AFP Top News

Enquête ouverte pour suspicion de nouvelles violences policières à Paris

L’Inspection générale de la police nationale (IGPN), la “police des polices”, a été saisie d’une enquête visant des membres des forces de l’ordre filmés en train de molester un homme à Paris, dans une vidéo devenue virale, a indiqué vendredi le parquet de Paris.Cette procédure intervient quelques jours seulement après une autre affaire de mort suspecte survenue dans un commissariat parisien.Le ministre de l’Intérieur, Laurent Nuñez, a en outre demandé à la préfecture de police (PP) de Paris d’ouvrir une enquête administrative, a expliqué son entourage à l’AFP.Le parquet, confirmant des informations du Parisien, fait état de la diffusion sur les réseaux sociaux “d’une vidéo montrant une interpellation, possiblement survenue le 19 janvier rue Bichat (10e arrondissement de Paris, NDLR), au cours de laquelle des policiers sont vus porter des coups de matraque”.Sur ces images, un homme apparaît encerclé par trois policiers, recevant des coups de matraque de la tête aux jambes, avant d’être plaqué contre le capot d’un véhicule marqué “Police”. Les coups, portés par le même fonctionnaire, se poursuivent alors qu’un autre policier lui assène un coup de poing au visage.L’homme interpellé est ensuite tiré par les cheveux par l’un des policiers, qui lui intime de partir. On entend distinctement les mots “Dégage!” et “kebab sur pattes!”, semblant provenir des policiers, tandis que l’homme s’enfuit en courant. La section de protection des libertés fondamentales du parquet de Paris a saisi l’IGPN afin qu’elle mène les investigations, précise le parquet.”Les images de cette vidéo ne sont pas acceptables”, a déclaré la préfecture de police de Paris à l’AFP, avant de rappeler que “ces faits ont eu lieu dans un contexte d’émeutes”.Selon la PP, cette interpellation a eu lieu après un rassemblement “non déclaré” et “initialement calme” qui a réuni lundi 400 personnes place de la République en soutien à la communauté kurde du Rojava en Syrie. Les forces de l’ordre ont dû intervenir après des débordements et des jets de projectiles, a ajouté la PP. Au total, il y a eu cinq interpellations et six policiers légèrement blessés.Cette affaire survient dans un contexte déjà tendu. Lundi, le parquet de Paris a annoncé l’ouverture d’une information judiciaire pour violences volontaires par personne dépositaire de l’autorité publique ayant entraîné la mort, après le décès en garde à vue d’un Mauritanien de 35 ans dans un commissariat de la capitale, survenu un peu plus d’une semaine auparavant.Un juge d’instruction est désormais chargé d’enquêter sur les circonstances du décès d’El Hacen Diarra, mort dans la nuit du 14 au 15 janvier au commissariat du 20e arrondissement. Sa famille dénonce des violences policières.Une vidéo filmée par des voisins lors de son interpellation, devant le foyer de travailleurs migrants où il résidait, a circulé sur les réseaux sociaux. On y voit deux policiers, dont l’un, agenouillé, porter deux coups de poing à un homme maintenu au sol. Selon une analyse sonore réalisée par la famille du défunt, on entend également El Hacen Diarra crier: “Vous m’étranglez!”.

UK PM slams Trump for saying NATO troops avoided Afghan front line

UK Prime Minister Keir Starmer Friday denounced as “insulting” Donald Trump’s claim that troops from NATO allies avoided the front line in Afghanistan, as anger grows at the US president’s remarks.In an interview with Fox News aired on Thursday, Trump appeared unaware that 457 British soldiers were among NATO troops who died during the conflict …

UK PM slams Trump for saying NATO troops avoided Afghan front line Read More »

Pour Laurent Vinatier, ex-prisonnier en Russie, “le traumatisme” et le “miracle”

