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CAN-2025: la Côte d’Ivoire tenante du titre complète un tableau de rêve pour les quarts

La Côte d’Ivoire, tenante du titre, portée par sa jeune garde, s’est qualifiée par les quarts de finale de la Coupe d’Afrique 2025 au Maroc en disposant facilement du Burkina Faso 3-0 mardi à Marrakech.Les Éléphants qui défieront l’Égypte de Mohamed Salah samedi à Agadir, complètent ainsi un tableau des quarts de finale de rêve où tous les prétendants au titre s’affronteront dans des affiches toutes alléchantes et équilibrées.Parfois balbutiants durant leurs trois matches de groupe, mais porté par leur star Amad Diallo, auteur du premier but de la rencontre, ils n’ont cette fois laissé aucune chance aux Étalons burkinabé.Comme une passation de pouvoir, Emerse Faé, le sélectionneur ivoirien a choisi de titulariser au milieu de terrain dès le coup d’envoi, Christ Inao Oulai, 19 ans, coqueluche des supporters et de laisser sur le banc Seko Fofana, 30 ans, l’un des piliers du titre acquis à domicile il y a deux ans. “Si le fait d’avoir aligné le petit Inao, nous a permis de tuer les matches, ce qui nous fuyait, Dieu merci!”, s’est amusé Faé en conférence de presse à propos de sa nouvelle pépite. “Mais je crois surtout qu’il a profité de notre force collective”, a-t-il repris plus sérieusement louant le travail de ses cadres pour mettre leur “petit frère” dans les meilleurs conditions.- Jeunesse et collectif -Et c’est la fougue de sa jeunesse symbolisée par Inao Oulai, Yan Diomandé, 19 ans également et Amad Diallo, 23 ans, joueur du match, qui a mis au supplice en début de la rencontre la rugueuse défense burkinabè. Amad Diallo, notamment, sur son côté droit a terrorisé Adamo Nagalo, dépassé et sanctionné d’un carton jaune dès la 6e minute, obligeant Brama Traoré, le sélectionneur burkinabè à remplacer le défenseur du PSV Eindhoven par Ibrahim Touré avant même la fin de la première période (42e).L’attaquant de Manchester United, meilleur buteur ivoirien avec deux buts en deux rencontres avant ce huitième, avait déjà donné un premier avantage aux Éléphants en ouvrant le score après une action collective limpide, conclue par un raid dans la surface des Etalons (1-0, 20e).La pression pour le Burkina n’a pas été moins forte à gauche où Yan Diomandé a également donné beaucoup de fil à retordre aux défenseurs chargés de le marquer, incapables de savoir si l’ailier de Leipzig allait préférer frapper de son pied gauche ou de son pied droit.C’est du pied droit qu’il a doublé la mise à la demi-heure de jeu, parfaitement lancé par Diallo, ne laissant aucune chance à Hervé Koffi qui a tenu sa place malgré une blessure à une cuisse contractée lors du dernier match de poule face au Soudan (2-0, 32e).Et s’ils ont continué leurs assauts en seconde période, les Ivoiriens ont dû attendre la fin de rencontre pour porter l’estocade lorsque Bazoumana Touré, 19 ans lui encore, rentré en jeu à la place de Diomandé, a parachevé le succès ivoirien en contre et en solitaire (3-0, 87e).Un frisson a traversé le camp ivoirien en voyant Inao Oulai, leur nouveau métronome au milieu de terrain dépité en pensant être suspendu contre l’Égypte pour avoir écopé de deux cartons jaunes lors de ses deux dernières rencontres.Mais le milieu de Trabzonspor en Turquie s’est adonné à une danse enflammée au coup de sifflet final, lorsqu’il a relu le règlement qui le laissait qualifié. L’insouciance de la jeunesse.

