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Grève SNCF: pagaille évitée dans les trains, polémique sur le recours aux volontaires pour remplacer les grévistes

Des perturbations localisées dans les trains régionaux et des circulations quasi normales sur les TGV: la “semaine noire” annoncée à la SNCF n’atteint pas l’ampleur espérée par les syndicats contestataires du groupe, qui accusent la direction d’avoir eu recours à des “briseurs de grève”.”Il y a une volonté d’invisibiliser complètement le conflit”, s’indigne le secrétaire fédéral SUD-Rail, Fabien Villedieu. Son syndicat, en pointe dans la contestation, appelait les conducteurs à se mettre en grève mercredi, puis les contrôleurs pour tout le week-end à partir de vendredi.La CGT-Cheminots appelait elle toutes les catégories de personnel à la mobilisation dès lundi. Les deux organisations syndicales réclament des mesures salariales et une meilleure anticipation des plannings, trop imprévisibles à leur goût.Les deux autres syndicats, l’Unsa-Ferroviaire et la CFDT-Cheminots, n’ont pas appelé à la grève.”On estime qu’il y a 40% de conducteurs de train en grève” dans toute la France mercredi, assure Fabien Villedieu. Les régions les plus touchées sont l’Ile-de-France avec une moyenne d’un train sur deux supprimés et la Nouvelle-Aquitaine avec seulement quatre TER sur dix en circulation. Les TGV roulent eux normalement.En début de semaine, les perturbations ont surtout concerné les Hauts-de-France, place forte de la CGT. Côté TGV, la grève des contrôleurs des 9, 10 et 11 mai n’entraînera la suppression que de 10% des trains, selon la direction.- Cadres volontaires -La SNCF est parvenue à limiter les effets de la grève par un recours massif aux “volontaires accompagnement occasionnel” (VAO), des cadres de l’entreprise ayant reçu une formation express et capables de remplacer ponctuellement les chefs de bord.Ces “mercenaires briseurs de grève” sont des “gens archi sous-formés et archi-surpayés”, s’emporte M. Villedieu. Les VAO bénéficient de sept jours de formation et sont rémunérés entre 15 et 50 euros de l’heure en fonction du type de service pour remplacer les contrôleurs grévistes.”Ca n’est pas acceptable d’instrumentaliser de cette manière l’encadrement”, a réagi la secrétaire générale de la CGT, Sophie Binet. SUD-Rail a annoncé son souhait d’attaquer ce dispositif en justice.Pour autant, d’après un cadre syndical de la SNCF, “le mouvement n’est pas aussi suivi qu’ils (CGT et SUD) le pensaient”. Certaines régions ont été quasiment épargnées, comme le Centre-Val-de-Loire, où l’on comptait 16% de grévistes chez les conducteurs mardi.Chez les contrôleurs, le taux de gréviste atteint 31% pour vendredi, dont environ 60% sur le TGV, selon les déclarations d’intention des salariés. Il pourrait être un peu plus élevé samedi, indique un document interne à la direction. – Grève en juin -“Chez les contrôleurs, cette grève n’est pas aussi populaire que les précédentes”, souligne le rédacteur de la lettre spécialisée Mobilettre et spécialiste des transports, Gilles Dansart.D’après lui, les jeunes contrôleurs ne sont pas en phase avec les plus âgés, rassemblés au sein du Collectif national ASCT (CNA), et très engagés sur les questions des fins de carrière et des droits à la retraite.”La majorité des syndicats ne cautionnent pas les mouvements catégoriels”, ajoute-t-il. La “semaine noire” a été évitée mais “l’hypothèse d’un conflit important n’était pas crédible”, juge-t-il.La stratégie mise en place par la direction avec le recours aux VAO a en plus été efficace, dit Gilles Dansart.Pour autant, les syndicats sont loin d’avoir rendu les armes. “La colère restera et il y aura des suites dans la mobilisation. On ne s’arrêtera pas là”, prévient Fabien Villedieu de SUD-Rail. La CGT-Cheminots a d’ores et déjà appelé les cheminots à une nouvelle journée de mobilisation le 5 juin.Après l’échec du dernier mouvement contre le démantèlement de Fret SNCF en fin d’année dernière, les syndicats contestataires jouent gros sur ce dossier.

