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Ligue des champions: le PSG et le Real proches des 8e, l’Inter et la Juve de la sortie
Le PSG, qui reçoit mercredi Monaco en barrages retour après sa victoire renversante (3-2) à l’aller, est favori pour rallier les huitièmes de la Ligue des champions, comme le Real Madrid face à Benfica, qu’il a dominé (1-0) à Lisbonne dans un climat délétère marqué par des accusations de racisme. A l’inverse, l’Inter Milan et la Juventus Turin, les autres cadors de ces barrages, sont très proches d’une élimination après leur lourde défaite la semaine dernière, en Norvège contre Bodo Glimt (3-1) et à Istanbul face à Galatasaray (5-2). Toujours à la recherche de son implacable régularité de la deuxième partie de saison dernière, l’équipe de Luis Enrique a tout d’abord montré à Monaco des grands signes de fébrilité avant d’imposer sa domination. Menés 2-0 dans les vingt premières minutes au stade Louis-II, les champions d’Europe ont tout renversé et sont bel et bien partis pour poursuivre leur route s’ils ne jouent pas au Parc des Princes (21h00) comme ils l’ont fait en début de match à Monaco. Car en face, les Monégasques, réduits à dix en Principauté pendant presque toute une mi-temps, sont capables d’un exploit comme ils l’ont prouvé samedi en Ligue 1 en retournant le match à Lens (3-2).L’autre choc se déroulera à Bernabeu entre le Real Madrid et le Benfica Lisbonne, après la victoire des coéquipiers de Kylian Mbappé (1-0) dans un climat très tendu.Au-delà du court succès du Real, le match a été marqué par des accusations de propos racistes qu’aurait tenus envers Vinicius Junior l’Argentin Gianluca Prestianni, qui réfute ces propos. Le joueur du Benfica a été “suspendu provisoirement” pour “comportement discriminatoire”, par l’UEFA pour le barrage retour mercredi, a annoncé lundi l’instance européenne, en attendant les conclusions de l’enquête ouverte .Le retour aura lieu dans ce contexte brûlant, puisque sportivement le Real ne s’est pas rassuré ce week-end en s’inclinant (2-1) contre Osasuna en championnat. – L’Inter et la Juve en danger -Mardi soir (21h00) au Stadio Giuseppe-Meazza, l’Inter — leader de Serie A — devra se relever de son revers étonnant contre les Norvégiens de Bodo Glimt (3-1), à l’issue d’un match pendant lequel les hommes de Cristian Chivu ont également perdu leur capitaine Lautaro Martinez, sorti en raison d’une blessure.Déjà tombeurs de Manchester City (3-1) ou l’Atlético Madrid (2-1) en phase de ligue, Bodo Glimt a confirmé son statut d’équipe surprise de cette saison européenne, avec des attaques rapides et une défense parfaitement en place.L’autre (mauvaise) surprise de ces barrages est aussi italienne: la Juventus Turin a été surclassée par Galatasaray (5-2), hypothéquant ses chances de qualification. Comme les Intéristes, les Turinois seront dos au mur mercredi (21h00), au coeur d’une saison très compliquée.Le Borussia Dortmund a pris, lui, une option sur la qualification en battant à l’aller l’Atalanta (2-0), qu’il ira affronter à Bergame mercredi (18h45).L’Atlético Madrid d’Antoine Griezmann, accroché à Bruges la semaine dernière (3-3) après avoir mené à deux reprises, doit hausser son niveau à domicile mardi (18h45). Les Colchoneros se sont relancés ce week-end en Liga pour se mettre dans les meilleures conditions avant ce barrage retour. Après leurs confortables succès lors de la première manche à l’extérieur, Newcastle et le Bayer Leverkusen, qui reçoivent mardi (21h00) respectivement l’Olympiakos et Qarabag, devraient valider plus tranquillement leur ticket pour la phase à élimination directe.
Foot: accusé de racisme, le joueur argentin de Benfica Prestianni suspendu face au Real par l’UEFA
Gianluca Prestianni, l’attaquant argentin du Benfica Lisbonne accusé de racisme par des joueurs du Real Madrid lors du barrage aller de Ligue des champions, a été “suspendu provisoirement” par l’UEFA et ne pourra pas disputer le match retour mercredi à Madrid, a annoncé l’instance européenne lundi.En attendant les conclusions de l’enquête, l’organe de discipline et d’éthique (CEDB) de l’UEFA “a décidé aujourd’hui (lundi) de suspendre M. Gianluca Prestianni” pour “comportement discriminatoire”, peut-on lire dans le communiqué.La rencontre, disputée mardi dernier à Lisbonne et remportée 1-0 par les Madrilènes, a été interrompue une dizaine de minutes après que l’attaquant brésilien Vinicius Junior s’est plaint d’avoir été traité de “singe” par l’Argentin. Des accusations que ce dernier a réfutées sur son compte Instagram, arguant que le Madrilène avait “malheureusement mal interprété ce qu’il a cru entendre”.Le Benfica Lisbonne a réagi immédiatement à la décision de l’UEFA, disant “regretter d’être privé du joueur alors que la procédure est encore en cours d’instruction”, tout en assurant de son “engagement indéfectible dans la lutte contre toute forme de racisme ou de discrimination”.Le club portugais “fera appel de cette décision de l’UEFA, même si les délais en question auront difficilement un quelconque effet pratique pour le match retour du barrage de la Ligue des champions”, ajoute-t-il dans un communiqué. La rencontre est programmée mercredi à 21h00.Parallèlement à l’enquête menée par un inspecteur spécialiste des questions d’éthique et de discipline de l’UEFA, l’Autorité portugaise pour la prévention et la lutte contre la violence dans le sport a elle aussi annoncé la semaine dernière l’ouverture “d’une procédure de sanction administrative afin d’établir les faits”.Après avoir inscrit l’unique but de la partie à la 50e minute, Vinicius Jr a chambré le public du stade de la Luz, déclenchant une vive discussion avec plusieurs joueurs du Benfica, ce qui lui a valu un carton jaune.Alors que le match semblait sur le point de reprendre, le Brésilien a couru vers l’arbitre en pointant du doigt Prestianni et en se plaignant d’avoir été traité de singe (“mono” en espagnol) par l’Argentin. La partie a été interrompue pendant près de dix minutes par l’arbitre qui a ensuite décidé de la faire reprendre sans autre sanction.Après le match, Kylian Mbappé avait estimé en zone mixte que Prestianni ne “méritait pas de disputer la Ligue des champions”. “L’UEFA, avait ajouté l’attaquant français, essaie de faire bouger les choses, mais il s’agit d’un cas grave et j’espère que des décisions seront prises, avec calme.”
