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A Paris, Lula exhorte Macron à conclure l’accord UE-Mercosur

Le président brésilien Luiz Inácio Lula da Silva, reçu jeudi par Emmanuel Macron à Paris, a exhorté son homologue français de conclure l’accord de libre-échange entre l’Union européenne et le Mercosur, auquel Paris et plusieurs autres capitales du continent sont fermement opposées.”Mon cher Macron, ouvrez un petit peu votre cœur”, a lancé M. Lula lors …

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Roland-Garros: Sabalenka s’offre sa première finale, la France attend Boisson

La N.1 mondiale Aryna Sabalenka jouera samedi sa première finale à Roland-Garros grâce à sa victoire contre la quadruple lauréate et triple tenante du titre Iga Swiatek (5e), avant l’autre affiche des demi-finales entre l’Américaine Coco Gauff (2e) et la Française Loïs Boisson (361e).. Swiatek rate la passe de 4La Polonaise, triple tenante du titre, comme Monica Seles (1990-1992) et Justine Henin (2005-2007) en leur temps, visait cette année un quatrième titre consécutif record sur la terre battue parisienne.Malheureusement pour l’ex-N.1 mondiale, détrônée par Aryna Sabalenka en octobre, sa grande rivale bélarusse est passée sur son chemin et l’a éliminé en trois sets, 7-6 (7/1), 4-6, 6-0.Sabalenka, 27 ans, a déjà remporté trois tournois du Grand Chelem (Open d’Australie 2023 et 2024, US Open 2024) mais n’avait jamais fait mieux qu’une demi-finale en 2024 à Paris.Après un premier set accroché, dans lequel chaque joueuse a cédé son service à quatre reprises, la Bélarusse a survolé le jeu décisif (7/1).Beaucoup plus solide ensuite sur son engagement, la Polonaise a su conserver avec autorité son break d’avance jusqu’au gain de la deuxième manche, avant de complètement s’écrouler dans le dernier acte.Sabalenka, qui a déjà raflé trois titres cette saison (Brisbane, Miami, Madrid), aura l’occasion samedi de remporter son premier Grand Chelem de la saison après sa finale perdue en janvier à l’Open d’Australie face à l’Américaine Madison Keys.”C’était un match piégeux” contre “l’adversaire la plus forte pour l’instant, surtout sur terre battue, surtout ici à Roland-Garros”, a commenté la native de Minsk, qui compte “laisser (son) équipe” regarder l’autre demi-finale.. Boisson pour rejoindre PierceAprès avoir battu Jessica Pegula (3e) et Mirra Andreeva (6e), la révélation française du tournoi Loïs Boisson (361e) devra monter d’une marche supplémentaire et gravir un nouvel Everest face à l’Américaine Coco Gauff (2e).Joueuse la moins bien classée en demi-finale d’un tournoi du Grand Chelem depuis plus de 40 ans, elle serait – en cas de victoire – la première Française à atteindre la finale de Roland-Garros depuis Mary Pierce en 2005, dernière Tricolore – hommes et femmes confondus – couronnée Porte d’Auteuil (2000).Elle devrait pouvoir compter de nouveau sur le soutien d’une large majorité des 15.000 spectateurs du court Philippe-Chatrier, chauffés à blanc et électrisés à chacun de ses lourds coups droits liftés, son arme favorite depuis le début de la quinzaine.Assurée de devenir lundi la première Française au classement WTA, autour de la 65e place mondiale, elle pourrait même se hisser à la 35e place en cas de qualification pour la finale. Un bon gigantesque pour la Dijonnaise de 22 ans qui a glissé jusqu’à la 513e place début mai, un an après sa grave blessure au genou gauche qui l’a tenue éloignée des courts pendant neuf mois. Mais face à elle se dresse encore un gros morceau, Coco Gauff, qualifiée pour sa troisième demi-finale à Paris, à seulement 21 ans. Battue lors des trois dernières éditions par la future lauréate Iga Swiatek, désormais éliminée, Coco Gauff est en quête à 21 ans d’un premier titre à Paris, après un premier échec en finale en 2022.Seule joueuse à avoir atteint cette saison les finales des WTA 1000 de Madrid et Rome, également disputés sur ocre, la lauréate de l’US Open 2023 n’a jamais aussi bien préparé Roland-Garros.  Face à la Française, dont elle a reconnu qu’elle faisait “un excellent tournoi”, elle devra néanmoins éviter les trous d’air et les nombreuses fautes directes commises en quarts contre sa compatriote Madison Keys.