L’écrivain Angelo Rinaldi est mort, annonce l’Académie française

L’écrivain, critique littéraire et académicien Angelo Rinaldi, prix Femina 1971, est mort mercredi à l’âge de 84 ans, a annoncé l’Académie française.”Le Secrétaire perpétuel et les membres de l’Académie française ont la tristesse de faire part de la disparition de leur confrère, Angelo Rinaldi, survenue ce mercredi 7 mai, à Paris”, a indiqué l’Académie dans un communiqué.Il avait été élu parmi les Immortels en 2001, au fauteuil 20.Né à Bastia le 17 juin 1940, dans une famille de bergers, il était le fils d’un résistant. Il avait quitté la Corse à 20 ans, pour ne presque jamais y revenir, même s’il n’oublia jamais la langue corse.Son métier de toujours est resté celui de journaliste, d’abord comme reporter et chroniqueur judiciaire dans des quotidiens comme Nice-Matin et Paris-Jour, puis comme chroniqueur et critique littéraire dans des parutions hebdomadaires: L’Express, Le Point, Le Nouvel Observateur, Le Figaro littéraire.Il connaît la consécration des prix d’automne à 31 ans seulement avec son deuxième roman, “La Maison des Atlantes”, une confession, au soir de sa vie, d’un avocat originaire de Corse.Comme critique littéraire, il était connu comme extrêmement exigeant quant au style, ce qui lui valut des jugements sévères sur des écrivains aujourd’hui consacrés, comme Milan Kundera, Marguerite Duras ou Patrick Modiano.”J’ai toujours écrit ce que je pensais. Je ne dis pas que j’ai toujours eu raison. Il faut choisir entre son métier ou sa carrière. Si vous écrivez ce qui enchantera l’éditeur ou l’auteur, vous faites carrière, mais vous ne faites pas votre métier de critique littéraire”, disait-il à La Revue des deux mondes en 2024.En mars avait été réédité un recueil de 58 chroniques sous le titre “Les Roses et les Épines”.

“L’identité gommée” d’une fille de soldat français née dans l’Allemagne d’après-Guerre

Sur une photo en noir et blanc, Claudine Spire montre un groupe d’enfants. “Je pensais déjà m’être reconnue”, dit-elle en pointant une fillette aux cheveux bouclés, vêtue d’un manteau court. Las, après quelques recherches, le constat tombe: ce n’est pas elle.Cette femme de bientôt 79 ans a retrouvé début avril, au Centre des archives diplomatiques du ministère des Affaires étrangères à La Courneuve (région parisienne), ce cliché de la fin des années 1940 dans un foyer de Nordrach, dans le sud-ouest de l’Allemagne.Depuis près de 30 ans, elle tente de retracer ses racines, qui plongent dans un épisode sombre et méconnu de l’après-Guerre.Claudine Spire est née à Fribourg en mai 1946, d’une mère allemande et d’un soldat français, en poste dans la zone occupée par la France après la défaite du IIIe Reich.Comme environ 1.500 enfants nés de ce type d’union entre 1946 et 1951, elle n’a pas grandi en Allemagne mais a été placée dans une famille adoptive de l’autre côté du Rhin.Alors que la France faisait face à un déficit de naissances, “il y avait une politique proactive des autorités françaises pour chercher des enfants et demander aux mères de les abandonner. C’est documenté et prouvé”, explique Yves Denéchère, historien spécialiste de l’adoption internationale à l’université d’Angers (France).Les femmes allemandes enceintes d’un soldat français étaient obligées de déclarer leur enfant aux autorités locales. Certaines recevaient à la maternité la visite d'”officiers de recherche” qui les incitaient à abandonner leur bébé pour lui offrir un meilleur avenir en France.”Pour des raisons personnelles, je désire abandonner mon enfant entre les mains des Autorités Françaises”, énonçait un formulaire proposé aux mères qui, en signant, renonçaient à tous leurs droits sur l’enfant.- “Trop teintée” -Enceinte à 19 ans, la mère de Claudine Spire a été poussée à se séparer de sa fille par ses parents, qui la considéraient comme un enfant de l’ennemi.Claudine arrive à 18 mois à Nordrach, en Forêt-Noire. Le foyer a été créé par les autorités françaises dans un ancien centre du “Lebensborn”, programme nazi destiné à promouvoir la race aryenne.Les autorités françaises y “sélectionnaient surtout des enfants blancs, blonds et en bonne santé pour l’adoption”, souligne Yves Denéchère.Comme environ la moitié des soldats français en Allemagne venaient des colonies d’Afrique du Nord ou d’Afrique subsaharienne, de nombreux enfants ne correspondaient pas à ces critères. Certains ont été rendus à leurs mères – en évoquant un doute sur leur paternité française – ou envoyés dans des orphelinats allemands.”J’étais dans la liste des enfants qui ne pouvaient pas être proposés à l’adoption, parce que (…) j’étais trop teintée, comme ils le disaient”, assure-t-elle.Elle a malgré tout été placée en avril 1948 dans une famille de région parisienne, où elle a connu une enfance sans histoire.- Histoire d’amour -Elle ne se lance dans la quête de ses origines qu’à la cinquantaine. Elle retrouve sa mère biologique allemande, qu’elle rencontre pour la première fois dans le hall d’un hôpital d’Offenburg (sud-ouest).”C’était très… bizarre”, raconte-t-elle, en cherchant le mot juste: “On était obligées de se rencontrer dans un lieu public parce qu’elle n’a jamais rien dit à son mari, ni à ses enfants”.Elle ne la verra que deux fois, avant qu’elle ne décède. Le temps pour elle d’apprendre que son père était un Maghrébin et qu’elle était le fruit d’une histoire d’amour, pas d’un viol. Un soulagement.Elle découvre également que sa mère l’avait appelée Margarete. Son nom a été changé lors de l’adoption. “Il fallait vraiment que l’identité soit gommée”, dit Claudine Spire.”Je trouve cette démarche absolument monstrueuse, de dire +on a besoin d’enfants, il faut repeupler la France+”, s’emporte-t-elle: “Monstrueux de la part de l’État français, et monstrueux de la part des autorités allemandes de l’époque qui ont accepté de jouer ce jeu-là”.Aucune action en justice n’a jusqu’à présent été engagée sur ces adoptions organisées en plein vide juridique – l’Allemagne post-IIIe Reich n’avait pas de gouvernement. Et les faits sont aujourd’hui prescrits, rappelle Yves Denéchère.Claudine Spire n’a, de fait, jamais pensé à se lancer dans une procédure. Le passeport allemand qu’elle a obtenu est une reconnaissance suffisante.Mais elle continuera de fouiller les archives, rapatriées à partir des années 1950. Elle ne désespère pas d’y retrouver une photo d’elle.

