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Explosion d’un immeuble dans l’Ain: deux jeunes enfants décédés

Les recherches doivent reprendre mardi matin à Trévoux, dans l’Ain, dans les décombres d’un immeuble d’habitation où une explosion a tué lundi deux enfants en bas âge et fait treize blessés.L’explosion, dont la cause n’a pas encore été identifiée, s’est produite vers 17H30 au rez-de-chaussée d’un bâtiment de quatre étages, dans cette ville de 6.930 habitants située à une quarantaine de kilomètres au nord de Lyon.Le ministre de l’Intérieur Laurent Nuñez se rend sur place mardi matin avant de rejoindre le président Emmanuel Macron à Marseille pour une visite dédiée à la lutte contre le narcotrafic et la modernisation de la ville, a indiqué à l’AFP son entourage.”Le ministre a suivi l’évolution de la situation toute la soirée et a décidé de s’y rendre en soutien aux habitants, aux élus et aux équipes de secours mobilisées sur place”, a-t-on précisé.Lundi soir “il y a eu des recherches jusqu’à 23h30 avec des chiens qui n’ont rien détecté”, a déclaré à l’AFP mardi matin le maire de Trévoux, Marc Péchoux. “Mais les secours reviennent ce matin pour de nouveau investiguer les gravats et voir s’ils sont bien sûrs qu’il n’y a plus personne dessous”, a-t-il ajouté.- “Comme une bombe” -La mère d’Abdel, âgée de 81 ans, habitait au 2e étage de l’immeuble soufflé. “Elle n’a rien compris. La porte a volé, les fenêtres ont éclaté. Un bruit assourdissant, comme une bombe”, a raconté à l’AFP le fils de l’octogénaire. “Elle est en état de choc, elle est légèrement blessée aux genoux. L’essentiel, ce matin, elle est chez moi, elle va bien”, a-t-il ajouté.L’immeuble ne s’est pas effondré, “mais il y a eu beaucoup de dégâts et de projections de matériaux, ça a fragilisé la structure”, a expliqué à la presse la préfète de l’Ain Chantal Mauchet, qui s’est rendue sur place lundi.”Malheureusement, deux (…) jeunes enfants ont été déclarés décédés après des tentatives de réanimation par les équipes de secours”, a-t-elle ajouté. Ils étaient âgés de trois et cinq ans selon une source au sein des secours.Dix personnes en urgence relative ont été transportées vers les hôpitaux de la région et trois personnes légèrement blessées se sont présentées d’elles-mêmes à l’hôpital, a précisé la préfecture dans un communiqué.Environ 70 habitants vivaient dans ce bâtiment qui a été “soufflé”, selon le maire. Près de 50 d’entre eux ont été hébergés provisoirement dans deux hôtels, un camping de la ville, et d’autres chez des proches, selon la mairie.”Il va falloir gérer, bien sûr, l’aspect psychologique de ce drame qui a touché les parents, puis tous les voisins et l’ensemble de la ville”, a indiqué le maire.- Hypothèse du gaz -“J’ai entendu un gros boum” et quand “je suis descendue j’ai vu que la porte, la vitre étaient complètement explosées”, a témoigné une voisine sous couvert d’anonymat. “J’ai entendu des hurlements puisqu’une maman avait ses enfants sous les décombres.”La déflagration était tellement forte que les vitres de deux établissements scolaires à proximité se sont brisées sans faire de blessés, a indiqué la préfecture.”J’étais dans le lycée, on a entendu un gros boum, ça a fait tout trembler (…) le lycée a été évacué”, ont décrit à l’AFP deux élèves, Maylee et Lena. “On a paniqué”, ont ajouté les jeunes filles.Les causes de l’explosion restent à cette heure indéterminée. Une camionnette d’intervention “urgence gaz” a été vue sur les lieux par l’AFP, mais l’hypothèse d’une fuite de gaz n’a pas pu être corroborée dans l’immédiat.La préfète a indiqué qu’une enquête a été ouverte. Le parquet de Bourg-en-Bresse n’était pas joignable dans l’immédiat.D’importants moyens humains et matériels ont été déployés pour les secours et les investigations: 50 pompiers, 36 engins et des secours médicalisés, et 45 gendarmes pour délimiter la zone et déterminer les causes du sinistre.

