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Un détenu de Vendin obtient une permission de sortir, Darmanin veut changer les règles pour les narcotrafiquants

La permission de sortir accordée à un détenu de la prison pour narcotrafiquants de Vendin-le-Vieil, autorisé par la justice à se rendre lundi en région lyonnaise, suscitait dimanche la polémique, le garde des Sceaux Gérald Darmanin affichant sa volonté de revoir les règles de l’application des peines en matière de criminalité organisée. Le détenu du nouveau quartier de lutte contre la criminalité organisée (QLCO) de la prison de Vendin-le-Vieil (Pas-de-Calais), libérable en 2029, a rendez-vous avec un potentiel employeur. Un juge de l’application des peines (JAP) de Béthune (Pas-de-Calais) a émis une ordonnance octroyant cette permission de sortir “employeur”, malgré un avis défavorable du parquet, a indiqué le procureur de Béthune Etienne Thieffry. Le parquet a fait appel, mais la chambre d’application des peines de la cour d’appel de Douai a confirmé l’ordonnance du JAP, a-t-il ajouté.Lundi, ce détenu sera pris en charge par son épouse puis effectuera l’aller-retour vers la région lyonnaise dans la journée, et sera réintégré en détention le soir, a indiqué à l’AFP une source pénitentiaire.Cette autorisation de sortie se fera donc sans escorte car “ce n’est pas le cadre habituel d’une permission de sortir employeur”, a précisé cette source. “Néanmoins les forces de l’ordre locales ont été averties”, a-t-elle ajouté. La sortie du détenu se fera entre 7H00 et 21H00, a confirmé une source pénitentiaire à l’AFP. Un “dispositif” sera mis en place toute la journée, a indiqué l’entourage du ministre de l’Intérieur Laurent Nuñez à l’AFP.- “Critères légaux” -Le procureur de Béthune, qui n’a pas souhaité commenter le fond de l’affaire, a admis que le détenu était “dans les critères légaux” pour cette permission de sortir. “Après, tout est question d’opportunité et d’appréciation”, a estimé le magistrat.”C’est l’un des objectifs de la peine d’emprisonnement que de favoriser la réinsertion, pour permettre à la personne de retrouver sa place sans risque de récidive, après avoir payé sa dette envers la société”, a-t-il rappelé. Cette autorisation de sortie avait suscité dès samedi l’incompréhension de syndicats pénitentiaires, l’Ufap-Unsa Justice s’émouvant dans un communiqué d'”une décision totalement déconnectée des exigences, des réalités et des contraintes imposées chaque jour aux personnels pénitentiaires”. Le QLCO de Vendin-le-Vieil accueille depuis cet été 100 détenus considérés comme les narcotrafiquants “les plus dangereux”. Une autre prison de haute sécurité a depuis ouvert ses portes à Condé-sur-Sarthe (Orne) et d’autres doivent voir le jour. “On ne peut pas imposer un régime ultra-renforcé, dire publiquement qu’on y incarcère les plus grands narcotrafiquants du pays et voir s’appliquer des décisions qui contredisent cet ensemble frontalement”, a déploré Alexandre Caby, secrétaire général de l’Ufap-Unsa Justice. Voulus par le ministre de la Justice Gérald Darmanin pour accueillir les principaux narcotrafiquants, les QLCO visent notamment à les empêcher de communiquer avec l’extérieur, pour éviter qu’ils continuent de gérer leurs trafics depuis leurs cellules.Leur création a été actée dans la loi narcotrafic, promulguée en juin. “La décision d’accorder une permission de sortir relève de l’autorité judiciaire, qui statue de façon indépendante”, a commenté dimanche le garde des Sceaux sur X, tout en rappelant “l’opposition du procureur de la République et du chef d’établissement de la prison” à cette décision.   Cet “épisode” met pour Gérald Darmanin “en lumière un enjeu plus large: notre cadre législatif d’application des peines doit être pleinement revu face aux réalités de la grande criminalité organisée”. Il a dit souhaiter, comme en matière de terrorisme, “un droit spécifique et un juge d’application spécialisé qui connaît parfaitement les profils dangereux”, et entend proposer ces changements dans le cadre du prochain texte de loi qu’il présentera “en début d’année prochaine”. Ce “scandale”, après celui de “l’évasion à Rennes d’un détenu lors d’une visite au +planétarium+, est vu par le président du Rassemblement national Jordan Bardella comme “l’échec” de la politique de Gérald Darmanin, “faite de communication grossière et de coups de menton sans lendemain”.   al-ldf-etb-mca-asl/swi