La BCE sûre de son cap dans une mer d’incertitudes, pause en vue sur les taux

La Banque centrale européenne (BCE) se voit en “bonne position” pour affronter “les incertitudes” économiques liées aux droits de douane, après une nouvelle baisse jeudi de ses taux d’intérêt qui alimente les spéculations sur une pause prochaine dans ce long cycle de détente ayant accompagné le reflux de l’inflation.Les gardiens de l’euro réunis jeudi à Francfort n’ont pas officiellement crié victoire dans leur lutte pour stabiliser les prix, mais leur communication s’y apparente.L’institution a, comme attendu, baissé ses taux – pour la huitième fois en un an – grâce à l’inflation dans la zone euro qui “se situe actuellement autour” de l’objectif de 2,0% visé par la BCE.Depuis juin 2024, le reflux de l’inflation en zone euro a permis de lâcher du lest sur les taux, inversant un cycle de resserrement monétaire amorcé deux ans plus tôt pour endiguer la flambée des prix, avec un taux de dépôt grimpant jusqu’à un plus haut historique de 4,0%.Ce taux, qui sert de référence, a été diminué jeudi d’un quart de point, le plaçant à 2,0%, niveau qui n’est plus pénalisant pour l’économie.Sans dire explicitement que la BCE pourrait faire une pause dans ses baisses de taux, la présidente de l’institution, Christine Lagarde a souligné qu'”au niveau actuel des taux d’intérêt”, la BCE arrive “à la fin d’un cycle de politique monétaire qui répondait à des chocs cumulés, dont le Covid-19, la guerre en Ukraine et la crise énergétique”, qui avaient fait s’envoler les prix.Toujours prudente, dans le climat “d’incertitudes exceptionnelles” que fait régner l’offensive douanière américaine, la BCE continue d’affirmer qu’elle décidera de son cap en fonction des “données”, “réunion par réunion”.Après avoir affronté un enchaînement de crises, les gardiens de l’euro semblent aujourd’hui convaincus d’avoir atteint un point d’équilibre, même sans connaître “le résultat des négociations” entre l’UE et les Etats-Unis sur les droits de douane, ni le “niveau de représailles”, avec de possibles impacts sur l’économie, a déclaré Mme Lagarde.En zone euro, “l’incertitude autour des politiques commerciales” freinera à court terme l’investissement et les exportations, mais la hausse des investissements publics et la solidité du marché du travail soutiendront la croissance et la consommation, “rendant l’économie plus résistante face aux chocs mondiaux”, a expliqué la BCE.- Nouvelles prévisions -Dans ses nouvelles macroéconomiques, la BCE a ramené sa prévision d’inflation à sa cible de 2,0% pour 2025, contre 2,3% précédemment, et l’a également abaissée, à 1,6%, pour 2026, en raison de la baisse des prix de l’énergie et d’un euro plus fort. Le PIB de la zone euro devrait quant à lui croître de 0,9% en 2025, comme estimé en mars, mais ne grimper que d’1,1% l’an prochain, contre 1,2% prévu auparavant, en raison de “l’incertitude” liée aux droits de douanes.Le président américain Donald Trump, qui ne cesse de s’emporter contre l’important excédent commercial envers les États-Unis, maintient une forte incertitude quant à l’ampleur du choc à venir. Son ultimatum sur des taxes de 50% visant les produits européens expire le 9 juillet.Washington a porté mercredi à 50 % les droits de douane sur l’acier et l’aluminium européens, une décision “fortement” déplorée par le commissaire Maros Sefcovic, qui y voit un obstacle aux négociations en cours.- Pause en juillet ? -Après la baisse du loyer de l’argent décidée jeudi, “la BCE ne semble pas pressée de réduire à nouveau ses taux en juillet, sauf en cas de nouvelle escalade des tensions commerciales”, a commenté Carsten Brzeski, analyste chez ING.Contrairement à ce qu’avait déclaré Mme Lagarde plus tôt cette année, la BCE “ne voit désormais plus de risque important de hausse de l’inflation liée aux droits de douane, en raison de représailles limitées de l’UE jusqu’à présent et de l’appréciation de l’euro”, ont relevé les analystes d’HSBC.Démentant toute intention de rejoindre le Forum économique mondial de Davos, Mme Lagarde a affirmé jeudi qu’elle était “pleinement déterminée à remplir [sa] mission et à achever [son] mandat” à la tête de la BCE, qui court jusqu’à fin octobre 2027.

