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La Malaisie sévit contre les importations de déchets plastiques

La Malaisie a annoncĂ© mercredi l’introduction d’une lĂ©gislation stricte visant Ă  rĂ©duire les importations massives de dĂ©chets plastiques, une mesure supplĂ©mentaire pour ce pays en dĂ©veloppement d’Asie du sud-est qui s’efforce de rĂ©duire sa pollution. Kuala Lumpur est “engagĂ© Ă  favoriser un environnement commercial lĂ©gitime, responsable et respectueux de l’environnement afin de soutenir (…) des objectifs sociaux-Ă©conomiques durables”, a affirmĂ© le ministère de l’Investissement, du Commerce et de l’Industrie du pays.  Pour autant, la Malaisie “n’hĂ©sitera pas Ă  agir fermement contre tout individu ou entreprise qui tenterait de contourner les contrĂ´les sur les importations de dĂ©chets ou de s’engager dans des activitĂ©s illicites d’importations de dĂ©chets”, a prĂ©venu le ministère après l’entrĂ©e en vigueur des nouvelles lois mardi. En 2023, le pays a importĂ© plus de 450.000 tonnes mĂ©triques de ces dĂ©chets – suffisamment pour remplir environ 162 piscines de taille olympique -, selon la plateforme de donnĂ©es en ligne Statista. La Malaisie a dĂ©clarĂ© ĂŞtre disposĂ©e Ă  dĂ©livrer des “certificats d’approbation” pour l’importation lĂ©gale de dĂ©chets plastiques “Ă  condition que les importateurs remplissent toutes les conditions prĂ©vues par la lĂ©gislation malaisienne et que les exportateurs appartiennent Ă  ou soient originaires de pays qui ont signĂ© et ratifiĂ© la convention de Bâle”.La plupart des dĂ©chets plastiques viennent des Etats-Unis, suivis par l’Allemagne et l’Espagne, selon Statista. Mais les Etats-Unis, comme le Timor oriental, HaĂŻti ou le Soudan du Sud, ne font pas partie de la convention de Bâle, un traitĂ© des Nations Unies conclu en 1989 qui rĂ©glemente les mouvements de dĂ©chets dangereux. Depuis 2018, l’Asie du sud-est est inondĂ©e de dĂ©chets plastiques venant d’Ă©conomies plus dĂ©veloppĂ©es telles que les Etats-Unis et la Grande-Bretagne, notamment après que la Chine – qui possĂ©dait auparavant une industrie de recyclage massive – a stoppĂ© la plupart des importations de dĂ©chets plastiques.De nombreuses entreprises de recyclage chinoises se sont installĂ©es en Malaisie, ce qui a entraĂ®nĂ© l’acheminement d’Ă©normes quantitĂ©s de plastique sans autorisation.Dans le cadre d’efforts continus pour lutter contre le dĂ©versement de dĂ©chets plastiques et Ă©lectroniques, la police malaisienne a saisi 106 conteneurs de dĂ©chets Ă©lectroniques dangereux l’annĂ©e dernière et a dĂ©mantelĂ© un rĂ©seau d’importation illĂ©gale de dĂ©chets.

Harcèlement chez Ubisoft: jusqu’Ă  trois ans avec sursis pour trois ex-cadres

Des annĂ©es Ă  rabaisser, insulter ou sexualiser des collègues sous couvert de ce qui Ă©tait pour eux “la culture Ubisoft”: trois anciens cadres de la sociĂ©tĂ© de jeux vidĂ©os ont Ă©tĂ© condamnĂ©s mercredi Ă  Bobigny Ă  jusqu’Ă  trois ans de prison avec sursis.Figure de proue de l’entreprise avant d’ĂŞtre licenciĂ© pour faute grave après la rĂ©vĂ©lation du scandale dans la presse, Thomas François a Ă©tĂ© condamnĂ© Ă  la peine la plus lourde, soit trois ans de prison avec sursis et 30.000 euros d’amende, pour harcèlement moral, sexuel et une tentative d’agression sexuelle.Contraindre une jeune subalterne en jupe Ă  faire le poirier au milieu de l’open space, lancer des “bitch” ou “morue” en guise de salut, jouer Ă  chat-bite ou embrasser des collègues masculins par surprise… Telles Ă©taient des habitudes de travail du vice-prĂ©sident du tout puissant service Ă©ditorial.La “culture Ubi” avait Ă©tĂ© un calvaire pour la poignĂ©e de jeunes ayant brisĂ© le silence et portĂ© plainte dans ce dossier qui fait figure d’un Me Too des jeux vidĂ©os. L’ex-numĂ©ro 2 d’Ubisoft, Serge HascoĂ«t, a Ă©tĂ© condamnĂ© par la justice Ă  18 mois de prison avec sursis et Ă  45.000 euros d’amende pour harcèlement moral et complicitĂ© de harcèlement sexuel. Un troisième cadre, Guillaume Patrux, a Ă©tĂ© condamnĂ© Ă  12 mois de prison avec sursis et 10.000 euros d’amende.”C’est une très bonne dĂ©cision aujourd’hui et Ă©galement pour la suite. Pour toutes les sociĂ©tĂ©s, cela veut dire que quand on a un management toxique, les managers doivent ĂŞtre condamnĂ©s et les employeurs ne peuvent plus laisser passer”, s’est fĂ©licitĂ©e Me Maude Beckers, avocate de parties civiles.En se constituant parties civiles, un petit groupe solidaire s’est constituĂ© et s’est renforcĂ© au fil des douloureux tĂ©moignages et des interrogatoires recueillis par le tribunal correctionnel de Bobigny lors de l’audience du mois dernier.Thomas François, qui avait entre 38 et 46 ans au moment des faits retenus par la justice entre 2012 et 2020, a confessĂ© Ă  la barre avoir “manquĂ© de recul” car il avait eu “Ă  l’Ă©poque l’impression d’ĂŞtre dans le respect des gens”.Des propos sexistes, des bizutages dĂ©gradants qui se dĂ©roulaient Ă  quelques mètres de son bureau vitrĂ©, Serge HascoĂ«t a affirmĂ© au tribunal n’en avoir jamais eu connaissance.- “Caprices” -NumĂ©ro 2 d’Ubisoft en sa qualitĂ© de directeur crĂ©atif, il avait dĂ©missionnĂ© Ă  l’Ă©tĂ© 2020 dès que les enquĂŞtes du quotidien LibĂ©ration et du mĂ©dia en ligne NumĂ©rama avaient rĂ©vĂ©lĂ© la toxicitĂ© de cet univers de travail.Le tribunal a pu constater les difficultĂ©s que l’homme, aujourd’hui âgĂ© de 60 ans, pouvait avoir Ă  sĂ©parer vie privĂ©e et vie professionnelle, assignant ses employĂ©es Ă  des tâches personnelles sans lien aucun avec leurs compĂ©tences.Aller chercher sa plus jeune fille de six ans Ă  la sortie de l’Ă©cole ou traverser Paris pour acheter des cacahuètes Ă  coque…  malgrĂ© leur fonction d’assistantes de direction, elles ont Ă©tĂ© contraintes Ă  ces “caprices” comme l’a qualifiĂ© le ministère public. “C’est aussi ce qu’on voit dans les films,” s’est dĂ©fendu Serge HascoĂ«t devant le tribunal dont la prĂ©sidente, atterrĂ©e, a eu Ă  lui signaler que “les films, ça n’est pas la rĂ©alitĂ©”. Dans son rĂ©quisitoire, le procureur avait prĂ©cisĂ© que les actes de harcèlement moral de M. Patrux avaient Ă©tĂ© “Ă  une Ă©chelle plus rĂ©duite que Serge HascoĂ«t et Thomas François, mais particulièrement intense pour son Ă©quipe”.Durant le procès, les avocats de la dĂ©fense n’ont eu de cesse de rĂ©pĂ©ter que leurs clients n’avaient jamais reçu “aucun avertissement disciplinaire, aucun entretien avec les RH”.  Au grand dam de toutes les parties, ni la personne morale Ubisoft, ni son PDG Yves Guillemot ni sa responsable des ressources humaines Marie Derain n’ont fait l’objet de poursuites dans ce dossier. 

