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Municipales: le PCF veut limiter la casse et conserver son ancrage local

Soucieux de limiter l’érosion de son ancrage local, fragilisé par de mauvais résultats nationaux et les ambitions de LFI dans les bastions communistes, le PCF jouera gros aux prochaines élections municipales, à l’image de son dirigeant Fabien Roussel.Derrière Les Républicains et le Parti socialiste, le Parti communiste est la troisième formation politique qui compte le plus d’élus locaux en France. Dont environ 600 maires, en incluant les édiles apparentés au parti. Pour 2026, le PCF a réussi à nouer des accords avec ses partenaires socialistes et écologistes. “Nous aurons un millier de têtes de liste PCF ou apparentés sur les villes de plus de 1.000 habitants. Et entre 1.000 et 2.000 en tout avec les villages”, indique à l’AFP le vice-président de la région Occitanie Pierre Lacaze, chargé des élections au PCF.Parmi eux le plus connu des communistes: Fabien Roussel, patron du parti, maire sortant à Saint-Amand-les-Eaux (Nord) et pressenti pour être candidat, lui qui a été élu par le conseil municipal en début d’année à la faveur de la démission du maire sortant.Défait par un candidat RN en 2024 aux législatives, ce défenseur des classes populaires péri-urbaines et rurales mise gros: en cas de défaite, il serait fragilisé dans l’optique de sa candidature en 2027.”S’il perd, ça sera compliqué pour la présidentielle (…) N’importe quel politique qui perd son ancrage local, ça questionne sur sa possibilité de rassembler”, reconnait un cadre du parti.”Il va y avoir en France un face-à-face PCF/RN notamment dans le Nord, l’Est et les Bouches-du-Rhône. À Sète et à Nîmes particulièrement, ça peut être nous ou le RN”, ajoute Pierre Lacaze.Il met également en garde contre “la menace LFI” et “la stratégie de division” des Insoumis.Car les communistes se sentent menacés dans leurs fiefs de l’ancienne “ceinture rouge”, les villes populaires de banlieue parisienne qui ont longtemps voté PCF et où LFI réalise maintenant de très bons scores. La France insoumise présentera en effet des listes dans quatre des cinq plus grandes villes dirigées par les communistes ou apparentés (Montreuil, Nanterre, Vitry-sur-Seine, Venissieux et Ivry-sur-Seine), toutes en banlieue parisienne ou lyonnaise.- Accord “insultant” dans le 93 -“Il n’y a pas de politique systématique de LFI à l’encontre du PCF, ni de personne”, se défend auprès de l’AFP le coordinateur du mouvement insoumis, Manuel Bompard. “Il y a des endroits où on soutient des listes communistes sortantes. Tout dépend des enjeux et des bilans locaux, toutes les municipalités ne font pas la même chose”.Sur quelle base se font les alliances ? A Ivry-sur-Seine, le maire Philippe Bouyssou, critique de la direction du parti, ne devrait ainsi pas avoir de candidat insoumis face à lui. Mais il n’y a là rien de personnel, promet-on chez les Insoumis.”Les maires communistes alignés sur Roussel mettent en place des politiques qu’on ne partage pas toujours”, explique Manuel Bompard.En Seine-Saint-Denis, département très ancré à gauche, communistes et Insoumis ont noué un accord pour se soutenir dans certaines villes, notamment Saint-Denis, où le PCF sera derrière LFI.Pas suffisant cependant pour la direction du parti, alors que Fabien Roussel a fait depuis plusieurs années de l’affirmation de la marque communiste son cheval de bataille.”Je ne vois pas comment on peut justifier un accord aussi favorable pour LFI dans le 93. C’est insultant”, regrette Léon Deffontaines, porte-parole du PCF et candidat à Amiens, promettant que cet accord sera remis en question lors du conseil national du parti en janvier.Le département voisin du Val-de-Marne aura également une importance particulière pour les communistes.Lors des élections départementales de 2021, ils en ont en effet perdu la direction alors que le Val-de-Marne était le dernier département sous leur contrôle.Une défaite notamment liée aux municipales de 2020, quand les communistes y avaient perdu quatre villes, dont le fief de leur figure historique Georges Marchais, Champigny. Mais là encore, il faudra faire avec la présence insoumise: 32,7% pour Jean-Luc Mélenchon à la présidentielle 2022, contre 2,5% pour Fabien Roussel dans ce département.”Sans nous, le PCF ne gagne pas le Val-de-Marne aux prochaines départementales. Il faut qu’ils le comprennent”, avertit Louis Boyard, député LFI du département.

