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Ligue des champions: Joao Neves, l’improbable meilleur buteur du PSG

Le milieu portugais Joao Neves, incarnation de la jeunesse conquérante du Paris SG, n’en finit plus d’impressionner et de marquer, un atout non négligeable au moment de recevoir Tottenham en Ligue des champions mercredi (21h00).Parmi les retours de blessure des dernières semaines, celui de Joao Neves a été discret, mais sans doute tout aussi important que les autres.Car à 21 ans, l’activité et l’efficacité de ce joueur au physique pourtant peu imposant (1,74 m) sont précieuses pour une équipe championne d’Europe qui peine à retrouver la plénitude de sa saison dernière.Touché à l’ischio-jambier, Neves a dû ronger son frein de la mi-septembre à la fin octobre, observant les résultats en dents de scie de ses coéquipiers: défaite contre Marseille (1-0), matches nuls contre Lille (1-1) et Strasbourg (3-3)… Et ses premières minutes de reprise, entrant en cours de rencontre, ont été frustrantes contre Lorient (1-1) et le Bayern Munich (défaite 2-1).Mais son retour comme titulaire a coïncidé avec des victoires, contre Nice (1-0), Lyon (3-2) et Le Havre (3-0). Pas tout à fait un hasard…Joao Neves est complémentaire de l’autre relayeur Fabian Ruiz, plus grand et plus lent. Maillot rentré dans le short – une habitude gardée d’une obligation de son centre de formation dans le sud du Portugal -, Neves  est un travailleur infatigable à la récupération, doué techniquement et malin dans ses passes entre les lignes… Seul signe de ses 21 ans, il s’en remet encore beaucoup au chef d’orchestre Vitinha, situé un cran plus bas.- Renard des surfaces -Autre apport essentiel et spectaculaire, les buts. Des trois milieux, Joao Neves est désormais celui qui met le plus en pratique les principes de projection prônés par l’entraîneur Luis Enrique, avec six buts déjà cette saison en seulement neuf matches joués. Il est le meilleur buteur du PSG pour l’instant.Le Portugais avait notamment marqué les esprits par un triplé extraordinaire fin août contre Toulouse (6-3): deux retournés acrobatiques et une frappe lointaine en pleine lucarne. Il ne s’en est pas contenté et a aussi marqué pour redonner espoirs aux siens contre le Bayern, offrir la victoire à Lyon dans les derniers instants de la rencontre et enfoncer Le Havre.Retournés, tirs lointains, but de la tête et en renard des surfaces: Joao Neves a montré une panoplie digne d’un numéro 9. Il a raconté avoir travaillé des gestes de buteur depuis sa tendre enfance sur les pelouses de Tavira (sud du Portugal), et souvent encore à l’entraînement au Campus PSG. “J’essaie d’être intelligent” dans les déplacements, a-t-il aussi expliqué.La saison dernière aussi avait été remarquable sur le plan statistique, avec sept buts et 10 passes décisives. C’est peut-être dans ce domaine des “passes dé” que Neves peut faire mieux cette saison, puisqu’il n’en a tout simplement pas réussi. Contre Le Havre néanmoins, certaines inspirations ont débouché sur des caviars, gâchés par ses coéquipiers.Joao Neves fait preuve d’une détermination étonnante, comme lorsqu’il disait sans ciller, avant le huitième de finale de Ligue des champions contre Liverpool la saison dernière, que le PSG était une meilleure équipe… avant de le prouver sur le terrain (0-1, 1-0, qualification aux tirs aux buts).”C’est l’un des meilleurs joueurs de l’équipe actuellement. Peu importe qui marque, on veut juste gagner”, a estimé mardi l’attaquant du PSG Khvicha Kvaratskhelia.Sur le plan relationnel, parler les quatre langues utilisées dans le vestiaire (portugais, français, espagnol, anglais) a vite rendu “Joyau” Neves incontournable auprès de ses coéquipiers.En dehors des terrains, il n’a pas froid aux yeux, allant sur le délicat terrain de l’engagement citoyen. Dans une vidéo produite par les autorités portugaises à la mi-novembre, Neves a incité ses compatriotes à s’inscrire sur les listes électorales pour l’élection présidentielle de janvier.