Climat: l’UE propose des flexibilitĂ©s autour de son objectif 2040

Après plusieurs mois de flottement, la Commission europĂ©enne a proposĂ© mercredi de maintenir son objectif de rĂ©duction de 90% des Ă©missions de gaz Ă  effet de serre en 2040, mais elle introduit des “flexibilitĂ©s” face aux rĂ©ticences de certains pays.Au moment oĂą l’Europe Ă©touffe sous des tempĂ©ratures extrĂŞmes, Bruxelles a rĂ©affirmĂ© ses ambitions en matière de lutte contre le rĂ©chauffement climatique.Il a fallu toutefois faire preuve de “pragmatisme” tant la discussion est politiquement “sensible” entre les 27, a reconnu Wopke Hoekstra, le commissaire europĂ©en chargĂ© du climat, devant la presse Ă  Bruxelles.Comme elle le recommandait il y a plus d’un an, la Commission vise toujours une rĂ©duction des Ă©missions de gaz Ă  effet de serre de 90% Ă  l’horizon 2040 par rapport Ă  1990.Mais au grand dam des organisations environnementales, l’exĂ©cutif introduit de la souplesse dans le calcul, dans le but de rallier les États les plus sceptiques.A partir de 2036, la Commission est prĂŞte Ă  prendre en compte l’acquisition de crĂ©dits carbone internationaux, Ă  hauteur de 3% du total, afin de financer des projets en dehors de l’Europe.Les ONG y sont fermement opposĂ©es. Études scientifiques Ă  l’appui, elles remettent en cause l’impact “rĂ©el” de tels crĂ©dits sur les rĂ©ductions d’Ă©missions de CO2.”3%, ce n’est pas nĂ©gligeable. Ce sont potentiellement des sommes considĂ©rables qui vont ĂŞtre dĂ©pensĂ©es Ă  l’Ă©tranger au lieu de financer la transition” en Europe, dĂ©plore Neil Makaroff, un expert du centre de rĂ©flexion Strategic Perspectives.”Mais il y a un compromis politique Ă  trouver”, concède ce spĂ©cialiste du climat, qui souligne l’importance de maintenir le cap des 90%.2040 est une Ă©tape cruciale pour l’Europe qui ambitionne d’atteindre la neutralitĂ© carbone en 2050.Avec Ă  la clĂ© des transformations majeures pour l’industrie comme pour le quotidien des EuropĂ©ens: Ă©lectrification des voitures, sortie progressive des Ă©nergies fossiles, rĂ©novation Ă©nergĂ©tique des bâtiments…”Nous maintenons fermement notre engagement Ă  dĂ©carboner l’Ă©conomie europĂ©enne d’ici 2050″, a assurĂ© la prĂ©sidente de la Commission, Ursula von der Leyen.- Calendrier serrĂ© -Le plus dur commence pour l’exĂ©cutif bruxellois qui devra convaincre les ministres de l’Environnement lors d’une rĂ©union informelle les 10 et 11 juillet avant un possible vote le 18 septembre. Le texte sera ensuite transmis au Parlement europĂ©en oĂą tout dĂ©pendra de l’attitude de la droite (PPE), premier groupe dans l’hĂ©micycle.Pour arracher un vote favorable, la Commission propose aussi de mieux rĂ©compenser les entreprises qui captent et stockent le CO2 et de permettre aux États de compenser les secteurs oĂą ils sont plus polluants par une meilleure prise en compte de ceux oĂą ils sont très performants.Bruxelles espère encore que cet objectif 2040 sera approuvĂ© avant la confĂ©rence climat de l’ONU (COP30), en novembre Ă  BelĂ©m au BrĂ©sil.Mais le calendrier paraĂ®t extrĂŞmement serrĂ© et les nĂ©gociations s’annoncent dĂ©licates tant les 27 sont divisĂ©s, dans une Europe de plus en plus Ă  droite.Certains États critiquent ouvertement les ambitions climatiques comme la Hongrie du nationaliste Viktor Orban ou la RĂ©publique tchèque, qui dĂ©fend son industrie lourde.L’Italie de Giorgia Meloni suggĂ©rait de s’en tenir Ă  une baisse des Ă©missions de 80 ou 85% en 2040.D’autres soutiennent la Commission, comme l’Espagne ou le Danemark, qui vient de rĂ©cupĂ©rer la prĂ©sidence tournante de l’UE pour six mois. Les “flexibilitĂ©s” envisagĂ©es correspondent aux exigences de l’Allemagne, dans l’accord de coalition du nouveau gouvernement.La France dĂ©fend de son cĂ´tĂ© une position plus ambiguĂ«. Paris ne s’oppose pas directement aux 90%, mais critique la mĂ©thode employĂ©e. Emmanuel Macron rĂ©clamait des garanties sur la dĂ©carbonation de l’industrie et un soutien Ă  l’Ă©nergie nuclĂ©aire, l’une des clĂ©s de cette nĂ©gociation.Pour contenter Paris, la Commission a repris noir sur blanc dans sa proposition lĂ©gislative le concept de “neutralitĂ© technologique”, cher aux autoritĂ©s françaises qui voudraient que renouvelables et Ă©nergie nuclĂ©aire soient sur un pied d’Ă©galitĂ© dans l’UE.Du point de vue des obligations internationales, Emmanuel Macron souligne aussi que l’UE doit seulement prĂ©senter une trajectoire 2035 — et non 2040 — Ă  la COP30 au BrĂ©sil cet automne.”Ne nous surcontraignons pas”, “si on a (un objectif 2040) pour BelĂ©m super, si cela doit prendre plus de temps, prenons-le”, avait lancĂ© Emmanuel Macron Ă  Bruxelles.