Trump ferme le territoire américain aux ressortissants de 12 pays

Les Etats-Unis empêcheront à partir de lundi les ressortissants de 12 pays d’entrer aux Etats-Unis afin de “protéger” le pays, et imposeront des restrictions contre sept autres Etats, a annoncé Donald Trump, rappelant une interdiction qu’il avait instaurée sous son premier mandat. La décision s’applique à l’Afghanistan, la Birmanie, au Tchad, au Congo-Brazzaville, à la Guinée équatoriale, l’Erythrée, Haïti, l’Iran, la Libye, la Somalie, au Soudan et au Yémen, selon la Maison Blanche. Les ressortissants de sept autres pays sont visés par des restrictions dans la délivrance de visas: le Burundi, Cuba, le Laos, la Sierra Leone, le Togo, le Turkménistan et le Venezuela.”En tant que président, je dois agir pour protéger la sécurité nationale et l’intérêt national des Etats-Unis et de sa population”, a dit Donald Trump dans le texte de la décision, qui affirme viser à “protéger les Etats-Unis face aux terroristes étrangers”. L’exécutif américain, qui mène une politique anti-immigration très restrictive, explique la présence des pays sur cette liste par l’absence d’administrations efficaces pour assurer un contrôle des voyageurs et la tendance des ressortissants de certains pays à rester aux Etats-Unis après l’expiration de leurs visas.- “Dangers extrêmes” -“L’attaque terroriste récente à Boulder, Colorado (ouest), avait mis en évidence les dangers extrêmes que représente pour (les Etats-Unis) l’entrée de ressortissants étrangers qui n’ont pas été correctement contrôlés” et par ceux “qui dépassent la durée de leur visa”, a dit le président américain dans une vidéo sur X. Il faisait référence à l’attaque perpétrée dimanche au cri de “Palestine libre” par un Egyptien n’ayant plus de visa, contre des participants à une marche hebdomadaire en soutien aux otages israéliens retenus dans la bande de Gaza, faisant 12 blessés.La liste de 12 pays ne comporte cependant pas l’Egypte, pays d’origine de l’homme de 45 ans accusé de l’attaque de Boulder.”Nous ne permettrons pas que ce qui est arrivé en Europe se produise en Amérique”, a-t-il ajouté en référence aux attaques, parfois jihadistes, perpétrées sur le vieux continent par des ressortissants étrangers.”Nous ne pouvons pas avoir une immigration ouverte en provenance de pays que nous ne pouvons pas contrôler et filtrer de manière sûre et fiable”, a-t-il assuré.- “Discriminatoire” – La branche américaine d’Amnesty International a dénoncé un décret “discriminatoire, raciste et absolument cruel”.L’Union africaine (UA) s’est dit jeudi “préoccupée par l’impact négatif potentiel de telles mesures”, y compris sur “les relations diplomatiques” avec les pays concernés.Le ministre tchadien des Affaires étrangères, Abdoulaye Sabre Fadoule, s’est dit surpris “par le motif lié au terrorisme qui est mis en avant et qui méconnaît totalement l’engagement et les résultats du Tchad dans ce domaine”.La Somalie n’a pas encore réagi, mais à Mogadiscio des habitants ont dit craindre l’expulsion de leurs compatriotes des Etats-Unis.”Cette démarche est une humiliation contre nous, en tant que Somaliens”, a réagi Ahmed Osoble Mohamud.Le Venezuela a de son côté averti mercredi ses ressortissants que voyager aux Etats-Unis représentait désormais un “grand risque”.Jamal Abdi, président du National Iranian American Council, a estimé que “le retour de l’interdiction ne va pas renforcer la sécurité de l’Amérique mais va faire souffrir de nombreux Américains, dont ceux de la communauté américano-iranienne.”La Birmanie n’a pas encore réagi, mais à Rangoun une étudiante de 24 ans, qui venait d’obtenir une approbation de son visa pour un cursus à Bard College à New York, a décrit une “situation terrible pour beaucoup de jeunes Birmans”.”Nous n’avons pas de vie ici, et les gens veulent s’échapper vers un pays où on peut respirer, où on peut faire des études”, a-t-elle dit.- “Intérêt national” -“Il essaie de rendre l’Amérique blanche à nouveau, pas de rendre l’Amérique grande à nouveau, ce qui est très triste et effrayant”, a estimé Nastenka Mirthes, une Américaine de New York. De nombreux pays extra-européens ne sont toutefois pas concernés par la décision de l’administration américaine. Des exceptions sont prévues pour les détenteurs de certains visas et pour des personnes dont le voyage aux Etats-Unis “sert l’intérêt national”.Les footballeurs participant à la Coupe du monde de 2026, qui se déroulera aux Etats-Unis, au Mexique et au Canada, ainsi que les athlètes des Jeux olympiques de Los Angeles (2028) ne seront pas concernés par les restrictions.Le président américain a comparé la décision annoncée mercredi aux “restrictions efficaces” qu’il avait imposées à un certain nombre de pays, principalement musulmans, au cours de son premier mandat (2017-2021).

