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Le Mexique aux urnes pour élire tous ses juges, dans l’ombre du crime

Une première mondiale. Environ 100 millions d’électeurs sont appelés dimanche à désigner tous les magistrats du Mexique, des tribunaux de district jusqu’aux neuf juges de la Cour suprême, dans un pays où la justice est gangrénée par la corruption, le crime organisé et les influences politiques en tout genre.Cette élection est la colonne vertébrale d’une réforme constitutionnelle du pouvoir judiciaire lancée par la gauche au pouvoir pour lutter contre ce qu’elle appelle “la corruption et les privilèges” du personnel judiciaire, contre l’inefficacité de la justice et contre l’impunité généralisée.Le Mexique, qui compte près de 130 millions d’habitants, enregistre chaque année 30.000 homicides, ce qui le classe parmi les pays les plus violents du monde. La plupart de ces crimes restent impunis. Le pays compte six des huit bandes criminelles d’Amérique latine qualifiées d'”organisations terroristes” par le président américain Donald Trump.Les adversaires de la réforme dénoncent un risque de prise de contrôle de la justice par la gauche au pouvoir. Des inquiétudes portent également sur l’influence des cartels de la drogue sur le scrutin.”Il y a des raisons de croire que les élections peuvent être plus facilement infiltrées par le crime organisé que d’autres méthodes pour choisir les juges”, affirmé à l’AFP Margaret Satterthwaite, rapporteure spéciale des Nations Unies sur l’indépendance des juges et avocats. Selon elle, il existe aussi “un risque que les électeurs ne se basent pas sur les mérites des candidats pour les élire”.- “Corruption et privilèges” -La présidente de gauche, Claudia Sheinbaum, a parlé d’un “jour historique” en lançant samedi un dernier appel à voter.”Ceux qui souhaitent le maintien du régime de corruption et de privilèges au sein du pouvoir judiciaire disent que cette élection est truquée. Ils disent aussi que c’est pour qu’un parti politique s’approprie la Cour suprême”, a-t-elle dit.”Rien de plus faux”, a poursuivi la présidente, en assurant que cette élection inédite allait permettre l’avènement “d’un pouvoir judiciaire honnête, proche du peuple” qui n’aura été choisi “ni par la présidente, ni par les législateurs, mais par le peuple du Mexique”.Elue avec près de 60% des voix il y a un an, Mme Sheinbaum bénéficie d’une cote de popularité d’environ 75%, encore plus forte que celle de son prédécesseur et mentor politique Andres Manuel Lopez Obrador.Au pouvoir depuis décembre 2018, leur Mouvement pour la régénération nationale (Morena) est largement majoritaire au Parlement et dans une majorité des 32 Etats mexicains.Des adversaires de la réforme ont convoqué une “marche nationale” dimanche.La campagne électorale, discrète, n’a été marquée par aucun acte de violence significatif. Mais il est probable que les cartels tentent d’influencer subrepticement les résultats, estime le consultant Luis Carlos Ugalde, ancien président de l’autorité électorale mexicaine.”Il est logique que les groupes criminels organisés aient approché les juges et les candidats qui sont importants pour eux”, a-t-il dit.- Candidats controversés -Au total, 881 postes sont en jeu au niveau fédéral, dont les neuf membres de la Cour suprême. Quelque 1.700 juges vont être élus dans 19 des 32 Etats. Des élections complémentaires auront lieu en 2027.L’ONG Defensorxs a identifié près de 20 candidats à risque pour leurs liens présents ou passés avec des figures du crime. Parmi eux, Silvia Delgado, ex-avocate de Joaquín “Chapo” Guzmán, cofondateur du cartel de Sinaloa, condamné à la perpétuité aux Etats-Unis. Mme Delgado est candidate à un poste de juge pénal à Ciudad Juarez, ville-frontière avec les Etats-Unis. Autre exemple: Leopoldo Chávez, en campagne dans l’Etat du Durango (nord), a passé six ans en prison aux Etats-Unis pour trafic de métamphétamines. “Je ne me suis jamais vendu auprès de vous comme le candidat parfait”, a-t-il affirmé dans une vidéo publiée sur Facebook.Les candidats doivent être diplômés en droit, avoir de l’expérience et “une bonne réputation”.Le scrutin risque de peu mobiliser les Mexicains, l’autorité électorale pronostiquant un taux de participation 13 à 20%. Un électeur doit choisir des dizaines de juges parmi des centaines de candidats, ce qui nécessite des heures de recherches pour qui veut voter de façon avisée, explique David Shirk, professeur de l’Université de San Diego, aux Etats-Unis.Ce chercheur fait par ailleurs remarquer que le gros de la corruption judiciaire au Mexique est le fait des forces de l’ordre et des parquets, et non des magistrats du siège.”Il est beaucoup plus facile d’acheter un procureur et d’éviter les charges en général que de finir devant un tribunal et devoir influencer le juge”, explique M. Shirk, directeur d’un projet de recherche sur la justice au Mexique.

