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Japon: une cyberattaque paralyse depuis 5 jours l’activité du géant de la bière Asahi

Une cyberattaque visant le mastodonte japonais des boissons Asahi, connu pour sa bière, affecte depuis lundi sa production et ses livraisons, sans retour à la normale en vue, a indiqué le groupe vendredi à l’AFP, attisant la crainte de ruptures de stocks dans l’archipel.Une panne système causée par l’attaque électronique survenue lundi a entraîné la suspension des commandes et expéditions de ses boissons alcoolisées (notamment la bière Asahi, son produit phare) et non alcoolisées sur le marché nippon, grippant par ricochet sa production.”Aucune reprise immédiate de notre système n’est en vue pour le moment. Les livraisons habituelles restent interrompues, aucune reprise du système n’étant prévue prochainement”, a déclaré à l’AFP un porte-parole d’Asahi Group Holdings.”La production n’est pas directement affectée (par le dysfonctionnement du système), mais interrompue en raison de la suspension des livraisons”, a-t-il par ailleurs expliqué.”Nous étudions actuellement la possibilité d’une attaque par rançongiciel”, a ajouté ce porte-parole.Asahi avait fait état lundi de la cyberattaque, précisant que ses commandes et livraisons étaient “suspendues”, mais qu'”aucune fuite d’informations personnelles ou de données clients n’était avérée”.L’information a exacerbé les inquiétudes d’une pénurie de bières Asahi dans les magasins nippons.Certes, Seven & i, l’opérateur des omniprésentes supérettes 7-Eleven, a assuré vendredi que l’interruption des livraisons n’avait “pas encore entraîné de perturbations majeures”.”Les stocks varient d’un magasin à l’autre (…) Nous ne prévoyons pas une disparition simultanée des boissons Asahi dans tous nos magasins, mais tout dépend de l’évolution des ventes dans chaque point de vente”, a indiqué à l’AFP un porte-parole de Seven & i.Pour autant, “nous nous préparons à afficher des avis pour informer les clients que les livraison ont été interrompues”, a-t-il insisté.Selon le quotidien Nikkei, les perturbations pourraient être élargies, les principaux distributeurs d’alcool japonais achetant des fûts de bière pression des trois principaux brasseurs du pays (Asahi, Kirin, Sapporo Breweries), destinés aux restaurants, auprès des entrepôts d’Asahi via des livraisons groupées.Le territoire japonais représentait sur l’exercice 2024 quelque 46% du chiffre d’affaires du groupe Asahi, qui a maintenu l’an dernier des ventes de bières en légère hausse dans l’archipel en dépit d’un repli de 2% des volumes écoulés – grâce à une montée en gamme de son offre.A la Bourse de Tokyo, l’action d’Asahi Holdings Group a bu la tasse, lâchant plus de 6,7% sur l’ensemble de la semaine.Au Royaume-Uni, le constructeur automobile britannique Jaguar Land Rover vient tout juste d’annoncer une reprise partielle de sa production dans le pays, interrompue depuis près d’un mois après une violente cyberattaque.

Japon: une cyberattaque paralyse depuis 5 jours l’activité du géant de la bière Asahi

Une cyberattaque visant le mastodonte japonais des boissons Asahi, connu pour sa bière, affecte depuis lundi sa production et ses livraisons, sans retour à la normale en vue, a indiqué le groupe vendredi à l’AFP, attisant la crainte de ruptures de stocks dans l’archipel.Une panne système causée par l’attaque électronique survenue lundi a entraîné la …

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Apple retire de l’AppStore des applications pour localiser la police de l’immigration américaine

