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Décès de l’ancien ministre Olivier Stirn

L’ancien ministre Olivier Stirn est décédé à l’âge de 89 ans, a annoncé sa famille dans un avis publié dans le Figaro vendredi.Entre 1973 et 1990, M. Stirn a été membre de plusieurs gouvernements de droite et de gauche, notamment comme secrétaire d’Etat aux Dom-Tom dans le gouvernement de Jacques Chirac, après avoir commencé sa carrière dans le parti gaulliste UDR. A l’été 1990, il avait dû présenter sa démission comme ministre délégué au Tourisme dans le gouvernement de Michel Rocard après avoir organisé un colloque en payant des figurants pour remplir la salle. Cette affaire avait mis un terme à sa carrière politique.Il avait été également maire de Vire (Calvados) de 1971 à 1989.

Ukraine: Zelensky appelle a renforcer la pression sur Poutine après les frappes mortelles

Le président ukrainien Volodymyr Zelensky a appelé à renforcer la pression sur son homologue russe Vladimir Poutine, après l’attaque sur Kiev qui a fait au moins 23 morts tôt jeudi.Malgré sa rencontre avec Donald Trump le 15 août en Alaska, “Poutine n’a pas fait ce qu’il a dit. Il est temps d’agir et d’envoyer un signal fort”, a déclaré M. Zelensky lors d’une discussion en visioconférence avec des dirigeants européens.”Nous devons maintenir la pression” en vue d’une rencontre au sommet entre l’Ukraine et la Russie, dont M. Poutine avait accepté le principe à la suite de sa visite à Anchorage, a-t-il insisté lors de cet entretien avec les dirigeants polonais, letton, estonien, lituanien et danois. M. Zelensky a souligné que les frappes de grande ampleur sur la capitale ukrainienne dans la nuit de mercredi à jeudi rappelaient l’urgence d’agir.Celles-ci ont coûté la vie à 23 personnes, dont quatre enfants, et une cinquantaine de personnes ont été blessées, selon un nouveau bilan de l’administration militaire de Kiev tôt vendredi.Cette attaque a suscité une vague d’indignation en Europe et au-delà. Le président américain Donald Trump s’est dit “pas content” mais “pas surpris” par ces bombardements, selon sa porte-parole, Karoline Leavitt.Son émissaire spécial pour l’Ukraine, Keith Kellogg avait dénoncé plus tôt jeudi de “terribles attaques” menaçant “la paix que le président des Etats-Unis cherche à obtenir”.Cette attaque est intervenue alors que des membres de l’équipe de M. Zelensky doivent rencontrer vendredi à New York des représentants du gouvernement américain.Washington a annoncé jeudi avoir approuvé la vente à l’Ukraine de 3.350 missiles à longue portée et d’équipements connexes pour un montant total de 825 millions de dollars, le gouvernement américain soulignant que cela devrait aider Kiev à mieux se défendre.Des représentations de l’Union européenne et du Royaume-Uni ont été endommagés à Kiev par ces frappes. Conséquence: l’UE et les autorités britanniques ont respectivement convoqué les ambassadeurs russes à Bruxelles et à Londres.- “J’aurais été enseveli” -M. Zelensky a accusé Moscou de préférer “continuer à tuer” plutôt que de négocier la paix.Il a dit espérer de nouvelles sanctions contre Moscou et appelé les partenaires du Kremlin, tels que la Chine et la Hongrie (membre de l’Union européenne), à adopter une positions ferme vis-à-vis de la Russie, qui occupe 20% du territoire ukrainien.Dans un quartier de l’est de Kiev, les secouristes ont dégagé plusieurs corps d’un bâtiment résidentiel totalement détruit, ont constaté des journalistes de l’AFP sur place.”Si j’étais allé à l’abri une minute plus tard, je ne serais pas là aujourd’hui, j’aurais été enseveli”, a raconté Andriï, blessé à l’oeil et dont l’appartement a été soufflé. Pendant cette attaque nocturne, les forces russes ont tiré 598 drones et 31 missiles sur l’Ukraine, selon l’armée de l’air ukrainienne.La Russie “ne recule devant rien” pour “terroriser” l’Ukraine, a souligné la présidente de la Commission européenne Ursula von der Leyen, qui au cours d’un échange téléphonique avec Donald Trump a appelé Vladimir Poutine à “venir à la table des négociations”.Celui-ci “tue des enfants et des civils et sabote les espoirs de paix”, s’est emporté le Premier ministre Britannique Keir Starmer, le président français Emmanuel Macron fustigeant des “attaques insensées d’une grande cruauté”.Le porte-parole du Kremlin Dmitri Peskov a pour sa part assuré jeudi que la Russie restait “intéressée” par des négociations de paix avec l’Ukraine mais qu’elle poursuivrait ses bombardements tant que ses “objectifs” ne seraient pas atteints.- “Rien accompli” -Fin juillet, des bombardements russes avaient fait plus de 30 morts à Kiev, l’une des attaques les plus meurtrières qu’ait subies cette ville. Ces frappes avaient poussé Donald Trump à accroître la pression sur Moscou, sans pour autant parvenir à lui faire accepter une trêve, et conduit à sa rencontre avec son homologue russe en Alaska.Après ce sommet,le président américain avait dit vouloir préparer une réunion en face-à-face entre les chefs d’Etat russe et ukrainien, mais cette perspective semble s’éloigner.Avant la conclusion d’un hypothétique accord de paix, l’Ukraine veut obtenir des garanties de sécurité des Occidentaux pour dissuader le Kremlin de toute nouvelle attaque.Pour mettre fin à son assaut, la Russie réclame pour sa part que l’Ukraine lui cède quatre régions partiellement occupées, en plus de la Crimée annexée en 2014, et renonce à intégrer l’Alliance atlantique. Ce que Kiev juge inacceptable.

