée en 2020 par trois étudiants ingénieurs de l’université d’Aix-la-Chapelle, Voltfang ambitionne de produire d’ici 2030 assez de systèmes pour stocker une capacité de 1 GWh d’électricité par an, soit l’équivalent de la consommation annuelle de 300 foyers.L’entreprise, qui emploie une centaine de personnes, doit être rentable dès l’année prochaine, assure le patron.Les solutions énergétiques décentralisées, comme le stockage par batteries, joueront un rôle “majeur” pour “créer des systèmes énergétiques efficaces”, estime Marc Sauthoff, expert du cabinet Roland Berger.Le marché du stockage stationnaire, les solutions permettant de stocker l’électricité dans des installations fixes, croît de façon exponentielle en Allemagne: environ 6 GWh de capacité ont été installés en 2024 dans le pays, contre 2,5 GWh en 2022, selon Roland Berger. Et cette capacité devrait encore se multiplier au cours des prochaines années. Si Voltfang tient ses objectifs, son usine répondrait alors à environ 5% du marché attendu en 2030, selon les prévisions de Roland Berger.Actuellement, la plupart des batteries stationnaires sont utilisées pour équiper des foyers et réduire la consommation d’électricité du réseau central. Mais les projets se multiplient chez les entreprises et les opérateurs de réseaux électriques.- Approvisionnement limité -La filière européenne des batteries reste néanmoins fragile, alors que la Chine domine la production. Les batteries de seconde vie sont confrontées à la baisse des prix des modèles neufs, plus performants et de moins en moins chers, ce qui a ralenti les projets en Europe.D’autant plus que les industriels doivent investir dans des processus coûteux pour tester les batteries usagées, explique M. Oudsandji.Surtout, l’approvisionnement reste limité: les véhicules électriques sont encore trop jeunes pour fournir massivement des batteries en fin de première vie.”Il n’existe pas pour l’instant de filière à échelle industrielle” pour les batteries de seconde vie, constate Serge Pélissier, chercheur à l’université Gustave Eiffel à Lyon. Le groupe français SNAM avait d’ailleurs renoncé en 2022 à son activité de seconde vie des batteries.Autre danger pour Voltfang: les projets du nouveau gouvernement allemand moins sensible à la transition énergétique que ne l’était la précédente coalition où participaient les écologistes.Pour garantir la sécurité d’approvisionnement en électricité du pays, le gouvernement du chancelier conservateur Friedrich Merz a prévu de construire d’ici 2030 de nouvelles centrales à gaz d’une capacité de 20 gigawatts, soit l’équivalent de 40 centrales.

L’Anglaise doyenne de l’humanité fête ses 116 ans

La doyenne du monde, la Britannique Ethel Caterham, fête jeudi ses 116 ans, a annoncé la maison de retraite dans laquelle elle vit.Née le 21 août 1909 dans un village du Hampshire, dans le sud de l’Angleterre, Ethel Caterham est devenue la doyenne de l’humanité début mai après le décès de la nonne brésilienne Inah Canabarro Lucas à l’âge de 116 ans.Elle vit dans une maison de retraite du Surrey, un comté au sud de Londres.”Ethel a une nouvelle fois choisi de ne pas accorder d’interviews, préférant passer la journée tranquillement avec sa famille pour qu’elle puisse en profiter à son rythme”, a indiqué un porte-parole de la maison de retraite.La supercentenaire et sa famille sont “reconnaissants pour tous les gentils messages et l’intérêt manifesté à son égard”, a précisé la même source.Ethel Caterham est le dernier sujet vivant du roi Édouard VII, dont le règne s’est achevé en 1910. Elle est aussi la Britannique la plus âgée de tous les temps, selon la base de données Oldest in Britain.L’année dernière, elle avait reçu une lettre du roi Charles III la félicitant d’avoir atteint cette “étape remarquable”.