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Attaque de Minneapolis: les enquêteurs à la recherche du mobile

Les enquêteurs cherchent à comprendre ce qui a poussé une personne lourdement armée à ouvrir le feu mercredi dans une église de Minneapolis, attenante à une école catholique, tuant deux enfants et blessant 17 personnes avant de se suicider.La police fédérale américaine, le FBI, a ouvert une enquête pour “acte de terrorisme intérieur” et “crime motivé par la haine anticatholiques”, a annoncé Kash Patel, patron de cette agence.Le président Donald Trump, qui a déclaré mercredi avoir été “pleinement informé” de la “tragique” attaque, a ordonné la mise en berne des drapeaux jusqu’au 31 août sur les bâtiments fédéraux.  Les enquêteurs ont identifié la personne qui a tiré les coups de feu comme Robin Westman, une femme transgenre de 23 ans, qui selon les médias américains avaient fréquenté l’école comme élève. Selon les enquêteurs, Westman a fait feu à des dizaines de reprises en utilisant deux fusils et un pistolet, à travers les vitraux de l’église de l’Annonciation dans cette ville du nord des Etats-Unis. Des dizaines d’écoliers y assistaient à une messe, deux jours après la rentrée des classes. “Le premier coup, je me suis dit: +C’est quoi ça?+”, a raconté un élève de 10 ans à la chaîne CBS. “Puis j’en ai entendu un autre. Je me suis jeté sous le banc et j’ai couvert ma tête”. L’un de ses camarades, a-t-il poursuivi, l’a “sauvé” en s’allongeant sur lui. Et il “a été touché”.Les deux enfants morts avaient 8 et 10 ans. Les victimes blessées par balle – 14 enfants âgés de 6 à 15 ans et trois paroissiens de plus de 80 ans – devraient survivre à leurs blessures, selon Brian O’Hara, le chef de la police de Minneapolis.Des images ont montré des parents paniqués venant chercher leurs enfants dans un imposant déploiement policier.Dans une déclaration commune, le directeur de l’école et le prêtre de l’église ont souligné que le “personnel héroïque a mis les élèves à l’abri sous les bancs” quelques secondes après le début de la fusillade.-  Veillée -“La cruauté et la lâcheté dont il faut faire preuve pour tirer dans une église remplie d’enfants est absolument incompréhensible”, a dit Brian O’Hara.”Nous n’avons pas de mobile pour l’instant”, a-t-il ajouté, précisant que les enquêteurs menaient des perquisitions à trois adresses. Westman avait préparé un manifeste destiné à être diffusé sur YouTube et que la police a dit avoir “retiré”. Ses armes avaient été acquises “légalement”, selon cette source.Selon le patron du FBI, Robin Westman était “né sous le nom de Robert Westman”.Des documents judiciaires de 2019-2020, consultés par l’AFP, font état d’un changement de prénom, de Robert à Robin, de cette personne née de sexe masculin mais s’identifiant comme une femme.”Nous avons la confirmation que le tireur était un homme qui se disait transgenre”, a quant à elle écrit Kristi Noem, la ministre de la Sécurité intérieure, évoquant un “monstre taré”.L’administration Trump mène depuis des mois une offensive contre les politiques favorables aux personnes transgenres.Le maire de Minneapolis, Jacob Frey, a de son côté condamné toute instrumentalisation par l’extrême droite américaine de la tuerie.  Des centaines de personnes se sont rassemblées mercredi soir en banlieue de Minneapolis pour une veillée en hommage aux victimes, a constaté un correspondant de l’AFP.Avec plus d’armes à feu en circulation que d’habitants, les Etats-Unis affichent le taux de mortalité par armes le plus élevé de tous les pays développés. Les tueries sont un fléau récurrent que les gouvernements successifs n’ont jusqu’à présent pas réussi à endiguer, de nombreux Américains restant très attachés à leurs armes. Cette année, au moins 287 tueries ayant fait au moins quatre morts ou blessés, ont eu lieu aux Etats-Unis, selon l’ONG Gun Violence Archive. En 2024, au moins 16.700 personnes, sans compter les suicides, avaient été tuées par arme à feu.