Violences Ă  l’Ă©cole: des “monstruositĂ©s” et un “Etat dĂ©faillant”, accuse la commission parlementaire

DĂ©nonçant des “monstruositĂ©s” et un “Etat dĂ©faillant” face Ă  un dĂ©ferlement de violences en milieu scolaire pendant des dĂ©cennies, la commission parlementaire lancĂ©e après le scandale BĂ©tharram propose 50 mesures pour mieux protĂ©ger les enfants.La commission d’enquĂŞte a permis de dresser le “constat accablant” d’une “dĂ©faillance majeure de l’Etat” a dĂ©clarĂ© le corapporteur de la commission d’enquĂŞte, Paul Vannier (LFI) lors d’une confĂ©rence de presse mercredi, appelant Ă  une “rĂ©volution” face aux violences scolaires.La commission d’enquĂŞte est nĂ©e du scandale autour des rĂ©vĂ©lations sur l’affaire des violences sexuelles et physiques qui se sont poursuivies pendant des dĂ©cennies Ă  Notre-Dame-de-BĂ©tharram, Ă©tablissement huppĂ© du BĂ©arn oĂą le Premier ministre François Bayrou a eu des enfants scolarisĂ©s. L’affaire a entraĂ®nĂ© des rĂ©vĂ©lations en chaĂ®ne de mauvais traitements et agressions sexuelles dans d’autres Ă©tablissements, souvent catholiques Ă  travers toute la France.Elle a secouĂ© François Bayrou qui Ă©tait ministre de l’Education nationale pendant que de premières plaintes liĂ©es Ă  des violences sur des enfants dans l’Ă©cole et son internat Ă©taient dĂ©posĂ©es.- “DĂ©chaĂ®nement de violences” -Les dĂ©putĂ©s pointent chez lui un “dĂ©faut d’action” Ă  l’Ă©poque qui a pu laisser les violences “perdurer”, alors qu’il Ă©tait “informĂ©” et “avait les moyens” d’agir.Fatiha Keloua Hachi, la prĂ©sidente de la commission parlementaire, fustige aussi les attaques lancĂ©es par François Bayrou, lors de son audition fleuve devant la commission, contre l’ex-professeure de BĂ©tharram Françoise Gullung, qu’il a accusĂ©e d’avoir “affabulĂ©” alors qu’elle Ă©tait l’une des rares lançeuses d’alerte et l’accuse de vivre dans un monde “diffĂ©rent du nĂ´tre” oĂą l’on peut donner des “claques Ă©ducatives”.Les rapporteurs Ă©voquent Ă  Notre-Dame-de-BĂ©tharram “un vĂ©ritable dĂ©chaĂ®nement de violences” avec “une communautĂ© de notables au soutien indĂ©fectible”, dont des “membres du gouvernement”.Les dĂ©putĂ©s dĂ©crivent les mĂŞmes “logiques Ă  l’oeuvre” dans d’autres Ă©tablissements, dont des “violences institutionnalisĂ©es sous prĂ©texte d’excellence pĂ©dagogique”. Paul Vannier rĂ©pète Ă  l’envi que François Bayrou a menti sur ce qu’il savait des sĂ©vices Ă  BĂ©tharram et qu’il a commis un parjure, mais Fatiha Keloua-Hachi a Ă©cartĂ© l’idĂ©e d’une action en justice. Pour les rapporteurs, les mĂ©canismes d’omerta et de mauvais traitements Ă©taient “accentuĂ©s dans l’enseignement catholique”, du fait d’un “modèle Ă©ducatif explicitement plus strict, s’appuyant sur de nombreux internats”.Le rapport souligne que des violences “encore invisibilisĂ©es” dans l’enseignement public persistent de façon “prĂ©occupante” dans l’enseignement privĂ©, “notamment catholique”.- 80 signalements -Les travaux de la commission d’enquĂŞte ont permis 80 signalements Ă  la justice. Paul Vannier a fustigĂ© le fait que la relation entre les Ă©tablissements privĂ©s et le ministère de l’Education nationale soit “perturbĂ©e par le fait qu’un acteur, le SecrĂ©tariat gĂ©nĂ©ral Ă  l’enseignement catholique (Sgec), s’est imposĂ© comme un intermĂ©diaire” sans statut lĂ©gal pour cela.Il appelle Ă  dĂ©passer ce “ministère bis” qui selon lui agit comme un vĂ©ritable lobby.Philippe Delorme, SecrĂ©taire gĂ©nĂ©ral du Sgec, dĂ©nonce pour sa part “une orientation qui voudrait que l’enseignement public et privĂ© fonctionnent exactement de la mĂŞme manière, ce qui est complètement absurde”, a-t-il dit Ă  l’AFP.”On ne peut pas dire que nos 7.200 Ă©tablissements dysfonctionnent”, insiste-t-il.La corapporteure Violette Spillebout (Renaissance) promet toutefois qu’il ne s’agit pas de “rouvrir la guerre scolaire” entre enseignement publiĂ© et privĂ© ou de faire “la guerre Ă  François Bayrou”.”Ce que nous voulons, c’est la paix pour les victimes”, insiste-t-elle.Parmi les recommandations, le rapport appelle Ă  reconnaĂ®tre “la responsabilitĂ© de l’Etat pour les carences” ayant permis ces violences et crĂ©er un “fonds d’indemnisation et d’accompagnement des victimes”. “François Bayrou, le 15 fĂ©vrier, nous a assurĂ© qu’il crĂ©erait ce fonds. Nous sommes le 2 juillet. Nous n’avons toujours rien”, a toutefois dĂ©plorĂ© sur RTL Alain Esquerre, porte-parole d’un collectif d’anciens Ă©lèves de BĂ©tharram.Les dĂ©putĂ©s veulent aussi lancer une mission parlementaire transpartisane chargĂ©e de propositions pour “rendre imprescriptibles certaines infractions commises sur les mineurs”.Ils demandent plus de contrĂ´les dans tous les Ă©tablissements et surtout le privĂ© oĂą ils Ă©taient quasi inexistants jusqu’Ă  il y a peu, notamment dans les internats, plaident pour “lever systĂ©matiquement le secret” de la confession s’il “porte sur des faits de violences commis sur mineur de moins de 15 ans”.Quant Ă  la ministre de l’Education nationale, Elisabeth Borne, elle va Ă  prĂ©sent examiner “si il y a lieu d’adapter le plan +Brisons le silence+ lancĂ© en mars” qui rend les signalements de violences dans les Ă©tablissements privĂ©s sous contrat obligatoires, augmente les contrĂ´les de l’Etat et le nombre d’inspecteurs dĂ©diĂ©s, entre autres, selon le ministère.

