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Rixe mortelle entre motards: 25 ans de réclusion requis contre l’accusé

Vingt-cinq années de réclusion criminelle ont été requises jeudi contre un ex-militaire membre des Hells Angels, accusé d’avoir tué un motard d’une autre bande lors d’une rixe à Tarbes en 2021, avec préméditation selon l’accusation, sous l’effet d’un “stress incontrôlé” d’après la défense.Kévin Da Cruz, 35 ans aujourd’hui, comparaît devant la cour d’assises de la Gironde pour avoir poignardé à mort Joseph Pontroué, 52 ans, au cours de cette bagarre entre bikers filmée par plusieurs témoins lors d’un salon consacré à la culture des États-Unis.Ce cheminot et ex-soldat des commandos parachutistes reconnaît être l’auteur mais assure ne se souvenir de rien, “sonné” par des coups reçus. Il encourt 30 ans de réclusion criminelle pour meurtre, voire la perpétuité si la préméditation est retenue.Il répond aussi de tentatives de meurtre sur trois autres membres des Rebels, club rival des Hells Angels selon l’accusation.”Il doit être puni et il sera puni. La peine sera en dessous (de 25 ans), je l’espère”, a déclaré son avocat, Me Emmanuel Zapirain, en conclusion de sa plaidoirie.Rejetant toute préméditation, l’avocat a demandé la requalification des faits en violences volontaires ayant provoqué la mort sans intention de la donner.”Kévin Da Cruz a porté des coups qui ont donné la mort”, a-t-il déclaré. “Il l’a fait dans un geste désespéré qu’il ne maîtrisait pas”, a-t-il ajouté, plaidant un “court-jus”, “un stress incontrôlé”.- “Ange de la mort” -À l’inverse, pour l’avocat général, “ses gestes sont précis, sûrs, puissants”. “Il a été formé, il sait manier le couteau” avec des “coups ciblés” dans le dos de Joseph Pontroué, a déclaré Jean-Luc Gadaud dans ses réquisitions.”Joseph Pontroué est mort en 30 secondes pour une guerre de territoire, pour un emblème rouge et blanc, pour rien finalement”, a tonné le représentant du ministère public.”Pendant ces 30 secondes, Kévin Da Cruz est l’ange de la mort, l’ange d’une mort absurde”, a ajouté l’avocat général à l’attention des jurés. “Vous enverrez un message à ces gangs qui veulent imposer leur loi, et à ces familles qui pleurent, vous direz le prix des douleurs.”Depuis lundi, les débats ont tourné autour d’une possible guerre de territoire entre motards, contestée par la défense mais reliée par l’accusation à un “modèle économique illégal”, où chaque festival local donne lieu à une “dîme”.”Ce n’est pas une bagarre de rue qui a mal tourné mais une embuscade, un guet-apens”, a asséné l’avocat général.”Qui sont-ils pour penser qu’on peut faire la guerre, obtenir des territoires ?”, s’est indignée Me Marine Gautreau, avocate de la famille Pontroué.”L’appartenance à un clan est plus importante (…) que d’apporter un peu d’apaisement à une famille”, a déploré Me Marina Debray, autre avocate des parties civiles, dénonçant “la loi du silence des Hells Angels”.”Des fantasmes”, a répliqué Me Zapirain. “Les Hells Angels sont une association de passionnés, pas de malfaiteurs.”Le verdict est attendu vendredi.

Suicides de soignants à l’hôpital: une plainte visant les ministres Borne, Vautrin et Neuder classée

