AFP Top News

Libre accès prévu pour la vasque olympique à partir du 21 juin au jardin des Tuileries

Pendant les trois prochains étés, la vasque olympique qui réinvestira le jardin des Tuileries sera accessible librement aux badauds et touristes, a détaillé jeudi la préfecture de la région Ile-de-France, aux cotés d’EDF, du Louvre et de son designer Mathieu Lehanneur. Elle ne sera ni tout à fait la même, ni tout à fait une autre. Le ballon a été refait ainsi que l’anneau et elle s’envolera chaque soir si la météo le permet du 21 juin au 14 septembre.Cette vasque originale façon montgolfière, à la flamme électrique, avait attiré des centaines de milliers de personnes pendant les Jeux olympiques et paralympiques, et il fallait réserver pour l’admirer de près. “Nous sommes très fiers de ce retour”, a expliqué Kim Pham, administrateur du Louvre, qui a précisé que le jardin des Tuileries fermera le soir après 22h30 (20h30 GMT), et un peu plus tôt au mois d’août, quand elle s’élèvera à 60 mètres de hauteur dans le ciel de Paris.”Réinstallation pérenne mais pas complétement, c’est la meilleure option qu’on pouvait trouver”, s’est réjoui le créateur de la vasque, aussi designer de la torche olympique, Mathieu Lehanneur. La flamme est toujours “100% électrique”, avec projecteurs Led et brumisateurs, a ajouté Pierre Viriot, directeur de la communication d’EDF. Mais contrairement à l’année dernière, elle sera éteinte la nuit.Mathieu Gobbi, directeur général de la société Aérophile qui a piloté l’engin avec les équipes chaque soir l’été dernier, prévient qu’il y aura un peu moins de suspens cette année. Le site vasqueparis2024.fr préviendra du programme et d’éventuels aléas météo. Le reconstruction du ballon et de l’anneau, et son fonctionnement pendant trois étés, sont financés par le comité d’organisation des JO et EDF, a précisé Marc Guillaume, préfet de la région Ile-de-France. Cette nouvelle version de la vasque coûte 2,5 millions d’euros, et son fonctionnement 2,5 millions d’euros par été pour 250 jours de service au total. Son installation débutera fin mai.

ArcelorMittal veut rassurer sur sa présence à Dunkerque, mais maintient son plan social