L’Allemagne sue sous la canicule qui a essorĂ© l’Europe

Après la France et le pourtour mĂ©diterranĂ©en, le nord de l’Europe, peu habituĂ© aux canicules, transpire sous la fournaise avec un pic de chaleur mercredi en Allemagne oĂą les autoritĂ©s multiplient les messages de prĂ©vention.Dans le pays europĂ©en le plus peuplĂ©, la tempĂ©rature doit atteindre des maximales comprises entre 34 et 38°C, et jusqu’Ă  40°C localement, tel Ă  Mannheim, dans le sud-ouest, selon le service mĂ©tĂ©orologique allemand.Comme pour la Belgique et les Pays-Bas, la canicule est arrivĂ©e mardi mais avec des tempĂ©ratures moindres que dans le sud du continent qui affronte des conditions extrĂŞmes depuis plusieurs jours.”Je vais travailler et transpirer — je donne des cours jusqu’à midi et demi, puis on aura des rĂ©unions l’après-midi. Je ne ferai pas de sport et je boirai beaucoup”, confie Klaus Hirsch, enseignant Ă  Francfort (ouest).- Asphalte dĂ©formĂ© -Les chemins de fer allemands, la Deutsche Bahn, s’attendent Ă  des retards et des restrictions de circulation sur certaines lignes, particulièrement dans l’ouest, plus touchĂ© par la chaleur.Sur les autoroutes de ce pays oĂą l’automobile est reine, l’asphalte de la chaussĂ©e s’est dĂ©formĂ© sous l’effet des tempĂ©ratures, rapporte la presse allemande.Dans un geste symbolique et pragmatique, les militants du collectif Fridays for Future manifesteront pour la première fois Ă  la nuit tombĂ©e, Ă  partir de 22H00, afin d’Ă©chapper Ă  la fournaise. Ces activistes climatiques protesteront contre les plans du chancelier conservateur Friedrich Merz de miser davantage sur le gaz, une des Ă©nergies fossiles source du rĂ©chauffement de la planète.Cette journĂ©e de tempĂ©ratures record pour dĂ©but juillet pourrait s’achever par des orages particulièrement forts accompagnĂ©s de grĂŞle et de rafales de vent jusqu’Ă  120 km/h, dans le nord-ouest du pays – de Cologne Ă  Hambourg.En Belgique, l’Atomium, monument emblĂ©matique de Bruxelles en inox, sera fermĂ© mercredi après-midi Ă  cause de la chaleur.Dans les Ă©coles de Wallonie qui ne sont pas encore en vacances, contrairement Ă  celles de Flandre, les enseignants s’efforcent de maintenir les enfants au frais en utilisant des ventilateurs et des climatiseurs lorsqu’ils sont disponibles, organiser des jeux d’eau et des pauses Ă  l’ombre.Les Pays-Bas ont quant Ă  eux connu leur première “nuit tropicale” de l’annĂ©e, avec des tempĂ©ratures bloquĂ©es au dessus de 20°C.Humains et animaux tentent de s’adapter Ă  cette vague de chaleur prĂ©coce : un berger nĂ©erlandais a fait paĂ®tre ses moutons beaucoup plus tĂ´t que d’habitude mercredi matin, dans le centre du pays, car “les animaux supportent mieux le froid que la chaleur”, a-t-il expliquĂ© au mĂ©dia local Omroep Gelderland.Il n’a pas tondu ses moutons, car la “laine les protège de la chaleur (…) ils attraperaient des coups de soleil beaucoup plus vite”, a-t-il ajoutĂ©.- InĂ©galitĂ©s -Les habitants du sud de l’Europe espèrent un peu de rĂ©pit, après un mois de juin aux tempĂ©ratures record et plusieurs journĂ©es suffoquantes qui ont de nouveau mis en lumière les inĂ©galitĂ©s face Ă  la chaleur.”Vers 3h du matin, on se rĂ©veille en se disant +qu’est-ce qu’il faut chaud !+ On ne met pas la clim car mĂŞme dans les foyers de la classe moyenne on ne peut pas se le permettre”, souligne Julia Munoz, 60 ans, rencontrĂ©e dans le mĂ©tro de Madrid.Le “pic le plus intense” est passĂ© en France, selon le gouvernement.De Rome Ă  Paris, les autoritĂ©s dressent les premiers bilans sanitaires, mĂŞme si une estimation plus globale des dĂ©cès liĂ©s Ă  cet Ă©pisode devrait prendre des mois.”Plus de 300 personnes ont Ă©tĂ© prises en charge en urgence par les pompiers et deux sont dĂ©cĂ©dĂ©es Ă  la suite de malaises liĂ©s Ă  la chaleur”, a dĂ©clarĂ© mercredi la ministre française de la Transition Ă©cologique, Agnès Pannier-Runacher.En Italie, selon la Simeu, regroupant mĂ©decins et infirmiers travaillant aux urgences, la vague de chaleur a entraĂ®nĂ© une hausse de 10% des arrivĂ©es aux urgences dans les grandes villes comme Milan, Florence ou Naples, selon leur service de presse contactĂ© par l’AFP.Les canicules de 2003 et 2022 avaient provoquĂ© respectivement 70.000 et 61.000 dĂ©cès prĂ©maturĂ©s en Europe, selon des Ă©tudes d’excès de mortalitĂ©.Si les vagues de chaleur en Ă©tĂ© ne sont pas nouvelles, après des dĂ©cennies de combustion de charbon, de pĂ©trole et de gaz responsables du rĂ©chauffement, les canicules surviennent plus tĂ´t et plus tard dans l’annĂ©e.burs-clp/smk/dsa

Encore une journée de canicule en France après deux semaines de chaleur hors norme

