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Pas de “miracle” à Matignon: Le Pen et Bardella demandent une dissolution “ultra-rapide”

Marine Le Pen et Jordan Bardella ont demandé mardi une “dissolution ultra-rapide” de l’Assemblée nationale après la chute probable du gouvernement de François Bayrou la semaine prochaine, considérant que “le miracle n’a pas eu lieu” à l’issue de leur entretien avec le Premier ministre.M. Bayrou a entamé lundi une série de consultations des forces politiques, à une semaine du vote de confiance qu’il sollicite de l’Assemblée nationale le 8 septembre autour de la question budgétaire et qui pourrait sceller le sort de son gouvernement.”Nous appelons, Jordan et moi-même, à une dissolution ultra-rapide. Parce que la réalité, c’est qu’il faut que la nouvelle majorité issue de ces nouvelles élections puisse construire un budget”, a affirmé la cheffe de file des députés du Rassemblement national, à l’issue d’un entretien d’environ une heure avec M. Bayrou.”Plus tôt on retournera aux urnes, plus tôt la France aura un budget”, a renchéri le président du parti Jordan Bardella, pour qui “le miracle n’a pas eu lieu” lors de cet entretien, qui “ne fera pas changer le Rassemblement national d’avis”, à savoir voter contre la confiance au gouvernement lundi.”Les portes n’étaient pas très ouvertes. Le Premier ministre a indiqué (…) qu’il était prêt peut-être un jour à regarder ce qu’il pouvait y avoir du côté de l’immigration. Mais je pense que le temps n’est plus à la discussion”, a-t-il ajouté, fustigeant les “milliards (d’euros) qui partent en fumée dans une immigration qui est devenue une immigration de guichet social qui pèse sur les comptes de l’Etat”.”Je n’ai pas eu le sentiment que François Bayrou entrait dans une phase de négociation”, a appuyé Mme Le Pen.”La réponse est simple: nous n’avons pas confiance” et “le seul moyen pour un Premier ministre de pouvoir avoir une durée de vie un peu plus longue serait de rompre avec le macronisme”, a-t-elle développé.

Le RN pense obtenir la majorité absolue en cas de dissolution

Le vice-président du Rassemblement national Sébastien Chenu a estimé mardi que son parti pouvait “avoir une majorité absolue” à l’Assemblée nationale si des législatives anticipées étaient organisées à la suite d’une nouvelle dissolution. “Des sondages nous invitent à penser qu’on peut faire la course en tête et moi je crois que nous pouvons avoir une majorité absolue”, a déclaré le responsable d’extrême-droite sur RMC-BFMTV.Il a affirmé croire que “l’écroulement du bloc central” pourrait “amener une majorité Rassemblement national et alliés” de l’UDR d’Eric Ciotti, car le RN est selon lui “le garant de la stabilité” souhaitée par les Français.Interrogé sur des alliances possibles avec d’autres partis que celui d’Éric Ciotti, il a rejeté tout “bidouillage de cuisines ou d’arrières-salles”. “Ensuite, il y aura des députés, peut-être, d’autres bancs qui diront effectivement +leurs solutions valent le coup d’être mises en œuvre et on ira ou les voter ou tout simplement, on ne s’y opposera pas+”, a-t-il détaillé.Le président du parti d’extrême-droite Jordan Bardella, qui vise le poste de Premier ministre en cas de majorité, est “le bienvenu” pour être candidat aux législatives, a précisé Sébastien Chenu, assurant par ailleurs que Marine Le Pen, touchée par une peine d’inéligibilité pour détournement de fonds publics, “utilisera tous les moyens légaux, qui lui permettront d’être candidate”. Le Premier ministre François Bayrou va demander lundi la confiance de l’Assemblée nationale sur son projet de budget pour 2026. Il a très peu de chance de l’obtenir, la gauche et le Rassemblement national ayant annoncé leur intention de voter contre.

