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Le gouvernement fait quelques concessions face à la colère persistante des agriculteurs

Le gouvernement français, impuissant en Europe face au vote de l’accord avec le Mercosur et menacé en interne par deux motions de censure, a annoncé vendredi soir une série de mesures “de justice agricole”, peinant néanmoins à apaiser la colère des agriculteurs qui ont manifesté en tracteur à Paris ces derniers jours.Doublement du fonds à 22 millions d’euros pour les éleveurs touchés par la dermatose nodulaire bovine, augmentation des tirs autorisés contre les loups menaçant les troupeaux, simplification du registre sur les pesticides…Un “paquet de 300 millions” qui contient aussi d’autres mesures égrainées ces dernières semaines (sur les engrais ou l’aide à l’arrachage des vignes) mais que la ministre des Comptes publics Amélie de Montchalin a conditionné à la non-censure du gouvernement et au vote du budget.Si la ministre de l’Agriculture Annie Genevard a ouvert la voie à une évolution du protocole d’abattage total des troupeaux dans lesquels la dermatose est détectée, en cas “d’immunité collective” après vaccination, elle l’a conditionné à un “avis scientifique” encore en construction.Ce qui a fortement déçu la Coordination rurale (CR) et la Confédération paysanne qui demandent la fin de l’abattage total et une généralisation ou un assouplissement des vaccinations.La seule annonce jugée positive par la Confédération paysanne sur un potentiel assouplissement du protocole de vaccination “arrive avec six mois de retard et le sacrifice de milliers de vaches bien portantes et d’éleveurs” s’est désolée auprès de l’AFP Fanny Métrat, porte-parole du troisième syndicat agricole qui demande “la démission de la ministre Annie Genevard”.- “Plus rien à se dire” -La CR souhaitait aussi un moratoire sur tous les contrôles pesant sur les agriculteurs jusqu’à la présidentielle et la suppression des agences environnementales.”Ces deux volets n’ont pas été traités. On n’a plus rien à se dire (…). Il faut souhaiter une dissolution rapide du gouvernement pour en finir avec ces ministres qui n’écoutent rien”, a lancé vendredi soir à l’AFP Bertrand Venteau, président de la Coordination rurale à la pointe de la contestation.Une cinquantaine d’actions ont été menées vendredi dans 31 départements, par la CR et la Confédération paysanne mais aussi par des sections locales de la FNSEA et des Jeunes agriculteurs: blocages d’autoroutes, manifestations devant les préfectures… Plusieurs pays européens ont aussi observé des actions d’agriculteurs.La FNSEA souhaitait, elle, une “loi spéciale” pour répondre aux demandes les plus urgentes, pas au programme, ainsi que la publication des décrets d’application de la loi Duplomb, ce qui sera fait “d’ici la fin du mois” mais sur un seul point qui concerne l’agrandissement des élevages, a annoncé la ministre.Malgré certaines “réponses positives”, le compte “n’y est pas” a estimé vendredi soir Yohann Barbe, éleveur et porte-parole de la FNSEA, il manque notamment “un périmètre pour l’utilisation de l’enveloppe d’accompagnement” à la lutte contre la dermatose, selon lui.”Il faut que l’ensemble des élus et du pays prennent conscience de l’importance du budget de l’agriculture qui doit absolument être voté la semaine prochaine”, a-t-il ajouté à l’adresse des députés et sénateurs.- Interpellations -La crispation pour les agriculteurs réside aussi dans la signature, prévue le 17 janvier au Paraguay après le vote des Etats membres vendredi, de l’accord de libre-échange entre l’UE et des pays du Mercosur. FNSEA et JA ont appelé à manifester le 20 janvier à Strasbourg devant le Parlement européen qui devra voter pour le ratifier.Reconnaissant que la défiance était un “signal d’alarme majeur”, la ministre Annie Genevard a salué vendredi des manifestations “pacifiques, à l’exception de quelques épisodes dommageables”. Deux des porte-parole nationaux de la Confédération paysanne, interpellés devant l’Arc de Triomphe vendredi à Paris, ont été relâchés en début de soirée. Il est “inadmissible que la Confédération paysanne soit le seul syndicat à subir cette répression”, a dénoncé cette organisation, classée à gauche, qui avait mené à l’aube une opération escargot avec des tracteurs sur le périphérique autour de Paris.Le ministre de l’Intérieur Laurent Nunez a assumé pour sa part jeudi de n’avoir pas dispersé l’action “illégale” de la Coordination rurale (CR) avec ses tracteurs à Paris alors que les rassemblements non déclarés y étaient interdits.Le ton est monté aussi vendredi devant le siège de l’agence sanitaire Anses, au sud de Paris, où des adhérents de la CR ont lancé des oeufs contre la façade. Aucune interpellation n’a été rapportée.bur-sb-mdz-im/ved/cbn