La Cour de justice de la République ne se penchera pas sur le harcèlement moral et les suicides de soignants de l’hôpital public dénoncés par 19 particuliers: une plainte visant les ministres Elisabeth Borne (Enseignement supérieur), Catherine Vautrin et Yannick Neuder (Santé) a été classée, les autres jugées irrecevables.Au total, “19 plaintes émanant de particuliers” avaient été adressées à la Cour de justice de la République (CJR), le 10 avril, a indiqué jeudi dans un communiqué le procureur général près la Cour de cassation, Rémy Heitz.Elles dénonçaient “des faits qualifiés de harcèlement moral, violences mortelles, homicide involontaire et mise en péril de la personne, à la suite de suicides survenus dans des hôpitaux”, a précisé M. Heitz, qui exerce les fonctions de ministère public à la CJR.La commission des requêtes de la Cour a classé 18 d’entre elles “pour irrégularité de forme” le 19 juin, a expliqué le procureur général.Les magistrats et conseillers de cette commission ont “par ailleurs classé sans suite l’unique plainte déclarée recevable, au motif qu’elle ne comportait +pas d’éléments de nature à caractériser un crime ou un délit commis par les ministres visés dans l’exercice de leurs fonctions+”, a-t-il détaillé.”Cette décision de la commission des requêtes, composée de trois magistrats du siège de la Cour de cassation, de deux conseillers d’État et de deux conseillers maîtres à la Cour des comptes, n’est susceptible d’aucun recours”, a souligné M. Heitz.”Je suis très surprise du classement de cette plainte qui contient 359 pièces particulièrement étayées”, a réagi auprès de l’AFP Me Christelle Mazza, l’avocate des plaignants (des soignants et des veufs ou veuves).”J’y vois surtout un message qui paraît très clair et fait tout le problème de cette juridiction qui n’a pas les moyens juridiques, politiques et budgétaires de remplir son office”, a-t-elle poursuivi.”Nous sommes face à un scandale d’Etat avec la volonté de laisser perdurer une forme d’impunité au sein des hôpitaux publics”, a dénoncé l’avocate.Ces plaintes visaient Elisabeth Borne en tant que ministre de l’Enseignement supérieur, Catherine Vautrin, ministre du Travail et de la Santé, ainsi que Yannick Neuder, ministre auprès de cette dernière, chargé de la Santé et de l’Accès aux soins.Contactés, les trois ministres n’avaient pas réagi dans l’immédiat auprès de l’AFP.Lors de l’annonce du dépôt de la plainte, Mmes Borne et Vautrin n’avaient pas souhaité s’exprimer sur le fond mais avaient rappelé leur soutien aux soignants et à leurs proches.- “Rythmes insoutenables” -Cette plainte, consultée par l’AFP, rappelait que la “crise majeure” que connaît l’hôpital public “depuis de nombreuses années semble s’être aggravée depuis environ 2012-2013, par l’application continue de politiques publiques néolibérales qui, malgré de nombreux signaux d’alerte particulièrement inquiétants, dont des suicides, n’ont pas été corrigées, bien au contraire”. Etaient dénoncés notamment des “conditions de travail totalement illégales et mortifères”, “des rythmes insoutenables” dans différents corps médicaux, spécialités et régions de France, ainsi que “l’impunité organisée à l’encontre des auteurs des faits”.La dégradation des conditions de travail s’est accélérée depuis la crise sanitaire du Covid-19 à partir du printemps 2020, avait estimé dans ce document Me Mazza.L’avocate souhaitait voir s’appliquer la jurisprudence de la Cour de cassation sur le harcèlement moral institutionnel.En janvier, la plus haute juridiction de l’ordre judiciaire avait estimé que “les agissements” visant à mettre en oeuvre, “en connaissance de cause, une politique d’entreprise qui a pour objet de dégrader les conditions de travail de tout ou partie des salariés aux fins de parvenir à une réduction des effectifs ou d’atteindre tout autre objectif, qu’il soit managérial, économique ou financier, ou qui a pour effet une telle dégradation”, peuvent caractériser une situation de harcèlement moral institutionnel.Par ailleurs, une information judiciaire a été ouverte le 15 mai par le parquet de Paris après une plainte de professeurs de médecine pour harcèlement moral visant l’Assistance publique – Hôpitaux de Paris (AP-HP).La CJR est la seule juridiction habilitée à poursuivre et juger les membres du gouvernement pour des infractions commises dans l’exercice de leurs fonctions.

Retraites: Bayrou va-t-il arracher un accord ?