Bertrand (LR) réfute le terme “union des droites”, appelle à ne pas “singer” le RN

Le président des Hauts-de-France, Xavier Bertrand, réfute vivement jeudi le terme “union des droites”, estimant qu’il s’agit d’une “alliance entre la droite et l’extrême droite, au détriment de la première” et appelle LR à ne pas “singer” le RN. “Singer l’extrême droite, c’est nourrir ce que l’on prétend combattre, tout en se condamnant à l’effacement”, déclare le responsable de droite dans un entretien au Monde très sévère à l’égard des dirigeants de son parti. A propos du président de LR, Bruno Retailleau, qui avait appelé à “ne pas voter pour la gauche” au second tour d’une législative partielle dans le Tarn-et-Garonne, où l’extrême droite l’a finalement emporté, il estime qu’il aurait été “avisé de dire: +Pas une voix pour le candidat soutenu par le RN+”. “De mon côté, je le dis clairement: +ni RN ni LFI+, à LR, j’entends surtout +ni LFI ni LFI+”, insiste-t-il, alors que deux poids lourds à droite, Nicolas Sarkozy et François Fillon, se sont récemment prononcés contre le front républicain.  Xavier Bertrand dit refuser que la droite soit “obsédée par la place prise par l’extrême droite” et que “certains semblent avoir renoncé à se battre, se disant que leur avenir est peut-être de monter sur le porte-bagages du RN”. Pour lui, qui refuse de participer à une primaire allant de Gérald Darmanin (Renaissance) à Sarah Knafo (Reconquête!) comme voudrait organiser Laurent Wauquiez, patron du groupe LR à l’Assemblée, “le RN n’est pas imbattable” et il ne faut pas céder au “défaitisme” malgré sa prépondérance dans les sondages.”En politique, seuls les résultats comptent, la crise de la politique est une crise de sens mais, avant tout, une crise du résultat”, assure-t-il. “Beaucoup, à droite, ne parlent plus que d’immigration et de sécurité”, poursuit le président de région, mais “un projet de société ne peut se résumer à cela”. Interrogé sur les médias appartenant au milliardaire conservateur Vincent Bolloré, Xavier Bertrand constate qu’il “ne correspond pas aux critères de leurs invités réguliers”. “Je crois au pluralisme entre les médias privés et je suis un défenseur de l’audiovisuel public, sans nier le besoin de réforme”, ajoute-t-il.

Narcotrafic: le gouvernement promet de nouvelles mesures au premier semestre 2026  