Premières prises de parole pour Sansal depuis sa libération, avec un fort enjeu diplomatique

Gracié par l’Algérie après un an de prison puis rentré en France mardi, l’écrivain franco-algérien Boualem Sansal s’exprime pour la première fois depuis sa libération dimanche, dans une prise de parole très attendue et lourde d’enjeux diplomatiques.Pour sa première intervention télévisée, il sera l’invité du journal de 20h de France 2 présenté par Laurent Delahousse.L’interview est enregistrée. Une douzaine de minutes doivent être diffusées dans le JT, puis une version plus longue passera à 21h30 sur la chaîne d’information continue du groupe public, franceinfo.Lundi, Boualem Sansal sera également l’invité de la matinale de France Inter à 08h20. Dimanche soir, la radio publique a publié sur son site un premier extrait vidéo de son interview.”La prison, on peut s’y habituer, il ne faut pas croire que c’est si terrible que ça”, dit l’écrivain. “On est obligé de garder sa souffrance pour soi. Les prisonniers ne communiquent pas sur ça, c’est le silence. On pleure dans sa cellule, le soir, tout seul, dans sa tête”.Incarcéré en Algérie pendant un an pour certaines prises de position sur son pays natal, Boualem Sansal, 81 ans, a retrouvé la liberté le 12 novembre. Il a été gracié par le président algérien Abdelmadjid Tebboune, qui a répondu favorablement à une demande des autorités allemandes.L’écrivain, qui était au cœur d’une crise diplomatique entre Alger et Paris, est rentré en France mardi, après avoir d’abord été transféré à Berlin pour des soins médicaux, et a été reçu par Emmanuel Macron dès son retour. Un retour discret, qui s’est fait hors de la vue des médias.- Le cas Gleizes -Boualem Sansal “est conscient qu’il arrive dans un contexte profondément marqué par la difficulté de la relation franco-algérienne et que ce contexte pèse vraisemblablement sur son expression publique”, a déclaré à l’AFP Arnaud Benedetti, fondateur de son comité de soutien, qui lui a parlé au téléphone vendredi.Outre France 2 et France Inter, il devrait aussi s’exprimer dans un quotidien national, selon M. Benedetti. “C’est un programme médias qui me paraît assez encadré”, a jugé le fondateur du comité de soutien, présidé par l’ancienne ministre Noëlle Lenoir.”On est dans un moment où la France essaie de reprendre langue d’une manière un peu plus apaisée avec l’Algérie que ces derniers mois, elle souhaite vraisemblablement que rien ne soit fait qui puisse venir entraver cette petite amorce de reprise de dialogue”, a poursuivi M. Benedetti, en soulignant qu’il ne s’agissait que d’une “supputation”.”D’autant plus que le cas Sansal est aujourd’hui réglé mais que le cas Christophe Gleizes reste en instance au moins jusqu’au 3 décembre”, a-t-il noté.Collaborateur des magazines So Foot et Society, le journaliste Christophe Gleizes, 36 ans, a été condamné fin juin en première instance à sept ans de prison ferme en Algérie, notamment pour “apologie du terrorisme”. Son procès en appel aura lieu le 3 décembre.- “Parole scrutée “-Boualem Sansal “est certainement conscient que sa parole sera scrutée, analysée, soupesée” et “il a certainement intériorisé ces paramètres avant sa prise de parole”, a jugé M. Benedetti, tout en rappelant que l’écrivain “n’a jamais bridé son expression” par le passé.Écrivain dissident admirateur de Camus et Orwell, polémiste révéré par les droites françaises, Boualem Sansal purgeait en Algérie une peine de cinq ans de prison notamment pour “atteinte à l’unité nationale”.Le romancier avait été condamné pour avoir notamment déclaré en octobre 2024 au média français d’extrême droite Frontières que l’Algérie avait hérité sous la colonisation française de régions appartenant précédemment, selon lui, au Maroc.Cet ancien haut fonctionnaire en Algérie avait été arrêté le 16 novembre 2024 à son arrivée à l’aéroport d’Alger avant d’être emprisonné, aggravant le froid diplomatique entre la France et son ancienne colonie.Peu après sa libération, Boualem Sansal avait dit à son compatriote Kamel Daoud, prix Goncourt 2024, qu’il espérait que les relations entre la France et l’Algérie allaient “évoluer”, selon des propos rapportés dans Le Point par M. Daoud.”Sa combativité morale m’a paru intacte”, malgré “des hauts et des bas, ce qui est normal”, a assuré M. Benedetti.

