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Après une visite remarquée au Kremlin, le président de Madagascar à l’Elysée mardi

Il a réservé ses premières visites internationales aux Emirats arabes unis, à l’Afrique du Sud et surtout à la Russie: le colonel Michaël Randrianirina, nouveau dirigeant de Madagascar, rencontrera mardi le président français Emmanuel Macron dans une volonté commune de renouveler la relation entre les deux pays.”L’étape pour nous c’est de consolider et renouveler cette relation (…) avec l’objectif du président de renouvellement des partenariats avec un certain nombre de pays africains”, a expliqué la présidence française, soulignant que la relation avec Madagascar restait “prioritaire pour la France en Afrique”.Situé sur des routes maritimes stratégiques reliant l’Afrique, le Moyen-Orient et l’Asie, Madagascar, ancienne colonie française (1897-1960), dispose de ressources naturelles multiples – du nickel au cobalt en passant par des terres agricoles et une grande biodiversité – qui attisent les convoitises.Si la France s’efforce de construire un partenariat “d’égal à égal” pour rompre avec l’image néocoloniale, elle espère également maintenir son influence face à la montée en puissance de pays comme la Chine, l’Inde, les Emirats, et plus récemment la Russie.”La France a de nombreux intérêts à préserver à Madagascar et dans l’Ocean Indien plus largement”, résume Mathieu Pellerin, chercheur à l’Institut français des Relations internationales (IFRI), soulignant que “la France compte dans l’océan Indien une importante force militaire, les FAZSOI, et une longue tradition de cooperation militaire avec l’état malgache”.Du côté de Madagascar, l’objectif est d’éviter une dépendance exclusive à la France en multipliant les partenariats, un mouvement déjà opéré sous la présidence d’Andry Rajoelina et qui pourrait s’amplifier avec Michaël Randrianirina, porté au pouvoir à l’automne dernier par une mutinerie de l’armée à la faveur d’une vaste contestation populaire.Positionné comme “président de la Refondation de la République”, celui-ci doit améliorer la situation socio-économique du pays, dont une grande majorité de la population vit dans la pauvreté.Interrogé par les médias avant de s’envoler pour la France, le dirigeant malgache a assuré que les visites en Russie et en France n’avaient “aucun lien entre elles”. Il n’a fait que répondre à l’invitation des deux pays.- Bénéfices pour la population -“Nous suivons la politique que nous avons adoptée en matière de diplomatie: établir des relations avec les pays qui peuvent apporter des bénéfices au peuple malgache”, a-t-il ajouté.Jeudi, en visite à Moscou, il a ainsi annoncé “une nouvelle ère de coopération”. Depuis janvier déjà, des instructeurs militaires russes sont sur la Grande île pour former leurs homologues malgaches au maniement d’armes livrées en décembre, dont des drones.A Paris, il verra les entreprises françaises au Medef et les bailleurs internationaux au siège parisien de la Banque mondiale.A partir des années 70, “des liens diplomatiques et militaires assez forts s’étaient (déjà) développés entre le Pacte de Varsovie et Madagascar”, rappelle Samuel Sanchez, professeur à l’université Panthéon-Sorbonne et auteur de “Madagascar, une approche de l’histoire par les documents”.”De nombreux militaires malgaches (…) ont ainsi reçu leur formation en Union soviétique et dans les pays du Bloc de l’Est. Il y a sans doute un legs de cette époque-là”, poursuit l’historien.Le nouveau président, note-t-il, semble en outre reprendre “le concept de +diplomatie tous azimuts+ qui était chère au président Didier Ratsiraka”, lequel dirigea Madagascar pendant plus de 20 ans au total. A l’évidence, il “essaie de tirer profit de la compétition géopolitique actuelle”.L’historien constate néanmoins que plus de 30% des exportations malgaches se dirigent vers l’Union européenne (dont la moitié vers la France) tandis que “la Russie reste un partenaire économique mineur de Madagascar, avec moins de 1% des exportations malgaches”.Si à Paris, on prend acte de la poussée russe, on compte passer des messages claires sur la ligne rouge: la déstabilisation du lien entre la France et Madagascar.”La France est attachée aux îles éparses sur lesquelles Madagascar conteste la souveraineté à la France depuis plusieurs décennies”, souligne Mathieu Pellerin. “Côté français, on redoute très probablement qu’un rapprochement avec la Russie durcisse les revendications malgaches sur les îles éparses”, dit-il.A Madagascar, de nombreux diplomates sont inquiets “de la rapidité avec laquelle la Russie a réagi” pour se rapprocher du nouveau président, selon une source diplomatique occidentale à Madagascar.

