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Mercosur: “La France s’opposerait de manière très ferme” à un éventuel “passage en force” de l’UE, dit Macron

Emmanuel Macron a prévenu mercredi en Conseil des ministres que “la France s’opposerait de manière très ferme” s’il y avait “une volonté de passage en force de la part des instances européennes” sur l’accord commercial avec les pays du Mercosur, a rapporté la porte-parole du gouvernement.Le président juge toujours qu’il n’y a “pas de visibilité suffisante sur les trois conditions demandées” par la France, “les mesures miroir, la clause de sauvegarde et les contrôles”, a-t-elle ajouté devant la presse.La Première ministre italienne Giorgia Meloni a pour sa part estimé mercredi qu’il était “encore prématuré” de signer “dans les prochains jours” le traité de libre-échange négocié par l’UE avec les pays sud-américains du Mercosur.La position de l’Italie sur ce dossier, jugée décisive, était particulièrement attendue alors que la France a fait monter la pression sur Bruxelles pour obtenir un report de l’adoption de cet accord commercial en 2026. Pour autant, la France “ne considère pas comme acquis” un report de la signature du traité, a précisé Mme Bregeon.Mais la position de Rome “est bien la preuve” que “la France n’est pas seule et que d’éminents pays européens sont alignés aujourd’hui avec la position que porte le président” Emmanuel Macron, a-t-elle ajouté.Cet accord créerait la plus grande zone de libre-échange au monde et permettrait à l’UE d’exporter davantage de véhicules, de machines, de vins et de spiritueux vers l’Amérique latine, tout en facilitant l’entrée en Europe de la viande bovine, du sucre, du riz, du miel et du soja sud-américains.A l’inverse, l’Allemagne a appelé à signer ce traité cette semaine, tout comme l’Espagne, également favorable à cet accord passé entre l’UE et le Mercosur, composé du Brésil, de l’Argentine, de l’Uruguay et du Paraguay.La présidente de la Commission européenne Ursula von der Leyen espère toujours signer ce traité lors du sommet du Mercosur samedi dans la ville brésilienne de Foz do Iguaçu. Mais elle a besoin au préalable de l’aval d’une majorité qualifiée d’Etats membres à Bruxelles. 