Trump ferme le territoire américain aux ressortissants de 12 pays

Les Etats-Unis empêcheront à partir de lundi les ressortissants de 12 pays d’entrer aux Etats-Unis afin de “protéger” le pays, et imposeront des restrictions contre sept autres Etats, a annoncé Donald Trump, rappelant une interdiction qu’il avait instaurée sous son premier mandat. La décision s’applique à l’Afghanistan, la Birmanie, au Tchad, au Congo-Brazzaville, à la Guinée équatoriale, l’Erythrée, Haïti, l’Iran, la Libye, la Somalie, au Soudan et au Yémen, selon la Maison Blanche. Les ressortissants de sept autres pays sont visés par des restrictions dans la délivrance de visas: le Burundi, Cuba, le Laos, la Sierra Leone, le Togo, le Turkménistan et le Venezuela.”En tant que président, je dois agir pour protéger la sécurité nationale et l’intérêt national des Etats-Unis et de sa population”, a dit Donald Trump dans le texte de la décision, qui affirme viser à “protéger les Etats-Unis face aux terroristes étrangers”. L’exécutif américain, qui mène une politique anti-immigration très restrictive, explique la présence des pays sur cette liste par l’absence d’administrations efficaces pour assurer un contrôle des voyageurs et la tendance des ressortissants de certains pays à rester aux Etats-Unis après l’expiration de leurs visas.- “Dangers extrêmes” -“L’attaque terroriste récente à Boulder, Colorado (ouest), avait mis en évidence les dangers extrêmes que représente pour (les Etats-Unis) l’entrée de ressortissants étrangers qui n’ont pas été correctement contrôlés” et par ceux “qui dépassent la durée de leur visa”, a dit le président américain dans une vidéo sur X. Il faisait référence à l’attaque perpétrée dimanche au cri de “Palestine libre” par un Egyptien n’ayant plus de visa, contre des participants à une marche hebdomadaire en soutien aux otages israéliens retenus dans la bande de Gaza, faisant 12 blessés.La liste de 12 pays ne comporte cependant pas l’Egypte, pays d’origine de l’homme de 45 ans accusé de l’attaque de Boulder.”Nous ne permettrons pas que ce qui est arrivé en Europe se produise en Amérique”, a-t-il ajouté en référence aux attaques, parfois jihadistes, perpétrées sur le vieux continent par des ressortissants étrangers.”Nous ne pouvons pas avoir une immigration ouverte en provenance de pays que nous ne pouvons pas contrôler et filtrer de manière sûre et fiable”, a-t-il assuré.- “Discriminatoire” – La branche américaine d’Amnesty International a dénoncé un décret “discriminatoire, raciste et absolument cruel”.L’Union africaine (UA) s’est dit jeudi “préoccupée par l’impact négatif potentiel de telles mesures”, y compris sur “les relations diplomatiques” avec les pays concernés.Le ministre tchadien des Affaires étrangères, Abdoulaye Sabre Fadoule, s’est dit surpris “par le motif lié au terrorisme qui est mis en avant et qui méconnaît totalement l’engagement et les résultats du Tchad dans ce domaine”.La Somalie n’a pas encore réagi, mais à Mogadiscio des habitants ont dit craindre l’expulsion de leurs compatriotes des Etats-Unis.”Cette démarche est une humiliation contre nous, en tant que Somaliens”, a réagi Ahmed Osoble Mohamud.Le Venezuela a de son côté averti mercredi ses ressortissants que voyager aux Etats-Unis représentait désormais un “grand risque”.Jamal Abdi, président du National Iranian American Council, a estimé que “le retour de l’interdiction ne va pas renforcer la sécurité de l’Amérique mais va faire souffrir de nombreux Américains, dont ceux de la communauté américano-iranienne.”La Birmanie n’a pas encore réagi, mais à Rangoun une étudiante de 24 ans, qui venait d’obtenir une approbation de son visa pour un cursus à Bard College à New York, a décrit une “situation terrible pour beaucoup de jeunes Birmans”.”Nous n’avons pas de vie ici, et les gens veulent s’échapper vers un pays où on peut respirer, où on peut faire des études”, a-t-elle dit.- “Intérêt national” -“Il essaie de rendre l’Amérique blanche à nouveau, pas de rendre l’Amérique grande à nouveau, ce qui est très triste et effrayant”, a estimé Nastenka Mirthes, une Américaine de New York. De nombreux pays extra-européens ne sont toutefois pas concernés par la décision de l’administration américaine. Des exceptions sont prévues pour les détenteurs de certains visas et pour des personnes dont le voyage aux Etats-Unis “sert l’intérêt national”.Les footballeurs participant à la Coupe du monde de 2026, qui se déroulera aux Etats-Unis, au Mexique et au Canada, ainsi que les athlètes des Jeux olympiques de Los Angeles (2028) ne seront pas concernés par les restrictions.Le président américain a comparé la décision annoncée mercredi aux “restrictions efficaces” qu’il avait imposées à un certain nombre de pays, principalement musulmans, au cours de son premier mandat (2017-2021).