Gentiane jaune et vaches Aubrac, une alliance durable

Sur les plateaux du Massif central, une alliance vertueuse s’est nouée entre les vaches Aubrac et la gentiane jaune, au service de la gestion durable du territoire: l’animal entretient un paysage propice à la plante qui le nourrit.Entre la vache et la “fée jaune”, dont les fleurs colorent les estives au printemps et dont la racine parfume les liqueurs d’une note douce et amère, s’est tissée une riche complémentarité, s’accordent à dire les acteurs de la filière, réunis pour une conférence au Salon de l’Agriculture par l’établissement public FranceAgriMer.”En pâturant en estive, la vache maintient un paysage ouvert”, nécessaire à l’épanouissement de la plante, et l’exploitation de la gentiane “offre un complément de revenu aux éleveurs”, résume Stéphanie Flahaut, représentante de l’association Gentiana Lutea, qui regroupe l’interprofession de la gentiane.Cette plante sauvage, qui peut vivre une cinquantaine d’années et s’épanouit entre 800 et 2.500 mètres d’altitude, pousse sur les massifs montagneux, du nord de la péninsule ibérique jusqu’en Italie ou en Croatie.- Liqueur, pharmacie et cosmétique -Mais la majeure partie de la production mondiale de gentiane – de quelques milliers de tonnes – vient de France, selon une étude de FranceAgriMer de 2015. Et le Massif central est la plus grosse région de production dans le pays.La gentiane peut atteindre 1,5 mètre et présente des fleurs jaunes groupées en étages successifs le long de la tige. Elle est récoltée pour sa racine (d’un poids moyen d’1,5 kg), en général au bout de 20 à 30 ans.La récolte française annuelle de cette plante sauvage est aujourd’hui estimée “entre 2.000 et 2.500 tonnes”, qui trouveront des débouchés “principalement dans le secteur des boissons”, au premier rang desquelles les liqueurs apéritives (Suze, Salers, Avèze, Picon…), mais aussi dans les secteurs pharmaceutique, cosmétique et agroalimentaire.Son exploitation alimente toute une filière, explique Stéphanie Flahaut: les éleveurs et propriétaires des pâturages, qui vendent la gentiane “sur pied” à des “gentianaires” ou arracheurs, lesquels vont à leur tour livrer la racine à des transformateurs.L’arrachage se fait à la main, à l’aide d’un outil spécialement conçu nommé “fourche du diable”, probablement du fait de ses deux dents – ou cornes – mais aussi de la pénibilité de ce travail, qui emploie plus de 100 arracheurs saisonniers.Pour Mathieu Causse, éleveur et président de l’organisme de sélection de la vache Aubrac, la gentiane est “un atout”: la présence de cette plante est “un indicateur de la qualité de l’estive” et aussi de “la bonne gestion de l’éleveur”.- Plante “nuisible” devenue “patrimoniale” -Car, souligne-t-il, “la transhumance permet de valoriser des espaces difficilement mécanisables, à vocation herbagère” et de maintenir la biodiversité des plateaux.La gentiane, le narcisse des poètes ou l’arnica sont en effet des “sentinelles du bon état de conservation des prairies” de montagne et donc d’une meilleure résilience face au changement climatique, relève Johan Gourvil, de l’Office français de la biodiversité.L’idée est de maintenir une exploitation économiquement profitable et raisonnable des prairies, qui représentent “41% de la surface agricole utile du Massif central et un quart de la biodiversité sauvage”.L’équilibre entre la gentiane et l’Aubrac se construit depuis 200 ans: elle était encore considérée par les éleveurs comme une “plante nuisible” aux pâturages au début du 19e siècle, avant d’être reconnue comme une “ressource médicinale” après la Première Guerre mondiale, puis depuis 2019 comme une “ressource patrimoniale à gérer collectivement”, selon une étude de l’ethnobotaniste Claire Mison.Dans la mesure où la récolte est “destructive, puisqu’on arrache la racine”, il faut gérer la ressource avec attention, souligne Stéphanie Flahaut, qui précise que c’est l’une des missions de l’association interprofessionnelle créée en 2014.”Le système est durable tant que les pressions restent modérées”, dit-elle, évoquant notamment le climat: un manque d’eau va ralentir la croissance de la plante, une moindre couverture neigeuse sur les plateaux l’hiver peut détruire les graines de gentiane faute d’un manteau protecteur.