Macron de retour à Marseille en pleine “guerre” contre le narcotrafic

Guerre aux narcotrafiquants et régulation des réseaux sociaux: Emmanuel Macron est de retour mardi à Marseille sur ses deux grands chevaux de bataille du moment, ainsi que sur le vaste chantier de modernisation de la deuxième ville de France lancé en 2021.Le chef de l’Etat entame sa visite à 12H00 par un échange avec les lecteurs du quotidien La Provence sur la “démocratie à l’épreuve des réseaux sociaux”, qu’il veut interdire aux jeunes de moins de 15 ou 16 ans. Ce sera le cinquième du genre depuis un mois, après Toulouse, Arras, Mirecourt et Saint-Malo.Il inaugurera ensuite un commissariat ainsi que l’agrandissement de la prison des Baumettes alors que Marseille est en première ligne dans la lutte contre le narcotrafic et la violence meurtrière qui l’accompagne.L’exécutif a promis une bataille sans merci en la matière, semblable à celle menée contre le terrorisme, après l’assassinat retentissant le 13 novembre à Marseille du jeune Mehdi Kessaci, tué sans doute pour faire taire son frère Amine, militant anti-drogue.L’assassinat a tétanisé la ville, où les narchomicides s’enchaînent d’ordinaire dans une certaine indifférence, et frappé les esprits dans le reste de l’hexagone, gagné aussi peu à peu par la multiplication des faits criminels liés au narcotrafic.  “C’est une guerre que nous menons”, martèle le ministre de l’Intérieur Laurent Nuñez. “L’Etat gagnera cette nouvelle bataille”, promet Emmanuel Macron. – “Point de bascule” -En retrait des enjeux de politique intérieure depuis la dissolution ratée de 2024, le chef de l’Etat a pris les devants en revanche sur ce sujet. Il a réuni à deux reprises ministres et acteurs concernés à l’Elysée depuis l’assassinat de Mehdi Kessaci.Amine Kessaci a lui mardi sur Ici Provence lancé un “appel aux décideurs” pour que soit mise en place “une convention citoyenne de la lutte contre le narcotrafic pour justement créer un espace de parole et de donner la parole” aux habitants.Depuis janvier, 17 personnes sont mortes dans des violences liées au trafic de drogue dans les Bouches-du-Rhône, selon un décompte de l’AFP, un chiffre en baisse par rapport à 2024 (24 morts) et surtout 2023 (50 morts).Outre le travail des autorités, les observateurs relèvent la prédominance de la DZ Mafia sur Marseille, une situation qui suscite de fait moins de violences entre groupes concurrents.Face à cette situation, le maire divers gauche de Marseille Benoît Payan a redemandé sur France Inter que le futur Parquet national contre la criminalité organisée (Pnaco) soit installé à Marseille et réclamé “des effectifs stables de police judiciaire pour remonter les pistes de blanchiment”.”Le compte n’y est pas (…) Depuis un an, on a vu une doctrine du ministère de l’Intérieur qui n’a pas mis le paquet comme le paquet aurait dû être mis sur le narcotrafic”, a-t-il cinglé.- “Constance” -Emmanuel Macron fera aussi le point sur le plan “Marseille en grand”, qu’il a lancé en grande pompe en 2021 pour aider la cité phocéenne à rattraper ses retards, avec cinq milliards d’engagements de l’Etat à la clé.La Cour des comptes a dénoncé en octobre 2024 un suivi “indigent” et un “défaut de cohérence” de cette initiative, destinée à rénover les écoles insalubres, développer les transports en commun, réduire la fracture géographique et sociale entre quartiers nord et sud et renforcer les effectifs de police.”Nul ne peut nier que les choses bougent et que