Paris: LR intronise Dati pour les municipales et sauve Barnier d’un duel fratricide à la législative

Un accord et un soulagement à droite: les Républicains ont officiellement investi jeudi soir Rachida Dati comme candidate à la mairie de Paris, en échange de son retrait de la législative partielle qui devait l’opposer à Michel Barnier fin septembre, évitant ainsi un duel fratricide.”A l’unanimité, les Républicains ont investi Rachida Dati pour les municipales à Paris” de mars 2026 et celle-ci “apportera son soutien à Michel Barnier pour l’élection législative partielle dans la 2e circonscription de Paris”, a écrit le parti dans un communiqué.La maire LR du 7e arrondissement n’avait pas apprécié l’annonce de la candidature de Michel Barnier au scrutin dans la 2e circonscription de Paris, un bastion de la droite menacé l’an dernier par une candidate du PS, et avait dans un premier temps annoncé maintenir une candidature dissidente.Le sénateur Francis Szpiner, qui briguait également l’investiture pour les municipales, a retiré sa candidature, a indiqué la porte-parole de LR, Agnès Evren.”La raison l’a emporté” pour “un accord gagnant-gagnant”, a-t-elle estimé auprès de l’AFP.Michel Barnier, ex-Premier ministre d’Emmanuel Macron, renversé par une motion de censure de l’Assemblée nationale en décembre 2024, devient donc le candidat unique de la droite au siège de député dans cette circonscription à cheval sur les 5e, 6e et 7e arrondissements.Jean Laussucq, ancien collaborateur de Mme Dati y avait initialement remporté le scrutin en juillet 2024, et siégeait au sein du groupe Renaissance, avant de voir son élection invalidée par le Conseil constitutionnel le 11 juillet 2025 pour irrégularités dans ses comptes de campagne.Dans la foulée, Michel Barnier a annoncé que sa suppléante serait Florence Berthout, maire (Horizons) du 5e arrondissement, particulièrement crucial dans cette élection.Outre Michel Barnier, deux autres personnalités sont en lice à ce jour pour tenter de remporter cette législative partielle: le RN Thierry Mariani et la socialiste Frédérique Bredin, investie par le PS et soutenue par les Ecologistes.Le scrutin est prévu les 21 et 28 septembre, mais la candidate de gauche a écrit le 18 août au Premier ministre François Bayrou pour lui demander un report du scrutin à début octobre, en évoquant notamment des délais trop serrés.- Agenda judiciaire -De son côté, Rachida Dati va donc se focaliser sur le scrutin municipal de 2026 lors duquel elle devrait notamment affronter l’ex-premier adjoint d’Anne Hidalgo, Emmanuel Grégoire, désigné par le PS en juin dernier.”Ce soir, la conquête de Paris a commencé. Je remercie Les Républicains qui m’ont accordé leur investiture à l’unanimité. A Paris, j’œuvrerai au rassemblement de toutes les forces d’alternance et j’appelle tous les Parisiens à me rejoindre. Ensemble, nous allons gagner!”, a réagi Mme Dati sur X.Exclue des Républicains en 2024 après avoir été recrutée en janvier 2024 par la macronie pour entrer dans le gouvernement de Gabriel Attal comme ministre de la Culture, Rachida Dati a repris sa carte chez LR.Elle n’a toutefois pas rallié à sa cause Pierre-Yves Bournazel, lui-même candidat déclaré à la mairie de Paris. Elle sera “la candidate de la droite dure”, a tweeté en réaction à son investiture ce membre d’Horizons, le parti d’Edouard Philippe.Au calendrier électoral, Mme Dati, 59 ans, doit faire correspondre son agenda judiciaire: elle a été renvoyée le 22 juillet en procès pour corruption et trafic d’influence, soupçonnée d’avoir perçu 900.000 euros entre 2010 et 2012 pour des prestations de conseil avec une filiale de l’alliance Renault-Nissan mais sans avoir réellement travaillé, alors qu’elle était avocate et députée européenne. Elle a fait appel de la décision.La date précise du procès devrait être fixée lors d’une première audience prévue le 29 septembre.Le Conseil constitutionnel a validé début août un nouveau mode de scrutin pour les élections municipales à Paris, Lyon et Marseille, dont les conseillers des mairies centrales seront désormais élus directement, en plus des représentants d’arrondissements et de secteurs.

