AFP World

Bateau pour Gaza: un des six Français a accepté son expulsion, les autres seront présentés à un juge israélien

Les six militants français arrêtés par les autorités israéliennes à bord d’un bateau dont le but était de briser le blocus de Gaza ont reçu la visite de diplomates français, et l’un d’eux a accepté d’être expulsé dès ce mardi, a annoncé le ministre des Affaires étrangères Jean-Noël Barrot.”Un de nos compatriotes a choisi de signer le formulaire israélien acceptant son expulsion accompagnée sans attendre la décision de justice. Il devrait regagner la France dès aujourd’hui. Les cinq autres ont décliné et leur éventuelle expulsion aura lieu après décision du juge israélien dans les prochains jours”, a dit le ministre dans une déclaration écrite diffusée en marge d’un sommet sur les océans à Nice.Le ministre n’a pas donné de précision sur l’identité du Français qui sera immédiatement expulsé. L’eurodéputée LFI Rima Hassan fait partie des personnalités qui étaient à bord du navire, comme l’activiste suédoise Greta Thunberg.La Coalition de la flottille pour la liberté, dont le bateau a été arraisonné par Israël lundi matin, est un mouvement international non violent de soutien aux Palestiniens, combinant aide humanitaire et protestation politique contre le blocus de Gaza.La France a “passé tous les messages” à Israël pour que “la protection” de ses ressortissants “soit assurée” et qu’ils “puissent retrouver le sol français”, avait assuré lundi le président Emmanuel Macron, dénonçant comme un “scandale” le blocus humanitaire à Gaza.Des dizaines de milliers de personnes se sont rassemblées lundi soir à travers la France à l’appel de la gauche en soutien à ces militants. “L’équipe diplomatique et consulaire française à Tel Aviv restera au contact de nos ressortissants, comme le lui permet la protection consulaire, pour s’assurer de leur état jusqu’à leur retour en France”, a assuré mardi le chef de la diplomatie française, en précisant que “les appels d’information aux proches ont été passés à cinq d’entre eux sitôt après les visites consulaires, soit après 03H00 du matin”.Le leader du parti de gauche radicale française Les Insoumis, Jean-Luc Mélenchon, avait fustigé quelques heures plus tôt sur X la “nullité des services français” en affirmant que les familles des ressortissants retenus en Israël n’avaient “aucune nouvelle”.

Bateau pour Gaza: un des six Français a accepté son expulsion, les autres seront présentés à un juge israélien

Les six militants français arrêtés par les autorités israéliennes à bord d’un bateau dont le but était de briser le blocus de Gaza ont reçu la visite de diplomates français, et l’un d’eux a accepté d’être expulsé dès ce mardi, a annoncé le ministre des Affaires étrangères Jean-Noël Barrot.”Un de nos compatriotes a choisi de signer le formulaire israélien acceptant son expulsion accompagnée sans attendre la décision de justice. Il devrait regagner la France dès aujourd’hui. Les cinq autres ont décliné et leur éventuelle expulsion aura lieu après décision du juge israélien dans les prochains jours”, a dit le ministre dans une déclaration écrite diffusée en marge d’un sommet sur les océans à Nice.Le ministre n’a pas donné de précision sur l’identité du Français qui sera immédiatement expulsé. L’eurodéputée LFI Rima Hassan fait partie des personnalités qui étaient à bord du navire, comme l’activiste suédoise Greta Thunberg.La Coalition de la flottille pour la liberté, dont le bateau a été arraisonné par Israël lundi matin, est un mouvement international non violent de soutien aux Palestiniens, combinant aide humanitaire et protestation politique contre le blocus de Gaza.La France a “passé tous les messages” à Israël pour que “la protection” de ses ressortissants “soit assurée” et qu’ils “puissent retrouver le sol français”, avait assuré lundi le président Emmanuel Macron, dénonçant comme un “scandale” le blocus humanitaire à Gaza.Des dizaines de milliers de personnes se sont rassemblées lundi soir à travers la France à l’appel de la gauche en soutien à ces militants. “L’équipe diplomatique et consulaire française à Tel Aviv restera au contact de nos ressortissants, comme le lui permet la protection consulaire, pour s’assurer de leur état jusqu’à leur retour en France”, a assuré mardi le chef de la diplomatie française, en précisant que “les appels d’information aux proches ont été passés à cinq d’entre eux sitôt après les visites consulaires, soit après 03H00 du matin”.Le leader du parti de gauche radicale française Les Insoumis, Jean-Luc Mélenchon, avait fustigé quelques heures plus tôt sur X la “nullité des services français” en affirmant que les familles des ressortissants retenus en Israël n’avaient “aucune nouvelle”.