Trump pitches Venezuela oil to US majors – and hits skepticism

US President Donald Trump pressed top oil executives Friday to invest in Venezuela’s vast reserves, but was met with a cautious reception — with one major CEO dismissing the country as “uninvestable” without sweeping reforms.Trump told the industry leaders that his administration — not Caracas — would decide which firms are allowed to operate in …

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“1.000 euros contre du shit”: à Aix, le procès d’agents corrompus en prison

“Sollicités en permanence par les détenus”, ou face à des “soucis financiers”, cinq personnes travaillant en prison ont expliqué devant le tribunal vendredi pourquoi ils avaient fait entrer des stupéfiants, des parfums ou des cigarettes à Aix-Luynes.Le procureur a requis des peines allant de deux à quatre ans de prison, assortis d’interdiction de travailler dans la fonction publique ou en lien avec l’administration pénitentiaire. Il a été particulièrement dur à l’encontre de Julie L., “la surveillante qui a choisi de basculer du côté des voyous”, selon ses termes, et a requis “pas moins de trois ans de prison” contre elle.Celle-ci avait expliqué un peu plus tôt à la barre avoir fait passer un parfum dans son sac de travail à la demande d’un coprévenu, Mohamed S., technicien pour une société spécialiste de la maintenance en prison, la Gepsa, avec qui elle était en couple, “parce que je l’aimais”.Ensuite, la jeune femme de 24 ans, cheveux longs et raides, épaisses lunettes, a raconté avoir eu “des soucis financiers”: “la banque ne voulait pas m’accorder de crédit et j’en ai parlé aux mauvaises personnes”, a-t-elle reconnu.Un détenu lui propose “1.000 euros contre du shit”, et elle accepte, se rend sur un parking de Marignane (au nord de Marseille) pour récupérer la marchandise et l’argent et cache dans sa brassière quatre morceaux “comme des savons” de résine de cannabis.La surveillante, affectée à Luynes dès sa sortie de l’école, s’est dite victime de harcèlement par ses collègues, et a été diagnostiquée dépressive. Elle a “eu du mal à [s]e remettre” d’avoir trouvé un détenu pendu dans sa cellule en 2023.- “Dans la fosse aux lions” -Mohamed S., 24 ans, un temps en couple avec la surveillante, assure avoir été “jeté dans la fosse aux lions” à son arrivée à la prison d’Aix-Luynes.”Je ne savais pas comment ça fonctionnait”, a raconté le technicien de maintenance à la barre. “Dès que je suis arrivé, j’étais énormément sollicité. J’ai fini par céder pour avoir la paix”. Il reconnaît seulement avoir fait passer parfums et cigarettes, même si des stupéfiants ont été retrouvés chez lui bien emballés lors de la perquisition.Son oncle, Kamel S., à la tête d’une entreprise de BTP “réputée dans toute la région”, selon ses dires, a fait état d’intimidations, de menaces: “on m’a cassé mon véhicule. Alors oui, j’ai acheté des cigarettes électroniques pour être tranquille”.Une version à laquelle abonde aussi Laurent B., technicien chez Gepsa, qui assure que les détenus “savaient où on sortait le soir sur Marseille, etc.”. Un jour l’un d’eux lui a dit “bien, ta nouvelle voiture!”, alors qu’il venait de changer de véhicule.”J’ai d’abord dit +oui+ pour les cigarettes, et petit à petit les détenus ont augmenté leurs demandes, ils ont voulu passer du stupéfiant dedans”, a-t-il détaillé.Co-prévenu, un détenu, Sid Ahmed B., auxiliaire de justice à Luynes, est désigné par les enquêteurs comme un des intermédiaires dans ce trafic entre détenus et personnels intervenant dans la prison.Il a nié tous les faits qui lui sont reprochés, assurant être “presque un détenu modèle”. L’avocat général Emmanuel Merlin a fustigé “une énième affaire de corruption en prison, et en particulier à Luynes”, deuxième établissement pénitentiaire de France par sa taille.”C’est grâce à des gens comme ça que le crime organisé peut continuer à prospérer même en prison”, a-t-il continué.En mai, une surveillante de cette prison soupçonnée d’être impliquée dans un vaste réseau de trafic de stupéfiants entre la France et l’Espagne avait été mise en examen et placée en détention provisoire.Fin janvier, une autre surveillante sera jugée à Aix-en-Provence pour corruption.Le procès se poursuivait vendredi avec des jugements prévus pour tomber tard dans la soirée.