Le gouvernement présentera de nouvelles mesures dans un projet de loi examiné “au premier semestre 2026” pour renforcer l’arsenal notamment judiciaire contre le narcotrafic, a annoncé Sébastien Lecornu mercredi.Il s’agit de “mesures législatives pour adapter encore notre arsenal à cette menace, avec notamment l’alignement des réductions de peine et du régime de la libération conditionnelle des narcotrafiquants sur celui des terroristes”, a affirmé le Premier ministre lors d’un débat sur le narcotrafic à l’Assemblée nationale.Ce débat a été suivi d’un vote symbolique, puisque non contraignant, à l’issue duquel les députés ont approuvé la déclaration du gouvernement. Le Sénat en a fait de même à l’unanimité en fin de soirée après un débat similaire. Cette séquence était destinée à favoriser l’adoption du budget pour 2026, qui s’annonce ardue.Les nouvelle mesures sur le narcotrafic figureront dans le projet de loi “Sure” présenté par le garde des Sceaux, Gérald Darmanin, visant à assurer une “sanction utile, rapide et effective”, selon le ministère de la Justice.Le texte doit notamment prohiber les permissions de sortie pour les détenus placés dans les quartiers haute sécurité, qui ne pourront bénéficier d’un aménagement de peine avant les deux tiers.Les réductions de peines ne pourront par ailleurs pas excéder un tiers de celle prononcée.L’exécutif a promis une bataille sans merci contre le narcotrafic. “Nous sommes tous concernés. Nous devons tous mener ce combat collectif”, a insisté le chef du gouvernement. Plusieurs ministres se sont exprimés lors du débat. Gérald Darmanin a précisé qu’un décret sur le statut de “repenti” serait pris “avant la mi-janvier”.Son collègue à l’Intérieur, Laurent Nuñez, a mis en avant “les problèmes d’attractivité” des métiers de la justice, soulignant que cette question “dépend surtout de l’adoption du budget” qui prévoit la création de “700 emplois dans la filière judiciaire, dont 300 qui seront directement affectés au narcotrafic”.”En 2023, 14,6% des adultes de 18 à 64 ans ont déjà consommé au moins une fois une drogue illicite autre que le cannabis, une hausse de 50% par rapport à 2017″, a alerté de son côté la ministre de la Santé Stéphanie Rist, qui prépare une campagne nationale de prévention au premier trimestre 2026.Le narcotrafic est un sujet omniprésent depuis l’assassinat le 13 novembre à Marseille du jeune Mehdi Kessaci, tué sans doute pour intimider son frère Amine, militant anti-drogue.À Marseille mardi, Emmanuel Macron assuré de sa volonté de traquer les têtes de réseaux qui opèrent depuis l’étranger et de sévir plus durement contre les consommateurs de stupéfiants.La députée Horizons Agnès Firmin-Le Bodo a dénoncé des réseaux qui se sont “internationalisés, structurés et développés jusqu’à devenir aujourd’hui (…) une des principales menaces” du pays.Mais “incarcérer toujours plus (…) sans politique de prévention, sans traitement des causes sociales, c’est engorger les prisons” et “renforcer les réseaux” qui recrutent “dans une société où l’ascenseur social est en panne”, a souligné le député GDR de Guyane, Davy Rimane.led-pab-sac-are-sde-ama/bfi

Municipales à Paris: alliance historique à gauche dès le premier tour, sans les Insoumis

