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Un avocat lyonnais mis en examen pour viols et agressions sexuelles

Un avocat lyonnais spécialisé dans les dossiers de banditisme, David Metaxas, a été mis en examen pour des viols en série et des agressions sexuelles, commis en position d’autorité, a indiqué vendredi le procureur de Chambéry.Six “possibles victimes” sont “visées dans le cadre de l’instruction”, précise le magistrat Xavier Sicot dans un communiqué. Selon le quotidien régional Le Progrès, il s’agirait pour certaines d’anciennes stagiaires de son cabinet.David Metaxas, avocat pénaliste au barreau de Lyon, avait été placé en garde à vue lundi dans le cadre d’une enquête délocalisée à Chambéry. Après plusieurs prolongations de cette mesure, il a été mis en examen pour “viol par personne ayant autorité sur la victime et en concours”, ce qui implique plusieurs victimes, mais aussi tentative de viol, agressions sexuelles et harcèlement sexuel, selon le magistrat.Il a été placé sous contrôle judiciaire, “conformément aux réquisitions du parquet” et l’information judiciaire se poursuit, indique encore M. Sicot.Contacté par l’AFP, son avocat Me Alain Jakubowicz n’a pas souhaité s’exprimer. Âgé de 49 ans, Me Metaxas est une figure connue du barreau lyonnais pour son style parfois provocateur et son goût des médias. A la tête d’un cabinet baptisé “The Firm” en référence au célèbre polar de John Grisham et au film éponyme de Sydney Pollack, il a gagné le surnom d'”avocat des voyous” pour sa défense de plusieurs membres du grand banditisme.Il est le conseil notamment d’un membre présumé de la mafia calabraise, Edgardo Greco, 65 ans, interpellé à Saint-Etienne en février 2023 après 17 ans de cavale et pour qui il multiplie les demandes de remise en liberté.     Ce n’est pas la première fois que Me Metaxas à affaire à la justice. Mis en examen en 2012 pour recel de violation du secret professionnel dans l’affaire de corruption de l’ex-numéro deux de la police judiciaire de Lyon, Michel Neyret, Me Metaxas avait été relaxé lors du procès en 2016.

Après l’île Maurice, Macron met le cap sur l’Afrique du Sud

“La France n’entend pas dominer”, “elle veut coopérer” : Emmanuel Macron a plaidé vendredi à Port-Louis pour un renforcement de la coopération régionale au sein de l’océan Indien, avant de mettre le cap sur l’Afrique du Sud, deuxième étape de sa tournée africaine.”La France n’entend pas dominer, elle n’entend en rien imposer, elle veut coopérer face à toutes les tentations parfois hégémoniques dans un monde de désordres où vous voyez comme moi le retour des impéralismes. La région n’y échappe pas”, a déclaré le président sur le site de la future ambassade de France à l’issue d’une visite d’Etat de 24 heures à l’île Maurice.Au premier jour de sa visite jeudi, il a convenu avec le Premier ministre mauricien Navin Ramgoolam d’accroître la coopération en matière de sécurité maritime pour lutter contre les narcotrafics et la pêche illégale dans la zone.”La France est par sa géographie à La Réunion, Mayotte, par ses ressortissants établis à Maurice, aux Seychelles, à Madagascar, aux Comores, par ces familles mêlées et ses liens humains une des puissances dans l’océan Indien”, a-t-il dit.”Mais nous l’abordons aussi avec aussi humilité et une volonté de travailler en partenariat”, a-t-il insisté. La France concentre 1.600 militaires entre ses deux territoires ultramarins dans la zone.Emmanuel Maceron entend aussi réaffirmer la présence française dans le sud-ouest de l’océan Indien face aux ambitions croissantes de la Chine, la Russie et l’Inde.L’île Maurice, ex-colonie française puis britannique de 1,2 million d’habitants, occupe une position stratégique dans ce carrefour maritime riche en ressources qui attise les convoitises. Le chef de l’Etat a évoqué les “menaces qui pèsent sur la stabilité de l’océan Indien, traversé par des roues maritimes clés pour l’économie mondiale et maintenant le trafic qui descend depuis l’Asie”.La France et Maurice vont “organiser davantage de patrouilles et d’exercices” communs et procéder à un “échange de bonnes pratiques” en matière de sécurité, a-t-il pointé. Le président s’est auparavant rendu sur un bâtiment de la Marine nationale, Le Champlain, mouillant à Port-Louis et qui participe avec les garde-côtes mauriciens à la surveillance des côtes et la lutte contre les trafics, notamment de drogue venant de la zone Inde/Parkistan.Le Premier ministre mauricien, en poste depuis 2024, avait relevé la veille que les relations bilatérales avaient été “quelque peu négligées” ces dix dernières années mais souligné une volonté de les “redynamiser”.- “Amitié” -Le président français s’est envolé vers 13H30 (9H30 GMT) pour Pretoria où il rencontrera dans l’après-midi son homologue sud-africain Cyril Ramaphosa, avec lequel il a noué selon son entourage “une relation d’amitié, d’estime très proche”, à la veille du sommet du G20.Il doit se rendre dans un centre de formation de la compagnie nationale d’électricité Eskom, qui a bénéficié d’un soutien financier français en matière de transition énergétique, l’un des sujets du G20.Il effectuera aussi une visite hautement symbolique au mémorial de la lutte contre l’apartheid à Pretoria. Quinze noms de Français seront dévoilés à cette occasion sur le mur des héros du monument.Parmi eux les écrivains Jean-Paul Sartre et Aimé Césaire, Frantz Fanon, figure de l’anticolonialisme, l’avocat Paul Vergès, le philosophe Paul Ricoeur et le rugbyman international François Moncla, marqué à vie par l’apartheid lors d’une tournée du XV de France en Afrique du Sud en 1958.”La France était à travers ses artistes, ses figures culturelles, intellectuelles, politiques, en soutien de la lutte contre l’apartheid. Et c’est ça que l’on aura à coeur de démontrer lors de la visite”, relève l’Elysée.Le chef de l’Etat français, déterminé à accroître les liens économiques avec l’Afrique anglophone, assistera par ailleurs au lancement d’un conseil d’affaires franco-sud-africain sur le modèle de celui qui existe déjà au Nigeria, avant de rejoindre Johannesburg pour le sommet du G20 samedi et dimanche. Il poursuivra ensuite sa tournée africaine au Gabon et en Angola.Le président algérien Abdelmadjid Tebboune ne se rendra finalement pas au G20, a annoncé jeudi la télévision algérienne, coupant court à toute possibilité de rencontre avec Emmanuel Macron pour tenter d’apaiser une relation des plus tendues entre France et Algérie, après le signal positif envoyé par Alger, qui a récemment libéré l’écrivain franco-algérien Boualem Sansal.

