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Municipales: à Lille, la braderie lance la campagne à l’ombre du gouvernement Bayrou

A six mois des élections municipales, la braderie de Lille a marqué un étrange début de campagne samedi, entre l’annonce d’une tête de liste, des ministres partageant des “moules-frites”…et la chute attendue du gouvernement Bayrou dans tous les esprits.La France insoumise (LFI), qui avait promis il y a quelques semaines une “surprise” pour les municipales à Lille, a finalement annoncé que la tête de liste serait une députée suppléante peu connue, Lahouaria Addouche. Cette annonce a vite été éclipsée par le discours fleuve du leader insoumis Jean-Luc Mélenchon, dont les appels au départ d’Emmanuel Macron ont rencontré un fort écho parmi la foule venue l’écouter.Le coordinateur national de LFI, Manuel Bompard, a bien tenté de mettre en avant la candidature de Mme Addouche, “enfant des quartiers populaires de Lille”. Mais il a rapidement bifurqué vers le national: “l’heure est au combat”, a-t-il assuré, appelant les Français à “donner un petit coup de main” au président Emmanuel Macron pour “l’aider à partir”.Localement comme nationalement, ni Bompard ni Addouche n’ont retenu leurs coups contre les socialistes, accusés par l’un d’être “prêts à brader l’ensemble du programme” du Nouveau front populaire, par l’autre d’avoir “tourné le dos à la justice sociale” et aux quartiers populaires.”Ce sont des arguments de campagne, ils pourront prospérer de leur côté, mais ça ne résiste pas aux faits”, s’est offusqué le socialiste Arnaud Deslandes, dauphin de Martine Aubry, qui vit sa première braderie dans la peau de maire, quelques mois après lui avoir succédé.Lui-même a refusé de parler davantage de politique locale, estimant que “peu de gens aujourd’hui ont l’esprit aux élections municipales”, plus préoccupés “par la chute du gouvernement qui a proposé un budget parfaitement injuste.”- “Besoin” de l’Etat -La succession de Mme Aubry dans cette ville socialiste depuis plus d’un demi-siècle s’annonce pourtant épineuse, vu les dissensions à gauche. Au sein même de son camp, M. Deslandes est concurrencé par le député Roger Vicot, candidat à l’investiture socialiste, lors d’une primaire prévue le 6 novembre. Cela n’a pas empêché les deux hommes de déambuler ensemble samedi.Ce qui attend la France dans les prochains jours est “quand même beaucoup plus important que nos petits débats internes au Parti Socialiste”, a esquivé M. Deslandes interrogé sur le sujet.Ses affinités locales sont apparues en creux dans sa déambulation entre les stands des partis politiques : mains serrées auprès des communistes et du candidat de droite Louis Delemer, bises échangées avec des Ecologistes et de Génération.s…et contournement ostensible du stand de Renaissance et de sa candidate à la mairie, la députée macroniste Violette Spillebout, ancienne proche de Mme Aubry.Dans la matinée, il était également sorti saluer la cheffe des Ecologistes, Marine Tondelier.Celle-ci est venue en soutien à celui qu’elle assure être le “futur maire de Lille” Stéphane Baly, passé tout proche en 2020 de ravir le beffroi. Avant de passer elle aussi à la politique nationale, estimant qu’Emmanuel Macron “doit nommer quelqu’un du Nouveau Front populaire” à Matignon.Stéphane Baly lui-même, a souligné que “l’échelon local a besoin” de l’Etat, sans “coups de rabot” budgétaires.Un peu à l’écart des stands politiques et de la foule arpentant la plus grande braderie d’Europe, Violette Spillebout a choisi d’aller manger des moules-frites avec ses soutiens près de la gare, un choix qui pouvait paraître moins politique.C’était sans compter sur la présence de deux invités de marque: Agnès Pannier-Runacher, ministre de la Transition écologique, et Gérald Darmanin, garde des Sceaux. Se gardant de tout commentaire sur la politique nationale, ils se sont davantage affichés samedi en amis de Violette Spillebout qu’en ministres d’un gouvernement dont les jours sont comptés.

Filmés avec des élus du PS, Thomas Legrand et Patrick Cohen se défendent de tout “complot”

