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Allemagne: même limité, le Bayern reste favori à sa propre succession

Malgré un effectif réduit et “léger”, le Bayern Munich part tout de même favori pour décrocher un 35e titre de champion d’Allemagne, face à une concurrence entre profonde mutation (Leverkusen et Leipzig) et stabilisation (Francfort et Dortmund).”C’est probablement le plus petit effectif dans lequel j’ai jamais évolué. Si on est honnête, on est un peu léger”: à l’issue de la victoire (1-0) lors de la Supercoupe Franz-Beckenbauer à Stuttgart, Harry Kane a posé un constat sans appel sur son équipe du Bayern Munich à l’orée de la saison 2025/26.Entre son 34e sacre en Bundesliga en mai dernier et le redémarrage de la Bundesliga vendredi (20h30) contre Leipzig, le club munichois a vu son animation offensive se réduire considérablement, à commencer par la grave blessure début juillet au Mondial des clubs de son maître à jouer, Jamal Musiala, absent plusieurs mois.Après un quart de siècle de fidélité, Thomas Müller n’a pas été prolongé et est allé voir ailleurs (Vancouver), tout comme Leroy Sané (Galatasaray) et Kingsley Coman (Al-Nassr), alors que Tottenham a activé l’option d’achat de Mathys Tel. Ces quatre départs n’ont été compensés que par l’arrivée du Colombien Luis Diaz.Surtout, chose inhabituelle, le Bayern a essuyé deux refus majeurs. A 22 ans, Florian Wirtz a préféré se lancer en Premier League à Liverpool, alors que Stuttgart est resté inflexible pour son attaquant Nick Woltemade, fixant un prix que les dirigeants munichois n’étaient pas prêts à débourser.Le Bayern fait tout de même figure de principal candidat à sa propre succession. N’a-t-il pas soulevé le Schale, le trophée remis au champion d’Allemagne en fin de saison, à douze reprises sur les treize derniers exercices?- Leverkusen dépeuplé -Le Bayer Leverkusen, qui a mis fin au printemps 2024 à onze saisons consécutives de domination bavaroise sur le championnat, a vu la moitié de son onze de base s’en aller, dans le sillage de l’entraîneur de la saison miraculeuse 2023/24 (doublé championnat/coupe, une défaite en finale de Ligue Europa en 53 matches), l’Espagnol Xabi Alonso, parti relever le défi du Real Madrid, provoquant une cascade de départs.Le Néerlandais Erik ten Hag va devoir s’atteler à reconstruire un effectif, car Wirtz a rejoint Liverpool quelques jours après le latéral droit Jeremie Frimpong. Le gardien de but et capitaine Lukas Hradecky a pris la direction de Monaco, Granit Xhaka, relais sur la pelouse de Xabi Alonso, est retourné en Angleterre (Sunderland), et Jonathan Tah a rejoint le géant munichois.Privé de compétition européenne pour la première fois depuis qu’il a rejoint l’élite du football allemand, le RB Leipzig a lui aussi perdu en qualité, avec le départ de Benjamin Sesko à Manchester United.Tout comme le club fondé par le chimiste Bayer en 1904, le club lancé en 2009 par le producteur de boissons énergisantes Red Bull se trouve dans une même phase de refondation, avec un nouvel entraîneur, Ole Werner.- Dortmund principal rival -Traditionnel rival du Bayern dans les années 2010 et au début des années 2020, le Borussia Dortmund a sauvé in extremis sa place en Ligue des champions, et peut construire sur une certaine stabilité autour de son entraîneur Niko Kovac, initiateur du relèvement du club de la Ruhr lors de la seconde partie de l’exercice précédant.Meilleur buteur de la Ligue des champions 2024/25 avec le Barcelonais Raphinha malgré une fin de parcours en quarts, Serhou Guirassy se sent de mieux en mieux au sein des Jaune et Noir: l’international guinéen (29 ans, 22 sélections), a inscrit 15 buts sur les 14 derniers matches officiels du BVB.Présent pour la première fois sur le podium de la Bundesliga depuis 1993, l’Eintracht Francfort a bien absorbé les départs, notamment ceux de son buteur Hugo Ekitiké à Liverpool et de son capitaine et gardien Kevin Trapp au Paris FC, compensés par Jonathan Burkardt et Michael Zetterer.Les hommes de Dino Toppmöller, qui ont eu du mal à finir la saison précédente en doublant championnat et Ligue Europa, vont devoir à nouveau gérer les semaines européennes, avec la Ligue des champions cette fois-ci.