Tempête Goretti: 176.000 foyers sans électricité, l’EPR de Flamanville arrêté

Quelque 176.000 foyers restaient privés d’électricité vendredi en France après le passage de la tempête Goretti qui a fait deux blessés graves dans le nord du pays et provoqué l’arrêt du réacteur nucléaire EPR de Flamanville dans la Manche.Un homme de 26 ans a été hospitalisé après avoir chuté de son toit en tentant de réinstaller une tuile, a annoncé la préfecture du Nord. Un autre homme, âgé de 43 ans, s’est blessé dans des circonstances similaires dans l’Aisne.Dans la Manche, placée une partie de la nuit en vigilance rouge vents violents, niveau d’alerte le plus élevé, EDF a mis l’EPR de Flamanville à l’arrêt en raison de la tempête.Météo-France a confirmé le retour au calme, après des vents violents dépassant parfois 200 km/h sur le littoral normand, en rétrogradant en vigilance jaune la quasi-totalité du pays.Les tronçonneuses sont entrées en action pour dégager les arbres tombés comme au camping municipal des Pieux (Manche), où un mobil-home a été éventré. Son occupant, Karim El Boukhari, est soulagé d’être indemne car, selon lui, “il aurait pu y avoir des drames”.La tempête Goretti a fortement affecté la circulation des trains, avec 400 incidents dans les régions touchées: arbres, branches, serres ou bâches soufflés par le vent et posés en travers des voies, a expliqué SNCF Réseau.Mais “une grande partie des voies ferrées qui étaient fermées à la circulation depuis hier soir (mesure +Stop Circulation+), ont pu rouvrir et être rendues à la circulation des trains”, selon la compagnie ferroviaire.En Normandie, la région la plus touchée, la circulation a commencé à reprendre sur une grande partie des lignes dans l’après-midi, notamment entre Paris-Rouen, Paris-Caen et Paris-Granville. Mais la desserte du Havre et de Cherbourg ne pourra pas reprendre avant dimanche matin.En Île-de-France, la chute d’un arbre sur les caténaires entre Corbeil et Melun a provoqué de gros dégâts et ce tronçon du RER D sera fermé tout le week-end, prévient la SNCF.Du Finistère à la Seine-Maritime, les pompiers sont intervenus pour des centaines de chutes d’arbres et de câbles électriques ou encore des toitures éventrées.Dans le seul département de la Manche, le plus touché, le préfet Marc Chappuis a recensé 400 interventions, jugeant l’intensité de l’événement “exceptionnelle”. Il a fait état de huit blessés dont deux hospitalisés.Une rafale de vent a atteint jeudi soir 213 km/h à Barfleur.”Le système d’alerte a bien fonctionné et permis à tous les habitants de se mettre à l’abri et d’éviter que des objets se transforment en projectiles. Ca explique que le bilan humain reste modéré”, a-t-il déclaré.- “Tous les objets vibraient” -“Nous sommes restés au rez-de-chaussée car, à l’étage, c’était très impressionnant: tous les objets vibraient dans la maison et on voyait la cime des arbres se balancer partout. Je n’ai jamais vu des dégâts comme ça”, témoigne Virginie Pasco, 44 ans, habitante de La Hague, à l’extrémité de la péninsule du Cotentin.Quelque 176.000 clients restaient privés de courant vendredi à 18h00 dans l’ensemble de la France, selon un nouveau bilan du gestionnaire de réseau Enedis, et principalement en Normandie avec 149.000 foyers.L’impact de Goretti sur le réseau est nettement inférieur à celui de la tempête Ciaran, qui avait privé d’électricité 1,2 million de foyers en novembre 2023.Les écoles, collèges et lycées ont été fermés vendredi dans ce département ainsi qu’en Seine-Maritime.A Cherbourg, “vingt personnes ont été relogées en urgence dans un gymnase mais il n’y a pas eu de victimes, seulement des dégâts matériels”, a déclaré à l’AFP le maire Benoît Arrivé.En Seine-Maritime, un arbre de 45 mètres s’est abattu sur un ensemble de cinq logements à Roncherolles-sur-le-Vivier, près de Rouen, nécessitant le relogement des occupants.Des rafales frôlant les 160 km/h ont aussi balayé le sud-ouest de l’Angleterre et le Pays de Galles, laissant des dizaines de milliers de foyers sans électricité.mac-ban-llb-bur-mas/mb/frd/