 Critiqués par de nombreux responsables politiques pour des propos litigieux tenus à des dirigeants du Parti socialiste sur des images filmées à leur insu, les journalistes Patrick Cohen et Thomas Legrand ont défendu samedi leur impartialité et annoncé porter plainte.Dans une vidéo diffusée vendredi par le média conservateur L’Incorrect et filmée en juillet dans un restaurant parisien, ces deux journalistes échangent avec Pierre Jouvet et Luc Broussy, respectivement secrétaire général et président du conseil national du PS.Au cours de cette discussion, où est aussi évoquée la stratégie de la gauche en vue de la présidentielle de 2027, M. Legrand, qui travaille pour France Inter et Libération, déclare notamment “Nous, on fait ce qu’il faut pour (Rachida) Dati, Patrick (Cohen) et moi”, ce qui a pu être interprété comme un parti pris à l’encontre de la ministre de la Culture.- Critiques -Dans un message publié sur X vendredi soir, Mme Dati, investie comme candidate des Républicains à la mairie de Paris, a demandé que des mesures soient prises envers les deux chroniqueurs, dénonçant des “propos graves et contraires à la déontologie”.”Complot”, “infiltration”, “mafia”: très rapidement, les critiques ont fusé, aussi bien du coté des Républicains, que du Rassemblement national et de La France insoumise”Vidéo consternante” dans laquelle “deux journalistes essentiels de l’officialité PS complotent pour valoriser un axe +de Ruffin à Canfin+ et Glucksmann”, a écrit le leader de LFI, Jean-Luc Mélenchon, sur X, tandis que la cheffe de file des députés du RN, Marine Le Pen, a affirmé que “le service public ne peut pas être la succursale du Parti socialiste, pas plus qu’il ne pourrait l’être de n’importe quel autre parti politique”, et appelé à “réfléchir à sa privatisation”.”Je comprends que la diffusion de cette vidéo, enregistrée à l’insu des protagonistes et qui plus est tronquée, puisse susciter de la suspicion”, a réagi Thomas Legrand dans un texte transmis à l’AFP puis diffusé sur ses réseaux sociaux samedi.”Je tiens des propos maladroits. (…) Si la tournure, extraite d’un échange tronqué et privé, est malheureuse, j’assume de +m’occuper+ journalistiquement des mensonges de Madame Dati”, a-t-il ajouté, quelques heures après avoir été suspendu de l’antenne “à titre conservatoire”.”On a pris des bouts de phrase. Il n’y a pas 20 secondes de conversation suivie. C’est complètement manipulatoire”, a de son côté réagi auprès de l’AFP Patrick Cohen, présent sur France Inter et dans l’émission “C à Vous” (France 5).”L’ironie de l’histoire, c’est que ce rendez-vous avait été sollicité par la direction du PS, parce qu’ils ne sont pas contents du traitement du PS et d’Olivier Faure (premier secrétaire du parti, NDLR) sur l’antenne de France Inter. Donc c’était tout sauf une réunion conspirative”, a-t-il ajouté. Les deux journalistes ont annoncé leur intention de porter plainte.Le PS s’est lui défendu en assurant qu'”aucune collusion n’existe entre le Parti socialiste et les journalistes quels qu’ils soient”, et accusé L’Incorrect, média conservateur créé par des proches de Marion Maréchal en 2017, d’avoir pour “seul but d’entretenir une lecture complotiste du monde”.- L’Arcom saisie -Dans un message sur X, la Société des journalistes (SdJ) de Radio France a dénoncé “l’instrumentalisation” de “propos volés et complètement sortis de leur contexte”, et affirmé être “solidaire” de Patrick Cohen et Thomas Legrand.En juin, Rachida Dati avait eu un échange tendu avec Patrick Cohen sur le plateau de “C à Vous”, alors qu’elle était interviewée sur ses démêlés avec la justice. L’élue LR avait répliqué en menaçant le journaliste de déclencher une enquête contre lui pour des accusations de harcèlement rapportées dans la presse.Interrogée par l’AFP, l’Arcom, régulateur de l’audiovisuel, a quant à elle annoncé samedi avoir été saisie. “Elle recueillera dans les meilleurs délais tous les éléments d’explication auprès de Radio France et France Télévisions afin de s’assurer du respect, par le service public de l’audiovisuel, de ses obligations d’impartialité et d’indépendance, dont l’Arcom se voit confier par la loi la mission d’être la garante”, a-t-elle indiqué. 

Macron, en quête d’un Premier ministre, remet les mains dans le cambouis national