l’Etat est au rendez-vous avec constance et sans tergiverser”, a répliqué le chef de l’Etat à la veille de sa visite, dans La Tribune Dimanche.Les deux-tiers des crédits sont désormais engagés, assure l’Elysée, citant la livraison de 15 écoles, des projets en cours sur 86 autres ou l’arrivée de 350 policiers supplémentaires dans les Bouches-du-Rhône.Le chef de l’Etat visitera aussi le chantier d’extension de la gare Saint-Charles, un investissement de 3,6 milliards d’euros avec gare souterraine, espaces végétalisés, jardins et zones piétonnes.

Les tarifs des mutuelles en hausse de 4,3 et 4,7% en 2026

Les complémentaires santé à statut mutualiste augmenteront leurs cotisations en moyenne de 4,3% (contrats individuels) et 4,7% (contrats d’entreprise), a annoncé mardi la Fédération nationale de la mutualité française, avertissant d’une “urgence absolue” à maîtriser les dépenses de santé.La hausse est moins forte que les années précédentes (+6% en 2025 en moyenne, +8,1% en 2024, +4,7% en 2023), mais elle reste à un niveau largement supérieure à celle observée avant le Covid (+2,6% par an en moyenne sur la décennie 2010-2020).Chaque année, l’annonce des tarifs mutualistes donne une indication des tarifs de l’ensemble du marché. Les mutuelles représentent un petit peu moins de la moitié du marché des complémentaires santé, le reste étant détenu par les assureurs privés, et par des organismes paritaires.”L’augmentation des dépenses de santé”, couvertes par la Sécurité sociale et les complémentaires santé, “s’intensifie depuis 2020, à +4,4% par an”, indique la Mutualité pour justifier la hausse de ses cotisations.Les mutuelles devront aussi absorber en 2026 de nouveaux transferts de charge depuis l’Assurance maladie, et une nouvelle taxe prévue dans le budget 2026 de la Sécu, qui leur coûtera 1 milliard d’euros, ajoute-t-elle.Dans le budget de la Sécurité sociale pour 2026 – que l’Assemblée nationale devrait, sauf surprise, adopter définitivement dans l’après-midi -, “on est arrivés à bloquer le doublement des franchises médicales, tant mieux, mais malheureusement la solution de facilité de cette TVA sur la santé, cette taxe d’un milliard, pèsera à terme sur nos concitoyens”, a déclaré le président de la Mutualité, Eric Chenut, mardi matin sur RTL.”Avec une taxe sur les contrats qui grimpe à 16%, la France est une +anomalie européenne+”, dénonce l’organisation. “Le gouvernement et les parlementaires s’apprêtent sciemment à faire payer les assurés mais sans l’assumer et en tentant de déplacer la responsabilité sur les complémentaires santé”, ajoute-t-elle.Face aux critiques selon lesquelles les mutuelles profitent largement de la situation, le patron de la Mutualité a dénoncé “une accusation absolument scandaleuse: les mutuelles sont des organismes à but non lucratif, à gouvernance démocratique”, et “quand on ajuste les cotisations, c’est au strict minimum, pour garantir l’équilibre, la pérennité de nos entreprises”.Déplorant “une forme de déni collectif” et “des politiques trop à court terme” alors que “notre population vieillit et (que) les besoins en santé augmentent”, Eric Chenut a prévenu que “notre effort, individuel et collectif, pour se soigner (…) va être de plus en plus important si l’on ne s’attaque pas à la régulation des dépenses de santé”.”Agir pour l’efficience, réduire les actes redondants, lutter contre la fraude, investir massivement dans la prévention” deviennent “une urgence absolue”, plaide la Mutualité. 