Wilders isolé aux Pays-Bas avant les élections anticipées

Les chances du leader d’extrême droite Geert Wilders de devenir Premier ministre aux Pays-Bas ont baissé mardi, après qu’un parti-clé pour une potentielle coalition a exclu toute collaboration avec lui, le qualifiant de “partenaire incroyablement peu fiable”.La semaine dernière, M. Wilders avait stupéfié la classe politique néerlandaise en provoquant la chute d’une fragile coalition à quatre partis, sur fond de désaccords concernant l’immigration.De nouvelles élections sont désormais prévues pour le 29 octobre, et le dirigeant d’extrême droite espère rééditer son succès surprise de novembre 2023, lorsque son Parti, le PVV, était arrivé en tête. Compte tenu de la fragmentation du paysage politique, il pourrait s’avérer nécessaire de trouver deux, voire trois partenaires de coalition pour former un gouvernement. Or le principal partenaire de coalition de M. Wilders après le scrutin de novembre était le parti libéral VVD, mais sa cheffe, Dilan Yesilgöz, a vivement critiqué son ancien collègue.”Ce pays a besoin d’un leadership mature. Nous ne travaillerons plus avec lui”, a déclaré Yesilgöz dans une interview accordée au quotidien De Telegraaf. “Il place son intérêt personnel au-dessus de l’intérêt national. Il ne prendra jamais ses responsabilités pour diriger le pays”, a-t-elle ajouté.Geert Wilders a vivement réagi sur X, accusant Yesilgöz de vouloir “détruire les Pays-Bas avec la gauche”. “Cela signifie encore plus de demandeurs d’asile et d’islam”, a-t-il affirmé.Les sondages placent le PVV au coude-à-coude avec l’alliance entre les Verts et les sociaux-démocrates de l’ancien vice-président de la Commission européenne Frans Timmermans, suivi de près par le parti libéral VVD.

Un Indien arrêté avec une centaine d’animaux sauvages à l’aéroport de Bombay

Les douaniers ont arrêté à Bombay un passager en provenance de Thaïlande qui transportait une centaine d’animaux, notamment des lézards, des oiseaux-mouches et des petits marsupiaux, ont annoncé lundi soir les autorités indiennes, qualifiant cette saisie de “considérable”.  A son arrivée à l’aéroport de la capitale financière de l’Inde, le trafiquant, qui transportait également deux araignées tarentules et des tortues, “montrait des signes de nervosité”, selon le communiqué des douanes.Parmi les animaux saisis, figuraient un kinkajou – un petit mammifère ressemblant à un raton laveur vivant en Amérique centrale -, et six opossums volants, des marsupiaux endémiques d’Australie. Les douanes de l’aéroport de Bombay ont publié des photographies des animaux saisis, notamment des opossums volants ainsi qu’une boîte remplie de lézards.”Les douaniers ont intercepté un ressortissant indien (…) conduisant à la saisie de plusieurs espèces animales vivantes et mortes, dont certaines sont protégées par les lois de protection de la faune”, a déclaré le ministère des Finances dans un communiqué lundi soir. Cette saisie intervient après l’arrestation d’un passager, également en provenance de Thaïlande, début juin dans ce même aéroport, en possession d’une quarantaine de serpents venimeux et de tortues. Selon Traffic, une ONG qui surveille le commerce de la faune et de la flore sauvages, plus de 7.000 animaux, morts et vivants, ont été saisis sur les lignes aériennes entre la Thaïlande et l’Inde depuis trois ans et demi. Les douanes l’aéroport de Bombay sont plus habituées à saisir de l’or, de l’argent liquide ou du cannabis mais les saisies d’animaux ont récemment augmenté. Traffic a indiqué que plus de 80% des interceptions des espèces animales transportées en contrebande depuis la Thaïlande, ont lieu en Inde. “Les découvertes presque hebdomadaires et la diversité de la faune en route vers l’Inde sont très inquiétantes”, a souligné Kanitha Krishnasamy, directrice de Traffic pour l’Asie du Sud-Est.Beaucoup des créatures saisies étaient vivantes, ce qui “montre que la demande pour les animaux exotiques alimente le commerce”, a-t-elle ajouté. En février, les douanes de Bombay avaient interpellé un passager en possession de cinq gibbons de Siamang, des petits singes originaires des forêts d’Indonésie, de Malaisie et de Thaïlande. Ces petites créatures, classées parmi les espèces menacées par l’Union internationale pour la conservation de la nature (IUCN), étaient “ingénieusement dissimulées” dans une caisse en plastique placée à l’intérieur du sac à roulettes de l’intéressé, avaient-elles précisé.Entre septembre et novembre, les douanes de Bombay ont saisi douze tortues vivantes, quatre calaos (des oiseaux colorés au long bec) et cinq caïmans juvéniles.