En Algérie, le journaliste français emprisonné “combatif” mais “isolé”, selon ses parents

Le journaliste sportif français Christophe Gleizes, emprisonné à Tizi Ouzou en Algérie, garde “le moral” mais “se sent coupé du monde”, confient à l’AFP ses parents qui ont pu le voir lors de deux visites au parloir en août.En pleines tensions entre Paris et Alger, ils tentent de rester confiants avant un procès en appel attendu à l’automne après une condamnation à sept ans de prison prononcée le 29 juin pour des contacts avec des dirigeants du foot kabyle. Seul journaliste français actuellement détenu à l’étranger, il a été condamné pour “apologie du terrorisme” et “possession de publications dans un but de propagande nuisant à l’intérêt national”, des griefs “totalement absurdes” selon ses parents.      Question – Comment va votre fils, collaborateur des magazines “So Foot” et “Society”, après près de deux mois de détention ?Réponse de Sylvie Godard, sa mère – “On s’est rendu en Algérie du 11 au 22 août et le 12 août, on a pu le voir une première fois dans un parloir d’une demi-heure. On est dans une salle avec des vitres (et) on a un combiné téléphonique pour parler, chacun de notre côté. Le premier choc, c’est l’apparence physique, je ne l’avais jamais vu le crâne rasé. Mais il allait bien, il était en bonne condition physique, il faisait énormément de sport pour se vider la tête. On n’avait qu’une demi-heure, donc on a fait très très vite pour lui donner tous les messages de la famille, des amis, des amis journalistes et de tout le comité de mobilisation (lancé par Reporters sans Frontières, NDLR)”. Réponse de Francis Godard, son beau-père – “Ça l’a rasséréné parce qu’il pensait qu’il était un peu oublié dans sa prison (…) il ne sait rien de ce qui se passe en France”. Sylvie Godard – “C’était une grande victoire pour nous de le revoir une deuxième fois (le 21 août) (…) Il nous a exprimé qu’il avait de très bonnes relations avec le personnel pénitentiaire, très affable avec lui, et il s’entend très bien avec son codétenu. Par contre, même s’il a le moral, même s’il est combatif, il se sent totalement coupé du monde, isolé”.Q – Quand peut-il espérer quitter l’Algérie où il est bloqué depuis mai 2024 ?  Sylvie Godard – “On espère connaître une date de procès (en appel) vers fin septembre. Il pourrait se dérouler, on espère, en octobre. (…) Nous ne savons pas si nous-mêmes pourrons y assister, parce que nous ne savons pas si nous aurons nos visas. Et surtout, nous espérons fortement que son avocat français, Maître Emmanuel Daoud, pourra avoir un visa. Il travaille avec son avocat algérien, Me Amirouche Bakouri. Le frère de Christophe voulait aller lui rendre visite cette semaine, et il n’a pas eu de visa”.Francis Godard – “Les deux griefs qui lui sont reprochés sont totalement absurdes (…) On ne peut pas interpréter autrement l’exagération invraisemblable de ces griefs si on ne comprend pas qu’il est une sorte de victime collatérale des mauvaises relations entre la France et l’Algérie actuellement”. Q – Etes-vous inquiets du nouveau durcissement des relations depuis qu’Emmanuel Macron a demandé début août “plus de fermeté” à l’égard de l’Algérie ? Francis Godard – “On ne peut pas se réjouir de la position actuelle du président de la République”.Sylvie Godard – “On veut que Christophe ne soit pas un fusible. (…) On ne veut pas qu’on se serve du cas de Christophe pour régler des questions politiques dans lesquelles Christophe n’a rien à voir”. Francis Godard – “On ne peut pas associer en permanence le cas de Christophe et celui de Boualem Sansal (écrivain franco-algérien condamné à cinq ans de prison ferme notamment pour “atteinte à l’unité nationale”, NDLR). Tous les deux méritent à l’évidence d’être libérés mais ces deux dossiers n’ont strictement rien à voir l’un avec l’autre”. 

