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En Chine, un homme défie les ordres de démolition avec une maison insolite

Au milieu des décombres de maisons démolies, la tour instable de Chen Tianming, faite de planches de contreplaqué et de poutres tordues, symbolise l’obstination d’un seul homme.Les autorités ont rasé la majeure partie du village de M. Chen, situé dans la province du Guizhou (sud-ouest), en 2018, pour construire un projet touristique dans cette région connue pour ses rizières spectaculaires et ses paysages montagneux.Mais M. Chen, 42 ans, a refusé de partir. Après l’échec du projet, il a défié une série d’avis de démolition pour bâtir, étage par étage, sa demeure excentrique.Aujourd’hui, il règne sur cette tour de dix niveaux, faite d’escaliers vacillants, de balcons et d’extensions farfelues.Dans les médias chinois, l’édifice est comparé à ceux de l’univers fantastique du réalisateur japonais de films d’animation Hayao Miyazaki.”J’ai commencé à construire par nécessité, en essayant de rénover et agrandir notre maison”, explique M. Chen à l’AFP, un après-midi de mai, grimpant une échelle de son domicile pyramidal.”Mais c’est ensuite devenu une passion, un passe-temps que j’apprécie”, ajoute-t-il.L’absence de permis de construire suscite toutefois la colère des autorités locales.Les étages supérieurs, où il dort, tanguent au gré du vent, et des dizaines de cordes et de câbles maintiennent la maison ancrée au sol, donnant le sentiment que l’ensemble peut s’envoler à tout moment.”Quand je suis là-haut (…) j’ai l’impression d’être un nomade”, raconte M. Chen, regardant au loin les immeubles, l’aéroport et les montagnes.”Les gens disent souvent que c’est dangereux, et qu’il faudrait démolir (…) mais je ne laisserai jamais personne la détruire”.- Province endettée -Les autorités locales avaient le projet de construire une station touristique de plus de 300 hectares, dont un théâtre et un lac artificiel, en lieu et place du village de M. Chen.Mais ses parents ont alors refusé l’indemnisation proposée, et il a juré de les aider à protéger la maison que son grand-père a bâtie dans les années 1980.Même lorsque les voisins ont déménagé et que leurs habitations ont été détruites, il est resté sur place, allant jusqu’à dormir seul dans sa maison pendant deux mois “au cas où les promoteurs viendraient la démolir pendant la nuit”.Six mois plus tard, comme beaucoup de projets de développement mal pensés dans cette province surendettée, le plan de station touristique a été abandonné.Seul ou presque dans le village en ruines, M. Chen loge dans cette “maison clou” – un terme désignant en chinois les habitations dont les propriétaires refusent de déménager malgré les ordres de démolition.Conséquence de l’urbanisation rapide du pays et de lois incomplètes sur la propriété privée, les “maisons clous” font régulièrement la Une lorsqu’elles parviennent à retarder ou faire modifier d’importants projets immobiliers.Ces dernières années, alors qu’il construisait patiemment les étages de son chez-lui, M. Chen a continué de recevoir des menaces de démolition.En août dernier, sa maison a été classée comme construction illégale, et M. Chen reçut l’ordre de détruire l’ensemble sous cinq jours, à l’exception du bungalow d’origine.Il dit avoir dépensé des dizaines de milliers de yuans (soit plusieurs milliers d’euros) pour contester ces avis en justice, malgré plusieurs défaites lors des premières audiences.La prochaine a toutefois été reportée.”Je ne suis pas inquiet. Maintenant qu’il n’y a plus de projet de développement, ils n’ont plus de raison de démolir”, affirme-t-il.- Attraction touristique -Ironie du sort, la demeure insolite de M. Chen a commencé à attirer régulièrement les curieux ces dernières années.Sur les réseaux sociaux chinois, des internautes la qualifient de “maison clou la plus étrange de Chine”, la comparant aux constructions fantastiques des films d’animation du studio japonais Ghibli, comme “Le Château ambulant” ou “Le Voyage de Chihiro”.À la tombée de la nuit, la tour est illuminée par des lanternes, offrant un spectacle unique aux promeneurs.”C’est magnifique”, confie He Diezhen, une habitante de la région, en prenant des photos.”S’il n’y a pas de problème de sécurité, ça pourrait devenir un véritable site emblématique de la région”, ajoute-t-elle.M. Chen raconte que sa maison réveille chez de nombreux visiteurs des souvenirs de leurs rêves d’enfant les plus extravagants.”Les gens rêvent de construire eux-mêmes leur propre maison (…) mais rares sont ceux qui y parviennent”, dit-il.”Moi, je ne l’ai pas seulement rêvé. Je l’ai fait.”