Le soulagement d’être un homme libre est incommensurable pour celui qui a cru mourir dans une prison russe. C’est “comme un miracle”, confie Laurent Vinatier, dans un entretien à l’AFP où il décrit le traumatisme de l’incarcération, qui l’a changé “de manière cardinale”.Il ne sait rien “des détails, des négociations” entre la France et la Russie qui ont conduit le président russe Vladimir Poutine à le gracier et le libérer le 8 janvier en échange du basketteur russe Daniil Kasatkin.Mais une certitude: “une page s’est tournée”, “je n’ai pas du tout envie de revenir” en Russie. “J’y suis allé quelques années. Mais voilà, c’est fini. C’est un chapitre clos”, raconte ce chercheur spécialiste de l’espace post-soviétique qui a “une longue histoire” avec ce pays.Avant son incarcération, la Russie exerçait sur lui “une espèce de fascination romantique”. “Comme pour la plupart des Français (…) Ça date depuis Voltaire et Diderot”, poursuit Laurent Vinatier, russophone, marié à une Russe.Le 6 juin 2024, il est à une terrasse de café à Moscou quand il  est arrêté pour ne pas s’être enregistré comme agent de l’étranger. “Je n’y croyais pas”, se remémore-t-il. Il avait déjà été interrogé des années auparavant et était ressorti libre.Et le motif est infondé: “évidemment que je ne savais pas qu’il fallait s’enregistrer” puisqu’il ne travaillait pas en Russie. “J’étais nécessairement un agent de l’étranger”.A ce moment-là, il est en mission de dix jours pour une ONG suisse qui fait de la médiation dans des conflits hors des circuits diplomatiques officiels.- Cellule VIP -Il doit monter une conférence avec des chercheurs internationaux sur l’usage de l’intelligence artificielle dans les conflits.Quatre jours avant son départ, il est incarcéré à Moscou. Sur le trajet de la prison, il est trimballé dans une cage où on ne peut pas s’asseoir.Il pensait être assigné à résidence, il restera 10 mois au centre de détention numéro 7. A posteriori, il comprend que c’est une cellule “VIP”. Ils sont 14 autres détenus mais “il y a une interaction sociale” même si les rapports de force sont immédiatement palpables.Les journées sont rythmées par des jeux, dominos ou échecs “pour s’intégrer socialement”. “On participe à la vie de la cellule, le ménage. On achète au magasin (…) du thé, des petits gâteaux, du chocolat. Et puis on lit. (…) J’ai écrit et lu autant que je pouvais”, raconte-t-il. Les journées sont finalement “très rythmées”. Il doit néanmoins digérer l’escroquerie dont lui et sa femme sont victimes de la part d’un avocat qui est parvenu à leur soutirer un million de roubles (plus de 11.200 euros au cours actuel).