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Sri Lanka: la difficile reconquête des terres agricoles polluées par le sel de mer

Sameera Dilshan appartient à l’élite de la police srilankaise. Avec quatre de ses hommes, il a hérité d’une mission inédite: remettre en culture des champs pollués par le sel de la mer, un phénomène ancien qui s’accélère avec le changement climatique.A deux heures de route au sud de la capitale Colombo, voici Katakurunda, un des camps de la redoutée “Special Task Force” (STF).Pendant que ses collègues s’entraînent au maintien de l’ordre sous la chaleur humide des côtes de l’océan Indien tout proche, le commando-paysan de la police bine, arrache et arrose.Son objectif ? Ressusciter une rizière déclarée morte il y a près de quarante ans à cause de la salinité de son sol.Un projet modèle dont l’importance stratégique justifie qu’il ait été confié à l’élite des forces de l’ordre, dans un pays où près de 8% de la totalité des terres arables sont affectées par une salinité excessive.”Cette plantation a démarré en 2022 dans le cadre d’une initiative du gouvernement pour développer la sécurité alimentaire”, explique le sous-officier.”On nous a donné ces terres marécageuses pour essayer d’y cultiver de la noix de coco selon une pratique agricole utilisée en Thaïlande ou en Indonésie”, ajoute-t-il.Cette méthode “Sorjan” consiste à remodeler les terres agricoles en y creusant des bassins pour l’élevage piscicole ou les cultures résistantes aux inondations, pendant que leurs bords surélevés sont réservés aux variétés plus fragiles.- “Rendements menacés” -“C’est un système de production efficace et résistant aux aléas du climat, qui optimise l’utilisation des terres, leur productivité et augmente les profits des agriculteurs”, résume Buddhi Marambe, enseignant à l’université de Peradeniya.”Nous entretenons 360 cocotiers (…) ainsi que des citrouilles, des calebasses et du concombre”, décrit Sameera Dilshan. “Dans deux ans et demi, nous saurons si c’est un succès ou pas”.Selon un rapport publié en 2024 par l’Organisation des Nations unies pour l’agriculture (FAO), l’eau salée des mers et des océans affecte 10,7% des terres de la planète, jusqu’à les rendre incultivables.Il remonte les cours d’eau à marée haute, s’incruste dans les sols à l’évaporation et contamine les nappes phréatiques utilisées pour leur irrigation.   Le réchauffement de la planète, qui accroît l’aridité des sols, réduit les ressources en eau et fait monter le niveau des mers, devrait faire passer la part de ces terres “salées” de 24 à 32% de la superficie mondiale d’ici à la fin du siècle, estime la FAO.Ces phénomènes “menacent la productivité agricole et réduisent le rendement des récoltes dans les zones salées”, avertit l’institution.Le Sri Lanka n’échappe pas à la règle.Selon le Pr. Marambe, 223.000 hectares, dont la moitié de rizières, sont aujourd’hui affectés par leur salinité au Sri Lanka.- “Pénuries” -Au sud de la plantation expérimentale des policiers de la STF, le village de Parappuwa en est entouré.Ici, à quelques kilomètres à vol d’oiseau de l’océan, seule une infime partie des rizières est encore cultivée. “Tout est pollué par le sel qui remonte à marée haute”, constate Gamini Piyal Wijesinghe, le doigt pointé sur un petit ruisseau.”Au total, 18 anicots (barrages) ont été construits pour empêcher l’eau de mer de remonter. Mais ils n’ont pas été construits correctement”, peste-t-il, “l’eau peut passer au travers”.Alors lorsqu’il a quitté l’armée, ce fils de riziculteur s’est reconverti dans la restauration. D’autres agriculteurs du coin ont fait le choix de la cannelle ou l’hévéa (arbre-caoutchouc).”La cannelle marche plutôt bien, mais nos revenus ont nettement baissé depuis que nous ne faisons plus de riz”, confirme le chef de l’association locale des agriculteurs, W.D. Jayaratne. “En plus, nous avons connu des pénuries de riz”.Et l’avenir s’annonce sombre. “La salinité de l’eau augmente. Il y a aussi les insectes”, poursuit le même, “partout il n’y a que des problèmes”.Les autorités semblent avoir pris conscience de la menace.Dans le district de Kalutara, elles offrent gratuitement aux paysans des terres abandonnées pour les remettre en culture.”Nous avons déjà alloué 400 hectares, on envisage d’aller jusqu’à 1.000 d’ici deux ans”, assure le chef du district, Janaka Gunawardana. “Il y a une forte demande pour la noix de coco, ça va créer des revenus pour notre population”.- Variétés résistantes -A Katukurunda, Aruna Priyankara Perera n’a pas longtemps hésité avant de sauter sur l’occasion.”J’ai acquis deux hectares à côté de mon hôtel pour copier l’expérience menée par les STF”, dit-il devant son champ fraîchement planté de cocotiers et de citrouilles. “La terre est gratuite pendant deux ans, il faut juste prouver qu’elle est cultivée”.Elément de base du régime alimentaire local, le riz fait l’objet de toutes les attentions des autorités.”La salinité des sols est un problème majeur au Sri Lanka”, alerte le Pr. Marambe. “Nous avons testé avec succès plusieurs variétés prometteuses de riz résistant à la salinité et aux inondations”.L’enjeu est de taille.Une récente étude menée dans l’estuaire de la rivière Bentota, dans le sud-ouest de l’île, a relevé que la moitié des riziculteurs locaux avaient perdu tous leurs revenus à cause de la pollution saline.Plus grave, c’est la sécurité alimentaire du Sri Lanka qui est désormais menacée. La production de riz a atteint son plus bas niveau depuis 2019 lors de la dernière récolte (de septembre à mars).”Si nous ne nous retroussons pas tous les manches pour remettre en culture et en production les zones polluées par le sel”, avertit le Pr. Buddhi Marambe, “l’avenir sera de plus en plus sombre”.

