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Macron dénonce le “nouvel impérialisme” et critique les relations internationale selon Trump

Emmanuel Macron a vivement dénoncé jeudi “le nouveau colonialisme et le nouvel impérialisme” dans les relations internationales, visant notamment la politique étrangère de Donald Trump qui “se détourne progressivement” de certains alliés et “s’affranchit des règles internationales”.Dans son discours annuel devant les ambassadeurs français, le président a défendu, en réponse à ce “monde qui se dérègle”, ce qu’il appelle un “multilatéralisme efficace”. Et il a plaidé pour que les grandes puissances du G7, un cénacle présidé cette année par la France, s’unisse avec les grands pays émergents pour réformer la gouvernance mondiale et l’ONU.”Nous refusons le nouveau colonialisme et le nouvel impérialisme”, mais “nous refusons aussi la vassalisation et le défaitisme”, a-t-il lancé dans la salle des fêtes de l’Elysée.”Nous évoluons dans un monde de grandes puissances avec une vraie tentation de se partager le monde”, a-t-il ajouté. Une référence notamment au coup de force mené par Washington pour capturer le président vénézuélien Nicolas Maduro, et aux revendications répétées du président américain visant le Groenland.S’il a critiqué à la fois la Chine et son “agressivité commerciale de plus en plus désinhibée”, et la Russie “puissance de déstabilisation” en Ukraine, ce sont ses commentaires sur les Etats-Unis qui ont été les plus marquants.Les États-Unis sont une puissance qui “se détourne progressivement de certains de ses alliés et s’affranchit des règles internationales qu’elle promouvait encore récemment”, a déploré Emmanuel Macron, évoquant aussi une “agressivité néocoloniale” de plus en plus présente.Il y a un an, le chef de l’Etat avait pourfendu une “internationale réactionnaire” soutenue par le milliardaire Elon Musk, mais avait défendu la nécessité pour la France et l’Europe de “savoir coopérer” avec Donald Trump.Cette année, il est allé plus loin dans la critique de la diplomatie trumpiste, sans néanmoins plaider la rupture avec la première puissance mondiale.Il a exhorté ses diplomates à ne pas se contenter d’être “les commentateurs” de ce que “font tous les autres”, “les spectateurs de ce qui se détricote”. “C’est l’inverse! On n’est pas là pour commenter, on est là pour agir!”, a-t-il martelé.- “Double problème” -Selon lui, “ce que nous avons réussi à faire pour la France et en Europe est allé dans le bon sens” en termes “d’autonomie stratégique” accrue face aux Etats-Unis et à la Chine, en matière commerciale comme de sécurité.Sur le commerce, “on a un double problème, l’agressivité chinoise et les tarifs américains”, et “c’est un gros problème d’avoir les deux en même temps”, a estimé Emmanuel Macron, prônant un agenda “accéléré” à déployer dès cette année de préférence européenne et de simplification au sein des Vingt-Sept.Il a aussi exhorté à “défendre” et “consolider” la régulation européenne du secteur de la tech qui est la cible des Etats-Unis, après les sanctions américaines visant l’ex-ministre français Thierry Breton qui en a été l’architecte à la Commission européenne.Au-delà, le président français a donc plaidé pour un “multilatéralisme efficace”, prenant l’exemple du sommet qu’il a organisé l’an dernier sur l’intelligence artificielle. Il a annoncé qu’il se rendrait en février en Inde pour la nouvelle édition.Alors que la France vient de prendre la présidence du G7 (qui réunit aussi les Etats-Unis, l’Allemagne, l’Italie, le Royaume-Uni, le Japon et le Canada), il a réaffirmé vouloir en faire un rendez-vous pour combattre les “déséquilibres mondiaux” de manière “coopérative”, notamment avec la Chine.Il a d’ailleurs prévenu que le G7 ne devait surtout pas devenir “un club anti-Brics”, cet autre cénacle qui réunit les “grands émergents” comme le Brésil, la Russie, l’Inde ou la Chine. Au contraire, il a dit vouloir, que le sommet du G7 en juin à Evian, dans les Alpes françaises, soit l’occasion “enfin” d’essayer de faire “ensemble” avec les pays émergent “cette réforme de la gouvernance mondiale” et des Nations unies qui est devenue un vrai serpent de mer.”Moi, je ne peux pas m’habituer à ce qu’on est en train de vivre”, a lâché Emmanuel Macron.

L’ex-patron de la DGSE, Bernard Bajolet, condamné à un an de prison avec sursis pour complicité de tentative d’extorsion