Une main tendue aux socialistes, le pied sur le frein face à leur programme économique, et un oeil ouvert sur de probables remous sociaux et financiers. Emmanuel Macron prépare l’après-Bayrou, en quête d’un Premier ministre ouvert sur sa gauche… mais capable aussi de le protéger.A peine sorti d’un sommet sur l’Ukraine, voilà que le président doit remettre les mains dans le cambouis national.Lundi, tout le monde s’attend à ce que le gouvernement de François Bayrou soit renversé à l’Assemblée nationale. Dès le soir, les regards se tourneront vers l’Elysée.Le chef de l’Etat prendra-t-il la parole? Recevra-t-il les partis? Les questions, et le sentiment de déjà-vu, sont les mêmes à chaque épisode du feuilleton de l’instabilité politique née de la dissolution ratée de l’Assemblée nationale l’an dernier.”Le président (Macron) proclame qu’il veut aller vite”, rapporte un macroniste historique. “Il l’a déjà dit par le passé”, tempère un autre proche, rappelant sa tendance à procrastiner lorsqu’il s’agit de nommer.Au final, “je n’ai pas l’impression qu’il ait tranché”, assure un ministre.Les stratèges présidentiels ont plusieurs échéances en tête qui devraient l’inciter à brusquer son naturel: le mouvement “Bloquons tout” mercredi, suivi le 18 septembre d’une mobilisation syndicale; entre les deux, l’agence Fitch pourrait dégrader vendredi la note de la dette, envoyant un signal inquiétant aux marchés financiers.Puis, le 22 septembre, depuis la tribune de l’ONU à New York, Emmanuel Macron doit reconnaître l’Etat de Palestine, son grand rendez-vous diplomatique qu’il prépare depuis des mois.”Ce qui l’intéresse, c’est l’international, et il a besoin de stabilité pour ça”, théorise un député socialiste.D’autant que son impopularité bat des records depuis 2017 et que les appels de LFI et du RN à sa démission connaissent un écho croissant dans l’opinion: 64% des Français la souhaitent, selon un sondage.De fait, le président de la République s’est borné à invoquer la “responsabilité” et la “stabilité”, prenant soin de ne pas devancer la chute de son allié historique.Mais dans le huis clos élyséen, il prépare la suite, et exhorte la coalition gouvernementale à “travailler avec les socialistes”.Justement, leur patron, Olivier Faure, a fait acte de candidature pour Matignon, à la tête d’un gouvernement de gauche, sans LFI, mais aussi sans les macronistes, avec lesquels il serait seulement prêt à négocier des compromis.Sans qu’on en connaisse l’origine, l’idée a flotté ces derniers jours qu’Emmanuel Macron caresserait l’idée de le nommer. Pourtant, aucun des nombreux proches et interlocuteurs du président interrogés par l’AFP ne l’imaginent emprunter cette voie.”Si Faure expliquait qu’il veut prendre le pouvoir avec nous”, dans une nouvelle alliance entre les socialistes et la macronie, “ça pourrait avoir de la valeur”, explique un cadre du camp présidentiel. “Mais ce n’est pas du tout ce qu’il dit.”Ce sera “difficile pour les gens du bloc central de concéder le soutien voire seulement la neutralité à ceux-là mêmes qui ont voté contre” l’équipe Bayrou, abonde un ministre.Ces mêmes sources voient plutôt le locataire de l’Elysée se tourner, à nouveau, vers un profil de la droite ou du centre. “Quelqu’un dans le bloc central, plutôt proche du président, mais qui sache discuter avec le PS” pour négocier un pacte de non-censure plus durable que sous François Bayrou, résume un ténor du gouvernement.Il s’agira du troisième Premier ministre en un an dans ce périmètre et les mêmes noms circulent que lors des précédentes nominations.Parmi eux, les ministres Sébastien Lecornu (Armées), Gérald Darmanin (Justice), Catherine Vautrin (Travail et Santé) et Eric Lombard (Economie). Ou encore le président LR des Hauts-de-France Xavier Bertrand.Ces dernières heures, une source au fait de la réflexion présidentielle évoquait un pressing important auprès de l’ex-chef de la diplomatie française Jean-Yves Le Drian, 78 ans et retiré de la politique active.M. Macron avait déjà tenté en décembre de convaincre son ami breton d’aller à Matignon, en vain. Aujourd’hui, l’ex-socialiste serait moins ferme dans son refus, selon cette source.”En réalité, ça dépendra de ce que le PS accepte”, glisse un proche du président.Tous préviennent que pour obtenir la non-censure du PS, il faudra lui “offrir de vraies victoires politiques”.Parmi les totems que les socialistes espèrent décrocher, un effort budgétaire revu à la baisse, mais aussi une remise en cause de la retraite à 64 ans et une taxation substantielle des plus riches.Or sur ces deux derniers points, Emmanuel Macron “n’acceptera jamais”, prévient un fidèle de la première heure. C’est pour cela qu’il veut choisir un Premier ministre “dans sa zone de confort”.