Ligue des champions: Bruno Guimaraes, l’as de “coeur” de Newcastle

Le “coeur” de Newcastle, c’est lui: l’infatigable et très populaire milieu de terrain brésilien Bruno Guimaraes porte le brassard, les valeurs et les espoirs des Magpies, attendus mardi (21h00) à Marseille en Ligue des champions.L’ancien Lyonnais de 28 ans n’a pas encore sa statue devant St James’ Park, comme la légende Alan Shearer, mais le peuple Geordie (surnom des habitants de Newcastle) lui voue déjà un quasi-culte.”Il est fondamentalement comme les supporters: passionné, amoureux du football, amoureux du club”, résume Lee Ryder, suiveur de Newcastle pour le journal local The Chronicle. “C’est le coeur de l’équipe” (“heartbeat “en version originale), au premier degré.A son arrivée en janvier 2022, pourtant, “comme le football français ne passe pas beaucoup à la télé ici au Royaume-Uni, c’était un peu une inconnue pour nous”, prolonge-t-il auprès de l’AFP. “Mais il a vite montré aux fans de quoi il était capable, en marquant dès sa première titularisation, contre Southampton, d’une talonnade en volée spectaculaire”.- Guardiola l’adore -Le fonds souverain saoudien PIF, nouveau propriétaire, a eu le nez creux au moment de recruter le milieu de l’OL (2020-2022), une de ses premières prises de guerre, contre 50 millions d’euros, bonus compris.Le Brésilien a participé au maintien des Magpies la première saison, ramené le club en Ligue des champions en 2023 après vingt ans d’absence, et surtout soulevé comme capitaine la Coupe de la Ligue, leur premier trophée domestique en soixante-dix ans, en mars après une finale magnifique contre Liverpool à Wembley.”Quand il était à Lyon, déjà, on a commencé à réaliser qu’il était un joueur spécial. Newcastle a fait une incroyable acquisition, c’est une idole là-bas”, a déclaré vendredi l’entraîneur de Manchester City, Pep Guardiola, un “grand fan” du milieu.La masterclass livrée par Guimaraes contre les Citizens (2-1), le lendemain, n’a pu que conforter l’avis de l’Espagnol.Celui qui porte le N.39, en hommage au numéro du taxi que conduisait son père, a participé activement aux deux buts. Sur le premier, notamment, il échappe au pressing de deux adversaires, fait un une-deux avec Harvey Barnes, se rapproche de la surface et parvient, malgré le coup d’épaule d’un adversaire, à servir le buteur en tombant.- “Jouer comme un Geordie” -L’ancien milieu anglais Jamie Redknapp l’a trouvé “extraordinaire”, dans la construction du jeu et sa capacité à “éteindre les incendies” défensivement. Plus généralement, a assuré le consultant sur Sky News, “c’est l’un des meilleurs milieux de terrain au monde, car il sait absolument tout faire et il donne absolument tout sur le terrain”.”C’est un formidable leader et une personne très positive”, l’a aussi encensé son entraîneur, Eddie Howe, après la victoire.Le technicien a confié le brassard en 2024 à l’international auriverde, qu’il décrit souvent comme un “Geordie d’adoption”, et il ne l’a jamais regretté.”Bruno”, comme l’appelle le peuple des tribunes, est une boule d’énergie et d’émotions qui colle à l’image de ce club ancestral, fier et bagarreur. Il célèbre ses tacles comme des buts et les larmes lui montent aux yeux en cas de défaite.”Quand j’enfile le maillot, j’essaie toujours de jouer comme un Geordie, tout donner pour aider le club, la ville”, disait-il en conférence de presse, mi-septembre, à la veille du match perdu 2-1 contre Barcelone en Ligue des champions.Le natif de Rio de Janeiro l’avoue, son histoire d’amour avec le nord industriel de l’Angleterre était difficilement imaginable à son arrivée. “Les choses ont été encore meilleures que ce à quoi je m’attendais”, a-t-il dit, avec cette anecdote savoureuse: “je n’aurais pas pensé aller au restaurant sans jamais avoir à payer l’addition!”.