Ligue 1: Chevalier doit encore convaincre au PSG, sous les yeux de Donnarumma

Le nouveau gardien du Paris SG Lucas Chevalier a l’occasion, vendredi contre Angers (20h45), de commencer à convaincre le Parc des Princes, alors que le taulier de la saison dernière, Gianluigi Donnarumma, est toujours au club.L’Italien, qui n’était pas dans le groupe des deux premières rencontres de la saison, est d’ailleurs réapparu à l’entraînement jeudi au Campus PSG de Poissy, participant sous les yeux de la presse au premier exercice de passes dans le rond central – et non à l’échauffement des gardiens.Donnarumma, l’un des héros de la campagne victorieuse de Ligue des champions, n’a toujours pas retrouvé de club après l’échec cet été de sa prolongation, à un an de la fin de son contrat dans la capitale.C’est devant sa télévision que le grand échalas a observé ses coéquipiers remporter la Supercoupe d’Europe contre Tottenham aux tirs aux buts, le 13 août, puis gagner sans éclat à Nantes dimanche dernier (1-0) pour la reprise de la Ligue 1.Il a sans doute scruté son successeur Lucas Chevalier, transféré depuis Lille. Chevalier était couvé du regard depuis plusieurs mois par la direction sportive parisienne, qui avait parallèlement lancé des négociations de prolongation avec Donnarumma.- Une erreur et un arrêt décisif -Mais le club “cherchait un profil différent” et n’a pas cherché à tout prix à répondre aux exigences du portier de la sélection italienne, a assuré Luis Enrique le 12 août. Avant de compléter jeudi en conférence de presse: “Ce sont des décisions toujours difficiles à prendre, je n’ai pas eu de problème à la prendre. (…) Je peux comprendre les critiques, mais je dois dire qu’on est calmes, tranquilles, on sait où on veut aller, c’est la chose la plus importante”.Peut-on en dire autant de Lucas Chevalier lui-même? Pour un joueur de 23 ans qui jouait le podium de Ligue 1 il y a encore quelques mois, la pression est grande chez les champions d’Europe, et il faudra du caractère pour briller devant ses nouveaux fans vendredi.Ses performances contre Tottenham et Nantes étaient solides mais appellent confirmation. Un arrêt manqué lors du deuxième but des Anglais a fait planer des doutes, mais Chevalier s’est bien rattrapé en séance de tirs aux buts avec un arrêt au meilleur des moments pour offrir la Supercoupe au club.- “Leadership” -Son capitaine Marquinhos observe: “Il vient d’arriver et c’était le moment pour lui de s’affirmer. C’est le PSG, c’est comme ça. Mais il a aussi connu (la pression) dans une moindre mesure à Lille, et le même genre de pression avec la sélection. On est contents de l’avoir avec nous”.Son jeu au pied a été ostensiblement salué par Luis Enrique à l’occasion d’une relance aérienne précise vers les ailes, contre Nantes. L’entraîneur a détaillé ce qu’il attendait de Lucas Chevalier: “Nous voulons un joueur qui a de la continuité, qui peut générer une supériorité, qui peut prendre les bonnes décisions en fonction de la façon de presser des adversaires, et d’où se trouvent les solutions avec le ballon”.Le coach souhaite aussi “sans le ballon une couverture de la ligne défensive, évidemment du jeu aérien et toutes les situations habituelles pour un gardien de but”. Mais, et Donnarumma appréciera, c’est au niveau mental que Luis Enrique voit aussi une potentielle plus-value: “Nous demandons à nos joueurs de faire preuve de leadership sur le plan mental, bien sûr. Un gardien de but est un joueur qui voit l’ensemble du terrain, qui voit tous les joueurs, donc en général, il voit ce qui se passe sur le terrain.”Vendredi soir, Lucas Chevalier devrait donc contribuer à lancer ses coéquipiers à l’assaut du but angevin, mais il faudra être vigilant et bondissant sur les contre-attaques qui ne devraient pas manquer de survenir.