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La Chine sanctionne le réseau social RedNote pour sa gestion des contenus

Les autorités chinoises ont annoncé jeudi avoir ordonné des mesures “punitives” contre le réseau social RedNote, employé par des centaines de millions de personnes en Chine, pour des contenus jugés inappropriés ou “triviaux”.Appelée en mandarin “Xiaohongshu”, souvent surnommée l'”Instagram chinois”, la plateforme est présente sur les smartphones de nombreux Chinois. Ses utilisateurs partagent généralement des contenus apolitiques sur la cuisine, les tendances, le sport, la mode, le voyage ou les vedettes.Les mesures “disciplinaires et punitives” prises contre l’application “incluent des convocations, une injonction à corriger les manquements dans un délai imparti, des avertissements, ainsi que des sanctions strictes de responsables”, a indiqué dans un communiqué l’Administration chinoise du cyberespace (CAC).Elle n’a pas donné plus de détail sur ces sanctions.La CAC reproche à RedNote son “manque de diligence” à “assumer sa responsabilité principale dans la gestion du contenu” diffusé en ligne – les plateformes internet en Chine étant responsables de leur modération et de leur censure.Le régulateur critique “la présence fréquente, dans les sections clés de la liste des tendances, de multiples entrées faisant la promotion excessive de l’actualité personnelle de célébrités et de contenus triviaux, portant ainsi atteinte à l’écosystème internet”, a indiqué le régulateur.- Voyage et LGBTQ -Il ne précise pas quels cas en particulier ont déclenché ces mesures punitives. “Un cyberespace clair et respirable, doté d’un écosystème sain, sert les intérêts de la population”, justifie le régulateur dans son communiqué.Dans un pays où l’actualité est soumise à une stricte censure, les réseaux sociaux regorgent souvent d’informations et de potins sur les célébrités du cinéma ou de la musique, des sujets généralement jugés moins subversifs par les autorités.Lancée à Shanghai en 2013, la plateforme est devenue une référence pour les amateurs de voyages, qui peuvent y trouver de nombreux conseils de visites de sites touristiques, de restaurants et de points d’intérêt.Elle permet également la diffusion de modes de vie alternatifs, avec des utilisateurs publiant du contenu LGBTQ, discutant du mérite du célibat ou proposant de vivre dans des communautés féminines, des sujets parfois sensibles ou polémiques en Chine.- “Petit livre rouge” -A l’instar d’autres applications chinoises, le contenu publié peut toutefois être effacé par les équipes de censure de la plateforme.La page “explorer” de RedNote est similaire à celle des recommandations de l’application de vidéos TikTok. Toutes deux fonctionnent avec un algorithme qui suggère des contenus en fonction des intérêts des utilisateurs et de leurs interactions.Comme sur TikTok, il est également possible pour les utilisateurs d’acheter des articles directement sur la plateforme, vêtements, chaussures, maquillage et autres produits en tout genre.Le nom de la plateforme en mandarin, Xiaohongshu (prononcer “Siao Rongue Chou”) se traduit littéralement par “Petit livre rouge”, mais n’est pas une référence au recueil de citations de l’ex-dirigeant communiste chinois Mao Tsé-toung (1893-1976).En dehors de Chine continentale, l’application est utilisée par les populations de nombreux territoires et pays sinophones (Hong Kong, Macao, Malaisie, Singapour, Taïwan).

