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Karoline Leavitt, la “gen Z” trumpiste face aux journalistes

A 27 ans, elle est la plus jeune porte-parole jamais nommée à la Maison Blanche: Karoline Leavitt, qui incarne une “génération Z” résolument conservatrice, sait très bien que le premier communicant de Donald Trump est… Donald Trump.”Le président est le meilleur porte-parole de cette Maison Blanche”, a-t-elle dit mardi pour sa première prise de parole derrière le podium d’une salle de presse pleine à craquer.Le président américain a déjà répondu à des dizaines, voire des centaines de questions depuis son investiture, lors d’échanges impromptus que son prédécesseur Joe Biden évitait lui au maximum.La jeune femme aux longs cheveux blonds, vêtue d’un blazer mauve et avec une croix bien visible autour du cou, a engagé l’exercice redoutable du point-presse avec dans la voix une vibration un peu nerveuse qui a bien vite disparu.- “Nouvelles voix” -“Karoline est intelligente, solide et s’est avérée être une communicante très efficace” pendant la campagne, au cours de laquelle elle est devenue mère d’un petit garçon, avait commenté le président républicain en annonçant sa nomination à ce poste exposé.Karoline Leavitt ne s’est pas engagée à faire un briefing chaque jour, comme les deux porte-parole de l’ancien président Joe Biden.Cette pratique avait déjà été très sporadique pendant le premier mandat du milliardaire (2017-2021), qui avait usé au total quatre porte-paroles sur cette période.Mais elle a dit qu’elle ferait entrer de “nouvelles voix” dans la salle de presse.”Nous encourageons les journalistes indépendants, les podcasteurs, les influenceurs et les créateurs de contenus à demander des accréditations”, a-t-elle dit, pendant une conférence de presse d’une cinquantaine de minutes menée avec aplomb, et en ne s’appuyant que très rarement sur des notes écrites.- “Dire la vérité” -Elle a désigné pour l’une des premières questions un journaliste du site ultra-conservateur Breitbart.La campagne de Donald Trump, qui a été critiqué à maintes reprises pour avoir tenu des propos sexistes, s’est beaucoup appuyée sur des personnalités des réseaux sociaux pour mobiliser un électorat jeune et masculin.L’attribution des sièges dans la salle de conférence de presse est gérée par l’Association des correspondants à la Maison Blanche.Les places situées à l’avant, les plus convoitées, sont occupées par les journalistes des grands médias traditionnels: CNN et Fox News pour la télé, l’agence de presse AP, le New York Times ou le Washington Post.Mais quelques sièges, sur le côté, sont réservés aux attachés de presse et autres officiels de la Maison Blanche venant assister à cette prise de parole.C’est là que prendront place les représentants des “nouveaux médias”, a dit Karoline Leavitt, qui a promis de “toujours dire la vérité”.Pendant la campagne électorale, Donald Trump a relayé de fausses informations à de nombreuses reprises, et laissait la salle huer les journalistes présents à ses meetings, journalistes qu’il a qualifiés d'”ennemis du peuple”.- Loyauté -La porte-parole a par ailleurs annoncé que son équipe allait rendre leurs badges d’accès à 440 journalistes qui en avaient été “injustement privés” par la précédente administration.  La loyauté indéfectible de Karoline Leavitt – principal critère de recrutement dans la nouvelle administration Trump – ne date pas d’hier.Alors étudiante à l’université de Saint Anselm (New Hampshire, nord-est), elle avait envoyé en septembre 2017 une lettre au journal de l’établissement pour s’indigner qu’un professeur ait critiqué Donald Trump en classe et pour déplorer que le corps enseignant “diffuse ses convictions et opinions (progressistes) pendant les cours”.En juin 2024, elle avait violemment attaqué sur CNN les deux présentateurs choisis par la chaîne pour animer un débat entre son patron et le président démocrate Joe Biden, remettant en cause leur neutralité.La journaliste qui l’interrogeait, excédée, avait mis fin prématurément à l’interview.Karoline Leavitt avait brigué sans succès un siège au Congrès en 2022. Selon le site d’informations NOTUS, qui s’appuie sur des documents financiers, elle avait accepté pendant sa campagne 200.000 dollars de dons dépassant les limites légales, et ne les avait pas déclarés par la suite.