Décès de Daniel Bilalian, ancien présentateur et figure de France Télévisions

Daniel Bilalian, ex-présentateur des journaux télévisés d’Antenne 2 puis France 2 et ancien patron du service des sports de France Télévisions, est décédé mercredi à l’âge de 78 ans, a annoncé sa famille jeudi à l’AFP.Figure de l’audiovisuel bien connue des téléspectateurs pendant plus de 40 ans, il avait pris sa retraite à l’automne 2016, à presque 70 ans. Il avait depuis disparu des écrans. Daniel Bilalian est décédé de maladie à son domicile, à Neuilly-sur-Seine (Hauts-de-Seine), où il était conseiller municipal.C’est “la disparition d’un grand nom du service public”, a affirmé le journaliste Julian Bugier en ouverture du 13H00 sur France 2, disant “l’immense tristesse” de ses anciens collègues.L’expression souvent grave, “Bil'” — comme il était surnommé — a été successivement grand reporter, présentateur et rédacteur en chef des journaux de 13h00 et de 20h00. Il a également produit les magazines “Star à la barre” et “Mardi soir”, et présenté des soirées électorales.Parmi les nombreuses personnalités de l’audiovisuel à saluer sur X Daniel Bilalian, l’ancien journaliste sportif Patrick Chêne, qui a aussi présenté le JT de 13H00 sur France 2, a relevé “son élégance et son humour très british”.”Sa bienveillance, sa passion pour l’actualité et le service public de l’information m’ont fait grandir dans ce métier”, lui a rendu hommage Agnès Vahramian, directrice de la radio franceinfo.Côté politique, la ministre de la Culture, Rachida Dati, a jugé qu’il “incarnait la rigueur d’un journalisme exigeant et passionné”, tandis que le président Renaissance de la Région Sud, Renaud Muselier, a fait valoir que “sa voix a marqué des générations, à travers l’info comme les grands moments de sport”.Le Tour de France a, pour sa part, évoqué un “grand ami et défenseur” de la course cycliste.”Il était d’une efficacité dans les négociations sportives absolument incroyable! Il me bluffait”, a relaté sur France 2 l’ancien directeur général du groupe public Patrice Duhamel. Diffusion du Tour de France ou des JO, “c’est à Daniel Bilalian qu’on le doit” finalement, selon lui.Né le 10 avril 1947 à Paris d’un père arménien (qui était tailleur) et d’une mère originaire du Pas-de-Calais, Daniel Bilalian avait débuté sa carrière au quotidien l’Union de Reims en 1968. Il était entré à l’ORTF au bureau régional d’information de Reims en 1971 puis de Lille en 1972, avant de rejoindre la direction nationale d’Antenne 2 au service de politique intérieure. Une “maison” qu’il ne quittera plus, entre journalisme politique, JT puis service des sports.- “Journaliste viscéral” -C’est là que le journaliste passera les 12 dernières années de sa carrière (2004-2016), en qualité de directeur du service des sports de France Télévisions, malgré des critiques en interne et des polémiques.Parmi elles: l’intégration d’Elodie Gossuin, Miss France 2001, dans le dispositif de couverture du Dakar, une crise à la rédaction de Stade 2 ou encore une motion de défiance à son encontre.Lui a été reprochée également la couverture des JO de Sotchi en 2014 et certains commentaires sportifs jugés sexistes et approximatifs.Il avait défendu mordicus sur Europe 1 le tandem constitué de Philippe Candeloro et Nelson Monfort, auteurs de commentaires sexistes lors de ces mêmes JO, expliquant que “ces événements (…) ne sont que du sport, du divertissement, propres à la plaisanterie, à l’enthousiasme, au patriotisme”.”Les journalistes ont commenté avec de l’enthousiasme, peut-être parfois de l’excès d’enthousiasme, de superlatifs ? Et alors, est-ce qu’on peut leur en faire le reproche ? Je leur ai dit que, quand on est au centre de l’actualité, on est au centre des critiques”, s’était-il encore défendu.Rebelote en 2016 avec les Jeux de Rio: une polémique avait éclaté après des propos jugés approximatifs, voire “colonialistes”, de deux présentateurs, dont Daniel Bilalian. Le Conseil supérieur de l’audiovisuel (CSA, désormais Arcom) avait mis en garde la chaîne, déplorant des “approximations” et des “erreurs historiques regrettables”.Il avait été remplacé à ce poste très exposé par Laurent-Eric Le Lay, ancien cadre de TF1.”Journaliste viscéral”, il continuait ces dernières années “de lire toute la presse et de suivre la politique”, a témoigné son ancien collègue et ami Gérard Holtz sur CNews jeudi.

