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Au Royaume-Uni, l’ensoleillement record donne une récolte de fraises exceptionnelle

L’ensoleillement et les températures record du printemps au Royaume-Uni ont permis de cueillir des fraises exceptionnellement sucrées et charnues, ce qui réjouit les producteurs au moment où d’autres agriculteurs s’inquiètent, eux, pour la croissance de leurs récoltes.Selon James Miller, directeur commercial d’un des plus grands producteurs de fraises du pays, les journées ensoleillées et les nuits fraîches ont créé des conditions “parfaites” pour ces fruits.Le temps clément, en outre, a stimulé la pollinisation, qui améliore la qualité des fraises, a expliqué à l’AFP ce représentant du groupe agricole WB Chambers Farms.La récolte bat actuellement son plein dans l’une de ses fermes près de Dartford, dans le Kent (sud-est de l’Angleterre), où les fraisiers s’affaissent sous le poids des fruits mûrs, à l’abri dans les serres qui les protègent.”Je travaille dans le secteur des fruits rouges depuis 30 ans et c’est l’un des meilleurs printemps que j’ai pu voir, en termes de météo comme de récolte”, a confirmé Nick Marston, président de l’organisation British Berry Growers.Résultat, les baies sont “d’une taille et d’une saveur exceptionnelles”, a-t-il souligné.De début mars à fin mai, le Royaume-Uni a connu son printemps le plus chaud depuis le début des relevés des températures en 1884, a annoncé lundi l’agence météorologique Met office. Il s’agit également du printemps le plus ensoleillé et de l’un des plus secs dans l’histoire du pays, ce qui a “créé des conditions difficiles pour l’agriculture et les ressources en eau dans une grande partie” du Royaume-Uni. L’Angleterre, en particulier, a connu son printemps le plus sec depuis plus d’un siècle, suscitant les inquiétudes des producteurs de betteraves à sucre ou de pommes de terre.Pour limiter les volumes d’eau utilisés, un système d’irrigation goutte-à-goutte est directement installé au pied des fraisiers de la ferme de Dartford.Selon Nick Marston, les producteurs britanniques ont déjà vendu près de 21.600 tonnes de fraises depuis le début de la saison, soit 5.000 tonnes de plus qu’à la même période l’an dernier.Car en plus d’être de meilleure qualité grâce au soleil, les fraises sont arrivées en rayons dès avril, alors qu’elles sont généralement mûres au mois de mai.

Les taxis manifestent à Bercy et appellent à bloquer les aéroports parisiens

Après une pause d’une semaine et demie, les hostilités reprennent mercredi du côté des taxis avec le blocage des aéroports parisiens (Charles de Gaulle et Orly) et une manifestation devant le ministère de l’Economie et des Finances.Dès mardi après-midi, une cinquantaine de taxis s’étaient installés à Bercy, protégés par des camions de police. “C’est peut-être le dernier espoir”, a lancé Fanny Perraud, taxi dans le Beaujolais, qui a déjà manifesté à Lyon.”On a prévu d’être nombreux à se faire entendre”, a ajouté Karine Yves, taxi de 52 ans, qui craint pour son activité avec la nouvelle convention de l’Assurance maladie pour le transport des malades en taxi.Une réunion doit avoir lieu mercredi matin au ministère de la Santé pour trouver une issue au conflit, mais en l’état, “on est partis sur un rapport de force pour que ce soit un blocage du pays”, a prévenu vendredi le secrétaire de la Fédération nationale du taxi (FNDT), Dominique Buisson.Il a également annoncé une reprise de la mobilisation jeudi à Pau, épicentre de la contestation en sa qualité de ville d’origine du Premier ministre François Bayrou.La réunion du 24 mai avec le Premier ministre avait ouvert un cycle de négociations entre le ministère de la Santé, celui des Transports et les organisations représentatives des taxis.- Economies -Celles-ci sont remontées contre la nouvelle convention de l’Assurance maladie régissant le transport des malades en taxi, censée entrer en vigueur le 1er octobre.Le nouveau système doit reposer sur une prise en charge de 13 euros par l’Assurance maladie, puis un tarif kilométrique. Mais les taxis craignent par exemple que les temps d’attente lorsque le patient est en consultation à l’hôpital ne soient plus rémunérés.Le chiffre d’affaires de certains artisans-taxis repose parfois aux deux tiers sur le transport des patients vers les hôpitaux ou à leurs rendez-vous médicaux, notamment dans les zones rurales ou les petites villes.Pour l’Assurance maladie, il s’agit d’économiser de l’argent en développant des plateformes de transports centralisant les demandes, pour rationaliser les allées et venues des taxis, permettre le transport partagé et éviter retours à vide ou longues périodes d’attente des véhicules.Entre 2019 et 2024, les dépenses de transport sanitaire ont explosé pour atteindre 6,74 milliards d’euros annuels, dont 3,07 milliards pour les taxis conventionnés, soit une augmentation de 45%.- Blocage du pays -Toute la deuxième quinzaine de mai, la profession a bloqué gares et aéroports ou occupé certains axes.A Paris, la contestation s’est concentrée boulevard Raspail, à deux pas du ministère des Transports. Dans le même temps, les taxis s’en sont pris aux chauffeurs VTC, accusés de concurrence déloyale et de pratiquer la maraude, ce qui leur est théoriquement interdit.Le gouvernement a répondu en affirmant qu’il allait accentuer les contrôles pour s’attaquer aux fraudeurs. Une célérité qui a mis en colère les chauffeurs VTC, reçus à leur tour le 3 juin au ministère des Transports. Ils ont eux aussi appelé à une semaine de mobilisation à partir de mardi.Les taxis réclament un moratoire sur le nombre de chauffeurs VTC et un gel des examens d’admission, en raison de l’afflux continu de chauffeurs sur les plateformes (Uber, Bolt…) qui tirent leurs revenus à la baisse.Mardi, ils étaient 2.000 à manifester à Paris et dans une dizaine de villes, selon Union-Indépendants, l’une des organisations qui les représente.