Les municipales seront un “galop d’essai” pour LFI avant 2027, prévient Mélenchon

La France insoumise a officiellement lancé dimanche sa campagne pour les municipales de 2026 avec un meeting en Seine-Saint-Denis où son leader Jean-Luc Mélenchon a placé ces différents scrutins locaux dans la perspective de l’élection présidentielle qui suivra, en vantant notamment son concept de la “Nouvelle France”.”Ce seront des élections politiques du fait du contexte actuel (…) nous serons à un an de l’élection présidentielle, dont ceci pourrait bien être un galop d’essai. Cette élection peut donc préfigurer le monde que nous voulons commencer”, a lancé le fondateur de LFI devant une foule de 2.000 militants, selon l’organisation, réunie aux Docks de Paris, une salle d’Aubervilliers.  “Il s’agit d’élever le niveau de conscience et de faire de cette élection un temps fort d’éducation politique populaire de masse, car nous en aurons besoin en 2027, si la France nous choisit pour gouverner le pays”, a ajouté le triple candidat à la présidentielle, qui est pressenti pour représenter une nouvelle fois l’écurie LFI à la prochaine course à l’Elysée.Les municipales ne seront “pas seulement des campagnes locales, il y a aussi des orientations communes à porter sur l’ensemble du territoire”, a appuyé devant la presse le coordinateur national de LFI, Manuel BompardLors d’un discours plutôt théorique, Jean-Luc Mélenchon a une nouvelle fois fait l’éloge de son concept de “Nouvelle France”, une société plus urbaine et plus métissée.”Notre Nouvelle France est là: nouvelle comme sa population, sa façon de vivre, sa vie, sa créolisation et par-dessus tout son appétit du futur”, a énuméré l’ancien sénateur socialiste, dont la formation compte sur la jeunesse et les quartiers populaires pour l’amener vers la victoire. Si le fondateur du mouvement Insoumis s’est gardé de porter des coups aux autres partis de gauche, ses lieutenants n’ont pas eu la même réserve.- Préparer les sénatoriales -La députée Nadège Abomangoli, vice-présidente de l’Assemblée nationale, a ainsi ouvert le meeting en fustigeant ceux à gauche “qui veulent des voix des Insoumis mais pas d’élus Insoumis”, une manière de viser notamment le PS.”Celles et ceux qui votent pour La France insoumise depuis dix ans ont le droit d’être représentés”, a-t-elle insisté.Pour les municipales de mars 2026, LFI sera présente, en tête de liste ou en soutien à une liste, dans à peu près 500 villes, dont 80% des communes de plus de 30.000 habitants. Et dans la grande majorité des cas, les Insoumis présenteront leurs propres listes, sans s’unir avec les Ecologistes, le Parti socialiste ou le Parti communiste.La formation de gauche radicale n’espère pas gagner énormément de mairies, seulement deux ou trois, mais entend pénétrer massivement dans les conseils municipaux.LFI avait en effet enjambé les scrutins municipaux de 2020 et ne dirige donc actuellement que deux villes de plus de 5.000 habitants.Gagner des conseillers municipaux permettrait au mouvement, qui ne compte aucun élu au Sénat, de se positionner pour les prochaines élections sénatoriales, de 2026 et 2029, où ce sont les grands électeurs qui votent.  “Message à tous ceux qui pensent pouvoir nous évincer de leurs combinaisons d’appareil: La France insoumise préparera les prochaines élections sénatoriales en même temps que l’élection présidentielle”, a ainsi prévenu le député Paul Vannier, en charge des élections au sein de l’appareil mélenchoniste.Dans beaucoup de municipalités, les tensions à gauche laissent présager d’âpres négociations de second tour, où le score nécessaire pour se maintenir est de 10% et celui pour fusionner avec une autre liste est de 5%. “Partout où nous serons en tête au soir du premier tour, nous proposerons aux autres listes de gauche prêtes à défendre avec nous un programme de rupture, de nous retrouver”, a appuyé Paul Vannier. Pour les municipales, les Insoumis comptent s’appuyer sur leurs bons scores dans les banlieues populaires et les grandes métropoles: la direction du mouvement a identifié Roubaix (Nord), La Courneuve (Seine-Saint-Denis) ou encore Evry (Essonne) comme commune où la victoire serait un objectif crédible.Ils entendent notamment proposer le développement de la régie publique de l’eau, celui des cantines scolaires gratuites et biologiques, ou la mise en place d’un référendum d’initiative citoyenne (RIC) municipal.