Mahmoud Abbas se dit favorable à la démilitarisation du Hamas, sans rôle dans la gouvernance de Gaza (lettre à Macron)

Le président de l’Autorité palestinienne Mahmoud Abbas s’est dit favorable à ce que le Hamas “dépose ses armes” et “ne dirige plus Gaza” dans le cadre d’un futur Etat palestinien, dans une série d’engagements écrits avant une conférence de l’ONU, a annoncé mardi l’Elysée.Dans une lettre adressée lundi au président français Emmanuel Macron et au prince héritier saoudien Mohammed ben Salman, qui coprésideront cette conférence sur la solution dite à deux Etats du 17 au 21 juin à New York, Mahmoud Abbas se dit aussi “prêt à inviter des forces arabes et internationales à se déployer dans le cadre d’une mission de stabilisation/protection avec un mandat du Conseil de sécurité”.Un futur Etat palestinien “n’a aucune intention d’être un Etat militarisé et est prêt à travailler à des arrangements de sécurité au bénéfice de toutes les parties”, “dès lors qu’il bénéficie d’une protection internationale”, ajoute-t-il.”Ce qu’a fait le Hamas le 7 octobre” 2023, “en tuant et en prenant des civils en otage, est inacceptable et condamnable”, écrit par ailleurs le président de l’Autorité palestinienne, appelant le mouvement islamiste palestinien à “libérer immédiatement tous les otages et personnes retenues”.L’Elysée salue dans un communiqué des “engagements concrets et inédits, témoignant d’une volonté réelle d’avancer vers la mise en oeuvre de la solution à deux Etats”.La France veut faire de la conférence internationale prévue à l’ONU un moment-clé pour relancer cette solution, dont le gouvernement d’Israël ne veut toutefois pas. Emmanuel Macron, qui sera à New York le 18 juin, se dit “déterminé” à reconnaître un Etat palestinien, potentiellement à cette occasion, mais a aussi émis plusieurs conditions, dont la “démilitarisation” du Hamas et sa “non-participation” à la gouvernance de cet Etat.Dans sa lettre, Mahmoud Abbas s’engage aussi à nouveau à continuer de réformer l’Autorité palestinienne, et confirme vouloir organiser des “élections présidentielle et législatives d’ici un an”, sous “supervision” internationale.”Nous sommes prêts à prendre toute notre part pour promouvoir un chemin crédible et irréversible vers la fin de l’occupation, et aller vers la concrétisation d’un Etat indépendant et souverain de Palestine et la mise en oeuvre de la solution à deux Etats, dans le cadre d’un calendrier clair et avec des garanties internationales fortes”, insiste-t-il.