CAN-2025: la statue vivante de Lumumba devenue icône des tribunes congolaises

Une icône de la CAN. Immobile durant tous les matches de la RDC, le supporter congolais Michel Kuka Mboladinga a marqué la 35e édition de la Coupe d’Afrique au Maroc en se muant en statue vivante à l’effigie de Patrice Lumumba, héros de l’indépendance du Congo.Debout sur un pupitre dans les gradins, fixant le ciel, le bras droit levé, une paume ouverte, l’autre le long du corps, il s’est distingué d’abord par sa posture solennelle, puis par ses costumes aux couleurs éclatantes: veste jaune ou bleue, cravate assortie et pantalon rouge.Et il a fait un carton dans les médias, jusqu’à ce mardi à Rabat, où le parcours de la RD Congo a cruellement pris fin, en 8e de finale.Pour ce match phare contre l’Algérie, l'”animateur” vedette est arrivé au stade Moulay El Hassan accompagné d’une délégation de plusieurs centaines de supporters congolais acheminés par le gouvernement de la République démocratique du Congo, éliminée en prolongation, au bout du suspense (1-0).Comme lors des rencontres précédentes, sa silhouette s’inspirait de celle d’une statue monochrome de Patrice Lumumba, Premier ministre du Congo durant quelques mois en 1960, installée sur son mausolée de béton et de verre à Kinshasa, la capitale de la RDC.- Racisme -Selon des historiens, c’est un discours virulent contre le racisme des colons belges qui a fait entrer Patrice Lumumba dans la légende, le 30 juin 1960, jour de la proclamation de l’indépendance de l’ex-Congo belge. Un discours qui a aussi scellé le sort de ce nationaliste considéré comme un communiste par ses détracteurs.Après seulement 75 jours au pouvoir, il fut renversé et assassiné le 17 janvier 1961 à Shilatembo, dans le Haut-Katanga (sud-est), par des séparatistes katangais et des mercenaires belges.Son corps, dissous dans l’acide, n’a jamais été retrouvé. Il a fallu des décennies pour découvrir que des restes humains avaient été conservés en Belgique, dont une dent. Cette affaire demeure l’une des pages les plus sombres des relations entre la Belgique et son ancienne colonie.Pour ses pairs, l’incarnation de Patrice Lumumba par Michel Kuka Mboladinga est une “fierté”, comme l’affirme Houssen Ilunga, un supporteur congolais de 24 ans rencontré lundi à Casablanca lors d’une répétition destinée à préparer un “spectacle” dans les gradins.Ils sont alors une dizaine réunis sur le parvis d’un hôtel, chantant et dansant au rythme de maracas, mbonda et ngongi. Vêtus de maillots des Léopards -le surnom de la sélection- ou de jupes en raphia, ils scandent le nom de “Lumumba”, bras levé, à l’image de la statue.Michel Kuka Mboladinga est “notre frère”, souligne Laetitia Malula, supportrice congolaise de 30 ans, les cheveux ornés d’extensions bleues, jaunes et rouges. Il a “choisi d’imiter Lumumba (…) notre héros. C’est pour cela que nous chantons” son nom, dit-elle.Lors de cette répétition, l’absence de Michel Kuka Mboladinga n’est pas passée inaperçue: mise au vert d’avant-match ou consigne de discrétion médiatique afin de ne pas détourner l’attention de la sélection?- “Ambassadeur” -Le lendemain, la nouvelle icône congolaise est bien présente dans les tribunes de Rabat. Après un long combat, la RDC doit toutefois rendre les armes face à l’Algérie, sur un but à la 119e minute… Michel Kuka Mboladinga est rapidement escorté hors de l’enceinte.Pour Sofiane Mejot, manager franco-algérien de 40 ans, ce dernier aura été un “ambassadeur” de l’équipe nationale et aura permis de “mettre la lumière sur les supporters et sur le Congo”.Joujou Soki, chanteur et membre de la délégation congolaise, affiche aussi un état d’esprit doux-amer. “C’est la première fois que je vois (…) une telle force au niveau de l’équipe, de tels encouragements”, souligne le quadragénaire. Un effet Michel Kuka Mboladinga? Parmi les responsables de l’animation des supporters congolais, Jered Bitobo, 35 ans, dit “très bien” connaître celui qui aurait commencé à incarner la statue de Lumumba il y a plusieurs années pour l’AS Vita Club, un club congolais.”C’est un message fort, au niveau international comme local. La main ouverte est un signe de paix et nous avons besoin de paix dans notre pays”, souligne-t-il.Il indique en revanche ne pas connaître l’origine exacte de l’inspiration de Michel Kuka Mboladinga, mais souligne une ressemblance physique avec Patrice Lumumba et évoque même d’éventuels liens familiaux entre l’ancien Premier ministre et le supporter, qu’il dit originaires de la même tribu.”Une fois, je lui avais posé la question: +Mais pourquoi est-ce que tu ne regardes pas aussi les matches?+ Il m’a dit: +Je prie (…) le Seigneur, qu’il puisse accompagner notre équipe, qu’on puisse gagner+”.