La commission TikTok préconise à son tour d’interdire les réseaux sociaux aux moins de 15 ans

Un rapport parlementaire sur TikTok dévoilé jeudi préconise l’interdiction des réseaux sociaux aux moins de 15 ans et la mise en place d’un “couvre-feu numérique” pour les 15-18 ans, pour tenter d’endiguer le “piège algorithmique” qui peut affecter la santé des plus jeunes.Une telle interdiction, déjà souhaitée par l’Elysée, permettrait “de donner un signal à la fois aux enfants et aux parents qu’avant 15 ans”, les réseaux sociaux, “ce n’est pas anodin”, résume auprès de l’AFP la députée Laure Miller (EPR), rapporteure de cette commission d’enquête parlementaire.Lancée en mars, la commission a auditionné pendant plusieurs mois des familles de victimes, responsables de réseaux sociaux et influenceurs pour décortiquer l’algorithme de TikTok, application ultrapopulaire chez les jeunes dont le design “a été copié par d’autres réseaux sociaux”, rappelle Mme Miller.Elle a été créée dans la foulée de l’assignation en justice de TikTok, fin 2024, par un collectif de sept familles l’accusant d’avoir exposé leurs enfants à des contenus pouvant les pousser au suicide.”C’est compliqué pour nous, parents, de modérer tout ça”, explique à l’AFP Géraldine, 52 ans, qui fait partie des plaignants et souhaite rester anonyme. En février 2024, cette mère de famille a perdu sa fille, Pénélope, qui s’est suicidée à l’âge de 18 ans.Après son décès, elle avait découvert les vidéos de scarification que sa fille publiait et consultait sur TikTok.”Ce n’est pas TikTok qui a tué notre fille, parce que de toute façon, elle n’allait pas bien”, explique Géraldine. Mais pour cette mère qui dénonce aujourd’hui le manque de modération en ligne, le réseau a “enfoncé” sa fille dans un mal-être.TikTok assure régulièrement faire de la sécurité des jeunes “sa priorité absolue”.Le rapport recommande d’aller jusqu’à une interdiction avant 18 ans si, d’ici trois ans, “les réseaux sociaux ne respectent pas de façon satisfaisante leurs obligations juridiques”, notamment vis-à-vis du règlement européen sur les services numériques (DSA).- Bulles nocives -Devant la commission, les responsables de TikTok, propriété du groupe chinois ByteDance, avaient mis en avant une modération dopée à l’intelligence artificielle qui lui aurait permis de retirer proactivement 98% des contenus enfreignant ses conditions d’utilisation en France l’an dernier.  Mais pour les députés, ces efforts sont insuffisants voire “défaillants”, avec des règles “très faciles à contourner”. “Quand vous tapez le mot +suicide+, ils vous indiquent d’appeler un numéro d’aide: ils se cachent derrière ça pour dire qu’ils protègent les enfants”, regrette Géraldine, alors que ces contenus restent accessibles via d’autres mots-clés ou émojis.Entre septembre 2023 et décembre 2024, le nombre de modérateurs francophones de TikTok a baissé de 26%, selon des données issues de ses rapports de transparence.Les contenus néfastes continuent ainsi à pulluler, couplés à des algorithmes de recommandations particulièrement puissants qui peuvent enfermer les jeunes dans des bulles nocives, relève la commission d’enquête.D’autres impacts négatifs du réseau sur les mineurs incluent, selon Mme Miller, perte de l’attention et de la concentration, perturbation du sommeil ou problèmes d’estime de soi, en particulier pour les adolescentes confrontées à des standards de beauté inatteignables. – “Couvre-feu numérique” -S’agissant des 15-18 ans, le rapport propose l’instauration d’un “couvre-feu numérique” rendant les réseaux sociaux inaccessibles de 22H00 à 08H00. Il préconise aussi une vaste campagne d’information sur leurs risques, suivie de la création d’un “délit de négligence numérique” pour “les parents irresponsables”. L’interdiction des réseaux sociaux aux moins de 15 ans est un cheval de bataille du président Emmanuel Macron.De récentes lignes directrices de la Commission européenne ont “ouvert la porte à une réglementation nationale”, dont “la clé est la mise en place d’un dispositif de vérification de l’âge à l’inscription”, selon Laure Miller. De telles mesures butent toutefois sur les réticences des plateformes, des limites techniques et un risque d’atteinte aux libertés individuelles. Une loi française sur la majorité numérique, adoptée à l’été 2023, exige déjà une autorisation parentale pour l’accès des moins de 15 ans aux réseaux sociaux mais elle n’est jamais entrée en application jusqu’à présent faute de certitude sur sa conformité au droit européen.