Célébrations en marge de la Ligue des Champions: la fête endeuillée par deux morts

La victoire du Paris SG face à l’Inter Milan en finale de la Ligue des Champions a été endeuillée en France par la mort d’un mineur à Dax et celle d’un jeune homme à Paris, où la soirée a été émaillée de nombreux incidents.A Dax, un mineur de 17 ans a été tué à coups de couteau lors d’un rassemblement pour célébrer le sacre du club parisien tandis que dans la capitale, dans le 15e arrondissement, un jeune homme d’une vingtaine d’années circulant à scooter a été percuté par une voiture et a succombé à ses blessures.A Grenoble, quatre personnes d’une même famille ont été blessées dont deux grièvement après qu’une voiture a heurté la foule célébrant la victoire du PSG.A Coutances (Manche), un policier, atteint accidentellement à l’oeil, selon les premiers éléments d’enquête, par un mortier d’artifice, a été placé en coma artificiel et transporté à l’hôpital de Caen.Au cours de la soirée, émaillée de très nombreux incidents et de violences, majoritairement dans la capitale, 22 membres des forces de l’ordre ont été blessés dont 18 à Paris, selon le ministère de l’Intérieur. La nature et la gravité des blessures n’ont pas été précisées.Sept sapeurs-pompiers ont été blessés ainsi que 192 manifestants.Il y a eu 559 interpellations dont 491 à Paris, qui ont conduit à 320 gardes à vue dont 254 à Paris, a ajouté la même source.Le ministère a décompté, selon un bilan national provisoire, 692 incendies dont 264 véhicules.A Paris, la plupart des incidents se sont déroulés sur l’avenue des Champs-Elysées, qui avait été fermée à la circulation pour l’occasion, ainsi qu’aux abords du Parc des Princes, le stade historique du PSG.Durant plusieurs heures après le coup de sifflet final, des échauffourées sporadiques ont eu lieu entre les forces de l’ordre et des groupes mobiles. Gaz lacrymogènes et utilisation d’un engin lanceur d’eau d’un côté, mortiers d’artifice et lancers de divers projectiles, de l’autre. En dépit d’un dispositif particulièrement conséquent – 5.400 policiers et gendarmes avaient été mobilisés à Paris et en petite couronne-, des scènes de pillages, de bris de mobilier urbain, de vitrines dégradées et d’incendies de vélos en libre service, ont été constatées principalement sur les Champs-Elysées et à ses abords.- La parade, nouveau défi sécuritaire -Dans une rue adjacente, une terrasse éphémère a été incendiée. Un magasin de chaussures de l’avenue a été pillé avant que les forces de l’ordre n’interviennent rapidement. Une trentaine de personnes y ont été interpellées.Deux voitures ont été incendiées Porte de Saint-Cloud, près du Parc des Princes, où à plusieurs reprises des supporters munis de fumigènes sont descendus sur le périphérique et ont interrompu la circulation avant d’être délogés par les forces de l’ordre.Dans un message posté sur X dans la soirée, le ministre de l’Intérieur Bruno Retailleau s’était insurgé “contre des barbares venus dans les rues de Paris pour commettre des délits et provoquer les forces de l’ordre”, tandis que les “vrais supporters du PSG sont en train de s’enthousiasmer devant le magnifique match de leur équipe”.”Il est insupportable qu’il ne soit pas envisageable de faire la fête sans craindre la sauvagerie d’une minorité de voyous qui ne respectent rien”, avait ajouté le ministre.Signe de la tension tout au long de la soirée, le 18, numéro d’urgence des pompiers, a été saturé, au point que les sapeurs-pompiers de Paris ont diffusé un message sur X pour tenter de canaliser les demandes.Le préfet de police de Paris, Laurent Nuñez, s’exprimera à la mi-journée, quelques heures avant la parade des joueurs sur les Champs-Elysées, qui constitue un nouveau défi en terme sécuritaire pour la police. Il détaillera le dispositif de sécurité mis en place.D’ores et déjà, il est prévu l’installation de trois box pour accueillir le public, avec une jauge maximale totale de 110.000 personnes. Les joueurs seront à bord d’un bus à Impériale. Ils seront ensuite reçus à l’Elysée par le président Emmanuel Macron. Puis ils iront au Parc des Princes pour la présentation du trophée aux supporters.

