AFP Sports

Mondial des clubs: Brésiliens affamés, Européens appliqués, premier tour caliente

Le premier tour du Mondial des clubs aux Etats-Unis a été marqué par la mainmise de l’Europe, seulement contestée par le Brésil, la météo (fortes chaleurs, orages) ayant mis joueurs et organisateurs à rude épreuve dans des stades qui ont rarement fait le plein.. Le Brésil assure le spectacle, l’Europe surpuissanteLes formations brésiliennes ont animé les deux premières semaines de la compétition sur le terrain et en dehors. Avec quatre qualifiés pour les 8es de finale (Flamengo, Palmeiras, Botafogo, Fluminense) sur quatre représentants dans la compétition, le pays des quintuples champions du monde a fait un carton, contrairement à son vieux rival argentin dont les deux équipes emblématiques de Buenos Aires, River Plate et Boca Juniors, ont dû rentrer à la maison la tête basse.Au-delà de leurs qualités intrinsèques, les Brésiliens ont surtout paru surmotivés à l’idée de se frotter au gratin du football européen, voyant dans cette épreuve une façon de reproduire les joutes homériques de la défunte Coupe intercontinentale qui opposait chaque année jusqu’en 2004 le champion d’Europe au vainqueur de la Copa Libertadores. Les effusions de joie des joueurs de Botafogo et de Flamengo après avoir respectivement terrassé le PSG (1-0), tout juste sacré en Ligue des champions, et Chelsea (3-1), 4e de Premier League, ont été à cet égard révélatrices de l’état d’esprit des clubs “auriverde”.L’Europe n’a toutefois pas à rougir et impose logiquement sa loi et sa domination financière, malgré des organismes sur les rotules au bout d’une saison à rallonge, avec seulement trois éliminés sur douze (Atletico Madrid, Porto, Salzbourg) alors que l’Afrique et l’Océanie ont déjà disparu du paysage.L’Amérique du sud s’est aussi distinguée par la ferveur de ses supporteurs venus en nombre, en comptant également sur la diaspora présente sur le sol américain pour enflammer les tribunes, les fans du Vieux Continent se faisant globalement beaucoup plus discrets.. Des affluences à géométrie variableLoin de l’échec populaire redouté, cette première édition du Mondial des clubs à 32 équipes présente tout de même pour l’instant un bilan mitigé en terme d’affluence. La Fédération internationale de football (Fifa) a annoncé vendredi que 1.667.819 spectateurs avaient assisté aux 48 rencontres du premier tour, soit une moyenne de 34.746 par match. La Fifa avait auparavant précisé avoir mis en place des promotions afin d’attirer encore plus de supporteurs et éviter cette impression de vide constatée dans certaines enceintes, visiblement surdimensionnées pour l’évènement.Car si plusieurs rencontres ont affiché quasiment complet comme le match d’ouverture Inter Miami-Al Ahly (60.927 spectateurs à Miami) ainsi que ceux du Real Madrid ou l’entrée en lice du PSG contre l’Atletico Madrid (80.619 spectateurs à Pasadena), seulement 3.400 courageux se sont par exemple déplacés à Orlando pour l'”affiche” entre les Sud-Coréens d’Ulsan et les Sud-Africains de Mamelodi Sundowns.Dans ces conditions, le choix fait par la Fifa de stades gigantesques, ceux du Mondial-2026 coorganisé avec le Mexique et le Canada, disposant pour la plupart de 60.000 à 80.000 places et donc peu adaptés à la demande locale en matière de football, pose question.. Canicule et orages se mêlent à la fêteLes conditions climatiques extrêmes de l’été américain donnent un avant-goût de ce qui attend les joueurs dans un an lors de la Coupe du monde. Les clubs sont confrontés à des températures caniculaires dans plusieurs villes-hôtes, souvent bien au-delà des 35°C avec un fort taux d’humidité, d’autant qu’une bonne part des rencontres se déroule à midi ou dans l’après-midi pour satisfaire les téléspectateurs européens.La Fifa a ainsi établi des pauses pour se rafraîchir aux 30e et 75e minutes de jeu. L’instance mondiale, interrogée par l’AFP, s’est par ailleurs défendue en indiquant que la santé des joueurs restait sa “priorité”, rappelant que les équipes pouvaient “effectuer un remplacement supplémentaire” en cas de prolongation, qui s’ajoute aux cinq normalement autorisés, et qu’elles “disposent d’un minimum de trois jours de repos entre les matchs pour faciliter la récupération”.Autre spécificité locale: les interruptions pour prévenir les orages violents, en vertu d’une législation très stricte en la matière qui impose la suspension des événements sportifs en plein air pendant au moins 30 minutes lorsque des coups de tonnerre sont détectés dans un rayon de 8 miles (environ 13 km). Cinq parties ont d’ores et déjà été perturbées par l’application ce ce protocole. 