Les dirigeants du monde attendus à Nice pour un sommet de “mobilisation” sur l’océan

Entre parade maritime et menu de saison, les dirigeants de la planète sont attendus dimanche à Nice pour une conférence de l’Onu sur les océans qu’Emmanuel Macron entend transformer en sommet de “mobilisation”.”Nous avons le devoir de nous mobiliser parce que la science est claire et que les faits sont là”, a déclaré dimanche le président français, en visite à Monaco, à la clôture d’un forum sur l’économie et la finance bleues.”La planète ne peut plus supporter des promesses non tenues”, a prévenu le président brésilien Luiz Ignacio Lula da Silva dans la principauté. “Soit nous agissons, soit la planète est en danger”.En début d’après-midi, M. Macron doit prendre un bateau pour rejoindre Nice, où une parade maritime est organisée dans le cadre des célébrations de la Journée mondiale de l’océan.Au total, une soixantaine de chefs d’Etat et de gouvernement doivent converger vers la baie des Anges, à la veille de la troisième conférence de l’Onu sur les océans (Unoc3). Jusqu’à 5.000 policiers, gendarmes et militaires ont été mobilisés pour la sécurité.Dans l’après-midi, M. Macron visitera le palais des expositions de Nice transformé en énorme ventre de baleine. Puis des chercheurs lui présenteront les recommandations du congrès scientifique qui a précédé le sommet de Nice, ainsi que le nouveau baromètre Starfish mesurant l’état d’un océan surexploité et en surchauffe. Au côté du président costaricain Rodrigo Chavez Roblez, co-hôte de l’Unoc3, il recevra aussi les conclusions du forum financier monégasque, qui visait à donner un nouvel élan à une exploitation durable de l’océan.- Chalutage de fond -“Il y a la possibilité d’avoir une pêche durable. Il y a la possibilité d’avoir un transport maritime durable. Il y a la possibilité d’avoir un tourisme durable”, a martelé M. Macron à Monaco.La journée se terminera par un dîner avec les chefs d’Etat et de gouvernement à l’hôtel Le Negresco, mettant à l’honneur légumes de saisons et poissons de la Méditerranée.Comme aux négociations climatiques, les Etats-Unis, premier domaine maritime au monde, n’ont pas prévu d’envoyer de délégation. Fin avril, Donald Trump a décidé unilatéralement d’ouvrir l’extraction minière dans des eaux internationales du Pacifique, contournant l’Autorité internationale des fonds marins dont les Etats-Unis ne font pas partie.Mis sous pression par les ONG, le président français a annoncé samedi une limitation du chalutage de fond dans certaines aires marines protégées (AMP) pour mieux sauvegarder les écosystèmes.Les ONG ont reçu cette annonce avec scepticisme, certaines saluant “un bon premier pas” tandis que d’autres critiquaient le “peu d’ambition” et le flou des mesures annoncées.La conférence débutera officiellement lundi pour faire le point sur les efforts entrepris par les Nations pour développer durablement les océans.  “L’action ne progresse pas à la vitesse ou à l’échelle requise”, reconnaissent les Etats dans le projet de déclaration finale, négociée depuis des mois.- “Il y a de l’argent” -Jusqu’au 13 juin, exploitation minière des fonds marins, traité international sur la pollution plastique et régulation de la surpêche et de la pêche illégale seront à la table des discussions.La France a dû revoir ses ambitions à la baisse pour cette première conférence onusienne dans l’Hexagone depuis la COP21 en 2015. Les 60 ratifications, attendues à Nice, pour permettre l’entrée en vigueur rapide du traité de 2023 pour protéger la haute mer ne devraient pas être obtenues avant la fin de l’année.La France espère aussi élargir la coalition de 33 pays en faveur d’un moratoire sur l’exploitation minière des fonds marins.Les échanges entre délégations devraient également porter sur les négociations pour un traité contre la pollution plastique, qui reprendront en août à Genève, et sur la ratification d’accords concernant la lutte contre la pêche illégale et la surpêche.Si le sommet de Nice “n’est pas à proprement parler une conférence de mobilisation de fonds”, selon l’Elysée, le Costa Rica, pays coorganisateur de la conférence, a dit espérer 100 milliards de dollars de nouveaux financements pour le développement durable de l’océan.La protection des océans, qui couvrent 70,8% du globe, est le moins bien financé des 17 objectifs de développement durable de l’Onu.”Nous avons créé cette sorte de mythe selon lequel les gouvernements n’ont pas d’argent pour la conservation des océans”, a critiqué Brian O’Donnell, directeur de Campaign for Nature, ONG qui milite pour la protection des océans. “Il y a de l’argent. Il n’y a pas de volonté politique”.