Trump déploie des milliers de soldats à Los Angeles face aux manifestations

Donald Trump a musclé lundi sa réponse à des heurts entre policiers et manifestants à Los Angeles en déployant des militaires du corps des Marines et en appelant 2.000 réservistes supplémentaires, des mesures dénoncées comme disproportionnées et illégales par les opposants au président américain.Après plusieurs jours d’affrontement entre les forces de l’ordre et des manifestants opposés aux expulsions massives d’immigrés clandestins, le républicain de 78 ans a pris lundi la décision exceptionnelle de déployer sur le territoire américain 700 militaires d’active de ce corps d’élite. Il a également ordonné l’envoi de 2.000 membres supplémentaires de la Garde nationale, un corps de réserve, qui viennent s’ajouter aux quelque 2.100 déjà annoncés dans la deuxième plus grande ville américaine.En pratique, 1.700 gardes ont total avaient été effectivement déployés lundi soir, selon le Commandement Nord de l’armée américaine.Sur le terrain en Californie, la tension a toutefois paru retomber quelque peu lundi soir, avec des incidents plus localisés.A Santa Ana, à 50 km au sud-ouest de Los Angeles, les forces de l’ordre ont tiré dans la soirée des gaz lacrymogènes et des grenades assourdissantes en direction de manifestants criant des slogans contre la police fédérale de l’immigration (ICE), ont constaté des journalistes de l’AFP.Des accrochages ont été également été rapportés à New York ainsi qu’au Texas. A New York, la police a procédé à des arrestations lors d’une manifestation à Manhattan, a constaté un journaliste de l’AFP, et à Austin, des gaz lacrymogènes ont été tirés, selon la chaine KXAN, filiale de NBC. Le recours aux forces militaires fédérales en Californie a provoqué la colère et l’incompréhension de manifestants mais aussi de nombreux responsables démocrates qui accusent le président d’attiser les tensions.”Ils sont censés nous protéger, mais à la place, ils sont envoyés pour nous attaquer”, a déclaré à l’AFP, Kelly Diemer, une manifestante de 47 ans, jugeant que les Etats-Unis n’étaient “plus une démocratie”.Déjà opposé à l’envoi de la Garde nationale, le gouverneur démocrate de l’Etat, Gavin Newsom, a estimé que le déploiement de militaires d’active assouvissait “le fantasme fou d’un président dictatorial”.- “Ego” -Le gouverneur a aussi critiqué la mobilisation annoncée de 2.000 réservistes supplémentaires, alors que les premiers envoyés n’auraient reçu ni eau ni nourriture selon lui.”Ça n’a rien à voir avec la sécurité publique, cela vise juste à caresser dans le sens du poil l’ego d’un président dangereux”, a-t-il asséné.L’universitaire et ancien officier Rachel VanLandingham a souligné auprès de l’AFP que la décision de déployer une unité de choc comme les Marines est “extrêmement rare” et potentiellement accidentogène, ces militaires n’étant pas formés au maintien de l’ordre ni habitués à travailler “avec les forces de l’ordre locales”.Clairement décidé à durcir le ton, Donald Trump a averti mis en garde sur sa plateforme Truth Social ceux qu’il appelle des “insurgés”: “S’ils crachent, nous frappons, et je vous promets que nous frapperons comme jamais auparavant.”Des gardes nationaux, en uniforme militaire et dotés de bâtons et de boucliers anti-émeutes, ont été déployés lundi devant un centre de détention fédéral de la ville. Face à eux, des manifestants ont crié: “Cochons, rentrez chez vous!”Une foule de plus en plus nombreuse a convergé aussi vers le centre de Los Angeles, où des policiers ont séparé les manifestants des agents fédéraux. Des carcasses de voitures incendiées jonchaient encore la rue, traces des heurts qui ont débouché en deux jours sur 56 arrestations.Une propriétaire d’un petit commerce, qui a préféré garder l’anonymat, s’est dite auprès de l’AFP en faveur de la répression musclée des autorités fédérales.”C’est nécessaire pour arrêter le vandalisme”, a-t-elle déclaré alors que la devanture de son commerce a été taguée de graffitis.- “Très traumatisant” -Vendredi, des manifestants avaient tenté de s’interposer face aux arrestations musclées d’immigrés menées par l’ICE.”J’ai vu mon père menotté, entravé à la taille et aux chevilles. C’était très traumatisant”, a témoigné lundi lors d’une conférence de presse Julian, se présentant comme la fille de Mario Romero, arrêté par l’ICE.Le procureur général de Californie Rob Bonta a annoncé lundi poursuivre Donald Trump en justice, estimant que son choix de mobiliser la Garde nationale sans l’aval du gouverneur “violait” la Constitution.A en croire Donald Trump, la métropole californienne aurait été “rayée de la carte” s’il n’avait décidé d’envoyer la Garde nationale.Une version contredite par le procureur du comté de Los Angeles, Nathan Hochman.”Nous n’avons pas constaté de troubles civils de grande ampleur qui nécessiteraient 2.000 gardes nationaux et 500 ou 700 soldats supplémentaires”, a-t-il affirmé à la chaîne NewsNation.Gavin Newsom, considéré comme un potentiel candidat à la Maison Blanche pour 2028, fait partie des cibles favorites du républicain, qui a lancé lundi qu’il serait “super” de l’arrêter. Son responsable du programme d’expulsions massives, Tom Homan, a assuré lundi soir que l’administration Trump n’avait “aucune intention” d’arrêter le gouverneur, avançant que la citation avait été prise “hors contexte”.