- Conditions “terribles” -Mais après le procès en appel, la plongée dans l’horreur est vertigineuse.Laurent Vinatier est transféré dans un centre de détention de transit en vue d’être incarcéré dans une colonie pénitentiaire.C’est à Toula, à 200 kilomètres au sud de Moscou.Les conditions y sont “terribles”. “J’aurais jamais pu imaginer ça. Il n’y avait pas de livres. Les toilettes, c’était des trous. C’était sale tout autour. Il n’y avait pas de chasse d’eau. L’eau coulait à peine. Pas d’eau chaude, évidemment. On ne pouvait pas faire bouillir de l’eau. Il n’y avait rien”, dit-il. Il y reste 15 jours au cours desquels il apprend qu’une nouvelle enquête va commencer, cette fois pour espionnage.Le temps d’organiser son retour à Moscou, il est conduit à l’hôpital de la prison.”Je n’étais pas tout seul à l’hôpital, mais seul dans cette chambre. Et je sentais que j’étais déjà sous la coupe du FSB”, le renseignement russe.”Là, j’ai eu très peur. J’ai cru que j’allais mourir. J’ai cru qu’on allait me faire des expériences”, se souvient-il.Au moment des repas, il s’arrange pour ne pas prendre le plateau qui lui est destiné, de peur d’être empoisonné.Il doit affronter le regard d’autres détenus mourants, dont la souffrance se lit sur le visage.Dans la nuit du 10 mai 2025, il apprend qu’il va être envoyé dans la prison du FSB à Moscou. Nouvelle dégringolade, “l’isolement est total”.Les conditions d’hygiène sont normales. “Mais c’est le confinement. C’est l’enfermement réel”, dit-il. Il ne sort qu’une heure maximum dans des cours délabrées. Dans la cellule, les fenêtres ne s’ouvrent pas, “sauf une en haut”. – Extrême vulnérabilité -Les relations aux gardiens sont “plus sévères, plus autoritaires”. Il y a “plus de pression, des cris”. Sur les accusations d’espionnage, il se souvient avoir pensé que le FSB ne trouverait rien puisque c’est infondé. Mais la peur est omniprésente.”J’ai peur qu’ils inventent des preuves. Tout était possible. (…) Je ressens une extrême vulnérabilité”, explique-t-il, avec ce sentiment de ne pouvoir respirer. “Les interrogatoires se passent bien. Ce n’est pas comme dans les films où il y a des torture physiques, où il n’y a pas de lumière”. “Ce sont des interrogatoires normaux. Mais c’est tout ce qu’il y a en dehors des interrogatoires qui fait peur. Tout ce qu’ils ne disent pas. Tout ce qu’ils laissent penser. Les menaces larvées. Quinze ans, vingt ans de prison. (…) Ce sont ces messages subliminaux (…) qui stimulent mon imagination dans le mauvais sens.”Et puis, il y a cette obligation de prélèvement de son ADN.”L’ADN c’est un peu comme les empreintes digitales. Vous vous dites que ça va être un élément de preuve. Ils peuvent utiliser n’importe quoi. Tu as été là, parce qu’on a retrouvé ton ADN”. Aujourd’hui, Laurent Vinatier aspire à vivre ses rêves et faire ce qu’il a toujours voulu faire, écrire des histoires.”J’avais jamais vraiment osé ou j’avais peut-être rien à dire”, dit-il.”Il y a tout ce qu’on peut tirer de la prison. C’est toutes les autres histoires qu’on pourra tirer qui sont inspirées par ce que j’ai vu en prison, qui parleront de la vie, de l’amour, de la mort. Tous les thèmes éternels”.