A Roland-Garros devant le Medef, match d’exhibition entre chefs de partis

François Bayrou en sursis à Matignon, il y avait comme un avant-goût de campagne électorale jeudi après-midi à Roland-Garros, où six des principaux chefs de partis politiques se sont affrontés lors du débat de clôture de la rentrée du Medef. Sans retenir leurs coups.Service Bardella. Privilège du premier en nombre de voix et de députés, le président du Rassemblement national ouvre le jeu. Et dénonce à nouveau le “chantage” du Premier ministre, qui a convoqué un vote de confiance à l’Assemblée le 8 septembre. Anticipant sa chute, le leader du RN réclame “le retour aux urnes”, cette fois-ci sans les “accords contre-nature” entre gauche et centre qui l’ont privé de victoire l’an dernier.Aussitôt Gabriel Attal renvoie la balle: les patrons “demandent des solutions, et vous dites dissolution”. Le numéro un de Renaissance veut lui “que notre pays, le 31 décembre, ait un budget pour l’année prochaine”. Ce n’est donc “pas vrai que ça faciliterait les choses de faire chuter le gouvernement ou de retourner aux élections”.Effectivement, “si c’est pour ne pas suivre le résultat des élections, c’est quand même compliqué”, le reprend de volée Marine Tondelier, qui plaide encore pour un Premier ministre de gauche. La cheffe des Écologistes prend même les patrons à témoin: “Je suis venue vous tendre la main (…) La dissolution, ce n’est pas bon pour vos entreprises”.”Certains sont obsédés par les élections. Ce qui est important pour nous, c’est d’avoir un changement politique”, abonde le communiste Fabien Roussel. Qui s’attire en retour un violent coup droit de M. Attal: “Je ne supporte plus de vous entendre parler de cadeaux aux patrons quand on parle des baisses d’impôts”. Applaudissements du public, certes déjà acquis. Avantage au macroniste.Pas impressionné, Manuel Bompard fustige “la politique de l’offre (qui) nous amène dans le mur” et revendique de faire tomber le gouvernement dans onze jours. “Pour empêcher le chaos, il faut empêcher Monsieur Bayrou de présenter son budget”, affirme le coordinateur de la France insoumise, ravi de déplaire à l’assistance.- Echanges nourris -Au contraire, les tribunes acclament Bruno Retailleau quand il plaide la “rupture” avec un “système social-étatiste” et estime qu’il “faudra impérativement sortir des boniments que nous a racontés la gauche depuis des années”. Dans son élan, il pose sur la table une proposition de “seuil zéro charges”, en réalité une exonération de cotisations sur les heures supplémentaires. Succès garanti.”Vous coupez dans quelles dépenses de la Sécurité sociale?”, objecte M. Bompard. Le président des Républicains ne répond pas, et poursuit en appelant de ses vœux l’application du “fameux décret Attal sur l’assurance chômage”, censé “inciter” les demandeurs d’emploi à reprendre le travail en réduisant leurs droits à une allocation.Sourire en coin de l’ex-Premier ministre, qui réserve ses attaques à M. Bardella: “Quand on a supprimé l’ISF, vous étiez contre. En économie, c’est comme en amour, il y a des déclarations mais il faut des preuves.”Son rival d’extrême droite lui renvoie son bilan, et ironise: “Dommage que vous n’ayez pas été ministre pendant sept ans, franchement c’est regrettable”. Il va même jusqu’à s’étonner de voir la salle “applaudir des gens qui ont fait 1.200 milliards d’euros de dette en dix ans”.M. Retailleau en profite pour se démarquer: “J’ai été dans l’opposition, donc je ne me sens pas du tout comptable de la dette ou des déficits précédents.”Vient le temps de conclure. Derniers échanges, Mme Tondelier alerte sur la “bascule fasciste” qui menace la France, et cible clairement le “populisme” du RN. M. Bardella ne prend même pas la peine de relever, répète “qu’on ne fera pas la France de demain avec ceux qui ont échoué hier”.Pris au jeu, M. Attal propose déjà un match retour: “Revoyons nous dans ce format dans les jours qui viennent”. Les joueurs sont prêts.