French chauffeur to face trial over alleged theft from UK minister

A chauffeur faces trial later this year charged with stealing money and baggage from Britain’s top diplomat after driving David Lammy and his wife hundreds of kilometres from Italy to an Alpine ski resort in France, a prosecutor said.Both the driver and Foreign Minister Lammy filed complaints after the 600-kilometre (370 mile) ride, regional prosecutor …

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Plus de bracelet électronique pour Nicolas Sarkozy, désormais sous libération conditionnelle

Plus de bracelet électronique pour Nicolas Sarkozy: l’ancien président de la République a été admis au régime de la libération conditionnelle et s’est vu retirer le dispositif qu’il portait à la cheville depuis un peu plus de trois mois.L’ex-chef de l’Etat (2007-2012) est sous libération conditionnelle depuis mercredi, a précisé jeudi à l’AFP le parquet de Paris, confirmant une information du site Off Investigation.Nicolas Sarkozy avait été définitivement condamné en décembre dans l’affaire des écoutes, à trois ans d’emprisonnement, dont un an ferme, sous détention à domicile sous surveillance électronique, pour corruption et trafic d’influence – une première pour un ancien président qui est également inéligible durant trois ans.Depuis le 7 février, il n’était ainsi autorisé à s’absenter de chez lui qu’entre 8H00 et 20H00 – 21H30 les lundis, mercredis et jeudis, ce qui correspondait alors aux jours d’audience du procès des soupçons de financement libyen (6 janvier-8 avril).Etant âgé de 70 ans depuis le 28 janvier, Nicolas Sarkozy a pu demander, comme le permet la loi, une libération conditionnelle avant la moitié de sa peine, ce qu’il a fait par requête le 16 avril, a indiqué le parquet questionné par l’AFP.Le juge d’application des peines (JAP) lui a accordé ce régime par décision du 12 mai, avec une entrée en application le 14.Nicolas Sarkozy a désormais pour obligations de solliciter l’autorisation préalable du JAP “pour tout déplacement de plus de 15 jours et pour tout déplacement à l’étranger”, de répondre aux convocations et de “recevoir les visites du service pénitentiaire d’insertion et de probation”.Son avocate Me Jacqueline Laffont-Haïk a confirmé cette libération conditionnelle à l’AFP.”Cette mesure, qui au regard de la loi aurait pu intervenir dès le premier jour, est strictement conforme à la loi et à la jurisprudence”, a-t-elle ajouté.L’entourage de Nicolas Sarkozy a indiqué jeudi qu’il travaillait à son bureau à Paris.- Retrait de légion d’honneur ? -Dans ce dossier aussi appelé “Bismuth”, l’ex-chef de l’Etat a été reconnu coupable d’avoir noué en 2014, au côté de son avocat historique Thierry Herzog, un “pacte de corruption” avec un haut magistrat à la Cour de cassation, afin qu’il transmette des informations et tente d’influer sur un recours formé dans l’affaire Bettencourt. Et ce, en échange d’un “coup de pouce” promis pour un poste honorifique à Monaco.Nicolas Sarkozy, qui a toujours clamé son innocence, a formé une recours devant la Cour européenne des droits de l’Homme (CEDH).Depuis plusieurs semaines, c’est la question du retrait de sa légion d’honneur qui fait débat.Lors d’une conférence début mars, le général François Lecointre, chancelier de la Légion d’honneur, avait affirmé que ce retrait était “de droit” à partir du moment où sa condamnation était définitive. Un autre avocat de Nicolas Sarkozy, Me Patrice Spinosi, avait au contraire soutenu que cette décoration était “attachée à sa fonction” et non à sa personne.Fin avril, c’est l’actuel président Emmanuel Macron – Grand maître de la Légion d’honneur, de par sa fonction – qui a pris position en faveur de son prédécesseur, en affirmant que ce retrait “ne serait pas une bonne décision”.Et début mai, plusieurs descendants de titulaires de la Légion d’honneur et de l’Ordre du mérite ont déposé un recours auprès du tribunal administratif de Paris pour obtenir la déchéance de ces décorations.La prochaine échéance judiciaire de Nicolas Sarkozy est fixée au 25 septembre, jour du délibéré de l’affaire libyenne, dans laquelle l’accusation a requis contre lui sept ans de prison.Dans ce dossier, il est soupçonné d’avoir noué en 2005, via ses plus proches collaborateurs, un “pacte de corruption” avec le dictateur libyen Mouammar Kadhafi, afin qu’il finance sa campagne présidentielle victorieuse de 2007.L’ancien locataire de l’Elysée a par ailleurs été condamné en appel dans le dossier Bygmalion, à 6 mois de bracelet électronique. Il a formé un pourvoi en cassation, dont la date d’examen n’a pas encore été fixée.