Le pétrolier de la flotte fantôme russe intercepté par la France va être convoyé vers le port de Marseille-Fos

Le pétrolier soupçonné d’appartenir à la flotte fantôme russe, intercepté jeudi en Méditerranée par la Marine française, va être convoyé vers le port de Marseille-Fos, a-t-on appris vendredi de source proche du dossier.Ce pétrolier, le Grinch, a été intercepté jeudi matin dans les eaux internationales de la mer d’Alboran, située entre l’Espagne et l’Afrique du Nord.Il devrait arriver samedi au port de Marseille-Fos, doté d’un terminal pétrolier situé à Fos-sur-Mer, selon cette même source. Il s’agit du troisième port pétrolier d’Europe.Ce pétrolier, “sous sanctions internationales et suspecté d’arborer un faux pavillon”, a été intercepté “avec le concours de plusieurs de nos alliés”, dont le Royaume-Uni, avait annoncé jeudi sur X Emmanuel Macron.L’opération s’est déroulée jeudi matin à bord du pétrolier en provenance de Mourmansk, port arctique de la mer de Barents.A la suite de cet arraisonnement, le parquet de Marseille a ouvert une enquête préliminaire du chef de défaut de pavillon, avait-il annoncé jeudi.Comme le prévoit le droit maritime, l’équipage a été soumis à une mesure de restriction ou de privation de liberté qui permet de faire la transition entre l’arraisonnement et la remise aux autorités françaises, selon une source judiciaire.Ensuite, le parquet procédera, avec les enquêteurs de la gendarmerie maritime, à un certain nombre de vérifications.Le pétrolier Grinch, de 249 mètres de long, figure sous ce nom sur la liste des navires de la flotte fantôme russe placés sous sanctions par le Royaume-Uni mais sous le nom de “Carl” sur la liste établie par l’Union européenne et les Etats-Unis.Le président ukrainien Volodymyr Zelensky a salué l’arraisonnement. “Merci à la France. C’est exactement le type de détermination nécessaire pour faire en sorte que le pétrole russe ne finance plus la guerre de la Russie”, a-t-il réagi sur X.Cette opération est la deuxième effectuée par la France après l’interception du Boracay. Ce dernier, qui figure lui aussi sur la liste des navires sanctionnés par l’Union européenne, avait été arraisonné fin septembre par les commandos marine français en Atlantique et détourné vers le port de Saint-Nazaire.Quelque 598 navires soupçonnés de faire partie de la “flotte fantôme” font l’objet de sanctions de l’Union européenne.