Trump déploie des milliers de soldats à Los Angeles face aux manifestations

Donald Trump a musclé lundi sa réponse à des heurts entre policiers et manifestants à Los Angeles en déployant des militaires du corps des Marines et en appelant 2.000 réservistes supplémentaires, des mesures dénoncées comme disproportionnées et illégales par les opposants au président américain.Après plusieurs jours d’affrontement entre les forces de l’ordre et des manifestants opposés aux expulsions massives d’immigrés clandestins, le républicain de 78 ans a pris lundi la décision exceptionnelle de déployer sur le territoire américain 700 militaires d’active de ce corps d’élite. Il a également ordonné l’envoi de 2.000 membres supplémentaires de la Garde nationale, un corps de réserve, qui viennent s’ajouter aux quelque 2.100 déjà annoncés dans la deuxième plus grande ville américaine.En pratique, 1.700 gardes ont total avaient été effectivement déployés lundi soir, selon le Commandement Nord de l’armée américaine.Sur le terrain en Californie, la tension a toutefois paru retomber quelque peu lundi soir, avec des incidents plus localisés.A Santa Ana, à 50 km au sud-ouest de Los Angeles, les forces de l’ordre ont tiré dans la soirée des gaz lacrymogènes et des grenades assourdissantes en direction de manifestants criant des slogans contre la police fédérale de l’immigration (ICE), ont constaté des journalistes de l’AFP.Des accrochages ont été également été rapportés à New York ainsi qu’au Texas. A New York, la police a procédé à des arrestations lors d’une manifestation à Manhattan, a constaté un journaliste de l’AFP, et à Austin, des gaz lacrymogènes ont été tirés, selon la chaine KXAN, filiale de NBC. Le recours aux forces militaires fédérales en Californie a provoqué la colère et l’incompréhension de manifestants mais aussi de nombreux responsables démocrates qui accusent le président d’attiser les tensions.”Ils sont censés nous protéger, mais à la place, ils sont envoyés pour nous attaquer”, a déclaré à l’AFP, Kelly Diemer, une manifestante de 47 ans, jugeant que les Etats-Unis n’étaient “plus une démocratie”.Déjà opposé à l’envoi de la Garde nationale, le gouverneur démocrate de l’Etat, Gavin Newsom, a estimé que le déploiement de militaires d’active assouvissait “le fantasme fou d’un président dictatorial”.- “Ego” -Le gouverneur a aussi critiqué la mobilisation annoncée de 2.000 réservistes supplémentaires, alors que les premiers envoyés n’auraient reçu ni eau ni nourriture selon lui.”Ça n’a rien à voir avec la sécurité publique, cela vise juste à caresser dans le sens du poil l’ego d’un président dangereux”, a-t-il asséné.L’universitaire et ancien officier Rachel VanLandingham a souligné auprès de l’AFP que la décision de déployer une unité de choc comme les Marines est “extrêmement rare” et potentiellement accidentogène, ces militaires n’étant pas formés au maintien de l’ordre ni habitués à travailler “avec les forces de l’ordre locales”.Clairement décidé à durcir le ton, Donald Trump a averti mis en garde sur sa plateforme Truth Social ceux qu’il appelle des “insurgés”: “S’ils crachent, nous frappons, et je vous promets que nous frapperons comme jamais auparavant.”Des gardes nationaux, en uniforme militaire et dotés de bâtons et de boucliers anti-émeutes, ont été déployés lundi devant un centre de détention fédéral de la ville. Face à eux, des manifestants ont crié: “Cochons, rentrez chez vous!”Une foule de plus en plus nombreuse a convergé aussi vers le centre de Los Angeles, où des policiers ont séparé les manifestants des agents fédéraux. Des carcasses de voitures incendiées jonchaient encore la rue, traces des heurts qui ont débouché en deux jours sur 56 arrestations.Une propriétaire d’un petit commerce, qui a préféré garder l’anonymat, s’est dite auprès de l’AFP en faveur de la répression musclée des autorités fédérales.”C’est nécessaire pour arrêter le vandalisme”, a-t-elle déclaré alors que la devanture de son commerce a été taguée de graffitis.