Un texte sur l’AME à Mayotte retiré à l’Assemblée après des annonces du gouvernement

En agitant le “chiffon rouge” de l’instauration de l’aide médicale d’Etat (AME) à Mayotte, la députée de ce département Estelle Youssouffa a obtenu jeudi des concessions du gouvernement pour l’accès aux évacuations sanitaires des habitants du département, face à l’engorgement de l’hôpital sur place.Le ministre de la Santé Yannick Neuder s’est engagé à mettre en place “d’ici la fin juillet” à Mayotte un “guichet unique”, “sur le modèle de ce qui existe déjà” en Corse, pour faciliter les évacuations sanitaires de patients, par exemple vers la Réunion.Ce guichet unique, “piloté par la Caisse de sécurité sociale de Mayotte”, concernera les évacuations sanitaires “dites programmées”, par exemple pour des rendez-vous de cardiologie, a précisé le ministre.Estelle Youssouffa a salué une “avancée très importante pour les assurés sociaux”.Actuellement, toutes les évacuations sanitaires sont gérées par le seul hôpital de Mayotte “qui est complètement saturé”, notamment du fait de la prise en charge “des étrangers en situation irrégulière”, a dit à l’AFP la députée. Elle a immédiatement annoncé qu’elle retirait sa proposition de loi visant à instaurer à Mayotte l’AME, dispositif permettant aux étrangers en situation irrégulière de bénéficier d’un accès aux soins sans avance de frais.Le texte commençait tout juste à être étudié dans l’hémicycle, dans le cadre de la journée réservée aux textes du petit groupe Liot (Libertés Indépendants, Outre-mer, territoires).Dans le viseur de la droite et de l’extrême droite, l’AME est une des questions les plus âprement disputées au niveau national sur l’immigration. “Mettre les différents partis face à leurs contradictions sur l’AME” a servi de “levier, pour avec ce chiffon rouge, forcer le gouvernement à donner des mesures concrètes pour les assurés sociaux”, a dit à l’AFP Mme Youssouffa. Cette mesure sur les évacuations “était ce qu’on essayait de négocier depuis des semaines”, a-t-elle ajouté. Selon sa proposition de loi, l’AME à Mayotte aurait permis de “solvabiliser” une patientèle irrégulière auprès de la médecine de ville, pour soulager l’hôpital, et ainsi stopper un “effet d’éviction des assurés sociaux”. – Fermetures de maternités -Un autre texte traitant de questions de santé doit être étudié jeudi dans le cadre de la niche parlementaire Liot. Il vise à lutter contre la mortalité infantile en France.Le taux est passé de 3,5 décès pour 1.000 enfants nés vivants en 2011, à 4,1 en 2024, selon l’Insee. Une tendance “alarmante” selon le député Liot Paul-André Colombani, qui défend cette proposition de loi.Une première mesure, consensuelle, vise à créer un “registre national des naissances”, pour rassembler des éléments statistiques jusqu’ici éparpillés, et mieux comprendre les raisons des tendances actuelles.Le deuxième article instaurait lui, dans le texte initial, un moratoire de trois ans sur la fermeture de maternités, “sauf en cas de danger pour la sécurité des patients”. Avec durant cette période un “état des lieux” réalisé sur les maternités pratiquant moins de 300 accouchements par an, particulièrement menacées de fermeture.Mais un amendement de députés macronistes, adopté en commission, a supprimé ce moratoire, remplacé par l’obligation d'”une évaluation préalable des alternatives possibles” avant la fermeture d’une maternité.”Une maternité qui réalise peu d’accouchements peut offrir une moindre sécurité, faute d’une pratique régulière des gestes obstétriques”, a souligné le député Renaissance Jean-François Rousset.Paul André Colombani, tout en convenant de l’existence de “causes multiples” à la hausse de la mortalité infantile outre l’éloignement de maternités, tentera de revenir via un amendement à l’écriture initiale du texte.Un moratoire permettrait aussi selon lui aux petites structures d’améliorer leur attractivité pour le personnel médical, en sécurisant temporairement leur existence.Le député dit espérer que le ministre de la Santé ne s’oppose pas à sa proposition. Le Rassemblement national devrait soutenir le moratoire, selon une source parlementaire. 