Lecornu éloigne la censure et veut tourner la page du budget

Sébastien Lecornu a souhaité vendredi tourner la page du budget pour s’engager dans des projets plus “réalistes”, réfutant ainsi tout “immobilisme”, après avoir surmonté sans surprise deux motions de censure grâce à la mansuétude des socialistes.”Il faut savoir terminer une crise politique”, a affirmé le Premier ministre en marge d’un déplacement en Seine-Saint-Denis consacré au logement, pour justifier son recours au 49.3 pour faire adopter le budget.”Maintenant, il faut avancer” car “très vite, la campagne présidentielle va débuter” et dans ce contexte “la projection du gouvernement” sur la suite des réformes “sera réaliste”, a-t-il ajouté.Mais “on ne va pas rien faire. Il n’y aura pas d’immobilisme” car “il y a des sujets qui ne peuvent pas attendre”, comme le logement, a-t-il souligné en se donnant un ambitieux objectif de construction de 2 millions de logements d’ici 2030 dans le cadre d’un plan de “relance” à venir du secteur.Le chef du gouvernement a assuré qu’il n’avait pas “d’agenda” politique, semblant ainsi écarter une candidature à l’Elysée, et redemandé à ses ministres de se tenir “le plus éloigné de la campagne présidentielle”.- “Dernier secours” -Dans la matinée, Sébastien Lecornu avait surmonté sans surprise les motions de censure déposées par la gauche hors PS et le RN, en réponse à sa décision d’utiliser le 49.3 sur la partie “recettes” du budget. La partie recettes adoptée, il a dans la foulée engagé un nouveau 49.3, sur les dépenses et l’ensemble du texte qui pourrait être adopté définitivement début février. La France insoumise et le RN ont déposé de nouvelles motions de censure, qui devraient être examinées et rejetées de la même manière mardi.La motion commune des groupes Insoumis, écologiste, GDR (communistes et ultra-marins) a obtenu 269 voix, 19 de moins que les 288 nécessaires pour faire tomber le gouvernement, la droite et le PS refusant de s’y associer.”Il y a une majorité fragile”, a reconnu sur BFMTV Laurent Panifous, le ministre des Relations avec le parlement. “Elle est à peu près la même depuis deux, trois mois (…) Soyons prudents, il faut faire preuve de beaucoup d’humilité”.La motion du RN et de son allié le groupe ciottiste UDR a aussi échoué, recueillant 142 voix.Le Premier ministre a redit vendredi son “regret” de devoir actionner le 49.3 sur le budget de l’Etat pour 2026, rompant avec la promesse faite début octobre d’y renoncer, à la demande des socialistes.Après plus de trois mois de discussion, le Parlement “ne peut pas dire qu’il a été privé de son pouvoir” mais  désormais le 49.3 “ne pourra plus être utilisé comme avant”, sauf “en absolu et dernier ressort” pour “préserver les institutions”, a-t-il espéré.- Majorité “fragile” -Le débat, tenu dans un hémicycle clairsemé, a mis en lumière les fractures de la gauche, le PS se trouvant isolé face aux trois autres groupes.”Le PS vole 65 voix d’opposition du NFP (l’alliance de gauche Nouveau Front populaire aux législatives 2024; ndlr). Il faudra s’en souvenir aux municipales”, a déclaré sur X le chef des Insoumis Jean-Luc Mélenchon, fustigeant des “milliards de coupe” de la “nouvelle majorité Attal, Faure, Wauquiez”.La cheffe de file des députés RN, Marine Le Pen, a elle fustigé la “trahison du pacte solennel” conclu par le Premier ministre avec le Parlement, et un “passage en force”, selon elle “marque de fabrique” du macronisme. “Tout aurait dû vous conduire à démissionner”, a-t-elle estimé, pointant du doigt l'”impuissance” du gouvernement.Le PS avait confirmé dès mardi qu’il ne voterait pas la motion de censure déposée par les trois autres groupes de gauche. Le député PS Laurent Baumel a défendu ce choix, saluant les “inflexions substantielles” obtenues par son groupe, et se félicitant que l’abandon au moins temporaire du 49.3 ait permis de donner une “portée effective” aux discussions menées dans l’hémicycle.Du côté de la coalition présidentielle, les choix budgétaires de M. Lecornu laissent aussi un goût amer, alors que le déficit devrait s’élever à 5% du PIB. “Nos désaccords avec ce texte sont réels et assumés”, a souligné l’ancienne ministre Horizons Agnès Firmin-Le Bodo. Mais en attendant la présidentielle, “nous devons sortir (le pays) du blocage permanent”, a souligné le député LR Nicolas Ray.Le ministre de l’Economie Roland Lescure, qui accompagnait M. Lecornu à Rosny-sous-Bois, a dit espérer “de bonnes nouvelles sur la croissance”.