- “Très traumatisant” -Vendredi, des manifestants avaient tenté de s’interposer face aux arrestations musclées d’immigrés menées par l’ICE.”J’ai vu mon père menotté, entravé à la taille et aux chevilles. C’était très traumatisant”, a témoigné lundi lors d’une conférence de presse Julian, se présentant comme la fille de Mario Romero, arrêté par l’ICE.Le procureur général de Californie Rob Bonta a annoncé lundi poursuivre Donald Trump en justice, estimant que son choix de mobiliser la Garde nationale sans l’aval du gouverneur “violait” la Constitution.A en croire Donald Trump, la métropole californienne aurait été “rayée de la carte” s’il n’avait décidé d’envoyer la Garde nationale.Une version contredite par le procureur du comté de Los Angeles, Nathan Hochman.”Nous n’avons pas constaté de troubles civils de grande ampleur qui nécessiteraient 2.000 gardes nationaux et 500 ou 700 soldats supplémentaires”, a-t-il affirmé à la chaîne NewsNation.Gavin Newsom, considéré comme un potentiel candidat à la Maison Blanche pour 2028, fait partie des cibles favorites du républicain, qui a lancé lundi qu’il serait “super” de l’arrêter. Son responsable du programme d’expulsions massives, Tom Homan, a assuré lundi soir que l’administration Trump n’avait “aucune intention” d’arrêter le gouverneur, avançant que la citation avait été prise “hors contexte”.

Bolivie: des milliers de paysans défilent à La Paz contre la crise économique

Plusieurs milliers de paysans ont manifesté lundi à La Paz pour réclamer des solutions à la crise économique que traverse le pays, tandis que plusieurs axes routiers restent bloqués en Bolivie en raison de revendications similaires, a constaté l’AFP.Venus des environs de la capitale administrative, les manifestants ont donné 72 heures au gouvernement du président Luis Arce pour répondre à leurs revendications.”Si la crise n’est pas résolue, nous bloquerons les routes jusqu’à ce qu’il parte. C’est notre ultimatum”, a déclaré à l’AFP Reinaldo Condori, un manifestant de 60 ans.Le coût de la vie a fortement augmenté ces derniers mois dans le pays. En mai, l’inflation a atteint 18,4% sur un an, son niveau le plus élevé depuis au moins 17 ans. La crise résulte d’une pénurie de dollars provoquée principalement par la chute des exportations de gaz. Le gouvernement manque de liquidités pour importer de l’essence et du diesel, qu’il revend à moitié prix. En conséquence, les carburants se raréfient et les prix des aliments flambent.”Nous souffrons. Nos familles meurent de faim”, dénonce parmi les manifestants Virginia Cuéllar, une paysanne de 40 ans. En parallèle, depuis huit jours, les partisans de l’ancien président Evo Morales bloquent des routes, principalement dans le centre du pays.L’autorité nationale des routes, faisait état lundi de 28 points de blocage.Les partisans d’Evo Morales exigent la démission du président Arce, qu’ils accusent d’être responsable de la crise économique et de manipuler les autorités judiciaires et électorales pour l’exclure de la présidentielle d’août. “Nous n’appartenons à aucun parti politique”, a déclaré à La Paz Raimundo Colquehuanca, un manifestant de 47 ans, affirmant être motivé par la défense du pouvoir d’achat.