Grand Steeple-Chase de Paris : de cavalières à entraineurs, le succès des femmes

En 2019, une première femme entraineur, Isabelle Pacault, remporte le Grand Steeple-Chase de Paris avec son cheval Carriacou. Depuis cette date, quatre éditions de cette course mythique ont été remportées par des femmes et elles seront quatre à seller leurs meilleurs chevaux dans ce marathon de l’obstacle dimanche à Auteuil opposant 14 concurrents.Et ces femmes d’exception ont un point commun : elles montent toutes à cheval: en concours hippique ou en courses. Comme bon nombre de cavalières, elles sont venues à l’équitation par amour pour la plus noble conquête de l’Homme.Cavalière de Concours complet, l’Anglaise Louisa Carberry détient le record de trois succès (2020-2021 avec Docteur de Ballon et en 2024 avec Gran Diose) dans le “Grand-Steeple”. Installée à Senonnes, en Mayenne, elle tentera un doublé avec Gran Diose cette année et un 4e sacre.Le matin elle monte ses champions. “L’entrainement d’un cheval d’obstacle présente beaucoup de bases similaires avec le concours complet. Il y a différents aspects tels que la préparation mentale et physique du cheval, la gestion du programme d’entrainement et le développement des aptitudes à sauter les obstacles”, a-t-elle expliqué lors d’une conférence de presse.Dans le milieu du turf largement représenté par la gente masculine, “les chevaux nous rendent tous égaux, que l’on soit un homme ou une femme”, revendique-t-elle. “A la fin, c’est le cheval qui a le dernier mot”. Née en Suisse, d’un père italien, Daniela Mele a quitté son métier d’enseignante et son pays natal pour la France pour devenir jockey, en plat et en obstacle, défiant les lois de l’apesanteur au-dessus des haies.A peine installée entraîneur en 2019, elle gagne le Grand Steeple-Chase de Paris avec Rosario Baron. “Grâce à mon expérience de jockey”, dit-elle. Son travail “c’est une préparation réglée au millimètre pour révéler des chevaux. Un travail qui commence avant le début de carrière, à l’élevage, et qui s’étend sur plusieurs années, un cheval d’obstacle pouvant courir jusqu’à l’âge de 10 ans, voire plus”, raconte-t-elle.- “Un petit truc en plus ” -Et “il faut que le travail des chevaux reste ludique, qu’ils aient envie de courir. Il faut les observer, être à leur écoute”. Elle tentera sa chance avec Inaya Jones qui disputera son premier Grand Steeple-Chase.Basée à Maisons-Laffitte (Yvelines), Lucie Pontoir, a pour sa part commencé son aventure hippique à l’école du Moulin à Vent, le centre de renom pour la formation des jockeys à Chantilly. Elle a aussi fait ses armes en Australie. Le crack de son écurie Jazz Manouche sera son premier partant dans le Grand-Steeple. Selon elle, les femmes entraineurs “ont un petit truc en plus”. “On est plus fine, on est plus patiente mais compétitive”, souligne-t-elle. “On a toutes envie de gagner et surtout de battre les hommes”.Manon Scandella-Lacaille, ancienne femme jockey, installée entraineur à Calas (Bouches-du-Rhône) misera sur Hasard de Brion pour un premier sacre dans l’épreuve reine de l’obstacle en France.Jean-Paul Gallorini, le maître entraineur aujourd’hui retraité, est le premier à avoir confié ses chevaux à une femme jockey au milieu des années 80. Aujourd’hui, quinze chevaux de son élevage sont chez Lucie Pontoir.Selon lui, “les femmes ont quelque chose en plus, un rapport maternel avec le cheval”. Le secret de leur réussite, il le résume en quelques mots: “Amour, passion, compétence, sérieux, courage et détermination”.