Agressions sexuelles sur Adèle Haenel: trois ans de prison ferme requis en appel contre Christophe Ruggia

Trois ans de prison ferme ont été requis vendredi en appel à Paris à l’encontre du cinéaste Christophe Ruggia pour agressions sexuelles sur l’actrice Adèle Haenel lorsqu’elle était âgée de 12 à 14 ans, l’actrice exposant à la cour d’appel de Paris sa “honte” d’enfant blessée. Les mains enfoncées dans les poches d’un ample costume, les yeux baissés et humides, les mots difficiles, espacés de silence, la comédienne récompensée par deux César a dévoilé, l’espace d’une petite demi-heure à la barre, un traumatisme symptomatique des enfants victimes de violences sexuelles.”Ça me fout la honte, en fait. Ça me fout la honte d’être marquée à ce point. J’aimerais que ça n’ait pas eu lieu, j’aimerais juste pouvoir dire que ça n’existe pas. J’ai tendance à minimiser parce que c’est une manière de repousser l’importance de M. Ruggia dans ma vie. Ça me dégoûte de le dire, mais cette importance, c’est l’ampleur de la destruction”, lâche-t-elle, la bouche crispée.Aujourd’hui âgé de 61 ans, Christophe Ruggia est poursuivi pour agressions sexuelles de 2001 à 2004 sur la comédienne lors de rendez-vous hebdomadaires à son domicile, dans la foulée de l’éprouvant tournage du film d’auteur “Les diables” où le réalisateur, de 24 ans son aîné, avait offert à la jeune adolescente son premier rôle au cinéma.Démentant farouchement les faits dans cette affaire, révélée en 2019 dans une enquête de Mediapart, Christophe Ruggia a été condamné en février à quatre ans de prison, dont deux ferme à effectuer sous bracelet électronique, et a fait appel.”J’ai envie d’arrêter cette dépression, d’y mettre un terme, mais je sais pas si ça sera fini. Juste vivre avec. C’est une image de soi complètement détruite depuis l’âge de 12 ans”, confie Adèle Haenel à la cour à la reprise vendredi du procès, dont la première moitié s’est tenue en décembre avec l’interrogatoire du réalisateur.Sous la femme de 36 ans, qui a rompu avec le monde du cinéma après une carrière stratosphérique, refait surface dans le prétoire l’adolescente qu’elle était.”Ce que j’ai fait avec l’argent des per diem sur +Les diables+, c’est aller au JouéClub de la place de la Nation pour acheter des Lego, des jouets. C’est ça l’enfant que j’étais en fait. Je faisais du judo, j’étais en 5e, j’étais assez énergique je dirais. Après… après… c’est un peu le début de cet état dépressif. C’est difficile à qualifier, c’est comme si ça avait été toute ma vie. Je croyais que c’était comme ça la vie en fait.”- “Coupable, forcément coupable” -Des séquelles qui se matérialisent aujourd’hui encore par les nombreux tics traversant son corps, rendu plus nerveux encore par la tension du procès. Le chewing gum furieusement mâchonné. Les mains qui se tordent. Les paupières qui clignent frénétiquement. Les grattements à la tête.”Cet endroit sur la tête que j’ai, que je gratte tout le temps, c’est M. Ruggia qui m’a dit un jour que j’étais sur ses genoux +ah tu as un truc là+ (…) Je me suis mis à gratter cet endroit en fait, j’ai eu ma main recouverte de sang et depuis je n’ai pas arrêté”, explique-t-elle.Fustigeant la stratégie de défense de Christophe Ruggia, qui avec ses “mensonges poisseux” se présente comme l'”énième victime sérielle d’une enfant nymphomane”, Adèle Haenel implore la justice qu'”on circonscrive la responsabilité”: “c’est moi qui porte la culpabilité de M. Ruggia, de parents démissionnaires”.Adèle Haenel “vous donne à voir l’enfant qui se recroqueville dans le canapé pour échapper à son agresseur”, résume son avocate Anouck Michelin, qui la représente avec Yann Le Bras.Quelques minutes plus tard, l’avocat général Alexis Bouroz requiert à l’encontre de Christophe Ruggia cinq ans de prison, dont trois ferme, afin que le prévenu connaisse “l’emprisonnement réel”.Ce dossier “a pour particularité de se passer dans le monde du cinéma, mais sur le fond, les ressorts, la réalité, c’est ce que vous retrouvez dans tous les dossiers sur lesquels vous êtes amenés à statuer: le prof d’équitation, le prof de gymnastique, l’encadrant de camp scout… C’est pas un MeToo, c’est des abus sexuels sur des enfants”, analyse-t-il.Pour sa part, la défense dénonce une “procédure menée depuis le premier jour contre Christophe Ruggia, coupable, forcément coupable” et regrette le “déséquilibre médiatique dans cette affaire et son impact, conscient, inconscient, sur la décision de justice”.”Les souvenirs d’Adèle Haenel qui sont l’objet de votre prévention sont des souvenirs reconstruits”, plaide devant la cour Me Fanny Colin. “Adèle Haenel ne décrit qu’une seule scène, qu’elle systématise à cent samedis”, jour de leur rendez-vous hebdomadaire, s’étonne-t-elle, arguant d’une mémoire traumatique “confuse” de l’actrice.Décision le 17 avril.