Du jamais vu à Paris: socialistes, écologistes et communistes partiront unis au premier tour des municipales, derrière le socialiste Emmanuel Grégoire, selon un accord arraché au terme de négociations délicates, mais réclamé sur le terrain face à la droite offensive de Rachida Dati.”C’est un moment historique”, a salué mercredi soir Emmanuel Grégoire, ex-premier adjoint de la maire sortante, Anne Hidalgo, qui mènera la liste d’union le 15 mars 2026 aux côtés des chefs de file des écologistes David Belliard et des communistes Ian Brossat. Leur soutien “m’honore et m’oblige pour la bataille à venir”, a déclaré le député de Paris dans un communiqué. Si socialistes et écologistes gouvernent ensemble la capitale depuis 2001, ils n’avaient encore jamais mené campagne commune dès le premier tour.L’accord a été approuvé dans la soirée par le conseil fédéral des socialistes parisiens, à 85%, et par plus de 70% des militants écologistes de la capitale, dont le vote était décisif.David Belliard a salué sur Instagram “un vote de responsabilité, pour faire gagner l’écologie sociale et populaire” face à “une droite trumpiste, anti-pauvres, affairiste et climatosceptique”, incarnée selon lui par la candidate LR Rachida Dati.Selon l’accord consulté par l’AFP, les partenaires s’engagent “à tout faire pour qu’il n’y ait qu’une seule liste de gauche au second tour”, excluant toute alliance avec le candidat Horizons soutenu par Renaissance Pierre-Yves Bournazel.Mais sans fermer explicitement la porte aux Insoumis menés par Sophia Chikirou, même si Emmanuel Grégoire a répété qu’il ne discuterait pas avec LFI, au premier comme au second tour.- “Un effet vote utile” -Initialement annoncée pour octobre, cette alliance, qui associe également le parti de Raphaël Glucksmann Place publique et L’Après (ex-LFI), est le fruit de plus de trois mois de tractations serrées.”Avec cette liste d’union il y aura un effet vote utile. Ca va forcément ouvrir une dynamique”, espère une source à gauche.Mais l’accord a un coût pour le PS qui dirige la capitale depuis 25 ans. “C’est difficile et parfois douloureux car cela implique que certains sortent des listes”, glisse une source socialiste.Les discussions achoppaient notamment sur la place des écologistes en lice pour le Conseil de Paris dans un contexte de changement de mode de scrutin. Selon l’accord, 36 écologistes seraient éligibles contre 28 élus actuellement.Source de profondes crispations chez les militants socialistes, les écologistes ont également obtenu que David Belliard soit tête de liste dans le XIe arrondissement, où fut élu Léon Blum et où l’est l’actuelle maire socialiste, Anne Hidalgo. Une troisième mairie verte en plus de celles du XIIe et du XIVe qu’ils administrent déjà.Revendiquant leur rôle central dans la transformation de l’espace public, de l’essor des pistes cyclables aux “rues aux écoles”, les écologistes conditionnaient leur retrait à l’obtention de concessions significatives.Parmi les “marqueurs communs” figurent la revalorisation du périscolaire, un service de garde d’enfant universel, l’objectif de 40% de logement public (dont 30% de logement social), ou encore la poursuite de la piétonnisation et du verdissement de la ville.Ainsi que la gratuité des bus proposée par David Belliard. Parmi les points de divergence, l’avenir du Parc des Princes.- “Guère d’autre choix” -“Au final, l’accord est assez favorable pour les Ecologistes, et ne l’aurait peut-être pas été à ce point dans une négociation de second tour”, analyse Anne-France Taiclet, enseignante chercheuse en sciences politiques à l’Université Paris 1 Panthéon-Sorbonne “Les écologistes parisiens n’avaient guère d’autre choix, d’autant que le parti de Marine Tondelier est en difficulté dans plusieurs villes. Mais le PS a aussi besoin des écologistes pour essayer de concurrencer LFI dans les quartiers où vivent des jeunes et des diplômés de gauche qui ne veulent pas voter socialiste”, décrypte la chercheuse pour l’AFP.A l’instar de Paris, la plupart des grandes villes dirigées par la gauche ont franchi le pas d’une alliance rose-verte dès le premier tour.Le jeu politique parisien est plus ouvert que jamais. Samedi, un sondage Ipsos pour Le Parisien créditait de 32% des voix au premier tour la gauche unie, hors LFI, derrière Emmanuel Grégoire, talonnée par Rachida Dati (27%), soutenue par le MoDem.Pierre-Yves Bournazel est lui estimé à 14%, contre 13% pour Sophia Chikirou (LFI).A l’extrême droite, la liste du RN de Thierry Mariani est créditée de 7%, ex-aequo avec celle de Sarah Knafo, candidate potentielle.

Municipales à Paris: les Ecologistes votent pour une alliance au premier tour derrière le PS, sans LFI

Les militants écologistes parisiens ont voté mercredi pour une liste commune à gauche dès le premier tour des municipales, sans LFI, qui sera conduite par le socialiste Emmanuel Grégoire, a annoncé leur chef de file, David Belliard.Si socialistes et écologistes gouvernent ensemble la capitale depuis 2001, ils n’avaient encore jamais mené campagne commune dès le premier tour.Le projet d’union a été approuvé par 73,7% des suffrages exprimés, ont précisé les Ecologistes parisiens dans un communiqué. David Belliard a salué sur Instagram “un vote de responsabilité, historique, pour faire gagner l’écologie sociale et populaire”.”Les Ecologistes créent les conditions pour que l’union de la gauche et des écologistes gagne les élections municipales à Paris en 2026, au premier et au second tour, face à une droite trumpiste, anti-pauvres, affairiste et climatosceptique” incarnée selon eux par Rachida Dati.Le projet d’union était également soumis aux instances des fédérations socialistes et communistes, qui devraient l’approuver d’ici jeudi matin.David Belliard avait appelé ses adhérents à “entrer dans une coalition derrière la candidature la mieux placée” dans les sondages, en l’occurrence celle du député PS Emmanuel Grégoire, l’ex-premier adjoint de la maire sortante, Anne Hidalgo.L’accord a été arraché au terme de plus de trois mois de difficiles négociations.Les discussions achoppaient notamment sur la place des écologistes en lice pour le Conseil de Paris. Selon l’accord, 36 écologistes seraient éligibles contre 28 élus actuellement. Source de profondes crispations chez les militants socialistes, les écologistes ont également obtenu que David Belliard soit tête de liste dans le XIe arrondissement, où fut élu Léon Blum et où l’est l’actuelle maire socialiste, Anne Hidalgo. Une troisième mairie verte en plus de celles du XIIe et du XIVe qu’ils administrent déjà.