Remous au groupe M6 qui projette de recruter Cyril Hanouna

L’avenir de Cyril Hanouna agite le PAF: après Karine Le Marchand, les journalistes de M6 et RTL se sont opposés mardi à la possible arrivée de l’animateur pour des émissions “apolitiques” loin de celles qui font polémique sur C8.”La direction du groupe M6 a souhaité rencontrer” les représentants de ses rédactions “pour préciser les contours …

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Remous au groupe M6 qui projette de recruter Cyril Hanouna

L’avenir de Cyril Hanouna agite le PAF: après Karine Le Marchand, les journalistes de M6 et RTL se sont opposés mardi à la possible arrivée de l’animateur pour des émissions “apolitiques” loin de celles qui font polémique sur C8.”La direction du groupe M6 a souhaité rencontrer” les représentants de ses rédactions “pour préciser les contours des projets d’émissions qui seraient proposées à l’animateur”, rapportent les sociétés de journalistes (SDJ) de M6 et RTL dans un communiqué transmis à l’AFP.”La direction présente un projet d’émissions de divertissement, apolitiques, portant principalement sur l’actualité des médias”, qui “ne traiterait d’aucun sujet polémique ni politique”, expliquent les SDJ. “Cette collaboration avec Cyril Hanouna serait conforme aux valeurs du groupe M6″, tandis qu'”une série de garde-fous sont prévus pour encadrer ces programmes”, ajoutent-elles.Pas de quoi rassurer les troupes. Consultée dans la foulée par les SDJ, “une vaste majorité des journalistes s’est prononcée contre l’arrivée potentielle de Cyril Hanouna au sein du groupe”, qui comprend notamment les chaînes de télé M6 et W9 et la radio RTL.La chaîne de Hanouna, C8, va s’arrêter le 28 février, car l’Arcom, le régulateur de l’audiovisuel, n’a pas renouvelé son autorisation d’exploiter une fréquence de la TNT (télévision numérique terrestre).Propriété du groupe Canal+, dans le giron du milliardaire conservateur Vincent Bolloré, C8 a cumulé 7,6 millions d’euros d’amende en raison des dérapages de Hanouna, son animateur vedette, aux commandes de l’émission “Touche pas à mon poste” (TPMP).Son programme a notamment été épinglé “pour avoir relayé de fausses informations, pour manque de pluralisme, pour avoir relayé des propos discriminants, pour avoir manqué de retenue dans la diffusion d’images susceptibles d’humilier des personnes, ou encore pour avoir relayé à plusieurs reprises des théories du complot”, rappellent les SDJ de M6 et RTL.- “vive inquiétude” -“Cette ligne, rassemblant désinformation, insultes, prises de positions orientées vers l’extrême droite, suscite la vive inquiétude de nos rédactions”, soulignent-elles.”Nous nous adressons à tout le monde, sans être clivants, ni stigmatisants, avec sérieux, rigueur et neutralité, en respectant des règles déontologiques journalistiques claires”, ajoutent-elles, appelant le groupe à maintenir “ce cap sur ses antennes”. “La direction certifie que le projet proposé à Cyril Hanouna” par le groupe M6 “sera assorti de garanties, et n’aura rien à voir avec ses émissions actuelles”.Mais “les rédactions de M6 et RTL craignent que son arrivée dans le groupe n’ait des conséquences néfastes sur leur travail et la perception que les téléspectateurs et l’opinion publique en ont”, font-elles valoir.Vendredi, l’une des vedettes de M6, Karine Le Marchand, avait dénoncé avec fracas la possible arrivée de l’animateur au sein du groupe. “S’il vient, je m’en vais”, avait tonné la présentatrice de “L’amour est dans le pré” dans le quotidien Libération.- “rien n’est signé” -Depuis plusieurs mois et l’annonce de la fin de C8, les rumeurs vont bon train sur l’avenir de Hanouna.Début janvier, le président du groupe Canal+, Maxime Saada, a indiqué qu’il n’était “pas acté” que Hanouna y reste, même si c’est ce que souhaite l’entreprise.L’animateur lui-même a avancé début janvier une “piste sérieuse”: basculer sur CStar, autre chaîne du groupe Canal+, pour “un talk show de type TPMP de 18h00 à 21h30”. Ces derniers mois, il a également évoqué le projet de diffuser des programmes sur internet.Outre la télévision, il officie à la radio sur Europe 1, également dans le giron de M. Bolloré.Dans un précédent message interne diffusé vendredi et consulté par l’AFP, la SDJ de M6 avait déjà fait état d’échanges avec la direction de l’information du groupe au sujet de Cyril Hanouna, évoquant une possible arrivée sur W9 “en septembre”. “Rien n’est signé+”, rapportait la SDJ de M6.Sollicitée par l’AFP, la direction du groupe M6 n’a pas réagi.