Apple a retiré jeudi de son magasin d’applications AppStore plusieurs applications mobiles utilisées pour signaler anonymement les déplacement de la police de l’immigration américaine (ICE), institution au cœur de la politique d’expulsion massive menée par Donald Trump.Ces applications avaient gagné en popularité ces derniers mois à mesure que la campagne d’expulsion des migrants clandestins du président Donald Trump s’est intensifiée, soldée par de nombreuses arrestations menées par l’ICE. Jeudi soir, les applications de localisation de l’ICE, dont la populaire ICEBlock, étaient inaccessibles aux journalistes de l’AFP sur l’AppStore. Sollicité par l’AFP, Apple n’a pas commenté dans l’immédiat.La procureure générale des États-Unis, Pam Bondi, a déclaré à la chaîne d’information Fox Business que le ministère de la Justice avait “contacté Apple aujourd’hui pour exiger le retrait de l’application ICEBlock de son AppStore, ce qu’Apple a fait” jeudi.”Sur la base des informations que nous avons reçues des forces de l’ordre concernant les risques pour la sécurité associés à ICEBlock, nous l’avons supprimée de l’App Store, tout comme les applications similaires”, a pour sa part expliqué Apple à NBC News.Les responsables de l’administration Trump avaient vivement critiqué ces applications, estimant qu’elles mettaient en danger les agents.Le mois dernier, une fusillade a tué deux détenus dans un centre de l’ICE au Texas. Selon les autorités, qui estiment que l’attaque visait en réalité le personnel de l’ICE, le tireur avait utilisé ce type d’application les jours précédents. Des manifestations anti-ICE ont eu lieu à travers le pays. La police fédérale de l’immigration, pierre angulaire de la politique d’expulsion massive voulue par Donald Trump, mène de nombreuses opérations musclées d’interpellations de migrants à travers le pays. 

Apple retire de l’AppStore des applications pour localiser la police de l’immigration américaine

Apple a retiré jeudi de son magasin d’applications AppStore plusieurs applications mobiles utilisées pour signaler anonymement les déplacement de la police de l’immigration américaine (ICE), institution au cœur de la politique d’expulsion massive menée par Donald Trump.Ces applications avaient gagné en popularité ces derniers mois à mesure que la campagne d’expulsion des migrants clandestins du …

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Montage déloyal ou honnête? Depardieu et Complément d’Enquête s’affrontent au tribunal

L’avocat de Gérard Depardieu a accusé jeudi devant la justice l’émission Complément d’Enquête d’avoir précipité sa chute avec le montage d’une “déloyauté absolue” d’un reportage dans lequel l’acteur multipliait les propos sexistes, un montage “honnête” et en phase avec le comportement du comédien avec les femmes, selon les journalistes. Au cœur de débats tenus en l’absence de Gérard Depardieu, une séquence de quelques secondes sur les 54 minutes que dure l’enquête “La chute de l’ogre”, filmée dans un haras lors d’un voyage en 2018 en Corée du Nord.Sur ces images de la société Hikari diffusées le 7 décembre 2023 sur France 2, l’acteur tient des propos graveleux au moment où une fillette à cheval passe à l’écran. Or, affirme la défense de l’acteur et de l’écrivain Yann Moix qui participait à ce voyage, ces propos auraient concerné une adulte, que l’on ne voit pas à l’écran.  