Première prise de parole pour Sansal depuis sa libération, avec un fort enjeu diplomatique

Gracié par l’Algérie après un an de prison puis rentré en France mardi, l’écrivain franco-algérien Boualem Sansal s’exprime pour la première fois depuis sa libération dimanche soir au 20h00 de France 2, dans une prise de parole très attendue et lourde d’enjeux diplomatiques.”Après sa libération et son retour en France, il accordera sa première interview à France Télévisions et répondra aux questions de Laurent Delahousse”, a annoncé le groupe audiovisuel public dimanche matin.Incarcéré en Algérie pendant un an pour certaines prises de position sur son pays natal, Boualem Sansal, 81 ans, a retrouvé la liberté le 12 novembre. Il a été gracié par le président algérien Abdelmadjid Tebboune, qui a répondu favorablement à une demande des autorités allemandes.L’écrivain, qui était au cœur d’une crise diplomatique entre Alger et Paris, est rentré en France mardi, après avoir d’abord été transféré à Berlin pour des soins médicaux, et a été reçu par Emmanuel Macron dès son retour. Un retour discret, qui s’est fait hors de la vue des médias.- Le cas Gleizes -Boualem Sansal “est conscient qu’il arrive dans un contexte profondément marqué par la difficulté de la relation franco-algérienne et que ce contexte pèse vraisemblablement sur son expression publique”, a déclaré à l’AFP Arnaud Benedetti, fondateur de son comité de soutien, qui lui a parlé au téléphone vendredi.Son interview sur France 2 sera enregistrée avant le journal de 20h00, selon France Télévisions. Une douzaine de minutes seront diffusées dans ce JT, puis une version plus longue passera à 21h00 sur la chaîne d’information continue du groupe public, franceinfo. Lundi, Boualem Sansal sera également l’invité de la matinale de France Inter à 08h20, a annoncé la radio publique. Et selon M. Benedetti, il devrait aussi s’exprimer dans un quotidien national. “C’est un programme médias qui me paraît assez encadré”, a jugé le fondateur du comité de soutien, présidé par l’ancienne ministre Noëlle Lenoir.”On est dans un moment où la France essaie de reprendre langue d’une manière un peu plus apaisée avec l’Algérie que ces derniers mois, elle souhaite vraisemblablement que rien ne soit fait qui puisse venir entraver cette petite amorce de reprise de dialogue”, a poursuivi M. Benedetti, en soulignant qu’il ne s’agissait que d’une “supputation”.”D’autant plus que le cas Sansal est aujourd’hui réglé mais que le cas Christophe Gleizes reste en instance au moins jusqu’au 3 décembre”, a-t-il noté.Collaborateur des magazines So Foot et Society, le journaliste Christophe Gleizes, 36 ans, a été condamné fin juin en première instance à sept ans de prison ferme en Algérie, notamment pour “apologie du terrorisme”. Son procès en appel aura lieu le 3 décembre.- “Parole scrutée “-Boualem Sansal “est certainement conscient que sa parole sera scrutée, analysée, soupesée” et “il a certainement intériorisé ces paramètres avant sa prise de parole”, a jugé M. Benedetti, tout en rappelant que l’écrivain “n’a jamais bridé son expression” par le passé.Écrivain dissident admirateur de Camus et Orwell, polémiste révéré par les droites françaises, Boualem Sansal purgeait en Algérie une peine de cinq ans de prison notamment pour “atteinte à l’unité nationale”.Le romancier avait été condamné pour avoir notamment déclaré en octobre 2024 au média français d’extrême droite Frontières que l’Algérie avait hérité sous la colonisation française de régions appartenant précédemment, selon lui, au Maroc.Cet ancien haut fonctionnaire en Algérie avait été arrêté le 16 novembre 2024 à son arrivée à l’aéroport d’Alger avant d’être emprisonné, aggravant le froid diplomatique entre la France et son ancienne colonie.Peu après sa libération, Boualem Sansal avait dit à son compatriote Kamel Daoud, prix Goncourt 2024, qu’il espérait que les relations entre la France et l’Algérie allaient “évoluer”, selon des propos rapportés dans Le Point par M. Daoud.”Sa combativité morale m’a paru intacte”, malgré “des hauts et des bas, ce qui est normal”, a assuré M. Benedetti.