Mission délicate de Merz à Washington, en quête d’une bonne entente avec Trump

Le nouveau chancelier allemand Friedrich Merz doit mener jeudi une mission fort délicate: poser les bases d’une bonne entente avec Donald Trump, très critique de l’excédent commercial allemand, et qui n’hésite pas à piéger les dirigeants étrangers dans le Bureau ovale.La rencontre permettra de sonder l’humeur du président républicain sur le conflit en Ukraine, dans l’attente de la riposte promise par Moscou à l’audacieuse attaque ukrainienne contre des aérodromes russes, une riposte dont Vladimir Poutine lui-même a parlé mercredi à son homologue américain.Depuis un mois à la tête de la première économie européenne, le dirigeant de 69 ans s’était déjà entretenu à plusieurs reprises au téléphone avec le président américain. “Notre alliance avec les Etats-Unis a été, est et restera d’une importance capitale pour la sécurité, la liberté et la prospérité en Europe”, a écrit Friedrich Merz avant son départ pour Washington où il a atterri dans la nuit.Donald Trump a tourné le dos au libre-échange commercial et critiqué les dépenses de défense jugées trop faibles des pays de l’Otan. Ce faisant, il attaque deux piliers de la relation avec l’Allemagne, cette grande puissance exportatrice qui se repose sur la protection militaire américaine.- Cauchemar commercial -La bataille commerciale sera au centre des discussions, à quelques semaines de la date à laquelle le président américain menace d’imposer des droits de douane de 50% sur tous les produits européens, un cauchemar pour une économie allemande déjà affaiblie.Friedrich Merz a prévenu que l’Allemagne, troisième économie mondiale, ne se présentait pas en “quémandeur”.Avant les sommets du G7 au Canada (15-17 juin) et de l’Otan à La Haye (24-26 juin), le dirigeant allemand devrait aussi relayer la demande européenne de nouvelles sanctions contre la Russie, un scénario un temps évoqué par Donald Trump qui n’en a toutefois pas reparlé récemment.Friedrich Merz et Donald Trump doivent s’exprimer autour de 11h45 locale (15h45 GMT) face à la presse dans le Bureau ovale, épreuve médiatique redoutée depuis les embuscades tendues par le président américain à son homologue ukrainien Volodymyr Zelensky, puis sud-africain Cyril Ramaphosa. Les deux hommes auront ensuite un déjeuner de travail.Le chancelier allemand, jugé impulsif, attend le rendez-vous “avec sérénité”, assure-t-on à Berlin.- Interlocuteur -Multi-millionnaire, parlant couramment anglais, Friedrich Merz est comme Donald Trump un homme d’affaires – il a travaillé pour BlackRock, premier gestionnaire d’actifs du monde – et partage son goût du golf.Le chancelier a aussi promis de satisfaire d’ici début 2030 l’exigence américaine d’une augmentation des dépenses de défense et de sécurité des pays de l’Otan à 5% de leur PIB.Mais les sujets contentieux sont nombreux. Depuis son premier mandat, Donald Trump est obsédé par l’excédent commercial de l’Allemagne avec les Etats-Unis, et en particulier par les ventes de voitures allemandes.Pourtant atlantiste convaincu, Friedrich Merz avait prôné, sitôt élu, “une véritable indépendance vis-à-vis des Etats-Unis” sur les questions de sécurité, des propos longtemps inimaginables pour un dirigeant conservateur allemand.Autre sujet délicat: les immixtions américaines dans la politique intérieure allemande après que le président et son entourage ont affiché leur soutien au parti d’extrême droite AfD.Selon le New York Times, Donald Trump entend aborder le sujet de la “liberté d’expression” en Allemagne, le terme générique utilisé par l’administration américaine pour déplorer le traitement selon elle injuste infligé aux formations de droite radicale européennes. Ce alors que le président américain est lui-même accusé de chercher à intimider les porteurs d’opinions progressistes aux Etats-Unis.Le dirigeant allemand a affirmé aux journalistes, à son arrivée à Washington, qu’il “donnerait son opinion très clairement” si son hôte abordait les questions de politique intérieure allemande.

Nintendo sort la Switch 2 avec l’ambition de relancer ses ventes

Précédée d’une importante vague de précommandes, la Switch 2 a été lancée jeudi par le géant japonais Nintendo, avec la lourde tâche de succéder à l’une des consoles les plus populaires de l’histoire du jeu vidéo.A Paris, dans un magasin Fnac, de nombreux exemplaires étaient toujours en vente en début d’après-midi, malgré les craintes d’un approvisionnement insuffisant.”Ça ne m’étonne pas, ils ont anticipé avec les précommandes”, commente Benoit Martins, chargé de mission dans le bâtiment de 29 ans, sorti du magasin avec l’objet qu’il a attendu “depuis des mois”.Officiellement présentée en début d’année via une courte vidéo en ligne, la Switch 2 est lancée avec plus de 20 titres, dont “Mario Kart World”, nouvel épisode de cette série très populaire.Dès minuit, des dizaines de fans ont fait la queue dans la capitale pour acheter cette machine, avec laquelle le géant japonais du jeu vidéo entend au moins égaler le succès de la Switch. Sortie en mars 2017, celle-ci a été écoulée à plus de 152 millions d’exemplaires, devenant la troisième console la plus vendue de tous les temps derrière la PlayStation 2 de Sony et la Nintendo DS.Malgré des prix plus élevés, Nintendo prévoit d’écouler 15 millions de Switch 2 d’ici mars 2026, soit environ autant que la Switch durant sa première année de commercialisation.A Tokyo, où aucune console n’était disponible sans précommande, une trentaine de fans enthousiastes ont attendu patiemment devant un magasin d’électronique pour récupérer leur exemplaire.Parmi eux, Lei Wang, un Chinois de 24 ans vivant au Japon, s’est dit “choqué” d’avoir gagné à la loterie des précommandes, alors qu’aucun de ses amis n’avait été sélectionné.”Je suis quasiment le seul à avoir été tiré au sort… Donc je n’ai pas trop envie de leur en parler”, plaisante-t-il.- Jour de congé -Au Japon, la boutique en ligne de Nintendo a enregistré 2,2 millions de demandes de précommandes, “niveau incroyable que le secteur n’avait jamais connu” pour le lancement d’une console, a indiqué à l’AFP Serkan Toto, un expert du cabinet tokyoïte Kantan Games.Cet engouement a conduit à l’annulation de certaines précommandes faute de stocks suffisants, notamment au Royaume-Uni.”Kuro”, 33 ans, a posé un jour de congé spécialement pour aller chercher sa Switch 2 et y jouer dès sa sortie. “Le fait que la qualité d’image soit meilleure, et que l’on puisse jouer à plusieurs, c’est un gros plus”, explique à l’AFP la jeune femme, parmi les premiers clients à recevoir l’objet tant convoité.Comme la Switch originale, la nouvelle version est une console hybride – jouable aussi bien en déplacement que connectée à un téléviseur – mais disposant d’un écran plus grand, d’une mémoire huit fois supérieure, d’un micro intégré et de manettes amovibles.A New York, dans une tente aménagée pour l’occasion, Angel Caceres, 22 ans, vient de jouer à “Mario Kart World” et s’emballe pour “les détails” et les personnages “plus expressifs”, impatient de récupérer sa console à minuit: “Je vais être crevé après ça.”- Enjeu de taille pour Nintendo -Reste à voir si les prix de vente élevés ne refroidiront pas les ardeurs du grand public.La Switch 2 “est proposée à un prix relativement élevé” par rapport à l’originale et, “même si le lancement suscite une dynamique, il ne sera pas facile de la maintenir sur le long terme”, reconnaissait en mai le président de Nintendo, Shuntaro Furukawa.Elle est vendue 469,99 euros en Europe (449,99 dollars aux États-Unis), alors que sa devancière avait été lancée à 329,99 euros. Des titres Switch 2 comme “Donkey Kong Bonanza” et “Mario Kart World” seront également plus chers.”J’ai pu y jouer, et je pense qu’elle vaut ce prix-là”, a expliqué Steven Paterno, qui patientait, avec un groupe d’une vingtaine de passionnés, depuis un mois et demi devant le magasin Nintendo du Rockefeller Center, à New York, pour faire partie des premiers à mettre la main sur le Graal.De nouvelles fonctionnalités permettant aux utilisateurs de discuter en ligne et de partager temporairement une partie avec des amis constituent aussi un atout majeur pour séduire les consommateurs.L’enjeu est de taille pour Nintendo, dont 90% des revenus proviennent de l’activité liée à sa console vedette.Le groupe a durement souffert de l’effritement des ventes de la Switch jugée vieillissante, lesquelles ont plongé de 22% en 2024-2025.Autre défi: la guerre commerciale. Les consoles Nintendo destinées au marché nord-américain sont notamment produites au Vietnam, frappé par l’administration Trump de surtaxes de 46% provisoirement suspendues jusqu’à début juillet.Une incertitude qui pourrait inciter certains à précipiter leur achat avant une éventuelle hausse des prix.burs-kaf-tu-mng/mch/eb