Macron et Merz scellent à Brégançon le “reset” franco-allemand

Un couple “parfaitement aligné”. Emmanuel Macron et le chancelier allemand Friedrich Merz se sont retrouvés jeudi soir au fort de Brégançon, résidence d’été des présidents français, pour sceller la relance du moteur franco-allemand, qui patinait depuis des années. Vue plongeante sur la Méditerranée, le dirigeant allemand a été accueilli par le chef de l’Etat français. Sourires et ambiance décontractée, sans cravate, autour d’une table en extérieur avec les conseillers, avant un dîner en tête-à-tête, étaient de la partie pour symboliser cette nouvelle phase des relations, à la veille d’un conseil des ministres conjoint vendredi à Toulon.”Le couple franco-allemand aujourd’hui est parfaitement aligné pour justement avoir une Europe plus forte en matière économique, commerciale, monétaire, mais aussi avoir une Europe qui tient sa position géopolitique”, a dit Emmanuel Macron, tandis que Friedrich Merz a souligné l’amitié entre les deux pays mais aussi entre les deux dirigeants.”La relation franco-allemande est un axe, un fondement de l’Europe mais 25 autres Etats-membres nous regardent. Ils peuvent compter sur notre détermination à agir ensemble car alors nous sommes vraiment fort”, a renchéri Friedrich Merz. Le lieu se veut à la hauteur de l’enjeu : seuls deux chanceliers y ont été reçus avant lui, Helmut Kohl par François Mitterrand en 1985 et Angela Merkel par Emmanuel Macron en 2020… un an après Vladimir Poutine, quand le rapprochement avec la Russie était encore à l’ordre du jour.Fini les temps maussades, voire tendus avec le chancelier Olaf Scholz, volontiers taiseux et peu familier de la France, face à un président au tempérament fonceur.Paris et Berlin mettent volontiers en avant le nouvel élan de leur relation depuis l’arrivée du conservateur Friedrich Merz à la chancellerie le 7 mai. Venu dès son investiture à Paris, il a depuis reçu Emmanuel Macron à Berlin en juillet. Tous deux ont aussi effectué plusieurs déplacements conjoints, à Kiev en juin, à Washington le 18 août ou encore en Moldavie mercredi. – “Alchimie” -La rencontre de Brégançon, ponctuée par un dîner, et le conseil des ministres franco-allemand vendredi, avec dix ministres de chaque côté, acteront, photos à l’appui, cette nouvelle dynamique.”Ca fonctionne vraiment bien parce qu’ils ont un peu en commun ce côté disruptif, qui peut s’enthousiasmer, foncer tête baissée”, explique à l’AFP Hélène Miard-Delacroix, spécialiste des relations franco-allemandes à La Sorbonne.Depuis le retour de Donald Trump, qui malmène ses alliés européens et tend à se rapprocher de la Russie, “il y a une déception à Berlin vis-à-vis des Etats-Unis qui provoque vraiment un aiguillon pour se rapprocher de la France”, note-t-elle.Les deux dirigeants vont évoquer les grands sujets diplomatiques du moment, qu’il s’agisse des garanties de sécurité à fournir à l’Ukraine dans le cadre d’un éventuel accord de paix avec la Russie, du nucléaire iranien ou de Gaza.La France et l’Allemagne ont vivement condamné les derniers bombardements russes en Ukraine qui ont fait jeudi 19 morts à Kiev, Friedrich Merz actant l’échec à ce stade de la médiation américaine.”Il est évident qu’il n’y aura pas de rencontre entre le président Zelensky et le président Poutine, contrairement à ce qui avait été convenu entre le président Trump et le président Poutine”, a-t-il reconnu.Compétitivité européenne, convergence des réformes économiques et sociales des deux pays et enjeux de défense et sécurité seront au coeur du conseil des ministres.Pour autant, “cette +alchimie+ suffira-t-elle à relever les défis du +reset+ (nouvel élan) franco-allemand et ses enjeux vitaux pour l’Europe ?”, s’interroge Paul Maurice, expert des sujets franco-allemands à l’Institut français des relations internationales (Ifri).- Crise politique -La nouvelle crise politique à Paris, avec la probable chute du gouvernement de François Bayrou sur son plan d’économies budgétaires de 44 milliards d’euros, complique sérieusement la donne pour Emmanuel Macron.”On part avec un petit boulet aux pieds comparé aux Allemands. Ils sont à 60% de PIB d’endettement. Nous on est à 113%”, déplore une ministre française. Friedrich Merz, déterminé à renforcer le poids de l’Allemagne sur la scène internationale, est aussi confronté à de premières turbulences au sein de sa coalition avec les sociaux-démocrates.D’un autre côté, le risque de voir l’extrême droite arriver au pouvoir en France en 2027 pousse aussi les Allemands à “vouloir faire bouger les choses” tant qu’il en est encore temps, ajoute l’universitaire.En attendant, les sujets qui fâchent, à commencer par le projet commun d’avion de combat du futur (Scaf), source de tensions récurrentes entre les industriels des deux pays, ont été relégués à plus tard.