Vers l’instauration d’un service militaire volontaire en France

Dans un monde “fait d’incertitudes”, sur fond de guerre aux portes de l’Europe, Emmanuel Macron pourrait annoncer dans les prochains jours l’instauration d’un service militaire volontaire en France, un projet à l’étude depuis plusieurs mois.La date de jeudi est envisagée pour des annonces présidentielles, sans que cela soit confirmé officiellement, selon des sources concordantes.”Dans le monde où nous vivons fait d’incertitudes, d’une montée des tensions, si nous voulons véritablement être en sécurité, il faut dissuader l’autre de venir (…) La France doit continuer d’être une nation forte avec une armée forte mais avec aussi une capacité de sursaut collectif”, a affirmé samedi le chef de l’Etat, en marge du G20 à Johannesburg, en Afrique du Sud.Si les pays scandinaves ou les Baltes, voisins du géant russe, ont maintenu ou rétabli ces dernières années le service militaire obligatoire, la France a elle suspendu la conscription en 1997, sous la présidence de Jacques Chirac. “De nombreux voisins en Europe sont en train de réintroduire un service national”, a fait valoir samedi sur France 5 le chef d’état-major des armées, le général Fabien Mandon, estimant que cela faisait partie d'”éléments qui sont à observer dans notre pays”.Emmanuel Macron avait introduit cette idée de service volontaire le 13 juillet, devant un parterre de hauts gradés. Face à une Europe “mise en danger” par la “menace durable” de la Russie, “il faut une nation capable de tenir, d’être mobilisée”, avait-il estimé. Outre des “efforts sur notre réserve”, il faut aussi “donner à la jeunesse un nouveau cadre pour servir, selon d’autres modalités, au sein de nos armées”, avait-il souligné en promettant des “décisions en ce sens à l’automne”.Interrogé par l’AFP, le ministère des Armées n’a pas souhaité s’exprimer sur les contours de ce service et sa durée, tout comme son coût. Il y a des “travaux en ce sens”, a simplement indiqué Alice Rufo, ministre déléguée aux Armées dimanche sur France Info. “Les arbitrages n’ont pas été rendus”, a précisé à l’AFP une source proche du dossier. – Jusqu’à 50.000 jeunes par an -Différents scénarios envisagent un volume de 10.000 à 50.000 personnes par an, selon plusieurs sources proches du dossier.D’après plusieurs médias français, la durée envisagée de ce service volontaire serait de 10 mois et serait rémunéré à hauteur de plusieurs centaines d’euros. Selon la Revue nationale stratégique 2025, un document qui résume les ambitions de la France en matière de politique de défense et de sécurité, la mise en place d’un service militaire volontaire “rénové” viserait à “renforcer la cohésion nationale” et à “créer un réservoir de personnes mobilisables en cas de crise”.Les armées françaises comptent environ 200.000 militaires d’active et 47.000 réservistes, et doivent passer à respectivement 210.000 et 80.000 personnes en 2030.La mobilisation sur la base du volontariat d’une partie d’une classe d’âge pourrait servir à répondre aux besoins d'”acquérir la masse” nécessaire pour tenir dans la durée en cas de conflit, estimait cet été le général Pierre Schill, chef d’état-major de l’armée de Terre.L’idée est saluée par une partie de la classe politique française.”Tout ce qui peut participer à l’esprit de défense, à la résilience nationale et à exprimer le sentiment patriotique qui sommeille dans la population est positif”, a commenté dans la Tribune dimanche le président de la Commission des Affaires étrangères et de la Défense du Sénat, Cédric Perrin (Les Républicains). A l’extrême droite, le président du Rassemblement national (RN) Jordan Bardella s’est dit mercredi sur X “favorable” au rétablissement d’un service sous les drapeaux “en commençant par un service militaire ouvert aux volontaires”.Patrick Kanner, le président du groupe socialiste au Sénat, reste plus circonspect. “Je suis très prudent en la matière (…) Je crois à l’armée de métier aujourd’hui.  Après, si les jeunes veulent s’engager pour la nation, naturellement, j’y suis favorable”, a-t-il confié dimanche à France 3.Les arbitrages attendus promettent aussi de concerner l’avenir incertain du service national universel (SNU) destiné aux mineurs de 15 à 17 ans.Ce service civil, lancé en 2019 et dont les crédits ont été depuis rabotés, n’a jamais trouvé son rythme de croisière. Il consistait essentiellement en un stage de cohésion de deux semaines.