Ligue des champions: les héros parisiens attendus à Paris pour fêter leur triomphe

Après leur sacre historique en Ligue des champions samedi face à l’Inter Milan (5-0), les héros parisiens sont attendus dimanche après-midi à Paris pour être portés en triomphe par leurs supporters.Dans la nuit de Munich, ils ont écrit, avec la fougue de la jeunesse et la vista de leur entraîneur Luis Enrique, l’histoire du PSG et du foot européen. Mais aussi un moment de télévision: 11,8 millions de personnes ont suivi la finale sur Canal+ et M6.Au même moment, les scènes de liesse se multipliaient dans la capitale en ébullition, avec des rassemblements de supporters autour du Parc des Princes et des Champs-Elysées, ivres de joie après des années d’éliminations frustrantes.Les célébrations ont duré toute la nuit dans les rues de Paris et ailleurs en France, émaillées parfois de violences qui ont conduit à 559 interpellations dans tout le pays. A Dax, un mineur de 17 ans a été tué au couteau. A Paris, un homme à scooter est décédé après avoir été percuté par une voiture. Et dans la Manche, un policier a été placé en coma artificiel après avoir été blessé – a priori accidentellement – par un tir de mortiers d’artifice.A Grenoble, une voiture a percuté la foule, faisant quatre blessés dont deux graves. L’acte n’était pas intentionnel, selon une source proche du dossier.Dans les couloirs de l’Allianz Arena, les coéquipiers du capitaine Marquinhos avaient tous du mal à mettre des mots sur ce qu’ils venaient de réaliser: remporter la première Ligue des champions de l’histoire du PSG, et avec le plus grand écart de buts de l’histoire de la compétition (5-0).”Je n’arrive pas à réaliser, je pense que demain on va réaliser, commentait le jeune “titi” Senny Mayulu, 19 ans et buteur en finale. Dans le vestiaire, tout le monde a craqué à sa manière, on le voyait dans leurs yeux, les gens étaient remplis de joie, de fierté”.Les Parisiens réaliseront forcément leur performance mémorable au moment d’être fêtés en héros par la capitale: des scènes que rêvent de vivre Marquinhos, Presnel Kimpembe, les propriétaires qataris et les fans parisiens depuis tant d’années.- Champs-Elysées, Elysée, Parc des Princes -Après une très courte nuit, les Parisiens vont décoller en début d’après-midi pour Paris où ils atterriront vers 15h30 à l’aéroport de Roissy. Ils seront escortés ensuite jusqu’aux Champs-Elysées où 100.000 supporters sont attendus: les joueurs et le staff de Luis Enrique défileront dans un bus à impériale pendant plus d’une heure, avec la Coupe aux grandes oreilles à partir de 17h00 sur la plus célèbre avenue du monde, fermée à la circulation.Puis les joueurs seront reçus par Emmanuel Macron à l’Elysée. Ils se rendront ensuite au Parc des Princes pour une “célébration inoubliable” avec des concerts, assure le club.”Tout le monde mérite de savourer ce titre. Les gens à Paris et au Parc, dans le monde entier”, savourait de son côté Marquinhos, le seul survivant de la défaite en finale en 2020 et de bon nombre de désillusions avec Presnel Kimpembe. Les deux étaient en larmes sur le terrain au coup de sifflet final.- Klaxons -Dimanche matin, la presse européenne a salué le sacre inédit de la “jeunesse” du PSG: “Dans une performance qui pourrait être exposée au Louvre, Désiré Doué s’est livré à un déchaînement d’adolescent au coeur d’une défense de l’Inter Milan âgée”, a commenté le journal anglais The Sun. Le jeune Français a éclaboussé la finale de son aisance technique, son calme, un doublé et une passe décisive, ce qui n’avait jamais été réalisé avant lui dans une finale.Impliqué sur trois buts dont deux passes décisives, Ousmane Dembélé s’est aussi peut-être rapproché du Ballon d’Or, même si le fait de ne pas avoir marqué pourrait lui coûter des votes. Il a celui de son entraîneur Luis Enrique, qui l’a clamé haut et fort samedi.Justement, pour Marquinhos, l’explication simple de ce succès éclatant “s’appelle Luis Enrique”: “Même quand des gens n’y croyaient pas, lui croyait tout seul, avec nous et il était fier, et on voit aujourd’hui le résultat”. “Il voit le mental, l’équilibre de l’équipe, il voit les choses, il a l’expérience”, a-t-il ajouté devant la presse, alors que le bus parisien l’attendait dans un joyeux brouhaha et à coups de klaxons.Après des heures de fête s’ensuivront quelques jours de repos. Mais ils devront vite se replonger dans l’ambiance de compétition puisqu’ils joueront la Coupe du monde des clubs (14 juin – 13 juillet) aux Etats-Unis.Puis, le 13 août, ils affronteront Tottenham, qui a remporté la Ligue Europa, en finale de la Supercoupe.  