Municipales à Paris: à gauche, Emmanuel Grégoire en quête de visibilité

A moins de deux mois des municipales, le candidat de la gauche à la mairie de Paris, Emmanuel Grégoire, cherche à booster une campagne encore peu visible qui l’oblige à marcher sur un fil, entre l’héritage revendiqué d’Anne Hidalgo et son désir d’incarner une “nouvelle histoire”.L’accord historique de premier tour arraché en décembre entre socialistes, écologistes et communistes a placé le chef de file de la gauche non-mélenchoniste en tête dans les sondages au premier tour du scrutin des 15 et 22 mars, devant sa rivale de droite, Rachida Dati. Avant un second round au coude à coude.”Etre en tête au premier tour, même de peu, était la raison principale de l’union”, souligne une source chez les Ecologistes. “Sinon, trois listes auraient été en concurrence à gauche. Désormais il n’y a qu’un match, Grégoire-Dati”.”Nous avons une dynamique positive, notre responsabilité c’est de l’amplifier”, estimait la semaine dernière le chef de file de la gauche après son premier meeting.- Dynamique “encore faiblarde” -Pour le directeur général de l’Ifop, Frédéric Dabi, cette dynamique est “encore faiblarde”. “La campagne peine à prendre faute de visibilité”, abonde Anne-France Taiclet, enseignante chercheuse en sciences politiques.En face, analyse-t-elle, la dynamique de Rachida Dati “n’est pas non plus vertigineuse” mais la candidate de droite “a commencé assez fort, avec sa capacité produire rapidement des effets d’opinion”, grâce à ses vidéos virales.En terme de visibilité, la ministre de la Culture et maire du 7e arrondissement, déjà candidate en 2020, “joue hors catégorie”, constate Bernard Sananès, le président d’Elabe. Selon un récent sondage de l’institut, 89% des inscrits sur les listes électorales connaissent Rachida Dati contre seulement 45% pour Emmanuel Grégoire, derrière Sarah Knafo (Reconquête) et Sophia Chikirou (LFI). Le prétendant à l’Hôtel de ville a beaucoup progressé en six mois (+18 points), mais cherche à gagner encore en notoriété. Un facteur rendu déterminant avec la réforme du mode de scrutin à Paris, Lyon et Marseille qui permet de voter directement pour la tête de liste centrale sans passer par les arrondissements.Il y a deux semaines, le député de 48 ans s’est affiché avec Bertrand Delanoë sur un marché, où l’ancien édile socialiste a été souvent mieux reconnu. – “Un vrai bosseur” -“Sur le terrain, on ressent un manque de notoriété mais il passe bien. Et puis en 2001 les Parisiens ne connaissaient pas tant que ça Delanoë”, se souvient Franck Guillory, secrétaire de la section socialiste de Paris Centre.”C’est pas un bateleur mais il est à l’aise et accessible. Après son meeting, il est rentré en métro. Et c’est un vrai bosseur”, témoigne un militant écologiste. Emmanuel Grégoire a aussi “l’avantage d’être peu clivant” par rapport à Rachida Dati, ajoute Bernard Sananès. Sur le projet, l’ancien premier adjoint d’Anne Hidalgo pendant six ans doit jouer les équilibristes: il revendique un héritage dont il est “fier”, en tant qu’architecte du PLU bioclimatique dessinant l’avenir de Paris, tout en proposant une “nouvelle histoire” après un quart de siècle de règne à gauche.Malgré son froid avec la maire sortante et sa volonté de gouverner différemment, Emmanuel Grégoire a du mal à incarner le renouvellement, ses principaux partenaires, l’écologiste David Belliard et le communiste Ian Brossat, ayant eux aussi été adjoints. Le rassemblement inédit au premier tour “n’est pas la reproduction à l’identique de la majorité municipale depuis 2001”, rétorque Maxime Sauvage, l’un des porte-parole de campagne, citant le ralliement de l’ex-Insoumise de L’Après Danielle Simonnet, qui fut “longtemps notre farouche opposante à gauche”.Emmanuel Grégoire est également comptable d’un bilan sévèrement critiqué par le camp adverse, sur les finances de ville ou les affaires de violences sexuelles dans le périscolaire dont il a dit “prendre sa part de responsabilité”. “La campagne est encore embryonnaire et sa visibilité peut s’améliorer car la gauche sait faire sur le terrain. A condition de la compléter avec des propositions”, selon la professeure Taiclet. “On a choisi de privilégier le porte-à-porte pour mobiliser dans les quartiers populaires. L’union nous permet de nous y déployer très nombreux, c’est un avantage stratégique”, affirme Ian Brossat.