François Bayrou livre jeudi le résultat de sa tentative de la dernière chance pour sauver la concertation entre partenaires sociaux sur les retraites, après l’échec de quatre mois de “conclave” qui fragilise sa position à la tête du gouvernement.Le Premier ministre tient une conférence de presse à 17h00 à Matignon pour “tirer la conclusion” de ses ultimes échanges avec les organisations syndicales et patronales depuis lundi.”Leur travail ne sera pas oublié”. “Et s’il demeure des points de désaccord, le gouvernement les tranchera”, il “prendra ses responsabilités”, a assuré mercredi devant le Sénat François Bayrou, grand défenseur de la démocratie sociale pour qui syndicats et patronat étaient “à quelques centimètres” d’un compromis.Lundi après une ultime séance de négociations pour aménager la loi Borne de 2023, patronat et syndicats n’avaient eu d’autre choix que d’acter leur échec. Mais François Bayrou avait estimé qu’il existait une “voie de passage” et les avait reçus mardi.Interrogés par l’AFP à la mi-journée, les syndicats n’avaient pas reçu de nouvelles de Matignon, laissant Cyril Chabanier (CFTC) “pas rassuré” pour la suite.Devant la presse, François Bayrou devrait notamment exposer les points de blocage et de consensus constatés par les partenaires sociaux.Avec à la clé la promesse que, si un accord éventuel entraînait des dispositions législatives, “elles seraient soumises au Parlement”. D’autres mesures peuvent être d’ordre règlementaire et relever du pouvoir exécutif.Le président du Sénat Gérard Larcher, qui a reçu le Premier ministre mercredi après-midi, a émis l’hypothèse jeudi sur TF1 que ce dernier propose un texte non pas sur l’âge de départ à la retraite, porté par la réforme à 64 ans, mais sur “l’usure professionnelle”, soit la pénibilité.C’est le principal point d’achoppement entre le Medef et la CFDT.- “Tout” -La porte-parole du gouvernement Sophie Primas a évoqué mardi deux autres pistes d’accord potentiel : sur les femmes ayant eu des enfants, qui pourraient voir leur pension calculée de manière plus favorable, et sur l’âge de départ à la retraite sans pénalités, qui pourrait être avancé à 66,5 ans au lieu de 67 actuellement.Mais un compromis sur ces points ne suffirait pas à satisfaire les socialistes qui veulent discuter de “tout” au Parlement, et en particulier de l’âge de départ, ce que refuse le Premier ministre au nom de l’équilibre financier du régime, alors que la dette du pays a continué de croître au premier trimestre et que le déficit pourrait encore déraper cette année.Reculer “l’âge de départ va se poser à nouveau” dans les années qui viennent, appuie dans Le Figaro la ministre du Travail et de la Santé Catherine Vautrin, qui participera à la conférence de presse, ainsi que sa collègue du Travail, Astrid Panosyan-Bouvet.François Bayrou avait lancé ces concertations sur cette réforme impopulaire en échange de la neutralité des socialistes à son égard, ce qui lui avait permis d’échapper à la censure sur le budget en février.Mais sans attendre l’issue de ces ultimes discussions, les socialistes ont annoncé mardi, puis déposé jeudi, une motion de censure contre le gouvernement.- Déminer -Cette motion remet le Rassemblement national, qui dispose du plus gros groupe à l’Assemblée nationale, au centre du jeu, comme avec son prédécesseur Michel Barnier, tombé au bout de trois mois sous les voix jointes du PS, de LFI et du RN.François Bayrou peut cependant encore respirer: le parti à la flamme ne le censurera pas la semaine prochaine, quand sera débattue la motion du PS, et lui donne “rendez-vous” lors du budget, à l’automne.Or, si la gauche reste unie pour le censurer après l’été, le centriste va se retrouver dépendant des lepénistes.Un accord avec la CFDT, centrale syndicale proche du PS, peut-il déminer le terrain parlementaire de l’automne ? “Vous avez intérêt à parler aux républicains au sens large du terme (…) plutôt que de vous lier éventuellement au bon vouloir du RN”, a prévenu le chef de file des sénateurs socialistes, Patrick Kanner.Alors que son avenir ne tient qu’à un fil et que sa popularité est au plus bas dans les sondages, une moitié des Français (52%) souhaitent la censure et 63% considèrent que François Bayrou est le principal responsable de l’échec du conclave, selon une enquête Elabe parue mercredi.

In Finnish border town, worry mounts over Russian military build-up

In a Finnish town a stone’s throw from Russia, Moscow’s reported military build-up on its side of the border is raising concerns about the Nordic country’s security, locals told AFP.Finland, which dropped decades of military non-alignment to join NATO in 2023, shares a 1,340-kilometre (830-mile) border with Russia.Recent satellite images obtained by media outlets including the …

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Assemblée : les députés ciottistes espèrent interdire les mariages avec une personne en situation irrégulière

