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Ligue 1: du futsal au rectangle vert, Samir El Mourabet avait besoin d’espace

Un premier but professionnel “gravé à vie” face à Crystal Palace jeudi (2-1) a mis encore un peu plus en lumière Samir El Mourabet, jeune Alsacien formé à Strasbourg, auteur d’un bon début de saison avant la réception de Brest dimanche (15h00) pour la 14e journée de Ligue 1.”Samir El Mourabet, Samir El Mourabet!” En zone mixte, Emmanuel Emegha, buteur lui aussi jeudi soir en Ligue Conférence, est passé furtivement mais on a bien compris qui était pour lui l’homme du match à l’instar d’Abdoul Ouattara qui immortalisait quelques minutes plus tôt, téléphone en main, la sortie médiatique de son coéquipier de 20 ans. “Ce but est gravé dans ma tête. C’est une fierté pour moi d’avoir marquer mon premier but, surtout à la Meinau et en plus en coupe d’Europe”, a glissé le milieu défensif prolongé début novembre jusqu’en 2030.En reprenant victorieusement un coup franc de Julio Enciso repoussé par la barre transversale à la 77e minute, d’un plat du pied, El Mourabet a apporté une victoire de prestige au Racing qui lui permet de pointer à la deuxième place de la phase de Ligue après quatre journées.Originaire de la cité de l’Ill, quartier populaire de Strasbourg, il est repéré à 9 ans et demi par Nourredine Aït Mouloud, conseiller technique régional (CTR) de la Ligue du Grand-Est, lors des séances du centre de perfectionnement technique organisées dans les quartiers et réservées aux U13.- D’abord non conservé par Strasbourg -Le CTR se souvient d’un garçon qui revenait à chaque séance dans son quartier même s’il n’y était pas convié car trop jeune: “Il n’avait rien à faire là, mais il avait une telle maîtrise, de la coordination qu’on l’a intégré avec nous.”Forcément, l’information est remontée jusqu’au Racing, qu’il rejoint à 10 ans. Pas conservé à l’issue de la préformation, jugé “peu conscient de son potentiel”, El Mourabet découvre le futsal, repéré par Patrick Feys, CTR de la Ligue d’Alsace en charge de la pratique.”Il réussit avec brio le concours d’entrée au Pôle France Lyon, raconte Feys. La première année, il fait la double pratique: futsal la semaine et football le week-end. La seconde, il se consacre entièrement au futsal. En U16, il jouait déjà avec l’équipe de France U19.”Mais le phénomène a la nostalgie du rectangle vert. Le monde pro du futsal lui tend les bras en Espagne mais il veut retenter sa chance au RCSA, qui finira par lui offrir une “licence amateur pour commencer” en 2022 avec les U19 Nationaux. “J’ai décidé de le mettre à chaque fois titulaire mais on avait un accord tous les deux: je voulais le voir aller dans le coeur du jeu, gratter des ballons, faire des courses, se projeter, aller devant le but, explique à l’AFP Régis Arnould, son entraîneur qui a permis son retour. C’était dur au début mais il a fait les choses pour revenir.”- Rosenior, “un projet de jeu futsal” -Lancé, El Mourabet n’a plus tremblé devant l’exigence du haut niveau en reprenant le fil de la formation avec son bagage unique à l’image de l’attaquant Wissam Ben Yedder, venu du futsal avant de se révéler à Toulouse (2010-2016).”Le pôle France a contribué à développer sa créativité. Avec Raphaël Reynaud (sélectionneur de l’équipe de France futsal, NDLR) il a travaillé le un contre un, le deux contre un. Et le projet de jeu de Liam Rosenior, c’est presque un projet de jeu futsal avec un gardien mobile, des relations à deux-trois et un jeu sous pression”, analyse Feys, aussi entraîneur-adjoint de l’équipe de France futsal U21.L’entraîneur anglais de Strasbourg l’a bien compris. Au milieu d’un recrutement estival massif (entre 120 et 130 millions d’euros, selon la presse sportive), Samir El Mourabet, international marocain U20 (9 sélections) a disputé tous les matches de championnat jusqu’à présent dont huit en tant que titulaire comme Valentin Barco et Joaquin Panichelli deux internationaux argentins. Un futsaleur qui a pris du champ.