C’est la rentrée pour les élèves français, sauf dans les Bouches-du Rhône et le Var

“Je voulais rester en vacances”, mais “je suis contente de retrouver mes copines” lance Jeanne, 8 ans, devant son école de Courbevoie. Près de 12 millions d’élèves ont fait leur rentrée lundi, marquée par des nouveautés et des questions sur la situation gouvernementale.Pour certains cependant, la reprise des cours attendra un peu: dans les Bouches-du-Rhône et le Var, elle a été reportée à mardi en raison d’une vigilance orange liée aux risques de très fortes pluies. Deux écoles restent aussi fermées dans le Gard, à Bagnols-sur-Cèze.”C’est important qu’on ne mette pas en risque les familles qui peuvent conduire les élèves à l’école”, a justifié sur RTL la ministre de l’Education Elisabeth Borne.Pour les parents, devoir garder ses enfants au pied levé relève toutefois de la gageure: “quand on a eu l’info, on venait de boucler les cartables”, raconte Céline Guillaud, mère de famille marseillaise.”Au dernier moment, mon conjoint s’est organisé pour pouvoir fermer son activité cet après-midi et prendre les enfants. Et moi (j’ai dû m’organiser) pour m’en occuper ce matin”, ajoute cette mère, interrogée par l’AFPTV, dont les enfants ont dû “faire un peu d’écrans”.Son fils Abel dit qu’il aurait aimé “être à l’école pour découvrir un peu tout” dès lundi, mais se fait à l’idée d’un “jour de vacances en plus”.A Courbevoie (Hauts-de-Seine), Vadim a pu lui retrouver normalement le chemin des classes lundi, mais sans entrain: “Je suis fatigué, j’aime pas trop l’école”, râle le garçon de 7 ans, nouveau CE2.- 2.500 profs manquants -A Nantes, rentrée sous un franc soleil dans une école élémentaire où Antoine, 10 ans, mèche blonde et sweat zippé, arrive avec le sourire : “j’ai une bonne classe car je retrouve mes potes et que j’ai une maîtresse trop cool.”Au lycée Docteur-Charles-Mérieux de Lyon, les élèves se retrouvent devant les nouveaux portiques équipés de scanners électromagnétiques installés par la région, partagés entre “stress” et “détermination” à l’orée d’une nouvelle année scolaire.Leur plus grosse inquiétude: Parcoursup et le bac, car “on sent qu’on va nous mettre la pression toute l’année”, explique Elya, 17 ans, en terminale.Pour sa première et potentiellement dernière rentrée comme ministre de l’Education, Elisabeth Borne s’est rendue dans une école élémentaire du 15e arrondissement de Paris. Elle y a visité une classe de CM1, dans laquelle les élèves ont raconté leurs lectures de vacances, entre “Harry Potter” et “Mortelle Adèle”. Alors que le vote de confiance à l’Assemblée le 8 septembre pourrait entraîner la chute du gouvernement, la ministre a estimé que face à la crise budgétaire, il fallait maintenir le financement de l’Education nationale: “l’avenir de notre vie se joue à l’école et je pense que cette priorité, elle s’impose”.Pour autant, “la perspective de ne pas avoir de ministre et d’envisager des restrictions budgétaires est un peu inquiétante”, fait valoir Caroline Brisedoux, secrétaire nationale de la CFDT Education.Parmi les enjeux, la ministre s’est voulue rassurante sur les effectifs d’enseignants. “On a 99,9% des postes qui sont bien pourvus dans le premier degré, quasiment pas de postes non pourvus dans le second degré”, a-t-elle dit, tout en reconnaissant qu’il y a en cette rentrée “l’équivalent de 2.500 professeurs” manquants. “C’est moins que l’an dernier”.- “Beaucoup d’élèves par classe” -“On est extrêmement inquiets qu’il n’y ait pas assez de profs”, alors que la crise de recrutement des enseignants perdure, réplique Grégoire Ensel, vice-président de la fédération de parents d’élèves FCPE.Clément Cunow, qui a accompagné son fils en CM2 à Courbevoie, se dit lui aussi préoccupé car le manque de moyens et d’enseignants “veut dire très concrètement déjà beaucoup d’élèves par classe”.Cette rentrée verra par ailleurs la mise en oeuvre de plusieurs réformes, avec notamment le lancement d’une nouvelle épreuve de mathématiques au bac en première. Elisabeth Borne a par ailleurs annoncé à la dernière minute – ce qui irrite les syndicats – des modifications pour le contrôle continu au bac, pour lequel les notes de première et terminale ne compteront plus toutes.  “L’objectif, c’est de baisser la pression sur les élèves et sur les professeurs”, dit-elle.Autre nouveauté: les élèves ayant obtenu moins de 8 sur 20 ne pourront plus aller au rattrapage du bac. Pour les 3e, le brevet change aussi: l’examen passera de 50 à 60% de la note finale.burs-slb-ved/alu/cbn