L’ancien champion de natation Yannick Agnel va être jugé pour viol

L’ancien champion olympique de natation Yannick Agnel sera jugé pour le viol de la fille de son entraîneur, a annoncé jeudi le procureur de Mulhouse, neuf ans après les faits supposés. Le nageur est soupçonné d’avoir eu une relation en 2016 avec l’adolescente, alors qu’il était hébergé chez son entraîneur, qu’il était âgé de 24 ans et qu’elle n’en avait que 13. Il a toujours plaidé une relation consentie et amoureuse.L’ex-champion, désormais âgé de 33 ans, “a été mis en accusation devant la cour criminelle départementale du Haut-Rhin” des chefs de viol sur une mineure de moins de 15 ans, a indiqué dans un communiqué le procureur de la République de Mulhouse, Nicolas Heitz. Il est également poursuivi pour agression sexuelle sur la même victime.Il a en revanche bénéficié d’un non-lieu d’agressions sexuelles commises sur mineur de plus de 15 ans concernant une autre personne, a précisé le procureur. Yannick Agnel demeure présumé innocent et peut interjeter appel de ce renvoi, a ajouté M. Heitz, qui avait requis la mise en accusation le 7 mars dernier. Il est maintenu sous contrôle judiciaire.L’ordonnance de renvoi précise que les faits se sont produits entre le 31 décembre 2015 et le 31 août 2016 dans différents lieux: Mulhouse et la proche commune de Riedisheim, en Thaïlande et en Espagne (à Ténérife et en Sierra Nevada).- Différence d’âge -L’enquête avait débuté à l’été 2021 à la suite du dépôt de plainte de Naomé Horter, la fille de l’ancien entraîneur du nageur, Lionel Horter. L’adolescente était également licenciée au club à l’époque mais a depuis abandonné la natation. L’enquête avait débouché sur la mise en examen du nageur cinq mois plus tard, le 11 décembre 2021. A l’issue de 48 heures de garde à vue, Yannick Agnel avait “reconnu la matérialité des faits reprochés, même si pour certains viols il a un problème de mémoire”, avait expliqué la procureure de la République d’alors, Edwige Roux-Morizot.Yannick Agnel a toujours nié l’emprise qu’il pouvait avoir sur la jeune femme. Mais Mme Roux-Morizot estimait que “les faits sont constitutifs de viols et d’agressions sexuelles en raison de la différence d’âge, car la justice considère qu’il y a une véritable contrainte morale”. En juillet dernier, le nageur, retraité depuis 2016 et placé sous contrôle judiciaire, était revenu à Mulhouse, dans le bureau du juge d’instruction, pour une confrontation qu’il avait souhaitée avec son accusatrice, aujourd’hui âgée de 23 ans.A l’issue de cette réunion, qui avait duré deux heures, ni l’avocate de Yannick Agnel, Céline Lasek, ni celui de Naomé Horter, Thomas Wetterer, n’avaient fait de déclaration.Yannick Agnel possède l’un des plus beaux palmarès de la natation française: il a été double champion olympique à Londres en 2012 sur le 200 m nage libre et le relais 4×100 m, avant d’être sacré champion du monde dans ces deux disciplines en 2013.

Climat: limiter les rots du bétail grâce à une algue, le pari d’une ferme de Tasmanie