Italie: la Roma de Gasperini défie le Napoli de Conte

Inattendus leaders de la Serie A, l’AS Rome et son entraîneur Gian Piero Gasperini s’étalonnent dimanche (20h45) face au champion en titre, Naples, qui, sous la direction d’Antonio Conte, peine à retrouver son efficacité de la saison dernière.. Conte, la bête noire de GasperiniConte, passé par la Juventus Turin (2011-14), l’Inter Milan (2019-21) ou encore Chelsea (2016-18), et Gasperini, qui s’est fait un nom en Europe en neuf saisons à l’Atalanta (2016-25), se sont déjà croisés à dix reprises.Et Conte qui a brièvement entraîné l’Atalanta (13 matches de Serie A en 2009-10) mène largement au bilan de leurs confrontations avec six victoires, deux nuls et deux défaites. Mais une statistique fait espérer les ultras de la Roma: le Stade olympique ne réussit pas vraiment à Conte qui, en huit visites pour y affronter la Roma, ne s’y est imposé qu’une seule fois, le 11 mai 2014 avec la Juventus Turin, pour quatre nuls et trois défaites.. Gasperini le magicienEn moins de six mois, Gasperini, 67 ans, a fait de la Roma à la surprise générale un candidat au titre 2025-26. Grâce au “Gasp”, les tifosi rêvent ouvertement d’un quatrième “scudetto”, 24 ans après le dernier conquis en 2001, alors que leur équipe n’a plus soulevé de trophée depuis sa victoire en 2018 en Coupe d’Italie.Pour les ultras “romanistes”, c’est bien simple: leur entraîneur, arrivé dans la capitale italienne en juin dernier, est un magicien. C’est en tous cas déguisé en sorcier qu’il a été représenté par un “street-artist”, fan de la Roma, sur un mur du quartier de Garbatella.Mais aucune magie dans les résultats de la Roma selon Gasperini: “du coeur, de la grinta et de la sueur”, a-t-il énuméré après le succès sur le terrain de la Cremonese (3-1), le neuvième succès de la Roma qui l’a propulsée en tête avec deux points d’avance sur ses premiers poursuivants.”Ce sont les ingrédients qui me plaisent, il faut encore y ajouter un peu de piquant et un peu de sel”, a prévenu l’intransigeant techncien italien qui sera en tribunes dimanche après son exclusion contre la Cremonese.Pour Gasperini, ce choc contre le Napoli est un test important, après les deux défaites concédés contre l’AC Milan et l’Inter Milan (1-0 à chaque fois): “On avait réussi deux grands matches, cela nous avait donné de la confiance, mais c’était deux défaites. On va voir si on a progressé”, a-t-il prévenu. . Conte le revenantComme Gasperini, Conte, 56 ans, est un entraîneur de tempérament, coutumier des coups de gueule contre les arbitres, célébrant les buts de son équipe comme s’il était encore joueur Mais rarement l’ancien sélectionneur de l’Italie (2014-16) n’était apparu aussi abattu après une défaite que le 9 novembre après un revers à Bologne (2-0).”Il faut faire quelque chose, parce que je n’ai pas envie d’accompagner un mort”, avait-il alors déclaré, le visage fermé, remonté contre ses joueurs.Pendant la trêve internationale qui a suivi, sa décision de partir de Naples pendant une semaine, a alimenté les rumeurs de son prochain départ, moins de dix-huit mois après son arrivée.Mais Conte et le Napoli, décimé par les blessures et absences (De Bruyne, Gilmour, Anguissa, Meret, Lukaku), ont depuis rebondi, avec deux victoires, contre l’Atalanta (3-1) et Qarabag (2-0) en championnat.”Cette équipe n’est pas morte”, a-t-il insisté, comme pour refermer son coup de blues de Bologne.