Espagne: grande manifestation contre Pedro Sanchez accusé de corruption

Des dizaines de milliers de personnes se sont rassemblées dimanche à Madrid, lors d’une manifestation organisée par le principal parti d’opposition conservateur d’Espagne contre le gouvernement du Premier ministre socialiste Pedro Sanchez, l’accusant de corruption. Les manifestants, dont beaucoup agitaient des drapeaux espagnols, se sont rassemblés sur la Place d’Espagne, au centre de la capitale, et …

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Espagne: grande manifestation contre Pedro Sanchez accusé de corruption

Des dizaines de milliers de personnes se sont rassemblées dimanche à Madrid, lors d’une manifestation organisée par le principal parti d’opposition conservateur d’Espagne contre le gouvernement du Premier ministre socialiste Pedro Sanchez, l’accusant de corruption. Les manifestants, dont beaucoup agitaient des drapeaux espagnols, se sont rassemblés sur la Place d’Espagne, au centre de la capitale, et ont scandé “Pedro Sanchez, démissionne !” tout en dénonçant le gouvernement. Le Parti populaire (PP) a appelé au rassemblement après la fuite d’enregistrements audio qui auraient montré qu’une membre du Parti socialiste, Leire Diez, menait une campagne de dénigrement contre une unité de police enquêtant sur des accusations de corruption impliquant la femme de Pedro Sanchez, son frère et son ancien bras droit. Elle a rejeté les accusations, déclarant aux journalistes mercredi qu’elle menait des recherches pour un livre et ne travaillait pas au nom du parti ou de Pedro Sanchez. Elle a également démissionné du parti socialiste. Le leader du PP, Alberto Nunez Feijoo, a accusé le gouvernement de “pratiques mafieuses” dans cette affaire et a déclaré que Pedro Sanchez est “au centre” de multiples scandales de corruption. “Ce gouvernement a tout sali — la politique, les institutions d’État, la séparation des pouvoirs”, a-t-il déclaré lors du rassemblement avant d’exhorter Pedro Sanchez à “se soumettre à la démocratie” et à convoquer des élections anticipées.Le PP a estimé que plus de 100.000 personnes avaient participé au rassemblement, qui avait pour slogan “Mafia ou Démocratie”. Le représentant du gouvernement central à Madrid a évalué la participation entre 45.000 et 50.000. “La date de péremption de ce gouvernement est passée depuis longtemps. Ça devient épuisant”, a déclaré à l’AFP lors du rassemblement Blanca Requejo, une gérante de magasin de 46 ans. Pedro Sanchez a qualifié les enquêtes impliquant des membres de son cercle proche de “campagne de dénigrement” menée par la droite pour saper son gouvernement. Il est arrivé au pouvoir en juin 2018 après avoir évincé son prédécesseur du PP, Mariano Rajoy, lors d’un vote de défiance lié à un scandale de corruption impliquant le parti conservateur. Les sondages récents montrent que le PP a une légère avance sur les socialistes. Les prochaines élections générales sont prévues en 2027.

Iran: plusieurs villes interdisent de promener les chiens

Promener son chien dans la rue est désormais interdit en Iran dans près d’une vingtaine de villes pour des raisons d’hygiène, de sécurité et d’ordre public, ont rapporté dimanche les médias locaux.Certains religieux musulmans considèrent comme impur le fait de caresser un chien ou d’être en contact avec sa salive.  Aucune loi n’interdit toutefois en Iran, pays à majorité musulmane, d’avoir un chien et de nombreux Iraniens sont propriétaires d’animaux domestiques.Certains responsables politiques et religieux y voient cependant le signe d’une certaine opulence et fustigent un symbole de l’influence occidentale.Au moins 17 villes, à l’image d’Ispahan (centre), Yazd (centre), Kerman (sud) et Ilam (ouest) ont interdit ces derniers jours de promener les chiens dans les lieux publics.”Des poursuites judiciaires seront engagées contre les contrevenants”, écrit dimanche sans plus de précisions le quotidien réformateur Etemad, citant un responsable de la ville d’Ilam.A Téhéran, une directive similaire de la police existe depuis 2019 mais l’interdiction n’est dans les faits pas appliquée. Dans la capitale iranienne, nombre de propriétaires promènent ainsi leur chien dans les rues et parcs des quartiers huppés, qui comptent par ailleurs un certain nombre de boutiques dédiées aux animaux de compagnie.”Promener son chien constitue une menace pour la santé publique, la paix et le bien-être”, a affirmé le procureur de la ville d’Hamedan (ouest), Abbas Najafi, cité samedi par le journal Iran, publication du gouvernement.En 2021, 75 députés avaient signé un texte pour condamner la possession d’animaux domestiques, alors qualifiée de “problème social destructeur” pour la société iranienne.En 2017, le guide suprême iranien, l’ayatollah Ali Khamenei, avait estimé que “posséder des chiens pour des raisons autres que la garde de troupeaux, la chasse et la protection est considéré comme répréhensible”.”Si cette pratique ressemble à celle des non-musulmans, promeut leur culture ou cause du tort et des troubles de voisinage, elle est considérée comme interdite”, avait-il ajouté, alors cité par l’agence Tasnim.En 2016, la ville de Shahin Shahr, dans le sud de l’Iran, avait suscité l’émoi par sa décision de confisquer les animaux domestiques afin de lutter contre la “vulgaire culture occidentale”.