Médias: le patron d’Ebra démissionne après des “likes” de publications d’extrême droite

Le président du groupe de presse Est-Bourgogne-Rhône-Alpes (Ebra), Philippe Carli, mis en cause pour avoir “aimé” sur le réseau social LinkedIn des publications de personnalités d’extrême droite, a démissionné mardi.”Dans l’intérêt du groupe Ebra, j’ai décidé de quitter mes fonctions de président”, a annoncé dans un communiqué Philippe Carli.Cet homme d’affaires de 64 ans dirigeait depuis 2017 le groupe, propriété du Crédit mutuel, qui regroupe neuf quotidiens régionaux où travaillent plus de 1.400 journalistes.Il avait été épinglé la semaine dernière par Mediapart pour avoir “aimé” des messages émanant de personnalités d’extrême droite comme la députée européenne (Reconquête!) Sarah Knafo.Sans revenir sur l’émoi provoqué par ces révélations au sein même des rédactions du groupe Ebra, Philippe Carli déclare que “le groupe a aujourd’hui besoin d’une nouvelle impulsion pour accompagner les évolutions à venir et répondre aux mutations du secteur”.Il affirme avoir “exercé (son) métier avec passion et dévouement pour animer, développer et promouvoir ce groupe de presse indépendant et respecté”, et s’être “personnellement engagé pour défendre les conditions de son indépendance et de sa ligne éditoriale”.- “Décision responsable” -Prenant acte de cette démission, le Crédit mutuel, unique actionnaire du groupe, a salué une “décision responsable qui doit permettre aux rédactions du groupe Ebra de retrouver leur sérénité dans un contexte économique qui reste difficile pour le secteur”.La banque a, par ailleurs, réaffirmé “son attachement aux principes éditoriaux formulés par les rédactions et la direction du groupe Ebra autour de la défense de la vérité des faits, de l’indépendance et du refus de toute pression éditoriale, ainsi que son choix d’assurer le pluralisme des opinions et des points de vue, et enfin le refus de toutes formes de discrimination”.La CGT avait réclamé lundi le départ de M. Carli, en raison de sa “proximité affichée avec des figures d’extrême droite”. “Ce n’était pas possible pour nous de travailler dans des rédactions dont l’indépendance et les valeurs pouvaient être entachées par les prises de position du président du groupe Ebra”, a déclaré à l’AFP Delphine Banas, déléguée SNJ-CGT au Républicain lorrain. “Nous trouvons que son mea culpa n’était pas à la hauteur du préjudice”, a réagi de son côté la CGT pour les titres L’Est Républicain, Vosges Matin et pour la régie publicitaire Ebra Medias Lorraine-Franche-Comté.M. Carli a “porté atteinte à l’image, à la réputation et à la crédibilité de nos titres, de nos rédactions et de nos salariés” et “a aussi écorné l’image du Crédit Mutuel, banque mutualiste, dont les valeurs sont la liberté, la solidarité, la démocratie et l’indépendance”, selon le syndicat.”L’urgence après cette regrettable parenthèse est la réaffirmation des valeurs historiques du groupe”, a estimé la CFDT, annonçant qu’elle “restera vigilante sur le respect” de “la défense de la vérité des faits”, du “pluralisme des opinions” et du “refus de toutes formes de discrimination”.- Ancien DG d’Amaury -Tout en saluant le départ de Philippe Carli, le Crédit mutuel a souligné son “engagement sans faille pour profondément transformer et assurer la pérennité des neuf titres du groupe, confrontés à une crise sans précédent (crise démocratique, digital first, explosion des coûts du papier et de l’énergie, tension sur le portage, inflation, pression des gratuits, etc.)”.Ebra édite Le Dauphiné libéré, Le Bien public, Le Journal de Saône-et-Loire, Le Progrès, L’Est républicain, Le Républicain lorrain, Vosges Matin, L’Alsace et Les Dernières nouvelles d’Alsace, des titres qui couvrent au total 23 départements dans l’est de la France.Depuis la prise de fonction de Philippe Carli en 2017, Ebra a mutualisé les moyens de ses différents quotidiens régionaux et réduit le nombre de ses imprimeries, réalisant des dizaines de millions d’euros d’économies mais provoquant plusieurs mouvements de grève dans les rédactions du groupe, dénonçant une détérioration des conditions de travail.Avant de rejoindre le groupe Ebra, M. Carli avait été directeur général du groupe Amaury de 2010 à 2015.A ce titre, il avait piloté un plan d’économies et mené à bien la cession du quotidien Le Parisien/Aujourd’hui au groupe LVMH, qui a permis à Amaury de se recentrer dans l’univers du sport, à travers ses deux branches: l’information (L’Equipe) et l’organisation d’événements (ASO).Ingénieur de formation, M. Carli a connu une première carrière dans l’industrie et a notamment occupé le poste de PDG de Siemens France.