La France sévit contre l’ambassadeur américain qui a ignoré une convocation

Paris a décidé de révoquer l’accès direct au gouvernement français de l’ambassadeur américain Charles Kushner, qui a ignoré une convocation des Affaires étrangères après des commentaires sur la mort d’un étudiant d’ultradroite.Le diplomate avait été convoqué en raison de la republication par l’ambassade américaine d’une réaction de l’administration Trump au décès à 23 ans de Quentin Deranque, battu à mort par des membres de l’ultragauche à Lyon, dans le centre-est de la France. L’ambassade avait relayé un message évoquant des informations qui “devraient tous nous préoccuper”.Charles Kushner “ne s’est pas présenté” malgré l’appel du ministre des Affaires étrangères français Jean-Noël Barrot, a déploré lundi soir le Quai d’Orsay.Une source diplomatique a indiqué à l’AFP que Charles Kushner s’est fait représenter par un responsable de l’ambassade américaine, invoquant des engagements personnels.”c’est une surprise”, a réagi mardi Jean-Noël Barrot sur France Info tout en réfutant l’idée que ce soit un camouflet.”Quand on a l’honneur de représenter son pays, les États-Unis d’Amérique en France, comme ambassadeur, on respecte les usages les plus élémentaires de la diplomatie et on répond aux convocations du ministère des Affaires étrangères”, a-t-il déclaré sur France Info.”Face à cette apparente incompréhension des attendus élémentaires de la mission d’ambassadeur ayant l’honneur de représenter son pays, le ministre a demandé qu’il ne puisse plus accéder directement aux membres du gouvernement français”, a annoncé le ministère.Sollicité à plusieurs reprises par l’AFP, l’ambassade des Etats-Unis n’a pas donné suite aux demandes.  Jean-Noël Barrot a assuré que cet incident, qui relève de la “responsabilité personnelle” de l’ambassadeur, n’affecterait “en rien la relation entre la France et les États-Unis” qui fêtent cette année le 250ᵉ anniversaire. “Elle en a vu d’autres, mais ça affectera naturellement sa capacité à exercer sa mission dans notre pays”, a-t-il ajouté. Interrogé sur la possibilité que l’ambassadeur soit déclaré persona non grata, Jean-Noël Barrot n’a pas directement répondu. Il a souligné la nécessité d'”avoir avec lui une explication”. “Je crois que tous les Français partagent le même sentiment”, a-t-il insisté. “Nous n’acceptons pas que des pays étrangers puissent venir interférer puis s’inviter dans le débat politique national, quelles que soient les circonstances”. “C’est cette explication que nous devons avoir”, a-t-il ajouté, précisant que le ministère souhaitait en outre évoquer les sanctions américaines à l’encontre de plusieurs citoyens européens, dont l’ancien commissaire européen Thierry Breton et le juge Nicolas Guillou.L’administration Trump a dénoncé la violence politique d’extrême gauche et appelé à traduire les responsables de la mort de Quentin Deranque en justice.”Nous refusons toute instrumentalisation de ce drame (…) à des fins politiques”, a souligné dimanche Jean-Noël Barrot à la radio, estimant que la France n’avait “aucune leçon s’agissant de la violence, en particulier, à recevoir de l’internationale réactionnaire”.La Première ministre italienne Giorgia Meloni a également commenté la mort en France de Quentin Deranque, provoquant une passe d’armes avec le président français Emmanuel Macron qui l’a priée d’arrêter de “commenter ce qui se passe chez les autres”.- Tempête politico-médiatique -M. Macron, qui avait affirmé quelques jours plus tôt qu’il n’y avait “pas de place pour les milices d’où qu’elles viennent”, va réunir mardi matin des responsables gouvernementaux pour se pencher sur la lutte contre les “groupes violents ultras ou extrêmes”.La mort de l’étudiant, que Jean-Noël Barrot a qualifiée de “drame qui concerne la communauté nationale”, a provoqué une tempête politique et médiatique en France, le parti de gauche radicale France insoumise (LFI) étant sous le feu des critiques.Un suspect, mis en examen pour “complicité de meurtre”, était, à ce moment-là, collaborateur parlementaire d’un député LFI.Quant à l’ambassadeur américain, en fonctions dans la capitale française depuis l’été dernier, il avait déjà été convoqué fin août au ministère des Affaires étrangères après des critiques jugées inacceptables par Paris sur “l’absence d’action suffisante” d’Emmanuel Macron contre l’antisémitisme.”En l’absence de l’ambassadeur” à Paris, c’est le chargé d’affaires de l’ambassade américaine qui s’était rendu à cette convocation.Charles Kushner est le père de Jared Kushner, gendre du président américain Donald Trump et proche conseiller de celui-ci.