Une large partie de la France, Ă  l’exception de la frange ouest, affronte mercredi une nouvelle journĂ©e de canicule, avec encore des pointes Ă  39°C, poursuivant deux semaines d’une vague de chaleur nationale qui restera dĂ©jĂ  dans les annales par sa prĂ©cocitĂ©, sa durĂ©e et ses records.La vigilance rouge canicule ne concerne plus que l’Aube, l’Yonne, le Loiret et le Cher, Ă  ce stade jusqu’Ă  22H00, a indiquĂ© MĂ©tĂ©o-France au rĂ©veil. Les dĂ©partements d’Ile-de-France, la Vienne, l’Indre, l’Indre-et-Loire et le Loir-et-Cher ont Ă©tĂ© rĂ©trogradĂ©s en orange, niveau d’alerte qui concerne encore plus de la moitiĂ© du pays mercredi.”Nous avons franchi le pic le plus intense, mais la prudence reste de mise et surtout pour les personnes fragiles”, a mis en garde mercredi la ministre de la Transition Ă©cologique Agnès Pannier-Runacher. Dans le reste de l’Europe, oĂą les tempĂ©ratures extrĂŞmes sĂ©vissent du Portugal Ă  la Grèce et jusqu’au Pays-Bas, c’est l’Allemagne qui connaĂ®tra mercredi son pic de chaleur avec 38°C attendu Ă  Berlin.La nuit, surtout dans les villes oĂą l’air circule peu et les bâtiments relâchent la chaleur accumulĂ©e le jour, a Ă©tĂ© difficile pour des millions de Français. Vers 05h00, “il faisait encore autour de 25°C dans la capitale, autant que sur les littoraux mĂ©diterranĂ©ens”, rapporte MĂ©tĂ©o-France.A Toulouse, la nuit a Ă©tĂ© dure. MĂ©lissa Lhermine, psychologue, a prĂ©fĂ©rĂ© dormir dans son cabinet, “Ă©tant donnĂ© qu’il y a la clim”. En huit ans dans son appartement, “c’est la première fois que je suis obligĂ©e d’aller dormir ailleurs”, souffle-t-elle. Et la journĂ©e s’annonce encore très pĂ©nible, avec des tempĂ©ratures au-dessus des 35°C sur une large moitiĂ© est du pays et des orages localement violents en fin de journĂ©e, qui pourraient justifier des vigilances orange.Ă€ OrlĂ©ans, il faisait dĂ©jĂ  31°C Ă  11H00 et la place du Martroi, oĂą trĂ´ne la statue de Jeanne d’Arc, paraissait bien vide, brĂ»lĂ©e par le soleil. Seuls quelques enfants, casquettes sur la tĂŞte, se rafraĂ®chissaient aux fontaines.”Chez nous, il fait trop chaud. Alors on vient avec les enfants le matin, car l’après-midi c’est pire. Mais ça commence Ă  ĂŞtre long !”, dit Sandrine, qui n’a pas souhaitĂ© donner son nom.- Deuxième juin le plus chaud -La France entre en effet mercredi dans le 14e jour d’affilĂ©e d’une vague de chaleur nationale, “remarquable par sa durĂ©e”, selon MĂ©tĂ©o-France, et Ă©galant la longueur de celle de juin 1976. Le record, trois semaines, remonte Ă  juillet 1983. Le thermomètre est montĂ© Ă  un niveau inĂ©dit dans plusieurs villes.Cette vague de chaleur sur l’ensemble de la mĂ©tropole est la 50e depuis 1947, mais 33 ont Ă©tĂ© subies après les annĂ©es 2000, illustrant l’augmentation de leur frĂ©quence annoncĂ©e par les climatologues Ă  cause de la combustion des Ă©nergies fossiles dans le monde.Juin 2025 est le deuxième mois de juin le plus chaud “depuis le dĂ©but des mesures en 1900”, a annoncĂ© mercredi la ministre Pannier-Runacher, derrière juin 2003, dont l’Ă©tĂ© caniculaire est restĂ© dans les mĂ©moires, avec plus de 70.000 dĂ©cès prĂ©maturĂ©s attribuĂ©s aux chaleurs extrĂŞmes.En Charente-Maritime, CĂ©dric Trinquart est en pleine moisson de blĂ©. Il travaille surtout de nuit et va descendre de sa moissonneuse-batteuse Ă  la mi-journĂ©e: “contre les risques d’incendie, un arrĂŞtĂ© prĂ©voit l’arrĂŞt des rĂ©coltes de 14H Ă  19H”, a-t-il dit Ă  l’AFP.”Dans le dĂ©partement, on a eu une quinzaine de dĂ©parts de feu ces derniers jours: avec la chaleur, les machines surchauffent ou ça peut ĂŞtre les lames qui touchent des pierres: ça donne une Ă©tincelle qui peut incendier tout le champ”, a-t-il expliquĂ©.L’impact sanitaire sera long Ă  mesurer. En France, selon le ministère de la SantĂ©, une première estimation de la surmortalitĂ© sera connue deux semaines environ après la fin de la canicule, mais ce n’est qu’Ă  l’automne que des donnĂ©es dĂ©taillĂ©es seront disponibles.Deux personnes sont mortes “Ă  la suite de malaises liĂ©s Ă  la chaleur”, a indiquĂ© mercredi la ministre de la Transition Ă©cologique, avant que son entourage prĂ©cise qu’il n’y avait Ă  ce stade “aucune confirmation officielle”.CĂ´tĂ© politique, le dĂ©bat sur la climatisation est dans tous les esprits, dans un pays oĂą un foyer sur quatre Ă©tait Ă©quipĂ© en 2020. Si le RN rĂ©clame un “grand plan pour la climatisation”, la gauche et les macronistes n’en font qu’une solution d’appoint pour les plus fragiles et plaident pour le dĂ©veloppement d’autres mesures comme la vĂ©gĂ©talisation ou l’isolation thermique.bur-dlm-lby-jmi-bl/jum/pta