A Grasse, la Centifolia, l’or rose des parfums de luxe

“La plante que nous produisons ici est une matière première haute couture”: à Grasse, au Domaine de la Rose de Lancôme, la récolte de la Centifolia, rose privilégiée des parfums de luxe, se termine.Lancôme, marque de luxe de L’Oréal, qui fête ses 90 ans et dépasse les 4 milliards d’euros de ventes annuelles, n’est pas la seule à récolter ces fleurs à Grasse – dont le savoir-faire en matière de parfums a été classé au patrimoine immatériel de l’Unesco. Dior, Chanel, Louis Vuitton, sont aussi de la partie.Avec sa bâtisse rose à la porte ronde et aux grandes baies vitrées, le Domaine de la Rose, ouvert au public une fois par mois, n’est pas qu’une belle vitrine pour Lancôme. La marque y cultive aussi des fleurs telles la rose Centifolia, le jasmin, la verveine ou encore l’iris qui serviront ses parfums.Dans cette propriété de 7 hectares, achetée par Lancôme en 2020, les “quelques tonnes” de roses Centifolia récoltées seront utilisées dans 14 parfums en édition limitée, vendus au-delà de 200 euros le flacon.Ici, la Centifolia pousse entourée de murets en pierres sèches sur un terrain riche en calcaire et argile, traversé par plusieurs sources d’eau. La récolte, traditionnellement au mois de mai, commence seulement quand la rose a décidé de s’ouvrir. “Si vous ne cueillez pas le jour même… c’est perdu”, souligne Antoine Leclef, responsable des cultures, qui surveille les 40.000 rosiers agricoles du domaine. Entre la récolte et la transformation en absolu (extrait servant à fabriquer les parfums) par l’entreprise Firmenich, “il n’y a pas plus d’une heure et demie”. Il faut 800 kilos de roses pour réaliser un kilo d’absolu. Un orage, le passage d’un sanglier… et la récolte s’effondre. “C’est la règle du luxe, quand il n’y en a plus, il n’y en a plus”, selon la directrice du domaine Lucie Careri, et dans ce cas “il y aura moins de bouteilles” de parfum.- Broderie -“C’est une expertise, comme la broderie à la main, qui peut se perdre”, explique à l’AFP Sabrya Meflah, présidente de Fine Fragrance de International Flavors and Fragrances (IFF), un des plus gros fabricants mondiaux de parfums pour de grandes marques, qui a créé son “Atelier du parfumeur”, une “Villa Médicis” de la profession.”On ne peut pas rivaliser avec des pays comme la Bulgarie ou la Roumanie qui ont des centaines d’hectares de roses, mais la rose que nous avons ici est exceptionnelle. Les volumes étant ce qu’ils sont, il n’y a que des grandes maisons de luxe qui ont une chance de pouvoir se servir”, explique à l’AFP Diane Saurat, experte en parfums du Domaine de la Rose.Grasse attire depuis longtemps les parfums de luxe. Chanel y a un partenariat exclusif avec la famille Mul pour son célèbre Chanel N°5 et est la seule à posséder, depuis 1987, une usine d’extraction en plein champs, évitant les intermédiaires.Dior (LVMH) a également passé des accords d’exclusivité avec plusieurs producteurs grassois. La marque, comme Louis Vuitton et Lancôme, est membre de l’association “Les fleurs d’exception du pays de Grasse” qui promeut l’agriculture biologique locale.”A Grasse, historiquement, le rapport (entre) agriculteur et industriel était plutôt dominant-dominé”, selon Laetitia Lycke, directrice de l’association. Aujourd’hui, des contrats passés entre les grandes entreprises et des jeunes agriculteurs permettent à ces derniers de se lancer. Elle reconnaît aussi d’autres avancées ces dernières années comme celle “d’avoir mis autour de la table dix industriels qui habituellement sont dans la compétition, pour s’accorder sur un cahier des charges pour l’indication géographique” Absolue de Grasse.”On attend aussi que ces grandes maisons nous permettent de réintroduire des plantes oubliées”, ajoute Laeticia Lycke, “cela offrirait des nouveaux débouchés à nos agriculteurs”. “On n’arrivera jamais aux 5.000 producteurs des années 50, parce qu’il n’y a plus la même superficie de terres même si 70 hectares ont été sanctuarisés par le maire” mais “on a encore une belle marge de progression”, ajoute-t-elle. 