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Kenya: des trafiquants de fourmis condamnés à payer une amende

Un tribunal kényan a condamné mercredi quatre personnes, dont deux adolescents belges, à verser une amende de plus de 7.00 dollars pour avoir tenté de faire sortir clandestinement des milliers de fourmis vivantes du pays.L’affaire a défrayé la chronique dans ce pays d’Afrique de l’est, le Kenyan Wildlife Service (KWS), l’agence nationale de conservation, accusant les quatre individus de se livrer à la “biopiraterie”.Les Belges David Lornoy et Seppe Lodewijckx, âgés de 18 ans, le Vietnamien Duh Hung Nguyen et le Kényan Dennis Nganga ont tous plaidé coupables de possession de fourmis, mais ont nié avoir cherché à faire le trafic de ces insectes.Selon l’acte d’accusation consulté par l’AFP, les suspects belges ont été interpellés le 5 avril dans une pension bordant le lac Naivasha, dans le centre du Kenya, en possession de 5.000 fourmis reines – dont l’espèce Messor cephalotes, originaire de la région – insérées dans 2.244 tubes d’essai. Un document judiciaire indique que les fourmis, d’une valeur marchande estimée à environ 7.700 dollars, peuvent survivre au moins deux mois dans les contenants.MM. Nganga et Nguyen, selon leur acte d’accusation, ont été arrêtés le 5 avril dans les comtés de Nairobi et de Machakos avec plusieurs centaines de fourmis dans quelque 140 tubes. Ils ont également plaidé coupable.Les deux affaires étaient distinctes, mais les quatre ont été jugés ensemble.La possession de tout spécimen ou trophée d’animal sauvage sans permis est une infraction pénale au Kenya, passible d’une amende minimale d’environ 10.000 dollars et/ou d’une peine de prison potentielle d’au moins cinq ans.Le tribunal a déclaré mercredi que les suspects pouvaient soit passer un an en prison ou bien payer une amende d’un million de shillings (7.740 dollars), soit la valeur estimée par la police des fourmis saisies. La juridiction a ajouté que les deux Belges “ne ressemblaient pas à des braconniers typiques” et qu’ils ignoraient la loi, ajoutant toutefois que l’affaire reflète un scénario “qui s’est déjà produit au cours des siècles passés (…) quand l’Afrique possédait des ressources pillées par l’Ouest et maintenant par l’Est”.KWS a porté plainte contre les quatre hommes, affirmant qu’il s’agissait non seulement d’un “crime contre la faune sauvage, mais aussi d’un acte de biopiraterie”.Les suspects “avaient l’intention de faire passer les fourmis en contrebande vers des marchés d’animaux exotiques de grande valeur en Europe et en Asie, où la demande d’espèces d’insectes rares est en hausse”, a-t-elle ajouté dans un communiqué.