Braun-Pivet critique la maladresse de Bayrou et appelle les forces politiques à se réunir s’il chute

La présidente de l’Assemblée nationale Yaël Braun-Pivet a critiqué lundi “les mots maladroits” de François Bayrou sur les oppositions ou les “boomers” et a appelé, en cas de chute du gouvernement, les forces politiques à se réunir pour se mettre d’accord sur une coalition jusqu’en 2027. Elle a jugé également sur France inter qu’il fallait “abandonner” la suppression des deux jours fériés, “qui a trop braqué les Français” et “à ne pas avoir de tabou” sur une augmentation des impôts pour les hauts revenus.Interrogée sur la stratégie du Premier ministre, Mme Braun-Pivet a reconnu qu’il “aurait peut-être fallu davantage dialoguer cet été” et regretté “les mots maladroits” du Premier ministre sur les oppositions en “vacances.””En août, beaucoup d’entre nous étaient au travail et les Français sont au travail en été et donc il faut arrêter d’avoir cette vision”, a-t-elle jugé.Tout en reconnaissant qu’au nom de “l’équité”, les retraités doivent contribuer au redressement des finances publiques, elle n’aurait pas utilisé le mot de +boomers+, accusés par François Bayrou d’avoir creusé l’endettement pour leur “confort”. “Les gens se sentent un peu stigmatisés, il ne faut pas heurter”, a-t-elle jugé. Si l’Assemblée nationale ne donne pas sa confiance au Premier ministre le 8 septembre, elle propose que les forces politiques se réunissent pour “se poser la question du quoi avant la question du qui”.”Il y aura deux grands choses à examiner ensemble. D’une part, le budget, est-ce que nous sommes capables de trouver un compromis à grosses mailles et il reviendra au nouveau Premier ministre de regarder dans le détail ?”, a-t-elle jugé.”La deuxième chose, c’est se mettre d’accord pour se dire quelles sont les grandes réformes que nous souhaitons porter jusqu’en 2027″ en laissant de côté “les irritants” pour la campagne présidentielle.

A une semaine du vote de confiance, Bayrou entame des consultations politiques

François Bayrou entame lundi après-midi une série de consultations des partis politiques, à une semaine du vote de confiance qu’il sollicite de l’Assemblée nationale autour de la question budgétaire, qui pourrait sceller le sort de son gouvernement.Le Premier ministre recevra lundi à 17h00 les représentants du Parti communiste (PCF), son secrétaire national Fabien Roussel et le président du groupe à l’Assemblée, Stéphane Peu.Suivront mardi et mercredi les représentants des partis soutenant la coalition présidentielle, mais aussi ceux de Place publique, le parti de Raphaël Glucksmann, du Rassemblement national, de l’UDR, le parti d’Eric Ciotti, puis du groupe centriste de l’Assemblée Liot.Le Parti socialiste se rendra à Matignon jeudi matin, suivi de l’UDI, présidé par Hervé Marseille.La France insoumise et les Ecologistes ont pour leur part refusé d’honorer cette invitation.Après avoir créé la surprise en annonçant engager la responsabilité de son gouvernement le 8 septembre, avant même le début des discussions budgétaires, François Bayrou apparaît plus qu’en sursis à Matignon.Dimanche, il a de nouveau défendu sa position lors d’un entretien accordé aux quatre chaînes d’information en continu, estimant notamment que la question en jeu lors de ce vote n’était pas “le sort du Premier ministre” mais celui de la France.Il n’y a “aucune politique courageuse possible” sans “accord minimal” sur le “diagnostic”, a également répété dimanche le Premier ministre.Les chances de compromis paraissent minces, M. Bayrou ayant considéré que les propositions budgétaires du PS signifiaient qu'”on ne fait rien” pour réduire l’endettement.Le PS, qui se dit volontaire pour prendre la suite de M. Bayrou à Matignon après sa chute probable, propose notamment de réduire le déficit de 21,7 milliards d’euros en 2026, environ deux fois moins que les 44 milliards visés par le gouvernement.Au programme: 14 milliards d’économies “sans mettre à contribution les travailleurs et les services publics”, et 26,9 milliards de recettes nouvelles, pesant “d’abord sur les grandes fortunes”.”Le plan qu’ils ont sorti cette semaine fait la démonstration qu’ils ne veulent pas gouverner”, a estimé dimanche un ancien ministre macroniste.François Bayrou a présenté le 15 juillet les grandes lignes de son projet de budget comprenant 43,8 milliards d’euros d’effort financier via un certain nombre de mesures –“année blanche fiscale”, gel des prestations sociales– dont la plus commentée est la suppression de deux jours fériés sans contrepartie rémunératrice.Le chef du gouvernement devra, en cas de vote négatif le 8 septembre, présenter la démission de son gouvernement, moins d’un an après avoir succédé à Michel Barnier, renversé par une motion de censure sur les textes budgétaires.