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“Vide juridique”, “omerta”: derrière la contamination de l’eau aux PFAS, la question des épandages

Épandues dans les champs pendant des décennies, des boues industrielles contaminées aux “polluants éternels” ou PFAS ont rendu l’eau du robinet impropre à la consommation dans 18 villages du nord-est. Elus et associations entendent aujourd’hui réclamer des comptes mais se heurtent à un flou juridique et à une “omerta”.Dans ces communes de la Meuse, des Ardennes ou des Vosges, les concentrations dans l’eau de 20 PFAS (substances per- et  polyfluoroalkylées), aux effets potentiellement délétères sur la santé humaine, dépassent nettement les seuils autorisés – jusqu’à 27 fois la limite à Villy (Ardennes), un record. Aucune usine n’étant visible à l’horizon, l’hypothèse d’une contamination par les boues d’épuration issues d’industries situées un peu plus loin est rapidement devenue une certitude dans ces territoires ruraux.En Meuse, où quatre villages sont concernés, les investigations menées depuis l’été ont démontré que la pollution émanait de compost et de boues d’épuration épandues pour fertiliser les champs provenant d’une papeterie, fermée depuis novembre 2024 à Stenay. Les 16 communes meusiennes et ardennaises (soit 3.400 habitants au total) concernées par les arrêtés d’interdiction de consommer l’eau sont d’ailleurs situées dans un rayon d’une vingtaine de kilomètres autour de cette ancienne usine.- Signalement au parquet -Les déchets de cette papeterie ont été diffusés “par épandage direct de boues” et aussi “via une unité de compostage” d’une société, qui épendait ce compost “depuis 2007 sur 225 hectares de grandes cultures”, dont 50 hectares dans un “périmètre de captage”, selon la préfecture. Cette dernière a placé sous séquestre les composts encore présents sur le site et a signalé au parquet “les manquements graves aux règles d’épandage”. Sollicités, ni la société Natura Verde Meuse, qui gérait cette unité de compostage, ni son gérant, n’ont répondu à l’AFP. Et, le groupe finlandais Ahlstrom, propriétaire de la papeterie de Stenay de 1997 à 2023, “ne souhaite pas faire de commentaire”.Le fonds allemand Accursia Capital, qui a repris quelques mois l’usine avant sa liquidation, affirme n’avoir utilisé “aucun produit contenant des PFAS”. “La production était limitée à certaines gammes de produits spécifiques et ne nécessitait pas l’utilisation de ce type de composé”, a précisé à l’AFP son président, Oliver Würtenberger, renvoyant la responsabilité vers les “entreprises spécialisées qui sont légalement responsables” de l’élimination des boues.Selon un ancien salarié de l’usine, qui a demandé à conserver l’anonymat, la réglementation n’imposait cependant pas de rechercher les PFAS, “mais uniquement les métaux lourds”, si bien que “tout était conforme”. Toutefois, “il y a eu des documents de suivis de déchets qui sont faux”, assure-t-il, avec des tonnages inexacts notamment: pour lui, une quantité de boues supérieure a été épandue.- Lacunes réglementaires – Plusieurs maires des Ardennes suspectent aussi des enfouissements illégaux de boues sur le plateau d’Olizy-sur-Chiers, dans la Meuse. Elles pouvaient ensuite, par ruissellement ou infiltration, polluer sols et eaux. Le procédé est similaire dans les Vosges, où deux communes sont concernées par des arrêtés interdisant au moins partiellement la consommation d’eau du robinet.Dans l’une d’elles, à Tendon, le conseil municipal avait pris un arrêté en 2011 demandant l’arrêt des épandages, pratiqués depuis 1998 dans des parcelles proches d’un captage d’eau, avec des boues issues notamment d’une blanchisserie de Gérardmer, à quelques kilomètres de là. Cela n’a été effectif qu’en 2013 pour une première parcelle, et en 2018 pour une autre, fustige le maire, Gérard Clément, qui aurait aimé être écouté plus tôt sur les dangers de ces pratiques. D’autant qu’il incombe à présent aux collectivités de trouver des solutions pour rendre l’eau à nouveau potable. Et cela pourrait coûter cher, les techniques classiques de filtrage, notamment par charbon actif, n’étant pas toujours efficaces contre les PFAS.Dans le secteur de Villy, l’hypothèse privilégiée est de connecter les réseaux contaminés avec des réseaux sains, pour diminuer les taux de pollution dans l’eau ainsi diluée. Mais c’est une solution “coûteuse, très coûteuse”, souligne Hanafi Halil, sous-préfet de Vouziers, référent PFAS dans les Ardennes. Le coût se répercute aussi sur les habitants, qui continuent de payer pour une eau du robinet qu’ils ne peuvent plus boire, s’énerve Annick Dufils, maire de Malandry, une commune touchée dans les Ardennes. Car, potable ou non, l’eau consommée doit être facturée, confirme à l’AFP l’Agence de l’eau Rhin-Meuse, qui dit ne pas pouvoir exonérer tel ou tel ménage. Par ailleurs, même si les élus locaux, qui craignent pour leurs finances, le demandent, “on ne peut pas faire jouer le principe pollueur-payeur”, explique la préfecture de la Meuse. “On ne peut pas accuser” quiconque “d’avoir empoisonné les sols aux PFAS puisque ce n’était pas dans la règlementation”. D’une manière générale avec les PFAS, il y a “une lacune énorme de la règlementation” et un “vide juridique”, déplore Pauline Cervan, toxicologue pour l’association Générations futures.- “Non-responsabilité” – A partir du 1er janvier, toutes les eaux en France devront être analysées pour quantifier les taux de 20 PFAS. De nouveaux arrêtés d’interdiction de consommer l’eau pourraient alors être pris.Pour Mme Cervan, c’est une bonne chose, tout comme la suspension des épandages près des zones de captages, comme décidé dans les Ardennes. Mais “la France a énormément de retard” sur la question, selon elle. La Suisse a par exemple interdit dès 2003 les épandages de boues d’épuration, rappelle Jean-François Fleck, de l’association Vosges Nature Environnement. La France, elle, ne l’a pas fait, se contentant en 2006 de créer un fonds de garantie des risques liés à l’épandage. “On ne peut pas rester sur cette situation de non-responsabilité des uns et des autres, alors qu’on connaît les PFAS depuis les années 1950. La France ne pouvait pas ne pas savoir”, insiste le militant écologiste.Dans l’optique de partager leurs connaissances avec leurs administrés inquiets pour les conséquences sur leur santé – les PFAS peuvent entraîner cancers, excès de cholestérol ou problèmes de développement du fœtus -, les maires de trois communes des Ardennes ont fait analyser leur propre sang. Verdict: leur taux sanguin de PFAS dépassait les valeurs seuil en vigueur aux Etats-Unis ou en Allemagne. Aucun seuil de ce type n’a cependant été défini en France, si bien qu’on “n’interprète pas les résultats. C’est toujours très flou, l’omerta”, regrette la maire de Malandry, qui plaide pour une généralisation de ces tests.En outre, déplore l’édile, “on nous répond qu’on ne peut pas faire une étude, un suivi épidémiologique pour si peu d’habitants”: “C’est toujours le même souci dans la ruralité”.