Bernard Bajolet, directeur de la DGSE de 2013 à 2017, a été condamné jeudi à Bobigny à un an de prison avec sursis dans une affaire de tentative d’extorsion à l’encontre d’un homme d’affaires qui, selon les services secrets, les aurait arnaqués.Aujourd’hui âgé de 76 ans, l’ex-directeur de la Direction générale de la sécurité extérieure a été reconnu coupable par le tribunal correctionnel de complicité de tentative d’extorsion et d’atteinte arbitraire à la liberté individuelle par personne dépositaire de l’autorité publique.Les faits qui lui sont reprochés remontant au 12 mars 2016, c’est presque 10 ans de procédure qui auront été nécessaires pour aboutir à cette condamnation, plus lourde que les six à huit mois d’emprisonnement avec sursis requis par le parquet.Ce jour de mars 2016, Alain Dumenil, homme d’affaires franco-suisse impliqué dans pléthore d’affaires judiciaires et de litiges commerciaux, est arrêté par la police aux frontières à l’aéroport Roissy-Charles de Gaulle alors qu’il doit se rendre en Suisse.Les policiers l’emmènent sous prétexte de devoir vérifier son passeport et le conduisent dans une salle.Deux hommes en civil, appartenant à la DGSE mais jamais identifiés, entrent dans la pièce et informent M. Dumenil qu’il doit rembourser 15 millions d’euros à la France. Les services de renseignement estiment qu’il les a escroqués au début des années 2000, lorsqu’ils l’ont appelé à la rescousse pour sortir la DGSE d’investissements infructueux. Ceux-ci avaient été réalisés avec un fonds secret confié par l’Etat, il y a des décennies, dans une volonté d’indépendance de l’institution en cas d’occupation étrangère ou de disparition du gouvernement. Les agents menacent M. Dumenil, notamment en lui montrant un album de photographies de ses proches, et l’homme d’affaires s’emporte et annonce porter plainte. Les agents s’éclipsent.Au cours du procès, qui s’est tenu en novembre et a parfois semblé devenir celui des services secrets, Bernard Bajolet a toujours reconnu avoir validé le principe d’une rencontre mais sans avoir jamais imaginé, a-t-il assuré, que cela se ferait avec “une forme quelconque de contrainte”.”Les choses ne se sont pas passées comme elles auraient dû”, avait toutefois reconnu M. Bajolet qui, avec ses avocats, n’a pas souhaité faire de commentaire jeudi après la décision du tribunal.

Tempête Goretti: vents violents attendus sur le nord-ouest, la Manche en vigilance rouge

Le nord-ouest de la France, à peine remis d’un épisode neigeux, se prépare jeudi à affronter la tempête Goretti avec des rafales de vent qui pourront atteindre 160 km/h dans la Manche, département en vigilance rouge où les écoles seront fermées vendredi.La dernière vigilance rouge pour le vent en France remonte à la tempête Ciaran en novembre 2023, a indiqué à l’AFP Météo-France.Ciaran avait alors balayé le pays avec des rafales à près de 200 km/h, privant plus d’un million de foyers d’électricité et couchant au sol des pans entiers de forêt. “On s’attend à un événement comparable à Ciaran”, à la différence notable que la tempête de 2023 s’accompagnait de “vents constants” à plus de 150 km/h alors que Goretti ne devrait atteindre cette vitesse qu’en rafales, a souligné lors d’un point presse le préfet de la Manche, Marc Chappuis.Dans le département normand, Météo-France prévoit des rafales jusqu’à 150 à 160 km/h sur la côte et 130 à 140 km/h dans l’intérieur des terres.Selon M. Chappuis, le pire de la tempête est attendu sur la Manche entre 22H00 et 04H00 et 800 pompiers sont mobilisés pour y faire face, avec 150 autres venus en renforts d’autres départements.Par mesure de précaution, la préfecture appelle la population à limiter toutes les sorties après 18H00 et a annoncé la fermeture des écoles, collèges et lycées toute la journée de vendredi.Tous les véhicules de plus de 7,5 tonnes ont également interdiction de circuler sur les routes du département, avec une dérogation pour la collecte du lait.”Mettez-vous à l’abri et n’utilisez pas votre véhicule”, insiste sur son compte X la préfecture, qui incite aussi la population à prévoir des moyens d’éclairage de secours et une réserve d’eau potable. Un “kit d’urgence” est indispensable, ont martelé les pompiers.Outre la Manche, près d’une trentaine de départements, de la Charente-Maritime à l’Ile-de-France, sont placés en vigilance orange par Météo-France.Le gestionnaire du réseau Enedis a mis en place des mesures préventives dès mercredi avec l’envoi de renforts et la préparation de “kits Fire” (Force d’intervention rapide électricité), qui contient des câbles, des isolateurs, et d’autres équipements. Le dispositif n’avait plus été activé depuis la tempête Ciaran.- D’autres départements en rouge ? -La préfecture maritime de la Manche et la mer du Nord a demandé aux usagers de ne pas prendre la mer pendant le passage de la tempête “afin d’assurer la sécurité de tous”, alors que des vagues de plus de 10 mètres sont attendues.La compagnie Brittany Ferries a décidé d’annuler une de ses traversées (Cherbourg-Pool) “pour des raisons de confort” des passagers. Deux liaisons entre Caen et Portsmouth ont été décalées pour éviter le pic de vents mais deux autres sont maintenues avec Saint-Malo.”Il s’agit principalement de fret à cette période de l’année” et “ça ne pose pas de problème de navigation” pour de tels bateaux, selon Brittany Ferries.”C’est des choses qu’on a déjà eues à Cherbourg”, a assuré à l’AFP le maire de la ville, Benoît Arrivé, qui était jeudi matin “dans une phase de préparation classique de tempête”.”On prévient les acteurs portuaires, les plaisanciers, les professionnels du port de prendre les mesures adéquates et puis, comme d’habitude, on fait fermer les parcs et jardins, on renforce les équipes d’astreinte notamment les élagueurs”, détaille-t-il.De violentes rafales sont également attendues sur le Calvados et la Seine-Maritime et “une aggravation du niveau de vigilance sur ces départements est possible sur les prochaines actualisations”, selon Météo-France. La circulation des trains sera suspendue dans l’ensemble de la Normandie à partir de 22H00 et sera aussi perturbée en Bretagne ainsi que dans la région Hauts-de-France.En région parisienne, “les rafales attendues sont de l’ordre de 90 à 100 km/h”, selon Météo-France.Six départements, dont le Calvados, la Seine-Maritime et la Somme, seront en outre en vigilance orange vagues-submersion vendredi matin.Avant de frapper les côtes françaises, Goretti va traverser jeudi le Royaume-Uni, où les services météorologiques ont émis des alertes au vent en fin d’après-midi, avec des rafales pouvant atteindre localement 145 km/h, et jusqu’à 30 cm de neige à certains endroits.