Ligue 1: peu inspiré, le PSG dominé par Monaco et menacé en tête

Sans inspiration, le Paris SG a été dominé par un Monaco appliqué à Louis-II (1-0) samedi lors de la 14e journée de Ligue 1, et risque d’être dépassé par Lens en tête du classement.Le PSG, qui enregistre sa deuxième défaite en championnat – après le revers à Marseille (1-0) – totalise 30 points. Si le nul de l’OM contre Toulouse (2-2) samedi soir offre un répit aux Parisiens, une victoire de Lens contre Angers dimanche (17h15) entraînerait la perte du trône. “Le plus mauvais match de notre saison”, a cinglé l’entraîneur Luis Enrique.L’opération est belle en revanche pour Monaco, en recherche de résultats sous l’ère Sébastien Pocognoli, et qui avec 23 points remonte provisoirement à la sixième place, tout en donnant à nouveau quelques minutes de jeu à Paul Pogba, acclamé pour sa première à domicile.Tant Paris que Monaco avaient joué mercredi en Ligue des champions et cela s’est ressenti samedi à Louis-II. Non pas que les deux équipes aient manqué d’envie ou d’engagement, mais quelque chose a cloché sur le plan des idées et de leur exécution, surtout côté parisien.Le PSG a pourtant aligné son trio magique au milieu, avec un Vitinha lancé par son triplé contre Tottenham (5-3) mercredi. Mais comme un symbole, les frappes lointaines qui avaient si bien réussi au Portugais au Parc des Princes ont toutes été contrées samedi. Le Géorgien Khvicha Kvaratskhelia a aussi vu ses tentatives contenues, et il a oublié l’entrant Ousmane Dembélé (encore sur le banc au coup d’envoi et discret après son entrée) sur un débordement intéressant (76e). Quant à Fabian Ruiz, il a été anormalement imprécis (frappes non cadrées aux 20e et 74e minute), offrant même un ballon très dangereux aux Monégasques (28e).- Chevalier s’est fait peur -D’habitude, une soufflante à la mi-temps de l’entraîneur Luis Enrique suffit à remettre les siens à l’endroit, mais Monaco a continué à marquer son territoire. Car ce sont bien les locaux qui ont dominé la rencontre, se créant la majorité des grosses occasions. L’exclusion de Thilo Kehrer pour une faute en tant que dernier défenseur (80e) n’a pas fondamentalement changé la physionomie du match.Monaco a bien connu quelques ratés comme une passe de décalage trop appuyée de Maghnes Akliouche sur une contre-attaque intéressante, qui a provoqué la déception sonore du public (53e).C’est sur un ballon dans le dos des défenseurs parisiens que les Monégasques ont fini par faire mouche, récompensant leur domination. Aleksandr Golovin, lancé par Mohammed Salisu, a soigné son centre pour Takumi Minamino, qui a trouvé le petit filet de Chevalier sur sa reprise (69e), pour décrocher un avantage finalement décisif.Auparavant les Rouge et blanc, portés par un Akliouche déterminé, ont été solides défensivement, et ont pilonné les six mètres de Lucas Chevalier de ballons aériens. Mais ni Takumi Minamino (28e) ni Thilo Kherer, contre son ancien club, n’avaient alors réussi à tromper le portier parisien, solide en dépit d’un début de saison compliqué.Le gardien du PSG a surtout été accroché violemment à la cheville par un tacle de Lamine Camara (10e), et à terre pendant plusieurs minutes. Alors que Matvey Safonov avait commencé à s’échauffer, Chevalier a finalement pu reprendre sa place.Il a ensuite expliqué au micro de Bein s’être fait peur: “Je pense que ma carrière aurait pu prendre un tournant, j’ai eu beaucoup de chance”. “Je crois qu’il y a des gestes qu’on doit éviter parfois”, a-t-il ajouté.Lucas Chevalier est sorti du vestiaire en boitant légèrement, la mine sombre, sans s’exprimer davantage auprès de la presse.