Déplacer un rhinocéros, mode d’emploi

A peine touchée par une seringue anesthésiante, la femelle rhinocéros, affolée, court se réfugier dans un bois, fuyant l’hélicoptère volant en rase-motte qui tentait de l’en empêcher. L’animal, qui devait être transféré d’un parc à un autre au Kenya, a gagné face aux humains.Quelques minutes plus tard, plusieurs 4X4 de rangers sondent des bosquets touffus pour la retrouver – une végétation si dense qu’elle rend impossible le passage du camion-grue censé la transporter. Décision est alors prise de lui délivrer l’antidote à l’anesthésiant, pour éviter qu’elle ne s’effondre et peut-être s’étouffe.La jeune femelle restera bien là où elle est née.”Le rhinocéros est l’animal le plus difficile à relocaliser”, affirme Taru Sheldrick, qui pilotait l’hélicoptère mobilisé samedi dans le parc national de Nakuru (nord-ouest), oasis de verdure entourant un lac d’un bleu profond. “Même si vous les piquez dans une plaine ouverte, ils courent se réfugier dans des buissons”.”Quand vous devez anesthésier un rhinocéros, vous ressentez un peu de peur. Parce que c’est une espèce en danger. Chaque animal est tellement important!”, poursuit-il.Le mammifère, qui peut peser jusqu’à deux tonnes, proliférait autrefois en Afrique subsaharienne. Mais il a d’abord souffert de la chasse par les colons européens, puis du braconnage à grande échelle, qui l’a porté aux bord de l’extinction.Selon la Fondation internationale du rhinocéros (IRF), il en reste environ 28.000 dans le monde, dont près de 24.000 en Afrique. Plus de 2.000 d’entre eux vivent au Kenya.- Mortel -Mais l’animal se reproduit moins si trop de ses congénères vivent au même endroit, selon le Kenya wildlife service (KWS), l’agence qui gère la faune et les parcs nationaux du pays. D’où la nécessité de déplacer certains individus, et pour ce faire de leur administrer des tranquillisants.Or les rhinocéros “sont vulnérables aux anesthésiants”, car ils ralentissent leur respiration, font augmenter leur température corporelle, et modifient leur rythme cardiaque, ce qui peut les tuer, explique à l’AFP le Dr Dominic Mijele, du KWS.Une course contre la montre s’enclenche donc dès qu’un vétérinaire, à bord d’un hélicoptère, leur administre ce produit à l’aide d’un fusil hypodermique. Cinq à sept minutes après l’injection, le rhinocéros commence à en ressentir les effets. Puis il s’effondre, comme l’a constaté l’AFP samedi à Nakuru: après la fuite de la première femelle rhinocéros, trois rhinocéros noirs ont pu être anesthésiés.Une équipe de secours arrive sur place dans les deux minutes suivantes, dans un ballet impeccablement maîtrisé. Une douzaine de soignants entourent les animaux, qui sont aspergés d’eau – pour refroidir leur température -, retournés – pour que leur respiration ne se bloque pas -, placés sous oxygène, tandis que leurs paramètres vitaux sont contrôlés.Au même moment, de nombreux autres rangers les sanglent à une corde, qui, traversant la cage de transport, est accrochée au pare-buffle d’une jeep.Quinze minutes après l’arrivée des secours, l’antidote est administré. L’animal se relève alors d’un bloc, pour être poussé instantanément dans la cage, qu’une grue dépose quelques minutes plus tard sur le plateau d’un camion.- “espèce iconique” -Le Dr Mijele vante un savoir kényan inégalé. “Nous sommes les numéros 1 au monde” pour les relocalisations de rhinocéros, affirme-t-il.Jochen Zeitz, le propriétaire du parc privé de Segera (nord), où une vingtaine d’entre eux ont été transportés ces deux dernières semaines, ne cache pas son soulagement après chaque nouvelle opération réussie.Sur ses 200 km2 de terres vivaient jusqu’alors éléphants, buffles, lions, léopards, guépards, servals…, énumère cet ancien PDG de Puma et actuel PDG de Harley-Davidson.Mais il manquait “cette espèce iconique”, pourtant présente il y a encore soixante ans à Segera, avant de s’y éteindre. Accueillir enfin des rhinocéros constitue “l’aboutissement de 22 ans de travail”, depuis qu’il a acheté ses terres, affirme-t-il.Des années de préparation auront été nécessaires pour cela. Car du fait du fort risque de braconnage lié au rhinocéros, dont la corne est très recherchée sur le marché noir, la sécurité a dû être lourdement renforcée.Cent à 150 agents ont été embauchés: rangers, personnels de sécurité, réserve de la police nationale, unité d’intervention rapide, unité cynophile, souligne-t-il. “C’est ce qu’il faut si l’on veut à protéger les rhinocéros”.Samedi, après six heures de route, les trois rhinocéros sont arrivés à Segera. Dans la nuit épaisse, un puissant piétinement, accompagné de grognements rauques. Les rhinocéros étaient enfin arrivés à leur nouveau domicile. 