Charlie Kirk, héraut du trumpisme auprès des jeunes Américains

L’influenceur conservateur Charlie Kirk, tué par balle mercredi, était une voix majeure de la jeunesse pro-Trump aux Etats-Unis: il pilotait un des podcasts les plus écoutés du pays et organisait régulièrement des joutes oratoires sur les campus universitaires.Agé de 31 ans, il s’était imposé comme un rouage important de la campagne de Donald Trump pour reconquérir la Maison Blanche l’an dernier, grâce à son organisation Turning Point, qui avait organisé des opérations massives de porte-à-porte dans les Etats clés.C’est le président américain qui a annoncé sa mort mercredi, après que l’influenceur s’est fait tirer dessus dans une université de l’Utah (ouest). La condamnation a été unanime dans la classe politique américaine, à gauche comme à droite.Son influence – 6,9 millions d’abonnés sur Instagram et 3,8 millions sur YouTube – avait largement servi Donald Trump pour séduire les jeunes hommes américains en promouvant une conception ultra-traditionnelle de la famille.Volontiers provocateur, ce grand brun, défenseur du port d’armes à feu, avait écumé les campus universitaires pendant plusieurs années.Dans ces rassemblements, il invitait les étudiants à débattre avec lui, devant ses caméras et des centaines de partisans. L’occasion de dérouler sa rhétorique radicale face à des contradicteurs mal préparés, pour alimenter des boucles virales sur les réseaux.    L’AFP l’avait rencontré dans un événement de ce type en octobre au Nevada, où il martelait sa volonté d'”éradiquer tous les avortements” car l’IVG “est l’Holocauste de notre époque”, et affirmait que l’administration Biden avait créé “l’équivalent d’Expedia pour les (migrants) clandestins”. Ou encore que “la résistance face à la tyrannie peut avoir une dimension biblique”.”Il apporte des idées différentes”, applaudissait à l’époque Eric Hansen, 22 ans, venu l’écouter sur le campus de Reno. “Des idées auxquelles certains d’entre nous croient, mais qu’ils ont parfois peur d’exprimer ouvertement.”- Désinformation -“Charlie Kirk est un nationaliste chrétien charismatique, qui sert de porte-parole au trumpisme et aux idées extrémistes”, résume Kyle Spencer, auteure d’un livre pour lequel elle a suivi pendant plusieurs années son mouvement de jeunesse, Turning Point USA.Co-fondée en 2012 par l’influenceur, alors âgé de 18 ans, cette association est devenue en une décennie le plus gros groupe de jeunes conservateurs aux Etats-Unis. Elle couve une armée de militants enthousiastes, dont certains avaient été envoyés en bus à Washington pour la manifestation du 6 janvier 2021 qui avait débouché sur l’invasion du Capitole.Originaire de la banlieue de Chicago, Charlie Kirk avait abandonné ses études pour se dévouer au militantisme.Il avait rapidement été biberonné par de riches donateurs républicains, jusqu’à entrer dans le giron de la famille Trump. Pendant la campagne victorieuse de 2016, il avait servi d’assistant personnel au fils du milliardaire, Donald Trump Jr.Son éloquence lui avait permis de devenir un commentateur régulier sur la chaîne conservatrice Fox News, puis de tenir un podcast quotidien très populaire. En ligne, il avait alimenté la désinformation sur l’élection de 2020 soi-disant “volée” ou le Covid-19. Ses mensonges finissaient parfois directement dans la bouche de l’ex-président. En 2018, il avait faussement affirmé que certains manifestants scandaient “Nous voulons Trump” lors des rassemblements de “gilets jaunes” en France. Une fantaisie reprise par le milliardaire.- Leveur de fonds -Outre Turning Point USA, le polémiste s’était imposé comme un grand leveur de fonds. Il avait fondé une entreprise de démarchage, Turning Point Action, qui avait fait partie des principales organisations auxquelles Donald Trump avait confié ses opérations de porte-à-porte en 2024.Le groupe avait récolté plus de 100 millions de dollars lors de la dernière présidentielle pour convaincre l’électorat conservateur de voter de manière anticipée dans les Etats clés. Un travail qui avait nécessité quelques contorsions, pour faire oublier les théories complotistes alimentées par de nombreux républicains sur le vote par correspondance.