Angleterre: Manchester City à l’arraché, Sunderland à la folie

Phil Foden, auteur d’un doublé, a retiré une épine du pied de Manchester City, vainqueur dans la douleur samedi du mal-classé Leeds (3-2) et talonné par l’intenable promu Sunderland, qui a battu Bournemouth (3-2) au terme d’une remontée fantastique.Manchester City (2e, 25 points) conserve trois longueurs d’avance sur Sunderland (4e, 22 pts) et prend la deuxième place en attendant l’affiche de la 13e journée entre Arsenal (1er, 29 pts) et Chelsea (3e, 23 pts), dimanche à Stamford Bridge.Mais que ce fut laborieux pour l’équipe de Pep Guardiola…A domicile, ses protégés devaient se reprendre après avoir concédé deux défaites d’affilée en l’espace d’une semaine, à Newcastle (2-1) et face au Bayer Leverkusen (2-0).L’opération rachat a débuté tambour battant puisque Phil Foden a marqué seulement cinquante-neuf secondes après le coup d’envoi, d’un joli tir entré avec l’aide de la barre transversale (1re, 1-0).Le défenseur Josko Gvardiol a doublé la mise, après un corner, dès la première demi-heure de jeu (25e, 2-0) et la victoire semblait déjà acquise ou presque pour les Citizens.Mais Leeds s’est remis sur les rails grâce à Dominic Calvert-Lewin, auteur d’une entrée tonitruante à la mi-temps. L’ancien attaquant d’Everton a profité des hésitations de la défense mancunienne (49e, 2-1) puis il a obtenu un pénalty sur un tacle insensé de Gvardiol. Son coéquipier Lukas Nmecha a converti en deux temps, malgré un arrêt de Gianluigi Donnarumma (68e, 2-2).Il a fallu un nouveau but de Foden dans le temps additionnel (90e+1), sur une passe de l’entrant Rayan Cherki, pour éviter une nouvelle grosse déconvenue.- Le Bris, coaching gagnant -Sunderland et son entraîneur français Régis Le Bris ont connu un scénario inverse: une entame catastrophique et une remontée fantastique.Bournemouth a d’abord créé la stupeur en inscrivant deux buts dès le premier quart d’heure au Stadium of Light, où les locaux n’ont pas perdu le moindre match cette saison.Amine Adli a d’abord fait mouche, à l’affût d’un tir d’Evanilson repoussé par le gardien puis un poteau (7e, 0-1), puis Tyler Adams a réussi un superbe lob à plus de 40 mètres de la cage (15e, 0-2).Mais Enzo Le Fée a réduit l’écart sur un pénalty frappé en force (30e, 2-1) et Bertrand Traoré a égalisé en tout début de seconde période, à la réception d’une belle passe cachée de Granit Xhaka (46e, 2-2).Les Black Cats ont complété leur folle remontada sur un corner d’Enzo le Fée repris de la tête de Brian Brobbey (69e, 3-2), l’avant-centre néerlandais lancé une poignée de minutes plus tôt par Régis Le Bris.”Ce championnat est vraiment exigeant, vous faites deux erreurs et vous êtes punis”, a commenté l’entraîneur auprès de la BBC. “Beaucoup d’équipes abandonneraient, mais ce n’était pas le cas pour nous aujourd’hui”.En début de soirée, Newcastle a surclassé Everton (4-1) et retrouvé des couleurs, quatre jours après sa défaite 2-1 à Marseille en Ligue des champions.Il s’agit d’une très rare victoire à l’extérieur pour les Magpies; la première depuis avril en Premier League, la deuxième seulement cette saison après celle ramenée de Belgique contre l’Union Saint-Gilloise (4-0) début octobre.Dans les autres matches, il y a eu une victoire écrite sur le tard par Brentford contre Burnley (3-1) et une autre esquissée très tôt par Fulham à Tottenham (2-1).Il y avait encore 0-0 à la 80e minute dans la première rencontre, avant un doublé express d’Igor Thiago (81e, 86e), le deuxième meilleur buteur de Premier League derrière Erling Haaland, et un dernier but de Dango Ouattara (90e+2).Burnley, l’avant-dernier, avait pourtant brièvement entretenu l’espoir sur un pénalty de Zian Flemming (85e, 1-1).Fulham a lui rapidement mené 2-0 sur la pelouse de Tottenham, grâce à Keny Tete (4e) puis à Harry Wilson (6e), venu profiter d’une très mauvaise sortie de Guglielmo Vicario loin de son but.Mohammed Kudus a sauvé l’honneur (59e), sans empêcher la défaite ni les sifflets au coup de sifflet final.