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Japon: les autorités locales approuvent le redémarrage de la plus grande centrale nucléaire au monde

La plus grande centrale nucléaire au monde a obtenu vendredi le feu vert d’autorités locales japonaises pour son redémarrage, une étape cruciale pour la remise en service du site après la catastrophe de Fukushima en 2011 et la fermeture de tous les réacteurs japonais. Hideyo Hanazumi, le gouverneur du département de Niigata (centre-ouest) où se trouve la centrale de Kashiwazaki-Kariwa, a déclaré lors d’une conférence de presse qu’il “approuverait” la reprise des activités, qui devra encore recevoir l’aval final du régulateur nucléaire du pays. Le Japon avait fermé tous ses réacteurs nucléaires après le triple désastre – séisme, tsunami et catastrophe nucléaire – de Fukushima en 2011, alors que la population exprimait son inquiétude face à cette source d’énergie. Mais le pays, pauvre en ressources, veut réduire sa forte dépendance aux combustibles fossiles, atteindre la neutralité carbone d’ici 2050 et répondre à la demande croissante d’électricité liée à l’intelligence artificielle.Au total, 14 réacteurs – principalement situés dans l’ouest et le sud du pays – ont ainsi déjà été remis en service après la mise en place de normes de sécurité strictes. La centrale de Kashiwazaki-Kariwa, qui s’étend sur 400 hectares sur la côte de la mer du Japon face à la péninsule coréenne, serait le premier redémarrage d’une centrale nucléaire par Tepco, l’opérateur de celle de Fukushima Daiichi, depuis la catastrophe.Le vaste complexe a été équipé d’une digue de 15 mètres de haut contre les tsunamis, de nouveaux systèmes de secours électriques installés en hauteur, ainsi que d’autres dispositifs de sécurité.- Durée de vie des réacteurs allongée -Avant le séisme et le tsunami de 2011, qui ont fait environ 18.000 morts, l’énergie nucléaire représentait environ un tiers de la production d’électricité du Japon, le reste provenant principalement des énergies fossiles. En juillet, la compagnie d’électricité Kansai Electric a annoncé avoir franchi une première étape vers la construction du premier nouveau réacteur nucléaire du pays depuis la catastrophe de Fukushima. Le Japon est le cinquième émetteur mondial de dioxyde de carbone derrière la Chine, les États-Unis, l’Inde et la Russie, et dépend fortement des combustibles fossiles importés. Près de 70% des besoins en électricité du Japon étaient couverts en 2023 par des centrales thermiques fonctionnant au charbon et aux hydrocarbures.Le pays s’est fixé pour objectif de réduire l’apport des centrales thermiques à 30 à 40% de son mix électrique d’ici 2040.En juin, le Japon a adopté une loi permettant d’allonger la durée de vie des réacteurs nucléaires au-delà de 60 ans afin de compenser les arrêts liés à des “circonstances imprévisibles”. L’archipel veut faire des renouvelables sa principale source d’électricité avant 2040. Dans le cadre de cet objectif, le nucléaire devrait représenter environ 20% de la production électrique du pays à l’horizon 2040, contre 5,6% en 2022.

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Les derniers chasseurs-cueilleurs de Thaïlande revendiquent leur droit aux terres