Municipales: à Pau, l’opposition attend François Bayrou de pied ferme

Après le vote de confiance lundi et la probable chute de son gouvernement, le retour de François Bayrou dans son fief de Pau ne sera “pas paisible”, préviennent ses opposants qui axent déjà la campagne municipale sur “son budget brutal” et le scandale Bétharram. “Son passage à Matignon a montré toutes les limites de sa méthode et de sa façon de penser le monde, c’est un homme politique de la fin du XXe siècle”, tance Jérôme Marbot (PS), chef de file de l’opposition municipale, candidat malheureux de la gauche et des écologistes au second tour en 2020 face à François Bayrou. “Il va payer le prix de ce budget si brutal pour les plus faibles”, avec un effort financier de 44 milliards d’euros, renchérit l’écologiste Jean-François Blanco, avocat et autre figure d’opposition locale. Même si le maire de Pau, élu une première fois en 2014, n’a pas annoncé sa candidature -déclarant seulement dans les médias que ses “aventures” politiques n’étaient pas “finies”-, “il est déjà en campagne”, considèrent ses opposants.- “Pas un retour paisible” -Lundi matin, pour la rentrée des classes, François Bayrou a visité deux écoles à Pau. “Tout le monde a compris qu’il serait candidat, ce n’est pas un sujet, mais il n’aura pas un retour paisible”, lui promet M. Blanco, déjà candidat en 2020 (14% des suffrages au premier tour). Le contexte national est venu “percuter” la campagne des municipales, analyse-t-il également, anticipant un scrutin “très politique” en mars prochain.  François Bayrou qui a, dès son arrivée à Matignon, souligné qu’il voulait rester maire de Pau, glissant que c’était un titre “plus durable” que celui de Premier ministre, a vanté plusieurs fois ces derniers mois (vœux aux habitants, conférences de presse), en vidéo, “les dix ans de réalisations” dans la ville. Depuis deux ans, et après plusieurs années de déclin, la préfecture des Pyrénées-Atlantiques a gagné 3.000 habitants, selon des chiffres de l’Insee, atteignant désormais près de 80.000 habitants. Jean-François Blanco, avocat de victimes de violences physiques et sexuelles à Bétharram, est convaincu que cette affaire qui empoisonne le chef du gouvernement, ministre de l’Education à l’époque d’une première plainte contre l’établissement privé béarnais où ont été scolarisés plusieurs de ses enfants, “sera un marqueur de la campagne” des municipales. “Elle aura des conséquences”, abondent les Insoumis, qui reconnaissent à M. Blanco d’avoir “affronté Bayrou sur le terrain de Bétharram”, en lien avec le député LFI Paul Vannier, corapporteur de la commission d’enquête parlementaire sur les violences en milieu scolaire au printemps. – La gauche divisée -Reste que si la gauche paloise parle beaucoup de “rassemblement” pour reprendre la ville, dirigée par le PS de 1971 à 2014, ce n’est encore qu’un vœu pieux. La France insoumise “ne discute pas avec le PS”, le socialiste Jérôme Marbot veut fédérer en ayant “vocation à être tête de liste”, mais sans “en faire une condition sine qua non”, tandis que Jean-François Blanco, mandaté par Les Ecologistes, veut unir derrière lui. “La porte est ouverte”, insiste Jérôme Marbot, qui revendique le soutien de six formations de gauche, dont Génération.s ou Place Publique. “On veut présenter un programme de gauche de rupture. L’union pour l’union, sans la cohérence, ça ne marchera pas”, avertissent de leur côté les Insoumis palois Jean Sanroman et Jade Meunier.De l’autre côté de l’échiquier politique, le Rassemblement national, qui avait réuni moins de 7% des voix aux municipales d’il y a cinq ans, espère capitaliser sur son score des dernières législatives (29%) avec comme candidate Margaux Taillefer, 26 ans, arrivée du parti Reconquête d’Éric Zemmour, et dont le nom a été dévoilé samedi.François Bayrou “va être dépositaire de son échec au gouvernement, ce sera plus difficile pour lui qu’en 2020”, espère Nicolas Cresson, représentant régional du RN. 

Les sachets de nicotine, prisés des jeunes, bientôt bannis

Dénoncés pour leur toxicité et leur caractère addictif en particulier pour les enfants et adolescents, les sachets, billes et gommes de nicotine seront interdits en France à partir de mars 2026, une “victoire” pour les associations anti-tabac.Le décret d’interdiction, paru au Journal officiel samedi, fait suite au bannissement des cigarettes électroniques jetables, prohibées à la vente depuis fin février, et à l’interdiction de fumer dans les espaces publics comme les jardins et parcs, les plages ou encore aux abords des écoles en vigueur depuis le 1er juillet.Le bannissement des sachets “vise à protéger la santé publique: la nicotine est désormais considérée comme une substance vénéneuse en raison de ses effets nocifs, et son usage à visée récréative présente un risque d’initiation au tabagisme, notamment chez les jeunes”, a justifié à l’AFP le ministère du Travail, de la Santé et des Solidarités.La ministre “Catherine Vautrin confirme ainsi son engagement” contre les “risques liés aux addictions”, selon cette source.Le gouvernement Barnier avait annoncé à l’automne 2024 son intention de bannir les sachets de nicotine, également appelés pouches, en raison notamment d’un accroissement des intoxications chez les adolescents.Le marché mondial des pouches a été évalué par Global Markets Insights à 6,6 milliards de dollars (5,6 milliards d’euros) pour l’année 2023, et pourrait atteindre 27,4 milliards de dollars (23,4 mds d’euros) en 2032.Apparus récemment, les sachets de nicotine sans tabac renferment, dans un tissu perméable, des fibres de polymères imprégnées de nicotine et d’arômes et se glissent entre la lèvre et la gencive. L’interdiction prise par le gouvernement vise l’ensemble des “produits à usage oral contenant de la nicotine, à l’exception des médicaments et dispositif médicaux”. Elle ne s’applique pas aux tabacs à chiquer.- “Eldorado financier” -Il s’agit notamment des “sachets portions” ou “sachets poreux”, “pâte, billes, liquides, gomme à mâcher, pastilles, bandelettes ou toute combinaison de ces formes”, énumère le texte.L’Alliance contre le tabac, une fédération d’associations anti-tabac, a salué une “victoire”. “Il s’agit d’une mesure cruciale pour protéger les jeunes et contrer les stratégies pernicieuses d’une industrie qui prospère sur le marché de l’addiction, au détriment de la santé publique”, a-t-elle estimé dans un communiqué.”Face à la baisse de la consommation de cigarettes dans les pays développés, les sachets de nicotine et les nouveaux produits nicotiniques (tabac chauffé et cigarettes électroniques) constituent le nouvel eldorado financier des cigarettiers”, souligne l’organisation pour qui, “loin d’être des outils de sevrage, les sachets de nicotine et leurs dérivés (billes, perles) n’ont pour objectif que d’étendre le marché de l’addiction à la nicotine”.Les fabricants British American Tobacco France et Philip Morris France ont dénoncé l’interdiction. Le premier a critiqué une “approche dogmatique, sans débat ni concertation” de la France, qui “prend le risque (…) de priver les fumeurs adultes d’alternatives encadrées” au tabac. Pour le second, “la France s’entête dans une stratégie d’interdiction inefficace”.La confédération des buralistes y voit une “victoire annoncée pour les trafics”. En novembre 2023, l’Anses avait appelé à une vigilance particulière” sur ces sachets en soulignant que ces produits, comme les billes aromatiques, entraînaient de plus en plus d’intoxications. “Les enfants et adolescents sont les principales victimes”, avait constaté l’Agence nationale de sécurité sanitaire.Comme les snus (tabac sous forme de sachet à usage oral interdit à la vente en Europe), les sachets de nicotine “peuvent provoquer des syndromes nicotiniques aigus parfois sévères: vomissements prolongés avec risque de déshydratation, convulsions, troubles de la conscience, hypotension ayant nécessité un remplissage vasculaire”, selon l’étude qui précise que la majorité des personnes intoxiquées ont entre 12 et 17 ans.Les billes aromatiques présentent aussi un risque d’accident domestique, en particulier pour les enfants de moins de trois ans qui les ingèrent. Le nombre d’appels au centres anti-poisons concernant ces produits était passé de trois en 2020 à 86 en 2022, selon l’Anses.