Trump déploie la Garde nationale en Californie sur fond d’émeutes anti-expulsions

La Maison Blanche a annoncé samedi le déploiement de 2.000 membres de la Garde nationale en Californie, dans un contexte d’émeutes anti-expulsions à Los Angeles.Des affrontements entre manifestants protestant contre les expulsions massives lancées par Donald Trump sont en cours à Paramount, une banlieue hispanophone de Los Angeles, selon des images diffusées en direct par l’AFP.On y voit des manifestants brandir des drapeaux sud-américains et lancer des projectiles en direction de voitures de police aux gyrophares allumés, dans un nuage de fumée. Dans ce contexte, le président américain Donald Trump “a signé un mémorandum présidentiel prévoyant le déploiement de 2.000 gardes nationaux pour remédier à l’anarchie qu’on a laissé prospérer”, a déclaré dans la soirée la porte-parole de la Maison Blanche, Karoline Leavitt, en rejetant la faute sur les dirigeants démocrates californiens “incapables”.Le gouverneur démocrate Gavin Newsom, régulièrement en proie aux attaques du dirigeant américain, a dénoncé une décision “volontairement incendiaire”.Le président américain avait peu auparavant menacé d’une telle mesure, après une deuxième journée d’incidents. “Si le gouverneur de Californie, Gavin Newscum, et la maire de Los Angeles, Karen Bass, ne peuvent pas faire leur travail, ce que tout le monde sait, alors le gouvernement fédéral interviendra et résoudra le problème”, a-t-il dit sur son réseau Truth Social, en désignant M. Newsom par un quolibet.Pour le deuxième jour consécutif à Los Angeles, des heurts ont opposé des manifestants, vent debout face aux expulsions massives de migrants illégaux dans le cadre de la politique lancée par M. Trump, et les agents fédéraux de la police de l’immigration (ICE).Ceux-ci ont tiré des grenades assourdissantes et plusieurs personnes ont été interpellées à Paramount.”Nous épluchons les vidéos pour identifier les auteurs. Vous amenez le chaos, on apporte les menottes”, a écrit sur X le directeur adjoint de la police fédérale (FBI), Dan Bongino.- Attaque d’un car de police -Des membres de l’ICE s’étaient rassemblés samedi matin près d’un grand magasin de bricolage Home Depot, où des travailleurs viennent traditionnellement proposer leurs services pour la journée.Il n’est pas clair si les agents de l’ICE s’apprêtaient à arrêter des personnes sans papiers, ou s’ils se rassemblaient simplement à cet endroit en vue d’une autre opération.Mais des manifestants ont commencé à se regrouper et le bureau du shérif a indiqué avoir déployé des agents sur place en fin de matinée alors que les tensions montaient.Des manifestants ont jeté des objets sur les forces de l’ordre et tenté d’empêcher un autocar de quitter les lieux. Les agents les ont repoussés à l’aide de gaz lacrymogènes et de grenades assourdissantes.Des manifestants s’en sont également pris à un car de l’US Marshals Service qui sortait d’une autoroute voisine, conduisant les autorités à fermer les bretelles d’accès.Les rues ont été jonchées de débris et de caddies renversés, selon les images des médias américains qui ont rapporté aussi que des manifestants ont mis le feu à un drapeau américain.Des incidents du même type s’étaient déjà produits vendredi à Los Angeles, où des manifestants avaient jeté des œufs sur des véhicules de l’ICE après que des agents eurent arrêté des sans-papiers.- “Tolérance zéro” -Des images partagées sur X samedi par le chef de la police aux frontières Michael Banks, et relayées par Stephen Miller, un des proches conseillers de Donald Trump, ont montré des dizaines d’agents en tenue militaire kaki, armés et équipés de masques à gaz, faisant face à des manifestants.”L’administration Trump applique une politique de tolérance zéro à l’égard des comportements criminels et de la violence, en particulier lorsque cette violence vise des agents des forces de l’ordre qui tentent de faire leur travail”, a martelé Mme Leavitt.Stephen Miller, après les incidents de vendredi, avait évoqué sur X “une insurrection contre les lois et la souveraineté des Etats-Unis”.Le ministre de la Défense, Pete Hegseth, a menacé de faire aussi appel à l’armée régulière basée non loin. Si nécessaire, les “Marines de Camp Pendleton seront également mobilisés. Ils sont déjà en état d’alerte”, a-t-il déclaré sur les médias sociaux.Pour Gavin Newsom, la décision de déployer la Garde nationale “est délibérément incendiaire et ne fera qu’aggraver les tensions”.Le gouvernement fédéral intervient “non pas parce qu’il y a une pénurie de forces de l’ordre, mais parce qu’ils veulent du spectacle. Ne leur en offrez pas. N’utilisez jamais la violence. Exprimez-vous pacifiquement”, a-t-il lancé à l’adresse des manifestants.”Tout le monde a le droit de manifester pacifiquement, mais soyons clairs : la violence et la destruction sont inacceptables, et les responsables devront rendre des comptes”, a pour sa part prévenu sur X la maire de Los Angeles, Karen Bass.Le procureur du district central de Californie, Bill Essayli, a déclaré que la Garde nationale seraint en place “dans les prochaines 24 heures”.Le dernier déploiement de la Garde nationale en Californie pour des troubles civils remonte à 2020, à la suite des violentes émeutes provoquées par la mort de George Floyd, un Afro-Américain tué par un policier à Los Angeles.Depuis son retour au pouvoir en janvier, le président américain et son gouvernement ont multiplié les initiatives pour expulser un maximum de sans-papiers du pays, tout en cherchant à étendre leurs prérogatives en la matière.Le ministère de la Sécurité intérieure a déclaré que les opérations menées par l’ICE à Los Angeles cette semaine avaient abouti à l’arrestation de ” 118 étrangers, dont cinq membres de gangs”.