Macron et Merz vont sceller le “reset” franco-allemand à Brégançon

Emmanuel Macron et le chancelier allemand Friedrich Merz se retrouvent jeudi soir au fort de Brégançon, résidence d’été des présidents français, pour sceller la relance du couple franco-allemand, qui patinait depuis des années, avant un conseil des ministres conjoint le lendemain à Toulon.Vue plongeante sur la Méditerranée et la rade militaire de Toulon, le dirigeant allemand sera accueilli par le chef de l’Etat à 18H00.Le lieu se veut à la hauteur de l’enjeu : seuls deux chanceliers y ont été reçus avant lui, Helmut Kohl par François Mitterrand en 1985 et Angela Merkel par Emmanuel Macron en 2020… un an après Vladimir Poutine, quand le rapprochement avec la Russie était encore à l’ordre du jour.”C’est un honneur qui est fait, une marque d’attention particulière du président de la République pour son homologue allemand”, souligne l’Elysée.Fini les temps maussades, voire tendus avec le chancelier Olaf Scholz, volontiers taiseux et peu familier de la France, face à un président au tempérament fonceur.Paris et Berlin mettent volontiers en avant le nouvel élan de leur relation depuis l’arrivée du conservateur Friedrich Merz à la chancellerie le 7 mai. Venu dès son investiture à Paris, il a depuis reçu Emmanuel Macron à Berlin en juillet. Tous deux ont aussi effectué plusieurs déplacements conjoints, à Kiev en juin, à Washington le 18 août ou encore en Moldavie mercredi. – “Alchimie” -La rencontre de Brégançon, ponctuée par un dîner, et le conseil des ministres franco-allemand vendredi, avec dix ministres de chaque côté, acteront, photos à l’appui, cette nouvelle dynamique.”Ca fonctionne vraiment bien parce qu’ils ont un peu en commun ce côté disruptif, qui peut s’enthousiasmer, foncer tête baissée”, explique à l’AFP Hélène Miard-Delacroix, spécialiste des relations franco-allemandes à La Sorbonne.Depuis le retour de Donald Trump, qui malmène ses alliés européens et tend à se rapprocher de la Russie, “il y a une déception vis-à-vis des Etats-Unis en Allemagne qui provoque vraiment un aiguillon pour se rapprocher de la France”, note-t-elle.Les deux dirigeants évoqueront les grands sujets diplomatiques du moment, qu’il s’agisse des garanties de sécurité à fournir à l’Ukraine dans le cadre d’un éventuel accord de paix avec la Russie, du nucléaire iranien ou de Gaza.Compétitivité européenne, convergence des réformes économiques et sociales des deux pays et enjeux de défense et sécurité seront au coeur du conseil des ministres.Pour autant, “cette +alchimie+ suffira-t-elle à relever les défis du +reset+ (nouvel élan) franco-allemand et ses enjeux vitaux pour l’Europe ?”, s’interroge Paul Maurice, expert des sujets franco-allemands à l’Institut français des relations internationales (Ifri).- Crise politique -“Friedrich Merz, comme catholique rhénan, est un héritier de la politique franco-allemande de la CDU (chrétiens démocrates), de Konrad Adenauer à Helmut Kohl (…). Si le discours et les réflexes franco-allemands sont ancrés chez lui, il faut néanmoins relativiser leurs résultats”, met-il en garde dans une note d’analyse.La nouvelle crise politique à Paris, avec la probable chute du gouvernement de François Bayrou sur son plan d’économies budgétaires de 44 milliards d’euros, complique sérieusement la donne pour Emmanuel Macron.”On part avec un petit boulet aux pieds comparé aux Allemands. Ils sont à 60% de PIB d’endettement. Nous on est à 113%”, déplore une ministre française. Friedrich Merz, déterminé à renforcer le poids de l’Allemagne sur la scène internationale, est aussi confronté à de premières turbulences au sein de sa coalition avec les sociaux-démocrates.De son côté, Emmanuel Macron ne suscite plus le même enthousiasme en Allemagne. “Il y a un petit fond de méfiance” envers un président affaibli et en fin de mandat, relève Hélène Miard-Delacroix.D’un autre côté, le risque de voir l’extrême droite arriver au pouvoir en France en 2027 pousse aussi les Allemands à “vouloir faire bouger les choses” tant qu’il en est encore temps, ajoute-t-elle.En attendant, les sujets qui fâchent, à commencer par le projet commun d’avion de combat du futur (Scaf), source de tensions récurrentes entre les industriels des deux pays, ont été relégués à plus tard. “Nous prendrons une décision sur l’avenir du projet à la fin de l’année”, a annoncé Friedrich Merz.