Au coeur d’une forêt du sud de la Thaïlande, un jeune homme court, sarbacane en main, avant de décocher une flèche empoisonnée sur un singe.Le groupe qui l’accompagne s’approche en criant avant que l’animal ne tombe au sol.Cette chasse traditionnelle est toujours pratiquée par les Maniqs, l’un des plus petits groupes ethniques de Thaïlande et les derniers chasseurs-cueilleurs du pays.En voie de sédentarisation, les Maniqs réclament que leur droit de propriété soit reconnu sur les territoires qu’ils occupent depuis des générations mais qui sont à présent régis par les lois de protection de la nature.A 18 ans, Dan Rakpabon est le plus jeune chasseur des Maniqs. Il rapporte son trophée au thap, un abri de bambou au toit de feuilles, dans une clairière de Pa Bon. Il dépèce l’animal au dessus d’un feu pour brûler sa fourrure, puis le découpe avec soin pour répartir la viande en fonction de la taille de chaque famille.”Je suis très heureux à chaque fois que je pars en chasse. C’est notre nourriture”, dit-il.Pourtant, dans cette zone protégée de la forêt thaïlandaise, la chasse est illégale. Un défi que rencontrent de nombreux peuples autochtones dans le monde, sommés d’abandonner leur mode de vie traditionnel et qui doivent se battre pour des terres qu’ils ont toujours occupées.Ils se retrouvent fréquemment victimes des politiques de protection de la nature, même si plusieurs études montrent que leur usage limité des ressources contribue à la préservation de la biodiversité.”Le mode de vie traditionnel des Maniqs n’est pas une inquiétude”, reconnaît Chutiphong Phonwat, qui dirige le centre de protection de la faune sauvage de Banthat. “Ils ne détruisent pas la forêt”. – “Je peux écrire mon nom” -Pendant des siècles, les Maniqs, qui font partie de la branche de population plus large désignée sous le nom de Negritos, ont vécu comme des chasseurs-cueilleurs dans les forêts tropicales de la péninsule malaise, se déplaçant au gré des saisons pour se fournir en nourriture.Ils ne sont plus que 415, dispersés dans les montagnes du sud de la Thaïlande, selon les données de la Fondation pour l’éducation et l’environnement des peuples autochtones.La plupart sont sédentarisés en bordure de forêt, attirés par l’accès aux soins et à l’éducation pour leurs enfants, comme à Pa Bon, dans la province de Phattalung.Mais la vie moderne requiert de l’argent, contraignant les hommes à travailler sur des plantations d’hévéa pour trois à huit dollars par jour, tandis que les femmes confectionnent des sacs avec des feuilles de pandan pour les vendre.Certains ont des smartphones et les enfants vivent dans un village à 10 kilomètres de l’école.”Un jour mon enfant est venu me voir et m’a dit +Aujourd’hui je peux écrire mon nom+. Entendre cela m’a rendue fière”, indique sa mère, Jeab Rakpabon, qui gagne sa vie en tissant.Pour ces communautés, la chasse est devenue une activité occasionnelle plus qu’un moyen de subsistance.”J’ai grandi en suivant mon père dans la forêt pour chasser et chercher de la nourriture”, indique Tom Rakpabon, chef de la communauté de 40 personnes dont tous les membres se sont vu attribuer le même nom de famille par les autorités.”A présent nous devons acheter du riz, de la viande, des légumes au marché”.Tiraillés entre leurs traditions et le mode de vie moderne, les Maniqs revendiquent des droits de propriété à demeure sur les forêts protégées.”Nous voulons de vraies maisons, des terres pour cultiver les légumes”, dit Jeab Rakpabon. “Les abris de feuilles comme ceux-ci ne sont que temporaires”.- Situation précaire -La forêt est désormais classée comme une zone protégée où la loi thaïlandaise interdit la propriété privée des terres et restreint l’utilisation des ressources. “Les Maniqs, comme tout le monde, doivent respecter la loi de manière égale”, déclare Chalerm Phummai, directeur de l’Office de protection de la Faune de Thaïlande. Selon la réglementation, les communautés autochtones peuvent demander des permis d’utilisation des terres de 20 ans, et plusieurs ont été délivrés. Mais ce processus réduit les groupes autochtones à des occupants temporaires de leurs forêts ancestrales, soulignent les détracteurs. Une communauté Maniq vit depuis plus de 30 ans à Plai Khlong Tong, dans la province de Trang, où elle a établi ses propres plantations d’hévéas et des maisons en bois et en béton sommaires au milieu des arbres imposants.”C’est frustrant de vivre ainsi”, note cependant Thawatchai Paksi, dont la mère a épousé un planteur d’hévéa, impulsant le changement de mode de vie. “Nous avons besoin de permission pour presque tout, même pour couper un arbre ou construire une maison.Vivre sans titre de propriété place les habitants dans une situation précaire, explique le chef du village Sakda Paksi.”Si les Maniq possédaient des terres, on pourrait marcher sur nos deux pieds”.- “Plus rien dans la forêt” –Un groupe de la province de Satun a été réduit à mendier en bord de route, faute de trouver du travail. “Si personne ne nous donne à manger, c’est difficile”, dit leur cheffe, Jin Sri Thung Wa.”Il ne reste plus rien dans la forêt ici, et il n’y a aucun travail”, dit-elle.Les Maniqs se heurtent aussi à des discriminations de la part des Thaïlandais, notamment dans la façon dont ils sont désignés.”Les Maniqs ne sont pas des sauvages,” souligne Tao Khai, un autre chef communautaire. “Nous sommes un peuple de la forêt”.Les propriétaires d’une plantation de caoutchouc et site touristique permettent à son groupe de vivre sur leur territoire, mais ils n’ont pas de champs à cultiver et subsistent grâce à des travaux journaliers dans la région, complétés par la chasse. Chaque matin, un employé de la plantation conduit Duan Srimanang, 13 ans, et des dizaines d’autres enfants à l’école. En raison de ses faibles connaissances, elle étudie avec des enfants de sept ans, mais elle peut maintenant écrire son nom et apprend à lire. “Quand je serai grande, je veux avoir un travail et gagner de l’argent pour pouvoir m’occuper de ma mère et lui rendre la vie confortable et heureuse”, dit-elle.- Droits permanents -En septembre, une nouvelle loi thaïlandaise a créé des “zones ethniques protégées” pour les populations autochtones avec un régime plus flexible.”Les Maniqs n’obtiendront pas la propriété foncière, mais ils auront des droits d’utilisation des terres conformément à leur mode de vie traditionnel”, assure l’anthropologue Apinan Thammasena. “La sécurité foncière ne passe pas forcément par un droit de propriété. Elle peut prendre la forme de droits d’utilisation garantis et permanents des terres”, ajoute-t-il.Mais pour le député Laufang Bandittheodsakul, un membre des tribus Hmong, qui a participé à l’élaboration de la réglementation, les règles environnementales restent en place, ce qui peut potentiellement saper l’impact de ces mesures. “La législation foncière reste largement inchangée”, dit-il, soulignant que le service des forêts devait toujours autoriser l’accès à l’eau, l’électricité et la construction des routes.Tao Khai rentre de la chasse à la plantation d’hévéa, où Duan et ses amis font leurs devoirs éclairés par une lampe torche.”Cette terre nous a été donnée temporairement”, dit-il. “Les Maniqs veulent une maison où ils peuvent vivre pour toujours”.str/sah/slb/ane/lgo/gmo/ptCe reportage est une collaboration entre l’AFP et HaRDstories, avec le soutien du Centre Pulitzer.