Mondial des clubs: Ousmane Dembélé paré au redécollage

Ousmane Dembélé à la rescousse: arrivé blessé au Mondial des clubs, le candidat au Ballon d’or est prêt à rejouer pour un PSG qui a besoin de son étincelle, dimanche (18h00) à Atlanta contre l’Inter Miami de Lionel Messi en huitième de finale.Des passes courtes dans les petits espaces, de la vivacité dans les dribbles et les courses, un râteau avec le talon, un rire franc après une blague de Bradley Barcola… Pas de doute, devant cet entraînement jeudi matin sur un terrain de l’université publique de Kennesaw dans la banlieue nord d’Atlanta, en compagnie du reste de l’équipe: Ousmane Dembélé est en forme et a le moral.Lui qui, depuis sa blessure à la cuisse le 5 juin avec l’équipe de France, s’entraînait à part du groupe jusqu’à vendredi dernier, lui qui a rongé son frein lors de la phase de groupe avec trois matches d’absence sur la feuille de match, est sur le retour et devrait jouer dimanche contre l’Inter Miami.Reste à savoir s’il sera titulaire ou entrera en cours de jeu. Car son entraîneur Luis Enrique a dit “ne pas aimer prendre de risques avec les joueurs”, avant de le préserver encore contre les Seattle Sounders, lundi (victoire 2-0) au Lumen Field.Ne dites surtout pas à Luis Enrique qu’il attend Dembélé comme le Messie. L’Espagnol a horreur de dépendre d’un unique joueur, et il l’a fait savoir à de nombreuses reprises aux journalistes qui ont eu l’outrecuidance de lui poser cette question, à propos de Gonçalo Ramos, de Vitinha, de Kylian Mbappé…Pourtant, c’est d’Ousmane Dembélé qu’il s’agit à présent. Celui qui a un numéro 10 floqué dans le dos incarne à la perfection l’idée du faux numéro 9 prônée par Luis Enrique: un hybride entre meneur de jeu et finisseur, premier à déclencher le pressing sur l’équipe adverse, dynamiteur par des dribbles incessants. Les 33 buts et 15 passes décisives toutes compétitions confondues de Dembélé confirment l’impression visuelle.- “Plaisir” -Sans lui, le PSG est clairement moins fort, comme l’ont montré les deux derniers matches, contre Botafogo (défaite 1-0) et Seattle (victoire 2-0 sans éclat). Pour le remplacer en faux neuf, la liste d’essais infructueux est longue: Khvicha Kvaratskhelia, Désiré Doué, Bradley Barcola, Lee Kang-in, Senny Mayulu ou encore Gonçalo Ramos.Dembélé décrivait ce nouveau positionnement dans un entretien donné mi-juin à France Football: “Je prends beaucoup de plaisir à jouer en tant que numéro 9. Il y a des matches où j’ai joué en pur 9, dans le dos du défenseur, où tout ce qui m’importait, c’était de me retrouver devant le but. Il y a aussi eu énormément de matches, surtout ces deux derniers mois, où j’ai joué comme 9 qui décroche au milieu pour créer le surnombre. J’aime beaucoup les deux rôles, je peux alterner”.”Il a cette capacité à bouger dans la surface de réparation, recevoir et marquer d’une touche de balle”, le saluait Luis Enrique, à mi-saison au moment de son réel décollage.Ousmane Dembélé aspire désormais à un redécollage en plein Mondial des clubs. Car si sa contribution en finale de Ligue des champions (5-0 contre l’Inter Milan) a été inestimable, Dembélé n’a plus marqué depuis le 29 avril, une éternité au regard du rythme tambour battant qu’il avait en début d’année, avec notamment deux triplés d’affilée le 29 janvier et le 1er février.Cela manque forcément à l’attaquant, qui a confié: “à chaque match désormais, je me dis qu’il faut que je marque trois buts. Et si c’est un ou deux, c’est bien aussi”.L’un des favoris au Ballon d’or pouvait être frustré de ne pas profiter de l’absence de son principal concurrent Lamine Yamal, au Mondial des clubs, pour marquer encore un peu plus de points. Il aura l’occasion de trouver l’inspiration chez l’octuple lauréat de la récompense suprême, Lionel Messi, son ancien partenaire au FC Barcelone (2017-2021), qu’il pourrait retrouver sur le terrain dimanche au stade Mercedes-Benz d’Atlanta.