Jordan Bardella, 30 ans, l’âge des doutes

Surexposé par son statut de favori des sondages, Jordan Bardella est désormais attaqué sur sa jeunesse et son inexpérience du pouvoir. “Mépris social”, riposte l’intéressé, soutenu en bloc par ses troupes malgré de premiers signes de fragilité.La machine tourne à plein régime. Chaque week-end, des séances de dédicaces aux six coins de l’Hexagone. Bonjour, autographe, selfie: 30 secondes, au suivant.La semaine, entre réunions au siège parisien du Rassemblement national et sessions européennes à Bruxelles ou Strasbourg, le meilleur espoir masculin de l’extrême droite française enchaîne les passages télé. Au rythme de deux émissions hebdomadaires en moyenne depuis la sortie de son dernier livre fin octobre.A la longue, la machine s’enraye. Comme samedi soir sur le plateau de “Quelle Epoque!” sur France 2, quand il cale et se répète sur Nicolas Sarkozy, puis Donald Trump: “Où est-ce qu’il trouve toute cette énergie?”. Erreur d’inattention, sanction immédiate: “Au secours le cirage de pompes”, lâche, assassine, l’ex-ministre devenue chroniqueuse Roselyne Bachelot, assise à ses côtés.Pas à son avantage dans cette courte séquence – devenue virale – Jordan Bardella touche une limite de sa communication perpétuelle. Deux jours plus tôt déjà, face à un panel de Français sur BFMTV, il avait peiné à convaincre l’assistance sur son programme économique et sa position sur l’Ukraine. Comme un avant-goût de ce qui l’attend s’il doit remplacer au pied levé une Marine Le Pen empêchée de concourir à la présidentielle.Un doute s’instille: et s’il n’était pas prêt? Ses adversaires s’engouffrent dans la brèche, lui dressent un procès en amateurisme. Xavier Bertrand le premier, qui juge “creux” et “pas capable de diriger le pays” celui qui, “du haut de ses 30 ans” n’a “pas travaillé ses dossiers” et “ne connaît rien à la vie”.”On ne s’improvise pas” à l’Elysée “sans avoir géré ni des grandes collectivités ni des entreprises”, tacle à son tour Bruno Retailleau.- “Tenir la pression” -Bien plus inquiet, un socialiste de premier rang constate que “Bardella apparaît comme une feuille blanche pour toute une série d’acteurs à droite”. Mais “la réalité c’est que tout glisse sur lui”, se désole ce ténor qui prédit à la gauche “le combat le plus difficile de (son) existence”.Pour l’heure, le champion de l’opinion pour la présidentielle de 2027 se contente de parer les attaques. Fort d’une avance considérable, il dénonce “une forme de mépris social” venant de “certaines élites médiatiques et politiques” contre la réussite d’un gamin de banlieue, sans autre diplôme que le bac.A ceux qui le voient trop haut, trop tôt, il réplique qu’il préfère ça “plutôt qu’on vienne (lui) dire dans quelques années que c’est trop tard”. L’air grave, il confesse son “sentiment de faire à 30 ans ce qu’on fait normalement à 50 ans dans la vie” et d’être “écrasé par le poids des responsabilités”.Derrière lui, le Rassemblement national serre les rangs. “Evidemment qu’il a de l’expérience”, affirme son porte-parole Aleksandar Nikolic, convaincu que les deux campagnes européennes victorieuses du patron du parti à la flamme “montrent qu’il est capable de tenir la pression à un niveau très élevé”.”Il se prépare sérieusement, jusqu’ici il n’a pas fait d’erreur”, abonde un député, qui reconnaît toutefois que “l’âge est évidemment quelque chose qu’il faudra qu’on travaille”.A sa décharge, “pour l’instant c’est un président de parti, donc il est beaucoup dans l’équilibre” vis-à-vis de Marine Le Pen et de leurs lieutenants respectifs, mais “à partir du moment où il sera candidat, il pourra être plus tranché”, ajoute cet élu expérimenté.Un autre cadre trépigne presque de le voir exprimer son plein potentiel. “Ce qui fait un bon politique, c’est d’être connecté aux gens. Jordan sait de quoi il faut parler et quand il faut en parler”.Quitte à rendre coup pour coup à ses détracteurs, selon ce responsable : “Il faut être plus en offensif qu’en défensif. On n’a pas de leçons à recevoir de ces gens. Il faut marteler leur bilan, il faut les défoncer”.

Municipales à Paris: l’écologiste Belliard favorable à une union de la gauche dès le premier tour

L’écologiste David Belliard s’est dit favorable mercredi à une union de la gauche hors LFI, dès le premier tour des municipales à Paris, derrière le candidat socialiste Emmanuel Grégoire, un accord qualifié d'”historique”.”A partir de 9H00 du matin (mercredi), j’invite (…) tous les écologistes parisiens à voter pour cet accord (…) pour que nous fassions une liste commune, une union très très large de toutes les forces de gauche qui le souhaitent. C’est nouveau, c’est vraiment quelque chose d’historique pour nous”, a déclaré au micro de franceinfo le candidat écologiste dans la capitale.C’est la première fois que socialistes et écologistes feraient campagne ensemble dès le premier tour des municipales.Cet accord, qui prévoit également le désistement du candidat communiste Ian Brossat, sera soumis au vote des trois formations politiques, dont les 2.500 adhérents écologistes. “Ce soir, dans la nuit, on connaîtra la réponse et (…) dès demain moi je suis prêt, dans toutes les configurations, à continuer la campagne”, a ajouté M. Belliard, disant souhaiter “bousculer cette élection en faisant quelque chose d’historique”.Selon un sondage Ipsos publié samedi dans Le Parisien, une union de la gauche derrière Emmanuel Grégoire au premier tour obtiendrait 32% des voix, devant la droite emmenée par Rachida Dati (27%), également soutenue par le MoDem, le candidat Horizons soutenu par Renaissance Pierre-Yves Bournazel (14%) et la candidate LFI Sophia Chikirou (13%).Interrogé sur la possibilité d’une union au second tour avec LFI, David Belliard s’est dit favorable à une “candidature unique à gauche”. “On est dans une élection difficile, dans laquelle il y a des enjeux qui sont des enjeux énormes pour Paris (…)  Et nous avons face à nous une droite qui est une droite populiste, affairiste, qui aujourd’hui est très brutale”, a-t-il souligné.Initialement annoncée pour octobre, cette alliance, qui pourrait également associer Place publique, L’Après (ex-LFI) et Génération.s., est le fruit de plus de trois mois de tractations serrées.Les discussions achoppaient notamment sur la place des écologistes en lice pour le Conseil de Paris dans un contexte de changement de mode de scrutin, ainsi que sur la possibilité pour les écologistes d’obtenir une troisième mairie écologiste sur les cinq aujourd’hui administrées par les socialistes.”L’accord qui est proposé au vote (…) propose une gouvernance partagée”, c’est-à-dire “de mettre fin à l’hégémonie d’un seul parti et de faire ensemble”, a précisé David Belliard.