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L’anguille, tradition gastronomique japonaise au menu d’un débat mondial sur sa préservation

Attablées dans un restaurant d’anguilles près de Tokyo, quatre amies s’apprêtent à déguster ce plat particulièrement prisé des Japonais, un poisson menacé dont la conservation doit faire l’objet d’un débat international à partir de lundi.”C’est un mets de luxe, qu’on mange pour se faire plaisir ou célébrer une occasion”, explique Yukiko Takahashi, une commerciale de 52 ans.Jusqu’à 85% de la consommation mondiale d’anguille se fait en Asie de l’Est, et notamment au Japon, qui pour répondre à la demande importe massivement: 73% des 61.000 tonnes consommées dans le pays en 2024 venaient de l’étranger.Tokyo voit donc d’un mauvais oeil une proposition de l’Union européenne, du Honduras et du Panama d’inscrire les 17 espèces d’anguille du monde à la Convention sur le commerce international des espèces menacées (Cites), qui s’ouvre lundi à Samarcande (Ouzbékistan).En cas d’adoption, le commerce de l’anguille serait plus strictement réglementé.- Cycle de vie encore mystérieux -Le déclin mondial des populations d’anguilles est attribué par les scientifiques à une conjonction de facteurs: pollution des cours d’eau, destruction des zones humides, barrages hydroélectriques et pêche.L’estimation des populations est rendue difficile par le cycle de vie complexe de ce poisson, qui rend aussi sa conservation ardue.L’anguille du Japon, espèce commune à l’Asie de l’Est, se reproduit à l’ouest des îles Mariannes, à 2.000 à 3.000 km des côtes nippones. Ses larves évoluent en civelles (alevins) à l’approche des côtes, puis vivent en eau douce 5 à 15 ans avant de retourner pondre dans l’océan, et mourir.Dans l’archipel, les prises de civelles ont chuté à moins de 10% de leur niveau des années 1960.L’anguille du Japon et les variétés américaine et européenne du poisson -inscrites depuis 2014 sur la liste rouge des espèces menacées de l’Union internationale pour la conservation de la nature (UICN)- représentent la quasi-totalité de la consommation mondiale.- Mets de luxe -L’anguille, appellée “unagi” au Japon, y est dégustée depuis des millénaires. Elle est généralement consommée en kabayaki, des brochettes grillées et trempées dans une sauce à base de soja et de mirin (alcool de riz).Pour perpétuer cette tradition, les Japonais sont prêts à mettre le prix.”Les clients comprennent que c’est un mets de luxe”, commente derrière les fourneaux le chef Tomoyuki Takashino, avant d’embrocher une anguille qu’il vient de tuer et de découper en filet. Le plat d’unaju, une anguille sur du riz servie dans une boîte en laque, est facturé 5.250 yens (29 euros au cours actuel). M. Takashino dit avoir vu le prix plus que doubler en quinze ans.La quasi-totalité des anguilles consommées au Japon viennent de l’élevage en aquaculture, qui repose entièrement sur la pêche ou l’importation de civelles, le poisson ne se reproduisant pas en captivité.- Impact “considérable” sur la filière -“Nous achetons les civelles, que nous élevons dans ces six bassins”, explique Takayuki Hiranuma, qui dirige la ferme d’aquaculture attenante au restaurant. Derrière lui ondulent 80.000 anguilles, dans une eau maintenue à 30°C et filtrée en permanence. En dix mois d’élevage, leur poids sera multiplié par 1.000, avant qu’elle soient vendues ou cuisinées sur place. Si la proposition d’inscription des anguilles était adoptée, “on dit que le commerce international ne serait plus aussi fluide. C’est un point qui nous inquiète énormément”, admet M. Hiranuma, jugeant que l’impact sur la filière serait “considérable”.Pour cette raison, le gouvernement japonais refuse la proposition de l’UE, s’appuyant notamment sur une étude de l’Université océanographique de Tokyo selon laquelle la population d’anguille du Japon a triplé depuis 1990.Le Japon a également mis en place des systèmes de quotas de pêche et de permis d’élevage, souligne auprès de l’AFP Tetsuya Kawashima, un responsable de l’Agence japonaise de la pêche. “Et nous coopérons avec la Chine, la Corée du Sud et Taïwan, territoires où vit l’anguille du Japon, pour limiter les quantités de civelles capturées et améliorer la gestion des stocks”, ajoute-t-il.Tokyo cite également l’avis d’un groupe d’experts de la FAO  – organisation des Nations unies pour l’alimentation et l’agriculture – jugeant “faible” le risque d’extinction des anguilles japonaise et américaine.- “Plus grand crime contre la faune” -Mais pour Andrew Kerr, de l’organisation Sustainable Eel Group (SEG), ces constats ignorent le trafic d’anguilles, qu’il qualifie de “plus grand crime contre la faune” de la planète.”Toutes sortes de stratagèmes sont utilisés pour faire passer une espèce pour une autre. Et ainsi, le trafic peut prospérer”, explique-t-il.L’approvisionnement asiatique a recours à la contrebande de civelles depuis l’UE, qui en a interdit l’exportation en 2010. Quelque 100 tonnes de civelles transiteraient ainsi chaque année, selon Europol.Mais “avec les nombreuses arrestations et démantèlements de chaînes d’approvisionnement illégales, l’arrivage européen a diminué et nous voyons l’essor des expéditions d’anguilles depuis les Caraïbes”, note M. Kerr.L’anguille américaine est “désormais menacée”, souligne-t-il.S'”il ne s’agit pas de leur risque imminent d’extinction”, M. Kerr insiste sur l’enjeu “de créer un sorte d’ordre mondial dans le commerce de l’anguille”. 