François Bayrou devant le Medef jeudi, nouvelle occasion de plaider pour son budget

François Bayrou, désormais prêt “à toutes les négociations nécessaires” sur le budget s’il remporte son pari d’un vote de confiance à l’Assemblée nationale, trouvera jeudi, devant le Medef, une quatrième occasion en quatre jours d’évoquer publiquement la question budgétaire.Le Premier ministre interviendra à 14H30 devant la Rencontre des entrepreneurs de France (REF), qui se tient pour la première fois à Roland Garros avec un slogan qui résonne avec l’actualité : “Jeu décisif”.M. Bayrou, qui a présenté le 15 juillet les grandes lignes d’un effort budgétaire de 44 milliards d’euros en 2026, s’attirant la désapprobation des oppositions avec des idées comme la suppression de deux jours fériés, a surpris tout le monde lundi en annonçant qu’il se soumettrait à un vote de confiance à l’Assemblée nationale le 8 septembre.Les oppositions ayant annoncé qu’elles voteraient contre, M. Bayrou a affirmé mercredi sur TF1 qu’il recevrait les responsables de partis et de groupes parlementaires à partir de lundi pour “examiner les choses avec eux”, avec pour “condition préalable de s’entendre sur l’importance de l’effort” à réaliser.Mardi et jeudi, ce sont les partenaires sociaux auxquels le Premier ministre a rendu ou rendra visite, alors que le dialogue social est plutôt apaisé dans le pays, malgré l’échec récent du conclave sur les retraites.”Depuis nous avons conclu deux accords”, a noté mercredi le président du Medef Patrick Martin, soulignant “notre attachement à tous, syndicats et patronat, à un dialogue social fécond, et respecté par l’État”.La cheffe de file de la CFDT Marylise Léon est cependant favorable à faire contribuer davantage les plus riches, alors que Patrick Martin estime que, “quelle qu’en soit la forme, un retour de l’ISF serait ravageur pour notre économie, et nous nous y opposerons”.A quatre jours de commencer à recevoir les chefs de partis à Matignon, François Bayrou les manquera de peu, jeudi à la REF. En effet, évènement-phare de cette REF, la table ronde de clôture réunira, une heure après la fin d’intervention du Premier ministre, l’ensemble des chefs de partis pour un débat sur l’avenir économique du pays.Il y aura Bruno Retailleau (LR), Jordan Bardella (RN), Gabriel Attal (Renaissance), Fabien Roussel (PCF), Manuel Bompard (LFI) et Marine Tondelier (Ecologistes).Seront néanmoins absents, pour des raisons d’agenda, Edouard Philippe (Horizons) et Olivier Faure pour le PS.