Des tracteurs dans Paris, Yaël Braun-Pivet chahutée avant de rencontrer les agriculteurs

Des centaines d’agriculteurs sont rassemblés jeudi devant l’Assemblée nationale dont ils ont chahuté la présidente, Yaël Braun-Pivet, venue leur annoncer une réunion dans l’après-midi pour écouter leurs doléances, tandis que des dizaines de tracteurs campent dans la capitale ou sont bloqués à ses portes.La Coordination rurale (CR), deuxième syndicat agricole, habitué des opérations coup de poing et interdit de manifester autour des institutions parisiennes jeudi, est passée outre et a débarqué à l’aube autour de l’Arc de Triomphe et de la Tour Eiffel.Sa première demande, rencontrer la présidente de l’Assemblée, a été acceptée mais cela n’a pas empêché ses adhérents de demander la démission de Yaël Braun-Pivet, venue à leur rencontre devant le Palais Bourbon.Invectivée par les manifestants, Mme Braun-Pivet a marqué un mouvement de recul sous l’impact d’un petit objet ou d’un liquide reçu au visage, dans une ambiance hostile, avant d’être exfiltrée par la sécurité pour regagner l’enceinte de l’Assemblée. “Je vois toutes les organisations syndicales à partir de 14H00”, a-t-elle annoncé devant les manifestants.Bertrand Venteau, président de la CR entend expliquer aux parlementaires leur rôle “depuis 30 ans dans la mort de l’agriculture française”. Plusieurs élus de différents partis sont venus à la rencontre des manifestants.La CR s’oppose d’abord, aux côtés de la Confédération paysanne, autre syndicat, à l’abattage total des troupeaux bovins infectés par la dermatose nodulaire contagieuse (DNC) qui a ravivé début décembre la colère des agriculteurs.”On est fatigué, on manque de reconnaissance, de revenus, on n’a pas de perspective”, se désole devant l’Assemblée auprès de l’AFP Sylvere Nollet, 52 ans, éleveur bovin et céréalier dans la Somme. L’abattage total est “un exemple de ce qui ne va pas en France, on ne nous fait pas confiance”.- “NON AU MERCOSUR” -Mais les syndicats agricoles disent aussi unanimement “NON” à l’accord de libre-échange entre l’UE et le Mercosur, qui doit faire l’objet d’un vote des Etats membres vendredi à Bruxelles.La France devrait voter contre, quitte à être en minorité, selon le ministre des Relations avec le Parlement, Laurent Panifous, mais la position française définitive sera donnée par le Premier ministre et le Président, selon Maud Bregeon.La FNSEA et ses alliés des Jeunes agriculteurs, plus en retrait des mobilisations ces dernières semaines malgré des rassemblements dans les territoires, ont appelé jeudi matin à un grand rassemblement le 20 devant le Parlement européen à Strasbourg, si le traité de était signé ce weekend.La section locale d’Ile-de-France a déposé dès jeudi matin une gerbe “aux agriculteurs français” devant la Tour Eiffel. En Belgique, des syndicats locaux ont appelé à des blocages routiers dans la soirée.Le premier syndicat agricole a ajouté attendre du Premier ministre un “signal très fort” ce vendredi à destination des agriculteurs en colère, lors d’une conférence de presse.Les récentes annonces du gouvernement ou de Bruxelles ainsi que les rencontres successives à Matignon n’ont pas satisfait les agriculteurs, qui demandent depuis 2024 des simplifications administratives et un allègement des normes, notamment européennes, jugées trop contraignantes et sources de concurrence déloyale.”Ça fait deux ans qu’on nous fait du blabla. Dans nos fermes on ne voit rien”, a déclaré à l’AFP Jérôme Lespagnol céréalier de 48 ans, qui dénonce la hausse des engrais et la baisse des prix des céréales.- Actions “illégales” -Allègement de la taxe carbone européenne sur les engrais, interdictions de certains produits importés…: la ministre Annie Genevard a dit avoir obtenu des “avancées cette semaine” et vouloir poursuivre le travail. Mais certains mesures dépendent du vote du budget et d’autres de Bruxelles.Si Mme Genevard a joué l’apaisement en appelant au “calme” et au “dialogue”, la porte-parole du gouvernement, Maud Bregeon, avait plus tôt adopté un ton ferme face aux actions “illégales” menées par la Coordination rurale dans Paris.La préfecture de police a interdit les manifestations autour de certaines zones sensibles, notamment l’Elysée, Matignon, le Parlement, des ministères, ou le marché de Rungis.Certains convois sont bloqués autour de Paris et de nombreux tracteurs ont été mis en fourrière, selon une source proche du dossier.”On doit être à peu près à 25 gardes à vue, on a au moins 10 tracteurs qui sont mis en fourrière dans l’Essonne”, “il faut les libérer”, a déclaré M. Venteau sur BFMTV.D’autres actions sont menées en France avec une dizaine de blocages routiers recensés tôt jeudi, en Bourgogne et dans le Sud-Ouest. Près de Bordeaux, l’accès au dépôt de carburant de Bassens (Gironde) est bloqué depuis mercredi soir.