Médias: le patron d’Ebra démissionne après des “likes” de publications d’extrême droite

Le président du groupe de presse Est-Bourgogne-Rhône-Alpes (Ebra), Philippe Carli, mis en cause pour avoir “aimé” sur le réseau social LinkedIn des publications de personnalités d’extrême droite, a démissionné mardi.”Dans l’intérêt du groupe Ebra, j’ai décidé de quitter mes fonctions de président”, a annoncé dans un communiqué Philippe Carli.Cet homme d’affaires de 64 ans dirigeait …

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Le groupe M6 projette de recruter Cyril Hanouna, ses journalistes s’y opposent

La direction du groupe M6 envisage de recruter Cyril Hanouna pour des “émissions de divertissement, apolitiques, portant principalement sur l’actualité des médias”, un projet rejeté par la majorité de ses journalistes, ont annoncé mardi les représentants des rédactions de M6 et RTL.”La direction du groupe M6 a souhaité rencontrer” les deux sociétés de journalistes (SDJ) …

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L’ex-directeur de Gala, Matthias Gurtler, nommé à la tête de la rédaction de L’Equipe

L’ancien directeur de la rédaction de Gala, le journaliste Matthias Gurtler, prendra la tête de celle du journal L’Equipe à compter du 3 février, a annoncé mardi le groupe de médias éponyme, soucieux d’élargir son audience au-delà des fans de sport.Nommé “directeur de la rédaction print et numérique”, Matthias Gurtler sera également “membre du comité exécutif”, a précisé dans un communiqué le groupe L’Equipe, sept mois après l’arrivée de son nouveau directeur général, Rolf Heinz.Il “aura pour mission d’engager pleinement la rédaction de L’Équipe dans le plan de développement stratégique” récemment dévoilé à la presse, qui prévoit un “très fort élargissement du terrain de jeu” du journal, référence dans le monde du sport.L’objectif est “notamment de conquérir une audience jeune et féminine et aussi de s’adresser aux pratiquants de sport”, rappelle le groupe, qui vise 500.000 abonnés numériques d’ici à 2030, contre 210.000 actuellement.Cela passera “par le lancement de nouvelles thématiques ainsi que par le développement de nouveaux formats”, explique l’Equipe, qui entend “accélérer” sur vidéo et numérique.La nomination de Matthias Gurtler était pressentie par la presse depuis mi-janvier et l’annonce de son départ de Gala, qui coïncidait avec la mise en disponibilité de son prédecesseur à l’Equipe, Lionel Dangoumau, et de son adjoint, Jean-Philippe Leclaire.”Ce choix nous alerte, voire nous inquiète”, a réagi mardi la Société des journalistes (SDJ) de L’Equipe, s’interrogeant sur “l’arrivée d’un homme de presse étranger au monde du sport et à l’ADN de L’Equipe”. Matthias Gurtler avait pris en 2009 la tête de la rédaction de Gala, alors dans le giron du groupe Prisma Media, dirigé par le germano-espagnol Rolf Heinz de 2009 à 2021. Sous sa houlette, le magazine people, qui compte 14,6 millions d’abonnés sur TikTok et a été racheté en 2023 par Le Figaro, est devenu “un leader de la presse digitale, une référence internationale sur les réseaux sociaux”, souligne le communiqué de l’Equipe. Passé par RTL et I-Télé, Matthias Gurtler a également été rédacteur en chef adjoint de VSD de 2006 à 2007, puis rédacteur en chef de Télé Loisirs, dont il a lancé le site internet.En 2023, il a créé la première version française du magazine de mode américain Harper’s Bazaar. “S’il veut faire +Le Gala du sport+, ce sera niet”, a prévenu auprès de l’AFP Ralf Woodall, secrétaire du comité social et économique (CSE) de L’Equipe. Mais “si c’est un bon manageur, qu’il veut bien faire les choses et qu’il ne plaque pas de préconçus (…) ça pourra bien se passer”, a ajouté l’élu SNJ, précisant qu’un “gros chantier” l’attendait avec la “réorganisation de la rédaction”.  “Mes diverses expériences professionnelles ont toujours fait la part belle au sport quand cela était possible”, a souligné Matthias Gurtler, cité dans le communiqué de l’Equipe. Il s’inscrira “pleinement dans l’ADN” du journal “notamment en étant le garant de son excellence et de son indépendance éditoriale”, a assuré Rolf Heinz.

L’ex-directeur de Gala, Matthias Gurtler, nommé à la tête de la rédaction de L’Equipe

L’ancien directeur de la rédaction de Gala, le journaliste Matthias Gurtler, prendra la tête de celle du journal L’Equipe à compter du 3 février, a annoncé mardi le groupe de médias éponyme, soucieux d’élargir son audience au-delà des fans de sport.Nommé “directeur de la rédaction print et numérique”, Matthias Gurtler sera également “membre du comité …

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Cryptomonnaies: l’enquête française visant Binance confiée à un juge d’instruction