Paris “agit sans relâche” pour faire libérer Cécile Kohler et Jacques Paris détenus en Iran

La France “agit sans relâche” pour faire libérer ses deux compatriotes Cécile Kohler et Jacques Paris, détenus en Iran, a assuré mercredi le président Emmanuel Macron, trois ans jour pour jour après leur arrestation.En France, une quarantaine de rassemblements sont organisés à cette occasion pour leur témoigner un soutien alors que les deux Français sont très affectés psychologiquement par des conditions “absolument abominables”, selon la diplomatie française.”J’assure leurs familles de notre soutien indéfectible”, a affirmé le chef de l’Etat sur X, tandis que le ministère des Affaires étrangères a assuré qu’il mettait la pression maximale sur Téhéran pour obtenir leur libération.Professeure de lettres âgée de 40 ans, Cécile Kohler, originaire de l’est de la France, et son compagnon septuagénaire Jacques Paris avaient été arrêtés le 7 mai 2022, au dernier jour d’un voyage touristique en Iran. Ils sont actuellement incarcérés dans la sinistre section 209, réservée aux prisonniers politiques, de la prison d’Evin de Téhéran.Accusés d'”espionnage” par les autorités iraniennes, considérés comme des “otages d’Etat” par Paris, ils sont officiellement les deux derniers Français emprisonnés en Iran, qui détient une vingtaine d’Occidentaux.”Ils ont été arrêtés sans fondement” et sont “emprisonnés (…) dans des conditions inhumaines qui relèvent de la torture” a de son côté dénoncé le chef de la diplomatie française Jean-Noël Barrot dans une vidéo postée sur X. Le ministre a exhorté une nouvelle fois les Français à ne pas se rendre en Iran “pour ne pas prendre le risque d’être eux mêmes détenus arbitrairement”. – “Désespérés” -Les portraits de Cécile Kohler et de Jacques Paris seront affichés sur les murs du ministère de l’Education nationale “pour dire qu’on ne les oublie pas”, a souligné sur France Inter la ministre de tutelle Elisabeth Borne.”C’est très, très dur. On est fatigués, on ne se serait jamais imaginé que ça pourrait durer aussi longtemps”, avait confié à l’AFP Noémie Kohler, la soeur de Cécile, à la veille de la date anniversaire.”Cécile et Jacques sont de plus en plus désespérés et y croient de moins en moins”, a témoigné Noémie Kohler alors qu’ils n’ont pour ainsi dire aucun contact avec l’extérieur.Contraints à des “aveux forcés” diffusés sur la télévision d’Etat iranienne quelques mois après leur arrestation, les deux Français sont soumis à des conditions d’incarcération extrêmement dures.Lumière allumée 24 heures sur 24, 30 minutes de sortie deux ou trois fois par semaine, rares et courts appels sous haute surveillance à leurs proches, le dernier date du 14 avril.Ils sont également soumis à une pression psychologique intense. “Cela fait plusieurs mois qu’on leur dit qu’un verdict est imminent, qu’il sera extrêmement sévère (…) et il ne se passe jamais rien”, raconte Noémie Kohler.- “Arbitraire” -Entre 2023 et 2025, au moins cinq Français ont été libérés, après des mois ou des années de détention, mais Cécile Kohler et Jacques Paris détiennent le triste record de trois années complètes d’incarcération, dont trois mois à l’isolement total.”On a aucune information sur la procédure judiciaire. Ils n’ont pas accès à leurs avocats (…) Ils n’ont en aucune manière droit à un procès équitable”, a déploré mardi le directeur du centre de crise et de soutien (CDCS) du ministère des Affaires étrangères Philippe Lalliot. “Il n’y a pas nécessairement de logique”, c’est le règne de “l’arbitraire”, a résumé le porte-parole du Quai d’Orsay Christophe Lemoine.En trois ans, ils n’ont reçu que quatre visites consulaires.Les chancelleries européennes accusent notamment Téhéran de pratiquer la “diplomatie des otages” pour peser dans les très sensibles discussions sur le nucléaire iranien, dans l’impasse depuis des années, et obtenir une levée des sanctions.Faire libérer les ressortissants français “reste une priorité absolue”, a indiqué le chef de la diplomatie.Le ministre a également fait savoir que dans le dialogue avec Téhéran sur le dossier nucléaire, leur détention n’était “pas neutre”, a également souligné Christophe Lemoine, ajoutant qu’il n’était pas possible “de disjoindre complètement” les deux dossiers.Début avril, Paris avait annoncé son intention de porter plainte “prochainement” contre Téhéran devant la Cour internationale de justice pour “violation” de leurs droits.Les relations entre la France et l’Iran se sont encore tendues récemment avec les menaces de Paris d’imposer de nouvelles sanctions contre Téhéran, l’arrestation en France fin février d’une Iranienne, Mahdieh Esfandiari, pour apologie du terrorisme, et le jugement prochain d’un influenceur franco-iranien pour le même chef.