Les journalistes “ont truqué, tronqué, afin d’obtenir un effet sensationnel”, ils ont été d’une “déloyauté absolue” en se livrant à un montage destiné à faire faussement croire que le comédien sexualisait une enfant, accuse son avocat Jérémie Assous. – “Effet atomique”-Ce Complément d’Enquête a eu “un effet atomique sur Gérard Depardieu” en suscitant “une polémique nationale qui a tué” professionnellement l’acteur, poursuit l’avocat. “C’est Gérard Depardieu qui s’est tué lui-même en se laissant filmer” tel qu’il “est décrit” par les femmes dans le reportage, riposte le présentateur Tristan Waleckx. “Ces images racontent le comportement de Gérard Depardieu avec les femmes”, abonde le producteur Anthony Dufour; elles dessinent le portrait d’un Gérard Depardieu “monomaniaque sur la sexualité des femmes”, poursuit l’avocat d’Hikari, Emmanuel Tordjman.  Faire des montages, “ça s’appelle la télévision” et en l’espèce celui-ci est “honnête”, insiste Tristan Waleckx: “La réalité”, dit-il, c’est que sur l’ensemble des images du voyage, Gérard Depardieu “sexualise plusieurs fillettes”.  À Me Assous, qui décèle une volonté de dissimulation derrière le refus de France Télévisions de remettre l’intégralité des rushs, Tristan Waleckx oppose le secret des sources. Un autre avocat d’Hikari, Me Christophe Bigot, dénonce la “pure rhétorique complotiste” de son contradicteur.Autre angle d’attaque de Me Assous: les propos incriminés auraient été prononcés dans le cadre d’un projet de fiction dont Yann Moix, également absent, était “le réalisateur” quand Gérard Depardieu en était “l’acteur principal”, jouant son propre personnage. Une thèse “pas du tout invraisemblable”, plaide son confrère Etienne Bodéré, citant John Malkovich et Michel Houellebecq qui ont joué leur propre rôle dans les films “Dans la peau de John Malkovich” et “L’Enlèvement de Michel Houellebecq”. “C’était quoi son rôle? Un gros porc?”, ironise Emmanuel Tordjman.- Macron “mieux informé que d’autres” -Ce “Complément d’enquête” avait suscité un vif émoi. Outre la séquence contestée et les propos de Gérard Depardieu, la comédienne Charlotte Arnould l’y accusait de l’avoir violée en 2018, et d’autres femmes racontaient des agressions sexuelles.Emmanuel Macron avait défendu celui qui était encore considéré comme un monstre sacré du cinéma français, se décrivant en “grand admirateur”. Il avait laissé entendre que les images avaient pu être truquées. Un soutien dont se prévaut Me Assous: “Il est quand même mieux informé que d’autres, le président de la République…”Le comédien a depuis été condamné à 18 mois d’emprisonnement avec sursis pour des agressions sexuelles lors d’un tournage – il a fait appel – et a été renvoyé devant la cour criminelle de Paris pour les viols dénoncés par Charlotte Arnould. L’acteur conteste ces accusations depuis sa mise en examen en 2020 et a fait appel de l’ordonnance de renvoi.L’audience reprendra le 24 octobre, avec l’examen de la riposte d’Hikari à la citation directe de Gérard Depardieu et Yann Moix. La société les attaque pour dénonciation calomnieuse, fausse attestation et tentative d’escroquerie au jugement.