Protection des océans: l’UE affiche ses ambitions, avant le sommet de l’ONU

Lutte contre la pollution et la pêche illégale, développement de réserves de carbone : l’Union européenne a présenté jeudi sa stratégie pour mieux protéger les océans et veut afficher son “leadership” avant un grand sommet de l’ONU à Nice la semaine prochaine.”L’océan se réchauffe. Son niveau s’élève. Il s’acidifie. La pollution par les plastiques, les produits chimiques et le bruit altère les écosystèmes marins (…). Il est urgent d’agir”, a souligné le commissaire européen Costas Kadis.Ce “pacte” européen sur l’océan ne constitue pas un big bang mais prévoit un renforcement des règles dans les années qui viennent.Pour mieux protéger la biodiversité, la Commission proposera d’ici à 2027 aux eurodéputés une loi sur les océans, via la révision de législations actuelles sur les milieux marins et la planification des activités maritimes.Cette future loi est une “première victoire”, a réagi l’eurodéputé socialiste Christophe Clergeau.Bruxelles promet aussi la création de “réserves européennes de carbone bleu” aux contours encore flous. L’UE souhaite cartographier et étendre des écosystèmes marins capables de davantage capter le CO2.- “Sentiments mitigés” des ONG -Les organisations environnementales ont fait part de “sentiments mitigés” après les annonces de l’UE. Certaines saluent le “signal” en faveur de la protection des océans, d’autres fustigent l’absence d’actions de court terme. Dans les aires marines protégées, des ONG comme Oceana et Surfrider réclament l’interdiction immédiate du chalutage de fond, une technique de pêche critiquée pour son impact écologique destructeur.  Mais ce sujet, très sensible pour les pêcheurs, divise les forces politiques. Et la Commission s’en tient à une simple recommandation, appelant à mettre fin à cette pratique à l’horizon 2030 dans les aires protégées.Contre la pollution, l’UE entend par ailleurs renforcer le système de surveillance par satellite CleanSeaNet, qui scrute les mers afin de détecter les déversements potentiels d’hydrocarbures.Un récent rapport de la Cour des comptes européenne en a démontré les considérables lacunes.En 2022-2023, les Etats membres ont donné suite à moins de la moitié des alertes et n’ont confirmé la pollution que dans 7% des cas. En cause bien souvent, le décalage entre le moment où l’image satellite est prise et celui où le contrôle en mer est effectué.Dans la même veine, la Commission veut renforcer la lutte contre la pêche illégale. Comme elle l’avait déjà annoncé, un système de certification numérique des captures (IT Catch) devient obligatoire en janvier 2026 pour les importations de poissons dans l’UE.- 70% d’importations -A propos de l’exploitation minière en eaux profondes, la Commission réitère son appel à faire une “pause” et respecter le “principe de précaution”. Des propos salués par l’ONG Seas at Risk.Avec sa nouvelle stratégie, l’UE promet d’accorder une attention particulière aux “petits pêcheurs” et aux “communautés côtières vulnérables”. Et compte présenter en 2026 une “vision de long terme” pour la pêche et l’aquaculture.Bruxelles souligne la place de la mer dans le quotidien des Européens. Environ 40% d’entre eux vivent à moins de 50 kilomètres des côtes. “L’économie bleue” représente près de cinq millions d’emplois et contribue à hauteur de plus de 250 milliards d’euros au PIB annuel de l’UE.Mais, paradoxalement, l’UE demeure encore dépendante et importe 70% des produits de la mer que les Européens consomment. Le tout dans un monde où l’océan est confronté à la pression sans cesse grandissante du réchauffement climatique et de la pollution.La présidente de la Commission européenne, Ursula von der Leyen, ira défendre ce “pacte” européen lundi à Nice, dans le sud de la France, à la troisième conférence de l’ONU sur les océans.Les espaces maritimes, qui couvrent 70,8% du globe, ont été victimes ces deux dernières années de canicules inédites menaçant la survie des espèces qu’ils renferment. La conférence permettra “soit d’inverser le déclin des océans d’ici à 2030, soit de documenter l’échec de l’humanité à agir”, a prévenu Maritza Chan, l’ambassadrice à l’ONU du Costa Rica, dont le pays est coorganisateur avec la France de cet événement.Mme Chan dit attendre 100 milliards de dollars de nouveaux financements publics et privés en faveur du développement durable de l’océan. “C’est ce qui est différent cette fois-ci : zéro rhétorique, maximum de résultats”, veut-elle croire.