L’avenir Ă©conomique de la corrida “se pose” en France, selon un rapport

Pour des raisons Ă©conomiques, la “question du devenir” des corridas en France “est posĂ©e”, estime mercredi la chambre rĂ©gionale des comptes d’Occitanie dans un rapport relevant leur manque structurel de rentabilitĂ© et la modestie des soutiens publics dont elles bĂ©nĂ©ficient.La corrida, spectacle de tauromachie d’origine espagnole dans lequel un torero (ou matador) affronte et met Ă  mort un taureau de combat dans une arène, est arrivĂ©e en France Ă  la fin du XIXe siècle.DĂ©criĂ©e par les dĂ©fenseurs du bien-ĂŞtre animal, la corrida ne doit pas ĂŞtre confondue avec les “courses landaises” du sud-ouest du pays, ni avec les “courses camarguaises”, prĂ©sentes dans le sud-est, oĂą les taureaux (ou vachettes) utilisĂ©s ne sont pas mis Ă  mort.Saisie par une demande du public, la chambre rĂ©gionale des comptes (CRC) a contrĂ´lĂ© six communes occitanes de tailles diverses accueillant des corridas: NĂ®mes, BĂ©ziers (HĂ©rault), Vic-Fezensac (Gers), CĂ©ret (PyrĂ©nĂ©es-Orientales), Saint-Gilles (Gard) et Bellegarde (Gard).Ces communes occitanes n’organisent pas directement de spectacles de tauromachie espagnole mais leur apportent des soutiens sous diverses formes (subventions, mise Ă  disposition gratuite des arènes…). Ces aides “restent nĂ©anmoins modestes, Ă  hauteur de 19.000 euros par an en moyenne par commune”, souligne le rapport.L’activitĂ© d’organisation de spectacles de corridas, structurellement dĂ©ficitaire -la billetterie ne couvrant pas les frais-, repose donc en Occitanie sur des “structures privĂ©es”, dont le nombre ne fait en outre que se rĂ©duire face aux difficultĂ©s Ă©conomiques.”Les dĂ©ficits rĂ©currents dĂ©gagĂ©s ces dernières annĂ©es par les organisateurs de spectacles de tauromachie espagnole posent au final la question de leur devenir”, relèvent les magistrats financiers.Figure incontournable de l’organisation de corridas en France et en Espagne, le NĂ®mois Simon Casas a Ă©tĂ© entendu dĂ©but juin sous le rĂ©gime de la garde Ă  vue dans le cadre d’une enquĂŞte prĂ©liminaire sur de possibles infractions financières.Dans son rapport, la CRC d’Occitanie s’est aussi penchĂ©e sur les “ferias”, des fĂŞtes populaires “qui incluent gĂ©nĂ©ralement des manifestations taurines mais ne se limitent pas Ă  cela”. Ces manifestations, qui peuvent rassembler des centaines de milliers de personnes reçoivent un important soutien des communes et leurs retombĂ©es sont “significatives” pour le territoire.  Mais la part qu’y joue la corrida “reste faible”, estime la chambre rĂ©gionale des comptes.

La question de la climatisation échauffe le débat politique

Demain tous climatisĂ©s? Si le RN rĂ©clame un “grand plan pour la climatisation”, la gauche et les macronistes n’en font qu’une solution d’appoint et plaident pour le dĂ©veloppement d’autres mesures comme la vĂ©gĂ©talisation ou l’isolation thermique.En plein Ă©pisode de canicule dans l’Hexagone, Marine Le Pen a rĂ©clamĂ© lundi “un grand plan d’Ă©quipement pour la climatisation”, relayĂ© par son alliĂ© Eric Ciotti qui souhaite Ă©quiper en prioritĂ© “Ă©coles, hĂ´pitaux et maisons de retraite”.La leader d’extrĂŞme droite a dĂ©plorĂ© que “les services publics ne (soient) pas capables de fonctionner faute de climatisation, contrairement Ă  des dizaines de pays dans le monde”.”Je pense aussi Ă  tous les travailleurs qui suffoquent dans des bâtiments sans clim’ parce que des dirigeants ont dĂ©cidĂ© que les Français devaient souffrir de la chaleur pendant qu’eux-mĂŞmes jouissent Ă©videmment de vĂ©hicules et de bureaux climatisĂ©s”, a encore fustigĂ© Mme Le Pen sur X.Le groupe UDR (Union des droites pour la RĂ©publique) a dĂ©posĂ© mercredi une proposition de loi portant sur une “obligation de climatisation des espaces publics prioritaires”.”Il est urgent de lancer un grand plan d’Ă©quipement national pour les plus fragiles Ă  travers le dĂ©veloppement massif des rĂ©seaux de froid et de la climatisation. Nous avons le devoir (…) de gĂ©nĂ©raliser ces solutions”, affirme le groupe d’Eric Ciotti dans son texte.”Ceux qui vous parlent de grand plan de climatisation viennent de dĂ©couvrir la Lune”, a rĂ©agi lundi sur BFMTV la ministre de la Transition Ă©cologique, Agnès Pannier-Runacher. “Il y a les incompĂ©tents, le Rassemblement national (…), qui vient de dĂ©couvrir que dans les Ehpad, on a besoin de pièces climatisĂ©es. Merci, ça fait depuis 2004 que c’est obligatoire”, a-t-elle cinglĂ©.”Le sujet que nous avons avec la climatisation, c’est un sujet de rĂ©chauffement”, a-t-elle encore commentĂ© aux cĂ´tĂ©s du Premier ministre, François Bayrou, mardi. “Il faut climatiser pour les personnes vulnĂ©rables et leur permettre d’avoir un rĂ©pit. En revanche, il ne faut pas en faire partout, sinon on risque de rĂ©chauffer et donc c’est une mauvaise solution.”- “Plan volets” -“L’objectif, ça doit rester d’avoir des bâtiments mieux isolĂ©s”, a lancĂ© de son cĂ´tĂ© le patron de Renaissance, Gabriel Attal, mardi sur franceinfo. “Dans l’intervalle (…), il faut prendre toutes les mesures qui permettent d’adapter les choses en attendant.”MalgrĂ© les effets pervers pointĂ©s de la climatisation (consommation d’Ă©nergie, surplus de chaleur dans la rue), la gauche reconnait elle aussi aujourd’hui son caractère indispensable pour les personnes fragiles.Ainsi, Boris Vallaud, le chef de file des dĂ©putĂ©s socialistes s’est dit “pour la climatisation pour les Ă©tablissements qui accueillent des jeunes publics”, dans une dĂ©claration Ă  l’AFP.LFI a de son cĂ´tĂ© dĂ©voilĂ© mardi un plan “de rĂ©ponse aux canicules” fixant pour objectif “l’installation de la climatisation dans l’ensemble des hĂ´pitaux publics, Ehpad, et Ă©tablissements scolaires”.La patronne des Ecologistes, Marine Tondelier, a elle ironisĂ© sur X sur “le programme Ă©cologique de Marine Le Pen” qui se borne selon elle Ă  “acheter des climatiseurs”.Mais elle a reconnu elle aussi que “les hĂ´pitaux, les Ă©coles et les Ehpad” doivent ĂŞtre “climatisĂ©s, pour le personnel comme pour le public”, après avoir Ă©tĂ© taclĂ©e par le dĂ©putĂ© RN Jean-Philippe Tanguy, qui l’a invitĂ©e  à “bosser dans un hĂ´pital Ă  35 degrĂ©s”.L’Ecologiste fait valoir que “contrairement (au RN), nous avons un peu bossĂ© le sujet du rĂ©chauffement climatique”, et pointe “que la climatisation ne suffira pas”.”Il faut impĂ©rativement avancer sur la vĂ©gĂ©talisation des villes et l’isolation thermique des logements”, insiste-t-elle.Pour la dĂ©putĂ© EELV Sandrine Rousseau, la climatisation dans certains bâtiments “semble inĂ©vitable. Mais avant cela, il y a quand mĂŞme la rĂ©novation thermique”, a-t-elle ajoutĂ©, Ă©voquant la nĂ©cessitĂ© d’un “plan volet” et d'”un plan ventilateur”: “il y a Ă©normĂ©ment d’immeubles, de bâtiments publics qui n’ont pas de volets”, qui peuvent pourtant selon elle “isoler de la chaleur”.