CAN-2025: l’Algérie sort la RDC et affrontera le Nigeria en quart

L’Algérie s’est qualifiée mardi pour les quarts de finale de la CAN-2025 en éliminant la RD Congo (1-0) tout au bout d’une prolongation irrespirable grâce à un but d’Adil Boulbina à la 119e minute.Les Fennecs du sélectionneur Vladimir Petkovic affronteront au prochain tour le Nigeria, facile vainqueur du Mozambique lundi (4-0). Peut-être sans leur plaque tournante du milieu de terrain Ismael Bennacer, sorti blessé après 48 minutes de jeu, apparemment touché à l’ischio-jambier de la cuisse droite.L’aventure continue donc pour les Algériens, avec une statistique qui leur permet les plus beaux rêves: ils sont sortis de la phase de poules avec trois victoires en trois matches. C’est la troisième fois que cela leur arrive après 1990 et 2019. Et les deux premières fois, ils ont soulevé le trophée au soir de la finale.Ils ont arraché la victoire in extremis. Lancé en contre sur la gauche, Boulbina a crocheté pour effacer Aaron Wan-Bissaka et, de l’entrée de la surface, a placé un tir enveloppé du droit parfait dans la lucarne opposée (1-0, 119e).Dans cette affiche contre la RD Congo, sur le papier la plus relevée des 8e, l’Algérie a eu la possession. Les Congolais, bloc bas et pressing intense, ont placé des banderilles. Entre ces deux formations qui se craignaient et ont fait preuve d’une belle rigueur tactique, il aurait fallu une erreur individuelle, ou un exploit personnel, pour débloquer le score plus tôt.Mais voilà, les Fennecs du coach Vladimir Petrovic, comme les Léopards du Français Sébastien Desabre n’ont rien lâché pendant presque deux heures. Et les deux gardiens, Luca Zidane pour l’Algérie et Lionel Mpasi-Nzau pour le Congo, ont fait le reste pour préserver leurs cages.La première période a été un très long round d’observation. Les Fennecs ont même attendu la 42e minute pour placer leur premier tir, non cadré, par leur pépite de 20 ans Ibrahim Maza.Le jeu s’est accéléré et l’intensité est montée d’un cran en deuxième période. Chancel Memba (50e), Joris Kayembe (74e), Ibrahim Mayle (90+2) ont eu leur chance pour la RDC, Mohamed Amoura (79e) et Anis Hadj Moussa (86e) pour l’Algérie ont buté sur le gardien congolais.Mais l’arbitre a sifflé la fin du temps réglementaire sur le score de 0-0. En prolongation, aucune des deux équipes n’a fermé le jeu. L’Algérie s’est d’abord procuré une superbe occasion par Fares Chaibi, qui a obligé Mpasi-Nzau à un sauvetage réflexe sur sa ligne (110e). Neuf minutes plus tard, Boulbina propulsait les Fennecs dans le top-8 africain.

Supercoupe d’Espagne: conserver le trophée donnerait un élan au Barça, dit Flick

L’entraîneur du FC Barcelone, Hansi Flick, a estimé mardi que conserver la Supercoupe d’Espagne disputée en Arabie saoudite cette semaine donnerait un nouvel élan aux ambitions de son équipe pour le reste de la saison.”Remporter la Supercoupe la saison dernière nous a donné beaucoup d’énergie pour le reste de la saison, et c’est aussi ce que nous voulons réaliser cette année”, a assuré le coach allemand du club catalan, qui affronte l’Athletic Bilbao en demi-finale mercredi à Jeddah. Une première marche dans sa quête d’une seizième Supercoupe d’Espagne record. Sous la houlette de l’ancien entraîneur du Bayern Munich, le Barça avait remporté la Supercoupe la saison dernière, le premier titre conquis sur la voie de son triplé avec également des succès en Liga et en Coupe du Roi.Les Blaugranas abordent cette nouvelle édition en position de favoris, galvanisés par leur bon début de saison en Liga où ils comptent quatre points d’avance sur le Real Madrid.L’équipe n’a toutefois pas convaincu pour son match de reprise samedi lors d’un derby tendu contre l’Espanyol. Malmenés tout du long, elle a fini par venir à bout de son voisin (2-0) grâce à des buts tardifs de Dani Olmo et Robert Lewandowski, mais aussi à la prestation sensationnelle du gardien Joan Garcia, transfuge de l’Espanyol, qui a multiplié les parades.Flick a insisté sur le fait que son équipe devait mieux défendre si elle voulait conserver son trophée. “Ce ne sera pas un match facile si nous commettons les mêmes erreurs que samedi, donc nous devons mieux travailler”, a-t-il averti.”Nous devons jouer bien mieux en défense, nous devons jouer connectés comme une seule équipe, et c’est ce qui nous a manqué samedi. Nous devons faire les choses proprement”, a-t-il appuyé.Pour ce tournoi, le technicien enregistre le retour de son défenseur central Ronald Araujo absent ces dernières semaines pour raisons de santé mentale.”Nous allons observer (sa) séance d’entraînement aujourd’hui et je voudrais aussi lui parler (…) Je pense que cela prend du temps. S’il se sent prêt pour demain, nous changerons peut-être quelque chose, mais pour l’instant ce n’est pas notre intention de le faire”, a évacué Flick.L’entraîneur allemand a par ailleurs confirmé des contacts avancés pour le retour du latéral portugais Joao Cancelo au mercato hivernal, après avoir déjà évolué au Camp Nou lors de la saison 2023-2024.L’autre demi-finale opposera jeudi le Real Madrid (13 succès) à son voisin de l’ Atletico Madrid. La finale est prévue dimanche.