L’Assemblée appelle à abroger la réforme des retraites

Plus de deux ans après la promulgation de la réforme des retraites, l’Assemblée nationale a appelé jeudi à son abrogation lors d’un premier vote sur le sujet dans l’hémicycle, que la gauche espère voir érigé en étendard de la contestation malgré sa portée purement symbolique.A quelques jours de la fin des travaux du “conclave” de partenaires sociaux censés plancher de nouveau sur les retraites, les députés ont adopté une résolution déposée par le groupe GDR (communistes et ultra-marins), lors d’une journée dédiée à ses textes.A la tribune, le président du groupe Stéphane Peu (PCF) a dénoncé le passage de l’âge légal de départ à 64 ans, adopté à l’époque sans vote, grâce à l’article 49 alinéa 3 de la Constitution. “La plus grande blessure démocratique depuis la négation du vote des Français lors du référendum de 2005”, a-t-il lancé.Adoptée par 198 voix contre 35, avec celles de la gauche, du Rassemblement national et d’une partie du groupe centriste Liot, la résolution n’aura aucune valeur normative. Mais les communistes espèrent en faire un levier politique pour ranimer la contestation, alors qu’une journée de manifestation et de grèves est justement organisée jeudi, à l’appel de la CGT.Quelque 165 points de rassemblement sont prévus en France. A Paris, le cortège s’est élancé en début d’après-midi depuis l’Ecole militaire et doit passer à proximité du lieu où la concertation sur les retraites se poursuit. Depuis Strasbourg, la secrétaire générale de la CGT Sophie Binet a salué un “grand événement”, qui montre que “quand la démocratie parle, elle défait cette réforme”.Elle en a de nouveau demandé l’abrogation, promettant de ne pas “tourner (…) la page”. – Abrogation ou référendum -Le chef du groupe communiste, qui a commencé son discours devant un hémicycle quasiment vide, a exigé du gouvernement qu’il respecte le vote de la résolution, en abrogeant la réforme ou en convoquant un référendum.”La démographie et l’allongement de la durée de vie constituent des contraintes qui conditionnent les recettes et les dépenses de notre système de retraite. Que vous le vouliez ou non”, a rétorqué Astrid Panosyan-Bouvet, ministre chargée du Travail. “Vous nous dites +très bien, on va dans le mur, mais proposons une abrogation symbolique+”, a piqué la députée macroniste Stéphanie Rist, dénonçant une “farce”.Le texte “affirme l’impérieuse nécessité d’aboutir à l’abrogation des mesures les plus régressives” de la loi du 14 avril 2023, à savoir “le recul de l’âge légal de départ à la retraite de 62 à 64 ans et l’augmentation de la durée de cotisation portée à 43 annuités dès 2027″.”Une simple pétition de principe”, a critiqué Théo Bernhardt (RN), reprochant à la gauche de ne pas avoir soutenu les initiatives de son groupe pour une abrogation.Le RN mais aussi le groupe Liot et les Insoumis ont mené différentes initiatives parlementaires pour tenter d’obtenir un vote, sans succès. La dernière en date étant celle de LFI, fin novembre: la proposition de loi des Insoumis n’avait pu aboutir, victime de l’obstruction du camp gouvernemental.- Et la censure ? -Le sujet des retraites a retrouvé une actualité en janvier, à la faveur du compromis noué entre le Premier ministre François Bayrou et le groupe PS à l’Assemblée.Ces derniers ont accepté de ne pas censurer son gouvernement, contre un ensemble de promesses, dont la remise en chantier de la réforme des retraites.Mais l’enthousiasme a rapidement fait place à la déception. Après avoir appelé à des discussions “sans totem ni tabou”, le Premier ministre a successivement imposé l’objectif d’un équilibre financier en 2030, puis fermé la porte à un retour aux 62 ans. Les syndicats FO et CGT ont claqué la porte dès le début des discussions.Les organisations restant autour de la table prévoient de clore leurs travaux le 17 juin. Pour l’instant, le Medef n’a exprimé aucune ouverture quant aux demandes des syndicats, qui veulent par exemple obtenir des possibilités de partir plus tôt pour les femmes qui ont eu des enfants, ou pour les personnes ayant travaillé dans des conditions pénibles ou usantes.Quant aux députés socialistes, ils agitent de nouveau la menace d’une censure du gouvernement Bayrou, si ce dernier ne soumet pas au Parlement un éventuel accord entre les partenaires sociaux.