Dermatose: le gouvernement promet d’accélérer sur la vaccination

Pour tenter de désamorcer la colère des agriculteurs, le gouvernement promet une accélération de la vaccination dans le Sud-Ouest contre la dermatose nodulaire contagieuse, avec 750.000 bovins supplémentaires ciblés et le recours à des vétérinaires militaires.”Dans les semaines qui viennent, il faut que l’intégralité (de ce) cheptel soit vacciné et nous nous y employons” pour juguler la propagation de la maladie, a annoncé mardi soir la ministre de l’Agriculture, Annie Genevard, à la sortie d’une réunion à Matignon.Cet objectif vient affiner la fourchette de 600.000 à 1 million d’animaux supplémentaires devant être vaccinés, jusqu’ici évoquée par le ministère.Plus tôt, le Premier ministre, Sébastien Lecornu, avait déjà promis “d’accélérer” la vaccination, pour rassurer les éleveurs très mobilisés dans le Sud-Ouest contre la gestion de cette crise par le gouvernement.”Mais pour ça, il faut absolument qu’on ait les doses de vaccins disponibles et qu’on arrête de courir après les doses comme on est en train de le vivre en ce moment”, prévient Yohann Barbe, président de la FNPL (producteurs de lait).Car cette campagne vaccinale représente un défi logistique majeur, les doses devant être acheminées vers les dix départements situés à l’intérieur d’un “cordon sanitaire”: l’Ariège, le Lot, la Haute-Garonne, les Hautes-Pyrénées, les Pyrénées-Orientales, le Gers, les Landes, les Pyrénées-Atlantiques, l’Hérault et le Tarn.Un stock de 500.000 vaccins, fourni par le ministère de l’Agriculture, est déjà en cours d’acheminement vers le Sud-Ouest, et “une première livraison de 400.000 doses”, issues d’une commande réalisée la semaine dernière auprès des Pays-Bas, sera acheminée prochainement, a détaillé Annie Genevard.En plus des vétérinaires des services de l’Etat, le gouvernement mobilisera pour les injections des vétérinaires volontaires (libéraux, retraités ou en activité), des vétérinaires militaires (parmi les 70 en service) et des élèves vétérinaires.- Poursuite des blocages -Au total, 113 foyers de dermatose nodulaire contagieuse ont été recensés en France, depuis l’apparition de la maladie en juin en Savoie. Mais à ce jour, “il n’y a plus de foyers infectieux”, a assuré la ministre.Plus de 3.300 bêtes ont été abattues sur un cheptel bovins de quelque 16 millions bovins.La Confédération paysanne a appelé mardi soir “à amplifier et durcir les mobilisations”, estimant que le gouvernement ne répondait pas à ses revendications (l’ouverture vaccinale sur toute la France et la fin de l’abattage total dès la détection d’un cas).”Il n’y a pas grand chose qui a changé”, a réagi Jérôme Bayle, figure du mouvement agricole de 2024, sur BFMTV. “On s’oppose fermement à l’abattage total du moment qu’on a vacciné”, a-t-il souligné depuis un point de blocage de l’A64.Mardi, au septième jour de mobilisation, plusieurs axes routiers et ferroviaires étaient bloqués dans le Sud-Ouest à l’appel des syndicats Coordination rurale, radicale et parfois ouvertement proche de l’extrême droite, et Confédération paysanne, classée à gauche.En fin d’après-midi, 75 actions étaient recensées par le ministère de l’Intérieur, mobilisant 3.400 personnes.Après avoir entravé le trafic ferroviaire entre Toulouse et Narbonne toute la journée de mardi, des éleveurs ont investi l’autoroute A61, stoppant le trafic dans le sens Carcassonne-Toulouse.Au niveau de Cestas, au sud de Bordeaux, l’A63 est bloquée dans les deux sens, perturbant notamment le trafic des poids lourds en provenance d’Espagne.D’autres actions sont déjà prévues mercredi à Limoges, où la Coordination rurale appelle les paysans à monter un mur de foin et de paille devant la préfecture.- “Mercosur” -Sébastien Lecornu recevra vendredi les syndicats agricoles, aussi remontés par la perspective d’une signature du traité de libre-échange entre l’Union européenne et des pays latino-américains du Mercosur.La FNSEA, premier syndicat agricole, a appelé à manifester à Bruxelles jeudi à l’occasion du sommet des chefs d’Etat européens invités à valider l’accord.Le président Emmanuel Macron, qui a demandé un report à 2026 du vote prévu à Bruxelles, a redit lundi soir aux dirigeants de l’UE, lors d’un déplacement à Berlin pour des échanges sur l’Ukraine, son opposition à la signature de l’accord.Et le Sénat a voté mardi une résolution invitant le gouvernement français à saisir la Cour de justice de l’Union européenne pour “faire barrage” à l’accord de libre-échange, accusant Bruxelles de “contourner les Parlements nationaux”.bur-are-alh-jmi/abb/bfi