La question de la climatisation échauffe le débat politique

Demain tous climatisĂ©s? Si le RN rĂ©clame un “grand plan pour la climatisation”, la gauche et les macronistes n’en font qu’une solution d’appoint et plaident pour le dĂ©veloppement d’autres mesures comme la vĂ©gĂ©talisation ou l’isolation thermique.En plein Ă©pisode de canicule dans l’Hexagone, Marine Le Pen a rĂ©clamĂ© lundi “un grand plan d’Ă©quipement pour la climatisation”, relayĂ© par son alliĂ© Eric Ciotti qui souhaite Ă©quiper en prioritĂ© “Ă©coles, hĂ´pitaux et maisons de retraite”.La leader d’extrĂŞme droite a dĂ©plorĂ© que “les services publics ne (soient) pas capables de fonctionner faute de climatisation, contrairement Ă  des dizaines de pays dans le monde”.”Je pense aussi Ă  tous les travailleurs qui suffoquent dans des bâtiments sans clim’ parce que des dirigeants ont dĂ©cidĂ© que les Français devaient souffrir de la chaleur pendant qu’eux-mĂŞmes jouissent Ă©videmment de vĂ©hicules et de bureaux climatisĂ©s”, a encore fustigĂ© Mme Le Pen sur X.Le groupe UDR (Union des droites pour la RĂ©publique) a dĂ©posĂ© mercredi une proposition de loi portant sur une “obligation de climatisation des espaces publics prioritaires”.”Il est urgent de lancer un grand plan d’Ă©quipement national pour les plus fragiles Ă  travers le dĂ©veloppement massif des rĂ©seaux de froid et de la climatisation. Nous avons le devoir (…) de gĂ©nĂ©raliser ces solutions”, affirme le groupe d’Eric Ciotti dans son texte.”Ceux qui vous parlent de grand plan de climatisation viennent de dĂ©couvrir la Lune”, a rĂ©agi lundi sur BFMTV la ministre de la Transition Ă©cologique, Agnès Pannier-Runacher. “Il y a les incompĂ©tents, le Rassemblement national (…), qui vient de dĂ©couvrir que dans les Ehpad, on a besoin de pièces climatisĂ©es. Merci, ça fait depuis 2004 que c’est obligatoire”, a-t-elle cinglĂ©.”Le sujet que nous avons avec la climatisation, c’est un sujet de rĂ©chauffement”, a-t-elle encore commentĂ© aux cĂ´tĂ©s du Premier ministre, François Bayrou, mardi. “Il faut climatiser pour les personnes vulnĂ©rables et leur permettre d’avoir un rĂ©pit. En revanche, il ne faut pas en faire partout, sinon on risque de rĂ©chauffer et donc c’est une mauvaise solution.”- “Plan volets” -“L’objectif, ça doit rester d’avoir des bâtiments mieux isolĂ©s”, a lancĂ© de son cĂ´tĂ© le patron de Renaissance, Gabriel Attal, mardi sur franceinfo. “Dans l’intervalle (…), il faut prendre toutes les mesures qui permettent d’adapter les choses en attendant.”MalgrĂ© les effets pervers pointĂ©s de la climatisation (consommation d’Ă©nergie, surplus de chaleur dans la rue), la gauche reconnait elle aussi aujourd’hui son caractère indispensable pour les personnes fragiles.Ainsi, Boris Vallaud, le chef de file des dĂ©putĂ©s socialistes s’est dit “pour la climatisation pour les Ă©tablissements qui accueillent des jeunes publics”, dans une dĂ©claration Ă  l’AFP.LFI a de son cĂ´tĂ© dĂ©voilĂ© mardi un plan “de rĂ©ponse aux canicules” fixant pour objectif “l’installation de la climatisation dans l’ensemble des hĂ´pitaux publics, Ehpad, et Ă©tablissements scolaires”.La patronne des Ecologistes, Marine Tondelier, a elle ironisĂ© sur X sur “le programme Ă©cologique de Marine Le Pen” qui se borne selon elle Ă  “acheter des climatiseurs”.Mais elle a reconnu elle aussi que “les hĂ´pitaux, les Ă©coles et les Ehpad” doivent ĂŞtre “climatisĂ©s, pour le personnel comme pour le public”, après avoir Ă©tĂ© taclĂ©e par le dĂ©putĂ© RN Jean-Philippe Tanguy, qui l’a invitĂ©e  à “bosser dans un hĂ´pital Ă  35 degrĂ©s”.L’Ecologiste fait valoir que “contrairement (au RN), nous avons un peu bossĂ© le sujet du rĂ©chauffement climatique”, et pointe “que la climatisation ne suffira pas”.”Il faut impĂ©rativement avancer sur la vĂ©gĂ©talisation des villes et l’isolation thermique des logements”, insiste-t-elle.Pour la dĂ©putĂ© EELV Sandrine Rousseau, la climatisation dans certains bâtiments “semble inĂ©vitable. Mais avant cela, il y a quand mĂŞme la rĂ©novation thermique”, a-t-elle ajoutĂ©, Ă©voquant la nĂ©cessitĂ© d’un “plan volet” et d'”un plan ventilateur”: “il y a Ă©normĂ©ment d’immeubles, de bâtiments publics qui n’ont pas de volets”, qui peuvent pourtant selon elle “isoler de la chaleur”.