Au procès d’une députée RN et du maire d’Orange Yann Bompard, l’ombre du père Jacques

L’ombre de Jacques Bompard a plané mercredi au procès de son fils Yann, maire d’Orange, jugé avec la députée RN du Vaucluse Marie-France Lorho pour emploi présumé fictif, un épisode judiciaire crucial à trois mois des municipales.C’est Jaques Bompard, alors maire d’Orange, qui avait mis le pied à l’étrier politique à Mme Lorho dès 2001: cette ancienne déléguée médicale devient conseillère municipale, puis sera sa première adjointe. Elle sera aussi sa suppléante comme députée en 2017, avant de s’asseoir dans son fauteuil à l’Assemblée, sous l’étiquette Ligue du Sud, micro-parti d’extrême droite qu’il a créé. Elle est réélue en 2022, puis en 2024 après la dissolution mais cette fois sous l’étiquette Rassemble National (RN).Yann Bompard devient alors son collaborateur parlementaire, comme il était déjà celui de son père.  Le procès qui se tient mercredi et jeudi devant le tribunal judiciaire de Marseille s’intéresse à la période à partir de laquelle Yann devient maire à la place de son père, condamné pour prise illégale d’intérêt. C’est-à-dire entre décembre 2021 et février 2023, soit à la fin de son contrat de collaborateur parlementaire. Le montant du préjudice pour l’Assemblée, partie civile, serait de 75.000 euros.À la barre, les deux prévenus, désormais officiellement adversaires politiques aux prochaines municipales de mars, ont longuement tenté de convaincre de la réalité du travail de Yann. S’ils étaient condamnés, une peine d’inéligibilité pourrait annihiler leurs ambitions politiques respectives.     – “télescopage” entre les fonctions – Il “a fait des articles” sur sa page Facebook, “des discours, écrit des courriers aux administrés” et a contribué au travail “de veille médiatique”. Sans parler de “tout le relationnel” qu’il assurait pour son compte à Orange, a ainsi mis en avant Mme Lorho. Impossible, cependant, de garder “toutes les traces de ce travail” et des écoutes accablantes d’une conversation entre Mme Lorho et un de ses autres collaborateurs font planer un sérieux doute sur la réalité de cet emploi. Yann Bompard réfute, et insiste sur le fait que, tout en étant maire, il appelait encore “publiquement” Mme Lorho “patronne”. La députée, pourtant, affirme qu’il n’y avait pas “de lien de subordination entre Yann Bompard” et elle “car je me sentais redevable à Jacques Bompard de mon poste et jamais dans ma tête je n’ai pensé à lui donner des ordres”. “J’étais un peu effrayée, voire beaucoup, par la réaction que pouvait avoir Jacques si je me séparais de Yann”, glisse-t-elle ensuite. Elle assure aussi avoir été “insultée” à cette époque par la femme de Jacques Bompard, sur les marchés notamment.  Elle caresse pourtant le projet d’écarter Yann Bompard après la “rupture politique” faisant suite à sa réélection comme députée en 2022, où elle refusera de partager avec la Ligue du Sud et Reconquête les fonds versés par l’Assemblée nationale, les réservant au seul RN.”Elle a tourné le dos aux deux autres étiquettes, je pensais pourtant qu’il y avait une opportunité pour l’union des droites”, a regretté M. Bompard. Il a nié farouchement au passage l’influence prêtée à son père: “Ça ne tient pas debout! Il a 82 ans, il est retraité, il aime la politique, certes, mais, lorsque j’ai été élu, il m’a dit: +c’est ton bureau, je m’en vais+”.C’est précisément le cumul de cette fonction de maire avec celle de collaborateur parlementaire, de conseiller départemental et de président de l’intercommunalité qui intrigue l’accusation, qui parle de “télescopage” entre ces fonctions. Et l’interroge sur “la nécessité de deux salaires”. C’est aussi à partir de ce moment-là que Mme Lorho, qui constate que M. Bompard est moins disponible mais sans renier son apport, décide de le passer à mi-temps. L’élu réplique qu’il se rendait à des réunions locales “en tant que tout”, et “jamais je n’ai senti que je volais l’argent et que je ne faisais pas le métier pour lequel j’étais payé”. 