C’est une ferme invisible à l’oeil nu, sans irrigation ni fertilisant: au large de Triabunna, en Tasmanie, s’étend une exploitation de 1.800 hectares où l’on cultive l’asparagopsis, une algue destinée à réduire l’impact climatique des animaux d’élevage.Plus d’une quarantaine d’études scientifiques ont établi ses bénéfices, explique la chercheuse Fran Cowley. Sous forme de complément alimentaire intégré au fourrage ou au grain, cette algue rouge, abondante sur le littoral de l’île australienne, peut réduire le méthane que les ruminants émettent par leurs rots et flatulences.Selon l’organisation de l’ONU pour l’alimentation et l’agriculture (FAO), les ruminants, de par leur processus de digestion, produisent environ un tiers des émissions de méthane, le 2e grand gaz à effet de serre à l’origine du réchauffement climatique actuel.En laboratoire, “si on emploie la mesure la plus précise d’inhibition du méthane, l’asparagopsis est à même de supprimer 95% de la production de méthane des animaux qui en ingèrent”, souligne Mme Cowley, professeure à l’école de Science rurale et environnementale à l’université de Nouvelle-Angleterre.Elle a aussi mené l’expérience la plus longue en la matière, selon elle. Après 200 jours dans des parcs d’engraissement de bovins du Queensland australien, les émissions des animaux ont été réduites de moitié sur la période, par rapport au bétail non supplémenté, d’après des résultats publiés en août 2024.Il s’agit d’une amélioration par rapport à une précédente étude, la plus poussée alors sur le terrain, qui n’avait révélé qu’une réduction de 28% au sein d’un troupeau japonais.Selon Mme Cowley, le bromoforme que contiennent les algues influe sur le système digestif en réduisant rots et flatulences, mais n’a pas d’impact négatif sur la santé des animaux qui en ingèrent, ni sur les produits qui en sont issus.”Le bromoforme peut être cancérigène. Mais il est administré en très faible quantité et entièrement dissous dans la panse, il n’y a aucune accumulation dans le lait ou la viande, dont par ailleurs, ni le goût ni la consistance ne sont affectés”, explique la chercheuse.- Champ de recherche -A Triabunna, dans l’est de la Tasmanie, le PDG de Sea Forest crée dans sa vaste ferme marine des compléments alimentaires à partir des algues, sous forme d’huiles, de pellets et de pierres à lécher.Après une quinzaine d’années dans l’industrie textile, Sam Elsom s’est lancé en 2019, souhaitant devenir “le catalyseur d’une agriculture durable, sans coût supplémentaire pour les éleveurs ou les consommateurs”.Une partie de la production est assurée en pleine mer et une autre sur la terre ferme, dans des bassins alimentés en eau de mer, “un cadre qui permet de contrôler la lumière, la quantité de nutriments, la disponibilité en carbone et surtout (qui est) plus facilement reproductible qu’une concession marine”.Il dit travailler déjà avec Ashgrove, un producteur laitier de Tasmanie, la chaîne de hamburgers Grill’d, présente dans toute l’Australie, et qu’un accord a été signé l’an dernier avec Morrisons, une chaîne britannique de grande distribution.”Nous avons eu aussi des discussions très encourageantes avec des producteurs de produits laitiers en France, nous sommes en train de demander une autorisation pour nos produits auprès de l’Autorité européenne de sécurité des aliments (EFSA)”, précise-t-il.Pour autant, cette solution reste aujourd’hui limitée.”En termes de régulation, il n’y a aucune incitation ni contrainte pour les éleveurs à réduire leurs émissions de méthane, pour le moins en Australie, mais à vrai dire aussi dans le reste du monde”, explique Fran Cowley. “Et les algues restent encore assez chères. Il faudrait en tirer une forte valeur ajoutée pour que ça vaille la peine, mais ce n’est pas le cas pour l’instant”.Que faire en outre pour la vaste majorité des ruminants qui dans le monde sont élevés en plein air?, ajoute-t-elle: “on ne peut pas ajouter ce complément alimentaire dans l’herbe qu’ils broutent”.La chercheuse est cependant optimiste. “C’est un champ de recherche assez nouveau qui a énormément avancé en à peine dix ans, et je m’attends à ce que de nouveaux produits soient créés dans les deux à cinq prochaines années.”

Cannes: la compétition retrouve la vedette, hommage à la photographe gazaouie tuée