“Vide juridique”, “omerta”: derrière la contamination de l’eau aux PFAS, la question des épandages

Épandues dans les champs pendant des décennies, des boues industrielles contaminées aux “polluants éternels” ou PFAS ont rendu l’eau du robinet impropre à la consommation dans 18 villages du nord-est. Elus et associations entendent aujourd’hui réclamer des comptes mais se heurtent à un flou juridique et à une “omerta”.Dans ces communes de la Meuse, des Ardennes ou des Vosges, les concentrations dans l’eau de 20 PFAS (substances per- et  polyfluoroalkylées), aux effets potentiellement délétères sur la santé humaine, dépassent nettement les seuils autorisés – jusqu’à 27 fois la limite à Villy (Ardennes), un record. Aucune usine n’étant visible à l’horizon, l’hypothèse d’une contamination par les boues d’épuration issues d’industries situées un peu plus loin est rapidement devenue une certitude dans ces territoires ruraux.En Meuse, où quatre villages sont concernés, les investigations menées depuis l’été ont démontré que la pollution émanait de compost et de boues d’épuration épandues pour fertiliser les champs provenant d’une papeterie, fermée depuis novembre 2024 à Stenay. Les 16 communes meusiennes et ardennaises (soit 3.400 habitants au total) concernées par les arrêtés d’interdiction de consommer l’eau sont d’ailleurs situées dans un rayon d’une vingtaine de kilomètres autour de cette ancienne usine.- Signalement au parquet -Les déchets de cette papeterie ont été diffusés “par épandage direct de boues” et aussi “via une unité de compostage” d’une société, qui épendait ce compost “depuis 2007 sur 225 hectares de grandes cultures”, dont 50 hectares dans un “périmètre de captage”, selon la préfecture. Cette dernière a placé sous séquestre les composts encore présents sur le site et a signalé au parquet “les manquements graves aux règles d’épandage”. Sollicités, ni la société Natura Verde Meuse, qui gérait cette unité de compostage, ni son gérant, n’ont répondu à l’AFP. Et, le groupe finlandais Ahlstrom, propriétaire de la papeterie de Stenay de 1997 à 2023, “ne souhaite pas faire de commentaire”.Le fonds allemand Accursia Capital, qui a repris quelques mois l’usine avant sa liquidation, affirme n’avoir utilisé “aucun produit contenant des PFAS”. “La production était limitée à certaines gammes de produits spécifiques et ne nécessitait pas l’utilisation de ce type de composé”, a précisé à l’AFP son président, Oliver Würtenberger, renvoyant la responsabilité vers les “entreprises spécialisées qui sont légalement responsables” de l’élimination des boues.Selon un ancien salarié de l’usine, qui a demandé à conserver l’anonymat, la réglementation n’imposait cependant pas de rechercher les PFAS, “mais uniquement les métaux lourds”, si bien que “tout était conforme”. Toutefois, “il y a eu des documents de suivis de déchets qui sont faux”, assure-t-il, avec des tonnages inexacts notamment: pour lui, une quantité de boues supérieure a été épandue.- Lacunes réglementaires – Plusieurs maires des Ardennes suspectent aussi des enfouissements illégaux de boues sur le plateau d’Olizy-sur-Chiers, dans la Meuse. Elles pouvaient ensuite, par ruissellement ou infiltration, polluer sols et eaux. Le procédé est similaire dans les Vosges, où deux communes sont concernées par des arrêtés interdisant au moins partiellement la consommation d’eau du robinet.Dans l’une d’elles, à Tendon, le conseil municipal avait pris un arrêté en 2011 demandant l’arrêt des épandages, pratiqués depuis 1998 dans des parcelles proches d’un captage d’eau, avec des boues issues notamment d’une blanchisserie de Gérardmer, à quelques kilomètres de là. Cela n’a été effectif qu’en 2013 pour une première parcelle, et en 2018 pour une autre, fustige le maire, Gérard Clément, qui aurait aimé être écouté plus tôt sur les dangers de ces pratiques. D’autant qu’il incombe à présent aux collectivités de trouver des solutions pour rendre l’eau à nouveau potable. Et cela pourrait coûter cher, les techniques classiques de filtrage, notamment par charbon actif, n’étant pas toujours efficaces contre les PFAS.Dans le secteur de Villy, l’hypothèse privilégiée est de connecter les réseaux contaminés avec des réseaux sains, pour diminuer les taux de pollution dans l’eau ainsi diluée. Mais c’est une solution “coûteuse, très coûteuse”, souligne Hanafi Halil, sous-préfet de Vouziers, référent PFAS dans les Ardennes. Le coût se répercute aussi sur les habitants, qui continuent de payer pour une eau du robinet qu’ils ne peuvent plus boire, s’énerve Annick Dufils, maire de Malandry, une commune touchée dans les Ardennes. Car, potable ou non, l’eau consommée doit être facturée, confirme à l’AFP l’Agence de l’eau Rhin-Meuse, qui dit ne pas pouvoir exonérer tel ou tel ménage. Par ailleurs, même si les élus locaux, qui craignent pour leurs finances, le demandent, “on ne peut pas faire jouer le principe pollueur-payeur”, explique la préfecture de la Meuse. “On ne peut pas accuser” quiconque “d’avoir empoisonné les sols aux PFAS puisque ce n’était pas dans la règlementation”. D’une manière générale avec les PFAS, il y a “une lacune énorme de la règlementation” et un “vide juridique”, déplore Pauline Cervan, toxicologue pour l’association Générations futures.- “Non-responsabilité” – A partir du 1er janvier, toutes les eaux en France devront être analysées pour quantifier les taux de 20 PFAS. De nouveaux arrêtés d’interdiction de consommer l’eau pourraient alors être pris.Pour Mme Cervan, c’est une bonne chose, tout comme la suspension des épandages près des zones de captages, comme décidé dans les Ardennes. Mais “la France a énormément de retard” sur la question, selon elle. La Suisse a par exemple interdit dès 2003 les épandages de boues d’épuration, rappelle Jean-François Fleck, de l’association Vosges Nature Environnement. La France, elle, ne l’a pas fait, se contentant en 2006 de créer un fonds de garantie des risques liés à l’épandage. “On ne peut pas rester sur cette situation de non-responsabilité des uns et des autres, alors qu’on connaît les PFAS depuis les années 1950. La France ne pouvait pas ne pas savoir”, insiste le militant écologiste.Dans l’optique de partager leurs connaissances avec leurs administrés inquiets pour les conséquences sur leur santé – les PFAS peuvent entraîner cancers, excès de cholestérol ou problèmes de développement du fœtus -, les maires de trois communes des Ardennes ont fait analyser leur propre sang. Verdict: leur taux sanguin de PFAS dépassait les valeurs seuil en vigueur aux Etats-Unis ou en Allemagne. Aucun seuil de ce type n’a cependant été défini en France, si bien qu’on “n’interprète pas les résultats. C’est toujours très flou, l’omerta”, regrette la maire de Malandry, qui plaide pour une généralisation de ces tests.En outre, déplore l’édile, “on nous répond qu’on ne peut pas faire une étude, un suivi épidémiologique pour si peu d’habitants”: “C’est toujours le même souci dans la ruralité”.