Gaza: les secours font état de tirs israéliens meurtriers en marge de distributions d’aide

Au moins 23 personnes ont été tuées, selon les secours, par des tirs israéliens dimanche en marge de distributions d’aide dans la bande de Gaza, où l’espoir d’une trêve se heurte toujours à l’absence d’accord entre Israël et le Hamas sur une proposition américaine. Au moins 22 Palestiniens ont été tués et plus de 120 blessés par des tirs “israéliens vers des milliers de citoyens qui se dirigeaient” à l’aube “vers le site d’aide américaine à l’ouest de Rafah” (sud), a indiqué la Défense civile à Gaza. “Il y avait beaucoup de monde, c’était le chaos”, et “l’armée a tiré depuis des drones et des chars”, relate à l’AFP, Abdallah Barbakh, 58 ans, qui dit s’être rendu dans ce centre de la Fondation humanitaire de Gaza (GHF), une société privée soutenue par Israël et les Etats-Unis. “La distribution a commencé, mais soudain”, des drones et des chars “ont ouvert le feu sur la foule”, décrit également Sameh Hamouda, 33 ans. Des images de l’AFP montrent des Gazaouis évacuant des morts sur une charrette tirée par un âne, et une foule compacte d’hommes, certains chargés de colis, s’en revenant du centre, dans un paysage désertique et dévasté.     L’armée israélienne a affirmé dans un communiqué ne “pas avoir connaissance” de personnes blessées par des tirs de ses soldats dans l’enceinte du site. La Défense civile a ensuite fait état d’autres tirs israéliens à proximité d’un autre centre de la GHF, dans le nord du territoire, ayant selon elle fait un mort et des dizaines de blessés. Un photographe de l’AFP a vu des ambulanciers évacuer des blessés dans ce secteur. Selon l’ONU, “100% de la population” de Gaza est “menacée de famine” après un blocus humanitaire de plus de deux mois, qu’Israël n’a que partiellement assoupli la semaine dernière. S’appuyant sur la GHF, Israël a mis en place un nouveau système de distribution d’aide, décrié par la communauté humanitaire internationale. – “Base pour des pourparlers” -En dépit de pressions internationales croissantes pour cesser son offensive à Gaza, Israël l’a intensifiée mi-mai, affirmant vouloir prendre le contrôle de tout le territoire palestinien, anéantir le Hamas, et libérer les derniers otages enlevés lors de l’attaque du mouvement islamiste palestinien du 7 octobre 2023, qui a déclenché la guerre.Les négociations indirectes pour un cessez-le-feu et la libération des derniers otages ont jusquà présent échoué à faire taire les armes. Sur 251 personnes enlevées le 7-Octobre, 57 restent retenues à Gaza, dont au moins 34 mortes, selon les autorités israéliennes.Le Hamas a affirmé samedi avoir répondu “de manière positive” à un projet américain présenté cette semaine, mais l’envoyé spécial de Donald Trump pour le Moyen-Orient, Steve Witkoff, a jugé cette réponse “complètement inacceptable”. Le Hamas “devrait accepter la proposition que nous avons présentée comme base pour des pourparlers”, a-t-il affirmé sur X, sans autre détail.Le Premier ministre israélien, Benjamin Netanyahu, a lui aussi jugé que la réponse du Hamas faisait “reculer le processus”.- “Parti pris” -Selon Bassem Naïm, membre du bureau politique du Hamas, le mouvement n’a pas rejeté le plan américain, mais c’est la réponse israélienne à cette proposition “qui était en désaccord avec toutes les dispositions sur lesquelles nous nous étions mis d’accord”.Le Hamas, a-t-il précisé, exige une garantie qu’un cessez-le-feu de 60 jours soit respecté par Israël, que l’aide humanitaire afflue à Gaza, et que des négociations soient menées pour mettre fin à la guerre. Il a dénoncé “un parti-pris total” américain en faveur d’Israël. Le 19 mai, M. Netanyahu avait conditionné la fin de la campagne militaire à l'”exil” du Hamas, et au “désarmement” du territoire, des exigences jusque-là rejetées par le mouvement palestinien qui a pris le pouvoir à Gaza en 2007.Selon deux sources proches des négociations, la nouvelle proposition américaine prévoit une trêve de 60 jours pouvant être étendue à 70, la remise par le Hamas de cinq otages vivants et neuf morts en échange de la libération de prisonniers palestiniens au cours de la première semaine, et un deuxième échange sur le même nombre d’otages vivants et morts au cours de la deuxième semaine.L’attaque du 7-Octobre a entraîné la mort de 1.218 personnes côté israélien, en majorité des civils, selon un décompte de l’AFP établi à partir de données officielles. Plus de 54.321 Palestiniens, majoritairement des civils, ont été tués dans la campagne militaire israélienne de représailles, selon des données du ministère de la Santé du gouvernement du Hamas pour Gaza, jugées fiables par l’ONU.