Macron à Marseille réaffirme la “guerre” au narcotrafic

Traque des têtes de réseaux, augmentation de l’amende forfaitaire pour les consommateurs de drogues, hommage à la famille Kessaci: Emmanuel Macron a martelé mardi à Marseille sa détermination à mener la “guerre” contre le narcotrafic.Le déplacement présidentiel a débuté par un geste symbolique fort, avec un temps de recueillement sur la tombe de Mehdi Kessaci, assassiné le 13 novembre à l’âge de 20 ans, sans doute pour intimider son frère Amine, militant engagé contre l’emprise des réseaux de trafic de drogue.Un assassinat qui a sidéré la ville, pourtant coutumière des violences liées au trafic de stupéfiants. Même si le nombre de personnes tuées est en baisse depuis deux ans, 17 cette année dans le département, contre 24 l’an dernier et 50 en 2023.Mehdi Kessaci “a été attaqué parce qu’on attaquait” les trafiquants, a estimé M. Macron devant un groupe de policiers lors de l’inauguration d’un commissariat dans les quartiers Nord de Marseille, en présence d’Amine Kessaci, 22 ans, et de sa mère. “C’est une famille courageuse qui se bat, comme beaucoup de Marseillaises et de Marseillais. On ne doit rien lâcher, parce que ce qu’ils (les trafiquants) cherchent à faire, c’est à intimider”, a ajouté le président.- Balle perdue -M. Macron a également rencontré la mère de Socayna, jeune étudiante tuée par une balle perdue alors qu’elle étudiait dans sa chambre en 2023, un drame qui avait déjà secoué la deuxième ville de France.Dans la matinée, lors d’un “face aux lecteurs” du quotidien régional La Provence, le président a promis de mener une “guerre aux réseaux qui tuent des jeunes innocents”, assurant qu’il “n’y a(vait) aucune chance qu’ils (les réseaux) gagnent”.Il a affiché sa volonté d’aller “chercher dans les pays où sont les têtes de réseau de la coopération, pour pouvoir saisir leurs biens, pour pouvoir arrêter les têtes de réseau, nous les restituer”.Le chef de l’État doit se rendre dimanche pour le Noël aux troupes aux Émirats arabes unis, où d’importants narcotrafiquants ont trouvé refuge, selon la justice française.Concernant les consommateurs, dont il fustige régulièrement la responsabilité, il a annoncé un passage à 500 euros, contre 200, de l’amende forfaitaire délictuelle. “J’en ai ras-le-bol d’avoir des jeunes qu’on pleure et dans des quartiers d’avoir d’autres gens qui considèrent que c’est festif d’aller acheter de la drogue”.Pour le maire divers gauche de Marseille, Benoit Payan, cette mesure “ne mettra pas fin au trafic”. “Mes ennemis, c’est ceux qui ont du sang sur les mains, c’est les narcotrafiquants. Mais évidemment que les consommateurs doivent se poser la question de ce qu’ils font”.M. Payan a surtout réclamé plus de moyens pour la réinstallation de services publics dans les quartiers paupérisés et gangrénés par les trafics.Amine Kessaci avait de son côté souhaité mardi matin sur Ici Provence la création d’une “convention citoyenne de la lutte contre le narcotrafic pour justement créer un espace de parole et donner la parole” aux habitants.En fin d’après-midi, toujours dans la thématique sécuritaire, M. Macron a inauguré l’agrandissement de la prison des Baumettes.- Continuer le travail -Il a également défendu le bilan du plan “Marseille en grand” – “qui n’a pas d’équivalent” – lancé en grande pompe en 2021 pour aider la cité phocéenne à rattraper ses retards, avec cinq milliards d’engagements de l’Etat à la clé.La Cour des comptes avait dénoncé en octobre 2024 un suivi “indigent” et un “défaut de cohérence” de cette initiative, destinée à rénover les écoles insalubres, développer les transports en commun, réduire la fracture géographique et sociale entre quartiers nord et sud et renforcer les effectifs de police.Alors que l’Élysée a mis en ligne juste avant la visite un site permettant de suivre la progression des différents projets, M. Macron a souligné qu’il allait “sur le terrain, voir les réalisations et ce qu’il reste à faire pour +Marseille en grand+. Et je continuerai, moi, de rendre compte et de continuer le travail”.Les deux-tiers des crédits sont désormais engagés, assure l’Elysée, citant la livraison de 15 écoles, des projets en cours sur 86 autres ou l’arrivée de 350 policiers supplémentaires dans les Bouches-du-Rhône.Le chef de l’État a conclu sa visite en lançant symboliquement les travaux de la Ligne nouvelle Provence Côte d’Azur, qui vise notamment à reconfigurer le réseau régional et certaines gares, notamment l’extension de la gare Saint-Charles, un investissement de 3,6 milliards d’euros.