La natalité devrait encore s’inscrire au plus bas en 2025

Toujours moins de bébés en France… De janvier à novembre 2025, le nombre de naissances quotidien moyen a reculé de 2,4% par rapport à la même période en 2024 et pourrait atteindre un nouveau point bas historique sur l’ensemble de l’année, selon des données de l’Insee publiées jeudi.Cette baisse des naissances sur onze mois s’observe dans toutes les régions du pays, sauf dans les Pays de la Loire, en Martinique, à la Réunion ainsi qu’à Mayotte, précise l’Institut national de la statistique. Un peu plus de 51.000 bébés ont vu le jour en novembre dernier, ce qui porte le nombre de nouveau-nés sur les onze premiers mois de 2025 à 590.000.Sur l’ensemble de l’année, le nombre de naissance devrait ainsi atteindre son plus bas niveau depuis la fin de la Seconde guerre mondiale pour la quatrième année de suite.Ce nouveau repli s’inscrirait dans une tendance de long terme. En France, le nombre de naissances a diminué chaque année depuis 2011, à l’exception de celle de 2021, qui a connu un léger rebond après les confinements liés au Covid-19.Cette tendance baissière s’explique principalement par un recul de la fécondité (nombre d’enfants par femme). L’indicateur conjoncturel de fécondité (ICF) s’est établi à 1,62 enfant par femme en 2024, contre 1,66 en 2023.Ce déclin de la natalité agite la classe politique, qui s’inquiète du financement du système de protection sociale, en particulier des retraites. Il avait conduit le président Emmanuel Macron à appeler au “réarmement démographique” du pays.En parallèle, le nombre de décès augmente, du fait de l’arrivée à des âges de forte mortalité des générations nombreuses du baby-boom. De janvier à octobre 2025, leur nombre a progressé de 1,4% par rapport à la même période l’année précédente, selon les dernières données disponibles de l’Insee.Résultat, en 2025, le nombre de décès pourrait être supérieur à celui des naissances sur une année civile, pour la première fois depuis 1944.Un solde naturel de population négatif “est de l’ordre du possible”, avait déjà indiqué l’Insee à l’AFP en juillet dernier.