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Après une évacuation en catastrophe, l’attente des réfugiés canadiens des feux

Quand Travis Bighetty a fui son village du centre du Canada, celui-ci était “pratiquement englouti par le feu” et de la cendre tombait du ciel. Depuis, comme des milliers d’autres évacués, cet autochtone a trouvé refuge à plus de 2.000 kilomètres, à côté des chutes du Niagara.”Nous savions que le feu se dirigeait vers nous. Nous ne savions pas à quelle vitesse”, raconte à l’AFP l’homme de 38 ans, qui a été évacué par hélicoptère. Autour de lui, il n’y avait “que de la fumée”.Il est parti dans la précipitation, sans avoir le temps de ramasser ses affaires, et sa fille de sept ans “n’a pas pu récupérer sa poupée à laquelle elle tenait tant”.Originaires d’un village dans la forêt au sein d’une communauté autochtone crie, située dans le nord de la province du Manitoba, le père et sa fille se retrouvent aujourd’hui à déambuler dans les rues de Nigara Falls, au milieu des touristes venus pour voir les chutes emblématiques.Vêtu d’un costume gris et d’un chapeau de cow-boy récupéré la veille dans une distribution de vêtements, Travis Bighetty raconte maintenant l’attente qui se prolonge et dit avoir hâte de rentrer chez lui.”J’aimerais retourner dans le pays de Dieu. J’aimerais retourner dans ma réserve, dit-il. Mais on nous a dit que cela prendrait du temps.”Au Canada, plus de 30.000 personnes vivant dans le centre et l’ouest du pays ont déjà dû être évacuées de chez elles en raison de feux de forêt très intenses. Plus de trois millions d’hectares de forêt ont déjà brûlé, l’équivalent de la surface de la Belgique.Les évacuations touchent en grand nombre des communautés autochtones qui vivent dans des villages reculés au coeur de la forêt boréale.- Choc culturel -Dans les rues de Niagara Falls, ils sont nombreux à tuer le temps sur les terrasses des restaurants et des cafés de la ville touristique.La municipalité est consciente qu’ils ont du mal à se sentir à l’aise dans un environnement urbain, explique à l’AFP Jo Zambito, chef des pompiers locaux et coordinateur des interventions d’urgence.”Ils viennent d’une culture différente de la nôtre”, souligne-t-il.Outre des chambres d’hôtel, Niagara Falls tente de s’adapter et offre du soutien psychologique et aussi des activités récréatives pour occuper les enfants.La ville est bien équipée pour accueillir des personnes en détresse venues d’ailleurs, estime Jo Zambito. Au total, 2.400 autochtones du Manitoba ont été évacués à Niagara Falls et les habitants ont fait des dons, mais la ville craint de surcharger le système de santé, ajoute-t-il.Et surtout, le grand défi sera de tenir sur la durée et de faire face à l’incertitude pour les évacués. “Nous ne savons pas combien de temps ils vont rester ici”, lâche-t-il, inquiet.- “Je me sens seule” -Florette Richard détourne la tête pour cacher ses yeux pleins de larmes quand elle raconte la fuite de son village de Cross Lake, dans le nord du Manitoba. Cette mère de quatre enfants explique à l’AFP que deux d’entre eux n’ont pas accepté d’être évacués à Niagara Falls, si loin de chez eux. Donc la famille se retrouve divisée et Florette Richard a du mal à supporter d’être éloignée d’une partie de siens, notamment de son seul petit-fils, Ezra, âgé d’un an.Même si avec son mari Norval, ils sont entourés par d’autres personnes originaires de sa communauté, elle confie son sentiment d’isolement.”Je me sens seule. Ma maison me manque. Mon lit me manque.”