Inéligibilité avec exécution provisoire pour le président de la métropole de Lille en appel

La cour d’appel de Douai a condamné mardi le président divers droite de la métropole européenne de Lille (Mel) à une peine de deux ans d’inéligibilité avec exécution provisoire, notamment pour détournement de fonds publics.Damien Castelain, 58 ans, a également été condamné à 18 mois de prison avec sursis et à 20.000 euros d’amende. Dans son arrêt consulté par l’AFP, la cour d’appel a notamment pointé des dépenses personnelles réalisées entre 2016 et 2018 avec plus de 10.000 euros d’argent public: frais de spa, achats de vêtements, restaurants, usage exclusif d’un véhicule de la Mel, hôtel de luxe à Paris pour assister à des matchs du PSG au Parc des Princes, sans lien établi avec ses fonctions de président de la Mel.La cour a par ailleurs constaté ses condamnations définitives dans deux autres dossiers: une affaire de recel d’abus de confiance dite des “pierres bleues”, des pavés haut de gamme que M. Castelain s’est vu offrir pour orner sa propre terrasse, et une affaire de prise en charge par la Mel de frais d’avocats.Ces deux dossiers n’ont pas été réexaminés durant le procès en appel en septembre, la cour ayant estimé que l’appel de M. Castelain était incomplet.En première instance en 2024, M. Castelain avait été condamné à un an de prison avec sursis, 20.000 euros d’amende et cinq ans d’inéligibilité, mais sans exécution provisoire à l’époque.Il est désormais “contraint de se démettre de l’ensemble de ses mandats électifs” au sein de la métropole européenne de Lille, a déclaré la Mel dans un communiqué. Le premier vice-président de cette vaste intercommunalité, Éric Skyronka, va assurer l’intérim avant une nouvelle élection du président en janvier, a ajouté la Mel. Sollicités par l’AFP, M. Castelain et l’une de ses conseils, absents lors du délibéré à Douai, n’ont pas souhaité réagir dans l’immédiat.Le ministre de la Justice Gérald Darmanin, par ailleurs conseiller de la Mel pour la ville de Tourcoing, a assuré M. Castelain de son “soutien dans ce moment difficile”, mais “sans commenter d’aucune manière une décision de justice”, a-t-il tenu à préciser sur X.”Ce feuilleton judiciaire a gravement entaché l’image de la métropole européenne de Lille et de ses élus”, a réagi le groupe écologiste de la Mel dans un communiqué. “La probité n’est pas une option (…), il est temps de tourner la page”.Maire de Péronne-en-Mélantois, une petite commune près de Lille, Damien Castelain avait été propulsé à la présidence de la Mel en 2014, après un accord avec la maire PS de Lille d’alors, Martine Aubry, présidente sortante de l’intercommunalité, afin d’empêcher l’UMP (aujourd’hui LR) de s’emparer de la collectivité.emy-ldf-cln-etb/abl