La loi spéciale est un “parachute de dernier ressort” pour éviter le “défaut”, selon Amélie de Montchalin

La ministre des Comptes publics, Amélie de Montchalin, a exhorté dimanche dans une émission LCI/Le Parisien à dégager un compromis sur le budget, qu’elle croit encore faisable, et mis en garde contre la perspective d’une “loi spéciale” pour assurer la continuité des finances publiques.Elle a dit croire un “compromis possible”, citant notamment le vote favorable sur la partie recettes du projet de loi de finance de la sécurité sociale.”Il n’y a pas d’alternatives pour trouver un budget à un compromis parlementaire et à un vote”, selon la ministre, qui a évacué la perspective d’utiliser l’article 49-3 ou des ordonnances pour adopter les textes budgétaires en soulignant que le Premier ministre Sébastien Lecornu était opposé à ces deux solutions.Soit le rejet du budget survenu dans la nuit de vendredi à samedi est “une étape et un moment difficile dans la construction d’un compromis qui est nécessaire au pays”, soit “c’est le moment où les forces politiques, certaines par cynisme (…) se laissent aller à ne pas prendre de responsabilité dans la construction du compromis”, ce qui serait un “affaiblissement de la France”, a déclaré Amélie de Montchalin, s’inquiétant dans un tel cas d’un risque de “crise financière et économique qui sera très grave”. L’examen de la partie “recettes” du budget de l’Etat par la commission des Finances du Sénat doit débuter lundi. Après le rejet quasi-unanime du texte à l’Assemblée nationale, l’hypothèse d’une loi de finances spéciale prend corps. Elle est jugée “la plus probable” par le président de la commission des finances de l’Assemblée nationale, Eric Coquerel.La loi spéciale consiste en une sorte de reconduction du budget 2025 qui permettrait de percevoir les impôts existants avant de reprendre les débats parlementaires en début d’année. Mais il s’agit d’un “parachute de dernier ressort”, a estimé Amélie de Montchalin dimanche. C’est “un outil” pour éviter “le défaut” de paiement de l’Etat et des collectivités, qui permet de continuer à payer les créanciers, les fonctionnaires, les politiques sociales, a-t-elle souligné, mais un tel texte signifie “pas d’économies, pas d’investissements, on se met dans une position où on s’affaiblit nous-mêmes”.Brandir la loi spéciale aujourd’hui reviendrait à “acter dès maintenant qu’on n’est pas capable de se mettre d’accord” et “qu’on ne veut pas faire de compromis”, selon la ministre. 

Episode hivernal: fin de la vigilance orange sur l’ensemble du territoire

Météo-France a annoncé dimanche matin la levée de la vigilance orange neige/verglas sur l’ensemble du territoire, après un épisode de neige qui a notamment touché l’Ile-de-France et le Massif central.”Cet épisode de neige a touché une large bande centrale du pays, du nord-ouest jusqu’au Massif central. Il arrive à son terme”, a-t-on indiqué à Météo-France.A 8h, “il restait ce matin deux départements en vigilance orange neige/verglas, le Puy-de-Dôme et le Cantal. Cette vigilance a été levée à 10H et ramenée à jaune”.”Une partie du pays reste en vigilance jaune, essentiellement pour des risques liés au verglas”, a-t-on ajouté.Cet épisode, qui a donné lieu à des chutes de neige de quelques centimètres, n’a pas eu d’impact majeur sur les transports.”Cette nuit et ce matin, malgré l’épisode neigeux qui a traversé l’Île-de-France, la circulation est restée normale sur l’ensemble des réseaux de transport”, a déclaré dimanche le ministre des Transports Philippe Tabarot, dans un message sur X.Il déplore toutefois des accidents de la route “dans le Nord et en Île-de-France” – avec notamment quatre blessés dans un accident dans l’Oise, selon le ministère.En raison du risque persistant de chaussées glissantes, “les limitations de vitesse et l’interdiction de dépassement pour les poids lourds restent en vigueur sur décision de la Préfecture de police”, précise le ministre.La préfecture de police avait décidé samedi de réduire la vitesse autorisée de 20 km/h sur l’ensemble de l’Ile-de-France et d’interdire les dépassements pour les poids lourds de plus de 3,5 tonnes sur les grands axes. Dans le domaine aérien, a ajouté Philippe Tabarot, “la visibilité demeure faible et peut entraîner des retards”.Ces retards peuvent notamment être dus à la faible visibilité à Orly et aux opérations de dégivrage à Roissy, a-t-on précisé au ministère.Renouvelant son appel à la prudence à destination des automobilistes, le ministre a salué la mobilisation de 7.500 agents des routes ce week-end.Sur son site, Météo-France indique qu’une “nouvelle perturbation gagne par l’ouest, associée à un redoux sensible”.Cette nouvelle perturbation “pourra tout de même donner quelques précipitations verglaçantes près des frontières allemandes (nord Lorrain et nord Alsace) cet après-midi, mais l’étendue réduite des zones concernées ne justifie un passage en vigilance orange des départements concernés”.