Visites d’aptitude à la conduite: “une idée de bon sens” pour éviter des drames

Réflexes diminués, confusion entre frein et accélérateur… Ces phénomènes provoquent des accidents de la route mortels, qui pourraient être évités si les visites médicales d’aptitude à la conduite devenaient obligatoires, défendent un collectif et des députés, quand d’autres voix craignent une “stigmatisation” des seniors.Treize blessés à Narbonne (Aude) pour un conducteur nonagénaire qui a percuté la terrasse d’un restaurant; huit blessés à Warmeriville (Marne) après l’accident provoqué par un septuagénaire entré avec sa voiture dans une boulangerie; un couple de retraités blessés après que le conducteur octogénaire a perdu le contrôle de son véhicule: Pauline Déroulède énumère ces faits survenus récemment.”C’est toujours les mêmes raisons, soit l’accélérateur ou le frein, soit le pseudo malaise. J’ai l’impression de relire mon accident à chaque fois”, déplore la championne paralympique de tennis, qui a perdu sa jambe gauche en 2018 à Paris, fauchée par un nonagénaire ayant confondu le frein avec l’accélérateur, “victime de lui-même par son inaptitude”.Depuis, celle qui incarne le collectif Sauver des vies c’est permis, lancé en février 2024, milite ardemment pour prévenir ces drames.Actuellement en France, il existe un contrôle médical obligatoire, auprès d’un médecin agréé, pour quiconque souffre d’une affection considérée comme incompatible avec le maintien de la conduite, ou pour récupérer ce droit à la suite d’une invalidation, d’une suspension ou d’une annulation.La proposition de loi (PPL) transpartisane portée notamment par le député Horizons Frédéric Valletoux s’articule autour d’un certificat médical à fournir dès l’obtention du permis puis à renouveler tous les 15 ans jusqu’à 70 ans, ensuite tous les cinq ans.”Il faut qu’on puisse maintenant traduire dans la loi cette idée de bon sens, souligne le parlementaire.”Le combat est de faire passer des visites médicales pour tous les conducteurs, pas seulement les personnes âgées. On n’est pas tous égaux et c’est bien pour ça qu’il faut une visite pour tout le monde, même si on parle souvent des seniors”, insiste Pauline Déroulède. Elle, n’a pas oublié son conducteur, “un monsieur qui a eu une fin de vie extrêmement compliquée en étant tout à fait conscient de ce qu’il avait fait et ce qu’il aurait pu éviter de faire s’il avait passé une visite”.- L’enjeu de l’autonomie -Mais des associations et professionnels s’alarment d’une “stigmatisation”, de fait, des seniors.”Le permis de conduire est un facteur majeur d’autonomie pour les personnes âgées. La législation en vigueur et les débats en cours privilégient l’auto-évaluation de l’aptitude plutôt qu’une limitation stricte et potentiellement arbitraire”, soulignent Les Petits frères des pauvres, ajoutant “que maintenir une capacité de déplacement autonome des personnes âgées est fondamental pour leur bien-être et pour lutter contre leur isolement”.Les statistiques sur les accidents provoqués par une inaptitude à la conduite sont rares et peu détaillées. Mais selon l’Observatoire national interministériel de la sécurité routière (ONISR), en 2024, 3.161 personnes sont présumées responsables d’accidents mortels, causés notamment pour 14% par l’inattention, 10% par des malaises et 4% par des contresens. Les 75 ans et plus représentent 17% des tués et 12% des présumés responsables d’accidents mortels.Olivier Guérin, professeur des universités et praticien hospitalier en gériatrie au CHU de Nice, s’inquiète lui aussi d’une “stigmatisation d’une certaine partie de la population” avec une telle loi.”On ne peut que compatir et être en empathie mais il ne faut pas faire le raccourci de +il y a eu cet accident parce qu’il était vieux, il faut donc interdire à tous les vieux de conduire+”, explique le gériatre, “parce que c’est une sanction extrêmement lourde de ne plus conduire”.”Il n’y a pas de raison d’avoir un âge limite de quoi que ce soit sur la conduite comme pour le reste”, répète le professeur, qui s’interroge: “Que met-on en place pour garantir la liberté d’aller et venir, qui est un droit fondamental ?”Olivier Guérin fonde ses espoirs plutôt sur “la robotisation des véhicules, qui les rend beaucoup plus sûrs”.