L’Assemblée adopte définitivement le budget de la Sécurité sociale pour 2026

L’Assemblée nationale a définitivement adopté mardi la loi de financement de la Sécurité sociale pour 2026, premier texte budgétaire validé sans 49.3 depuis l’absence de majorité absolue dans l’hémicycle en 2022.Le budget de la Sécu, qui contient la suspension de l’emblématique réforme des retraites, a été adopté par 247 contre 232. Une victoire arrachée par le Premier ministre Sébastien Lecornu à force de compromis, notamment avec le Parti socialiste.Les députés Renaissance et MoDem ont unanimement voté pour, rejoint par une écrasante majorité des groupes PS et Liot, membres de l’opposition.Les abstentions très majoritaires des écologistes ont eu aussi un rôle prépondérant, pour combler celles d’une partie des groupes Horizons et LR, membres du camp gouvernemental, mais échaudés par les concessions au PS. L’alliance Rassemblement national-UDR et les Insoumis ont unanimement voté contre.”Depuis trois ans, jamais un budget de la Sécurité sociale n’avait autant été débattu”, a déclaré la ministre de la Santé Stéphanie Rist (Renaissance). “C’est une victoire du Parlement”, a abondé la présidente de l’Assemblée Yaël Braun-Pivet face à la presse à l’issue du scrutin (Renaissance).Peu après Mathilde Panot, cheffe des députés LFI a dénoncé au contraire des socialistes qui ont “changé d’alliance” et une “forte responsabilité des écologistes”. Elle a aussi annoncé que son groupe saisirait le Conseil constitutionnel sur ce budget de la Sécu.Encore il y a peu, beaucoup doutaient d’une possible adoption du premier des deux textes budgétaires, sur lequel le gouvernement de Michel Barnier était tombé fin 2024. Lors d’un vote presque identique il y a une semaine, l’Assemblée avait une première fois approuvé la copie, soumise à son dernier mot mardi après un dernier passage express au Sénat.Pour Sébastien Lecornu, cette étape couronne au moins temporairement sa méthode, à coup de consultations et de concessions successives, parfois annoncées par lui-même dans l’hémicycle.Mais les tractations sur le budget de l’Etat, elles, se poursuivent avec des négociations décisives jusqu’au week-end, et un accord qui s’annonce bien plus complexe, alors que la date butoir du 31 décembre se rapproche.- Budget profondément remanié -Durant les longues semaines de débats sur le budget de la Sécu, le gouvernement a vu sa copie profondément remaniée par les députés.Ils ont notamment supprimé le gel des pensions de retraite et minima sociaux, et contraint l’exécutif à renoncer à doubler les franchises médicales.Mardi, les syndicats FO et CGT ont toutefois manifesté devant l’Assemblée, critiquant notamment la limitation de la durée des arrêts maladie, ou une taxe sur les mutuelles dont ils craignent la répercussion sur les cotisations.”Cette taxe d’un milliard pèsera à terme sur nos concitoyens”, a prévenu le président de la Mutualité, Eric Chenut sur RTL, annonçant que les complémentaires à statut mutualiste augmenteront leurs cotisations en 2026.Le texte prévoit par ailleurs la création d’un nouveau congé de naissance, ou d’un “réseau France santé” voulu par M. Lecornu pour l’accès aux soins.Quant au déficit anticipé pour la Sécurité sociale, il est évalué à 19,4 milliards d’euros en 2026 (contre 23 milliards en 2025). Mais au prix de transferts de 4,5 milliards d’euros des caisses de l’Etat vers celles de la Sécu.Des transferts qui contribuent à compliquer l’équation pour le budget de l’Etat, où ils doivent être compensés.- “positions très éloignées” – La copie du budget de l’Etat adoptée lundi au Sénat porterait le déficit à 5,3% du PIB. Or le gouvernement a placé l’objectif à 5%.Sébastien Lecornu a admis mardi que trouver un accord sur le budget de l’Etat serait bien une autre paire de manches.Une commission mixte paritaire (CMP) réunissant sept députés et sept sénateurs doit tenter de trouver un accord vendredi et possiblement samedi, une opération périlleuse au vu des divergences entre les deux chambres.Le Premier ministre a assuré vouloir faire “converger les positions de chacun” qui “sont – à ce stade – très éloignées”.Les négociations porteront notamment sur la question des recettes, alors que les socialistes réclament des mesures de justice fiscale, quand la droite se montre intransigeante dans son refus de nouveaux prélèvements.Même en cas d’accord, il faudrait ensuite qu’il puisse être adopté la semaine prochaine à l’Assemblée. Et ce alors que les socialistes promettent cette fois de s’abstenir au mieux, et les Écologistes de voter contre.Autres possibilités: utiliser le 49.3 en s’assurant d’une non-censure dans la foulée, ou se résoudre à une loi spéciale pour assurer le maintien temporaire du financement des administrations, avec une reprise des négociations en janvier.