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Réchauffement climatique et tourisme, duo explosif pour la cote albanaise

De Velipoja, où les assauts des vagues réduisent comme peau de chagrin une forêt de pins centenaires, à Golem, où la bétonisation accélère l’érosion, la côte albanaise subit à la fois le réchauffement climatique et une urbanisation chaotique.Conséquence du changement climatique, l’élévation du niveau de la mer touche la planète entière – entre 1993 à 2023, le niveau moyen des mers sur Terre s’est élevé de 10cm, selon la Nasa.En Albanie, où le tourisme a explosé – passant de 5,9 millions de visiteurs en 2018 à plus de 10 millions en 2023, la multiplication des hôtels, des restaurants et des bars de plages pèse aussi sur la nature. “Sur 273 kilomètres de côtes baignées par la mer Adriatique, 154 km sont touchés par l’érosion”, résume Besjana Shehu, spécialiste de la planification urbaine.- Mort d’une île -A Velipoja, tout au nord du pays, la mer avance de plus de cinq mètres chaque année, et s’enfonce de plus de 200m à l’intérieur de la forêt, menaçant tout un écosystème qui ne saurait vivre dans l’eau salée.Sur la côte, les pins résistent mal à l’agressivité des flots : des dizaines de troncs d’arbres échoués gisent sur le sable, certains posés là par les tempêtes violentes des derniers jours d’avril.Et si dans les guides touristiques et sur les cartes, figure toujours l’île François-Joseph, à l’embouchure du fleuve Buna, elle est invisible depuis 2012: elle a été avalée par la mer.Baptisée ainsi par les cartographes autrichiens en 1870 en hommage à l’ancien empereur François-Joseph Ier, l’île a été créée par des dépôts alluviaux fertiles.A 150 mètres de la côte, ses 19.5 hectares étaient couverts de forêts et de végétation sauvage. “Un paradis pour de nombreuses espèces d’oiseaux marins, un havre de paix pour nous aussi… totalement disparu”, regrette Lule Coli, gérante d’un petit bar de plage, d’une voix étouffée.L’île a disparu peu à peu, victime de la montée des eaux et de l’érosion. Mais la construction de barrages et des centrales hydrauliques dans la région ont été de véritables pièges à sédiments qui ont précipité sa mort, souligne Ervis Krymi,professeur de géographie.Quelques kilomètres plus au sud, à Kune, les habitants s’inquiètent aussi. Année après année, les tempêtes marines se multiplient, et le rivage ressemble désormais à un cimetière d’arbres.”Résultat des changements climatiques de ces dernières années, la mer est devenue très agressive, elle avance vers la terre à un rythme effréné”, alerte Jak Gjini, expert de l’environnement à Lezha.- Inondation -Engloutis par les flots, les bunkers construits le long de la côte par la dictature communiste albanaise dans les années 1970 ont disparu. Emportant avec eux les petits bars de bord de mer tenus par des familles du coin. La force de la mer était telle que même les sacs remplis de sable n’ont servi à rien.”Là, avant, il y avait deux bunkers. Aujourd’hui ils sont sous l’eau. La mer s’approche et va tout nous prendre… dans 4 ou 5 ans il ne restera plus rien ici”, lance d’une voix tremblante Vera Faslliaj qui gère un petit restaurant appelé “Poséidon” dans l’espoir que le Dieu grec de la mer le protège.Les autorités albanaises affirment que la hausse du niveau de la mer pose de sévères risques d’inondation à la plupart des zones urbaines du pays.”Au total, d’ici 2030, environ 1.082,45 km2, soit 32% de la superficie des habitats côtiers, subiront des conséquences directes d’inondation”, estime l’Agence des émergences civiles.A Golem, à 49 km au sud-ouest de Tirana, les maîtres d’hôtel s’inquiètent de l’indifférence des autorités à trouver des solutions et à interdire l’urbanisation sauvage de la côte.”La mer ne peut pas attendre que les autorités se réveillent”, s’indigne Edvin Dule, administrateur d’un hôtel. La plage a perdu environ 70 mètres de côte ces 16 dernières années – les hôtels qui y poussent comme des champignons ont aggravé davantage l’érosion – et rétrécit les plages dont ils dépendent pour attirer les touristes.”C’est un phénomène très inquiétant qui a des impacts directs sur l’économie et le tourisme : si nous ne pouvons pas offrir des conditions, des parasols, des chaises longues, des activités sur le sable… on réduit la qualité de notre offre, ce qui se traduit ensuite en chiffre”, estime M. Dule.