Les députés du groupe UDR, allié du RN, profitent jeudi d’une journée réservée à leurs textes pour pousser leurs sujets régaliens, en espérant diviser le bloc central, et engranger des voix notamment contre les mariages avec une personne en situation irrégulière, malgré le retrait de leurs deux premiers textes.Un an après la dissolution et le ralliement spectaculaire d’Eric Ciotti, ancien patron des Républicains, au RN de Marine Le Pen, l’Union des droites pour la République bénéficie de sa toute première “niche parlementaire”.Elle a toutefois renoncé dès le matin à une résolution, non contraignante, qui appelait notamment à dénoncer l’accord franco-algérien de 1968 conférant un statut particulier aux Algériens en matière de circulation, de séjour et d’emploi.”Ce débat parlementaire intervient à quelques jours, le 1er juillet, du verdict qui concerne notre compatriote Boualem Sansal”, a argué Eric Ciotti, ne souhaitant pas prendre le risque d’envenimer encore les relations entre Paris et Alger, alors que le parquet algérien a requis mardi 10 ans de réclusion à l’encontre de l’écrivain franco-algérien.C’est en revanche à la suite d’un revers dans l’hémicycle que le groupe a retiré sa proposition de loi interdisant l’exécution immédiate de peines d’inéligibilité.- “Dérive” -La gauche et le bloc central ont dénoncé une loi taillée pour Marine Le Pen, qui a fait appel de sa condamnation dans l’affaire des assistants d’eurodéputés FN, qui la prive à ce stade de l’élection présidentielle (la décision en appel est attendue à l’été 2026).”Certains principes intangibles de notre droit pénal sont bafoués par l’exécution provisoire : l’effet suspensif de l’appel” et “la présomption d’innocence”, a défendu la rapporteure Brigitte Barèges (UDR).En vain. Dans une ambiance parfois houleuse, bardée d’invectives et de rappels au règlement, une coalition de la gauche et de l’essentiel du centre a supprimé l’article unique, avant que l’UDR ne retire le texte.”Ce n’est pas la justice qui menace la République, c’est la République quand elle se retourne contre elle-même, comme vous prétendez le faire ce matin, qui menace la justice”, a lancé Boris Vallaud, président du groupe PS.L’exécution provisoire “n’est pas un automatisme (ni) une dérive”, a déclaré le ministre de la Justice Gérald Darmanin, arguant qu’on “on ne change pas des règles de loi pendant le procès”.- Interdire le mariage en situation irrégulière ? -Il s’est en revanche montré nettement plus ouvert à la proposition de loi suivante, visant à interdire le mariage pour “une personne séjournant de manière irrégulière sur le territoire national”, en dépit d’alertes à gauche et au centre contre une mesure “manifestement inconstitutionnelle”.”Le mariage républicain, qui ouvre des droits et des devoirs, ne peut être le vecteur de la régularisation de fait, une forme de régularisation par effraction”, a estimé le ministre.”Nos maires sont de plus en plus exposés à des mariages frauduleux impliquant des époux étrangers en situation irrégulière”, a abondé Eric Michoux (UDR), rapporteur du texte adopté en commission.Stratégiquement, le groupe ciottiste est allé chercher une proposition de loi… centriste, adoptée au Sénat. “Malin”, admet un parlementaire macroniste. Un cadre UDR reconnaît là une opportunité de “piéger” le bloc central, alors qu’Emmanuel Macron avait lui-même appelé à ce que soit débattue au Parlement une telle loi.Et l’UDR espère bien provoquer sur ce texte un moment de “clarification” chez LR et au centre.Les Républicains seront “globalement favorables”, comme ils l’ont été sur le texte portant sur inéligibilité, mais un cadre du groupe prévient qu’il n’y aura pas “une très forte mobilisation”.Horizons devrait voter pour, quand Renaissance conditionnera son vote au sort de l’article principal, considéré comme inconstitutionnel.L’une des autres mesures du texte impose aux futurs époux de nationalité étrangère de fournir au maire des justificatifs de séjour. S’il soupçonne une “absence de consentement” au sein du couple, il pourra saisir le procureur de la République.Les sénateurs ont aussi allongé le délai du “sursis au mariage”, temps d’enquête du procureur.S’il ne pourra pas tous les défendre avant la clôture des débats à minuit, le groupe a inscrit plusieurs autres textes: pour faire participer les détenus aux frais d’incarcération ou encore instaurer des peines planchers pour certains crimes.

Affaire Ghosn: après un nouvel échec judiciaire, un procès pour corruption se rapproche de Rachida Dati