Le gouvernement réforme l’accueil des bébés dans l’Aide sociale à l’enfance

Eviter que des bébés restent trop longtemps placés dans des pouponnières de l’ASE sur-occupées: le gouvernement a publié samedi un décret réformant l’accueil des tout-petits en protection de l’enfance, jugé alarmant.Les pouponnières de l’Aide sociale à l’enfance accueillent des bébés de la naissance à trois ans, placés le plus souvent par la justice car ils sont à risque de danger dans leur famille: maltraitances, toxicomanie ou troubles psychiatriques des parents, violences conjugales par exemple. Le décret refonde le cadre réglementaire datant de 1974, jugé “obsolète”.”Notre objectif est d’aider des enfants qui ont été particulièrement secoués par les difficultés dans leur toute jeune vie à avoir les conditions de développement les plus adaptées possible”, a expliqué la ministre des Familles Catherine Vautrin, vendredi en visitant la pouponnière de Brétigny-sur-Orge (Essonne).Un rapport de la députée socialiste Isabelle Santiago a dénoncé en avril des conditions alarmantes dans certaines pouponnières, sur-occupées, avec un encadrement insuffisant.Le texte limite la durée de placement en pouponnière à quatre mois, renouvelable une seule fois après une évaluation de “l’évolution de la situation de l’enfant”.”L’objectif est d’essayer le plus possible que l’enfant ne passe pas plus de trois, quatre mois dans la pouponnière, (…) pour être le plus possible orienté vers une famille”, a indiqué Mme Vautrin.En quelques années, la durée moyenne de placement est passée de cinq à huit mois, selon le ministère. Certains enfants y restent jusqu’à leurs trois ans, voire plus.La capacité d’accueil sera “plafonnée à 30 enfants”, avec une organisation en “petites unités de vie”, plus “chaleureuse et sécurisante”, selon le ministère.Le texte renforce les normes d’encadrement, avec une auxiliaire de puériculture pour cinq enfants le jour et quinze enfants la nuit. Les équipes devront s’attacher à répondre aux besoins d’éveil et de développement des enfants, mais aussi d’attachement et de sécurité.Les pouponnières auront aussi un rôle de soutien aux parents, en vue du retour du bébé dans sa famille, avec une “équipe dédiée à l’accompagnement à la parentalité”, indique le ministère.Un budget de 35 millions d’euros est alloué pour mettre en oeuvre ces nouvelles normes, a précisé Mme Vautrin.La députée Isabelle Santiago a salué samedi une “avancée majeure pour la prise en charge des bébés les plus vulnérables”, tout en demandant à “refonder” plus largement la protection de l’enfance.La Cnape, une des principales fédérations d’associations du secteur, a salué “une ambition qui va dans le bon sens, avec quelques moyens encore à confirmer dans le budget”. Réduire la durée de placement en pouponnière nécessite de renforcer l’accès à des familles d’accueil dont beaucoup approchent de l’âge de la retraite, souligne-t-elle.Mme Vautrin a annoncé en juin qu’elle déposerait à l’automne un projet de loi sur la Protection de l’enfance, pour notamment élargir le vivier des assistants familiaux, en leur permettant de cumuler cette activité avec un autre emploi.”Nous sommes en train de le finaliser, ce qui veut dire que si d’aventure demain d’autres que moi ont la responsabilité de ce sujet, ils trouveront un projet de texte de loi”, a précisé vendredi Mme Vautrin, alors que le gouvernement pourrait tomber lundi avec le vote de confiance demandé par le Premier ministre François Bayrou.