Sous pression sociale et politique, le sidérurgiste ArcelorMittal a donné jeudi des gages sur sa volonté de pérenniser ses sites d’acier français, en réaffirmant son “intention” d’investir dans la décarbonation à Dunkerque (Nord), sans toutefois abandonner son projet de plan social en France.Sous réserve que Bruxelles concrétise ses mesures de protection de l’acier européen, le groupe a confirmé dans un communiqué “son intention d’investir dans un premier four électrique, sur son site de Dunkerque, pour un montant d’environ 1,2 milliard d’euros”.Une manière de couper court aux rumeurs de désengagement de l’industriel en France, alors que la CFDT a encore évoqué cette semaine une “désindustrialisation silencieuse”, reprochant au groupe de “réduire à peau de chagrin les investissements de maintien de l’outil” industriel tout en percevant des aides publiques.Pour une décision ferme et définitive, il faudra toutefois attendre “après l’été”, selon le président d’ArcelorMittal France, Alain Le Grix de la Salle, qui attend de l’Europe “des mesures de défense commerciale pour limiter les importations à 15% du marché et un mécanisme d’ajustement carbone aux frontières”.”Ces mesures nous permettront de rétablir une concurrence équitable sur le marché européen de l’acier et donc de jouer à armes égales”, a-t-il déclaré lors d’un point presse en ligne.Il a en revanche écarté tout abandon du projet de plan de suppressions de 636 postes pour la France, dans les fonctions support et dans la production: “ce sont deux sujets qui sont distincts. Les suppressions de postes actuellement sont destinées à rendre la compétitivité des sites de Dunkerque”, a-t-il déclaré. “C’est une fumisterie !”, a réagi, très remonté, Gaëtan Lecocq, de la CGT de Dunkerque, site le plus menacé, avec près de 300 suppressions de postes annoncées, qui y voit “une opération de communication” pour contrer “le mouvement en train de monter socialement et politiquement”.- Un financement qui reste à définir -Plusieurs partis de gauche ont déposé ces derniers jours des propositions de loi de nationalisation, comme le réclame notamment la CGT, une option écartée jeudi par le président de la République Emmanuel Macron.Dans un échange avec les titres de presse quotidienne régionale, il a estimé qu’ArcelorMittal avait “essentiellement un problème de concurrence déloyale venant d’Asie, lié à nos réglementations et nos exigences CO2. La réponse pour faire ça, c’est créer les conditions d’une concurrence loyale.”Fin 2024, ArcelorMittal avait suspendu son projet d’investissement –à hauteur de 1,8 milliard d’euros dont plus de 800 millions d’aide promise par l’Etat– dans la décarbonation de ses hauts fourneaux de Dunkerque, en arguant de la non compétitivité de l’acier produit en Europe.Le projet prévoyait la construction à Dunkerque de deux fours électriques et d’une unité de réduction directe du fer (DRI) avec du gaz ou de l’hydrogène qui permet de produire de l’acier décarboné sans charbon fossile.Avec le coût actuel du gaz, “il n’y a pas de modèle économique pour le DRI”, a déclaré le patron d’ArcelorMittal France. Concernant l’annonce d’un four au lieu de deux prévus initialement, il a souligné que ce plan était “évolutif”.Compte tenu du changement de périmètre, “on ne sera pas en mesure d’utiliser les 850 millions d’euros” (d’aides de l’Etat) (…), donc le financement du four électrique “reste à finaliser”, a-t-il précisé.L’acier européen est pris en étau entre la baisse de la consommation sur le Vieux Continent, la concurrence jugée déloyale d’acier à bas prix venu de Chine notamment, les prix de l’énergie trop élevés en Europe et les nouvelles taxes douanières.Le sidérurgiste a d’ailleurs annoncé ces dernières semaines un plan d’économies pour tenter de regagner sa compétitivité en Europe avec le transfert d’activités support surtout vers l’Inde portant au total sur 1.400 postes de ses sites d’Europe de l’ouest. Jeudi, le ministre de l’Industrie Marc Ferracci a salué un “premier pas décisif pour la pérennisation de la filière sidérurgique” en indiquant qu’il “continue le combat” avec le Commissaire européen Stéphane Séjourné.Le président de la région Hauts de France Xavier Bertrand est resté plus prudent: “1,2 milliard”, “ça ne lève pas toutes les interrogations, toutes les inquiétudes”, a-t-il dit. A Dunkerque, le maire Patrice Vergriete a aussi salué “un signal positif” et assuré “rester vigilant”. Interrogé par l’AFP, Guillaume de Goÿs, président d’Aluminium de France, industriel voisin du Dunkerquois, s’est félicité du fait qu’ArcelorMittal “avance”, afin de pouvoir “mettre en place un travail commun” sur la capture et le transport du CO2 dans la région.ngu-zl-bj-im/jum/nth