Municipales à Paris: LR investit Dati, qui se retire de la législative partielle au profit de Barnier

Les Républicains (LR) ont annoncé jeudi accorder l’investiture à Rachida Dati pour les élections municipales à Paris, la ministre de la Culture retirant sa candidature dissidente pour la législative partielle dans la 2e circonscription de la capitale où le parti avait investi Michel Barnier.”A l’unanimité, les Républicains ont investi Rachida Dati pour les municipales à Paris” de mars 2026 et “Rachida Dati apportera son soutien à Michel Barnier pour l’élection législative partielle dans la 2e circonscription de Paris” prévue les 21 et 28 septembre, écrit le parti dans un communiqué.Le sénateur Francis Szpiner, qui briguait également l’investiture pour les municipales, a retiré sa candidature, a indiqué la porte-parole de LR, Agnès Evren, également présidente de la fédération LR de Paris.”La raison l’a emporté” pour “un accord gagnant-gagnant”, a-t-elle estimé auprès de l’AFP.”Rachida Dati est désormais la candidate officiellement investie par Les Républicains à la mairie de Paris. Les efforts de l’ensemble du mouvement seront orientés pour faire gagner la liste de Rachida Dati et battre la gauche parisienne. Cette liste conduite par Rachida Dati comportera une majorité de candidats issus de LR en position éligible et les responsables, élus et militants LR qui s’engageront publiquement à ses côtés seront associés à la campagne et à l’action municipale”, écrit encore le parti.”Michel Barnier, qui ne s’engagera pas dans l’élection municipale de 2026, soutiendra Rachida Dati dans cette campagne. Rachida Dati apportera son soutien à Michel Barnier pour l’élection législative partielle dans la 2ème circonscription de Paris”, conclut LR.Dans la foulée, Michel Barnier a annoncé que sa suppléante serait Florence Berthout, maire (Horizons) du 5e arrondissement, particulièrement crucial dans cette élection.L’ancien et éphémère Premier ministre affrontera notamment, côté gauche, la candidate Frédérique Bredin, investie par le PS et soutenue par les Ecologistes.Le parti de droite, revigoré par sa participation au gouvernement et l’élection à sa tête de Bruno Retailleau, évite ainsi un duel fratricide dans la circonscription parisienne de la rive gauche recouvrant le 5e, une partie du 6e et une partie du 7e arrondissement, donc Rachida Dati est maire.Après l’invalidation par le Conseil constitutionnel de l’élection de Jean Laussucq, ancien collaborateur de Mme Dati qui siégeait au sein du groupe Renaissance, le parti avait investi Michel Barnier, et la ministre de la Culture avait annoncé être également candidate, ce qu’elle avait réitéré dans La Tribune Dimanche.Exclue des Républicains en 2024 après avoir été recrutée en janvier 2024 par la macronie pour entrer dans le gouvernement de Gabriel Attal, Rachida Dati a repris sa carte chez LR.A ce calendrier électoral, Mme Dati, 59 ans, doit faire correspondre son agenda judiciaire: elle a été renvoyée le 22 juillet en procès pour corruption et trafic d’influence, soupçonnée d’avoir perçu 900.000 euros entre 2010 et 2012 pour des prestations de conseil avec une filiale de l’alliance Renault-Nissan mais sans avoir réellement travaillé, alors qu’elle était avocate et députée européenne. Elle a fait appel de la décision.La date précise du procès devrait être fixée lors d’une première audience prévue le 29 septembre.