A huit jours de sa probable chute, Bayrou refuse de faire ses adieux et creuse son sillon sur la dette

“Continuons le combat”, a-t-il dit, en béarnais, en conclusion: François Bayrou a une nouvelle fois défendu ses choix budgétaires dimanche, n’entendant pas dire “au revoir” aux Français, comme l’y invitent la gauche et le RN, pressés de tourner la page de son gouvernement à la faveur du vote de confiance du 8 septembre.”Les jours qui vont venir sont cruciaux. Si vous imaginez que je peux abandonner les combats que je mène depuis des années et que je continuerai à mener après, vous vous trompez”, a-t-il lancé lors d’une interview assez décousue de près d’une heure et demi, depuis son bureau à Matignon, et retransmise sur les quatre chaînes d’information en continu. Le Premier ministre, qui a annoncé en début de semaine sa volonté de solliciter un vote de confiance de l’Assemblée sur la question budgétaire et multiplie les interventions depuis pour prendre à témoin les Français, a estimé que la “question” en jeu n’était pas “le destin du Premier ministre” mais celle du “destin de la France”.”Il n’y a aucune politique courageuse possible” sans “l’assentiment minimal des Français et de ceux qui les représentent” sur la dette, a-t-il plaidé, pour justifier le vote de confiance, se réjouissant “qu’on n’ait jamais parlé de ce sujet comme on en parle depuis huit jours”.”Si le gouvernement tombe, ça veut dire qu’on abandonnera la politique pour moi vitale pour le pays” pour une “autre” politique “plus laxiste”, “plus à la dérive”, a-t-il mis en garde.- “Bagarre” -Alors que M. Bayrou recevra à partir de lundi les chefs de parti qui le souhaitent, il s’est dit une nouvelle fois ouvert à la négociation “s’ils le veulent” sur les mesures les plus impopulaires de son plan d’économies de 44 milliards, comme la suppression de deux jours fériés.”Je pense que ça pourrait être un (jour) sans difficulté si on veut discuter”, a-t-il glissé.Mais il a écarté d’un revers de main les pistes mises sur la table par le Parti socialiste, “volontaire” pour lui succéder à Matignon, et qui a proposé un effort budgétaire deux fois moins important en 2026, passant par une hausse des recettes et une taxation des hauts patrimoines.”Les propositions du PS, ça veut dire qu’on ne fait rien” pour réduire la dette, a-t-il balayé.L’annonce par le Premier ministre d’un vote de confiance a surpris lundi, beaucoup soupçonnant le maire de Pau de vouloir prendre les devants d’une censure de son budget à l’automne et de choisir sa sortie. Le RN et la gauche ont immédiatement répondu qu’ils voteraient contre.”Le 8 septembre il devra partir. (…) Le seul mot que j’attends de lui maintenant, c’est de dire au revoir”, a martelé dimanche le premier secrétaire du PS, Olivier Faure.”Olivier Faure qu’est-ce qu’il veut ? il veut être à Matignon”, a rétorqué M. Bayrou, disant que son entretien n’est “sûrement pas un au revoir”.S’il est renversé, le maire de Pau, âgé de 74 ans, n’a pas l’intention de disparaître du paysage. “Quand vous êtes renversé (…) commence le militantisme, commence la bagarre (…) commence la rencontre avec les Français”, a-t-il déclaré en refusant d’exclure une nouvelle candidature à la présidentielle. Au sein de la classe politique, peu de réactions à l’interview de M. Bayrou dimanche soir. “La tournée d’adieu de François Bayrou s’éternise et devient pire à chacune de ses représentations”, a cinglé le président de la commission des Finances de l’Assemblée, Eric Coquerel (LFI). M. Faure a évoqué un entretien “pathétique et crépusculaire”, tandis que le vice-président du RN Sébastien Chenu a vu un “Premier ministre naufragé, au bout du rouleau”.- “Suicide collectif” -La chute probable de M. Bayrou lundi prochain ouvre une nouvelle période d’incertitude, avec Emmanuel Macron en première ligne, dans un contexte social éruptif.Le chef de l’Etat, sommé par le RN et LFI de démissionner ou de dissoudre l’Assemblée nationale, va sans doute devoir dans l’immédiat se mettre en quête d’un nouveau Premier ministre. Les noms de Catherine Vautrin, Sébastien Lecornu, Gérald Darmanin ou Xavier Bertrand circulent à nouveau.Plusieurs ténors du gouvernement se sont alarmés de la situation politique dimanche. “Voulons-nous d’un suicide collectif, pas pour le gouvernement, mais pour le pays?”, a ainsi demandé l’ancien Premier ministre Manuel Valls, invitant chacun à “trouver la voie du dialogue et du compromis”.Le ministre de la Justice, Gérald Darmanin, a de son côté appelé les partis de gouvernement à la responsabilité, à l’heure où la “stabilité” des institutions est en jeu, citant LR et le PS, “un grand parti de gouvernement”. “La France a besoin d’un budget dans les temps”, face à une situation financière qui n’est “pas critique, mais tout de même préoccupante”, a de son côté mis en garde le premier président de la Cour des comptes, Pierre Moscovici.