Nouvel échec pour Rachida Dati qui voit la menace d’un procès dans l’affaire Ghosn se rapprocher: la cour d’appel de Paris a rejeté son recours contre le réquisitoire du parquet national financier (PNF) réclamant qu’elle soit jugée pour corruption avec l’ex-patron de Renault.”La chambre de l’instruction vient de rejeter notre recours. Nous allons proposer à Mme Rachida Dati de faire un pourvoi (en cassation) de cette décision”, a indiqué à la presse l’un de ses avocats, Me Olivier Pardo, à l’issue du délibéré.Une source judiciaire a confirmé que les juges avaient “rejeté la demande de nullité formulée par les conseils de Mme Dati”.Dans son réquisitoire, signé en novembre 2024, le PNF demande que la ministre de la Culture soit jugée notamment pour corruption et trafic d’influence passifs par personne investie d’un mandat électif public au sein d’une organisation internationale, le Parlement européen.Le PNF réclame également un procès contre l’ex-patron de Renault-Nissan, Carlos Ghosn, qui vit au Liban et fait l’objet d’un mandat d’arrêt international depuis 2023 dans cette affaire, pour corruption et trafic d’influence actifs notamment.Il revient désormais aux juges d’instruction d’ordonner ou non un procès contre Mme Dati et M. Ghosn, qui contestent tous deux les accusations.La défense de Mme Dati avait déposé auprès de la chambre de l’instruction de la cour d’appel de Paris une requête en nullité contre ce réquisitoire car il s’appuie, selon ses conseils, sur des pièces annulées par la justice en 2022.Ces pièces concernent notamment d’autres clients de Rachida Dati quand elle était avocate, comme le groupe de télécoms Orange.L’avocat général avait requis le rejet de cette requête, estimant que ces pièces annulées n’étaient pas citées dans le document et que la violation du secret professionnel qu’elles pouvaient constituer n’avait jamais été avancée par la défense lors de la procédure, selon des sources proches du dossier.Renault, partie civile dans cette affaire, et son avocat Kami Haeri n’ont pas souhaité réagir. – “Pacte corruptif patent” -Des juges d’instruction parisiens se penchent depuis 2019 sur un contrat signé le 28 octobre 2009 entre Rachida Dati et RNBV, filiale de l’alliance Renault-Nissan.La ministre, 59 ans, est soupçonnée d’avoir perçu, “en toute confidentialité, voire en toute opacité” selon l’enquête, 900.000 euros entre 2010 et 2012 pour des prestations de conseil actées dans une convention d’honoraires, mais sans avoir réellement travaillé, alors qu’elle était avocate et député européenne (2009-2019).Dans son réquisitoire, consulté par l’AFP, le parquet financier considère que ce contrat “était l’habillage juridique d’un pacte corruptif patent”. “Les nombreuses investigations” réalisées “n’ont permis d’identifier que très peu de preuves de l’existence et de la réalité des prestations réalisées par Mme Dati” en termes de conseils juridiques, “qu’il s’agisse de preuves matérielles (comptes-rendus, mails, notes) ou testimoniales (auditions, attestations)”, est-il écrit dans ce document de 134 pages signé par le procureur financier Jean-François Bohnert et deux magistrats financiers.”Moi en tout cas, je sais ce que j’ai fait”, avait affirmé lors d’un interrogatoire Mme Dati qui soutient avoir travaillé. Elle a multiplié les recours, en vain, pour obtenir l’abandon des poursuites.Les investigations ont cherché également à déterminer si cette convention d’honoraires avait pu servir à masquer une activité de lobbying au Parlement européen, interdite à tout élu.Pour les magistrats du PNF, l’ancienne garde des Sceaux de Nicolas Sarkozy a “conseillé le groupe Renault dans la promotion de ses droits et intérêts auprès du Parlement européen”. Elle aurait “pris des positions favorables” au constructeur et “usé de son influence réelle ou supposée pour mener des actions de lobbying”. Et “jamais” le Parlement européen n’a été informé de ses “activités privées lucratives” avec la marque au losange.Par ailleurs, Rachida Dati, potentielle candidate de la droite à la mairie de Paris en 2026, a été accusée début juin par le Nouvel Obs et Complément d’enquête, sur France 2, d’avoir perçu 299.000 euros de GDF Suez quand elle était eurodéputée, sans en déclarer la provenance au Parlement européen.Elle réfute ces accusations qu’elle juge “diffamatoires”.