Procès en vue pour viols pour l’ex-champion de natation Yannick Agnel

L’ancien champion olympique de natation Yannick Agnel sera jugé pour viols sur la fille de son entraîneur, âgée de 13 ans à l’époque mais son avocate a annoncé qu’elle ferait appel de son renvoi devant la cour criminelle.Le nageur est soupçonné d’avoir eu une relation en 2016 avec la fille de son ancien entraîneur alors qu’il était hébergé chez lui. Il était âgé de 24 ans et elle n’en avait que 13. Il a toujours plaidé une relation consentie et amoureuse.Thomas Wetterer, avocat de Naomé Horter, aujourd’hui âgée de 23 ans, a fait part du soulagement de cette dernière et de ses parents à l’annonce de la mise en accusation.”Le juge d’instruction mulhousien réaffirme quelque chose qui devrait être naturel dans le sens commun, c’est qu’un homme de 23 ans ne peut pas avoir de rapport sexuel avec une enfant de 13 ans”, a commenté Me Wetterer. L’ex-champion, qui aura 33 ans en juin, “a été mis en accusation devant la cour criminelle départementale du Haut-Rhin” des chefs de viols sur une mineure de moins de 15 ans, a indiqué dans un communiqué le procureur de la République de Mulhouse, Nicolas Heitz. Il est également poursuivi pour agressions sexuelles sur la même victime.Il a en revanche bénéficié d’un non-lieu d’agressions sexuelles commises sur mineur de plus de 15 ans concernant une autre personne, a précisé le procureur. Yannick Agnel “demeure présumé innocent”, a ajouté M. Heitz, qui avait requis la mise en accusation le 7 mars dernier. Il est maintenu sous contrôle judiciaire.Contactée par l’AFP, Céline Lasek, une des avocates du nageur, a indiqué qu’elle ferait appel de ce renvoi devant la cour criminelle, une instance composée uniquement de juges professionnels chargés de juger les crimes passibles de 15 à 20 ans de prison.- Différence d’âge -L’ordonnance précise que les faits se sont produits entre le 31 décembre 2015 et le 31 août 2016 dans différents lieux: Mulhouse et la proche commune de Riedisheim, en Thaïlande et en Espagne (à Ténérife et en Sierra Nevada).L’enquête avait débuté à l’été 2021 à la suite du dépôt de plainte de Naomé Horter, la fille de l’ancien entraîneur du nageur, Lionel Horter. L’adolescente était également licenciée au club à l’époque mais a depuis abandonné la natation. L’enquête avait débouché sur la mise en examen du nageur cinq mois plus tard, le 11 décembre 2021. A l’issue de 48 heures de garde à vue, Yannick Agnel avait “reconnu la matérialité des faits reprochés, même si pour certains viols il a un problème de mémoire”, avait expliqué la procureure de la République d’alors, Edwige Roux-Morizot.Yannick Agnel a toujours nié l’emprise qu’il pouvait avoir sur la jeune femme. Mais Mme Roux-Morizot estimait que “les faits sont constitutifs de viols et d’agressions sexuelles en raison de la différence d’âge, car la justice considère qu’il y a une véritable contrainte morale”. Yannick Agnel, retraité depuis 2016, possède l’un des plus beaux palmarès de la natation française: il a été double champion olympique à Londres en 2012 sur le 200 m nage libre et le relais 4×100 m, avant d’être sacré champion du monde dans ces deux disciplines en 2013.

Cannes: la compétition de nouveau en vedette, hommage à la photographe gazaouie tuée