Darmanin, entre mise en garde et conseils de méthode, avant le 8 septembre et au delà

Gérald Darmanin a mis en garde dimanche, lors de sa rentrée politique à Tourcoing (Nord), contre “l’instabilité” politique avant le vote de confiance du 8 septembre, disant craindre pour “les institutions du général De Gaulle” et adressant des signes d’ouverture au PS.Il n’y a pas eu, contrairement à l’habitude, de nombreuses propositions dans le discours de clôture du Garde des Sceaux dans son fief du Nord. La faute à l’instabilité politique et à la grande précarité du gouvernement avant l’épreuve parlementaire du 8 septembre.Il n’y eut guère non plus de références aux tables rondes organisées tout au long d’une journée parfois pluvieuse au jardin botanique de la ville, consacrées à la parentalité, à la santé mentale et à “l”assignation à résidence sociale”, pour cette rentrée organisée par son parti, Populaires.Pas davantage de déclaration de candidature à l’élection présidentielle, un bruit qui courait depuis plusieurs jours dans le monde politique, démenti la veille par l’entourage de M. Darmanin.Ni d’acte de candidature trop explicite pour Matignon dans le cas, probable, où le gouvernement Bayrou viendrait à être renversé, la même source assurant que le ministre de la Justice n’était “pas dans cette optique” et souhaitait avant tout rester Place Vendôme.Mais, néanmoins, quelques avertissements aux oppositions, et quelques pistes politiques pour la suite des opérations.”Bien sûr, ce gouvernement doit faire des efforts, doit tendre la main, doit peut être modifier — le Premier ministre l’a dit lui même — un certain nombre de propositions. Mais quel coup, quel abîme, quel hématome que de jouer au jeu politique de l’instabilité institutionnelle”, a déclaré M. Darmanin devant quelques centaines de personnes (1.500 selon les organisateurs).”Lundi prochain se jouent en partie les institutions du général De Gaulle. Si nous retombons dans l’instabilité de la Quatrième République (…) alors ce sont les institutions du général de Gaulle, nos institutions, (…) qui potentiellement seront remises en cause”, a estimé M. Darmanin.- “Empathie sociale” -“La France, qui est un immense pays avec un immense peuple, est tout à fait capable de relever ce défi, à condition que nous soyons responsables”, a-t-il dit, s’adressant au Parti socialiste, “un grand parti d’opposition responsable”, mais aussi aux Républicains (LR), son ancienne formation, “dont on n’imagine pas un seul instant qu’ils ne puissent pas soutenir le gouvernement”.”L’écueil de Bayrou, comme Barnier, c’est de ne pas avoir choisi avec qui négocier la non-censure. Aujourd’hui c’est avec le PS qu’il faut discuter”, appuie un de ses proches.La tâche semble quasi-impossible pour François Bayrou, le premier secrétaire du PS Olivier Faure ayant réaffirmé dimanche l’intention des socialistes de voter contre la confiance. Mais la méthode pourra être employée pour son successeur.Pour l’élu du Nord, “gaulliste social” revendiqué, “tout le monde doit faire des efforts. Les élus, sans doute, les gens qui ont de l’argent, bien sûr, les entreprises évidemment, mais aussi tous ceux qui doivent travailler davantage”.”Peut-être que l’empathie sociale est désormais l’enjeu des prochains mois et, je l’espère, des prochaines années”, a lancé celui qui a, à plusieurs reprises, souhaité une “inflexion sociale” de l’exécutif et critiqué le côté technocratique de la macronie, qu’il a rejointe en 2017.”Gérald Darmanin incarne la justice sociale qui n’est pas la revanche fiscale et qui est compatible avec la politique de l’offre menée par Emmanuel Macron”, a plaidé auprès de l’AFP l’un de ses proches, le député Renaissance Mathieu Lefèvre. Un bon CV pour Matignon ?Sept collègues du gouvernement avaient fait le déplacement, dont le ministre des Armées et ami de longue date, Sébastien Lecornu, pour cette troisième rentrée de Tourcoing.Ayant pris quelque distance avec Renaissance désormais dirigé par Gabriel Attal, proche d’Edouard Philippe mais parfois critique de sa démarche, M. Darmanin ne fait pas mystère de son intention de présenter un projet en vue de 2027.Il a par ailleurs indiqué à La Voix du Nord qu’il serait candidat aux élections municipales, en tête de liste ou en numéro deux derrière sa successeure Doriane Bécue. Décision définitive en janvier.