L’enquête française visant Binance, première plateforme mondiale d’échanges de cryptoactifs soupçonnée d’avoir manqué à ses obligations de contrôle des fonds de ses clients, a été confiée mardi à un juge d’instruction, alors que policiers et magistrats spécialisés s’alarment d’une utilisation accrue des cryptomonnaies pour du blanchiment.”La Juridiction nationale de lutte contre la criminalité organisée (Junalco) a ouvert (mardi) une information judiciaire” dans ce dossier, déjà sous enquête préliminaire depuis février 2022, a annoncé la procureure de Paris Laure Beccuau dans un communiqué.L’instruction porte “sur les infractions de blanchiment aggravé, blanchiment de fraude fiscale, blanchiment en lien avec un trafic de produit stupéfiant et exercice illégal de la profession de prestataire de service sur actifs numériques (PSAN) susceptibles d’être reprochées à la plateforme d’échange en cryptoactifs Binance”, a-t-elle précisé.”Cette procédure s’inscrit dans le renforcement de la lutte contre le blanchiment par cryptoactifs, démarche commune aux autorités financières et menée dans différents pays”, dit encore Mme Beccuau.”En fonction des infractions, la période des faits concernés s’étend de 2019 à 2024, pour des faits commis en France” et dans l’Union européenne, précise la magistrate.L’enquête avait été ouverte en 2022 “à la suite de plaintes d’utilisateurs, dénonçant avoir perdu de l’argent après avoir investi via cette plateforme, en raison d’informations qu’ils soutenaient être erronées qui leur avaient été communiquées”, ajoute Mme Beccuau.”A ce stade, il ressort de l’enquête que Binance aurait, sur la période de faits concernée, manqué à ses obligations de vigilance dans le cadre de la lutte contre le blanchiment et le financement du terrorisme”, précise la procureure.Ainsi, “les investigations portent notamment sur la manière dont Binance répondait ou non à ses obligations en matière de connaissance du client (dite KYC, Know Your Customer), rendant ainsi le groupe susceptible d’avoir apporté son concours au blanchiment habituel de sommes provenant de diverses infractions, notamment de trafic de produits stupéfiants et de fraudes fiscales”.Une remarque qui fait écho aux craintes des enquêteurs et magistrats spécialisés quant au risque que les cryptomonnaies servent notamment à faire rebasculer dans l’économie réelle l’argent du narcotrafic.