Charlie Kirk, héraut du trumpisme auprès des jeunes Américains

L’influenceur conservateur Charlie Kirk, tué par balle mercredi, était une voix majeure de la jeunesse pro-Trump aux Etats-Unis: il pilotait un des podcasts les plus écoutés du pays et organisait régulièrement des joutes oratoires sur les campus universitaires.Agé de 31 ans, il s’était imposé comme un rouage important de la campagne de Donald Trump pour …

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Etats-Unis: l’influenceur conservateur Charlie Kirk blessé par balle (médias)

L’influenceur conservateur Charlie Kirk, voix majeure de la jeunesse pro-Trump aux Etats-Unis, a été blessé par balle mercredi lors d’une réunion publique, selon plusieurs médias américains.Friand de joutes oratoires avec les étudiants, le podcasteur de 31 ans organisait un événement sur le campus de la Utah Valley University, dans l’ouest du pays, lorsqu’il a été pris …

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Etats-Unis: l’influenceur conservateur Charlie Kirk blessé par balle (médias)

L’influenceur conservateur Charlie Kirk, voix majeure de la jeunesse pro-Trump aux Etats-Unis, a été blessé par balle mercredi lors d’une réunion publique, selon plusieurs médias américains.Friand de joutes oratoires avec les étudiants, le podcasteur de 31 ans organisait un événement sur le campus de la Utah Valley University, dans l’ouest du pays, lorsqu’il a été pris pour cible, selon CNN et Fox News. Son état de santé n’était pas immédiatement connu.Des vidéos montrent Charlie Kirk semblant s’effondrer sur sa chaise et des cris de panique se faisant entendre dans le public.Christine Nelson, de la police de l’université, a simplement confirmé que “des coups de feu avaient été entendus”, ajoutant: “Nous avons demandé aux gens de se mettre à l’abri”.Une alerte envoyée aux étudiants leur a annoncé qu’une personne avait été arrêtée, selon le média local Deseret News.”Nous devons tous prier pour Charlie Kirk”, un “type formidable”, a écrit le président américain, Donald Trump, sur son réseau Truth Social.”Que DIEU LE BENISSE”, a-t-il ajouté, tandis le vice-président, JD Vance, et plusieurs ministres ont publié des messages de même teneur.Ce polémiste américain d’extrême droite avait été un rouage important de la campagne du milliardaire républicain. Il dirigeait une organisation chargée de faire du porte-à-porte dans les Etats clés capables de faire basculer la présidentielle.