Bayrou perçoit un frémissement de l’opinion sur la dette, le RN et la gauche considèrent sa “page tournée”

François Bayrou s’est dit “persuadé” que la question de l’endettement “commence à travailler dans l’opinion”, en marge de son intervention devant le Medef, tandis que les oppositions, conviées à Matignon la semaine prochaine, considèrent que “la page est tournée” et que son gouvernement tombera.La France insoumise, puis les Ecologistes, ont du reste refusé l’invitation du Premier ministre qui espère engager lundi de nouvelles consultations.”Je suis persuadé que cette question (de la dette) commence à travailler dans l’esprit de beaucoup de nos compatriotes”, a déclaré le Premier ministre. En conséquence, il s’est dit “certain que tout peut bouger” d’ici au vote de confiance du 8 septembre à l’Assemblée.Devant le Medef, M. Bayrou a invoqué “l’impératif de justice”, “condition” de “l’acceptation” de “l’effort” budgétaire qu’il souhaite porter à 44 milliards d’euros en 2026. Ce qui passe selon lui par une “contribution” des “plus favorisés” dont il n’a pas précisé les contours, si ce n’est qu’elle devra épargner “l’outil de travail” des entreprises.Mais le ministre de l’Economie Eric Lombard a assuré jeudi matin qu’un retour de l’impôt sur la fortune (ISF), fortement rejeté par le patron du Medef Patrick Martin, était “complètement écarté”.M. Bayrou a surpris tout le monde lundi en annonçant qu’il se soumettrait à un vote de confiance à l’Assemblée nationale le 8 septembre.Le décret convoquant le Parlement en session extraordinaire a été publié au Journal Officiel jeudi, avec un ordre du jour en un seul point : “une déclaration de politique générale”, en application de l’article 49, alinéa premier de la Constitution.Les oppositions ayant annoncé qu’elles voteraient contre, M. Bayrou a annoncé qu’il recevrait les responsables de partis à partir de lundi, répétant qu’il était prêt à “ouvrir toutes les négociations nécessaires” à la “condition préalable” d’un accord sur “l’importance de l’effort” à consentir.Après La France insoumise, les Ecologistes ont fait savoir jeudi qu’ils ne se rendraient pas à Matignon, considérant qu’il n’y a “plus rien à attendre de ce Premier ministre”.Cette tentative de négociation semble perdue d’avance, d’autant que le chef du gouvernement n’a pas arrangé ses relations avec les leaders de l’opposition en affirmant qu’ils étaient en “vacances” cet été alors que ceux-ci soulignent qu’il n’a jamais cherché à les joindre.”En quoi est-ce un reproche ? (…) Il n’y a aucune polémique sur le fait que tout le monde a le droit d’être en vacances”, a répliqué François Bayrou.”Si on était en vacances cet été, il devait faire la sieste”, a répliqué Jordan Bardella, pour qui “le retour aux urnes, par la dissolution ou la démission, demeure l’unique solution pour sortir de l’impasse politique”.S’il se rendra bien avec Marine Le Pen à Matignon, le RN considère que la page Bayrou “est tournée”, selon son vice-président Sébastien Chenu.Selon un sondage Odoxa pour Le Figaro, 60% des Français approuvent la décision de M. Bayrou de solliciter un vote de confiance… Mais 73% la lui refuseraient s’ils étaient députés. En cas de chute, 54% des Français se disent pour une dissolution de l’Assemblée.- “Alternative” – Les dirigeants socialistes n’ont pas encore donné leur réponse à l’invitation du Premier ministre qualifié de “démissionnaire” par Olivier Faure. Le PS, hostile à de nouvelles élections, a ouvert son université d’été jeudi après-midi à Blois et entend démontrer qu’il peut incarner une “alternative”. “Nous sommes la solution”, assure jeudi sur X le premier secrétaire du PS qui s’exprimera vendredi devant ses troupes.Mais à supposer qu’Emmanuel Macron appelle une personnalité de gauche à Matignon, la question reste entière sur la manière dont celle-ci pourrait gouverner sans accord avec le bloc central, faute de majorité à l’Assemblée.Assurant partager le diagnostic de gravité de la situation sur le niveau de la dette, mis en avant par François Bayrou pour justifier le vote de confiance, le PS doit présenter son contre-budget samedi, basé sur la recherche de recettes supplémentaires, avec un effort demandé aux plus aisés.Malgré toutes ces incertitudes, auxquelles les marchés et particulièrement la Bourse ont assez nettement réagi cette semaine, Eric Lombard a assuré “ne pas croire à la crise financière” en France.Au Medef, plusieurs chefs de parti – Marine Tondelier, Gabriel Attal, Jordan Bardella, Manuel Bompard, Bruno Retailleau, Fabien Roussel – ont débattu de la situation politique et économique jeudi après-midi. Bruno Retailleau, qui a cité Ronald Reagan, y a été particulièrement applaudi, de même que Gabriel Attal.