En Premier League, un week-end “épouvantable” et banal de racisme en ligne
Quatre joueurs du championnat d’Angleterre, dont le Français Wesley Fofana, ont été victimes d’attaques racistes en ligne durant un “épouvantable” week-end, relançant le débat sur l’impunité des agresseurs et la responsabilité des plateformes.”En 2026, c’est toujours la même chose, rien ne change. Ces gens-là ne sont jamais punis. Vous lancez des grandes campagnes contre le racisme, mais en réalité personne ne fait rien”, a taclé le défenseur de Chelsea, samedi sur Instagram.Le natif de Marseille a partagé certains des messages à caractère raciste qu’il a reçus sur Instagram après le match contre Burnley (1-1), pendant lequel il a été expulsé. Depuis ces comptes anonymes, il est insulté et comparé à “un singe” dont la place est “dans un zoo”.Son adversaire Hannibal Mejbri, international tunisien né en France, a lui aussi subi des attaques, tout comme l’ailier anglais Romaine Mundle (Sunderland) et l’attaquant nigérian Tolu Arokodare (Wolverhampton) dimanche.- “Ecoeuré”Il est “incroyable” que des gens aient “autant de liberté pour exprimer un tel racisme, sans aucune conséquence”, a protesté le joueur des Wolves, pris pour cible sur les réseaux sociaux après son pénalty manqué lors de la défaite contre Crystal Palace. Son club, “écoeuré”, a dit se tenir “résolument à ses côtés, ainsi qu’aux côtés de tous les footballeurs contraints de subir ces abus de la part de comptes anonymes agissant dans une apparente impunité”.”Ce week-end a été épouvantable (…)”, a aussi commenté Kick It Out, la principale association de lutte contre les discriminations dans le football anglais, “mais le triste constat, c’est que nous savons que cela se produit régulièrement”.En un seul week-end en novembre dernier, plus de 2.000 messages particulièrement violents avaient été publiés sur les réseaux à l’encontre des entraîneurs et joueurs évoluant dans les premières divisions masculine (Premier League) et féminine (Women’s Super League), dont des menaces de mort et de viol, selon une enquête de la BBC.Interrogée par le groupe audiovisuel britannique, l’entraîneuse française de Chelsea, Sonia Bompastor avait alors pointé du doigt les plateformes de réseaux sociaux qui “ne font pas leur travail, elles n’assument ni leur responsabilité ni leurs obligations”. Le jour même, Chelsea annonçait un partenariat entre sa section féminine et le groupe Signify, dont l’outil Threat Matrix permet d’identifier et de désanonymiser les comptes à l’origine des abus.Le club d’Arsenal, qui utilise ce service depuis cinq ans, a interdit de stade une trentaine de ses supporters entre 2021 et 2025 pour divers motifs (racisme, homophobie, menaces de mort, etc.), selon des chiffres du club compilés par l’AFP.- Enquête ouverte -En février 2025, un nouveau groupe de travail a été constitué pour s’attaquer au fléau, réunissant notamment la Premier League, l’autorité régulatrice des télécommunications (Ofcom), le syndicat des joueurs et l’unité de police en charge du football (UK Football Policing Unit, soit UKFPU).Dans un communiqué lundi, l’UKFPU a annoncé enquêter sur les événements du week-end et assuré que des condamnations ont été prononcées “ces derniers mois”, avec “d’importantes interdictions de stade” à la clé. Mais, a-t-elle aussi reconnu, “beaucoup reste à faire”.”Le racisme subi par ces footballeurs est odieux”, a aussi réagi lundi un porte-parole du Premier ministre britannique Keir Starmer, en appelant les plateformes à réguler davantage.Meta, propriétaire de Facebook et Instagram notamment, “a indiqué qu’elle continuerait à œuvrer pour protéger les personnes contre les abus. Les ministres les tiendront pour responsables afin de s’assurer que cela se concrétise”, a-t-il asséné.Contacté par l’AFP, le groupe américain n’avait pas répondu en début d’après-midi.”Personne ne devrait être exposé à des insultes racistes, et nous supprimons ce contenu lorsque nous le trouvons”, a assuré ce week-end un porte-parole auprès de la BBC. Meta continuera “à travailler pour protéger notre communauté contre les abus et à coopérer avec les enquêtes de police”.