Le patron de CNews également nommé directeur des rédactions de Prisma Media

Le patron de CNews, Serge Nedjar, proche de Vincent Bolloré, a été nommé mercredi directeur des rédactions du groupe de magazines Prisma Media, également dans le giron du milliardaire conservateur, selon un message aux salariés consulté par l’AFP, ce qui suscite des craintes en interne.”Serge Nedjar est nommé Directeur des rédactions Femme, TV, Ludique, Découverte et Economique”, écrit Arnaud Lagardère, nouveau président de Prisma Media (Voici, Capital, Femme actuelle, Télé-Loisirs…), dans ce message dévoilé par le magazine Challenges.M. Nedjar conserve ses fonctions à CNews. A Prisma Media, il est sous l’autorité du nouveau vice-président Gérald-Brice Viret, également directeur général de Canal+ France, auquel appartient CNews.”Il arrive ce que nous avons craint depuis longtemps: c’est vraiment le début de l’offensive réactionnaire de Bolloré sur Prisma Media”, a déclaré à l’AFP Emmanuel Vire, délégué syndical SNJ-CGT du groupe.Sollicitée par l’AFP, la direction de Prisma a renvoyé au message interne sans autre commentaire. M. Lagardère y écrit que l’arrivée de M. Nedjar répond à la volonté de “renforcer (le) leadership” du premier groupe de magazines en France.Ces nominations suivent le départ fin août de la présidente de Prisma Media, Claire Léost, partie pour CMA Media (la radio RMC et la chaîne BFMTV). Elle a été remplacée par Arnaud Lagardère, également vice-président du conseil d’administration de Louis Hachette Group, auquel appartient Prisma.Vivendi, groupe contrôlé par M. Bolloré à partir de 2014, a racheté Prisma Media en 2021, et était déjà propriétaire de Canal+. En décembre dernier, ce géant s’est scindé en quatre entités distinctes: Canal+, Havas (communication), Louis Hachette Group (édition et médias, dont Europe 1 et le JDD via le groupe Lagardère) et ce qu’il reste de la holding Vivendi.CNews, première chaîne info de France en part d’audience, est accusée par des politiques de gauche de promouvoir des idées d’extrême droite, ce qu’elle conteste.Entendu début 2024 par les députés, M. Nedjar avait assuré n’avoir “jamais subi aucune pression” de M. Bolloré. Il avait indiqué l’avoir au téléphone “presque quotidiennement, ou tous les deux jours, au sujet des audiences”.En juillet, Prisma est entré en “négociation exclusive” pour racheter les titres people Ici Paris et France Dimanche.Par ailleurs, journalistes et syndicats du Parisien/Aujourd’hui en France se sont alarmés mardi de l’hypothèse d’une vente du quotidien “au groupe Bolloré” par le géant du luxe LVMH, après des rumeurs récurrentes.

Le patron de CNews également nommé directeur des rédactions de Prisma Media

Le patron de CNews, Serge Nedjar, proche de Vincent Bolloré, a été nommé mercredi directeur des rédactions du groupe de magazines Prisma Media, également dans le giron du milliardaire conservateur, selon un message aux salariés consulté par l’AFP, ce qui suscite des craintes en interne.”Serge Nedjar est nommé Directeur des rédactions Femme, TV, Ludique, Découverte …

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Loin d’Abidjan, des jeunes choisissent d’entreprendre dans l’ouest rural de la Côte d’Ivoire

Etudiant, Abou Fofana a connu le tumulte incessant d’Abidjan, capitale économique ivoirienne de quelque 6 millions d’habitants. Le temps d’obtenir un BTS agricole et ce fermier de 33 ans est retourné vivre dans son village natal de l’ouest: Sangouiné, 63.000 âmes et des montagnes.L’AFP a rencontré plusieurs jeunes qui, à rebours de l’exode rural, ont …

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Loin d’Abidjan, des jeunes choisissent d’entreprendre dans l’ouest rural de la Côte d’Ivoire