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En Guyane, les acteurs publics s’organisent face à l’érosion et la montée des eaux

Alors que la COP30 continue à Belem, les effets du réchauffement climatique sont déjà visibles en Guyane, à quelques centaines de kilomètres de là, le littoral s’effrite, grignoté par une érosion chronique et menacé par la montée de l’océan Atlantique.”L’océan était beaucoup plus loin avant, à 100 mètres de la maison. Aujourd’hui, l’eau est à moins de 20 mètres”, montre Endrick Behary-Laul-Sirder.Cet habitant de Kourou a vu son quartier de l’Anse se transformer sous l’effet de l’érosion côtière et de plusieurs épisodes de submersions marines survenus entre 2016 et 2019. “Les vagues tapaient contre le portail”, se souvient ce trentenaire, employé du centre spatial.La rue où il habite depuis dix ans n’a plus qu’une seule voie: l’autre a été remplacée par une dune de deux mètres, érigée dans l’urgence par la municipalité.À Kourou, ville sans relief bâtie sur douze kilomètres de littoral, plusieurs quartiers sont directement menacés. “Que le trait de côte soit mouvant, ce n’est pas un problème car c’est endémique à la Guyane, contrairement à la montée de l’eau. On ne lutte pas contre l’océan”, souligne Jean-Paul Malaganne, directeur général adjoint de la ville, chargé de l’urbanisme.Les Guyanais sont habitués à vivre sur l’un des littoraux les plus dynamiques du monde. En cause les centaines de millions de tonnes de sédiments charriés chaque année par l’Amazone.Ces bancs de vase, larges de plusieurs kilomètres, remontent le long du plateau des Guyanes sous l’effet de la houle et du vent. Véritables boucliers naturels, ils amortissent la houle, puis se déplacent de près de 2,5 km par an, laissant parfois les plages à nu.”Dans l’Hexagone, l’érosion est suffisamment lente pour être anticipée”, explique Guillaume Brunier, chercheur au Bureau de recherches géologiques et minières (BRGM). “En Guyane, les échelles sont beaucoup plus rapides. On peut perdre ou gagner plusieurs dizaines de mètres par an.”- Relocaliser des quartiers – Un phénomène qui pourrait s’amplifier, selon le rapport GuyaClimat publié en 2022. Il formule plusieurs scénarios à partir des données du Groupe d’experts intergouvernemental sur l’évolution du climat (Giec), allant d’une hausse du niveau de l’océan Atlantique de 46 cm d’ici à 2100 dans le scénario faible, à jusqu’à 84 cm dans le scénario fort. “Cela générera un plus fort risque de submersion, car la taille et la force des vagues rétractent les vasières (…) In fine, il y aura moins d’espaces tampons”, poursuit Guillaume Brunier.À Kourou, le banc de vase qui amortit les vagues “se sera déplacé d’ici un an et demi à deux ans”, anticipe le BRGM, menaçant à nouveau le front de mer.Dès 2016, la Ville a engagé une stratégie d’adaptation. La première phase, prévue pour septembre 2026, consiste à poser des épis en bois pour casser les vagues “afin de donner une marge de 20-30 ans aux riverains”, détaille Jean-Paul Malaganne.Mais la seconde phase sera plus radicale: la relocalisation. Environ 400 familles, soit 10% de la population kouroucienne, devront déménager, estime la mairie. À l’extrême nord-ouest de la Guyane, la commune amérindienne d’Awala-Yalimapo a, dès 2019, inscrit dans ses documents d’urbanisme la relocalisation d’une partie des habitations, en sanctuarisant du foncier pour les futurs déplacés climatiques.Outre Kourou et Awala-Yalimapo, la Collectivité territoriale de Guyane élabore un plan d’adaptation au changement climatique, prévoyant des zones de repli dans son schéma d’aménagement régional révisé.Mais les élus disent se heurter à un cadre souvent inadapté. La loi Littoral interdit par exemple toute construction en continuité interrompue de l’urbanisation.”Quand il va falloir recomposer les communes exposées, un enjeu très important sera de pouvoir construire sans continuité de l’urbanisation”, souligne pourtant Juliette Guirado, directrice de l’Agence d’urbanisme de la Guyane.S’y ajoutent des contraintes budgétaires. Prévu dans le projet de loi de finances de 2025, le fonds national pour l’adaptation des communes littorales à l’accélération de l’érosion n’a finalement pas vu le jour. Pas plus qu’une taxe additionnelle sur les locations saisonnières de bord de mer, qui aurait pu rapporter annuellement 180 millions d’euros.Pourtant, l’enjeu est colossal. En effet, selon une étude présentée en juin lors d’un séminaire sur le changement climatique, le coût national de l’adaptation est évalué à 2,3 milliards d’euros par an, contre cinq milliards pour les dommages.