Des tracteurs au coeur de Paris, Yaël Braun-Pivet chahutée par les agriculteurs

Une centaine d’agriculteurs en tracteurs sont entrés dans Paris jeudi pour porter au coeur de la capitale les revendications de leur profession en colère, certains s’installant en milieu de matinée devant l’Assemblée nationale où la présidente de l’Assemblée nationale Yaël Braun-Pivet a été chahutée.”Mission accomplie”, s’est félicité Bertrand Venteau, président de la Coordination rurale (CR), deuxième syndicat agricole français, rappelant leur ambition de rencontrer la présidente de l’Assemblée nationale et le président du Sénat pour “qu’on leur explique que les parlementaires depuis 30 ans ont contribué à la mort de l’agriculture française”.Yaël Braun-Pivet a pourtant été prise à partie au moment d’aller à la rencontre des agriculteurs rassemblés aux alentours du Palais Bourbon. “Je vois toutes les organisations syndicales à partir de 14H00”, a-t-elle annoncé devant les manifestants, dans une ambiance hostile, esquivant invectives, appels à démission.Un échange est aussi prévu avec des membres de la commission des affaires économiques à 12H30, selon des parlementaires et des membres de la CR. Plus tôt, des responsables de la CR ont échangé avec des élus devant l’Arc de Triomphe, puis à l’Assemblée. Des tracteurs se sont aussi installés devant la Tour Eiffel avant l’aube, proclamant “NON AU MERCOSUR” sur des pancartes.Les récentes annonces du gouvernement ou de Bruxelles ainsi que les rencontres successives à Matignon n’ont pas satisfait le syndicat, habitué des opérations coup de poing, notamment contre l’accord UE-Mercosur et la gestion de la dermatose nodulaire contagieuse qui a ravivé la colère agricole début décembre dans le Sud-Ouest d’où sont partis de nombreux convois.”On n’a pas eu de réponse”, a déploré M. Venteau sur BFMTV, dénonçant un problème “français” de normes trop contraignantes et réitérant la proposition du syndicat, à la fois libéral et souverainiste, de supprimer les agences environnementales.”On est fatigué, on manque de reconnaissance, de revenus, on n’a pas de perspective”, se désole devant l’Assemblée auprès de l’AFP Sylvere Nollet, 52 ans, éleveur bovin et céréalier dans la Somme. L’abattage total des troupeaux infectés par la dermatose est “un exemple de ce qui ne va pas en France, on ne nous fait pas confiance”.- Actions “illégales” -Le gouvernement “ne laissera pas faire” les actions des agriculteurs en région parisienne qui sont “illégales”, a prévenu jeudi la porte-parole du gouvernement Maud Bregeon sur France info.La ministre de l’Agriculture, Annie Genevard, a elle joué l’apaisement, appelant au “calme” et au “dialogue” face à des revendications et inquiétudes “légitimes”, dans une déclaration à l’AFP.Les avancées obtenues à Bruxelles mercredi, sur les engrais ou encore les importations de produits agricoles ne respectant pas les mêmes normes, ne font toujours pas passer la pilule de l’accord avec le Mercosur. Mardi, la FNSEA, syndicat dominant mais plus en retrait des actions jeudi, avait dit attendre des annonces “concrètes” du Premier ministre dans la semaine.La France devrait voter vendredi à Bruxelles contre cet accord, quitte à être en minorité, selon le ministre des Relations avec le Parlement, Laurent Panifous, mais la position française définitive sera donnée par le Premier ministre et le Président, selon Maud Bregeon.La préfecture de police avait interdit mercredi les manifestations autour de certaines zones sensibles notamment l’Elysée, Matignon, le Parlement, des ministères, ou le marché de Rungis.Certains convois sont bloqués autour de Paris et de nombreux tracteurs ont été mis en fourrière, selon une source proche du dossier.”On doit être à peu près à 25 gardes à vue, on a au moins 10 tracteurs qui sont mis en fourrière dans l’Essonne”, “il faut les libérer”, a déclaré M. Venteau.- Blocages ailleurs en France -Près de Bordeaux, l’accès au dépôt de carburant de Bassens (Gironde) est bloqué depuis mercredi soir par une quarantaine d’engins agricoles de la CR, selon la préfecture.Une dizaine de blocages routiers ont été recensés, en Bourgogne et dans le Sud-Ouest. Des tracteurs de la CR tentent de bloquer l’accès à Rodez dans l’Aveyron.Depuis l’hiver 2024, les agriculteurs demandent des simplifications administratives et un allègement des normes, notamment européennes, jugées trop contraignantes et sources de concurrence déloyale.La FNSEA et ses alliés des Jeunes agriculteurs (JA) ont appelé à la mobilisation nationale dimanche dernier mais pour des actions locales.Plusieurs dizaines de leurs adhérents des sections Ile-de-France se sont toutefois rassemblés avec des drapeaux jeudi matin devant la Tour Eiffel pour déposer une gerbe “aux agriculteurs français” entourées de fumigènes. sha-meh-alh-mdz-ved/bfi

Arc France: il faudra “redimensionner le site” d’Arques, prévient le candidat repreneur

Il faudra “redimensionner le site” français d’Arc, pour pérenniser l’activité du fabricant historique de produits en verre pour les arts de la table, a déclaré jeudi, au lendemain du placement en redressement, le candidat à la reprise, Timothée Durand, à l’issue d’une réunion à Bercy.Arc France, qui emploie 5.700 personnes dans le monde dont 3.500 à Arques (Pas-de-Calais), a été placé mercredi en redressement judiciaire, faisant redouter des centaines de suppressions d’emplois.Ce placement était “nécessaire pour baisser la dette qui est beaucoup trop importante, nécessaire aussi pour redimensionner le site (…)  pour repartir sur une base saine”, a déclaré M. Durand, qui souhaite “concentrer la production”.L’usine compte notamment deux fours de verre sodocalcique, qui produisent des gobelets de verre transparents pour le grand public: “dans mon projet, on concentrera la production sur un des deux fours”, a indiqué M. Durand.En revanche, le four cristallin, le four d’opale, qui produit du verre opaque blanc et le four qui produit du verre noir, ne seront “pas touchés par ce plan”, a indiqué M. Durand.Concernant le nombre d’emplois qui pourraient être supprimés, le candidat à la reprise n’a pas donné de chiffres, donnant rendez-vous “d’ici trois semaines”, à la fin de la période de dépôt des offres de reprise.La poursuite de l’activité passera également par “plus de flexibilité”, a prévenu M. Durand, qui a rencontré dès mercredi les représentants du personnel pour esquisser avec eux “un nouveau pacte social”.”On sait ce qu’on doit faire pour redresser ce site français, composé des meilleurs verriers du monde, c’est le projet que je porte, qui va passer certes par des décisions un peu difficiles”, a indiqué M. Durand, membre d’une famille de propriétaires historiques d’Arc où il a passé la majeure partie de sa carrière jusqu’en 2024.Ce projet “est sérieux”, a estimé le ministre délégué à l’Industrie, Sébastien Martin, qui a reçu jeudi matin M. Durand et les élus du territoire, assurant que “l’État sera(it) extrêmement présent”, tant aux côtés des salariés que des porteurs du projet, qualifié de “signe d’espoir”.Le groupe a bénéficié par le passé de multiples plans de refinancement soutenus par l’État, le dernier il y a un an à peine.Le plan “aura des conséquences pour l’emploi”, a indiqué le président de la région des Hauts-de-France, Xavier Bertrand, qui s’est engagé, avec les élus, à “trouver une nouvelle solution” pour les salariés qui ne seraient pas conservés.Il a notamment évoqué des discussions avec les élus du territoire, pour mobiliser des terrains susceptibles d’être “réindustrialisés par d’autres” entreprises que Arc.Outre la concurrence chinoise, régulièrement avancée pour expliquer les difficultés d’Arc, “le marché a baissé de 15 à 20% selon les secteurs”, a souligné M. Durand, qui cite notamment le marché de l’hôtellerie et de la restauration, “très touché en ce moment en France”, ce qui “impacte les volumes de vente du site d’Arques”.