ArcelorMittal: Xavier Bertrand somme François Bayrou de venir à Dunkerque

“Qu’est-ce qu’il attend?” Le président des Hauts-de-France Xavier Bertrand a sommé mercredi le Premier ministre François Bayrou de se déplacer sur le site d’Arcelormittal à Dunkerque où près de 300 suppressions de postes sont annoncées sur un total de plus de 600 en France. “Il y a 636 postes qui sont supprimés, 636 familles dans lesquelles on se dit que demain +il y a plus de boulot, il faut en retrouver un+. Il attend quoi?”, s’est agacé le responsable LR sur franceinfo. Dunkerque, “c’est pas plus loin, c’est pas plus longtemps” qu’un trajet pour Pau, dont François Bayrou est resté maire, a-t-il insisté. Il a souhaité que le chef du gouvernement organise “une table ronde” réunissant “les organisations syndicales, les élus, les ministres concernés, l’Union européenne et ArcelorMittal” et qu'”à l’issue de cette réunion, on sache clairement ce que Mittal fait comme investissement et quand”. “Est-ce que vous restez?”, “est-ce que vous allez garder toute la production d’acier ? Est-ce que vous avez l’idée de garder les hauts-fourneaux ou de les fermer à terme?”, a-t-il développé, rappelant qu’au total 15.000 personnes sont concernées dans les Hauts-de-France, le Grand-Est et le sud de la France. Promettant de “continuer à (se) battre pour qu’on garde une production d’acier en France et en Europe”, il a défendu le principe de “limiter à 15% de la demande les importations” au niveau européen. “Si vous ne faites pas la limitation à 15% des importations, il n’y a aucune nationalisation qui tiendra la route”, a-t-il répondu aux élus, de gauche notamment, qui réclament que l’État entre au capital d’ArcelorMittal, une idée rejetée le gouvernement.Le sidérurgiste a annoncé récemment un plan d’économies pour tenter de regagner sa compétitivité en Europe avec le transfert d’activités support vers l’Inde portant sur 1.400 postes.En France, le plan ne vise pas uniquement les fonctions support. Il porte aussi sur la production, avec 636 suppressions de postes prévues.

Macron accueille le président syrien pour lui demander de protéger “tous les civils”