Gaza: les secours font état de tirs israéliens meurtriers en marge de distributions d’aide

Au moins 23 personnes ont été tuées, selon les secours, par des tirs israéliens dimanche en marge de distributions d’aide dans la bande de Gaza, où l’espoir d’une trêve se heurte toujours à l’absence d’accord entre Israël et le Hamas sur une proposition américaine. Au moins 22 Palestiniens ont été tués et plus de 120 blessés par des tirs “israéliens vers des milliers de citoyens qui se dirigeaient” à l’aube “vers le site d’aide américaine à l’ouest de Rafah” (sud), a indiqué la Défense civile à Gaza. “Il y avait beaucoup de monde, c’était le chaos”, et “l’armée a tiré depuis des drones et des chars”, relate à l’AFP, Abdallah Barbakh, 58 ans, qui dit s’être rendu dans ce centre de la Fondation humanitaire de Gaza (GHF), une société privée soutenue par Israël et les Etats-Unis. “La distribution a commencé, mais soudain”, des drones et des chars “ont ouvert le feu sur la foule”, décrit également Sameh Hamouda, 33 ans. Des images de l’AFP montrent des Gazaouis évacuant des morts sur une charrette tirée par un âne, et une foule compacte d’hommes, certains chargés de colis, s’en revenant du centre, dans un paysage désertique et dévasté.     L’armée israélienne a affirmé dans un communiqué ne “pas avoir connaissance” de personnes blessées par des tirs de ses soldats dans l’enceinte du site. La Défense civile a ensuite fait état d’autres tirs israéliens à proximité d’un autre centre de la GHF, dans le nord du territoire, ayant selon elle fait un mort et des dizaines de blessés. Un photographe de l’AFP a vu des ambulanciers évacuer des blessés dans ce secteur. Selon l’ONU, “100% de la population” de Gaza est “menacée de famine” après un blocus humanitaire de plus de deux mois, qu’Israël n’a que partiellement assoupli la semaine dernière. S’appuyant sur la GHF, Israël a mis en place un nouveau système de distribution d’aide, décrié par la communauté humanitaire internationale. – “Base pour des pourparlers” -En dépit de pressions internationales croissantes pour cesser son offensive à Gaza, Israël l’a intensifiée mi-mai, affirmant vouloir prendre le contrôle de tout le territoire palestinien, anéantir le Hamas, et libérer les derniers otages enlevés lors de l’attaque du mouvement islamiste palestinien du 7 octobre 2023, qui a déclenché la guerre.Les négociations indirectes pour un cessez-le-feu et la libération des derniers otages ont jusquà présent échoué à faire taire les armes. Sur 251 personnes enlevées le 7-Octobre, 57 restent retenues à Gaza, dont au moins 34 mortes, selon les autorités israéliennes.Le Hamas a affirmé samedi avoir répondu “de manière positive” à un projet américain présenté cette semaine, mais l’envoyé spécial de Donald Trump pour le Moyen-Orient, Steve Witkoff, a jugé cette réponse “complètement inacceptable”. Le Hamas “devrait accepter la proposition que nous avons présentée comme base pour des pourparlers”, a-t-il affirmé sur X, sans autre détail.Le Premier ministre israélien, Benjamin Netanyahu, a lui aussi jugé que la réponse du Hamas faisait “reculer le processus”.- “Parti pris” -Selon Bassem Naïm, membre du bureau politique du Hamas, le mouvement n’a pas rejeté le plan américain, mais c’est la réponse israélienne à cette proposition “qui était en désaccord avec toutes les dispositions sur lesquelles nous nous étions mis d’accord”.Le Hamas, a-t-il précisé, exige une garantie qu’un cessez-le-feu de 60 jours soit respecté par Israël, que l’aide humanitaire afflue à Gaza, et que des négociations soient menées pour mettre fin à la guerre. Il a dénoncé “un parti-pris total” américain en faveur d’Israël. Le 19 mai, M. Netanyahu avait conditionné la fin de la campagne militaire à l'”exil” du Hamas, et au “désarmement” du territoire, des exigences jusque-là rejetées par le mouvement palestinien qui a pris le pouvoir à Gaza en 2007.Selon deux sources proches des négociations, la nouvelle proposition américaine prévoit une trêve de 60 jours pouvant être étendue à 70, la remise par le Hamas de cinq otages vivants et neuf morts en échange de la libération de prisonniers palestiniens au cours de la première semaine, et un deuxième échange sur le même nombre d’otages vivants et morts au cours de la deuxième semaine.L’attaque du 7-Octobre a entraîné la mort de 1.218 personnes côté israélien, en majorité des civils, selon un décompte de l’AFP établi à partir de données officielles. Plus de 54.321 Palestiniens, majoritairement des civils, ont été tués dans la campagne militaire israélienne de représailles, selon des données du ministère de la Santé du gouvernement du Hamas pour Gaza, jugées fiables par l’ONU.