Treasury chief returns to US as China trade talks ongoing

US Treasury Secretary Scott Bessent on Tuesday described closely watched trade talks with Chinese officials as productive, as scheduling conflicts prompted his departure from London with negotiations ongoing.Top officials from the world’s two biggest economies held a second day of trade talks Tuesday at the UK’s historic Lancaster House, with meetings stretching into the night.All …

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Macron défend son bilan écologique, face aux reculs et aux critiques

Après quatre jours à tenter d’incarner le combat écologique sur la scène internationale, Emmanuel Macron a défendu bec et ongles mardi soir son bilan environnemental en France, souvent jugé insuffisant et maintenant détricoté y compris par certains dans son propre camp.Point d’orgue d’une séquence qui l’a vu en porte-parole de la cause des océans à Monaco puis à Nice, pour une conférence internationale de l’ONU qu’il coprésidait avec le Costa Rica: une émission télévisée sur France 2 mardi en prime time, présentée par Léa Salamé et Hugo Clément depuis la Promenade des Anglais.”Je n’ai pas de leçon à recevoir”, a martelé le chef de l’Etat face aux questions sur certains reculs, par exemple sur l’herbicide glyphosate qu’il avait promis d’interdire en 2017 avant d’y renoncer deux ans plus tard.”Ce que j’adore le plus, c’est les journalistes qui pendant huit ans ont dit +il n’a pas de bilan écologique+ et qui maintenant disent +il détricote son bilan écologique+”, s’est-il agacé.En début d’émission, Emmanuel Macron a plusieurs fois déploré d’être interrogé sur ces points controversés avant de parler des océans, thème de la soirée.Car là-dessus, son message est clair.”Nice, vraiment, est un succès”, a-t-il revendiqué.”Alors que les vents mauvais se sont remis à souffler pour écarter toutes les questions climatiques, environnementales ou de biodiversité de l’agenda international, jamais la communauté internationale n’avait mobilisé autant de chefs d’État et de gouvernement, autant de pays pour nos océans”, s’était-il félicité dès la veille en conférence de presse.- “Prédation” et “menace” -Depuis lundi, il a mis en avant les ratifications engrangées, et les engagements d’autres pays, qui permettront selon lui une entrée en vigueur au 1er janvier 2026 du traité de protection de la haute mer — un “exploit”, a-t-il estimé, mais qui devra être vérifié à l’automne.”Une marée d’espoir et un grand motif de célébration”, a salué Rebecca Hubbard, directrice de la High Seas Alliance, une organisation non gouvernementale.Sur l’autre avancée de la conférence, l’extension des aires marines protégées annoncées par plusieurs pays dont la France, l’accueil a été en revanche plus sceptique. Pour Nicolas Fournier de l’ONG américaine Oceana, le président “a fait naître l’espoir que le gouvernement français agisse enfin contre le chalutage de fond dans les aires marines protégées, mais ces annonces sont plus symboliques qu’efficaces”. “Vous êtes contente d’acheter votre poisson (…) à un prix abordable”, a répondu Emmanuel Macron à Léa Salamé qui le relançait sur ces critiques. “Les trois quarts des criées, elles sont alimentées par ce qui vient aussi du chalutage”, a-t-il insisté.Au-delà, le chef de l’Etat a mis en avant son volontarisme en matière de diplomatie climatique pour montrer qu’il “continue d’agir”, un an après la dissolution de l’Assemblée nationale qui l’a privé durablement de majorité et lui a fait perdre grand nombre de leviers sur la scène nationale.Replié sur ses prérogatives internationales et régaliennes, Emmanuel Macron a plusieurs fois ces derniers jours critiqué le désengagement américain en matière climatique. Alors qu’il se rend dimanche au Groenland, territoire autonome du Danemark convoité par Donald Trump, il a affirmé vouloir y éviter toute “prédation” et toute “menace”. Et il a redit au président américain, qui prévoit de lancer l’exploitation de métaux critiques au fond des eaux internationales du Pacifique, que “nous serions totalement fous” d’exploiter avant d’avoir la connaissance scientifique de ces “abysses”.Mais il a aussi égratigné des décisions prises par le Parlement ou le gouvernement français qui détricotent son bilan écologique déjà jugé insuffisant par de nombreux défenseurs de l’environnement.”On a aujourd’hui une remise en cause aussi de la priorité dans le débat public donnée au climat, y compris d’ailleurs en France”, a-t-il lancé à Nice, dénonçant une “énorme erreur”. Un “coup de gueule” réitéré mardi sur France 2, en appelant le gouvernement et le Parlement à ne “rien relâcher de l’effort”. En cause, la suspension des aides à la rénovation énergétique MaPrimeRénov’, la fin des zones à faibles émissions (ZFE) qui restreignent la circulation des véhicules très polluants, ou encore le retour envisagé à l’usage de pesticides dangereux.Mais cette posture autoproclamée de “vigie” n’a toutefois pas convaincu.”Le président semble avoir honte de ses reculs écolos. Il peut. Où était-il quand l’écologie était sabrée dans le budget et quand ses députés votaient contre l’écologie?”, a critiqué lundi la cheffe des Ecologistes Marine Tondelier.