Emmanuel Macron accueille mercredi à Paris le président syrien par intérim Ahmad al-Chareh pour une première visite controversée en Occident, et lui demandera, à cette occasion, de châtier les responsables d'”exactions” qui ternissent l’image de la coalition islamiste au pouvoir depuis la chute de Bachar al-Assad en décembre.Le président français est vivement critiqué par la droite et l’extrême droite françaises pour l’invitation faite à cet homme au passé jihadiste, qu’il reçoit dans l’après-midi à l’Elysée avant une rare conférence de presse conjointe.”Stupeur et consternation”, a réagi la leader du Rassemblement national Marine Le Pen, décrivant le président syrien comme “un jihadiste passé par Daech et Al-Qaïda”. “Le tapis rouge de l’Élysée aura la couleur du sang des victimes du terrorisme islamiste”, a renchéri son allié Eric Ciotti mercredi matin sur RTL.”On ne reçoit pas des dirigeants qui sont d’anciens terroristes membres d’organisations qui veulent attaquer la France”, a également affirmé sur Cnews et Europe 1 le chef des députés Les Républicains Laurent Wauquiez, dénonçant “une lourde erreur”.Membre du même parti, le président de la région Hauts-de-France Xavier Bertrand a au contraire estimé sur franceinfo que “ceux qui font des reproches à Emmanuel Macron n’ont rien compris à la fonction qui est celle de chef de l’État”.- “Pas de complaisance” -Des massacres qui ont fait 1.700 morts, majoritairement alaouites, dans l’ouest du pays en mars, de récents combats avec des druzes, et des sévices documentés par des ONG ont soulevé des doutes sur la capacité des nouvelles autorités à contrôler certains combattants extrémistes qui leur sont affiliés.Le Collectif franco-alaouite, qui accuse Ahmad al-Chareh “de génocide et de nettoyage ethnique”, appelle à manifester à 14H00 place de la République à Paris.Mais, en recevant le dirigeant syrien, Emmanuel Macron espère contribuer à accompagner dans la bonne voie la transition vers “une Syrie libre, stable, souveraine et respectueuse de toutes les composantes de la société syrienne”, a dit mardi l’Elysée à l’AFP.La présidence française a balayé toute “naïveté”, assurant connaître “le passé” de certains dirigeants syriens et exiger qu’il n’y ait “pas de complaisance” avec les “mouvements terroristes”.Le chef de l’Etat demandera donc à son invité “de faire en sorte que la lutte contre l’impunité soit une réalité” et que “les responsables d’exactions contre les civils” soient “jugés”, a ajouté son entourage lors d’un échange avec la presse.”Notre demande, c’est celle d’une protection de tous les civils, quelle que soit leur origine et quelle que soit leur religion”, a-t-on insisté de même source.L’Elysée a évoqué la “préoccupation particulièrement forte” de la France de “voir resurgir des confrontations interconfessionnelles extrêmement violentes” en Syrie, notamment avec les “massacres” sur la côte alaouite et les “violences à destination de la communauté druze dans le sud de Damas”.- Levée des sanctions -“Ne pas engager le dialogue avec ces autorités de transition”, “ce serait être irresponsable vis-à-vis des Français et surtout ce serait tapis rouge pour Daech”, a aussi estimé le ministre français des Affaires étrangères Jean-Noël Barrot sur RTL.Selon lui, “la lutte contre le terrorisme, la maîtrise des flux migratoires, la maîtrise des trafics de drogue”, ainsi que “l’avenir du Liban” voisin, “tout cela se joue en Syrie”.Depuis qu’elle a pris le pouvoir en décembre, la coalition islamiste dirigée par Ahmad al-Chareh tente de présenter un visage rassurant à la communauté internationale qui l’exhorte à respecter les libertés et protéger les minorités.En jeu, la levée des sanctions imposées au pouvoir de Bachar al-Assad, qui pèsent lourdement sur l’économie du pays, exsangue après 14 années de guerre civile, avec, selon l’ONU, 90% des Syriens vivant sous le seuil de pauvreté.Le président al-Chareh, longtemps chef rebelle du groupe Hayat Tahrir al-Sham issu de l’ex-branche d’Al-Qaïda en Syrie, est lui-même toujours visé par une interdiction de voyager de l’ONU. Paris a dû demander une dérogation auprès des Nations unies pour permettre sa venue.Mais si elle a soutenu la levée de certaines sanctions sectorielles de l’Union européenne, et juge que les mesures punitives américaines “pèsent sur la capacité des autorités de transition à se lancer dans une logique de reconstruction et à attirer des investissements étrangers”, la France estime que le moment n’est pas encore venu de retirer le dirigeant syrien de la liste des sanctions du Conseil de sécurité de l’ONU.