Pour Bayrou, “la question” du 8 septembre n’est “pas le destin du Premier ministre” mais “le destin de la France”

François Bayrou a estimé dimanche, lors d’un entretien accordé aux quatre chaînes d’information en continu, que la “question” en jeu lors du vote de confiance du 8 septembre n’était pas “le destin du Premier ministre” mais celle du “destin de la France”.”Si le gouvernement tombe, comme (les oppositions) le souhaitent, comme ils l’annoncent (…) eh bien ça veut dire qu’on changera de politique. On abandonnera ou on abandonnerait la politique pour moi vitale pour le pays” pour une “autre” politique “plus laxiste”, “plus à la dérive”, a plaidé le Premier ministre.Cet entretien accordé à franceinfo, LCI, BFMTV et Cnews n’est “sûrement pas un au revoir”, a lancé M. Bayrou, alors que le premier secrétaire du PS, Olivier Faure, a déclaré dimanche “irrévocable” la décision des socialistes de refuser la confiance, ajoutant qu’il était temps pour le chef du gouvernement de dire “au revoir”.”Olivier Faure qu’est-ce qu’il veut ? il veut être à Matignon”, a-t-il balayé.”Je pense précisément que les jours qui vont venir sont cruciaux”. Et “si vous imaginez que je peux abandonner les combats que je mène, que je mène ici, que je menais avant, depuis des années et que je continuerai à mener après, vous vous trompez”, a-t-il insisté.”La quasi totalité des Français sait parfaitement qu’un pays endetté, c’est un pays qui n’a plus sa souveraineté, qui n’a plus la liberté”, a martelé le chef du gouvernement, qui a provoqué la surprise en annonçant, lundi, qu’il demanderait le 8 mars un vote de confiance de l’Assemblée nationale, en soutien de sa politique budgétaire.Les oppositions, Rassemblement national et Parti socialiste compris, ont immédiatement annoncé refuser la confiance.