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Macron défend son bilan écologique, face aux reculs et aux critiques

Après quatre jours à tenter d’incarner le combat écologique sur la scène internationale, Emmanuel Macron a défendu bec et ongles mardi soir son bilan environnemental en France, souvent jugé insuffisant et maintenant détricoté y compris par certains dans son propre camp.Point d’orgue d’une séquence qui l’a vu en porte-parole de la cause des océans à Monaco puis à Nice, pour une conférence internationale de l’ONU qu’il coprésidait avec le Costa Rica: une émission télévisée sur France 2 mardi en prime time, présentée par Léa Salamé et Hugo Clément depuis la Promenade des Anglais.”Je n’ai pas de leçon à recevoir”, a martelé le chef de l’Etat face aux questions sur certains reculs, par exemple sur l’herbicide glyphosate qu’il avait promis d’interdire en 2017 avant d’y renoncer deux ans plus tard.”Ce que j’adore le plus, c’est les journalistes qui pendant huit ans ont dit +il n’a pas de bilan écologique+ et qui maintenant disent +il détricote son bilan écologique+”, s’est-il agacé.En début d’émission, Emmanuel Macron a plusieurs fois déploré d’être interrogé sur ces points controversés avant de parler des océans, thème de la soirée.Car là-dessus, son message est clair.”Nice, vraiment, est un succès”, a-t-il revendiqué.”Alors que les vents mauvais se sont remis à souffler pour écarter toutes les questions climatiques, environnementales ou de biodiversité de l’agenda international, jamais la communauté internationale n’avait mobilisé autant de chefs d’État et de gouvernement, autant de pays pour nos océans”, s’était-il félicité dès la veille en conférence de presse.- “Prédation” et “menace” -Depuis lundi, il a mis en avant les ratifications engrangées, et les engagements d’autres pays, qui permettront selon lui une entrée en vigueur au 1er janvier 2026 du traité de protection de la haute mer — un “exploit”, a-t-il estimé, mais qui devra être vérifié à l’automne.”Une marée d’espoir et un grand motif de célébration”, a salué Rebecca Hubbard, directrice de la High Seas Alliance, une organisation non gouvernementale.Sur l’autre avancée de la conférence, l’extension des aires marines protégées annoncées par plusieurs pays dont la France, l’accueil a été en revanche plus sceptique. Pour Nicolas Fournier de l’ONG américaine Oceana, le président “a fait naître l’espoir que le gouvernement français agisse enfin contre le chalutage de fond dans les aires marines protégées, mais ces annonces sont plus symboliques qu’efficaces”. “Vous êtes contente d’acheter votre poisson (…) à un prix abordable”, a répondu Emmanuel Macron à Léa Salamé qui le relançait sur ces critiques. “Les trois quarts des criées, elles sont alimentées par ce qui vient aussi du chalutage”, a-t-il insisté.Au-delà, le chef de l’Etat a mis en avant son volontarisme en matière de diplomatie climatique pour montrer qu’il “continue d’agir”, un an après la dissolution de l’Assemblée nationale qui l’a privé durablement de majorité et lui a fait perdre grand nombre de leviers sur la scène nationale.Replié sur ses prérogatives internationales et régaliennes, Emmanuel Macron a plusieurs fois ces derniers jours critiqué le désengagement américain en matière climatique. Alors qu’il se rend dimanche au Groenland, territoire autonome du Danemark convoité par Donald Trump, il a affirmé vouloir y éviter toute “prédation” et toute “menace”. Et il a redit au président américain, qui prévoit de lancer l’exploitation de métaux critiques au fond des eaux internationales du Pacifique, que “nous serions totalement fous” d’exploiter avant d’avoir la connaissance scientifique de ces “abysses”.Mais il a aussi égratigné des décisions prises par le Parlement ou le gouvernement français qui détricotent son bilan écologique déjà jugé insuffisant par de nombreux défenseurs de l’environnement.”On a aujourd’hui une remise en cause aussi de la priorité dans le débat public donnée au climat, y compris d’ailleurs en France”, a-t-il lancé à Nice, dénonçant une “énorme erreur”. Un “coup de gueule” réitéré mardi sur France 2, en appelant le gouvernement et le Parlement à ne “rien relâcher de l’effort”. En cause, la suspension des aides à la rénovation énergétique MaPrimeRénov’, la fin des zones à faibles émissions (ZFE) qui restreignent la circulation des véhicules très polluants, ou encore le retour envisagé à l’usage de pesticides dangereux.Mais cette posture autoproclamée de “vigie” n’a toutefois pas convaincu.”Le président semble avoir honte de ses reculs écolos. Il peut. Où était-il quand l’écologie était sabrée dans le budget et quand ses députés votaient contre l’écologie?”, a critiqué lundi la cheffe des Ecologistes Marine Tondelier.