Violences Ă  l’Ă©cole: la commission parlementaire appelle Ă  agir face Ă  un “Etat dĂ©faillant”

Des “monstruositĂ©s” et un “Etat dĂ©faillant”: la commission parlementaire sur les violences en milieu scolaire, lancĂ©e après le scandale BĂ©tharram, a dressĂ© mercredi le tableau sombre d’une “rĂ©alitĂ© largement occultĂ©e” et recommandĂ© 50 mesures pour agir.A l’issue de trois mois d’auditions, les rapporteurs, Paul Vannier (LFI) et Violette Spillebout (Renaissance) ont listĂ© un arsenal de propositions face Ă  ce que la prĂ©sidente de la commission, Fatiha Keloua Hachi, qualifie dans son avant-propos de “monstruositĂ©s”.”Ces violences Ă  l’Ă©cole ont eu lieu dans toute la France, dans des centaines d’Ă©tablissements, avec des milliers de victimes pendant des annĂ©es”, a dĂ©clarĂ© Violette Spillebout sur France Inter. “On peut dire que c’Ă©tait systĂ©mique”. Parmi les recommandations, le rapport appelle Ă  reconnaĂ®tre “la responsabilitĂ© de l’Etat pour les carences” ayant permis ces violences et crĂ©er un “fonds d’indemnisation et d’accompagnement des victimes”. Le rapport n’est qu’une “Ă©tape”, a affirmĂ© Violette Spillebout lors d’une confĂ©rence de presse Ă  l’AssemblĂ©e nationale mercredi.”François Bayrou, le 15 fĂ©vrier, nous a assurĂ© qu’il crĂ©erait ce fonds. Nous sommes le 2 juillet. Nous n’avons toujours rien”, a dĂ©plorĂ© sur RTL Alain Esquerre, porte-parole d’un collectif d’anciens Ă©lèves de BĂ©tharram.Les dĂ©putĂ©s veulent aussi lancer une mission parlementaire transpartisane chargĂ©e de propositions pour “rendre imprescriptibles certaines infractions commises sur les mineurs”, “un vĹ“u extrĂŞmement fort” des victimes, a commentĂ© Mme Spillebout.- “Torture” -Sur les volets contrĂ´les et inspections, ils prĂ©conisent des contrĂ´les “chaque annĂ©e” dans les Ă©tablissements avec internats du primaire et “au maximum tous les trois ans” dans le secondaire (collèges et lycĂ©es). Pour les Ă©tablissements privĂ©s, ils demandent un contrĂ´le complet “tous les cinq ans au plus”, alors que ces contrĂ´les Ă©taient auparavant quasi inexistants.Pour protĂ©ger les Ă©lèves, ils proposent, entre autres, de “procĂ©der Ă  un contrĂ´le de l’honorabilitĂ©” du personnel et des bĂ©nĂ©voles et plaident pour “lever systĂ©matiquement le secret” de la confession s’il “porte sur des faits de violences commis sur mineur de moins de 15 ans”.Les outils de signalement sont “Ă©pars, opaques, inadaptĂ©s”, Ă©crivent-t-ils, appelant l’Education nationale Ă  “prendre ses responsabilitĂ©s”. Les travaux de la commission ont permis de faire 80 nouveaux signalements d’après le rapport.Après avoir auditionnĂ© près de 140 personnes, les rapporteurs dressent en effet un bilan sombre de violences “largement occultĂ©es”, qui persistent et d’un “Etat dĂ©faillant”. “Je ne pouvais pas imaginer des actes de torture, des enfants Ă  qui on injecte des piqĂ»res d’eau, des enfants qu’on prive de sommeil” de nourriture, des punitions par des “jeux sadiques” “durant des annĂ©es et des annĂ©es, et ravageant des vies tout entières…”, a confiĂ© Paul Vannier sur France Inter.- “DĂ©faut d’action” -La commission d’enquĂŞte n’Ă©pargne pas le Premier ministre, qui Ă©tait ministre de l’Education au moment des premières rĂ©vĂ©lations sur Notre-Dame-de-BĂ©tharram (PyrĂ©nĂ©es-Atlantiques), et qui a eu plusieurs enfants scolarisĂ©s dans l’Ă©tablissement. Les dĂ©putĂ©s pointent chez lui un “dĂ©faut d’action” Ă  l’Ă©poque qui a pu laisser les violences “perdurer”, alors qu’il Ă©tait “informĂ©” et “avait les moyens” d’agir.Fatiha Keloua Hachi fustige aussi les attaques lancĂ©es par François Bayrou, lors de son audition devant la commission, contre l’ex-professeure de BĂ©tharram Françoise Gullung, qu’il a accusĂ©e d’avoir “affabulĂ©” alors qu’elle Ă©tait l’une des rares lançeuses d’alerte.Les rapporteurs Ă©voquent Ă  Notre-Dame-de-BĂ©tharram “un vĂ©ritable dĂ©chaĂ®nement de violences” avec “une communautĂ© de notables au soutien indĂ©fectible”, dont des “membres du gouvernement”.Les dĂ©putĂ©s dĂ©crivent les mĂŞmes “logiques Ă  l’oeuvre” dans d’autres Ă©tablissements, dont des “violences institutionnalisĂ©es sous prĂ©texte d’excellence pĂ©dagogique”. – “Ministère bis” -Pour eux, ces mĂ©canismes Ă©taient “accentuĂ©s dans l’enseignement catholique”, du fait d’un “modèle Ă©ducatif explicitement plus strict, s’appuyant sur de nombreux internats” et d’une “loi du silence particulièrement prĂ©gnante”.Aujourd’hui, ces violences sont “encore invisibilisĂ©es” dans l’enseignement public, et persistent de façon “prĂ©occupante” dans l’enseignement privĂ©, “notamment catholique”, disent-ils.”Aujourd’hui cette relation est perturbĂ©e par le fait qu’un acteur, le secrĂ©tariat gĂ©nĂ©ral Ă  l’enseignement catholique s’est imposĂ© comme un intermĂ©diaire” entre les Ă©tablissements privĂ©s catholiques et le ministère de l’Education, tance Paul Vannier qui appelle Ă  dĂ©passer ce “ministère bis”.Philippe Delorme, SecrĂ©taire gĂ©nĂ©ral de l’Enseignement catholique (Sgec), dĂ©nonce pour sa part “une orientation qui voudrait que l’enseignement public et privĂ© fonctionnent exactement de la mĂŞme manière, ce qui est complètement absurde”, a-t-il dit Ă  l’AFP.”On ne peut pas dire que nos 7.200 Ă©tablissements dysfonctionnent”, insiste-t-il.HĂ©lène Laubignat, prĂ©sident de l’Apel (Association de parents d’Ă©lèves de l’enseignement libre) assure, elle, qu’il y a un “vrai changement de culture” Ă  l’oeuvre dans l’enseignement catholique.