Contrôle d’identité “au faciès”: la France condamnée, une première

La Cour européenne des droits de l’homme (CEDH) a condamné la France pour un contrôle d’identité discriminatoire, une première, même si elle estime qu’il n’y a pas de “défaillance structurelle”.Le requérant qui a obtenu gain de cause, Karim Touil, avait subi trois contrôles d’identité en dix jours en 2011. Dans son arrêt, la Cour relève qu’il n’a pas été apporté de “justification objective et raisonnable” au choix de le contrôler.Tout en se disant “bien consciente des difficultés pour les agents de police de décider, très rapidement et sans nécessairement disposer d’instructions internes claires, s’ils sont confrontés à une menace pour l’ordre ou la sécurité publics”, la cour conclut qu’il existe dans le cas de M. Touil, “une présomption de traitement discriminatoire à son égard et que le gouvernement n’est pas parvenu à la réfuter”.La France est par conséquent condamnée pour violation de la Convention européenne des droits de l’homme.L’Etat doit verser 3.000 euros à M. Touil pour dommage moral.C’est la première fois que la France est condamnée dans un dossier de profilage racial, une affaire dite “à impact” par la CEDH, c’est-à-dire dont la décision peut avoir un impact sur la législation du pays concerné ou la pratique internationale.Pour l’avocat des requérants, Slim Ben Achour, “c’est une victoire, parce qu’il y a une condamnation”. “Au bout du compte, ça veut dire que l’Etat français doit prendre ses responsabilités et modifier la manière de contrôler l’identité”.En revanche, la cour a jugé que les contrôles subis par cinq autres requérants n’ont pas été effectués pour des motifs discriminatoires. La CEDH estime en outre que “le cadre juridique et administratif des contrôles d’identité en France ne révèle pas l’existence de défaillance structurelle”.- Long combat judiciaire -Cette décision était longuement attendue pour ces six Français, d’origine africaine ou nord-africaine et résidant à Roubaix, Marseille, Vaulx-en-Velin, Saint-Ouen et Besançon. Tous dénonçaient des “contrôles au faciès”, subis en 2011 et 2012.Après avoir perdu devant la justice française, ils ont saisi en 2017 la CEDH, qui veille au respect de la Convention européenne des droits de l’homme dans les 46 Etats qui l’ont ratifiée.Ces six requérants font partie d’un groupe de 13 hommes qui s’étaient lancés dans un combat judiciaire, dénonçant des contrôles injustifiés, parfois associés à des palpations, des insultes ou du tutoiement.Après avoir perdu en première instance, les plaignants avaient fait appel et la cour d’appel de Paris avait donné raison à cinq d’entre eux. En 2016, la Cour de cassation avait définitivement condamné l’Etat dans trois dossiers, une première historique.Six hommes qui n’avaient pas obtenu gain de cause avaient porté l’affaire devant la CEDH.”Après la Cour de cassation et le Conseil d’État, la France est une nouvelle fois mise en cause pour sa pratique de contrôles au faciès avec sa condamnation pour discrimination raciale dans le cas de M. Touil”, a relevé Lanna Hollo, juriste et cofondatrice de l’association de lutte contre les discriminations (RE)Claim. “(RE)Claim s’inquiète néanmoins que la CEDH ait appliqué le droit de non-discrimination de manière inégale, échouant à protéger toutes les personnes sur tout le territoire, et surtout les personnes vivant en quartiers populaires particulièrement exposées aux discriminations”, a-t-elle nuancé.- Hausse du nombre de contrôles -“L’histoire va continuer”, a souligné auprès de l’AFP Me Ben Achour, rappelant qu’en avril 2024, cinq associations et ONG françaises et internationales ont saisi l’ONU pour faire reconnaître “la nature systémique” de ces discriminations.”Et pendant que l’histoire continue, naturellement, la connaissance du phénomène devient de plus en plus aiguë”, a-t-il ajouté.Selon une enquête du Défenseur des droits dévoilée mardi, en 2024, 26% des personnes interrogées ont déclaré avoir été contrôlées par la police ou la gendarmerie au moins une fois au cours des cinq dernières années, contre 16% en 2016.Les hommes jeunes et perçus comme arabes, noirs ou maghrébins ont quatre fois plus de risques de faire l’objet d’au moins un contrôle d’identité que le reste de la population.Au regard de ces résultats, la Défenseure des droits Claire Hédon a émis plusieurs recommandations, dont la traçabilité des contrôles d’identité pour garantir aux personnes contrôlées la possibilité d’exercer un recours, notamment en cas d’allégation de discrimination.

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Des photos rarissimes de léopards prises au Bangladesh

Des photos de léopards surpris dans le sud du Bangladesh ont été publiées par une ONG locale de défense de la faune sauvage, ravivant les maigres espoirs de survie de cette espèce de félins menacée dans le pays.”Nos équipes ont récemment pris d’incroyables images de léopards dans les forêts reculées des hauteurs de Chittagong”, s’est réjouie mercredi l’organisation Creative Conservation Alliance (CCA).”Ces photos prouvent que ces grands félins insaisissables persistent à l’état sauvage dans la région”, a ajouté l’ONG sur Facebook.Il s’agit là d’une “merveilleuse nouvelle”, s’est réjoui auprès de l’AFP Sourav Chakma, un scientifique du CCA. “Il nous faut désormais nous assurer de la protection de l’espèce”, a-t-il confirmé.”Ces observations sont particulièrement significatives”, a abondé le zoologiste Monirul Khan, de l’université Jahangirnagar de Dacca, la capitale du pays.”Elles soulignent l’importance de la forêt naturelle de Chittagong Hill Tracts en tant que réserve de faune sauvage”, a-t-il ajouté.L’Union internationale pour la conservation de la nature (UICN) a inclus le léopard dans sa liste rouge des espèces animales en voie de disparition au Bangladesh.Présent en Afrique subsaharienne, en Afrique du Nord ou en Asie du Sud, le léopard a vu sa population se réduire ces dernières années, sous l’effet de la disparition de ses proies naturelles et du braconnage, selon les experts.La forêt de mangroves du sud du Bangladesh est aussi le berceau de tigres du Bengale, dont la population a été chiffrée à 125 spécimens lors d’un recensement datant d’octobre dernier, en hausse de 11 par rapport à 2019.