Budget de la Sécu : que prévoit le texte ?

Le projet de budget de la Sécurité sociale, définitivement adopté mardi, a été largement réécrit par les députés, qui ont amputé une large partie des économies initialement prévues.Suspension de la réforme des retraites, taxe sur les mutuelles, congé de naissance… Voici les principales mesures du texte.- Suspension de la réforme des retraites -Le projet de loi suspend jusqu’à janvier 2028 la marche vers l’âge légal de départ à 64 ans. La génération née en 1964 partirait à 62 ans et 9 mois au lieu de 63 ans. Et avec 170 trimestres cotisés au lieu de 171.Son application reprendrait ensuite avec un trimestre de décalage, sauf adoption dans l’intervalle d’une nouvelle réforme des retraites.Le coût est estimé à 100 millions d’euros en 2026 et 1,4 milliard en 2027.- Exit le gel des prestations sociales et la hausse des franchises -Inflammable, le gel des pensions de retraite et minima sociaux, devant rapporter 3 milliards d’euros, a été supprimé.Le gouvernement a aussi annoncé renoncer à doubler par décret, sans approbation du Parlement, les franchises médicales, reste à charge pour les patients, par exemple sur les boîtes de médicaments.- Congé de naissance -Les députés ont approuvé la création d’un nouveau congé de naissance, qui s’ajouterait aux congés maternité et paternité existants, pour une durée d’un ou deux mois. Le montant de l’indemnisation sera fixé par décret, mais le gouvernement a indiqué qu’il serait de 70% du salaire net le premier mois et 60% le second. Le texte initial prévoyait une entrée en vigueur en 2027, mais les députés ont avancé la date à janvier 2026, contre l’avis du gouvernement qui avançait des contraintes techniques. – Revenus du capital -Après de multiples tractations, l’Assemblée a adopté un compromis entre gauche et droite: rehausser la contribution sociale généralisée sur le capital, taxe finançant la protection sociale, en réduisant le périmètre de la hausse.La gauche avait fait voter une hausse de 9,2% à 10,6%, pour 2,8 milliards de rendement. L’Assemblée l’a restreinte, excluant entre autres les PEL, assurances vie et autres revenus de location. Avec un rendement amputé à 1,5 milliard d’euros.- Surtaxe sur les mutuelles -Initialement mis en échec, le gouvernement a finalement réussi à faire adopter une taxation exceptionnelle des complémentaires santé, à hauteur de un milliard d’euros, avec le soutien des socialistes. Même si une partie des députés, principalement à gauche, s’inquiète d’une répercussion in fine sur les assurés.Cette taxe d’un milliard, pèsera à terme sur nos concitoyens”, a prévenu le président de la Mutualité, Éric Chenut.- Déficit -La hausse de l’objectif national des dépenses de l’assurance maladie (Ondam) était initialement d’1,6%. Très insuffisante, selon les parlementaires et certains acteurs, pour suivre les dépenses nécessaires à l’hôpital comme à la ville.Le gouvernement a finalement fait adopter un amendement portant l’objectif à environ +3%.Quant au déficit de la Sécu, il est ramené à 19,4 milliards d’euros en 2026, contre 23 milliards en 2025. Mais en comptant 4,5 milliards transférés des caisses de l’État vers celles de la Sécu, ce qui reporte le problème sur le projet de loi de finances (PLF), selon la droite.parl-sac-la/hr/abl