Le budget de l’Etat de retour à l’Assemblée, au bout du tunnel le 49.3?

Après une première lecture infructueuse, l’Assemblée a repris jeudi en commission l’examen du budget de l’Etat pour 2026, avec l’espoir partagé par le gouvernement et les parlementaires de trouver une issue rapide, quitte à en passer par l’article 49 alinéa 3 de la Constitution.Le 19 décembre, une commission mixte partiaire – composée de sept députés et sept sénateurs – avait rapidement acté l’impossibilité pour les représentants des deux chambres de s’accorder sur une version du texte, rendant impossible l’adoption du budget avant le 31 décembre.Le gouvernement a donc dû recourir en fin d’année à une loi spéciale permettant d’assurer la continuité de l’Etat, en reconduisant en 2026 les impôts de 2025. Mettant en suspens notamment l’augmentation des crédits de défense, ou encore quelques mesures agricoles à l’heure où la profession manifeste sa colère.Le projet de loi de finances est désormais de retour en nouvelle lecture à la chambre basse, jusqu’à samedi en commission, puis à partir de mardi dans l’hémicycle, et théoriquement jusqu’au 23 janvier. En cas d’adoption du texte, il faudra encore, pour qu’elle soit définitive, que le Sénat l’approuve dans les mêmes termes, ou que l’Assemblée statue une troisième fois. Les députés repartiront de la version du Sénat.Le gouvernement souhaite quoi qu’il en soit aller vite, afin de doter la France d’un véritable budget d’ici la fin du mois, et de revenir en 2026 sous la barre des 5% de déficit, contre 5,4% en 2025. Le chef des députés PS, Boris Vallaud, a lui aussi estimé dans Libération mercredi qu’il était “temps (…) de sortir de cette séquence budgétaire”.- Montchalin “n’exclut rien” -Sur le plan de la méthode, l’utilisation du 49.3, qui permet au gouvernement de faire adopter un texte sans vote en engageant sa responsabilité, semble de plus en plus inéluctable, faute de majorité à l’Assemblée nationale.La ministre de l’Action et des Comptes publics, Amélie de Montchalin, a affirmé jeudi sur RTL qu’elle “n’excluait rien qui puisse donner à la fin un budget aux Français”, confirmant qu’il “y a des méthodes autres que le vote si le vote n’est pas possible”. Mais en l’absence d’accord politique, notamment avec les socialistes qui détiennent une partie des clés de la censure, “il n’y aura pas de budget”, a-t-elle rappelé.La voie des ordonnances, inédite, semble elle compromise, le PS y voyant la “pire des solutions”.La question du 49.3 a été agitée lors d’une réunion à Bercy mardi, qui a réuni pendant plus de quatre heures des représentants de la coalition gouvernementale, des indépendants de Liot et du PS autour des ministres Amélie de Montchalin (Comptes publics) et Roland Lescure (Economie).Alors que Sébastien Lecornu s’est engagé auprès du PS en octobre à ne pas utiliser le 49.3, la balle est désormais dans son camp. Mais il “devra donner des motifs de ne pas être censuré”, a prévenu M. Vallaud dans Libération.- Plus de 2.000 amendements -Quels pourraient être les termes d’un pacte de non-censure? Ils sont pour l’heure difficiles à cerner. Le rapporteur général du budget LR Philippe Juvin propose dans un document révélé par Les Echos et consulté par l’AFP une hausse des recettes de 2,93 milliards par rapport à la version du Sénat et une baisse des dépenses de 6,2 milliards.Bien éloigné du PS, qui souhaite, lui, augmenter les dépenses de neuf milliards d’euros, par rapport à la version initiale du gouvernement.L’examen en commission devrait en tout donner lieu de nouveau à des débats enflammés, avec plus de 2.000 amendements déposés.Que ce soit sur le barème de l’impôt sur le revenu – dont les députés LR exigent le dégel total, contrairement aux sénateurs LR; la surtaxe sur les bénéfices des entreprises – le PS en espère 8 milliards d’euros, LR au maximum 4; ou côté dépenses, sur la réduction des effectifs d’enseignants souhaitée par le gouvernement et que rejettent les socialistes.Avec de fortes chances selon plusieurs parlementaires d’aboutir au même résultat qu’en première lecture: la commission avait rejeté la partie recettes comme la partie dépenses du budget.