Retraites: Bayrou se prononce sur le conclave, son avenir en jeu

François Bayrou livre jeudi après-midi le résultat de sa tentative de la dernière chance pour sauver la concertation entre partenaires sociaux sur les retraites, après l’échec de quatre mois de “conclave” qui fragilise sa position à la tête du gouvernement.Le Premier ministre tient une conférence de presse à 17h00 à Matignon pour “tirer la conclusion” de ses échanges avec les organisations syndicales et patronales depuis lundi.”Leur travail ne sera pas oublié”. “Et s’il demeure des points de désaccord, le gouvernement les tranchera” et “prendra ses responsabilités”, a assuré mercredi devant le Sénat François Bayrou, grand défenseur de la démocratie sociale pour qui syndicats et patronat étaient “à quelques centimètres” d’un compromis.Lundi, après une ultime séance de négociations pour apporter des améliorations à la loi Borne de 2023, patronat et syndicats n’avaient eu d’autre choix que d’acter leur échec. Mais François Bayrou avait estimé qu’il existait une “voie de passage” et les avait reçus mardi.Interrogés par l’AFP à la mi-journée, les syndicats n’avaient pas reçu de nouvelles de Matignon, laissant Cyril Chabanier (CFTC) “pas rassuré” pour la suite.Lors de sa conférence de presse, François Bayrou devrait notamment exposer les points de blocage et de consensus constatés par les partenaires sociaux.Avec à la clé la promesse que, si un accord éventuel entraînait des dispositions législatives, “elles seraient soumises au Parlement”. D’autres mesures peuvent être d’ordre règlementaire et relever du pouvoir exécutif.Le président du Sénat Gérard Larcher, qui a reçu le Premier ministre mercredi après-midi, a affirmé jeudi sur TF1 que, “peut-être, le moment venu, il proposera un texte” non pas sur l’âge légal de départ à la retraite, porté par la réforme de 2023 à 64 ans, mais sur “les questions importantes liées à l’usure professionnelle”.- Âge de départ -Syndicats et organisations patronales s’opposent sur la prise en compte de la pénibilité dans le moment du départ en retraite.Le chef du gouvernement veut obtenir des avancées sur les femmes ayant eu des enfants, qui pourraient voir leur pension calculée de manière plus favorable, ainsi que sur l’âge de départ à la retraite sans pénalités, qui pourrait être avancé à 66,5 ans au lieu de 67 actuellement, selon la porte-parole du gouvernement Sophie Primas.”Prenez (les) avancées et transformez-les en loi”, a lancé le chef de file des sénateurs socialistes Patrick Kanner sur franceinfoTV.Mais un compromis sur ces points ne suffirait sans doute pas à l’ensemble des socialistes qui veulent pouvoir discuter de “tout” au Parlement, et en particulier de l’âge de départ, ce que refuse le Premier ministre au nom de l’équilibre financier du régime, alors que la dette du pays a continué de croître au premier trimestre pour s’établir à 114% du PIB, selon l’Insee jeudi.Reculer “encore l’âge de départ va se poser à nouveau” dans les années qui viennent, appuie dans Le Figaro mercredi la ministre du Travail et de la Santé Catherine Vautrin. François Bayrou avait lancé ces concertations sur cette réforme impopulaire en échange de la neutralité des socialistes à son égard, ce qui lui avait permis d’échapper à la censure sur le budget en février dernier.Mais sans attendre l’issue de ces discussions, les socialistes ont annoncé mardi qu’ils allaient déposer une motion de censure contre le gouvernement, ce qu’ils ont fait officiellement jeudi matin.- “Bon vouloir” du RN -Cette motion remet le Rassemblement national, qui dispose du plus gros groupe à l’Assemblée nationale, au centre du jeu, comme avec son prédécesseur Michel Barnier, tombé au bout de trois mois sous les voix jointes du PS, de LFI et du RN.François Bayrou peut cependant encore respirer: le parti à la flamme ne le censurera pas la semaine prochaine, quand sera débattue la motion du PS, et lui donne “rendez-vous” lors du budget, à l’automne.Mais si la gauche reste unie pour le censurer après l’été, le centriste va se retrouver dépendant des lepénistes.Un accord avec la CFDT, centrale syndicale proche du PS, peut-il aider à déminer le terrain parlementaire de l’automne ? “Sachez que vous avez intérêt à parler aux républicains au sens large du terme (…) plutôt que de vous lier éventuellement au bon vouloir du RN”, a prévenu Patrick Kanner.Alors que son avenir ne tient qu’à un fil et que sa popularité est au plus bas dans les sondages, une moitié des Français (52%) souhaitent la censure du gouvernement Bayrou, et 63% considèrent qu’il est le principal responsable de l’échec du conclave, selon une enquête Elabe parue mercredi. 