Projet “eau pure” en Ile-de-France: les tests de Veolia ont démarré

C’est une vitrine pour Veolia: la modernisation des usines d’eau potable du syndicat des Eaux d’Ile-de-France (Sedif), chantier colossal qui touche quatre millions de franciliens, a débuté depuis quelques mois avec les premiers tests menés sur des installations industrielles à échelle réduite.Objectif, à terme: décontaminer l’eau d’un maximum de micro-polluants, et autant que possible, des “polluants éternels” ou PFAS.Ces molécules chimiques per- et polyfluoroalkylées (PFAS), abondamment utilisées dans l’industrie et la fabrication d’objets de grande consommation, contaminent ensuite eaux et sols, et laissent craindre des effets délétères pour la santé selon plusieurs études: augmentation du taux de cholestérol, cancers, effets sur la fertilité et le développement du fœtus, notamment.”Nous lançons une phase pilote pour les usines de Neuilly-sur-Marne et Choisy-le-Roi”, a annoncé le premier vice-président du Sedif, Luc Strehaiano, devant quelques journalistes, lors d’un point d’étape organisé à l’usine de Choisy-le-Roi, “plus grande usine d’Europe de production d’eau potable”, avec une capacité de 600.000 m3/jour, soit 600 millions de litres.Franciliane, la filiale du délégataire Veolia dédiée à ce chantier à plus d’un milliard d’euros hors taxes, estime pouvoir atteindre des taux d'”abattement” (décontamination) “de l’ordre de 95%” pour les PFAS à chaîne longue (au moins six atomes de carbone) et “de 75 à 80%” pour un PFAS à chaîne courte, comme le TFA, considéré comme plus difficile à détecter et à décontaminer, a indiqué Grégoire Müller, de Franciliane.Pour cela, sont combinées des membranes de nano-filtration et des membranes d’osmose inverse basse pression — dans les deux cas d’épais rouleaux de dentelles de polymère trouées de pores microscopiques autour d’un tube où circule l’eau. La combinaison de ces deux types de membranes est adaptable selon la qualité initiale de la ressource et la saisonalité.L’eau produite par ces installations à l’échelle 1/250e, “ne sera pas distribuée aux usagers”, a précisé M. Strehaiano. Elle servira à l’analyse de différents paramètres qui seront communiqués notamment aux services de contrôle de l’État, en vue d’obtenir les autorisations environnementales, avec une enquête publique conduite par un commissaire-enquêteur, prévue pour le troisième trimestre 2025.Puis, la filtration membranaire sera installée à l’échelle industrielle “d’ici fin 2027” pour l’usine de production de Méry-sur-Oise, déjà équipée de membranes de nano-filtration et “à horizon 2032” pour les usines de Choisy le Roi et Neuilly-Sur-Marne, selon le Sedif.Cette nouvelle étape de traitement complètera la filtration sur charbons actifs en grains déjà existante, qui retient déjà certains polluants éternels.Ces investissements colossaux se traduiront à terme par une hausse “mesurée” de 4 euros par mois et par foyer de la facture d’eau, selon le Sedif. Cette hausse, “progressive entre 2027 et 2032”, sera compensée par les économies engendrées notamment par l’absence de calcaire, affirme le Sedif.Les acteurs de l’eau en aval, comme Eau de Paris, pointent du doigt l’eau concentrée en polluants qui sera rejetée à l’issue du processus une fois les travaux terminés. Mais “ces micro-polluants sont aujourd’hui envoyés dans les réseaux d’eau potable”, déplore M. Strehaiano, qui donne la priorité à “l’usager”.Il assure que le Sedif a, avec son délégataire Veolia, “différentes pistes” pour traiter les rejets, mais elles sont “très, très, très onéreuses”. Il “ne désespère pas” de faire mieux à l’avenir.

Un Français sur deux prévoit de partir en vacances cet été, selon un sondage

Un Français sur deux a l’intention de partir en vacances au moins une semaine cet été mais, “conscients des effets de l’inflation”, 39% d’entre eux déclarent vouloir réduire leur budget vacances en restreignant les dépenses “plaisir”, selon un sondage publié mercredi.23% des Français savent déjà qu’ils ne partiront pas, particulièrement chez les habitants issus des territoires ruraux (31%), les seniors (27%) et les personnes aux revenus modestes (32%), selon ce sondage Ipsos.Digital réalisé pour l’Alliance France Tourisme, groupe de réflexion qui réunit notamment des entreprises comme Accor, SNCF Connect ou encore la Compagnie des Alpes.Pour ceux qui partiront cet été, le budget moyen prévu s’élève à 1.820 euros.Les restriction de dépenses “plaisir” se feront sur les restaurants, le shopping et les activités (70%) ou en écourtant le séjour (30%).La France reste la destination majoritaire, choisie par 68% des vacanciers, qui privilégient les locations saisonnières individuelles (39%), suivies par l’hôtel (26%) et l’hébergement gratuit chez des proches (20%). Le camping conserve ses fidèles (17% pour les longs séjours), notamment parmi ceux voyageant en France (21%).A la question “si vous étiez payé pour partir en vacances, où iriez-vous ?”, 28% des personnes interrogées choisissent une plage paradisiaque, 23% en pleine nature, coupé du monde, 20% en croisière autour du monde mais 3% “chez mamie, parce que sa cuisine vaut tous les hôtels 5 étoiles”.Quant aux “pires cauchemars” des vacanciers, le vol (argent, papiers, téléphone) est en tête (54%) suivi de l’hébergement qui n’existe pas ou ne correspond pas du tout à la description, et de tomber malade loin de chez soi (41%). La mauvaise météo est au pied du podium (35%).Le “workation” (travailler depuis un lieu de vacances) séduit 24% des vacanciers, un chiffre qui grimpe à 45% chez les 18-34 ans.Le sondage a été réalisé auprès d’un échantillon national représentatif de 1.000 Françaises et Français, âgés de 18 à 75 ans, selon la méthode des quotas.