Au procès Weinstein, les jurés étalent des désaccords mais progressent

Les jurés qui ont en mains le sort de l’ancien producteur roi du cinéma Harvey Weinstein ont progressé lundi sur la route d’un verdict à son procès pour agressions sexuelles et viol, après avoir étalé désaccords et tensions au troisième jour de délibérations.”Nous sommes en bonne voie”, ont-ils fait savoir lundi dans une des dernières notes lues par le juge Curtis Farber, avant l’interruption de leurs discussions à huis clos.Les 12 jurés, qui entameront mardi un quatrième jour de délibérations, doivent décider à l’unanimité si l’ancien puissant producteur, accusé depuis 2017 par des dizaines de femmes d’être un prédateur sexuel, s’est rendu coupable d’agressions sur l’ancienne assistante de production Miriam Haley en 2006 et sur l’ex-mannequin Kaja Sokola la même année, en les forçant à subir un cunnilingus, et de viol en 2013 sur l’aspirante actrice Jessica Mann.Visage honni du mouvement #MeToo, Harvey Weinstein, 73 ans, avait été condamné en 2020 à 23 ans de prison pour les crimes présumés concernant Miriam Haley et Jessica Mann, mais la cour d’appel de New York avait annulé le verdict l’année dernière pour des questions de procédure. Un revirement spectaculaire vécu comme une gifle par les organisations de lutte contre les violences sexuelles et qui a obligé à refaire le procès.Après six semaines de débats, les jurés ont semblé divisés à la reprise des délibérations lundi. Leur représentant a demandé à parler au juge pour lui confier que certains “font pression sur d’autres”, en “parlant du passé” d’Harvey Weinstein sans examiner les faits pour lesquels il est jugé, selon la retranscription de cette discussion hors de la salle d’audience, fournie par le tribunal.- Ambiance “de cour d’école” -Dénonçant un “jury faussé”, Arthur Aidala, avocat d’Harvey Weinstein, a immédiatement demandé l’annulation du procès. Il a essuyé un refus du juge.Le jury a aussi demandé au magistrat de lui rappeler “l’entière définition du doute raisonnable” et les conditions d’unanimité du verdict, de culpabilité ou d’innocence, “en particulier pour éviter un jury bloqué” sur un désaccord, ce qui entraînerait une nouvelle annulation du procès.Ces péripéties ont eu lieu alors que vendredi, un autre juré avait déjà demandé, en vain, à être démis de ses obligations, en se plaignant d’une ambiance “de cour d’école” dans le jury.Lundi, tout au long de la matinée, les conciliabules se sont multipliés entre le magistrat, la défense et les procureurs, dans la salle d’audience au mobilier vieillot de la cour pénale de Manhattan. Harvey Weinstein, assis sur une chaise roulante en raison de multiples problèmes de santé, reste impassible face à l’agitation.A la mi-journée, une autre jurée a voulu rassurer les esprits. “Le ton est très différent aujourd’hui. Nous avançons”, a-t-elle déclaré au juge, qui a semblé pousser un ouf de soulagement en entendant ces mots.- “Du café” -Dernier signe de détente, les jurés ont réclamé lundi dans leur toute dernière note au juge… “du café” pour le lendemain matin. Durant les débats, les trois victimes présumées ont témoigné à visage découvert pendant plusieurs jours pour raconter comment le tout puissant producteur leur avait imposé une relation sexuelle, après les avoir attirées dans son appartement ou une chambre d’hôtel à New York.La défense a tout fait pour discréditer ces accusatrices, en pointant des incohérences et en soulignant qu’elles avaient continué de fréquenter le magnat du cinéma indépendant après les agressions alléguées. Dans sa dernière plaidoirie, l’avocat Arthur Aidala a assuré que les relations sexuelles étaient consenties, dans une logique de “promotion canapé”.Harvey Weinstein comparaît détenu parce qu’il a aussi été condamné à 16 ans de prison en Californie pour viol, ce dont il a fait appel. Les enquêtes en octobre 2017 du New York Times et du New Yorker sur le tout puissant producteur, dont les films ont été auréolés de dizaines d’Oscars, avaient provoqué une onde de choc planétaire, libérant la parole de nombreuses victimes et contraignant les sociétés à de profondes remises en question sur la place des femmes.