Polémique “sales connes”: Brigitte Macron se dit “désolée” si elle a “blessé les femmes victimes”

Brigitte Macron s’est dite “désolée” lundi soir si elle a “blessé les femmes victimes” de violences sexuelles, réagissant pour la première fois dans une interview au média Brut à la polémique créée par ses propos tenus à l’encontre de militantes féministes qu’elle avait qualifiées de “sales connes”.”Je suis désolée si j’ai blessé les femmes victimes, c’est à elles et à elles seules que je pense”, a déclaré l’épouse du président de la République, avant d’ajouter que ses propos étaient privés, et destinés à “quatre personnes”. Interrogée pour savoir si elle regrettait ces paroles tenues en marge d’un spectacle de l’humoriste Ary Abittan, elle a répondu: “Je ne peux pas regretter. Je suis effectivement l’épouse du président de la République, mais je suis avant tout moi-même. Et donc quand je suis dans le privé je peux me lâcher de manière absolument pas adéquate”.L’épouse du chef de l’État avait tenu ces propos début décembre en évoquant des militantes féministes qui avaient interrompu un spectacle d’Ary Abittan, accusé de viol mais ayant bénéficié d’un non-lieu de la justice. Les mots de Brigitte Macron avaient été captés sur une vidéo publiée par le site de l’hebdomadaire Public.En coulisse avec l’artiste, la Première dame dit avoir voulu le rassurer et répondre à “sa peur” au lendemain de ces incidents qui avaient perturbé son spectacle la veille.”J’avais besoin de rassurer. Je voulais rassurer, certainement maladroitement, mais je n’avais pas d’autres mots à ma disposition à ce moment là”, a encore expliqué la Première dame, faisant valoir son “droit de parler” et son “droit de penser”. Elle a précisé qu’elle ignorait que ces échanges étaient filmés.Quatre militantes du collectif féministe #NousToutes, portant des masques à l’effigie d’Ary Abittan avec la mention “violeur”, avaient interrompu son spectacle le 6 décembre dans la salle parisienne des Folies Bergère, scandant “Abittan violeur”.Fin 2021, l’humoriste avait été accusé de viol par une jeune femme qu’il fréquentait depuis quelques semaines. Après trois ans d’enquête, l’instruction a abouti à un non-lieu confirmé en appel en janvier, mais son retour sur scène est depuis contesté par des féministes protestant régulièrement aux abords des salles où il se produit.Dans cette interview à Brut réalisée en extérieur de façon apparemment impromptue, Brigitte Macron réaffirme son engagement en faveur des victimes de violences et de harcèlement. “Quand on me demande de l’aide, je le fais toujours sur ce sujet parce que c’est une priorité”, dit-elle, tout en revendiquant de la discrétion dans les actions qu’elle peut conduire. “Tout ce qui leur arrive me regarde”, ajoute-t-elle.Les propos de Brigitte Macron ont provoqué une vague de soutien envers les militantes féministes, de nombreuses actrices ou célébrités publiant des messages sur les réseaux sociaux affirmant: “Moi aussi je suis une sale conne”.

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“Des cancers plein le village”: la face sombre du recyclage au Vietnam

Lanh est convaincue que les tonnes de plastique recyclées dans son village près de Hanoï, au Vietnam, ont provoqué le cancer du sang de son mari, mais elle continue de passer ses journées à trier les ordures pour pouvoir payer ses frais médicaux.Accroupie entre des montagnes de plastique, elle arrache minutieusement les étiquettes de bouteilles de Coca-Cola, d’Evian et de thé local afin qu’elles puissent être fondues et transformées en petits granulés réutilisables.”Ce travail est extrêmement sale. La pollution environnementale est vraiment très importante”, témoigne cette femme de 64 ans, qui a demandé à n’être identifiée que par son prénom. “Il y a des cas de cancer plein le village, des gens qui n’attendent plus que de mourir.”Situé au sud de Hanoï, la capitale vietnamienne étouffée par le smog, Xa Cau est l’un des centaines de villages dits “artisanaux” qui recyclent une petite partie des 1,8 million de tonnes de déchets plastique générées chaque année au Vietnam.Le recyclage vaut mieux que les décharges sauvages, mais les méthodes rudimentaires utilisées localement et le manque de règlementation génèrent des émissions dangereuses et exposent les ouvriers à des produits chimiques toxiques, selon les experts. “Le contrôle de la pollution de l’air est nul dans ce type d’installations”, pointe Hoang Thanh Vinh, spécialiste du sujet au sein du Programme des Nations unies pour le développement (PNUD). “ La manière actuelle de recycler dans les villages n’est absolument pas bonne pour l’environnement.”- Bouée de sauvetage -La plupart des déchets vient du Vietnam, dont l’appétit de consommation a explosé avec la rapide croissance économique du pays, peuplé de 100 millions d’habitants. Mais une partie vient aussi d’autres pays d’Asie, ainsi que d’Europe et des États-Unis, qui en envoient chaque année des centaines de milliers de tonnes. “Les déchets nationaux ne suffisent pas. Je dois importer de l’étranger”, confirme Dinh, la voix couverte par le vacarme des lourdes machines de son usine de granulés de polypropylène à Minh Khai, un autre “village de plastique” près de Hanoï. Le secteur a été une bouée de sauvetage pour beaucoup de villageois, créant emplois et revenus dans des communautés en difficulté.”Cette activité nous permet de nous enrichir”, se félicite Nguyen Thi Tuyen, 58 ans, qui vit avec son mari dans une maison à deux étages à Xa Cau. “Aujourd’hui, toutes les maisons sont en dur, alors que nous n’étions avant qu’un village de paysans.”- “Forcément des effets” -Le gouvernement vietnamien a pris des mesures pour limiter les dégâts environnementaux, en interdisant notamment de brûler les déchets non recyclables ou en encourageant à construire des usines plus modernes et plus propres.Mais les déchets inutilisables continuent d’être brûlés ou jetés dans des terrains vagues, et les eaux usées non traitées sont souvent déversées directement dans les cours d’eau, relève Hoang Thanh Vinh. D’après le spécialiste, une analyse de sédiments a révélé à Minh Khai “une contamination très élevée au plomb et la présence de dioxines”, ainsi que de furane : autant de substances associées au cancer.L’espérance de vie de leurs habitants était inférieure de 10 ans à la moyenne nationale en 2008, d’après le ministère de l’Environnement.Il n’existe pas de données sur les taux de cancer dans les villages, et ni les autorités locales ni le ministère de l’Environnement n’ont répondu aux sollicitations de l’AFP.Tous les ouvriers interrogés par l’AFP à Xa Cau et Minh Khai ont affirmé avoir des collègues ou des proches atteints d’un cancer.L’exposition prolongée à cet “environnement toxique” expose inévitablement les habitants à des “risques sanitaires” élevés, observe Xuan Quach, coordinateur de l’organisation Alliance zéro déchet Vietnam.”Faire ce travail a forcément des effets sur la santé”, estime Dat, 60 ans, qui trie du plastique à Xa Cau depuis dix ans. “Dans ce village, les cas de cancer ne manquent pas.”