Depardieu demande la condamnation du “Complément d’Enquête” qui l’a “tué” professionnellement

L’avocat de Gérard Depardieu a accusé jeudi devant la justice l’émission Complément d’Enquête d’avoir provoqué la chute de l’acteur avec le montage d’une “déloyauté absolue” d’un reportage dans lequel l’acteur tenait des propos graveleux et sexistes, un montage “honnête” et fidèle aux faits, selon les journalistes.Au cœur des débats tenus en l’absence de Gérard Depardieu devant le tribunal correctionnel: une séquence de moins d’une minute sur les 54 que dure l’enquête “La chute de l’ogre”, filmée dans un haras en 2018 en Corée du Nord lors d’un voyage à l’occasion des 70 ans du régime.Sur ces images de la société Hikari diffusées le 7 décembre 2023 sur France 2, l’acteur tient des propos de nature sexuelle au moment où une fillette à cheval passe à l’écran. Or, affirme la défense de l’acteur et de l’écrivain Yann Moix qui participait à ce voyage, ces propos auraient concerné une femme adulte, que l’on ne voit pas à l’écran.  Les journalistes “ont truqué, tronqué, afin d’obtenir un effet sensationnel”, ils ont été d’une “déloyauté absolue” en se livrant à un montage destiné à faire faussement croire que le comédien sexualisait une enfant, accuse son avocat Jérémie Assous. – “En roue libre”-Ce Complément d’Enquête a eu “un effet atomique sur Gérard Depardieu” en suscitant “une polémique nationale qui a tué” l’acteur professionnellement, poursuit l’avocat. “C’est Gérard Depardieu qui s’est tué lui-même en se laissant filmer” tel qu’il “est décrit” par les femmes qui le mettent en cause dans le sujet, riposte le présentateur Tristan Waleckx, qui évoque des images montrant un homme “en roue libre”. “Ces images racontent le comportement de Gérard Depardieu avec les femmes”, plaide le producteur Anthony Dufour, défendant la décision de les diffuser. Faire des montages, “ça s’appelle la télévision” et en l’espèce celui-ci est “honnête”, insiste Tristan Waleckx: “La réalité”, dit le journaliste, c’est que sur l’ensemble des images du voyage nord-coréen, Gérard Depardieu “sexualise plusieurs fillettes”, pas uniquement dans le haras. De manière générale, “plus d’une femme sur deux croisées” par l’acteur sur ces images en Corée du Nord “étaient l’objet de propos graveleux”.”J’ai fait un montage absolument fidèle”, “tous les éléments que j’avais me permettaient d’être absolument certain de ce que j’avançais”, renchérit le réalisateur Damien Fleurette.  À Me Assous, qui décèle une volonté de dissimulation derrière le refus de France Télévisions et d’Hikari de remettre l’intégralité de leurs rushs à la justice, Tristan Waleckx oppose le secret des sources et la nécessité de protéger les Nord-Coréens apparaissant à l’image. Autre angle d’attaque de Me Assous, ces propos auraient été prononcés dans le cadre d’un projet de fiction dont Yann Moix, également absent, était “le réalisateur” quand Gérard Depardieu en était “l’acteur principal”, jouant son propre personnage. Une thèse “pas du tout invraisemblable”, a plaidé son confrère Étienne Bodéré, citant John Malkovich et Michel Houellebecq qui ont joué leur propre rôle au cinéma, respectivement pour “Dans la peau de John Malkovich” et “L’Enlèvement de Michel Houellebecq”. – Macron “mieux informé que d’autres” -Ce “Complément d’enquête” avait suscité un vif émoi. Outre la séquence contestée, on y entend l’acteur tenir de nombreux propos dégradants pour les femmes lors de ce voyage nord-coréen. La comédienne Charlotte Arnould l’y accuse aussi de l’avoir violée en 2018, et d’autres femmes racontent des agressions sexuelles.Emmanuel Macron avait volé au secours de celui qui était alors considéré comme un monstre sacré du cinéma français, se décrivant en “grand admirateur”. Il avait laissé entendre que les images avaient pu être truquées. Un soutien dont se prévaut Me Assous: “Il est quand même mieux informé que d’autres, le président de la République…”Le comédien a depuis été condamné au printemps à 18 mois d’emprisonnement avec sursis pour des agressions sexuelles lors d’un tournage – il a fait appel – et a été renvoyé devant la cour criminelle de Paris pour les viols dénoncés par Charlotte Arnould. L’acteur conteste ces accusations depuis sa mise en examen en 2020 et a fait appel de l’ordonnance de renvoi.Le tribunal s’est aussi penché sur les allégations d’abus de confiance et de travail dissimulé, liées au fait que les journalistes auraient indûment et gratuitement utilisé le labeur de Gérard Depardieu et Yann Moix. Hikari a répliqué en attaquant les deux hommes pour dénonciation calomnieuse, fausse attestation et tentative d’escroquerie au jugement. 

Depardieu demande la condamnation du “Complément d’Enquête” qui l’a “tué” professionnellement

L’avocat de Gérard Depardieu a accusé jeudi devant la justice l’émission Complément d’Enquête d’avoir provoqué la chute de l’acteur avec le montage d’une “déloyauté absolue” d’un reportage dans lequel l’acteur tenait des propos graveleux et sexistes, un montage “honnête” et fidèle aux faits, selon les journalistes.Au cœur des débats tenus en l’absence de Gérard Depardieu …

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Le jugement dans le procès opposant des médias espagnols à Meta mis en délibéré