Budget: les positions se tendent à deux jours d’un conclave aussi crucial qu’incertain

“La tâche est immense” pour trouver un compromis sur le budget de l’État, a reconnu mercredi Sébastien Lecornu à deux jours d’un conclave députés-sénateurs très incertain, entre un Parti socialiste à satisfaire et une droite sénatoriale extrêmement remontée, qui réclame le 49.3.Pour avoir un budget avant le 31 décembre, “il va falloir plus de clarté” et il “va falloir aussi que les gens se parlent davantage”, a affirmé devant le Sénat le Premier ministre.Assumant son choix de laisser la main au Parlement dans les débats budgétaires, le locataire de Matignon a constaté la “désynchronisation” entre députés et sénateurs, dont les positions paraissent chaque jour plus orthogonales : “Je suis frappé de voir à quel point nous en sommes, à 48 heures” de la commission mixte paritaire (CMP), qui réunira sept députés et sept sénateurs à partir de vendredi matin au Palais Bourbon.Ce conclave à huis clos fait figure de dernière chance pour tenter de trouver un terrain d’entente sur le projet de loi de finances pour 2026, bien plus complexe à faire aboutir que le budget de la Sécurité sociale, définitivement adopté mardi par un vote des députés.Si un texte commun est approuvé en CMP, il sera ensuite soumis aux deux chambres du Parlement mardi pour une adoption définitive. Faute d’accord en revanche, les débats devraient probablement reprendre en janvier, après le vote d’une loi spéciale pour assurer la continuité de l’Etat.- “Se plier en six” -Mais entre un Sénat dominé par une droite attachée aux économies dans les dépenses de l’Etat et une Assemblée nationale où la gauche demande de nouvelles recettes fiscales, l’équation semble insoluble, a fortiori sans l’outil du 49.3, auquel M. Lecornu a renoncé.En Conseil des ministres dans la matinée, il a demandé à son gouvernement “de se plier en six pour faciliter les convergences” entre députés et sénateurs.Les deux rapporteurs généraux du Budget, Philippe Juvin pour l’Assemblée et Jean-François Husson pour le Sénat (Les Républicains tous les deux), ont déjà multiplié les échanges. Une réunion se tiendra ce soir à Matignon autour du Premier ministre avec la ministre des Comptes publics Amélie de Montchalin et les deux rapporteurs, selon des sources parlementaires.L’hypothèse de réunir une “CMP à blanc” pour négocier en amont du conclave officiel, une option proposée par le Premier ministre, n’a toujours pas pu se concrétiser.Et les postures se sont considérablement tendues mercredi.D’une part du côté du groupe socialiste de l’Assemblée, où l’on a mis en avant une condition pour une éventuelle abstention sur le budget : obtenir au moins 10 milliards d’euros de recettes supplémentaires par rapport au budget initial du gouvernement, de manière à retirer certaines coupes dans les services publics ou l’écologie.Mais aussi, et surtout, du côté de la chambre haute, où le puissant groupe LR a multiplié les interpellations en direction de l’exécutif lors d’une séance de Questions au gouvernement assez houleuse, une rareté au Palais du Luxembourg, plus policé que l’Assemblée.- “Faire un choix” -“Gouverner, c’est choisir. Il faut faire un choix entre les tenants de la taxe et de la surtaxe ou les tenants, comme nous le sommes ici, des économies”, a lancé Mathieu Darnaud, chef de la droite sénatoriale, à l’attention de M. Lecornu. Un peu plus tôt, Bruno Retailleau avait lancé les hostilités en refusant catégoriquement la demande des socialistes: “A ces conditions-là, qui sont des conditions néfastes pour le pays, ce n’est pas acceptable”, a dit sur TF1 le patron des Républicains, ténor de la droite au Sénat. Ses troupes ne se cachent même plus pour demander ouvertement le retour du 49.3 pour entériner un hypothétique accord en CMP, où l’ancien “socle commun” est majoritaire. “Nous ne renierons pas l’essentiel et nous demandons que les conclusions de la CMP soient votées à l’Assemblée nationale, quitte à utiliser le 49.3″, a martelé l’ex-ministre LR Sophie Primas, rejoignant de nombreuses voix dont celle du président du Sénat Gérard Larcher ou encore de l’ex-Première ministre Elisabeth Borne.”Il faut qu’il bouge (sur le 49.3) avant la CMP, sinon c’est mort, ça ne marchera pas”, explicite une sénatrice LR.Une source socialiste au Sénat reconnaît volontiers que “le 49.3 est la seule manière d’avoir un budget au 31 décembre”… Renvoyant néanmoins cette responsabilité au chef du gouvernement.parl-are-ama/sde/frd