Après Tom Cruise et la grosse machine hollywoodienne, le tapis rouge cannois remet les films en compétition à l’honneur jeudi, avec un premier long-métrage français, “Dossier 137” de Dominik Moll dans lequel figure Léa Drucker, et “Sirât” avec Sergi Lopez.La présentation de “Dossier 137” se fera sans l’un de ses acteurs, écarté par le délégué général du festival Thierry Frémaux en raison d’un signalement pour des violences sexuelles présumées, une décision inédite prise en accord avec la production du film.Cette troisième journée sera aussi marquée par un hommage à la photographe palestinienne Fatima Hassouna, tuée par un missile israélien à Gaza le 16 avril.Cette Gazaouie de 25 ans est la protagoniste d’un documentaire réalisé par l’Iranienne Sepideh Farsi, qui sera projeté dans la soirée. “Put your soul on your hand and walk”, sélectionné à l’Acid, une section parallèle au Festival de Cannes, dévoile les échanges en visio entre la réalisatrice, réfugiée à Paris, et la photographe, à Gaza. Sa mort, ainsi que celle de toute sa famille à l’exception de sa mère, dans la frappe qui a détruit sa maison, a suscité une immense émotion dans le monde du cinéma. Jeudi, le cinéaste britannique Ken Loach, double Palme d’or à Cannes, a appelé sur X à “honorer cette jeune femme courageuse, ainsi que ses collègues journalistes palestiniens (…) qui ont donné leur vie pour témoigner du massacre de masse” à Gaza et à mettre fin aux “crimes de guerre” et au “génocide”.Mardi, jour de l’ouverture du festival, une tribune signée par 380 artistes dont Pedro Almodovar, Richard Gere ou Susan Sarandon, exhorait déjà à “ne pas rester silencieux.se.s tandis qu’un génocide est en cours”.Plusieurs ONG internationales, dont Amnesty International et Human Rights Watch, affirment qu’Israël a commis des actes de “génocide” dans le territoire palestinien, une accusation rejetée par l’Etat israélien qui dénonce des “mensonges sans fondement”.Lors de la cérémonie d’ouverture, la présidente du jury Juliette Binoche a elle rendu un hommage appuyé à la jeune photographe, rappelant que “Fatima aurait dû être parmi nous ce soir”.- Mise en cause publique -La star française et les huit autres jurés, qui dévoileront leur palmarès le 24 mai, découvriront jeudi deux autres films programmés en compétition, “Sirât” du Franco-espagnol Óliver Laxe et “Dossier 137”. La Française Léa Drucker y incarne une fonctionnaire de l’IGPN, la police des polices, chargée d’enquêter sur le cas d’un jeune homme blessé par un tir de LBD lors d’une manifestation de gilets jaunes.Avec “Dossier 137”, Dominik Moll, révélé par “Harry, un ami qui vous veut du bien” (2000), revient à Cannes trois ans après avoir présenté “La Nuit du 12”, qui radiographiait une enquête sur un féminicide et avait raflé sept César.Interrogé par l’AFP sur la mise à l’écart d’un de ses acteurs, le cinéaste a rappelé que les faits allégués étaient “antérieurs” au tournage et qu’il n’en savait rien jusqu’à ce qu’une association saisisse Thierry Frémaux il y a quelques jours. “Par respect pour la parole des victimes, sans oublier la présomption d’innocence non plus, et en accord avec le festival et le comédien en question, on alors a décidé que c’était mieux qu’il ne vienne pas à Cannes pour monter les marches”, a-t-il ajouté.Une autre affaire de violences sexuelles a surgi jeudi et éclaboussé l’Acid, section parallèle au festival et sans lien direct avec lui. Lors d’une conférence cannoise, une femme a publiquement accusé un de ses responsables de l’avoir agressée sexuellement, a appris l’AFP de sources concordantes. L’association gérant l’Acid a réagi en évoquant des “faits graves pouvant s’apparenter à des violences sexuelles” et annoncé “la mise en retrait” du dirigeant mis en cause, dans un communiqué transmis à l’AFP.”La jeune femme a agi avec beaucoup de courage”, a raconté à l’AFP le député Erwan Balanant, qui était sur place en sa qualité de rapporteur d’une récente commission d’enquête sur les violences sexuelles dans la culture en France. 