Le procès dans lequel plus de 80 médias espagnols réclament à Meta, propriétaire de Facebook et Instagram, plus de 550 millions d’euros pour les dommages causés par son modèle publicitaire, s’est conclu jeudi et son jugement a été mis en délibéré.Les médias “défendent leur existence car la liberté de la presse est fondamentale dans la société. Nous avons besoin de médias pluralistes, et non de grandes plateformes oligarchiques”, a affirmé dans ses conclusions finales l’avocat de l’Association des médias d’information (AMI), Nicolás González Cuéllar.L’avocat de Meta, Javier de Carvajal, a de son côté plaidé jeudi pour le “rejet de la plainte”, la considérant “dénuée de preuves”.L’AMI, qui regroupe notamment les groupes Prisa (El Pais, AS), Godo (La Vanguardia, Mundo deportivo), Unidad Editorial (El Mundo, Marca) ou Vocento (ABC), a déposé plainte en décembre 2023 contre Meta Irlande, où le géant technologique américain dispose de son siège européen.L’AMI accuse Meta d’avoir violé entre mai 2018 et juillet 2023 la réglementation européenne de protection des données, en utilisant les données des internautes sans leur consentement afin de créer des profils publicitaires individualisés et réclame 551 millions d’euros au groupe pour concurrence déloyale dans la vente de publicité numérique.Comme les médias espagnols ont respecté la réglementation, Meta a bénéficié d’un “avantage compétitif illégitimement acquis”, selon l’AMI.Meta, qui affirme “respecter toutes les lois applicables”, estime qu’il s’agit d’une “plainte infondée” qui “ignore délibérément l’évolution de l’industrie publicitaire au cours des dernières années”. Devant le tribunal mercredi, les dirigeants de Meta en Espagne ont assuré que, pour la publicité, les données des utilisateurs étaient finalement moins importantes que les algorithmes utilisés pour rendre les annonces pertinentes pour chaque internaute, insistant sur les investissements massifs du groupe dans ce domaine. En plus de l’AMI, les radios et télévisions espagnoles ont déposé une autre plainte contre Meta pour les mêmes raisons, réclamant 160 millions d’euros de dommages et intérêts. En France, environ 200 groupes de médias français, y compris les principales chaînes de télévision et les principaux journaux, ont intenté une action similaire contre Meta en avril dernier.

Le jugement dans le procès opposant des médias espagnols à Meta mis en délibéré

Le procès dans lequel plus de 80 médias espagnols réclament à Meta, propriétaire de Facebook et Instagram, plus de 550 millions d’euros pour les dommages causés par son modèle publicitaire, s’est conclu jeudi et son jugement a été mis en délibéré.Les médias “défendent leur existence car la liberté de la presse est fondamentale dans la …

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“Erreur 404” : retour sur 48 heures de chaos en Afghanistan