L’accusation requiert au procès de Lafarge pour financement du terrorisme

La parole est à l’accusation mardi au procès du cimentier français Lafarge et de huit anciens responsables, soupçonnés d’avoir payé des groupes jihadistes en Syrie jusqu’en 2014, dont l’Etat islamique (EI), dans le but d’y maintenir l’activité d’une cimenterie, en dépit de la guerre civile qui faisait rage.Au terme de quatre semaines de débats, et après les plaidoiries des parties civiles, les deux représentantes du parquet national antiterroriste (Pnat) vont prendre leurs réquisitions à l’encontre des prévenus, jugés pour financement d’entreprises terroristes et pour certains aussi pour non-respect de sanctions financières internationales.Avec Lafarge, avalé en 2015 par le groupe suisse Holcim, comparaissent à Paris l’ancien PDG du cimentier français Bruno Lafont, cinq ex-responsables de la chaîne opérationnelle ou de la chaîne de sûreté de l’entreprise et deux intermédiaires syriens, dont l’un, central dans le dossier, vit à l’étranger et ne s’est pas présenté au procès. Il est visé par un mandat d’arrêt international.Lafarge est soupçonné d’avoir versé en 2013 et 2014, via sa filiale syrienne Lafarge Cement Syria (LCS), plusieurs millions d’euros à des groupes rebelles jihadistes – dont certains, comme l’EI et Jabhat al-Nosra, ont été classés comme “terroristes” – afin de maintenir l’activité d’une cimenterie à Jalabiya, dans le nord de la Syrie. Cette usine avait ouvert en 2010 avec un investissement de 680 millions d’euros.Alors que les autres multinationales avaient quitté le pays en 2012, Lafarge n’a évacué cette année-là que ses employés de nationalité étrangère, et maintenu l’activité de ses salariés syriens jusqu’en septembre 2014, date à laquelle le groupe EI a pris le contrôle de l’usine.La société, qui a déjà accepté de payer une amende de 778 millions de dollars aux Etats-Unis dans le cadre d’un accord de plaider-coupable, risque cette fois-ci jusqu’à 1,125 million d’euros d’amende pour le financement du terrorisme. Pour la violation d’embargo, l’amende encourue est nettement plus lourde, allant jusqu’à 10 fois le montant de l’infraction qui sera retenu in fine par la justice.Les personnes physiques risquent de leur côté dix ans d’emprisonnement et 225.000 euros d’amende pour le financement du terrorisme.Pendant le procès, divers courriels et compte-rendus échangés entre les différents protagonistes, dont certains sont accablants, ont été méticuleusement examinés par le tribunal correctionnel. – Ligne de défense malmenée –  Les prévenus ont expliqué avoir été l’objet de “racket” de la part des différentes factions armées qui encerclaient l’usine, et y avoir cédé, pensant que la situation ne durerait pas aussi longtemps.”Soit on se faisait taxer – c’était pas nouveau, ce système est généralisé au niveau de la Syrie – soit on fermait”, a ainsi déclaré Christian Herrault, ancien directeur général adjoint de la multinationale.La thèse de la défense, selon laquelle les autorités françaises – la diplomatie et les services de renseignement – approuvaient la présence de Lafarge en Syrie et étaient au courant des versements aux jihadistes, s’est dégonflée à l’audience.La société faisait effectivement remonter en haut lieu des informations du terrain, ont témoigné plusieurs personnes, dont l’ancien directeur de la sûreté du groupe, Jean-Claude Veillard, qui avait été mis en examen dans le dossier avant de bénéficier d’un non-lieu. Mais cela ne signifiait pas que les autorités savaient que le groupe finançait les groupes armés, et qu’elles lui avaient donné un “blanc-seing”, ont déclaré ces témoins.Dans leurs plaidoiries vendredi, les avocats des parties civiles ont dénoncé le cynisme des prévenus, qui ont choisi de maintenir l’activité “coûte que coûte”, au détriment de la sécurité des salariés, qui devaient franchir, la peur au ventre, les checkpoints tenus par les rebelles pour rejoindre l’usine.La position de l’ex-patron Bruno Lafont, affirmant ne pas avoir été au courant des versements illicites, a été notamment critiquée.”Lorsqu’on est aux commandes, on est responsable, diriger une grande multinationale ça oblige, on a des milliers de personnes sous sa hiérarchie”, a observé Me Julie Février, avocate de l’ONG Sherpa. “On ne peut pas sérieusement croire que quand la guerre éclate (…), on ne surveille pas ce qui se passe près de l’usine” et “qu’on est tenus à l’écart des confidences”, a-t-elle estimé.Après les réquisitions, ce sera au tour des avocats de la défense de plaider, jusqu’au 19 décembre. Délibéré attendu en 2026.