Safran se convertit à la géothermie pour décarboner son usine de Villaroche

La géothermie au service de l’industrie: Safran va faire de l’une de ses usines, où il produit des moteurs pour Airbus, Boeing et le Rafale, le premier site industriel d’Ile-de-France chauffé grâce à l’énergie calorifique du sous-sol.Le géant de l’aéronautique s’est associé à Dalkia, filiale d’EDF, et Arverne Group pour réduire de 75% les émissions de carbone liées au chauffage de cette usine, située à Villaroche, en Seine-et-Marne, et éviter ainsi 6.500 tonnes de CO2 chaque année.Sur une parcelle du site, à une cinquantaine de kilomètres au sud-est de Paris, un immense forage creuse le sol pour aller puiser à 1.650 mètres de profondeur une eau à 75°C.La géothermie consiste à valoriser cette chaleur naturelle du sous-sol en émettant peu ou pas de gaz à effet de serre.Un premier puits, déjà achevé, servira à puiser l’eau chaude présente dans l’aquifère du Dogger, qui parcourt l’Ile-de-France. Le second, en cours de construction, “va finaliser cette boucle géothermale” en réintroduisant l’eau dans la nappe après son passage dans les échangeurs thermiques de la centrale, explique Loïc Haslin, directeur général de la filiale forage profond d’Arverne.L’eau prélevée est intégralement restituée. “On ne ponctionne rien”, souligne le dirigeant. “Tout ce qu’on fait, c’est faire circuler cette eau chaude depuis le sous-sol jusqu’en surface; on lui prend ses calories et on la réinjecte. C’est le principe de la géothermie: la chaleur de la terre réchauffe les fluides sous la surface.”Avec ce projet, Safran Aircraft Engines va remplacer intégralement ses anciennes chaudières à gaz par une énergie locale et renouvelable. La centrale, qui couvrira 84% des besoins en chaleur du site, sera opérationnelle en octobre prochain.Initié à l’automne 2024, ce projet s’inscrit dans la feuille de route décarbonation du groupe. Le secteur aérien vise zéro émission nette de CO2 d’ici à 2050.”Ce projet géothermie s’inscrit complètement là-dedans”, décrit Delphine Berilloux, directrice des responsabilités humaines et sociétales de Safran Aircraft Engines. Il doit permettre à Safran de réduire d’ici 2030 de 50% ses émissions de CO2 par rapport à 2018, souligne-t-elle.Avec environ 6.500 personnes qui y travaillent, Villaroche, qui va fêter ses 80 ans cette année, “est le plus grand site de Safran”, poursuit-elle. “C’est l’équivalent d’une ville”.- Visibilité industrielle -L’usine accueille aussi les équipes ingénierie qui travaillent sur les moteurs d’avions du futur, souligne Delphine Berilloux.A quelques dizaines de mètres de la plateforme de forage se trouve l’immense banc d’essai qui va tester le démonstrateur Rise, sur lequel le motoriste et son partenaire GE Aerospace misent pour accélérer la décarbonation de l’aérien via leur co-entreprise CFM International.Safran est l’un des très rares industriels à s’être engagé dans un projet de géothermie profonde, dont le principal frein est lié aux coûts d’investissement. Dans le cas de Villaroche, le montant est d’environ 30 millions d’euros.D’autres se sont désengagés, comme Renault qui a renoncé à son projet pour son usine de Douai (Nord).Ce sont des investissements qui s’amortissent sur dix, quinze ans minimum, explique David Coutelle, du bureau d’études en environnement Ginger Burgeap et président de la commission géothermie du Syndicat des énergies renouvelables (SER).”Il faut des industriels qui soient prêts à signer un contrat sur de telles durées, ce qui est extrêmement rare”, poursuit-il, même si le coût de l’énergie est très bas dans la durée et permet de se prémunir des fortes variations de prix, comme lors de la crise en 2022.”On n’a malheureusement pas en Ile-de-France tant de sites industriels avec à la fois à un besoin de chaleur important et la visibilité industrielle pour le faire parce que, c’est vrai, ce sont des investissements assez importants”, reconnaît Benoît Guiblin, directeur régional Ile-de-France de Dalkia.Mais “la décarbonation, c’est aussi un outil de compétitivité”, estime-t-il en rappelant que l’industrie représente environ 20% des émissions de gaz à effet de serre en France.La géothermie “permet d’avoir une stabilité du coût énergétique extrêmement forte, donc de la visibilité. Et pour un industriel, c’est évidemment essentiel”, conclut-il.