La BCE poursuit les baisses de taux face aux menaces sur la croissance

La Banque centrale européenne (BCE) a baissé ses taux jeudi pour la huitième fois en un an, naviguant en pleine incertitude face aux menaces de droits de douane de Donald Trump et à leurs répercussions sur l’inflation et la croissance de la zone euro.Le taux de dépôt, principal instrument de référence, a été diminué d’un quart de point à 2,0%, un niveau que l’institution présidée par Christine Lagarde ne juge plus pénalisant pour l’économie. Depuis juin 2024, le reflux de l’inflation dans la zone euro a permis à l’institution basée à Francfort, en Allemagne, de lâcher du lest sur les taux, inversant un cycle de resserrement monétaire amorcé deux ans plus tôt pour endiguer la flambée des prix, avec un taux de dépôt atteignant le plus haut historique de 4,0%.Cette septième baisse d’affilée depuis septembre dernier intervient alors que “l’inflation se situe actuellement autour de l’objectif” de 2% de la BCE, a souligné cette dernière jeudi.Les inquiétudes se sont déplacées vers la faiblesse persistante de l’activité économique dans les vingt pays de la zone euro, où l’atonie de la demande pourrait avoir des effets déflationnistes.”L’incertitude autour des politiques commerciales” freinera à court terme l’investissement et les exportations, mais la hausse des investissements publics et la solidité du marché du travail soutiendront la croissance et la consommation, “rendant l’économie plus résistante face aux chocs mondiaux”, a expliqué la BCE.La principale menace vient du président américain Donald Trump, qui ne cesse de s’emporter contre l’important excédent commercial envers les États-Unis et maintient une forte incertitude quant à l’ampleur du choc à venir. Son ultimatum sur des taxes de 50% visant les produits européens expire le 9 juillet.Washington a déjà relevé mercredi à 50% les droits de douane sur l’acier et l’aluminium du Vieux Continent. Une mesure “fortement” regrettée par le commissaire européen Maros Sefcovic, qui estime qu’elle complique les négociations en cours entre les deux blocs.- Nouvelles prévisions -“Compte tenu, singulièrement, du contexte actuel d’incertitudes exceptionnelles”, la BCE continue de vouloir réagir en fonction des “données”, “réunion par réunion”, a-t-elle noté dans un communiqué.Les données collectées depuis sa dernière réunion d’avril ont conforté les décisions annoncées jeudi: l’inflation est retombée à 1,9% en mai dans la zone euro, en net ralentissement et sous la cible de 2% visée par la BCE.Ce recul s’explique notamment par la baisse des prix de l’énergie, mais même hors énergie et autres prix volatils de l’alimentation, l’inflation sous-jacente a également ralenti, à 2,3% sur un an en mai contre 2,7% en avril.La BCE a aussi relevé que la progression des salaires “reste forte, mais continue de s’atténuer sensiblement”, éloignant les craintes d’effets de “second tour” sur les prix.De nouvelles prévisions macroéconomiques ont été publiées jeudi, censées donner des indices sur la suite de la politique monétaire.La BCE a revu en baisse ses prévisions d’inflation pour 2025 et 2026, en raison de la baisse des prix de l’énergie et d’un euro plus fort. Elle a aussi abaissé sa prévision de croissance économique pour 2026.Pour cette année, l’institution de Francfort a ramené sa prévision d’inflation à sa cible de 2,0%, contre 2,3% précédemment. Cet indicateur devrait descendre à 1,6% en 2026 et atteindre 2,0% en 2027. Le PIB de la zone euro devrait croître de 0,9% en 2025, comme estimé en mars, mais ne grimper que d’1,1% l’an prochain, contre 1,2% prévu auparavant, en raison de “l’incertitude” liée aux droits de douanes du président Trump.La série de baisses des taux en zone euro tranche avec la position de la banque centrale américaine (Fed), qui maintient ses taux au-dessus de 4%, craignant que les mesures de M. Trump ne relancent l’inflation aux États-Unis.La Banque d’Angleterre suit une stratégie similaire.En zone euro, l’attention pourrait se détourner au second semestre des tensions commerciales pour se concentrer sur la mise en œuvre du plan de relance allemand, dont les effets sur la croissance et l’inflation en Europe après 2025 seront scrutés de près.