Colombie: sept ans de prison pour le jeune meurtrier de Miguel Uribe

L’adolescent de 15 ans qui a tiré sur le sénateur et candidat à la présidence colombienne Miguel Uribe Turbay le 7 juin, le blessant mortellement, a été condamné mercredi à sept ans de détention, a annoncé le parquet.Il “devra passer sept ans en détention dans un centre de soins spécialisé” pour mineurs et ne sera pas transféré dans une prison pour adultes lorsqu’il aura 18 ans, selon cette source.Favori de la droite pour la présidentielle de 2026, Miguel Uribe Turbay, 39 ans, avait été atteint par deux balles à la tête lors d’un meeting à Bogota. Il est mort le 11 août des suites de ses blessures malgré plusieurs opérations.Les autorités estiment qu’une guérilla se trouve derrière cette mort, qui a ravivé le souvenir des années 1980 et 1990. Cinq candidats à la présidence colombienne avaient alors été assassinés dans le pays, en proie à une nouvelle flambée de violence.Rapidement arrêté, le jeune tireur, dont l’identité n’a pas été révélée, avait été inculpé début août pour “tentative de meurtre” et “port d’armes illégal”.Ces faits n’ont pu être requalifiés après la mort d’Uribe Turbay, en vertu de la loi colombienne, et l’adolescent a donc répondu de tentative de meurtre et non d’homicide.Il est soupçonné d’avoir été un simple homme de main agissant pour des commanditaires.L’avocat de M. Uribe Turbay, Victor Mosquera, a relevé sur X qu’en l’état du droit “une des peines les plus lourdes a été infligée au mineur”.”Nous respectons cette décision, mais cette peine ne sera jamais à la hauteur de la vie qu’il a prise ni de la douleur qu’il a causée. Cette loi encourage les criminels à utiliser des mineurs sans encourir de sanctions réelles et effectives”, a-t-il ajouté.Le 5 juillet, la police colombienne avait annoncé l’arrestation de l’organisateur présumé de l’attentat, José Arteaga Hernández, un chef de gang criminel de la capitale.- Une guérilla soupçonnée -L’avocat de M. Uribe avait estimé que l’attentat avait été commandité en coulisses par une “organisation structurée” ayant des “antécédents d’attaques contre les (dirigeants politiques) de droite”.Les autorités désignent le groupe “Segunda Marquetalia”, dissident de la défunte guérilla marxiste des Farc, comme probable commanditaire.Miguel Uribe Turbay, membre du parti Centre démocratique de l’ancien président de droite Alvaro Uribe (2002-2010, avec lequel il n’a pas de lien de parenté), avait annoncé son intention de se présenter à l’élection présidentielle de mai 2026.Opposé à l’accord de paix de 2016 qui a désarmé la guérilla des Farc, il défendait une politique axée sur la lutte contre le trafic de drogue.L’attentat s’était produit le 7 juin lors d’un meeting dans un parc d’un quartier populaire de la capitale. Des vidéos ont montré Miguel Uribe Turbay s’effondrant en sang en plein discours, parmi les cris de l’assistance.Le mineur l’avait atteint trois fois, dont deux fois à la tête. Les gardes du corps d’Uribe l’avaient blessé à la jambe alors qu’il tentait de s’enfuir à pied.Après l’assassinat, le père du sénateur, Miguel Uribe Londoño, 79 ans, a décidé de prendre sa place en tant que candidat présidentiel de la droite aux élections de 2026.La mère de Miguel Uribe Turbay, la journaliste Diana Turbay, avait elle-même été assassinée en 1991 alors qu’elle aux mains du baron de la drogue Pablo Escobar en 1991.Le 21 août, des attaques perpétrées par des groupes armés ont fait 19 morts et des dizaines de blessés à Cali et près de Medellin, exposant le président Gustavo Petro à des critiques contre sa stratégie de dialogue avec ceux-ci, plutôt qu’une guerre frontale.