Jérôme Durain, le “M. Narcotrafic” du Sénat, président de Bourgogne-Franche-Comté

Le sénateur socialiste Jérôme Durain, élu vendredi à la tête de la région Bourgogne-Franche-Comté, a acquis une notoriété nationale en cosignant la proposition de loi contre le narcotrafic, ce qui lui a valu d’être élu “sénateur de l’année” en 2024.Jérôme Durain, élu à la tête de la région en remplacement de Marie-Guite Dufay, démissionnaire, est né le 2 juin 1969 à Nancy. Diplômé en 1993 de l’Institut d’Études Politiques de Paris, il épouse une carrière dans la fonction publique territoriale. Ce n’est qu’à 33 ans qu’il prend sa carte du PS, suite au choc qu’a représenté pour la gauche le 21 avril 2002 et la qualification de Jean-Marie Le Pen au second tour de la présidentielle.Le combat contre le RN reste depuis son cheval de bataille, qu’il devra encore enfourner lors des prochaines élections régionales, en 2028, l’extrême droite étant en nette progression dans la région.En 2004, il fait la connaissance d’Arnaud Montebourg, alors député de Saône-et-Loire. Le futur ministre de l’Économie (2012-14) offre à Jérôme Durain de prendre sa succession à la tête de la fédération PS du département en 2005, ce qui vaudra à M. Durain l’étiquette de “bébé Montebourg”. Il tient la “fédé” pendant dix ans, lui valant une réputation d’apparatchik, et gravit les échelons. Il est fait adjoint à la mairie PS de Chalon-sur-Saône en 2008, jusqu’à ce que la ville soit reprise par la droite en 2014, puis est élu en 2010 à la région, dont il prend en 2012 la vice-présidence à l’aménagement du territoire.En 2015, il est élu à la nouvelle région fusionnée Bourgogne-Franche-Comté, sur la liste de gauche de Marie-Guite Dufay, et prend la présidence du groupe majoritaire.Peu avant, en 2014, il devient le premier sénateur de gauche élu en Saône-et-Loire depuis 1986. Il n’a alors que 45 ans, et un pédigrée loin des barons du Sénat, mais, réélu en 2020, il s’impose comme le “M. Sécurité” du groupe socialiste, lui valant des critiques de ses pairs, notamment quand il apporte son soutien aux très contestées Brigades de répression de l’action violente (BRAV), en 2023, en s’immergeant avec ces policiers lors de la manifestation du 1er Mai à Paris.En 2024, il corédige, avec le sénateur LR Étienne Blanc, la proposition de loi “visant à sortir la France du piège du narcotrafic”. La loi, promulguée le 13 juin 2025, est adoptée très largement par le Parlement, offrant à Jérôme Durain une grande visibilité médiatique.Élu “sénateur de l’année 2024”, il était pressenti pour succéder à Patrick Kanner à la tête du groupe des sénateurs PS, mais la loi sur le cumul des mandats lui impose de démissionner du Sénat.

Elu président de Bourgogne-Franche Comté, le PS Jérôme Durain déjà dans la bataille anti-RN

A peine élu vendredi président de Bourgogne-Franche-Comté, le sénateur socialiste Jérôme Durain, coauteur de la loi contre le narcotrafic, a fait de “la sécurité, valeur de gauche” une des priorités de son mandat, se positionnant déjà dans la bataille des élections régionales de 2028 contre une extrême droite en pleine progression.”J’assume pleinement une dimension nécessaire répressive en termes de sécurité”, a lancé en conférence de presse le nouveau numéro un du conseil régional à majorité de gauche, élu sans surprise avec 54 élus, sur un total de 100 conseillers.”La sécurité, c’est une valeur de gauche, car les principales victimes sont les plus fragiles”, a-t-il ajouté, martelant une de ses antiennes. “On est en train d’être submergé par le narcotrafic. Il faut taper et il faut taper fort et la gauche a toute sa place pour le faire”, a-t-il asséné, juste après avoir remplacé la socialiste démissionnaire Marie-Guite Dufay, 76 ans, présidente de région depuis 17 ans. M. Durain, 56 ans, est conseiller régional depuis 2015. En 2014, il est devenu, à seulement 45 ans, le premier sénateur de gauche élu en Saône-et-Loire depuis 1986. A ce poste, il se fait vite le M. Sécurité de son groupe à la chambre haute. C’est à ce titre qu’il corédige la proposition de loi “visant à sortir la France du piège du narcotrafic”, adoptée très largement, et qui a valu à Jérôme Durain d’être élu sénateur de l’année 2024. Il va devoir démissionner du Sénat, comme l’y oblige la loi sur le cumul des mandats, mais il entend bien faire de son statut de M. Sécurité une arme anti-RN à la région, se plaçant délibérément dans la perspective des prochaines élections régionales de 2028.C’est d’ailleurs dans cette optique que Marie-Guite Dufay a démissionné, disant vouloir laisser la place “à la relève”, plus jeune et donc mieux capable de relever le gant contre une extrême droite qui, lors des législatives anticipées de 2024, a presque triplé le nombre de ses députés en Bourgogne-Franche-Comté.Le RN ne s’y est d’ailleurs pas trompé, fourbissant lui aussi ses armes. Le groupe régional de 17 conseillers a ainsi refusé de participer au vote, dénonçant “une mascarade”. “Ce scrutin a été verrouillé en interne par un Parti socialiste représentant à peine 8% des électeurs aux dernières législatives”, a-t-il souligné dans un communiqué. Son président, Julien Odoul, un des porte-parole nationaux du RN et député de l’Yonne très vindicatif, a attaqué bille en tête M. Durain lors des débats au conseil régional, l’accusant de manquer de “légitimité”. Répondant tout aussi vertement, M. Durain a menacé M. Odoul de lui “couper le micro”. “Ces gens bordélisent et dévoient les débats régionaux. Ça suffit”, s’est justifié M. Durain peu après le vif échange. “Odoul peut venir me chercher sur les questions de sécurité. Je sais quoi lui répondre”, a-t-il ajouté.