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Orages: deux morts et 17 blessés, selon la Sécurité civile

Les violents orages qui ont touché la France mercredi soir ont fait deux morts et 17 blessés, dont un grave, selon le dernier bilan communiqué par la Sécurité civile jeudi matin.Un adolescent de 12 ans a été tué par la chute d’un arbre près de Montauban lors de l’épisode orageux qui a frappé la France dans la nuit de mercredi à jeudi. La vigilance orange a été levée à 03H00 dans l’ensemble des départements concernés.En Mayenne, un homme conduisant un quad est mort après avoir percuté un arbre tombé sur la route lors de cet épisode orageux, selon les pompiers.Selon le dernier bilan de la Sécurité civile, trois urgences absolues ont été requalifiées en urgence relative, portant le bilan à un blessé grave, dans la Nièvre, et à 16 blessés légers.Près de 100.000 foyers sont privés d’électricité” jeudi matin, principalement dans le sud-ouest du pays, selon le dernier bilan d’Enedis. Cela concerne “principalement” 27.000 foyers en Auvergne et 27.000 autres dans le Nord-Midi-Pyrénées, mais aussi 12.000 dans le Centre-Val-de-Loire, 10.500 en Bourgogne et quelque 10.000 foyers du Limousin, a précisé le gestionnaire du réseau de distribution d’électricité dans un communiqué. Sollicité par l’AFP, Enedis a précisé que “le reste” des foyers touchés est plus épars, amenant à un total de “près de 100.000 clients” concernés dans tout le pays.  “Le passage de ces orages, parfois très intenses, a provoqué des chutes d’arbres et de branches sur des lignes du réseau public de distribution d’électricité”, détaille-t-il. “Les accès sont encore difficiles localement, ce qui rend les interventions de rétablissement délicates”.La circulation ferroviaire reste perturbée dans plusieurs départements. La ligne TER Paris-Amiens a notamment été suspendue dans les deux sens jeudi matin en raison d’un “arbre (qui menaçait) de tomber sur les câbles d’alimentation électrique entre Amiens et Creil”, a indiqué la SNCF sur son site TER Hauts-de-France. La circulation devait reprendre progressivement en milieu de matinée, selon la même source.Mercredi soir, trois avions qui devaient atterrir à l’aéroport de Paris-Charles-de-Gaulle ont été déroutés vers celui de Lille-Lesquin en raison des intempéries en région parisienne, a indiqué à l’AFP le directeur commercial de l’aéroport Pierre Fernemont.Succédant au pic de chaleur qui a vu les températures dépasser les 35°C mercredi sur de larges régions de métropole, les orages et les rafales de vent enregistrées jusqu’à plus de 100 kilomètres/heure pendant la nuit ont également fait des dégâts matériels.”Dans une grande partie des départements affectés, des chutes d’objets ou d’arbres coupant les routes, des détériorations d’infrastructures et d’habitations au niveau des toitures, des inondations et des coupures d’électricité ont été signalées”, a indiqué la Sécurité civile jeudi matin.A Valailles (Eure), la foudre est tombée sur le clocher d’une église, “qui s’est partiellement effondrée”, selon un communiqué de la préfecture. A quelques dizaines de kilomètres, dans le même département, la toiture de la salle des fêtes d’Herqueville a été lourdement endommagée.”Les abonnés Free sont affectés par des problématiques de réseau dans une proportion en cours d’évaluation dans sept départements”, selon la Sécurité civile.Les pompiers ont réalisé 2.500 interventions en France durant la nuit de mercredi à jeudi.las-sm-laf-eg/cal/pta