Bangladesh: l’ex-Première ministre Hasina accusée d'”attaque systématique” lors de la répression de 2024

Le parquet d’un tribunal spécial de Dacca a accusé dimanche l’ex-Première ministre du Bangladesh, Sheikh Hasina, d’avoir orchestré une “attaque systématique” lors de la répression du mouvement de protestation de l’été 2024, à l’ouverture de son procès en son absence.Surnommée la “bégum de fer”, Mme Hasina a précipitamment quitté son pays en août 2024 au …

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Bangladesh: l’ex-Première ministre Hasina accusée d'”attaque systématique” lors de la répression de 2024

Le parquet d’un tribunal spécial de Dacca a accusé dimanche l’ex-Première ministre du Bangladesh, Sheikh Hasina, d’avoir orchestré une “attaque systématique” lors de la répression du mouvement de protestation de l’été 2024, à l’ouverture de son procès en son absence.Surnommée la “bégum de fer”, Mme Hasina a précipitamment quitté son pays en août 2024 au terme de plusieurs semaines de violentes émeutes pour trouver l’asile en Inde voisine.La répression de ces manifestations a fait, selon l’ONU, au moins 1.400 morts.L’ex-Première ministre, qui était au pouvoir depuis 2009, est poursuivie pour ces faits par la justice de son pays, qui a sollicité son extradition auprès des autorités indiennes, jusque-là sans réponse.”Après avoir examiné les preuves, nous sommes parvenus à la conclusion qu’il s’agissait d’une attaque coordonnée, généralisée et systématique” contre les protestaires, a déclaré Mohammad Tajul Islam, le procureur du tribunal criminel international (ICT) bangladais, lors de son discours d’ouverture au procès de Mme Hasina et d’autres anciens hauts responsables liés à son régime.”L’accusée a mobilisé toutes les forces de l’ordre et les membres armés de son parti (la Ligue Awami, ndlr) pour réprimer le soulèvement”, a-t-il poursuivi.Le 12 mai, le procureur Mohammad Tajul Islam avait expliqué à la presse que l’enquête considère Sheikh Hasina coupable “d’incitation, complicité, facilitation, complot et non-empêchement des massacres lors des émeutes de juillet” 2024.L’ex-Première ministre rejette toutes les accusations la visant et affirme qu’elles sont motivées politiquement.M. Islam avait précisé que les accusations visaient également son ancien ministre de l’Intérieur Asaduzzaman Khan Kamal et l’ex-chef de la police bangladaise Abdullah Al Mamun.- “Crimes contre l’humanité” -Dimanche, M. Islam a affirmé que ce dossier était non seulement recevable devant les tribunaux bangladais, mais qu’il “constituait également une violation flagrante des lois internationales relatives aux droits de l’Homme”.Il a promis un procès impartial: “il ne s’agit pas d’un acte de vengeance, mais d’un attachement au principe selon lequel, dans un pays démocratique, il n’y a pas de place pour les crimes contre l’humanité”, a-t-il martelé.Dans le cadre de l’enquête visant d’anciens hauts responsables liés au régime de Mme Hasina, des vidéos et audios, des conversations téléphoniques de l’ancienne dirigeante et des témoignages de victimes de la répression ont notamment été recueillis.Le tribunal spécial de Dacca a commencé en mai à juger pour la première fois d’anciens hauts responsables liés au régime évincé de Mme Hasina.Il a accusé formellement huit policiers pour la mort de six manifestants le 5 août 2024, jour où Mme Hasina a fui le pays alors que les manifestants prenaient d’assaut son palais.Quatre d’entre eux sont emprisonnés et quatre sont jugés par contumace, dont l’ancien commissaire de police de Dacca Habibur Rahman. Ils sont accusés de crimes contre l’humanité.Le gouvernement provisoire au pouvoir depuis l’été dernier est dirigé par le prix Nobel de la Paix, Muhammad Yunus.Mais le pays est plongé dans une crise politique, les différents partis mettant M. Yunus sous pression.