A69: premier succès au Parlement pour les défenseurs de la reprise du chantier

Les élus pro-A69 engagent le bras de fer au Parlement: le Sénat a largement adopté jeudi un texte atypique pour tenter d’obtenir par la loi la reprise du chantier de l’autoroute Toulouse-Castres, en dépit de sérieuses interrogations juridiques et de l’opposition résolue des écologistes.Les parlementaires parviendront-ils à court-circuiter la suite de la procédure judiciaire entourant le projet? Les deux sénateurs du Tarn, Marie-Lise Housseau et Philippe Folliot, ont en tout cas obtenu une première victoire en faisant adopter confortablement en première lecture une loi dite de “validation”.La démarche entend permettre aux parlementaires de “reprendre la main”, après l’annulation par le tribunal administratif de Toulouse de l’autorisation de construire cette portion d’autoroute de 53 km, entraînant la suspension du chantier entamé en 2023.L’objectif, “proposer une porte de sortie pour faire en sorte d’arrêter cette situation ubuesque et stopper cette gabegie”, a lancé M. Folliot.Le Sénat, dominé par une alliance droite-centristes, l’a soutenu à 252 voix contre 33, les oppositions émanant des rangs écologistes et de la plupart des communistes. L’Assemblée nationale prendra le relais dès le 2 juin à l’initiative des députés du Tarn, avec de bonnes chances d’adoption définitive.- “Urgence” de “désenclavement” -Concrètement, il s’agit de faire “valider” par la loi deux arrêtés relatif à l’autorisation environnementale du projet, au motif qu’il répond à une raison impérative d’intérêt public majeur (RIIPM), nécessaire pour justifier aux yeux de la justice les atteintes portées à l’environnement par un tel chantier.Le Sénat répond ainsi “à une situation d’urgence” pour “éviter les conséquences dramatiques d’un arrêt du projet”, a martelé le sénateur Horizons Franck Dhersin, rapporteur du texte.En effet, les défenseurs du texte plaident pour le “désenclavement” d’un bassin d’environ 100.000 personnes (Castres-Mazamet) et veulent donner des perspectives aux acteurs économiques locaux.Or selon Marie-Lise Housseau, l’arrêt du projet, qui devait s’achever en 2025, entraînerait des “dommages irrémédiables” pour le Tarn, département “qui se sent humilié, méprisé et nié dans ses choix de développement”.Au-delà du bien-fondé du projet, les débats les plus nourris ont concerné la forme de cette initiative, avec de sérieuses interrogations sur sa conformité à la Constitution.”Le législateur crée un précédent grave en tentant d’influencer une Cour de justice”, s’est alarmé l’écologiste Jacques Fernique.Interrogé par l’AFP depuis Soual, commune située sur le tracé de l’A69 dans le Tarn, Thomas Digard, militant du collectif La Voie est libre (LVEL) d’opposants à cette autoroute, s’est dit “écoeuré” par cette démarche parlementaire, lancée selon lui pour “passer en force” après avoir “perdu sur le terrain juridique”.- “Message trouble” -A l’opposé, les soutiens du texte ont méticuleusement défendu les nombreux “motifs impérieux d’intérêt général” démontrant selon eu la conformité du texte à la loi fondamentale: socioéconomiques, politiques, environnementaux, relatifs aux finances publiques ou encore à la sécurité routière.Mais certains législateurs n’ont pu masquer leur inconfort face à une proposition de loi au format inhabituel, débattue à quelques jours de l’examen par la cour administrative d’appel de Toulouse d’un premier recours contre l’arrêt des travaux, le 21 mai.”Nous ne devons pas procéder à du cas par cas législatif”, a reconnu le communiste Jean-Pierre Corbisez, pourtant favorable. Le Sénat “envoie un message trouble”, a abondé le socialiste Hervé Gillé, dont le groupe n’a pas participé au vote malgré quelques soutiens de sénateurs notamment occitans.Cette position du PS a offusqué les dirigeants des Ecologistes et de La France insoumise, Marine Tondelier et Manuel Bompard. Pour la première, les socialistes n’ont “même pas daigné (…) respecter le programme du NFP”. “Une trahison complète” pour le second.Autre fait marquant, la position de “sagesse” du gouvernement, ni favorable ni défavorable, exprimée pour “n’interférer ni dans la procédure juridictionnelle en cours, ni dans le travail parlementaire”, a expliqué le ministre des Transports Philippe Tabarot, qui soutient pourtant vivement le projet comme de nombreux ministres.L’enjeu final sur ce texte sera probablement de savoir si le Conseil constitutionnel le censure ou non. “Le Conseil sera évidemment saisi”, a confirmé à l’AFP le sénateur écologiste Ronan Dantec, qui a dénonce “une loi de posture”.