- Plaider-coupable -Selon Mme Beccuau, “il est également apparu que la plateforme Binance a adressé des communications à caractère promotionnel à des clients résidant ou établis en France, via des influenceurs et en utilisant des campagnes de publicité sur les réseaux sociaux”, ce qui avait aussi été dénoncé dans les plaintes initiales.Ces démarches auraient été faites “avant que Binance n’ait fait l’objet d’un enregistrement comme prestataire de service sur actifs numériques (PSAN) auprès de l’Autorité des Marchés Financiers (AMF), à l’insu des autorités de régulation et en violation de la loi applicable”, estime la cheffe du parquet parisien.”Les investigations vont désormais se poursuivre, sous la direction d’un magistrat instructeur, et auront notamment pour objet de préciser l’ampleur des faits, le rôle des dirigeants de Binance et le degré de participation des différentes sociétés de la plateforme”, poursuit Mme Beccuau.L’enquête a été confiée à la Répression des fraudes (DGCCRF), aux gendarmes de la Section de recherches de Paris et à l’Office national antifraude (Onaf).Une enquête américaine avait de son côté abouti à la conclusion que Binance n’avait pas mis en place les mesures nécessaires pour empêcher les transactions réalisées au profit de groupes tels que l’Etat islamique, Al-Qaïda ou les brigades Ezzedine al-Qassam, branche armée du Hamas.Binance et Changpeng Zhao, surnommé “CZ” et qui avait cofondé la plateforme en 2017, avaient conclu un accord avec les autorités américaines, divulgué en novembre 2023.La société avait accepté de payer à deux agences du Trésor américain des amendes pour un montant total de 4,3 milliards de dollars afin de mettre fin aux poursuites contre l’entreprise.”CZ”, né en Chine en 1977, avait, lui, accepté de démissionner et de plaider coupable. Il a été condamné à quatre mois d’emprisonnement pour blanchiment d’argent par un tribunal de San Francisco fin avril 2024.Binance revendique mardi sur son site internet plus de 250 millions d’utilisateurs, et assure “respecter les normes les plus strictes en matière de conformité réglementaire”.

Cryptomonnaies: l’enquête française visant Binance confiée à un juge d’instruction

L’enquête française visant Binance, première plateforme mondiale d’échanges de cryptoactifs soupçonnée d’avoir manqué à ses obligations de contrôle des fonds de ses clients, a été confiée mardi à un juge d’instruction, alors que policiers et magistrats spécialisés s’alarment d’une utilisation accrue des cryptomonnaies pour du blanchiment.”La Juridiction nationale de lutte contre la criminalité organisée (Junalco) …

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