En Guyane, les acteurs publics s’organisent face à l’érosion et la montée des eaux

Alors que la COP30 continue à Belem, les effets du réchauffement climatique sont déjà visibles en Guyane, à quelques centaines de kilomètres de là, le littoral s’effrite, grignoté par une érosion chronique et menacé par la montée de l’océan Atlantique.”L’océan était beaucoup plus loin avant, à 100 mètres de la maison. Aujourd’hui, l’eau est à moins de 20 mètres”, montre Endrick Behary-Laul-Sirder.Cet habitant de Kourou a vu son quartier de l’Anse se transformer sous l’effet de l’érosion côtière et de plusieurs épisodes de submersions marines survenus entre 2016 et 2019. “Les vagues tapaient contre le portail”, se souvient ce trentenaire, employé du centre spatial.La rue où il habite depuis dix ans n’a plus qu’une seule voie: l’autre a été remplacée par une dune de deux mètres, érigée dans l’urgence par la municipalité.À Kourou, ville sans relief bâtie sur douze kilomètres de littoral, plusieurs quartiers sont directement menacés. “Que le trait de côte soit mouvant, ce n’est pas un problème car c’est endémique à la Guyane, contrairement à la montée de l’eau. On ne lutte pas contre l’océan”, souligne Jean-Paul Malaganne, directeur général adjoint de la ville, chargé de l’urbanisme.Les Guyanais sont habitués à vivre sur l’un des littoraux les plus dynamiques du monde. En cause les centaines de millions de tonnes de sédiments charriés chaque année par l’Amazone.Ces bancs de vase, larges de plusieurs kilomètres, remontent le long du plateau des Guyanes sous l’effet de la houle et du vent. Véritables boucliers naturels, ils amortissent la houle, puis se déplacent de près de 2,5 km par an, laissant parfois les plages à nu.”Dans l’Hexagone, l’érosion est suffisamment lente pour être anticipée”, explique Guillaume Brunier, chercheur au Bureau de recherches géologiques et minières (BRGM). “En Guyane, les échelles sont beaucoup plus rapides. On peut perdre ou gagner plusieurs dizaines de mètres par an.”- Relocaliser des quartiers – Un phénomène qui pourrait s’amplifier, selon le rapport GuyaClimat publié en 2022. Il formule plusieurs scénarios à partir des données du Groupe d’experts intergouvernemental sur l’évolution du climat (Giec), allant d’une hausse du niveau de l’océan Atlantique de 46 cm d’ici à 2100 dans le scénario faible, à jusqu’à 84 cm dans le scénario fort. “Cela générera un plus fort risque de submersion, car la taille et la force des vagues rétractent les vasières (…) In fine, il y aura moins d’espaces tampons”, poursuit Guillaume Brunier.À Kourou, le banc de vase qui amortit les vagues “se sera déplacé d’ici un an et demi à deux ans”, anticipe le BRGM, menaçant à nouveau le front de mer.Dès 2016, la Ville a engagé une stratégie d’adaptation. La première phase, prévue pour septembre 2026, consiste à poser des épis en bois pour casser les vagues “afin de donner une marge de 20-30 ans aux riverains”, détaille Jean-Paul Malaganne.Mais la seconde phase sera plus radicale: la relocalisation. Environ 400 familles, soit 10% de la population kouroucienne, devront déménager, estime la mairie. À l’extrême nord-ouest de la Guyane, la commune amérindienne d’Awala-Yalimapo a, dès 2019, inscrit dans ses documents d’urbanisme la relocalisation d’une partie des habitations, en sanctuarisant du foncier pour les futurs déplacés climatiques.Outre Kourou et Awala-Yalimapo, la Collectivité territoriale de Guyane élabore un plan d’adaptation au changement climatique, prévoyant des zones de repli dans son schéma d’aménagement régional révisé.Mais les élus disent se heurter à un cadre souvent inadapté. La loi Littoral interdit par exemple toute construction en continuité interrompue de l’urbanisation.”Quand il va falloir recomposer les communes exposées, un enjeu très important sera de pouvoir construire sans continuité de l’urbanisation”, souligne pourtant Juliette Guirado, directrice de l’Agence d’urbanisme de la Guyane.S’y ajoutent des contraintes budgétaires. Prévu dans le projet de loi de finances de 2025, le fonds national pour l’adaptation des communes littorales à l’accélération de l’érosion n’a finalement pas vu le jour. Pas plus qu’une taxe additionnelle sur les locations saisonnières de bord de mer, qui aurait pu rapporter annuellement 180 millions d’euros.Pourtant, l’enjeu est colossal. En effet, selon une étude présentée en juin lors d’un séminaire sur le changement climatique, le coût national de l’adaptation est évalué à 2,3 milliards d’euros par an, contre cinq milliards pour les dommages.