Deux ponts s’effondrent en Russie, au moins sept morts

Deux ponts se sont effondrés dans la nuit de samedi à dimanche dans le sud-ouest de la Russie, près de la frontière ukrainienne, provoquant des déraillements de trains dont l’un a fait au moins sept morts et 66 blessés, selon les autorités.La compagnie ferroviaire a évoqué une “interférence illégale” comme cause de la première catastrophe, qui s’est produite samedi soir dans la région de Briansk.Les autorités russes n’ont à ce stade fait aucun lien avec le conflit en Ukraine, laquelle n’a pas officiellement commenté l’incident.”L’effondrement d’un pont sur des voies ferrées a fait sept morts”, a écrit le gouverneur régional Alexandre Bogomaz sur Telegram. Il a ensuite évoqué le chiffre de 66 blessés, dont trois enfants, dans une mise à jour tôt dimanche, après avoir précédemment fait état de 69 blessés.L’accident du train N.86 qui reliait Klimov, dans la région de Belgorod (sud-ouest), à Moscou, s’est produit à 22H44 locales (19H44 GMT) au niveau de Pilchino-Vygonitchi, ont indiqué les Chemins de fer de Moscou sur Telegram.Selon la compagnie nationale, l’effondrement du pont est dû à une “interférence illégale dans l’opération de transport”. Elle a précisé que la circulation des autres trains n’était pas perturbée.Des vidéos publiées sur les réseaux sociaux montrent des secouristes s’activer sur les lieux, alors qu’un important éboulis recouvre ce qui semble être un train de la compagnie.Le secteur du désastre se situe à environ une centaine de kilomètres de l’Ukraine, contre laquelle la Russie a lancé une offensive d’ampleur depuis février 2022.Un journaliste de l’AFP a constaté dans le centre de Moscou des ambulances garées à la gare de Kiev, attendant l’arrivée de passagers blessés.- Deuxième pont effondré -Dimanche matin, le gouverneur de la région voisine de Koursk, Alexandre Khinshtein, a rapporté sur Telegram l’effondrement d’un autre pont, ferroviaire cette fois-ci, sur lequel circulait une locomotive qui a “chuté” sur l’autoroute passant en dessous et “pris feu”.Les conducteurs, dont il n’a pas précisé le nombre, ont été blessés et conduits à l’hôpital, a-t-il poursuivi.Comme Belgorod et Briansk, la région de Koursk est frontalière de l’Ukraine. Les forces de Kiev s’y étaient un temps emparées de 1.400 kilomètres carrés après un assaut surprise en août 2024, avant qu’elle ne soit reprise en avril.Des cas de sabotages de voies ferrées russes se sont produits dans les zones à proximité de l’Ukraine.Début avril, la justice de la région de Volgograd (sud-ouest), non-frontalière de l’Ukraine mais tout de même relativement proche, a rapporté la condamnation à 14 ans de prison d’un jeune homme de 23 ans, déclaré coupable d’avoir mis le feu à des infrastructures ferroviaires. Il avait reconnu les faits, qualifiés d’acte pro-Ukraine.Dans la région voisine de Saratov (sud-ouest), deux hommes de 24 ans ont reçu des peines de 14 et 12 ans de prison dans une affaire similaire.La plupart des attaques de ce type sont menées par des jeunes individus, parfois mineurs.L’Ukraine ne commente généralement pas les sabotages sur le territoire russe. Mais il peut arriver qu’elle s’en félicite, considérant qu’il s’agit de ripostes légitimes aux offensives de la Russie contre son propre réseau ferroviaire.