Créer des crèches dans les quartiers populaires: la mission d’un consortium contre les inégalités

Permettre aux enfants modestes de mieux accéder aux crèches afin de lutter contre les inégalités: c’est la mission que s’est donnée le consortium Yci Enfance, qui rassemble acteurs publics, privés et associatifs, pour créer des établissements non lucratifs dans des quartiers populaires.Une première structure associative de 30 berceaux vient d’ouvrir ses portes au rez-de-chaussée d’un nouvel immeuble résidentiel, à Clichy-sous-Bois (Seine-Saint-Denis). Des murs blancs, des meubles en bois clair et des jouets multicolores répartis entre deux salles baignées de lumière, donnant sur un jardin… Un design qui “apporte du calme et de la modernité”, apprécie Roxanne Dugot, directrice de cette crèche, opérée par Crescendo. Quelques semaines après l’ouverture, elle procède encore a des “ajustements”, d’emploi du temps, proposant des jours de garde supplémentaires à des familles ayant inscrit leur enfant à temps partiel. “Les parents se sont déjà organisés pour l’année, certains ne travaillent pas, ils optent donc pour des contrats de quelques jours hebdomadaires pour que l’enfant se sociabilise”, explique-t-elle à l’AFP. Mère de trois enfants, Aissatou Siby, a inscrit son cadet quatre jours par semaine afin de “se libérer du temps” pour s’occuper de son nourrisson de cinq mois et “chercher du travail”. “Plus difficile depuis l’arrivée du bébé”, elle se réjouit de voir son fils gagner en “autonomie” depuis qu’il fréquente la crèche, décrit-elle à l’AFP, en le serrant dans ses bras, avant de rentrer chez eux. – Socialisation -Olivier Matjapa a inscrit sa fille de 13 mois pour “l’aider dans la vie sociale” car “elle était tout le temps avec sa maman ou moi et n’acceptait pas les autres”, raconte-t-il, en attendant dans le hall, près des petits bancs en bois et des casiers à chaussures.”Le défi, c’est d’aider les enfants à évoluer, à sortir du cercle familial, certains n’avaient jamais été gardés avant”, observe Haby Tambadou, éducatrice de jeunes enfants, en surveillant quelques petits, emmitouflés dans leurs manteaux, pendant qu’ils s’amusent avec des draisiennes et des cerceaux sur la grande terrasse en bois.Selon la Cnaf, les enfants des familles allocataires les plus modestes sont 24% à bénéficier d’un mode de garde contre 74% de ceux des familles aux revenus plus élevés.”De manière générale, obtenir une place en crèche en France relève du parcours du combattant et les familles défavorisées ont moins de ressources pour le mener à bien”, explique à l’AFP Laudine Carbuccia, docteure en sociologie et chercheuse aux Etats-Unis. L’accès à une crèche permet “de compenser en partie les inégalités de développement entre les enfants” liées au milieu social, par exemple au niveau du langage ou des compétences socio-émotionnelles, décrit cette spécialiste des politiques publiques et de la petite enfance. Pour améliorer l’accès des moins favorisés à ce service, elle recommande aux pouvoirs publics de “prêter attention aux critères d’attribution” et de “créer des places”.- Offre inégale -A l’échelle nationale, on estime qu’il en manque environ 200.000. L’offre est très inégale selon les départements: moins de quatre places pour dix enfants en Seine-Saint-Denis et à La Réunion, contre plus de sept en Bretagne et dans les Pays de la Loire, tous modes de gardes confondus, selon la Cnaf.Depuis un an, les communes sont chargées d’organiser l’accueil des enfants de moins de trois ans. Mais ces dernières, en particulier les plus modestes, “n’ont pas forcément les moyens humains ou les compétences pour développer” des projets de création de crèches, explique à l’AFP Anne-Claire Mialot, directrice générale de l’Agence nationale pour la rénovation urbaine.Face à cette situation, cette agence de l’Etat s’est associée au fonds spécialisé dans les infrastructures Meridiam, ainsi qu’à des acteurs associatifs, au sein d’un consortium baptisé Yci enfance. Leur projet: ouvrir des crèches non lucratives dans les quartiers prioritaires de la ville, en simplifiant la tâche aux maires avec une “formule clé en main”.”Nous nous chargeons de la maîtrise d’ouvrage, c’est-à-dire de la construction ou de l’aménagement de locaux ainsi que du financement du projet via un emprunt”, précise à l’AFP Cécilie Cristia Leroy, directrice générale d’Yci Enfance. L’objectif est d’ouvrir une centaine de crèches en France d’ici sept ans, proposant en tout 4.000 places à des tarifs conventionnés. 

Nouvelle-Calédonie: au Sénat, le gouvernement s’accroche à une réforme constitutionnelle sensible