Colombie: un prétendant à la présidence blessé par balles à la tête dans un attentat

Le sénateur conservateur Miguel Uribe, prétendant à la présidence de la Colombie pour l’élection de mai 2026, est dans un état “critique” après avoir été blessé par balles à la tête samedi à Bogota, dans ce que le gouvernement a qualifié d'”attentat”.Une vidéo publiée sur les réseaux sociaux montre l’homme politique de 39 ans en train de prononcer un discours lors d’un meeting de campagne dans l’ouest de la capitale quand des coups de feu retentissent.L’élu de droite a été touché deux fois à la tête et une fois au genou, ont précisé les ambulanciers qui l’ont pris en charge.Héliporté à la clinique Sante Fe de la capitale, il se trouve “dans un état critique” et fait l’objet d’une opération neurochirgicale, a indiqué l’établissement.”Il lutte pour sa vie en ce moment”, a indiqué son épouse sur le compte X de l’élu.Selon la police, l’auteur présumé est un mineur, qui a ouvert le feu à environ 17H30 locales (22H30 GMT). Blessé à une jambe, il a été maîtrisé par les gardes du corps de M. Uribe, a expliqué à la presse le chef de l’autorité, Carlos Fernando Triana.Deux autres personnes, un homme et une femme, ont également été blessées et une arme de poing a été retrouvée, selon la police.Les raisons de l’attaque n’ont pas été immédiatement déterminées. Le ministère de la Défense a assuré que les services de sécurité mettaient tout en oeuvre pour faire la lumière.- Prétendant à la présidence -M. Uribe est membre du parti Centre démocratique, la principale formation de la droite colombienne. Celle-ci est dirigée par l’influent ancien président Alvaro Uribe, à la tête du pays entre 2002 et 2010.L’ex-dirigeant a évoqué une attaque contre “un espoir pour la patrie”. Les deux n’ont aucun lien de parenté.Le gouvernement du président de gauche Gustavo Petro a, de son côté, dénoncé “catégoriquement et énergiquement l’attentat”.”Cet acte de violence est une attaque non seulement contre l’intégrité physique du sénateur, mais aussi contre la démocratie, la liberté de pensée et l’exercice légitime de la politique en Colombie”, a souligné la présidence dans son communiqué.”Respecter la vie, c’est ça la ligne rouge. La Colombie ne doit pas tuer ses enfants”, a écrit M. Petro sur le réseau social X.Le sénateur Uribe avait annoncé en octobre aspirer à être élu président en 2026 pour succéder à Gustavo Petro, dont il est un vif détracteur.Bien que la campagne officielle pour le scrutin de mai 2026 ne soit pas encore ouverte, plusieurs prétendants ont déjà commencé à défendre leurs candidatures déclarées.- Récompense de 725.000 dollars -Le ministre de la Défense Pedro Sanchez a condamné l’attentat et annoncé sur le réseau social X que les autorités offraient une récompense d’environ 725.000 dollars pour toute information permettant de capturer les responsables.Le chef de la diplomatie des Etats-Unis, Marco Rubio, a blâmé la “rhétorique violente de gauche” après cet attentat, appelant M. Petro à “modérer” ses propos et “protéger les représentants publics colombiens”.Le bureau de l’ONU en Colombie a quant à lui “fermement” condamné l’attaque. “Nous sommes convaincus que les autorités feront la lumière sur les faits et puniront” les auteurs, a-t-il réagi sur X.Le président de l’Equateur voisin, Daniel Noboa, ainsi que la cheffe de l’opposition vénézuélienne, Maria Corina Machado, ont apporté sur X leur soutien à la famille du sénateur.Miguel Uribe est le petit-fils de Julio Cesar Turbay, président entre 1978 et 1982, et le fils de Diana Turbay, une journaliste qui avait été enlevée par l’ex-baron de la drogue Pablo Escobar, avant d’être tuée lors d’une opération militaire de sauvetage en 1991.Sénateur depuis 2022, Miguel Uribe avait auparavant été secrétaire du gouvernement de la capitale Bogota. Il avait également tenté de conquérir la mairie en 2019, sans succès.