A69: premier succès au Parlement pour les défenseurs de la reprise du chantier

Les élus pro-A69 engagent le bras de fer au Parlement: le Sénat a largement adopté jeudi un texte atypique pour tenter d’obtenir par la loi la reprise du chantier de l’autoroute Toulouse-Castres, en dépit de sérieuses interrogations juridiques et de l’opposition résolue des écologistes.Les parlementaires parviendront-ils à court-circuiter la suite de la procédure judiciaire entourant le projet? Les deux sénateurs du Tarn, Marie-Lise Housseau et Philippe Folliot, ont en tout cas obtenu une première victoire en faisant adopter confortablement en première lecture une loi dite de “validation”.La démarche entend permettre aux parlementaires de “reprendre la main”, après l’annulation par le tribunal administratif de Toulouse de l’autorisation de construire cette portion d’autoroute de 53 km, entraînant la suspension du chantier entamé en 2023.L’objectif, “proposer une porte de sortie pour faire en sorte d’arrêter cette situation ubuesque et stopper cette gabegie”, a lancé M. Folliot.Le Sénat, dominé par une alliance droite-centristes, l’a soutenu à 252 voix contre 33, les oppositions émanant des rangs écologistes et de la plupart des communistes. L’Assemblée nationale prendra le relais dès le 2 juin à l’initiative des députés du Tarn, avec de bonnes chances d’adoption définitive.- “Urgence” de “désenclavement” -Concrètement, il s’agit de faire “valider” par la loi deux arrêtés relatif à l’autorisation environnementale du projet, au motif qu’il répond à une raison impérative d’intérêt public majeur (RIIPM), nécessaire pour justifier aux yeux de la justice les atteintes portées à l’environnement par un tel chantier.Le Sénat répond ainsi “à une situation d’urgence” pour “éviter les conséquences dramatiques d’un arrêt du projet”, a martelé le sénateur Horizons Franck Dhersin, rapporteur du texte.En effet, les défenseurs du texte plaident pour le “désenclavement” d’un bassin d’environ 100.000 personnes (Castres-Mazamet) et veulent donner des perspectives aux acteurs économiques locaux.Or selon Marie-Lise Housseau, l’arrêt du projet, qui devait s’achever en 2025, entraînerait des “dommages irrémédiables” pour le Tarn, département “qui se sent humilié, méprisé et nié dans ses choix de développement”.Au-delà du bien-fondé du projet, les débats les plus nourris ont concerné la forme de cette initiative, avec de sérieuses interrogations sur sa conformité à la Constitution.”Le législateur crée un précédent grave en tentant d’influencer une Cour de justice”, s’est alarmé l’écologiste Jacques Fernique.Interrogé par l’AFP depuis Soual, commune située sur le tracé de l’A69 dans le Tarn, Thomas Digard, militant du collectif La Voie est libre (LVEL) d’opposants à cette autoroute, s’est dit “écoeuré” par cette démarche parlementaire, lancée selon lui pour “passer en force” après avoir “perdu sur le terrain juridique”.- “Message trouble” -A l’opposé, les soutiens du texte ont méticuleusement défendu les nombreux “motifs impérieux d’intérêt général” démontrant selon eu la conformité du texte à la loi fondamentale: socioéconomiques, politiques, environnementaux, relatifs aux finances publiques ou encore à la sécurité routière.Mais certains législateurs n’ont pu masquer leur inconfort face à une proposition de loi au format inhabituel, débattue à quelques jours de l’examen par la cour administrative d’appel de Toulouse d’un premier recours contre l’arrêt des travaux, le 21 mai.”Nous ne devons pas procéder à du cas par cas législatif”, a reconnu le communiste Jean-Pierre Corbisez, pourtant favorable. Le Sénat “envoie un message trouble”, a abondé le socialiste Hervé Gillé, dont le groupe n’a pas participé au vote malgré quelques soutiens de sénateurs notamment occitans.Cette position du PS a offusqué les dirigeants des Ecologistes et de La France insoumise, Marine Tondelier et Manuel Bompard. Pour la première, les socialistes n’ont “même pas daigné (…) respecter le programme du NFP”. “Une trahison complète” pour le second.Autre fait marquant, la position de “sagesse” du gouvernement, ni favorable ni défavorable, exprimée pour “n’interférer ni dans la procédure juridictionnelle en cours, ni dans le travail parlementaire”, a expliqué le ministre des Transports Philippe Tabarot, qui soutient pourtant vivement le projet comme de nombreux ministres.L’enjeu final sur ce texte sera probablement de savoir si le Conseil constitutionnel le censure ou non. “Le Conseil sera évidemment saisi”, a confirmé à l’AFP le sénateur écologiste Ronan Dantec, qui a dénonce “une loi de posture”.