Après Tom Cruise et la grosse machine hollywoodienne, le tapis rouge cannois remet les films en compétition à l’honneur jeudi, avec un premier long-métrage français, “Dossier 137” de Dominik Moll dans lequel figure Léa Drucker, et “Sirât” avec Sergi Lopez.La présentation de “Dossier 137” se fera sans l’un de ses acteurs, écarté par le délégué général du festival Thierry Frémaux en raison d’un signalement pour des violences sexuelles présumées, une décision inédite en accord avec la production du film, selon une information de Télérama confirmée par l’AFP.Cette troisième journée sera aussi marquée par l’hommage rendu à la photographe palestinienne Fatima Hassouna, tuée par un missile israélien à Gaza le 16 avril.Cette Gazaouie de 25 ans est la protagoniste d’un documentaire réalisé par l’Iranienne Sepideh Farsi, qui sera projeté dans la soirée. “Put your soul on your hand and walk”, sélectionné à l’Acid, une section parallèle au Festival de Cannes, dévoile les échanges en visio entre la réalisatrice, réfugiée à Paris, et la photographe, chez elle à Gaza. Sa mort, ainsi que celle de toute sa famille à l’exception de sa mère, dans la frappe qui a détruit sa maison, a suscité une immense émotion dans le monde du cinéma. Jeudi, le cinéaste britannique Ken Loach, double Palme d’or à Cannes, a appelé sur X à “honorer cette jeune femme courageuse, ainsi que ses collègues journalistes palestiniens (…) qui ont donné leur vie pour témoigner du massacre de masse” à Gaza et à mettre fin aux “crimes de guerre” et au “génocide”.Mardi, jour de l’ouverture du festival, une tribune signée par 380 artistes dont Pedro Almodovar, Richard Gere ou Susan Sarandon, exhorait déjà à “ne pas rester silencieux.se.s tandis qu’un génocide est en cours”.Plusieurs ONG internationales, dont Amnesty International et Human Rights Watch, affirment qu’Israël a commis des actes de “génocide” à Gaza, une accusation rejetée par l’Etat israélien qui dénonce des “mensonges sans fondement”.Lors de la cérémonie d’ouverture, la présidente du jury Juliette Binoche avait elle rendu un hommage appuyé à la jeune photographe, rappelant que “Fatima aurait dû être parmi nous ce soir”.- Habitués de Cannes -La star française et les huit autres jurés, qui dévoileront leur palmarès le 24 mai, découvriront jeudi deux autres films programmés en compétition.Dans “Dossier 137” (1h55), de Dominik Moll, la Française Léa Drucker incarne une fonctionnaire de l’IGPN, la police des polices, chargée d’enquêter sur le cas d’un jeune homme blessé par un tir de LBD lors d’une manifestation de Gilets jaunes.Avec ce film policier, le cinéaste, révélé par “Harry, un ami qui vous veut du bien” (2000), revient à Cannes après avoir renoué avec le succès en présentant il y a trois ans sur la Croisette “La Nuit du 12”, sans être en compétition pour la Palme d’or. Le film, qui abordait la question des violences faites aux femmes, avait ensuite remporté sept César, dont celui de meilleur film.L’autre long-métrage du jour, “Sirât” (2h00), suit un père (Sergi Lopez) et son fils à la recherche de Mar, leur fille et soeur, disparue depuis plusieurs mois.Leur quête les mène dans une free party perdue dans les montagnes du sud du Maroc, où le duo rencontre un groupe en route pour une dernière fête dans le fin fond du désert. Ils vont décider de les suivre, dans l’espoir de retrouver Mar.L’Espagnol Oliver Laxe n’est lui non plus pas un inconnu à Cannes. Son dernier long métrage, “O que Arde” (Viendra le feu), a été récompensé d’un prix du jury dans la section “Un certain regard” en 2019. En 2016, le cinéaste a remporté le Grand prix de la Semaine de la critique pour “Mimosas, la voie de l’Atlas”.

Un Thaïlandais arrêté pour trafic de bébés orangs-outans

La police thaïlandaise a arrêté un homme suspecté d’avoir introduit clandestinement deux bébés orangs-outans dans le royaume d’Asie du Sud-Est, dans une affaire liée à un réseau de trafiquants de la faune sauvage internationale.Le suspect de 47 ans a été appréhendé mercredi soir dans une station-service d’un quartier résidentiel de Bangkok alors qu’il se préparait à livrer les animaux à un client, a relaté la police dans un communiqué.Les deux orangs-outans, l’un âgé d’un an, l’autre de tout juste un mois, ont été retrouvés dans un corbeille en plastique, équipés d’une couche et d’un biberon, selon des photos diffusées par la police.L’arrestation intervient à la faveur d’une enquête menée conjointement avec l’Office des Nations unies contre la drogue et le crime (ONUDC) et le Service de la pêche et de la faune des Etats-Unis (USFWS).Les orangs-outans, endémiques des îles de Bornéo et Sumatra, sont considérés en danger critique d’extinction par l’Union internationale pour la conservation de la nature (UICN). Ils comptent parmi les primates les plus victimes de trafic dans le monde.La police thaïlandaise a indiqué que les singes auraient été vendus pour quelque 300.000 bahts chacun (8.000 euros).L’homme arrêté a été mis en examen pour “possession illégale d’animaux sauvages protégés” et risque jusqu’à quatre ans d’emprisonnement.Les deux primates retrouvés, nommés Christopher et Stefan, ont été remis au Département des parcs nationaux, une agence ministérielle, pour bénéficier d’un examen vétérinaire et de soins.Le suspect a admis avoir été employé pour acheminer les animaux, ont partagé les forces de l’ordre, indiquant procéder à une enquête sur un réseau de trafiquants.La Thaïlande est une plaque tournante du trafic d’animaux sauvages, en particulier de spécimens d’espèces en danger d’extinction vendus à des prix élevés sur le marché noir en Chine, à Taïwan ou encore au Vietnam.