Deux ponts s’effondrent en Russie, au moins sept morts

Deux ponts se sont effondrés dans la nuit de samedi à dimanche dans le sud-ouest de la Russie, près de la frontière ukrainienne, provoquant des déraillements de trains dont l’un a fait au moins sept morts et 66 blessés, selon les autorités.La compagnie ferroviaire a évoqué une “interférence illégale” comme cause de la première catastrophe, qui s’est produite samedi soir dans la région de Briansk.Les autorités russes n’ont à ce stade fait aucun lien avec le conflit en Ukraine, laquelle n’a pas officiellement commenté l’incident.”L’effondrement d’un pont sur des voies ferrées a fait sept morts”, a écrit le gouverneur régional Alexandre Bogomaz sur Telegram. Il a ensuite évoqué le chiffre de 66 blessés, dont trois enfants, dans une mise à jour tôt dimanche, après avoir précédemment fait état de 69 blessés.L’accident du train N.86 qui reliait Klimov, dans la région de Belgorod (sud-ouest), à Moscou, s’est produit à 22H44 locales (19H44 GMT) au niveau de Pilchino-Vygonitchi, ont indiqué les Chemins de fer de Moscou sur Telegram.Selon la compagnie nationale, l’effondrement du pont est dû à une “interférence illégale dans l’opération de transport”. Elle a précisé que la circulation des autres trains n’était pas perturbée.Des vidéos publiées sur les réseaux sociaux montrent des secouristes s’activer sur les lieux, alors qu’un important éboulis recouvre ce qui semble être un train de la compagnie.Le secteur du désastre se situe à environ une centaine de kilomètres de l’Ukraine, contre laquelle la Russie a lancé une offensive d’ampleur depuis février 2022.Un journaliste de l’AFP a constaté dans le centre de Moscou des ambulances garées à la gare de Kiev, attendant l’arrivée de passagers blessés.- Deuxième pont effondré -Dimanche matin, le gouverneur de la région voisine de Koursk, Alexandre Khinshtein, a rapporté sur Telegram l’effondrement d’un autre pont, ferroviaire cette fois-ci, sur lequel circulait une locomotive qui a “chuté” sur l’autoroute passant en dessous et “pris feu”.Les conducteurs, dont il n’a pas précisé le nombre, ont été blessés et conduits à l’hôpital, a-t-il poursuivi.Comme Belgorod et Briansk, la région de Koursk est frontalière de l’Ukraine. Les forces de Kiev s’y étaient un temps emparées de 1.400 kilomètres carrés après un assaut surprise en août 2024, avant qu’elle ne soit reprise en avril.Des cas de sabotages de voies ferrées russes se sont produits dans les zones à proximité de l’Ukraine.Début avril, la justice de la région de Volgograd (sud-ouest), non-frontalière de l’Ukraine mais tout de même relativement proche, a rapporté la condamnation à 14 ans de prison d’un jeune homme de 23 ans, déclaré coupable d’avoir mis le feu à des infrastructures ferroviaires. Il avait reconnu les faits, qualifiés d’acte pro-Ukraine.Dans la région voisine de Saratov (sud-ouest), deux hommes de 24 ans ont reçu des peines de 14 et 12 ans de prison dans une affaire similaire.La plupart des attaques de ce type sont menées par des jeunes individus, parfois mineurs.L’Ukraine ne commente généralement pas les sabotages sur le territoire russe. Mais il peut arriver qu’elle s’en félicite, considérant qu’il s’agit de ripostes légitimes aux offensives de la Russie contre son propre réseau ferroviaire.

Russie: au moins sept morts dans l’effondrement d’un pont sur un train dans la région de Briansk

Au moins sept personnes ont été tuées et près de 70 autres blessées dans l’effondrement d’un pont sur une voie ferrée dans le sud-ouest de la Russie, qui a fait dérailler un train samedi soir près de la frontière ukrainienne, ont indiqué les autorités russes.La compagnie ferroviaire a évoqué pour sa part une “interférence illégale” comme cause de la catastrophe qui s’est produite dans la région de Briansk.Les autorités russes n’ont à ce stade fait aucun lien avec le conflit en Ukraine, laquelle n’a pas officiellement commenté l’incident.”L’effondrement d’un pont sur des voies ferrées a fait sept morts”, a écrit le gouverneur régional Alexandre Bogomaz sur Telegram. Il a ensuite évoqué le chiffre de “69 blessés, dont trois enfants. Trois victimes sont dans un état grave, dont un enfant”, ajoutant que “44 personnes ont été hospitalisées”, dans une mise à jour tôt dimanche.L’accident du train N.86 qui reliait Klimov, dans la région de Belgorod (sud-ouest), à Moscou, s’est produit à 22H44 locales (19H44 GMT) au niveau de Pilchino-Vygonitchi, ont indiqué les Chemins de fer de Moscou sur Telegram.Selon la compagnie nationale, l’effondrement du pont est dû à une “interférence illégale dans l’opération de transport”. Elle a précisé que la circulation des autres trains n’était pas perturbée.Des vidéos publiées sur les réseaux sociaux montrent des secouristes s’activer sur les lieux, alors qu’un important éboulis recouvre ce qui semble être un train de la compagnie.- Des cas de sabotages -Les régions russes de Belgorod et Briansk sont frontalières de l’Ukraine. Le secteur du désastre se situe à environ une centaine de kilomètres de ce pays, contre lequel la Russie a lancé une offensive d’ampleur depuis février 2022.Des cas de sabotages de voies ferrées russes ont existé dans les zones à proximité de l’Ukraine.Début avril, la justice de la région de Volgograd (sud-ouest), non-frontalière de l’Ukraine mais tout de même relativement proche, a rapporté la condamnation à 14 ans de prison un jeune homme de 23 ans, déclaré coupable d’avoir mis le feu à des infrastructures ferroviaires. Il avait reconnu les faits, qualifiés d’acte pro-Ukraine.Dans la région voisine de Saratov (sud-ouest), deux hommes de 24 ans ont reçu des peines de 14 et 12 ans de prison dans une affaire similaire.La plupart des attaques de ce type sont menées par des jeunes individus, parfois mineurs.L’Ukraine ne commente généralement pas les sabotages sur le territoire russe. Mais il peut arriver qu’elle s’en félicite, considérant qu’il s’agit de ripostes légitimes aux offensives de la Russie contre son propre réseau ferroviaire.