Le puçage des chats, une obligation pas assez respectée

Seuls la moitié des quelque 17 millions de chats domestiques en France seraient identifiés –par une puce électronique ou par un tatouage– alors que ce marquage est obligatoire, comme pour les chiens et même pour les furets de compagnie.”On a encore un taux d’identification qui est vraiment trop faible” pour les chats “alors que c’est une obligation réglementaire”, a déploré jeudi lors d’une conférence de presse Cécile Gardino, vétérinaire et responsable de l’analyse des données pour la société Ingenium animalis, qui gère le fichier national I-CAD (identification des carnivores domestiques), sous délégation du ministère de l’Agriculture.Au 31 décembre 2024, 9,5 millions de chiens, 8,6 millions de chats et 17.636 furets étaient recensés dans ce registre et considérés comme étant encore en âge d’être vivants. Le fait de détenir un chien ou un chat non identifié né après le 1er janvier 2012 peut être puni d’une amende de 750 euros.”On est autour de 50% de chats identifiés, donc les marges de progression sont encore importantes”. A titre de comparaison, “on considère que 90% des chiens sont identifiés en France”, a-t-elle souligné. Le fichier I-CAD –présenté comme la plus grosse base de données sur cette thématique à l’échelle européenne– permet de recenser la population générale des chats, chiens et furets en France, d’assurer la surveillance sanitaire ou encore de lutter contre les trafics, les vols et l’abandon. Et cette traçabilité, indispensable pour souscrire une assurance ou pour voyager à l’étranger avec son animal, permet aussi “aux personnes qui on perdu leur animal de le retrouver plus facilement”, a expliqué Cécile Gardino.”Il est vraiment primordial que l’identification des chats” soit bien effectuée, parce que “76% des animaux déclarés perdus sont des chats”, a-t-elle insisté. Pour sensibiliser propriétaires, éleveurs et vétérinaires à l’insuffisance de l’identification des félins domestiques, cette thématique sera au coeur de la septième édition de la “semaine de l’identification”, organisée par l’I-CAD du 16 au 22 juin prochain. L’identification des animaux domestiques permet de leur attribuer un numéro unique, via l’implantation sous la peau d’une puce électronique ou plus rarement par un tatouage. Ce numéro est enregistré dans le fichier I-CAD avec le nom et l’adresse de leur propriétaire.

China first-quarter emissions fell despite rising power demand

China’s emissions fell in the first quarter of 2025 despite rapidly growing power demand thanks to soaring renewable and nuclear energy, a key milestone for world’s top emitter, analysis showed Thursday.The country emits more than twice as much planet-warming greenhouse gases — mainly carbon dioxide — as any other. It plans to peak carbon emissions …

China first-quarter emissions fell despite rising power demand Read More »