Le PS pousse ses pions pour Matignon, mais la fenêtre est étroite

Olivier Faure y croit-il vraiment ? La probabilité qu’un gouvernement socialiste remplace celui de François Bayrou semble mince face aux macronistes, vent debout contre la suspension de la réforme des retraites promise par le PS, et à l’hostilité de La France insoumise, qui les rend encore plus vulnérables à l’Assemblée.Après la probable chute du gouvernement Bayrou lundi, le Parti socialiste veut croire que le président de la République Emmanuel Macron nommera enfin un Premier ministre issu de ses rangs, “seule solution pour une sortie de crise” dans un contexte social “éruptif”, et alors que la gauche est arrivée en tête des législatives anticipées de 2024, souligne le secrétaire général du parti, Pierre Jouvet.L’hypothèse a pris de l’épaisseur jeudi, lorsque le patron des députés LR Laurent Wauquiez a promis de ne pas censurer a priori un gouvernement de gauche, sans ministres LFI.Mais l’assise d’un tel gouvernement serait bien mince, alors que La France insoumise, qui réclame elle la destitution du chef de l’Etat, affirme qu’elle ne soutiendra pas un gouvernement socialiste. Socialistes, Ecologistes et communistes représentent quelque 120 députés sur 577.Le parti d’Olivier Faure refuse de croire que LFI irait jusqu’à censurer un gouvernement de gauche. “Comment iront-ils (le) défendre devant leurs électeurs ?”, demande Pierre Jouvet.Car il ne s’agit pas pour le PS de former une coalition gouvernementale avec une partie de la macronie. Olivier Faure répète qu’il veut “un gouvernement de gauche”, avec ses partenaires du Nouveau Front populaire mais sans LFI, pour proposer une politique de gauche, dont écologistes et communistes seraient “les vigies exigeantes”, selon M. Jouvet.Sans majorité à l’Assemblée nationale -comme les gouvernements précédents- Olivier Faure propose de “changer de méthode”, et de ne pas recourir au 49.3, ce qui obligera la gauche à des compromis, notamment avec les centristes, pour faire passer ses mesures. De quoi énerver François Bayrou, qui lui reproche de vouloir le faire tomber, pour ensuite tenter de négocier avec lui une non censure. – “Des baffes sur les marchés”-Mais dans le bloc central, l’hypothèse d’un Premier ministre PS est examinée, Emmanuel Macron ayant enjoint aux chefs de sa coalition gouvernementale de “travailler avec les socialistes”.   Le parti à la rose, qui rappelle, schéma à l’appui sur les réseaux sociaux, qu’il a dans l’histoire “toujours relevé les comptes du pays”, défend la crédibilité de ses propositions budgétaires, prévoyant de réduire le déficit de 21,7 milliards d’euros en 2026, moitié moins que les 44 milliards proposés par François Bayrou.Au sein du socle commun, certains saluent une évolution.”Ils essaient de proposer un chemin qui leur est propre, qui n’est pas le programme du NFP” et “fait quand même de la réduction des déficits publics un impératif”, remarque le député Renaissance Mathieu Lefèvre.Mais certains marqueurs de gauche, comme la suspension immédiatement de la réforme des retraites avant un retour à l’âge de départ à 62 ans sont vus comme des lignes rouges par le bloc central.”Il y a des choses sur lesquelles les nôtres ou les LR ne transigeront pas”, comme les retraites, après avoir “pendant trois ans pris des baffes sur les marchés” sans changer d’avis, souligne un cadre Renaissance.”Revenir stricto sensu sur la retraite à 62 ans, sans poser une équation valable qui permet de boucher le déficit inhérent à cette mesure, ça ne tient pas”, argumente le président du groupe Horizons à l’Assemblée, Paul Christophe, sans exclure son soutien si un équilibre financier est trouvé.Le président de la République est sans doute le moins prêt à accepter de revenir sur cette réforme.Sans écarter absolument la nomination d’un socialiste à Matignon, ses proches laissent plutôt filtrer ces dernier jours sa volonté de choisir une personnalité “dans sa zone de confort” mais qui sache négocier une non censure avec le PS.Ce scénario pourrait-il trouver grâce aux yeux des socialistes ? S’exprimant sous couvert d’anonymat, à l’heure où le PS s’efforce de faire monter les enchères dans son mano a mano avec le bloc central, un député reconnaît q'”il y a un risque de s’abîmer” au pouvoir pour le parti.