Alcool: un coût massif pour la société et un carburant des violences faites aux femmes

Si le Dry January incite les Français à moins boire pour leur santé, le coût massif de l’alcool pour la société et son rôle dans les violences commises par les hommes doivent faire l’objet de politiques publiques plus volontaristes, disent des experts.”L’alcool coûte beaucoup plus en termes de santé qu’il ne rapporte en revenus”, déclare à l’AFP le Dr Emmanuel Ricard, président de la Ligue contre le cancer. “Première cause de consultation aux urgences avec 246.000 hospitalisations par an, première cause de violences, d’altercations, de bagarres, de violences conjugales et sexuelles, d’accidents de la route”, énumère ce médecin de santé publique.Si la consommation quotidienne diminue en France, le coût global de l’alcool pour la société demeure majeur: il est de 102 milliards d’euros par an, selon l’Observatoire français des drogues et des tendances addictives.Cela englobe le coût direct pour les finances publiques (soins, répression, prévention…) et le coût “externe” (perte de vies humaines, de qualité de vie pour les malades, de productivité pour les entreprises…) dont on déduit les recettes des taxes sur l’alcool et l’économie sur les retraites non versées aux personnes mortes prématurément.”L’alcool coûte extrêmement cher à la société, il faut en avoir conscience”, abonde l’historienne Lucile Peytavin, qui a passé les statistiques au crible pour son livre “Le coût de la virilité” (Michel Lafon).Fin décembre, l’OMS a imputé à l’alcool, qui “altère le jugement et la maîtrise de soi, ralentit les temps de réaction, réduit la coordination et favorise les comportements à risque”, 800.000 morts par an en Europe, soit “un décès sur trois dus à des traumatismes et des actes de violence”. C’est un “facteur de risque majeur” de violences intra-familiales que subissent femmes et enfants, a-t-elle souligné.Plaidant pour des politiques publiques plus volontaristes, la chercheuse Leane Ramsoomar l’affirmait elle aussi le mois dernier dans The Conversation, au vu d’une étude mondiale publiée par l’institut RTI International: “la consommation d’alcool chez les hommes nuit aux femmes et aux enfants”.- “Chialer comme une gonzesse” -“On parle beaucoup du GHB dans la soumission chimique, mais l’alcool est la première molécule utilisée”, constate le Dr Ricard.”Les agresseurs font boire les femmes pour pouvoir abuser d’elles, et parce qu’ensuite elles vont culpabiliser, se dire que c’était de leur faute, alors que c’est le contraire: l’alcool est une circonstance aggravante”, rappelle le Dr Emmanuelle Piet, présidente du Collectif féministe contre le viol.Pour un Français sur quatre, si une victime d’agression sexuelle était alcoolisée, il ne s’agit pas d’un viol (enquête Ipsos, 2022).Pointant un angle mort des politiques de santé, cinq associations d’addictologie ont écrit “Violences contre les femmes: n’oublions pas le rôle de l’alcool” et réclamé la fixation d’un “prix minimum par unité d’alcool” – une mesure prise par l’Ecosse et l’Irlande, plébiscitée par les associations mais rejetée au Sénat cet automne -, ainsi qu’un “contrôle de la publicité”, dans une lettre ouverte en octobre 2019.Constatant que les hommes sont “surreprésentés dans les comportements asociaux et d’addiction dans lesquels l’alcool intervient”, dont 99% des viols et 97% des agressions sexuelles, Lucile Peytavin a chiffré à 95,2 milliards d’euros le coût annuel des violences masculines (sanctions judiciaires, conséquences pour les victimes…), soit le coût évitable pour la société… si la criminalité des hommes était au niveau de celle des femmes. Réédité à l’automne, son livre pointe “l’éléphant au milieu de la pièce”, dit-elle. “Les femmes ne se comportent pas ainsi: si on peut donner cette éducation à 50% de la population, on peut le faire pour les 50% restants”.Pour l’historienne, il faut interroger l'”éducation à la virilité” des garçons auxquels “on inculque des comportements de domination qui s’expriment avec la désinhibition liée à l’alcool”. “On leur apprend tout petits à se couper de leurs émotions, de leur vulnérabilité, ce qui les prive de capacités d’adaptation: comment ensuite affronter les deuils, les difficultés ?”, demande l’auteure de “Tu vas pas chialer comme une gonzesse !” (La Meute).”Plutôt que d’être méprisé, tout ce qu’on considère comme féminin, l’empathie, la communication, la douceur… devrait être un modèle pour une société plus riche, plus apaisée”, dit Lucile Peytavin. “C’est statistique: il y aurait moins de victimes”.