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“Propre, silencieux, durable”: Blue Spirit Aero présente son avion à hydrogène au Mans

“Propre, silencieux, durable”: Blue Spirit Aero a dévoilé officiellement mardi son petit avion à hydrogène Dragonfly, un appareil de quatre places destiné dans un premier temps aux écoles de pilotage et présenté sur l’aéroport du Mans en “première mondiale”.Lors d’une cérémonie devant des dizaines d’invités et journalistes, le Dragonfly et ses 12 moteurs électriques, chacun alimenté par une pile à combustible à hydrogène, a brièvement roulé sur le tarmac de l’aéroport, situé à quelques centaines de mètres du circuit des 24h du Mans. Il s’est ensuite ravitaillé en quelques minutes à une station hydrogène mobile. “C’est une première mondiale”, s’est félicité Olivier Savin, fondateur de cette start-up créée en 2020 et implantée en région parisienne et à Toulouse. Dragonfly est “le premier avion à hydrogène dessiné à partir d’une feuille blanche”, contrairement à la dizaine d’autres projets similaires menés dans le monde selon lui. “Tous mes concurrents ont choisi par facilité de prendre un avion existant (…) et d’extirper la motorisation conventionnelle au profit d’une motorisation électrique et de la combustible hydrogène. Moi, j’ai la conviction que ça ne fonctionne pas”, a-t-il expliqué à la presse.Le premier vol d’essai du Dragonfly est prévu “dans les prochains mois” et la certification pourrait intervenir en 2027-2028, avec une commercialisation “dans la foulée”, espère M. Savin. “On est encore à la recherche d’investisseurs”, relève-t-il.Le petit avion pourra parcourir 700 km à 230 km/h. Il sera capable de voler avec huit de ses moteurs en panne.Blue Spirit Aero vise dans un premier temps le marché des écoles de formation de pilotes professionnels.”On parle de 600.000 pilotes à former ces 20 prochaines années. Donc il y a une nécessité d’augmenter le volume d’avions disponibles pour les écoles et ces nouveaux avions se doivent d’être vertueux”, estime M. Savin.A plus long terme, la jeune entreprise envisage de s’attaquer au transport régional avec un avion de six places et 1.000 km d’autonomie, voire des avions de 14 places.Dragonfly sera présenté au salon aérospatial du Bourget la semaine prochaine. Le maire du Mans et président de l’agglomération, Stéphane Le Foll, s’est dit “fier” d’accueillir cet événement dans une ville qui se veut un pôle d’innovation, notamment dans le secteur de l’hydrogène.”On est là non pas pour révolutionner la mobilité, mais pour la décarboner”, a-t-il dit, saluant dans le projet Dragonfly une “innovation de rupture” nécessaire face au changement climatique.