Etudiant, Abou Fofana a connu le tumulte incessant d’Abidjan, capitale économique ivoirienne de quelque 6 millions d’habitants. Le temps d’obtenir un BTS agricole et ce fermier de 33 ans est retourné vivre dans son village natal de l’ouest: Sangouiné, 63.000 âmes et des montagnes.L’AFP a rencontré plusieurs jeunes qui, à rebours de l’exode rural, ont choisi de se réinstaller dans l’ouest ivoirien, une des zones les plus pauvres de ce pays où 75% de la population a moins de 35 ans.Sangouiné est situé entre Man, la plus grande ville de l’ouest et Danané, proche de la Guinée. Dans cette région particulièrement touchée par les crises politiques meurtrières ayant miné la Côte d’Ivoire dans les années 2000, le réseau routier, en travaux par endroits, reste difficilement praticable.Pas de quoi décourager Abou Fofana qui s’est installé il y a sept ans sur le terrain de deux hectares que son père lui a légué. Marié et père d’un enfant, il y élève des volailles nourries de maïs local, dans une ferme alimentée uniquement par l’énergie solaire.”Abidjan, j’y suis allé pour acquérir de la connaissance mais ma base et ma vision, c’est vraiment d’aider cette population rurale”, explique-t-il à l’AFP.”Quand je suis venu en 2019, il n’y avait pas d’éleveurs expérimentés dans la région, dans notre département”, se souvient-il.Son chiffre d’affaires a plus que quadruplé depuis qu’il s’est lancé, autour de 40 millions de francs CFA l’an dernier (60.000 euros).Sur son temps libre, Abou Fofana forme des agriculteurs, fait partie de la chefferie traditionnelle, préside une association de jeunesse… Une “jeunesse qui est ambitieuse, occupée, ça peut l’éloigner des crises, de la colère, de la frustration”, dit-il, sans toutefois s’inquiéter pour la présidentielle d’octobre, malgré les crises qui ont secoué la région dans le passé.Fin 2010 – début 2011, l’élection de l’actuel président Alassane Ouattara contestée par son rival historique Laurent Gbagbo avait plongé la Côte d’Ivoire dans des mois d’affrontements aux quelque 3.000 morts, dont un tiers dans l’ouest.Mais “nous avons encore assez de potentialités pour que les jeunes puissent venir” et ainsi “rendre un service à cette région”, assure-t-il.Zephirin Foro confirme. Lui aussi a quitté Abidjan pour s’installer à Sangouiné et se dit “satisfait de sa vie professionnelle et personnelle”.Il a ouvert il y a une dizaine d’années des débits de boissons et alimente les maquis du coin, des bars informels.”C’est une région fertile, tout marche. Souvent on entend la jeunesse qui dit qu’il n’y a pas de travail, alors qu’il y a beaucoup de choses à faire ici”, assure-t-il.- Pauvreté -Dans cette zone agricole, on vit majoritairement de la culture du riz, du manioc et du cacao, dont le pays est le premier producteur mondial.La région du Tonkpi, qui abrite Sangouiné, reste l’une des plus pauvres de Côte d’Ivoire avec la moitié des habitants qui vivent avec moins de 30.700 francs CFA par mois (46,8 euros), même si le chiffre est en recul d’environ 20% par rapport à 2018 selon les statistiques officielles.A quelque 200 km, dans la commune agricole de Bloléquin, Danielle Massandjé Bakayoko, 35 ans, a installé son atelier de menuiserie en 2023 après avoir, elle aussi, étudié et travaillé à Abidjan en tant qu’assistante de direction.”Je n’ai plus envie de repartir à Abidjan (…) à part pour des vacances, ou des raisons familiales”, confie-t-elle. “Les sorties sont coûteuses”, regrette-t-elle. A Bloléquin “avec 2.000 francs (3,20 euros), tu manges convenablement”.Un de ses apprentis, Lanciné Bamba, 22 ans, ne connaît pas la capitale économique. “Ca ne m’attire pas”, lance-t-il, “quand j’aurais fini, ce que je compte faire c’est ouvrir mon propre atelier”, ici ou dans une autre ville de l’ouest.Autour de Mme Bakayoko, “beaucoup de jeunes hommes et femmes entreprennent dans la restauration, l’élevage, le commerce”, constate-t-elle, “la région est en train de se reconstruire”.En parallèle de son travail, elle préside l’association de menuisiers qu’elle a créée et occupe un siège de conseillère régionale.Le ministère de la Jeunesse a annoncé en 2023 l’ouverture de centres d’aide à l’entrepreneuriat dans cinq villes du pays, dont Man.