Israël intensifie ses opérations autour de Gaza-ville

Israël a intensifié mercredi ses opérations autour de la ville de Gaza malgré la pression internationale pour mettre fin à son offensive, dénonçant les accusations de famine de l’ONU comme “fabriquées de toutes pièces”.Après près de 23 mois de guerre déclenchée en riposte à l’attaque sanglante du mouvement islamiste palestinien Hamas sur le sol israélien le 7 octobre 2023, Donald Trump a participé à la Maison Blanche une “réunion politique” sur le conflit, selon un responsable américain.Mais aucun détail n’a filtré dans l’immédiat sur cette rencontre qui avait été annoncée par l’émissaire Steve Witkoff comme une “grande réunion” sur “le jour d’après” à Gaza, d’où le président américain avait dit il y a quelques mois vouloir évacuer la population pour réaliser des projets immobiliers.Selon la BBC et le site américain Axios, l’ex-Premier ministre britannique Tony Blair, qui a été émissaire international au Proche-Orient de 2007 à 2015, faisait partie des participants.Sur le terrain, la Défense civile gazaouie a fait état de 38 morts dans les bombardements et les tirs israéliens à travers ce territoire assiégé, dévasté et menacé de famine selon l’ONU. Compte tenu des restrictions imposées aux médias et des difficultés d’accès sur le terrain dans la bande de Gaza, l’AFP n’est pas en mesure de vérifier de manière indépendante les affirmations de la Défense civile.L’armée israélienne qui contrôle environ 75% de la bande de Gaza, a affirmé que ses soldats opéraient à la périphérie de Gaza-ville pour “démanteler les sites d’infrastructures terroristes”.Elle a jugé “inévitable” l’évacuation de la population de cette ville, qu’elle présente comme le dernier grand bastion du Hamas dans ce territoire et d’où des milliers de personnes ont déjà fui.- “La mort vous suit” -“Les avions ont bombardé et des drones ont tiré toute la nuit”, a déclaré au téléphone à l’AFP Tala al-Khatib, une habitante du quartier Zeitoun à Gaza-ville. “Nous sommes toujours chez nous, certains voisins ont fui. Mais où que vous fuyiez, la mort vous suit !”Le Premier ministre Benjamin Netanyahu est sous pression croissante, tant en Israël qu’à l’étranger, pour mettre fin à l’offensive de son armée dans la bande de Gaza. Son cabinet de sécurité a approuvé début août un plan pour s’emparer de Gaza-ville, située dans le nord de ce territoire palestinien dont les quelque deux millions d’habitants ont été déplacés plusieurs fois par la guerre. L’ONU estime à près d’un million le nombre actuel des habitants gouvernorat de Gaza qui comprend Gaza-ville, le chef-lieu de la bande de Gaza, et ses environs.Le ministre de la Défense Israël Katz a menacé de détruire cette cité si le Hamas n’acceptait pas d’être désarmé et de libérer tous les otages enlevés pendant l’attaque du 7-Octobre, aux conditions d’Israël.Mardi, des dizaines de milliers d’Israéliens avaient manifesté afin de réclamer un accord pour libérer les otages et arrêter la guerre.Parmi les objectifs d’Israël énumérés le 10 août par M. Netanyahu figuraient notamment, outre la libération des otages et le désarmement du Hamas, “un contrôle de sécurité prépondérant” du territoire par Israël et une “administration civile pacifique non israélienne”.- “Malnutrition sévère” -Après avoir interdit en mars l’entrée de l’aide humanitaire dans la bande de Gaza, Israël a autorisé en mai son retour, même si elle est jugée largement insuffisante par les agences humanitaires.Le 22 août, l’ONU a officiellement déclaré la famine dans ce territoire palestinien et en a attribué la responsabilité à Israël, en se fondant sur un rapport du Cadre intégré de classification de la sécurité alimentaire (IPC), un organisme mandaté par les Nations unies.Israël, qui a affirmé qu’il n’y avait “pas de famine à Gaza”, a exigé mercredi que “l’IPC retire immédiatement son rapport fabriqué de toutes pièces”.Des images de l’AFP montrent quasiment chaque jour des Palestiniens dont de nombreux enfants tendant des casseroles vides à des organisations caritatives pour obtenir de la nourriture dans plusieurs secteurs de la bande de Gaza.”Quand il n’y a pas assez à manger, les enfants souffrent de malnutrition sévère, puis ils meurent lentement et douloureusement”, a lancé mercredi devant le Conseil de sécurité de l’ONU la patronne de Save de Children, Inger Ashing.L’attaque du 7-Octobre a entraîné la mort de 1.219 personnes côté israélien, en majorité des civils, selon un décompte de l’AFP reposant sur des données officielles. Sur les 251 personnes enlevées ce jour-là, 49 restent retenues dans la bande de Gaza dont au moins 27 sont mortes selon l’armée.L’offensive de représailles israélienne a fait au moins 62.895 morts dans ce territoire palestinien, en majorité des civils, selon les chiffres du ministère de la Santé du gouvernement du Hamas.