Pour Fillon, un barrage républicain contre le RN serait “un déni de démocratie”

L’ancien Premier ministre (LR), François Fillon, s’élève contre un “barrage républicain” contre le RN, estimant que ce serait “un déni de démocratie”, et assure qu’il “démissionnerait” s’il se trouvait “à la place” d’Emmanuel Macron, dans un entretien mis en ligne mercredi sur le site du Figaro.”Tous les partis qui respectent la Constitution font partie de l’arc républicain. C’est clairement le cas du Rassemblement national”, observe François Fillon, condamné définitivement en juin par la cour d’appel de Paris à quatre ans de prison avec sursis pour détournement de fonds publics, pour les emplois fictifs de son épouse Penelope à l’Assemblée nationale.”Appeler au +front républicain+ serait un déni de démocratie”, assure le candidat battu lors de la présidentielle de 2017. Il fait la différence entre le RN et LFI “dont nombre de ses membres poursuivent un projet révolutionnaire assumé”.Ces déclarations interviennent après la promesse de Nicolas Sarkozy à Marine Le Pen qu’il ne s’associerait pas à un éventuel “front républicain” contre le RN, comme il l’a révélé dans son récent livre “Le journal d’un prisonnier”.Interrogé sur la situation financière de la France, l’ex-Premier ministre en attribue la responsabilité au chef de l’Etat pour avoir “fait campagne contre les solutions nécessaires que je proposais pour rétablir les comptes publics” en 2017. “A la place d’Emmanuel Macron, je tirerais les conséquences de l’état du pays et donnerais ma démission pour ne pas faire perdre dix-huit mois au pays”, ajoute François Fillon, soutien de Bruno Retailleau, l’actuel président de LR.Si le président de la République “décide d’aller au bout de son mandat, alors il devrait dissoudre l’Assemblée nationale et rendre la parole aux Français”, estime-t-il.

La députée RN Marie-France Lorho et le maire d’Orange Yann Bompard jugés pour emploi présumé fictif