Une compagnie de police controversée visée par de nouvelles plaintes

Plusieurs plaintes, dont une pour “actes de torture”, ont été déposées contre une compagnie de policiers opérant en Seine-Saint-Denis, déjà touchée par plusieurs scandales ces dernières années et dont la dissolution avait été annoncée, a appris jeudi l’AFP, confirmant plusieurs informations de presse.L’affaire a d’abord été révélée par les journaux Libération et L’Humanité, qui s’en sont fait l’écho mardi. Selon leurs récits, deux hommes, âgés de 15 ans et 24 ans et ne se connaissant pas, ont subi le 12 septembre des violences, insultes et humiliations de la part de policiers de la controversée compagnie de sécurisation et d’intervention (CSI) de Seine-Saint-Denis.Jeudi, la Ligue des droits de l’Homme a publié un communiqué pour demander le démantèlement de cette compagnie “structurellement à la dérive”, dont quatre policiers avaient été condamnés en juin 2023 pour faux procès verbaux et, pour deux d’entre eux, violence volontaire en réunion par personne dépositaire de l’autorité publique.Promise à la dissolution par l’ancien préfet de police de Paris Didier Lallement, la compagnie a finalement été réorganisée et replacée sous l’autorité de la CSI de Paris.Sollicitée par l’AFP, la préfecture de police de Paris a renvoyé vers le parquet de Bobigny en charge du dossier.Selon les plaintes déposées devant l’IGPN et le parquet de Bobigny mi-septembre par le jeune âgé de 15 ans, que l’AFP a consultées, l’adolescent s’était réfugié dans un local poubelle en voyant des policiers et en entendant des tirs de mortiers à proximité de son immeuble.Alors qu’il se cache, il est interpellé et l’un des policiers lui assène “une dizaine de coups de poing avec des gants coqués” et l’insulte, selon l’une des plaintes, qui mentionne également dans le fourgon où il était menotté, des “coups au visage” avec une matraque de la part d’un policier tandis qu'”un autre le frappait à l’aide d’une bombe lacrymogène métallique à de multiple reprises”.”Durant ces violences, un des policiers filmait le mineur et lui demandait d’imiter le bruit d’un animal après chacun des coups portés” et notamment “de miauler puis d’aboyer”.Selon l’avocat du garçon, Me Pierre Brunisso, l’acte de torture se justifie par “la volonté d’humiliation” et “la durée” des violences.Dans sa plainte, la seconde victime présumée a indiqué que l’un des policiers en moto l’a “percuté volontairement avec sa roue avant sur le côté gauche de (s)a moto” après qu’il venait de descendre, comprenant que les policiers qui le suivaient “étaient là pour (lui)”. Il a ensuite reçu un coup de poing et est “tombé par terre, inconscient”.Il a ensuite repris conscience dans le véhicule où il a assisté aux coups donnés par “quatre policiers” sur l’adolescent.Interrogé par l’AFP, le parquet de Bobigny n’a pas donné suite.

A close-up of a stack of newspapers resting on a desk, symbolizing information and media.

L’administration Trump planifie une expansion massive du forage d’hydrocarbures offshore

L’administration de Donald Trump a dévoilé jeudi un plan pour autoriser le forage de pétrole et de gaz sur des millions de kilomètres carrés dans les eaux côtières américaines, une démarche qui pourrait aboutir à une expansion massive de l’extraction d’énergies fossiles.Ce plan confirme le décalage croissant entre les Etats-Unis, qui boudent la COP30 au Brésil, et une grande partie du reste du monde qui tente de limiter les effets du changement climatique. Le projet prévoit d’ouvrir au forage 34 concessions dans les eaux du Golfe du Mexique – que M. Trump appelle Golfe d’Amérique -, au large de la Californie et le long de la côte nord de l’Alaska – dans une zone vierge qui n’a jamais été forée auparavant.Au total, plus de 500 millions d’hectares seraient accessibles à l’industrie pétrolière et gazière, une surface équivalente à celle de l’Amazonie.Avec ce plan, “nous garantissons que l’industrie offshore américaine reste forte, que nos travailleurs restent employés et que notre nation reste dominante sur le plan énergétique pour les décennies à venir”, a vanté le ministre américain de l’Intérieur, Doug Burgum, en reprochant à la précédente administration Biden d’avoir “freiné les concessions pétrolières et gazières offshore”.Même sous Joe Biden, qui avait fixé des objectifs climatiques ambitieux aux Etats-Unis et mis en place des restrictions sur le forage, la production américaine de pétrole a atteint des sommets historiques.Depuis son retour au pouvoir, Donald Trump qualifie lui régulièrement le changement climatique d'”arnaque”. Il a méthodiquement défait la politique environnementale de son prédecesseur, s’est retiré de l’Accord de Paris pour limiter le réchauffement planétaire, et martèle qu’il veut forer des hydrocarbures à tout va.Le projet dévoilé jeudi risque toutefois de se heurter à des oppositions, dont celle du gouverneur démocrate de Californie, Gavin Newsom, qui a immédiatement dénoncé un “plan idiot de Trump”.”Cette tentative irresponsable de vendre notre littoral à ses donateurs pétroliers est vouée à l’échec”, a-t-il assuré dans un communiqué, alors que son Etat interdit de longue date les nouveaux forages offshore.”Nous utiliserons tous les outils à notre disposition pour protéger notre littoral”, a-t-il promis.Les Etats touristiques bordant le Golfe du Mexique, encore marqués par le souvenir de la gigantesque marée noire causée en 2010 par l’explosion de la plateforme pétrolière Deepwater Horizon, risquent également d’objecter. Le sénateur républicain de Floride Rick Scott a par exemple exprimé son opposition sur X.