Banques paralysées, avions cloués au sol, hôpitaux dépassés : pendant deux jours, la vie s’est arrêtée en Afghanistan quand les autorités talibanes ont coupé internet et le téléphone, prenant 48 millions d’Afghans de court.Si depuis des semaines, elles s’attelaient à restreindre, sur ordre du chef suprême des talibans, l’émir Hibatullah Akhundzada, les connexions par fibre optique de plusieurs provinces pour empêcher la “diffusion du vice”, personne à Kaboul n’imaginait, lundi, une coupure nationale. Sur les hauteurs de la capitale, une cuvette entourée de montagnes, les bras tendus vers le ciel, des Kaboulis ont d’abord tenté de capter un peu de réseau, ou acheté des cartes SIM de différents opérateurs, avant de se résigner.  Ils ont alors réalisé qu’ils ne pouvaient plus donner de nouvelles à la famille éloignée ou en exil ni, surtout, recevoir les précieux transferts de fonds de la diaspora pour payer leurs factures. Les habitants d’Herat, dans l’Ouest, et de Kandahar, bastion taliban du Sud, avaient, eux, un avantage : en se rendant à la frontière, ils pouvaient capter les signaux des pays voisins, l’Iran et le Pakistan. Mais à Kaboul, où des hélicoptères volaient, ajoutant à la psychose d’un pays coupé du monde, la rumeur enflait. Certains imaginaient que les Américains avaient débarqué pour “reprendre l’ancienne base américaine de Bagram”, abandonnée à leur retrait en 2021 et récemment réclamée par leur président Donald Trump. D’autres murmuraient, à tort, que le chef suprême avait limogé le ministre de l’Intérieur Sirajuddin Haqqani, qui passe pour être sur une ligne dissidente au sein du mouvement selon les experts, et que la lutte intestine était lancée. -“Bientôt la bougie?”- Dans le pays, déjà l’un des plus pauvres au monde, le système bancaire a cessé de fonctionner. “Le retrait de liquide, les paiements par carte, les transferts de fonds : tout repose sur internet, on ne peut rien faire sans”, explique à l’AFP le directeur d’une banque privée. Pour les Afghans, pas d’autre choix que vivre avec le cash qu’ils avaient sur eux au moment de la coupure.Dans les rues à moitié désertes, les forces de sécurité talibanes, elles, communiquaient encore via talkie-walkie. “En 14 ans de métier, je n’ai jamais rien vu de tel. Après, ce sera quoi ? Couper l’électricité pour revenir à la bougie?”, pestait, sous couvert d’anonymat, l’un d’eux.Les vols nationaux et internationaux étaient aussi cloués au sol. Mais sans moyen d’être prévenus, les passagers continuaient d’affluer, accueillis par des écrans d’affichage obstinément vides. “Je reste à la maison car que se passerait-il s’il m’arrivait quelque chose? Je ne peux prévenir ni la police, ni ma famille”, s’inquiétait une Afghane. Du jour au lendemain, selon l’association MalalaFund, 2 millions d’Afghanes ont perdu les cours en ligne qui leur permettaient de contourner l’interdiction d’aller à l’école au-delà du primaire.”J’ai eu très peur que ça dure et que je rate ma licence… les cours en ligne, c’est tout ce qui me reste”, racontait mercredi une étudiante de 20 ans à l’AFP. Pour les autorités, comme pour les entreprises privées, sans services numériques ni livraison, les conséquences économiques ont été importantes, soulignent les experts.”Dix ans ne suffiraient pas à compenser les pertes de ces deux derniers jours”, se désole Khanzada Afghan, gérant d’une épicerie de Jalalabad (est) qui a renvoyé ses employés chez eux.  “Je supplie nos dirigeants de nous dire la raison de cette coupure, de ne pas nous laisser dans l’ignorance, l’ennemi pourrait profiter de la situation”, s’inquiète cet homme de 45 ans. – “S’envoyer des pigeons voyageurs”-Les urgences des hôpitaux, elles, étaient très peu remplies, a constaté l’AFP. Pour les consultations quotidiennes, Dr Sultan Aamad Atef, seul neurologue d’Afghanistan, a noté une baisse de 30% de sa patientèle.  “Sans rendez-vous en ligne, les malades doivent se présenter spontanément et espérer que je puisse les prendre, ou attendre, parfois pour rien”, pointe-t-il. S’il peut quand même accéder à leurs dossiers médicaux, via un système hors-connection, il souligne les difficultés pour ses patients de régler ses honoraires. “Mardi j’ai diagnostiqué un cancer à l’un de mes patients et il devait se faire opérer en urgence. Pour rassembler l’argent liquide auprès de sa famille, un de ses proches a dû faire plus d’un jour de route”.La responsable d’une maternité qui tourne au ralenti, au deuxième jour de coupure, était elle aussi désemparée : “avant, je suivais le cas de mes patientes enceintes par WhatsApp et leur disait de venir au besoin”. “Je travaille du matin au soir et quand je quitte l’hôpital, je n’ai plus aucun moyen d’être d’astreinte et de revenir en cas d’urgence”, a-t-elle raconté à l’AFP. Ses collègues racontent avoir cessé les dons de sang, alors que jusque-là les demandes se faisaient aux proches par WhatsApp.”Les mères qui accouchent ne peuvent parfois pas joindre leur mari, ou leur mahram [le chaperon mâle que les autorités talibanes imposent aux Afghanes] pour les emmener à l’hôpital et il n’y a plus d’ambulances. Leurs proches ignorent même qu’elles ont accouché”, poursuit-elle. “Toute la vie est paralysée, il n’y a aucune solution. Que ferons-nous si c’est définitif ? Il faudra s’envoyer des pigeons voyageurs?”, ironise-t-elle. Mais mercredi soir, le réseau téléphonique et internet ont progressivement été rétablis. Immédiatement, les rues se sont remplies, amis et familles investissant les restaurants après avoir pu se parler. Les automobilistes ont klaxonné et l’agitation avait, selon Shorab Ahmadi, un livreur de 26 ans, “des allures de célébrations de l’Aïd”!”La ville est à nouveau vivante”, s’est réjouit auprès de l’AFP Mohammad Tawab Farooqi, gérant d’un restaurant de Kaboul, tout en consultant son téléphone.Mais pour combien de temps? Les autorités talibanes n’ont fait aucun commentaire sur la coupure des télécommunications pour le moment, prévenant simplement “qu’elles communiqueraient toute nouvelle décision”.