Le PS entame ses journées d’été avec l’ambition de se poser en alternative à Bayrou

Le Parti socialiste a démarré jeudi à Blois ses universités d’été, avec l’ambition de proposer “un autre chemin budgétaire” et de se poser en alternative au gouvernement de François Bayrou. Alors que le Premier ministre a de fortes chances de tomber depuis que toutes les oppositions, y compris le PS, ont annoncé qu’elles ne voteraient pas la confiance le 8 septembre prochain à l’Assemblée nationale, les socialistes sont plus scrutés que jamais. Le premier secrétaire Olivier Faure tiendra un discours vendredi en fin de journée pour “dire aux Français qu’un autre chemin est possible”, et que le PS propose “une alternative budgétaire, sous le signe de la justice”, a expliqué la maire de Nantes, Johanna Rolland.Le Parti socialiste, qui réclame comme ses partenaires politiques qu’Emmanuel Macron laisse à la gauche la possibilité de gouverner, est dans le viseur du Premier ministre, qui espère toujours trouver un compromis lui.Si le parti n’exclut pas à ce stade de se rendre à l’invitation du Premier ministre la semaine prochaine, “ce n’est pas pour négocier”, mais “réexpliquer qu’on ne votera pas la confiance”, précise son secrétaire général Pierre Jouvet.   Emmanuel Macron a beau appeler à “la responsabilité” des partis “qui souhaitent être des partis de gouvernement”, les socialistes s’y refusent catégoriquement : “Nous ne sommes pas d’accord avec les 44 milliards d’euros d’économies à faire pour 2026”, martèle Pierre Jouvet.Le PS propose 25 à 27 milliards d’économie, étalés sur 4 ans. Il présentera samedi des propositions “concrètes” sur le budget et s’appliquera à faire “la démonstration qu’il est possible de désendetter le pays”, affirme Olivier Faure dans La Nouvelle République. Selon lui, “il n’y a rien à sauver dans ce budget qui nous est proposé. Il faut le revoir de fond en comble”.Juste avant le discours du premier secrétaire vendredi, les socialistes réuniront leurs partenaires de gauche, de François Ruffin (ex-insoumis) à Marine Tondelier (Ecologistes), en passant par Léon Deffontaines (PCF) et Benjamin Lucas (Générations), pour un meeting commun. Raphaël Glucksmann le leader de Place Publique et partenaire du PS, qui entend bien jouer sa partition seul pour 2027, sera également présent vendredi à Blois.De quoi laisser les socialistes espérer, si la gauche était choisie par Macron, de pouvoir former un gouvernement allant “de Ruffin et Roussel à Glucksmann”, dit Pierre Jouvet.