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Le ton monte autour des orques de Marineland, toujours dans l’impasse

Le ton est monté ces derniers jours entre le Marineland d’Antibes et le gouvernement, formalisant l’impasse dans laquelle se trouvent les deux orques du parc fermé depuis six mois, même si le président Emmanuel Macron a assuré qu’une solution serait trouvée avec les défenseurs des animaux.”Il est urgent que vous preniez vos responsabilités pour régler cette situation que vous avez vous-même provoquée (… et) dont vous serez tenue responsable le moment venu”, a dénoncé la direction du parc la semaine dernière dans un courrier adressé à la ministre de la Transition écologique, Agnès Pannier-Runacher.”Il me semble que le parc a une responsabilité de prendre en charge les animaux qui leur ont permis de faire des profits pendant des années. C’est maintenant au parc de nous faire des propositions”, a répliqué la ministre, interrogée à Nice en marge du sommet de l’ONU sur l’océan sur le sort de Wikie (24 ans) et de son fils Keijo (11 ans).Lors d’une émission mardi soir sur France 2, le président Emmanuel Macron a salué la fermeture du parc comme une réussite, avant d’assurer à Paul Watson, fondateur de l’ONG Sea Shepherd, qui plaide pour la création d’un sanctuaire: “On va trouver la solution avec vous, la ministre va trouver la solution avec vous”.Marineland a fermé en janvier en raison du désamour du public pour ce modèle de parc et de la loi de 2021 sur le bien-être animal qui interdira à partir de fin 2026 les spectacles de cétacés, sa principale attraction.Mais les orques sont toujours là: en novembre, Mme Pannier-Runacher a refusé qu’elles partent au Japon, et en avril, Madrid a mis son veto à un transfert à Tenerife, dans le seul parc européen équipé.Dans son courrier, que l’AFP a pu consulter, Marineland enjoint la ministre à insister auprès des autorités espagnoles ou à donner son feu vert pour le Japon: “Vous savez parfaitement qu’il n’existe aucune autre solution”.”Aujourd’hui, il n’y en a aucune au plan mondial pour des orques”, a reconnu Mme Pannier-Runacher, qui doit en revanche s’entretenir dans la semaine avec ses homologues italien et grec avec un bon espoir d’aboutir à la mise en place dans ces deux pays des sanctuaires pour les dauphins.Il y en a douze à Marineland, mais rien ne sera prêt avant au moins un an, a reconnu la ministre. En attendant, la direction a récemment déposé une nouvelle demande pour envoyer dix dauphins dans un parc à Malaga et deux à Tenerife.Pour les orques, seule Sea Shepherd semble croire à la possibilité d’un sanctuaire de semi-liberté pour ces animaux nés en captivité.”On a des lieux pressentis en Grèce”, explique Lamya Essemlali, présidente de Sea Shepherd France, qui a proposé de mettre cinq millions d’euros sur la table et se dit confiante de trouver les dons et mécénats nécessaires pour faire tourner un sanctuaire offrant à la fois une issue décente à la crise et “des perspectives de recherche absolument passionnantes” sur les orques.En attendant, l’ONG a obtenu du tribunal administratif de Nice une expertise sur l’état des bassins pour s’assurer qu’ils puissent garder les orques le temps nécessaire. Une option inadmissible pour le parc, qui évoque “des bassins en fin de vie” et “une situation intenable” pour les orques comme pour les soigneurs, qui vont perdre leur emploi.Plutôt discrets jusqu’à présent, ces derniers ont diffusé une vidéo lundi sur Facebook, en assurant s’occuper sept jours sur sept des orques et des dauphins, pour certains depuis plus de 30 ans.