“Entêtement” gouvernemental ou point de départ d’une “stabilité” retrouvée ? Dossier sensible localement, la réforme constitutionnelle sur l’avenir institutionnel de la Nouvelle-Calédonie est examinée mardi au Sénat, où l’exécutif tentera de défendre un projet décrié et très mal embarqué au Parlement.A partir de 14H30, le Premier ministre Sébastien Lecornu viendra en personne au Palais de Luxembourg pour répondre aux interrogations des sénateurs sur ce projet de loi constitutionnelle, avant un vote prévu dans la soirée.Le gouvernement espère convaincre le Parlement de “donner sa chance” à ce texte, qui retranscrit deux accords conclus avec la majorité des forces politiques calédoniennes, celui de Bougival (juillet 2025) et celui de l’Elysée-Oudinot, signé en janvier 2026 sous l’égide d’Emmanuel Macron.Il prévoit notamment la création d’un État calédonien inscrit dans la Constitution française, doté d’une nationalité propre et pouvant être reconnu internationalement.Ces accords permettent d’envisager un nouvel avenir institutionnel pour la Nouvelle-Calédonie, archipel meurtri par les violentes émeutes du printemps 2024, survenues en réaction à un précédent projet de réforme constitutionnelle.- Pas “d’alternative” ? -Mais l’opposition des indépendantistes du FLNKS à ces accords, qu’ils jugent incompatibles avec la pleine souveraineté du territoire, complique sérieusement la donne. L’absence de consensus local fait en effet craindre à de nombreux parlementaires un “passage en force” aux conséquences potentiellement néfastes à Nouméa.”Il n’existe aujourd’hui ni alternative ni contre-projet”, a toutefois martelé la ministre des Outre-mer Naïma Moutchou ces derniers jours. Même si le processus est “imparfait”, il faut lui “donner sa chance” car “stopper net le projet de loi constitutionnelle, c’est fermer la porte définitivement” au consensus.Dominé par une alliance entre droite et centristes, le Sénat partage majoritairement ce point de vue et devrait, sauf surprise, adopter le texte. “La voie de la raison, c’est d’accompagner la volonté d’une majorité de partenaires, négociée à Bougival”, assume la sénatrice Agnès Canayer (Les Républicains), chargée de piloter l’examen du texte.Le gouvernement compte sur l’appui du Sénat pour légitimer son action en vue d’un examen qui s’annonce beaucoup plus incertain à l’Assemblée nationale, à partir du 31 mars.Au Palais Bourbon, la gauche et le Rassemblement national devraient, sauf revirement, s’opposer au texte, tandis que beaucoup d’élus ont dit s’attendre à de “l’obstruction” des députés Insoumis pour retarder le vote. – “Calendrier intenable” -Sur l’archipel, mi-février, un millier de personnes selon les organisateurs – 400 selon les autorités – s’étaient réunies devant le haut-commissariat de Nouméa pour “faire entendre jusqu’à Paris” leur opposition à la