Attention chantier ! Ou quand la mode change de décor

Bureaux vides ou parkings désaffectés: plébiscités pour leur esthétique dépouillée, la liberté qu’ils offrent aux créateurs et des tarifs intéressants, les espaces bruts sont les nouveaux terrains de jeu des défilés parisiens.”Il y a une vraie tendance ces dernières années à exploiter des lieux bruts dans lesquels il n’y a que les murs porteurs et rien d’autre”, observe auprès de l’AFP Rod Reynolds, chasseur d’espaces à la tête de la société Records Collection.Depuis 2017, il déniche pour des maisons comme Chloé, Victoria Beckham ou Stella McCartney des lieux atypiques. Parmi ses clients fidèles: la griffe Dries Van Noten.Jeudi soir, en pleine semaine de la mode masculine, la marque belge a présenté sa collection au premier étage d’un immeuble en chantier, au sud de Paris — un lieu déniché par Rod Reynolds.Quelques jours plus tôt, l’espace n’était qu’un plateau vide de 1.500 m², de 80 mètres de long et cinq mètres de hauteur, avec poutres en béton apparentes, murs abîmés et sol fissuré.Le jour J, plus grand-chose à voir. De grands rideaux noirs ont été accrochés de chaque côté, l’un masquant les fenêtres, l’autre délimitant les backstages. Deux rangées de chaises pour border le podium et des projecteurs au plafond.Les irrégularités dans le sol, elles, persistent. “Attention aux trous!”, prévient l’un des invités. – Esthétique et efficacité -Depuis le Covid, les demandes pour ce type de lieux ont “explosé”, assure Rod Reynolds. Un constat que partage son confrère Benjamin Roussel, fondateur de Subspaces, créé en 2024. En juin dernier, il a mis à disposition un parking en attente de transformation pour le défilé du créateur israélien Hed Mayner.Selon eux, le succès de ces décors austères tient autant à leur esthétique qu’à leur efficacité. Avec cette imagerie “très dépouillée, les créations sont très valorisées”, analyse Rod Reynolds. “Ce qui est sympa, c’est vraiment le contraste du très propre avec du un peu sale, un peu brut”, complète Benjamin Roussel. Avec un avantage pratique: des lieux sans décor préexistant, donc sans contraintes lourdes.Ils sont également moins onéreux. “Par rapport au Palais Brongniart (qui accueille samedi le défilé Hermès, ndlr), qui a une jauge similaire de 500 à 600 personnes, on est deux fois moins cher”, détaille le spécialiste. Les tarifs oscillent entre 8.000 et 13.000 euros par jour, hors coût de production, “mais in fine, cela reste moins cher”, assure-t-il. – “Théâtralité fondamentale” – La foncière Covivio propose en location depuis deux ans et demi des immeubles en travaux ou inoccupés, une manière de les revaloriser en attendant leur transformation. Dries Van Noten a été leur premier client. En avril 2023, le créateur belge — qui a depuis quitté la griffe — visite l’un de leurs bâtiments. Il a le coup de cœur pour cet ancien immeuble du groupe de télécoms Orange. Il décide de “créer une collection totalement inspirée par la façade de l’immeuble et d’y organiser son défilé” de juin, se souvient Céline Leonardi, directrice marketing et expérience client de la foncière.Depuis, l’entreprise a ouvert d’autres sites, comme un ancien centre de tri postal construit dans les années 1900 au cœur de Paris, qui a accueilli 23 défilés en un an et demi. La griffe française AMI y a organisé un concert pour son défilé de janvier 2025 et Lacoste y a installé sable, filets de tennis et écrans géants lors de la Fashion Week d’octobre 2024.Pour la sociologue Émilie Coutant, cette tendance s’inscrit dans une continuité. “Margiela avait défilé dans une station de métro, John Galliano sur les ronds-points du pont Alexandre-III… Le lieu a toujours été une pièce maîtresse du show”, souligne-t-elle.Les défilés de mode reposent sur une “théâtralité fondamentale” qui impose aux créateurs de “se renouveler en allant chercher des lieux nouveaux”, rappelle-t-elle.Une dynamique plus éloignée des ténors du luxe: si Matthieu Blazy chez Chanel a récemment investi le métro new-yorkais pour son défilé Métiers d’art, sa haute couture reviendra la semaine prochaine au Grand Palais. Chez Dior, Jonathan Anderson défilera lui dans les jardins du musée Rodin, comme sa prédécesseure Maria Grazia Chiuri.