Vote de confiance: Valls appelle à éviter un “suicide collectif”

Le ministre des Outre-mer Manuel Valls a appelé dimanche les forces politiques à éviter “un suicide collectif” et à “trouver la voie du dialogue et du compromis” en amont du vote de confiance demandé par François Bayrou le 8 septembre.”Voulons-nous d’un suicide collectif, pas pour le gouvernement, mais pour le pays?”, a lancé l’ancien Premier ministre de François Hollande sur France Inter, comparant la situation des forces politiques françaises à un “dilemme du prisonnier”. “Tout le monde veut discuter, tout le monde veut s’en sortir, mais les intérêts de chacun, en l’occurrence de chaque formation politique, vont à l’encontre, vont contre l’idée de trouver un chemin et un accord”, a-t-il estimé.Manuel Valls avait déjà appelé vendredi à un “compromis allant des socialistes jusqu’aux républicains (LR), en passant par le bloc central” pour éviter “une crise de régime”, brandissant la menace pour le PS, son ancien parti, d’être “balayé” en cas de dissolution. Il a, à nouveau, soutenu dimanche que des élections législatives anticipées “amèneraient incontestablement le Rassemblement national à un niveau jamais atteint et peut-être même à la majorité absolue”. “Ça, je ne le veux pas, et donc de toutes mes forces, j’appelle tout le monde à se ressaisir et à trouver la voie du dialogue et du compromis”, a-t-il déclaré, ajoutant qu'”il n’y a pas d’autre solution”.Au même moment, le premier secrétaire du Parti socialiste Olivier Faure a souligné sur BFMTV la décision “irrévocable” de son parti de voter contre la confiance au gouvernement, et renouvelé sa demande au président Emmanuel Macron de nommer un Premier ministre de gauche. 

Pour Bardella, dissolution ou démission de Macron, “pas d’autre solution” que des élections

“On ne peut pas tenir deux ans comme cela”: le président du Rassemblement national Jordan Bardella a déclaré samedi ne “pas voir d’autre solution” pour Emmanuel Macron que de se “tourner vers les Français” en organisant de nouvelles législatives ou en démissionnant.”Nous avons besoin que le président de la République sorte le pays de l’impasse, assume sa responsabilité et revienne devant les Français, soit par l’intermédiaire d’une nouvelle dissolution – et cela sous entend que le résultat du premier tour des élections législatives soit respecté et que le second tour des élections puisse se jouer à la loyale – ou qu’il en tire les conséquences et qu’il démissionne”, a déclaré M. Bardella sur BFMTV.Emmanuel Macron a réaffirmé vendredi son intention d’exercer son mandat  jusqu’à son terme en 2027, et a qualifié de “politique fiction” le scénario d’une nouvelle dissolution de l’Assemblée nationale, malgré le risque très élevé de voir le gouvernement Bayrou tomber le 8 septembre lors d’un vote de confiance.”Le fait de ne pas vouloir dissoudre l’Assemblée nationale au moment où on se parle ne veut pas dire qu’il n’y soit pas contraint à un moment donné, tant les blocages pourraient subsister au sein du Parlement”, avait estimé M. Bardella un peu plus tôt devant la presse avant d’entamer une visite de la Foire de Châlons-en-Champagne.”Il est évident que dans la situation actuelle, je ne vois aucune autre solution que de se tourner vers les Français. On ne peut pas tenir deux ans comme cela. Ce n’est pas possible”, a-t-il insisté.Les deux chefs de file du RN ont accepté de rencontrer mardi à Matignon le chef du gouvernement pour des consultations avant le vote de confiance à l’Assemblée.”Nous dirons à François Bayrou ce que je vous dis là, mon discours ne variera pas, celui de Marine Le Pen non plus”, a-t-il assuré.En cas de dissolution, Jordan Bardella n’exclut pas d’être candidat aux législatives et de quitter son mandat de parlementaire européen.”Ma décision n’est pas prise. Je suis aujourd’hui le président de notre famille politique et je serai là où je peux être utile à la fois pour mon mouvement politique et évidemment pour mon pays”, a-t-il déclaré.Dans un premier temps Il a affirmé qu’il n’accepterait d’être Premier ministre que si le RN obtenait “289 députés”, soit la majorité absolue à l’Assemblée pour “composer non seulement une majorité stable d’alternance, mais également un gouvernement”. Avant de nuancer ensuite ses propos car “il faudra voir s’il peut y avoir des accords au sein de la nouvelle Assemblée nationale avec de potentiels alliés”.Des alliés qui ne seront pas les actuels dirigeants de LR selon M. Bardella qui “ne pense pas que les Français aient envie de voir Monsieur Wauquiez demain ministre d’un gouvernement du Rassemblement national”.