Bétharram: audition marathon, style agressif, coût politique limité pour Bayrou

Dans son audition fleuve mercredi sur l’affaire Bétharram, François Bayrou a usé d’une stratégie d’affrontement politique sans apporter de réel éclairage sur le fond, mais il ne sort pas à court terme affaibli politiquement, en attendant d’autres échéances cruciales.Un “moment libérateur” a conclu le Premier ministre, qui n’a pas semblé abattu après cinq heures trente d’échanges très tendus avec la commission d’enquête de l’Assemblée nationale, où il s’est montré particulièrement offensif, attaquant d’emblée ses contradicteurs et invoquant le sort des victimes.Il avait apporté deux livres près de lui, “La Meute” qui décrit des pratiques violentes de La France insoumise, et “Le silence de Bétharram” du porte-parole des victimes de l’établissement, auxquelles il a dédié son audition.Sur un ton jugé agressif, inhabituel chez lui, il a retourné les accusations de mensonges contre le corapporteur LFI Paul Vannier, en maintenant ne pas avoir disposé d’informations privilégiées dans l’affaire des violences physiques et sexuelles de l’établissement catholique Notre-Dame de Bétharram, où plusieurs de ses enfants ont été scolarisés.”Sur le fond, François Bayrou ne lève pas grand-chose. Mais la posture est habile, il détourne le sujet”, analyse le constitutionnaliste Benjamin Morel. Sa “stratégie de diversion a bien fonctionné”, complète le spécialiste en communication politique Philippe Moreau-Chevrolet car “on a autant parlé de ses attaques contre LFI que du fond du dossier” sur lequel il a “conservé une ligne de défense basée sur le déni et le complot politique”.- “Populiste” -Se perdant dans les détails, François Bayrou a aussi entretenu la confusion dans ses réponses, ponctuées de formules assassines.”C’est une stratégie très populiste, plus tenue par les coupables que par les innocents, qui renforce l’idée qu’il a quelque chose à cacher” si bien que sur le long terme “l’affaire n’est pas terminée” et pourrait donner des arguments au président pour s’en séparer, anticipe Philippe Moreau-Chevrolet.Le Premier ministre a pris le risque de détériorer de nouveau son image, déjà dégradée dans l’opinion: l’homme politique “sympathique” se montre “cynique” et “agressif”, souligne le communicant.Si François Bayrou “ressort sans que l’idée de démission fasse les titres des journaux ou soit évidente”, “l’histoire n’est pas terminée” car il ressort “abîmé” de ses attaques, abonde un élu LFI.- “Crédit” -Mais il est parvenu à limiter l’impact négatif de cette audition présentée comme déterminante pour son avenir politique.Sa stratégie de renvoyer l’audition “dans le champ du débat politique partisan” ne le “sauve” pas, estime M. Morel, “mais il évite ainsi de présenter la gorge et peut espérer imposer dans l’opinion l’idée d’une vendetta contre lui, tout en pariant sur le fait d’éviter une censure, dès lors que le RN n’a pas intérêt à joindre sa voix à la gauche sur le sujet”.En attendant les conclusions fin juin de la commission d’enquête, Paul Vannier lui-même n’a pas parlé jeudi de “parjure”. Il a estimé que François Bayrou avait “menti” par le passé mais qu’il était “trop tôt” pour dire s’il avait aussi menti pendant l’audition.D’autre part, le Rassemblement national, sans les voix duquel François Bayrou ne peut pas être censuré, a semblé en soutien.”J’ai tendance à donner du crédit à la parole publique du Premier ministre” a déclaré sur TF1 le vice-président du RN Sébastien Chenu, pour qui l’audition ressemblait “à un procès de Moscou”.Cette audition “c’est du stalinisme”, a renchéri le chef des députés MoDem Marc Fesneau, un proche de François Bayrou.Beaucoup plus critique à l’égard du Premier ministre, le chef de file des députés socialistes Boris Vallaud a dénoncé “une entreprise d’enfumage”, car pour lui François Bayrou n’a pas apporté “d’éléments supplémentaires de compréhension”.François Bayrou n’est pas sorti d’affaire pour autant. Sur le budget 2026, encore plus contraint que le précédent, “on va droit à la censure à date”, selon un proche.