Milipol 2025: quand l’innovation défie les menaces hybrides

Drones, désinformation, intrusions: face aux conflits hybrides, la sécurité ne se joue plus seulement au bout d’un fusil, comme le montrent les innovations présentées cette semaine au salon international de la sécurité intérieure Milipol près de Paris.- “Bulle” anti-drones-La start-up française Alta Ares présente sa “bulle” anti-drones inspirée du Dôme de fer israélien, une solution intégrale combinant radar, imagerie sur drone et drones intercepteurs. Il est utilisé en Ukraine où Alta Ares est implantée depuis 2023 pour arrêter les drones Shahed qui terrorisent les villes ukrainiennes, précise Eloi Delort, chargé des affaires publiques. Doté de l’IA intégrée, le système permet d’arrêter 5 à 6 drones sur 10, contre 3 sur 10 sans IA, précise-t-il en ajoutant que la technologie a été “validée sur le terrain”. Entraîner l’IA avec de la donnée réelle “fait la différence”.Les clients manifestent un intérêt croissant, “parce que malheureusement, c’est un sujet qui va préoccuper au-delà de l’Ukraine”.L’entreprise estonienne Defsecint, spécialisée dans la lutte contre les drones, a le même atout ayant installé dès 2022 un hub technologique en Ukraine. Face à la “guerre hybride”, le système anti-drone doit être “permanent ou déployable en très peu de temps” pour protéger frontières, infrastructures critiques (ports, centrales électriques) ou évènements publics comme festivals ou matchs de foot, dit à l’AFP Viido Naruskberg, responsable des programmes spéciaux de Defsecint.Le système intègre différents capteurs — radar, caméras, acoustique, radiofréquence — pour obtenir une vision complète du ciel avant de suggérer à l’opérateur la meilleure solution d’interception (drones, brouillage, leurrage…). La solution cumule les technologies émergentes d’Ukraine et celles d’Europe occidentale permettant de “réagir en quelques semaines aux nouvelles menaces”, souligne le responsable. Selon Marianne Rénaux, membre du jury Milipol innovation Awards qui a sélectionné ces entreprises, “combiner les capteurs multiples, détecter les signaux faibles et entraîner l’IA en environnement réel” constitue une avancée majeure. – Déjouer la désinformation –  L’entreprise israélienne Brinker décompose les récits malveillants et propose des contre-mesures à ses clients (gouvernements, ONG ou entreprises): retrait de contenus, démarches juridiques ou contre-récits basés “sur l’intelligence émotionnelle”. “Les faits ne comptent plus malheureusement” pour contrebalancer la désinformation, déclare à l’AFP Daniel Ravner, cofondateur et patron de Brinker.”Les campagnes d’influence basées sur la désinformation représentent le plus grand problème au monde” et manipuler l’information est “un front de guerre”, estime-t-il, citant parmi les “champions” Russie, Chine, Iran et Corée du Nord.   Brinker ne se limite pas aux outils classiques de vérification: elle s’intéresse aux discours problématiques, vrais ou faux, et à leur potentiel de création de chaos.- Ballon dirigeable – Pour surveiller les sites industriels sensibles, la start-up française Lium a développé un ballon dirigeable Horis “avec des systèmes de caméras embarquées et de l’IA qui va détecter départ de feu, fuite de gaz et intrusion”, explique le cofondateur Guilain Yvon.  Avec une résolution bien supérieure à celle des satellites et une autonomie de plusieurs semaines, le ballon envoie les alertes aux agences de sécurité et peut être utilisé à la fois en surveillance permanente et en gestion de crise.L’objectif est d’éviter les catastrophes comme l’incendie de Lubrizol à Rouen en 2019 ou l’explosion du port à Beyrouth en 2020, souligne Guilain Yvon.- Mini-caméra portable -Connectée au smartphone, la mini-caméra portable du néerlandais Phonecam filme et localise celui qui la porte, puis transmet en temps réel les menaces le visant, à un prix de 160 euros. “La Phonecam utilise la batterie et les capteurs de votre smartphone. Elle ne devient pas obsolète” car est mise à jour avec le téléphone, explique Jorge Iribarren, un responsable. – Tissu ignifuge qui respire -La norvégien Daletec innove dans les tissus ignifuges, mélange de fibres naturelles et synthétiques.Agréables au toucher, ces tissus de camouflage sont plus robustes tout en restant légers et confortables pour policiers ou militaires “qui passent toute la journée sur le terrain”, souligne le responsable du groupe, Erlend Hesjedal-Johannessen.