Un détenu multirécidiviste blesse des surveillants à la prison d’Aix-Luynes

Un détenu multirécidiviste de 23 ans a agressé vendredi trois surveillants, blessant très gravement l’un d’entre eux, à la prison d’Aix-Luynes (Bouches-du-Rhône) où il était depuis quelques mois après avoir été transféré de deux autres établissements, déjà pour des violences sur agents.L’homme, de nationalité française, a porté plusieurs coups de ciseaux à des surveillants alors qu’il était entendu, peu avant 8H00, dans un bureau suite à l’agression de son codétenu la nuit précédente.”C’est un détenu qui a agressé plusieurs surveillants avec une arme blanche, précisément une paire de ciseaux. Il est très probable qu’il les ait pris sur le bureau dans lequel il était avec un surveillant,” a déclaré à l’AFP le procureur de la République d’Aix-en-Provence, Jean-Luc Blachon.Le magistrat a précisé que trois surveillants “ont été blessés, dont un très grièvement”, hospitalisé pour avoir reçu plusieurs coups de ciseaux au niveau du cou. Mais “ses jours ne sont pas en danger”, a-t-il ajouté.Selon les premiers éléments recueillis, les surveillants avaient demandé au détenu de venir s’expliquer: son codétenu avait le visage tuméfié et l’avait désigné comme son agresseur.Selon l’administration pénitentiaire, deux fonctionnaires ont été blessés gravement et un troisième, intervenant pour mettre fin à l’agression, a été blessé plus légèrement et est en état de choc.L’agresseur, placé en garde à vue, avait été condamné en 2025 à deux reprises à quelques mois d’intervalle pour violences et outrages contre des surveillants lorsqu’il était détenu à Toulon ou à Avignon-Le Pontet, selon le procureur.Ecroué en détention provisoire depuis avril 2024 pour viol et violences sur conjoint dont l’information judiciaire est toujours en cours, il était à Aix-Luynes depuis avril 2025. Une enquête a été ouverte pour tentative d’homicide volontaire et violence volontaire sur personne dépositaire de l’autorité publique, en récidive.- “Danger extrême” -Sous-effectif chronique de surveillants, surpopulation carcérale, insalubrité: les prisons françaises sont au point de rupture, s’alarment régulièrement les acteurs de la pénitentiaire.La situation est particulièrement critique dans les maisons d’arrêt (courtes peines ou personnes en attente de jugement), comme celle d’Aix-Luynes où se sont multipliés ces dernières années les incidents, dont des violences entre détenus.L’intersyndicale de l’établissement UFAP-Unsa Justice-FO-CGT et CFDT a décidé vendredi de “bloquer les arrivées et sorties” de la prison samedi matin “en soutien aux collègues pour montrer qu’on ne peut pas laisser passer”, a précisé à l’AFP Amandine Cordier secrétaire nationale UFAP-Unsa Justice.Dans une vidéo sur X, le ministre de la Justice Gérald Darmanin, qui doit se rendre samedi voir le blessé à son chevet et les personnels de la prison, a évoqué vendredi l’instauration d'”un numerus clausus, c’est à dire un maximum de détenus dans une prison”, disposition qu’il souhaite inclure dans son projet de loi “Sure”, visant une “meilleure exécution de la peine” carcérale.Pour lutter contre la surpopulation il veut aussi “construire des places de prison; il faut en faire entre 2.000 et 2.500 par an, ce que nous faisons cette année, l’année prochaine et l’année 2028.”Luynes, une des plus importantes prisons de France, est confrontée à un taux de suroccupation moyen de 150% avec 2.000 détenus hébergés sur 1.200 places, avaient alerté les autorités judiciaires locales en 2024.Cette surpopulation est due en partie au narcobanditisme marseillais avec une grande partie des détenus qui y sont envoyés par le tribunal correctionnel de la deuxième ville de France.Devant la maison d’arrêt d’Aix-Luynes, plusieurs responsables syndicaux sont venus apporter leur soutien à leur collègues agressés.Ce détenu “a un palmarès long comme le bras, comme on en a beaucoup trop déjà (…) Il aurait dû normalement être pris en charge dans une cellule individuelle, mais on n’a pas les moyens de le faire, on n’a pas les moyens de prendre en charge correctement des détenus”, a déclaré à l’AFP Amandine Cordier, secrétaire nationale UFAP-Unsa justice.Pour Force Ouvrière-Justice, l’agression d’Aix-Luynes illustre le “danger extrême” auquel est “quotidiennement exposé” le personnel pénitentiaire. Le syndicat réclame dans un communiqué une “généralisation de la bombe incapacitante pour l’ensemble des personnels” –à l’heure actuelle seul l’encadrement en est doté– ainsi que “le déploiement du pistolet à impulsion électrique (PIE) et des caméras-piétons.”hj-alc-edy-dac/cbn