Entre Mbappé et le PSG, les prud’hommes tranchent un litige à plusieurs centaines de millions d’euros

Le conseil de prud’hommes de Paris doit rendre mardi à 13h00 sa décision dans le litige à plusieurs centaines de millions d’euros opposant Kylian Mbappé au PSG après le départ de la star en 2024, une affaire qui pourrait néanmoins rebondir.Car les quatre conseillers prud’homaux pourraient décider de renvoyer l’affaire à une audience ultérieure pour bénéficier du renfort d’un juge professionnel – sans même parler de l’appel que ne manquerait pas d’interjeter chacune des deux parties en cas de défaite.Le dossier est complexe, ultra médiatisé avec deux parties qui demandent des sommes colossales pour réparation de leur préjudice présumé.Au départ, c’est Kylian Mbappé qui, après avoir cherché en vain à obtenir devant les instances sportives 55 millions de salaires et primes impayés à la fin de son contrat à l’été 2024, a assigné le PSG devant les prud’hommes.Lors de l’audience du 17 novembre, les conseils du capitaine des Bleus ont exigé 263 millions d’euros au PSG, sur la base notamment d’une requalification de son contrat de CDD (contrat à durée déterminée) en CDI (à durée indéterminée).Ils ont dénoncé entre autres un licenciement sans cause (44,6 millions d’euros), un harcèlement moral et du travail dissimulé (deux fois 37,5 millions d’euros) ou encore l’exécution déloyale du contrat de travail (19 millions d’euros).Pour sa part, le club de la capitale, conscient que le droit du travail français protège les salariés, a opté pour une stratégie de contre-attaque en demandant un total de 440 millions d’euros à son ancien buteur, désormais au Real Madrid. – Institution -Le club s’appuie sur l’existence établie, selon lui, d’un accord verbal entre les deux parties à l’été 2023 pour que le joueur, appelé à partir libre – c’est-à-dire sans indemnité de transfert pour le PSG – ne lèse pas financièrement son employeur “après l’investissement exceptionnel consenti”.Il réclame 180 millions d’euros pour ce qu’il estime être une dissimulation par le joueur de cet accord, 180 millions supplémentaires pour la perte de chance de le transférer, 60 millions pour mauvaise foi dans l’exécution de l’accord et 20 millions de préjudice à l’image.Après des tentatives de conciliation, il s’agit désormais de protéger l’institution face à un comportement du joueur jugé déloyal, explique un proche de la direction du PSG. Le club s’est félicité le week-end dernier que la cour d’appel ait rejeté un pourvoi de Mbappé contre l’annulation de la saisie conservatoire des 55 millions d’euros pratiquée sur les comptes du PSG.En face, les avocats de la star de l’équipe de France et du Real Madrid soulignent que “M. Mbappé ne formule aucune demande exceptionnelle et sollicite uniquement l’application du droit du travail, comme tout salarié”.Le litige empoisonne les relations entre les deux parties depuis deux ans et demi. L’attaquant, au PSG depuis l’été 2017, avait été mis à l’écart du groupe professionnel au début de la saison 2023-2024 par le PSG car il voulait aller au terme de son contrat sans le prolonger. Un choix qui privait le club parisien d’une juteuse indemnité de transfert.Mbappé avait finalement été réintégré après la première journée du championnat. Mais à l’annonce aux dirigeants, en février 2024, de la confirmation de son départ à venir, la relation s’est encore un peu plus refroidie.Le départ du meilleur buteur de l’histoire du club avait eu lieu au printemps, sans faste et autre évènement public que l’organisation, par les “ultras” de la tribune Auteuil, d’un hommage de quelques minutes après un match.

Chile president-elect dials down right-wing rhetoric, vows unity

Chile’s next president jettisoned his typical far-right anti-migrant rhetoric Monday and vowed to lead a government of “national unity” despite a landslide election victory.Meeting the outgoing leftist president Gabriel Boric and rival party leaders, Jose Antonio Kast pledged to work for all Chileans when he takes office in March.”We all share concerns about security, health, …

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