Foot: quand la multipropriété dévoile son côté obscur

Le départ de l’entraîneur de Strasbourg Liam Rosenior vers Chelsea, navire amiral du consortium BlueCo, jette une lumière crue sur la multipropriété des clubs, qui prolifère en France et en Europe mais sème la discorde chez les supporters et certains politiques.En France, le sujet est d’autant plus épineux que la multipropriété s’engouffre dans les brèches financières du football hexagonal, devenues béantes depuis l’échec de la vente des droits TV l’an dernier.En Ligue 1, la moitié des 18 clubs est désormais partie prenante de consortiums internationaux, et Lorient va les rejoindre.Problème: dans la hiérarchie des clubs d’une même galaxie, les clubs français, à l’exception du PSG ou Monaco, sont souvent deuxièmes voire troisièmes, et les conséquences d’une telle place sont durement ressenties aujourd’hui par les supporters de Strasbourg, en colère de voir leur entraîneur Rosenior déplacé à mi-saison vers Chelsea. Et ce, parce que l’équipe anglaise vient de se séparer de son propre entraîneur.”Quand vous n’êtes pas au sommet, vous êtes aussi au service de la stratégie du multipropriétaire et du consortium”, explique à l’AFP Christophe Lepetit, directeur des études du Centre de droit et d’économie du sport (CDES).- “Patrimonial” -“La plupart des associations de supporters sont contre, parce qu’un club c’est un bien commun patrimonial, parfois contraire au capitalisme court-termiste”, indique à l’AFP le député LFI Eric Coquerel, qui a présenté une proposition de loi visant à interdire en France la multipropriété des clubs. Il espère désormais amender au printemps le projet de loi sur le foot business émanant du Sénat, qui va passer devant l’Assemblée nationale.”Si on laisse faire, la quasi-totalité du football européen pourrait finir structuré en une quinzaine de multipropriétés, et alors ce n’est plus le même sport: risques d’ententes, dégâts à l’équité sportive, chaîne de hiérarchie où le club français sera rarement leader, développe le parlementaire. Cela peut fragiliser les championnats mineurs comme le nôtre”.Chercheur au CNRS en économie du sport, Luc Arrondel rappelle l’importance de la “notion d’identité”. “Les supporters considèrent être les seuls fidèles à leur club, et ce n’est pas forcément faux. Aujourd’hui, les joueurs changent énormément de clubs, les entraîneurs aussi, et désormais il y a de plus en plus de changements de propriétés.”Et les profils des investisseurs sont également en train de changer avec l’arrivée massive des “private equity” (fonds de capital investissement). “Investir dans un seul club peut être risqué avec les promotions-relégations, ils ont intérêt à diversifier leurs actifs”, miser sur plusieurs clubs à la fois, revendre des joueurs ou même les clubs, ajoute l’économiste.Une logique qui rompt avec l’économie traditionnelle du football, où de grandes fortunes, comme François Henri-Pinault à Rennes, investissaient sur le long terme en sachant qu’ils perdraient de l’argent, et recherchant plutôt des gains d’influence et de reconnaissance.- “Retenir Panichelli” -Les compétitions peuvent aussi être affectées. Les règles de l’UEFA vis-à-vis de la multipropriété ont contraint Crystal Palace, qualifié pour la Ligue Europa, à être relégué en Ligue Conférence pour ne pas disputer la même compétition que l’Olympique Lyonnais, club qui était dans la même galaxie, Eagle Group.Malgré tout, Christophe Lepetit ne veut pas oublier les bienfaits de la multipropriété. Sans elle, dit-il, “Strasbourg n’aurait jamais eu accès aux joueurs qui sont aujourd’hui dans l’effectif, n’aurait pas eu la possibilité de retenir Emanuel Emegha l’été dernier (qui va rejoindre Chelsea à la fin de la saison, NDLR), et n’aurait peut-être pas pu retenir (son buteur) Joaquin Panichelli au mercato d’hiver avec le début de saison qu’il a fait (10 buts en L1)”, développe le directeur des études du CDES de Limoges.Quant au départ de Rosenior vers Chelsea, conclut-il, “personne ne l’entendra côté strasbourgeois, notamment les fans qui sont déjà très remontés contre la multipropriété, mais admettons que le FC Barcelone licencie Hansi Flick et vienne voir l’Olympique de Marseille pour recruter Roberto De Zerbi… Il pourrait tout à fait y avoir le même type de transfert”.Car in fine dans le foot professionnel, multipropriété ou pas, quand un club puissant veut débaucher un élément d’un club moins puissant, l’inéluctable arrive aussi souvent.