Des tracteurs de la Coordination rurale ont rejoint la tour Eiffel et l’Arc de Triomphe

Une centaine d’agriculteurs en tracteurs membres du syndicat Coordination rurale sont entrés dans Paris jeudi avant l’aube et certains ont gagné la tour Eiffel ou l’Arc de Triomphe, afin de porter les revendications d’une profession en colère.”Mission accomplie”, s’est félicité sur Europe 1 Bertrand Venteau, président du deuxième syndicat agricole français, rappelant leur ambition de rencontrer la présidente de l’Assemblée nationale et le président du Sénat pour “qu’on leur explique que les parlementaires depuis 30 ans ont contribué à la mort de l’agriculture française”.”Mais aussi une forte pensée à tous ceux qui se sont fait arrêter par les forces de police qui aujourd’hui sont parqués dans le froid (…) et des tracteurs qui sont mis en fourrière”, a-t-il ajouté, sans plus de précisions.Selon le ministère de l’Intérieur à l’AFP, une centaine de tracteurs sont dans Paris “mais la plupart sont bloqués aux portes de la capitale”.Un appel à manifester devant l’Assemblée nationale à 10H00 a été lancé par la CR.Bertrand Venteau avait précédemment affirmé que la CR entendait porter “pacifiquement” ses demandes aux parlementaires et sur des lieux parisiens “symboliques”, quitte à voir la moitié de ses troupes “finir en garde à vue”.Un arrêté de la préfecture de police mercredi soir avait interdit l’accès des tracteurs à certaines zones sensibles de la capitale notamment l’Elysée, Matignon, le Parlement, les ministères de l’Agriculture et de la Transition écologique, ou le marché de Rungis, entre autres.D’après un journaliste de l’AFP, une vingtaine d’agriculteurs sont présents à la tour Eiffel, leurs tracteurs (une dizaine) garés tout près.Sur la pelle d’un tracteur, il est inscrit “CR 33 NON AU MERCOSUR”.Selon Ludovic Ducloux, coprésident de la CR 33, les agriculteurs sont arrivés vers 03H30-04H00 près de la Dame de fer. “On a mis 40 minutes à arriver, on n’a pas trouvé de gendarmes sur notre route”, a-t-il commenté auprès de l’AFP.Sous l’Arc de Triomphe à 06H00, une quinzaine de tracteurs cernés par un imposant dispositif des forces de l’ordre étaient immobilisés, a constaté un journaliste de l’AFP.”France! Veux-tu encore de tes paysans”, peut-on lire sur la pelle de l’un de ces tracteurs. “On avait dit qu’on monterait à Paris, on y arrive”, a ajouté Ludovic Ducloux.La CR entend protester notamment contre l’accord de libre-échange entre l’UE et des pays du Mercosur mais aussi contre la gestion par l’Etat de l’épizootie de dermatose nodulaire bovine (DNC) qui a attisé la colère agricole début décembre dans le Sud-Ouest, bastion historique de la CR.Près de Bordeaux, l’accès au dépôt de carburant de Bassens (Gironde) est bloqué depuis mercredi soir par une quarantaine d’engins agricole de la Coordination rurale, a indiqué jeudi matin la préfecture.- Concurrence déloyale -Depuis l’hiver 2024, les agriculteurs demandent des simplifications administratives et un allègement des normes, notamment européennes, jugées trop contraignantes et propices à créer une concurrence déloyale.Ni la loi d’orientation agricole, adoptée début 2025 ni la loi dite Duplomb et encore moins les promesses de Paris et Bruxelles n’ont convaincu les syndicats, reçus plusieurs fois à Matignon mais aussi à l’Elysée depuis décembre.La FNSEA et ses alliés des Jeunes agriculteurs (JA) ont appelé à la mobilisation nationale dimanche dernier mais pour des actions locales, contrairement à 2024, quand la puissante alliance syndicale avait lancé ses tracteurs sur Paris.Le président de la FNSEA, Arnaud Rousseau, présentera ses vœux à la presse à 10H00 à Paris.En attendant, le syndicat, accusé de cogestion avec l’Etat par les deux autres syndicats, a temporisé, annonçant mardi que le Premier ministre, Sébastien Lecornu, leur avait promis des mesures “concrètes” d’ici la fin de semaine.- Ligne rouge du Mercosur -Le “chiffon rouge” pour le syndicat dominant est l’accord commercial UE-Mercosur dont la probable signature lundi pourrait intensifier la mobilisation.La Commission européenne a tenté de répondre aux inquiétudes des agriculteurs en brandissant les clauses de sauvegarde à l’étude, puis une rallonge budgétaire anticipée pour la politique agricole commune 2028-2034, alors qu’elle prévoyait de l’amputer dans son projet initial.Les négociations pour la prochaine PAC ne font toutefois que commencer et la France se tourne plus vers le dossier de la taxe carbone européenne aux frontières pour arracher l’exclusion des engrais de ce mécanisme qui augmenterait drastiquement les coûts pour les agriculteurs.Si Bruxelles a ouvert la porte à une telle suspension, Emmanuel Macron s’est montré plus affirmatif: la taxe “sera révisée pour permettre la suspension de son application aux engrais, tandis que les droits de douane sur les engrais et intrants seront abaissés rapidement”, a-t-il assuré mercredi soir sur X, dans la foulée de la ministre Annie Genevard.nal-mdz-ved-sha-meh/jbo/bfi