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Catherine Vautrin, une ministre marquée à droite mais qui se veut plus consensuelle

Issue de la droite ralliée au macronisme, Catherine Vautrin refuse d’évoquer Matignon, un poste qui lui avait été promis en 2022 sans lui être accordé. Mais la discrète ministre s’est forgée depuis une stature plus consensuelle qui la fait figurer parmi les potentiels successeurs de François Bayrou.A la tête d’un grand ministère du Travail, de la Santé, des Solidarités et des Familles, comparé en interne à un “mini-Matignon”, elle assure ne pas faire campagne.Mais elle était vendredi matin auprès de salariés d’un supermarché à Paris qui se “lèvent tôt” pour valoriser le travail, un thème cher à la macronie. Catherine Vautrin n’est pas revenue sur la suppression très critiquée de deux jours fériés, expliquant juste que “l’important” c’est “d’aller vers l’emploi” pour que l’effort budgétaire “soit partagé par tous”. Elle se projette néanmoins dans l’après. La veille, à la Caisse d’assurance maladie de Paris, faisant la promotion du projet de loi de lutte contre la fraude fiscale et sociale, elle a assuré qu’il sera repris par le “prochain” gouvernement, alors que celui de François Bayrou est voué à tomber lundi sous la défiance des oppositions.”Dans ce texte, il y a de nombreuses mesures qui peuvent rassembler les parlementaires”, fait-elle valoir, soulignant “l’attachement de chacun au modèle social”. Or “frauder, c’est trahir ce modèle”.- “mamie passe-partout” -En robe bleu marine très classique, sourire en coin, elle est lucide, bien placée pour savoir que les noms qui sortent pour Matignon ne sont pas toujours ceux qui atterrissent rue de Varenne.Emmanuel Macron avait promis en 2022 de la nommer à la tête du gouvernement avant de la débrancher  à la dernière minute au bénéfice d’Elisabeth Borne, sous la pression de macronistes qui dénonçaient sa participation à la mobilisation contre le mariage pour tous.Mais la page semble tournée. L’ancienne sarkozyste issue de la droite “libérale et sociale” a même rejoint depuis le parti Renaissance de Gabriel Attal.”Elle s’est rachetée une conduite avec le projet de loi fin de vie” : “elle a montré qu’elle était capable de changer de position et de mener un débat (…) transpartisan où on essaye de trouver des équilibres”, assure une ministre du camp présidentiel. “Elle cultive son côté mamie passe-partout. Elle n’est un no-go pour personne”, souligne une conseillère macroniste.Autre atout dans une Assemblée nationale fracturée, elle fait partie des ministres chargés des délicates discussions budgétaires en charge d’élaborer le projet de financement de la Sécurité sociale (PLFSS), lestée de 22 milliards de déficit.Rompue aux arcanes du pouvoir, cette ex-chiraquienne de 65 ans avait occupé un poste quasiment similaire dans le gouvernement Attal en 2024 avant de prendre le portefeuille des Territoires sous le gouvernement du LR Michel Barnier.- équation compliquée -L’élue rémoise, mariée à un médecin et mère d’une fille, a aussi défendu une réforme de l’assurance chômage, dénoncée comme violente par les syndicats.Elle ne semble pas être pour autant un irritant pour l’ensemble des socialistes, comme semble l’être à leurs yeux l’ex-LR Gérald Darmanin, même si elle est loin d’avoir autant d’affinités avec le premier secrétaire du PS Olivier Faure que son collègue à l’Economie Eric Lombard.”Même si on l’a parfois cataloguée de +réac+, elle a une vraie capacité de dialogue”, souligne le président du conseil national (parlement) du PS, Luc Broussy qui la connait depuis 2004.Mais l’équation budgétaire reste compliquée, la gauche et les syndicats réclamant de repartir d’une autre copie que celle de François Bayrou.”C’est quand même pas normal que quelqu’un qui porte le budget de la Sécurité sociale et qui est membre du gouvernement de François Bayrou revienne porter le même projet une fois que le Premier ministre sera tombé”, s’est ainsi agacé le député PS Philippe Brun sur BFMTV.La question n’est “pas la personne, mais ce qu’elle propose”, glisse aussi un cadre socialiste.A droite, le maire LR de Meaux Jean-François Copé loue son “parcours complet” de parlementaire, ministre et élue locale de longue date, ainsi que son “autorité naturelle”.