A close-up of a stack of newspapers resting on a desk, symbolizing information and media.

Vietnam: le bilan des inondations monte à 90 morts

Les dernières inondations au Vietnam, frappé par des pluies diluviennes, ont fait au moins 90 morts en une semaine, selon un nouveau bilan officiel publié dimanche.Plus de 60 des 90 personnes tuées depuis le 16 novembre ont été recensées dans la province montagneuse de Dak Lak (centre), où les eaux ont inondé des dizaines de milliers d’habitations, a précisé le ministère de l’Environnement.Le précédent bilan datant de samedi évoquait 55 victimes. Douze personnes sont par ailleurs portées disparues.Le sud et le centre du pays d’Asie du Sud-Est subissent des précipitations incessantes depuis la fin octobre, entraînant des inondations à répétition et laissant sous les eaux des destinations touristiques ainsi que des sites historiques.Des quartiers entiers ont été submergés dans la ville côtière de Nha Trang (sud) la semaine dernière. Et des glissements de terrain ont frappé les hauteurs autour de Da Lat (sud), lieu prisé des touristes.Dimanche, plusieurs tronçons d’autoroutes restent impraticables en raison de crues ou de glissements, selon le ministère de l’Environnement, ajoutant qu’il en est de même pour les chemins de fer par endroits.- “Plus d’un mètre” d’eau -Au marché de la ville côtière de Tuy Hoa, dans la province centrale de Phu Yen, la crue s’est retirée dimanche, mais certains chapeaux, sacs et chaussures vendus par Vo Huu Du, 40 ans, sont encore trempés ou couverts de boue. “Mes marchandises ressemblent à un énorme désordre détrempé”, explique-t-elle à l’AFP.Autrefois, poser ses étals à cinq centimètres du sol suffisait pour les protéger des inondations, ce qui n’est désormais plus le cas. “Aujourd’hui, l’eau a atteint plus d’un mètre de hauteur” et “tous les vendeurs” sont touchés, “pas seulement moi”, constate-t-elle.Encore plus de 129.000 usagers demeurent privés d’électricité par des coupures qui ont concerné jusqu’à un million de personnes la semaine passée.Le ministère a estimé à environ 300 millions d’euros les pertes économiques engendrées par les inondations dans cinq provinces.Plus de 80.000 hectares de rizières et d’autres cultures ont été endommagés, tandis que plus de 3,2 millions de volailles et de têtes de bétail ont été tuées ou emportées par les crues.Selon le média d’Etat Tuoi Tre News, les autorités ont déployé des hélicoptères pour larguer des vivres aux populations isolées. Au sol, des dizaines de milliers d’agents fournissent vêtements, pastilles de purification d’eau, nouilles instantanées et autres provisions aux sinistrés, selon la même source.Dans la province côtière de Khanh Hoa (sud), deux ponts suspendus ont été détruits par les inondations la semaine passée, coupant du monde de nombreux foyers, a encore rapporté le média officiel.- Phénomènes extrêmes à répétition -Le Vietnam connaît habituellement de fortes pluies entre les mois de juin et septembre, les scientifiques expliquant que le réchauffement climatique provoqué par l’activité humaine rend les phénomènes météorologiques extrêmes plus fréquents, plus meurtriers et plus destructeurs.Pour chaque degré supplémentaire, l’atmosphère peut contenir 7% d’humidité en plus, avec des retombées hydriques plus lourdes, préviennent les experts.Entre janvier et octobre, les catastrophes naturelles ont fait 279 morts ou disparus au Vietnam et plus de 2 milliards de dollars (1,7 milliard d’euros) de dégâts, selon des chiffres officiels.Début octobre, le nord du pays avait déjà été frappé par d’importantes inondations après le passage des typhons Bualoi et Matmo, tous deux meurtriers.Ce fut ensuite au tour de Kalmaegi de balayer le territoire début novembre, faisant là encore des victimes.Fin octobre, la ville de Hué (centre), destination prisée des touristes pour son ancienne cité impériale, a battu le record national de précipitations qui datait de 1999, enregistrant jusqu’à 1,7 mètre de pluie en 24 heures.