La député RN du Vaucluse Marie-France Lorho a tenté de défendre mercredi devant le tribunal judiciaire de Marseille la réalité du travail de son ancien assitant parlementaire Yann Bompard, aujourd’hui maire d’Orange, malgré des écoutes qui fragilisent sa position.Elu maire en novembre 2021 après la condamnation de son père Jacques pour prise illégale d’intérêt, Yann Bompard est poursuivi pour recel de détournement de fonds publics au préjudice de l’Assemblée nationale, à hauteur de 43.000 euros, soit son salaire net sur la période de novembre 2021 à février 2023. Le montant du préjudice pour l’Assemblée, partie civile, serait de 75.000 euros.Il est soupçonné d’avoir occupé un emploi fictif de collaborateur parlementaire de Mme Lorho, élue députée en 2017, d’abord sous l’étiquette Ligue du Sud, micro-parti d’extrême droite créé par Jacques Bompard. Elle est réélue en 2022, puis en 2024 après la dissolution, cette fois sous l’étiquette RN.Les faits reprochés portent sur la période où M. Bompard prend l’écharpe de maire.Poursuivie, pour détournement de fonds publics, mais aussi pour subornation de témoin, Mme Lorho a assuré à la barre que M. Bompard “a fait des articles” sur sa page Facebook, a “fait des discours, écrit des courriers aux administrés” et a contribué au travail “de veille médiatique”. Sans parler de “tout le relationnel” qu’il assurait pour son compte à Orange.Adversaire déclaré aujourd’hui de son ancien collaborateur au prochaines municipales de mars dans cette ville de 30.000 habitants, où elle sera numéro 2 de la liste RN, Mme Lorho a bien reconnu que “ses deux premières années ont été plus productives que les deux dernières”, lorsqu’il est devenu maire. Au point de ne pas lui accorder de prime, à la différence de ses trois autres collaborateurs.Les législatives de 2022 viennent ensuite tendre un peu plus leur relation, car Mme Lorho comprend qu’elle n’aura pas le soutien de Bompard père et envisage de se séparer du fils: “ça devenait impossible politiquement”.Après l’avoir passé à mi-temps, une rupture conventionnelle est finalement signée en février 2023. “J’aurais dû être plus insistante, mais ma tête était à la législative”.Des écoutes accablantes du 5 septembre 2023 produites à l’audience montrent néanmoins comment Mme Lorho, qui a reconnu à plusieurs reprises ête “redevable” à Bompard père, a tenté de couvrir Yann Bompard, incitant un autre collaborateur parlementaire à “mentir”, tout en lui affirmant, “et moi aussi je vais mentir”. 

Mercosur: “La France s’opposerait de manière très ferme” à un éventuel “passage en force” de l’UE, dit Macron

Emmanuel Macron a prévenu mercredi en Conseil des ministres que “la France s’opposerait de manière très ferme” s’il y avait “une volonté de passage en force de la part des instances européennes” sur l’accord commercial avec les pays du Mercosur, a rapporté la porte-parole du gouvernement.Le président juge toujours qu’il n’y a “pas de visibilité suffisante sur les trois conditions demandées” par la France, “les mesures miroir, la clause de sauvegarde et les contrôles”, a-t-elle ajouté devant la presse.La Première ministre italienne Giorgia Meloni a pour sa part estimé mercredi qu’il était “encore prématuré” de signer “dans les prochains jours” le traité de libre-échange négocié par l’UE avec les pays sud-américains du Mercosur.La position de l’Italie sur ce dossier, jugée décisive, était particulièrement attendue alors que la France a fait monter la pression sur Bruxelles pour obtenir un report de l’adoption de cet accord commercial en 2026. Pour autant, la France “ne considère pas comme acquis” un report de la signature du traité, a précisé Mme Bregeon.Mais la position de Rome “est bien la preuve” que “la France n’est pas seule et que d’éminents pays européens sont alignés aujourd’hui avec la position que porte le président” Emmanuel Macron, a-t-elle ajouté.Cet accord créerait la plus grande zone de libre-échange au monde et permettrait à l’UE d’exporter davantage de véhicules, de machines, de vins et de spiritueux vers l’Amérique latine, tout en facilitant l’entrée en Europe de la viande bovine, du sucre, du riz, du miel et du soja sud-américains.A l’inverse, l’Allemagne a appelé à signer ce traité cette semaine, tout comme l’Espagne, également favorable à cet accord passé entre l’UE et le Mercosur, composé du Brésil, de l’Argentine, de l’Uruguay et du Paraguay.La présidente de la Commission européenne Ursula von der Leyen espère toujours signer ce traité lors du sommet du Mercosur samedi dans la ville brésilienne de Foz do Iguaçu. Mais elle a besoin au préalable de l’aval d’une majorité qualifiée d’Etats membres à Bruxelles.