Colombie: un prétendant à la présidence blessé par balles à la tête dans un attentat

Le sénateur conservateur Miguel Uribe, prétendant à la présidence de la Colombie pour l’élection de mai 2026, est dans un état “critique” après avoir été blessé par balles à la tête samedi à Bogota, dans ce que le gouvernement a qualifié d'”attentat”.Une vidéo publiée sur les réseaux sociaux montre l’homme politique de 39 ans en train de prononcer un discours lors d’un meeting de campagne dans l’ouest de la capitale quand des coups de feu retentissent.L’élu de droite a été touché deux fois à la tête et une fois au genou, ont précisé les ambulanciers qui l’ont pris en charge.Héliporté à la clinique Sante Fe de la capitale, il se trouve “dans un état critique” et fait l’objet d’une opération neurochirgicale, a indiqué l’établissement.”Il lutte pour sa vie en ce moment”, a indiqué son épouse sur le compte X de l’élu.Selon la police, l’auteur présumé est un mineur, qui a ouvert le feu à environ 17H30 locales (22H30 GMT). Blessé à une jambe, il a été maîtrisé par les gardes du corps de M. Uribe, a expliqué à la presse le chef de l’autorité, Carlos Fernando Triana.Deux autres personnes, un homme et une femme, ont également été blessées et une arme de poing a été retrouvée, selon la police.Les raisons de l’attaque n’ont pas été immédiatement déterminées. Le ministère de la Défense a assuré que les services de sécurité mettaient tout en oeuvre pour faire la lumière.- Prétendant à la présidence -M. Uribe est membre du parti Centre démocratique, la principale formation de la droite colombienne. Celle-ci est dirigée par l’influent ancien président Alvaro Uribe, à la tête du pays entre 2002 et 2010.L’ex-dirigeant a évoqué une attaque contre “un espoir pour la patrie”. Les deux n’ont aucun lien de parenté.Le gouvernement du président de gauche Gustavo Petro a, de son côté, dénoncé “catégoriquement et énergiquement l’attentat”.”Cet acte de violence est une attaque non seulement contre l’intégrité physique du sénateur, mais aussi contre la démocratie, la liberté de pensée et l’exercice légitime de la politique en Colombie”, a souligné la présidence dans son communiqué.”Respecter la vie, c’est ça la ligne rouge. La Colombie ne doit pas tuer ses enfants”, a écrit M. Petro sur le réseau social X.Le sénateur Uribe avait annoncé en octobre aspirer à être élu président en 2026 pour succéder à Gustavo Petro, dont il est un vif détracteur.Bien que la campagne officielle pour le scrutin de mai 2026 ne soit pas encore ouverte, plusieurs prétendants ont déjà commencé à défendre leurs candidatures déclarées.- Récompense de 725.000 dollars -Le ministre de la Défense Pedro Sanchez a condamné l’attentat et annoncé sur le réseau social X que les autorités offraient une récompense d’environ 725.000 dollars pour toute information permettant de capturer les responsables.Le chef de la diplomatie des Etats-Unis, Marco Rubio, a blâmé la “rhétorique violente de gauche” après cet attentat, appelant M. Petro à “modérer” ses propos et “protéger les représentants publics colombiens”.Le bureau de l’ONU en Colombie a quant à lui “fermement” condamné l’attaque. “Nous sommes convaincus que les autorités feront la lumière sur les faits et puniront” les auteurs, a-t-il réagi sur X.Le président de l’Equateur voisin, Daniel Noboa, ainsi que la cheffe de l’opposition vénézuélienne, Maria Corina Machado, ont apporté sur X leur soutien à la famille du sénateur.Miguel Uribe est le petit-fils de Julio Cesar Turbay, président entre 1978 et 1982, et le fils de Diana Turbay, une journaliste qui avait été enlevée par l’ex-baron de la drogue Pablo Escobar, avant d’être tuée lors d’une opération militaire de sauvetage en 1991.Sénateur depuis 2022, Miguel Uribe avait auparavant été secrétaire du gouvernement de la capitale Bogota. Il avait également tenté de conquérir la mairie en 2019, sans succès.