Sansal parle pour la première fois depuis sa libération dimanche soir sur France 2

L’écrivain franco-algérien Boualem Sansal, gracié le 12 novembre par l’Algérie après un an de prison, s’exprimera pour la première fois depuis sa libération dimanche soir dans le journal de 20h00 de France 2, a annoncé France Télévisions dans un communiqué.”Après sa libération et son retour en France (mardi, ndlr), il accordera sa première interview à France Télévisions et répondra aux questions de Laurent Delahousse”, a indiqué le groupe public.Incarcéré en Algérie pendant un an pour certaines prises de position sur son pays natal, Boualem Sansal, 81 ans, a retrouvé la liberté le 12 novembre. Il a été gracié par le président algérien Abdelmadjid Tebboune, qui a répondu favorablement à une demande des autorités allemandes.L’écrivain, qui était au cœur d’une crise diplomatique entre Alger et Paris, est rentré en France mardi, après avoir d’abord été transféré à Berlin pour des soins médicaux. Il a été reçu par Emmanuel Macron dès son retour, qui a été discret et s’est fait hors de la vue des médias.

Cinq choses à savoir sur Petit ours brun, qui souffle ses 50 bougies

Pour de nombreux jeunes enfants, il est ou a été le premier héros de fiction : Petit ours brun célèbre ses 50 ans même si, pour toujours, il est âgé de trois ans.L’ourson sera sans nul doute l’un des héros du salon du livre de jeunesse, le plus grand de France, qui se tient de mercredi au 1er décembre à Montreuil (Seine-saint-Denis). Petit ours brun, c’est qui ?Pas de mystère sur son apparence: tout est dans son nom. Mais il n’a pas de prénom et ne vit pas comme un ourson dans la nature sauvage. Plutôt comme un enfant de trois ans dans une maison avec ses deux parents.L’ourson est apparu pour la première fois en 1975 dans les pages de Pomme d’Api, le mensuel des éditions Bayard destiné aux enfants ne sachant pas lire. Il est dessiné depuis lors par Danièle Bour, qui peint à la gouache et vit en Haute-Marne, et raconté par Marie Aubinais, qui habite près d’Angers. Cette dernière a pris il y a 40 ans le relais de Claude Lebrun, aujourd’hui décédée, qui s’était inspirée de son fils pour créer le petit héros.Quel succès !En 50 ans, Petit ours brun est devenu une star de l’édition jeunesse, comme en témoignent les chiffres communiqués par Bayard: 600 histoires publiées depuis 1975, 800.000 livres vendus en moyenne par an, un million d’abonnés à la chaîne YouTube, 850 millions de vidéos vues sur France TV, Netflix et la plateforme BayaM. Sans oublier les produits dérivés: jouets, peluches…La clé du succès des aventures de Petit ours brun, “c’est ce regard d’enfant sur le monde, et non d’adulte sur l’enfant”, raconte Marie Aubinais à l’AFP.Comme les autresPetit ours brun n’est pas un super héros. Au contraire. Il “est un héros-miroir qui répond à un besoin profond d’identification” des jeunes enfants, selon Bayard.Dans chaque histoire, les deux autrices le placent, en deux pages divisées en huit cases, dans les situations de la vie quotidienne: il va à l’école, mange un œuf, a une nouvelle amie, fête son anniversaire, s’amuse à la piscine, trouve un oiseau mort…”L’important, c’est de faire passer les émotions”, souligne Marie Aubinais, qui cherche à écrire des histoire à la fois “précises et concrètes”. “Je me documente beaucoup, j’interroge des parents puis j’envoie à la rédaction, qui donne son avis”, détaille-t-elle.Ringard ?Pour certains, Petit ours brun est “ringard”: son dessin serait naïf et désuet tandis que l’environnement dans lequel il évolue serait conservateur.Ces critiques peuvent être en partie liées à l’identité chrétienne assumée de Bayard, qui prône des valeurs familiales dans ses nombreuses publications pour la jeunesse.Marie Aubinais défend plutôt le caractère “intemporel” et même “moderne” de son histoire.”Dès le début, le papa a partagé les tâches ménagères avec la maman: il étend le linge, il se lève la nuit quand Petit ours brun fait pipi… Ce qui était vraiment moderne au milieu des années 1970″, souligne-t-elle. “Et on continue à le faire évoluer”, par exemple en introduisant les concepts de divorce et de famille recomposée.Idem pour le dessin qui, s’il reste classique et sage, met désormais des baskets aux pieds de l’ourson et le smartphone dans la maisonnée.  EcoloLes autrices, qui vivent à la campagne, mettent régulièrement Petit ours brun à l’extérieur, pour une promenade ou une séance de “jardinage avec Papi”, par exemple. “Il s’agit de faire aimer la nature aux petits enfants pour qu’ils aient envie de la protéger”, avance Marie Aubinais, qui revendique par ailleurs la “lenteur” – assumée – de l’ourson.