Olivier pour Ilan Halimi abattu: deux frères écroués avant leur procès en octobre

Deux frères jumeaux de 19 ans, soupçonnés d’avoir abattu il y a deux semaines à Epinay-sur-Seine (Seine-Saint-Denis) un olivier planté en mémoire d’Ilan Halimi, ont été placés en détention provisoire dans l’attente d’être jugés en octobre, a-t-on appris jeudi auprès du parquet.Les deux jeunes hommes avaient été déférés mercredi en comparution immédiate au tribunal correctionnel de Bobigny, où l’affaire a été renvoyée au 22 octobre, a précisé à l’AFP le parquet.Ils seront jugés pour destruction de bien aggravée et violation de monument dédié à la mémoire des morts commise en raison de la race, l’ethnie, la nation ou la religion, selon le ministère public, qui n’a pas donné davantage de précisions sur leur identité.Une source proche de l’enquête a assuré à l’AFP que ces jeunes hommes de 19 ans étaient des personnes sans domicile fixe de nationalité tunisienne, en situation irrégulière, confirmant une information donnée par Paris Match.Survenu dans la nuit du 13 au 14 août, l’abattage de l’arbre en mémoire d’Ilan Halimi, jeune Juif torturé à mort en 2006, avait suscité une indignation unanime au sein de la classe politique.L’olivier avait été planté en 2011 au jardin d’Alcobendas d’Epinay-sur-Seine, ville d’un peu plus de 50.000 habitants, située à une dizaine de kilomètres au nord de Paris.Selon une autre source proche du dossier, les deux frères ont été interpellés dans ce même jardin public où l’arbre avait été arraché. Leur ADN a été prélevé sur des morceaux de pastèque qui avaient été retrouvés le 14 août autour du tronc coupé, au pied de la stèle en mémoire d’Ilan Halimi, a rapporté cette source proche du dossier, relevant que la pastèque est depuis longtemps un fruit symbole de la résistance du peuple palestinien face à Israël. Citoyen français de confession juive, Ilan Halimi, 23 ans, avait été séquestré et torturé en janvier 2006 à Bagneux (Hauts-de-Seine) par un groupe d’une vingtaine de personnes qui se faisaient appeler le “gang des barbares”, sous la direction de Youssouf Fofana. Découvert agonisant au bord d’une voie ferrée à Sainte-Geneviève-des-Bois, dans l’Essonne, le jeune homme était mort pendant son transfert à l’hôpital un peu moins d’un mois plus tard.Deux autres arbres plantés en hommage à Ilan Halimi, dont l’un portait sa photo, avaient été sciés en 2019 à Sainte-Geneviève-des-Bois. D’autres arbres avaient été replantés.Le maire d’Epinay-sur-Seine, Hervé Chevreau (DVD), a indiqué à l’AFP que plusieurs arbres seraient replantés dans la deuxième quinzaine de septembre dans la ville, en mémoire d’Ilan Halimi. “Il y a un élan de solidarité remarquable. Une personne nous a ainsi fait livrer deux énormes oliviers. D’autres personnes, qui n’ont pas de lien avec la communauté (juive) ont été choquées par cet acte ignoble et veulent aussi nous donner des arbres”, a ajouté l’édile.

Le ministre de l’Economie Eric Lombard “convaincu qu’on aura dans les délais un budget pour 2026

Le ministre de l’Economie Eric Lombard s’est dit jeudi “convaincu qu’on aura dans les délais un budget pour 2026”, alors que se déroulera le 8 septembre au Parlement un vote de confiance pour l’instant mal engagé pour François Bayrou.M. Lombard, qui s’exprimait devant la Rencontre des entrepreneurs de France, rendez-vous d’été annuel du Medef, a par ailleurs assuré que “l’ISF est complètement écarté” de ce budget, sans exclure qu’il y ait des “discussions sur le partage de l’effort” à fournir pour trouver les 44 milliards d’euros d’efforts souhaités par le Premier ministre François Bayrou pour l’an prochain.Le ministre semble donc penser qu’il est possible de boucler le budget dans les délais, malgré le vote de confiance auquel se soumettra le 8 septembre François Bayrou. En cas d’échec, ce qui semble actuellement l’hypothèse la plus probable, il devrait démissionner et il faudrait alors prendre le temps de reconstruire un nouveau gouvernement.Malgré toutes ces incertitudes, auxquelles les marchés et particulièrement la Bourse ont assez nettement réagi cette semaine, M. Lombard a assuré “ne pas croire à la crise financière” en France.