réforme. Et l’UNI, mouvement indépendantiste favorable au texte, voit les défections se multiplier en son sein.Lundi, Paul Néaoutyine, président de la province Nord et figure historique du Palika, principale composante de l’UNI, a exprimé dans un communiqué son “opposition” aux accords Bougival-Elysée-Oudinot, qui selon lui “marquent une rupture et un recul par rapport à l’accord de Nouméa et ferment la porte à la pleine souveraineté de la Nouvelle-Calédonie”.Dans ces conditions, l’hypothèse de voir le Congrès du Parlement réuni à Versailles dès la mi-avril pour entériner la réforme, date envisagée par le gouvernement, semble hautement improbable. D’autant plus que la majorité des 3/5e, nécessaire pour modifier la Constitution, est loin d’être réunie à ce stade.Les parlementaires socialistes – qui détiennent une grande partie des clés de l’avenir du texte – sont en effet extrêmement réservés.”Un rejet du projet anéantirait le travail patient de concessions réciproques” enclenché à Bougival, mais le gouvernement s’est “enfermé dans un calendrier intenable”, “au lieu de renouer avec la recherche de compromis”, a regretté le chef des sénateurs socialistes Patrick Kanner.L’ensemble de la gauche semble désormais se résoudre à ce que les élections provinciales se tiennent avant la fin juin, comme prévu, avant d’ouvrir un nouveau cycle de discussions.Ces élections, dont dépend la composition du gouvernement local, ont déjà été reportées à trois reprises depuis 2024.Si la réforme passe, elles doivent à nouveau être reportées à la fin de l’année, pour permettre de “dégeler” le corps électoral, une mesure ultrasensible pour les indépendantistes.”Si le gouvernement s’entête à vouloir poursuivre ce processus, c’est qu’il veut faire assumer la responsabilité de l’échec au Parlement plutôt qu’à lui”, a estimé le député indépendantiste calédonien Emmanuel Tjibaou.

Mexico deploys 10,000 troops to end violence over drug lord’s death

Mexico has deployed 10,000 troops to quell clashes sparked by the killing of the country’s most-wanted drug lord that claimed dozens of lives, officials said Monday.Nemesio “El Mencho” Oseguera, leader of the Jalisco New Generation Cartel (CJNG), was wounded Sunday in a shootout with soldiers in the town of Tapalpa, in Jalisco state, and died …

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Australian PM seeks removal of UK’s Andrew from line of succession

Australian Prime Minister Anthony Albanese said his government is writing to Commonwealth realms on Tuesday about its backing for former prince Andrew to be axed from the line of royal succession.Albanese said he had communicated with his British counterpart Keir Starmer about Andrew, who is being investigated for alleged misconduct in public office following revelations …

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