Le projet du gouvernement pour “refonder” Mayotte arrive à l’Assemblée

Près de six mois après le passage ravageur du cyclone Chido, le projet de loi-programme du gouvernement pour “refonder” Mayotte entame mardi son examen en commission à l’Assemblée nationale, où le volet migratoire et sécuritaire devrait à nouveau susciter d’âpres débats.Après l’adoption mi-février d’une loi d’urgence pour reconstruire l’archipel dévasté, c’est l’heure de la “refondation” pour le département le plus pauvre de France, où la catastrophe naturelle n’a fait qu’exacerber des défaillances préexistantes. Ce texte, adopté largement par le Sénat fin mai, est très attendu par les Mahorais. Il sera débattu au sein de l’hémicycle à partir du 23 juin. En amont, ce sont les députés de la commission des Lois qui sont chargés d’entamer son examen avec l’audition prévue du ministre des Outre-mer Manuel Valls à partir de 16H30.Eau, éducation, santé, infrastructures, sécurité, immigration, habitat informel… Le projet de loi s’attaque à tous les grands enjeux du 101e département français. Le texte décline près de quatre milliards d’euros d’engagements financiers de l’Etat.A Mayotte, “il y a un retard abyssal, mais des potentialités extraordinaires, et je considère qu’avec ce plan très ambitieux, c’est un véritable acte de reconnaissance fait à ce territoire”, a déclaré à l’AFP le rapporteur général du texte, le député MoDem et ancien ministre Philippe Vigier.”On nous avait promis une loi pour refonder Mayotte, mais c’est encore aux antipodes de ce qui devrait être fait pour que Mayotte soit considérée comme un département à part entière”, a estimé, au contraire, le député LFI Aurélien Taché. “Elle ne va pas rattraper le développement économique et social (…) mais restreindre davantage les libertés publiques, le droit des personnes immigrées, mais aussi des Mahorais”, a-t-il dénoncé auprès de l’AFP.Comme au Sénat, c’est le volet migratoire et sécuritaire qui devrait susciter le plus de débats.La lutte contre l’immigration clandestine a en effet été érigée comme priorité par le gouvernement, face à l’afflux massif d’étrangers en situation irrégulière, venus notamment des Comores voisines.Quitte à remettre fortement en cause le droit du sol, qui est la règle en France. Le texte durcit en effet les conditions d’accès au séjour, centralise les reconnaissances de paternité à Mamoudzou et augmente les peines pour reconnaissance frauduleuse de paternité. Il facilite aussi les expulsions de bidonvilles.En matière de sécurité, il prévoit des régimes juridiques spécifiques: renforcement des contrôles sur les armes, lutte accrue contre l’emploi d’étrangers sans titre et retrait possible des titres de séjour aux parents d’enfants considérés comme menaçant l’ordre public.De quoi susciter l’indignation de la Défenseure des droits qui a demandé vendredi d’abandonner ou réviser certaines dispositions d’un texte qui “porte atteinte à certains droits parmi les plus fondamentaux”.