Macron, le chef d’État africain et le “fake news” coup d’État

Emmanuel Macron, pour illustrer les dérives des réseaux sociaux, a déploré mardi ne pas avoir réussi à faire retirer du réseau Facebook une fausse information sur un coup d’État à l’Élysée qui avait alarmé un homologue africain.”Dimanche un de mes collègues africains m’envoie un message. +Cher président qu’est-ce qu’il se passe chez vous? Je suis très inquiet+”, a raconté le chef de l’État lors d’un échange à Marseille avec les lecteurs du quotidien La Provence sur la régulation des réseaux sociaux.”+On voit une journaliste a côté de l’Élysée qui dit il y a eu un coup d’État en France, un colonel a pris le pouvoir etc+”, a-t-il poursuivi citant son homologue.    “Alors nous ça nous fait marrer. Douze millions de vues!”, a-t-il raconté, avant d’ajouter qu’il avait alors demandé à ses équipes d’appeler Facebook pour leur demander de “retirer” la fausse info.La plateforme Pharos a alors appelé le réseau. “Réponse de Facebook: +ça ne contrevient pas à nos règles d’utilisation+. Refus de retrait”, a ajouté le chef de l’État, avant d’ironiser sur le fait que même un président de la République était désarmé face eux plateformes.”J’ai tendance à penser que j’ai plus de moyens de pression que qui que ce soit. En tout cas, c’est peut être plus simple pour leur dire que c’est grave si c’est moi qui appelle. Ça ne marche pas”, a-t-il pointé.

Marine Le Pen définitivement condamnée pour diffamation envers la Cimade

La Cour de cassation a rendu définitive mardi la condamnation de Marine Le Pen pour diffamation envers la Cimade, une association d’aide aux migrants, qu’elle avait accusée d’organiser “la filière d’immigration clandestine en provenance des Comores” à Mayotte.Dans un arrêt consulté par l’AFP, la plus haute instance judiciaire française a rejeté le pourvoi de la cheffe de file de l’extrême droite contre sa condamnation à 500 euros d’amende avec sursis par la cour d’appel de Paris le 11 septembre 2024.”Les propos de Mme Le Pen qui assimilaient l’action de la Cimade à celle des passeurs de migrants étaient inacceptables. La Cour de cassation juge que les limites de la liberté d’expression ont été dépassées. Être une personnalité politique n’excuse pas tous les débordements”, a réagi auprès de l’AFP Me Patrice Spinosi, avocat de l’association.Lors d’un entretien diffusé sur BFMTV en janvier 2022, la leader du Rassemblement national avait accusé les associations humanitaires d’être “parfois” “complices des passeurs”.A la question “est-ce que les associations humanitaires sont complices du délit d’entrée?”, Marine Le Pen, alors candidate à l’élection présidentielle, avait répondu: “Parfois oui. Ils sont même complices des passeurs, oui, parfois.”Elle avait ensuite visé directement la Cimade, association engagée contre la xénophobie et l’exclusion des personnes immigrées, pour ses actions à Mayotte.La Cimade “organise la filière d’immigration clandestine en provenance des Comores” à Mayotte, avait-elle déclaré.Actuellement inéligible du fait de sa condamnation en première instance dans l’affaire des assistants parlementaires européens du FN, Mme Le Pen sera jugée en appel du 13 janvier au 12 février 2026 dans ce dossier, une échéance judiciaire et politique cruciale avant la présidentielle de 2027.