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Gabriel Zucman, dans l’arène politique malgré lui

Chantre de la justice fiscale pour la gauche, adversaire des entreprises pour la droite et les libéraux, jusqu’au patron de LVMH qui le qualifie de “pseudo universitaire”, le discret économiste Gabriel Zucman se retrouve au centre des débats budgétaires avec sa proposition de taxer les ultra-riches.Plus habitué aux salles d’universités qu’aux plateaux de télévision, il a été propulsé à 38 ans dans la lumière pour défendre sa proposition, dite “taxe Zucman”, d’un impôt équivalent à 2% du patrimoine des personnes détenant plus de 100 millions d’euros.”Il préfèrerait ne pas avoir à le faire, il aime la recherche. Mais il voit que politiquement il y a une fenêtre. C’est un chercheur dans l’arène”, résume auprès l’AFP Lamia Oualalou, secrétaire générale à l’Observatoire européen de la fiscalité, qu’il dirige.- “Taxe Bernard Arnault” -“J’aurais préféré qu’elle s’appelle taxe Bernard Arnault”, a-t-il récemment confié, du nom du patron du groupe de luxe LVMH.Gabriel Zucman, qui partage sa vie entre Paris et l’université de Berkeley en Californie l’été, a des rapports distants avec le monde politique: “on répond aux sollicitations”, dit à l’AFP Quentin Parrinello, directeur des politiques publiques à l’Observatoire européen de la fiscalité.Il a travaillé avec les députées Eva Sas et Clémentine Autin pour préparer une proposition de loi de taxe sur les ultra-riches, adoptée en février à l’Assemblée nationale mais rejetée au Sénat, a rencontré les socialistes Boris Vallaud et Olivier Faure, le ministre de l’Economie Eric Lombard, et sera reçu mardi à l’Assemblée par le groupe Liot.- “Œcuménique” -“Gabriel est œcuménique (…), il veut bien discuter avec tout le monde”, affirme à l’AFP Pierre-Natnaël Bussière, qui a travaillé avec le patron de Place publique Raphaël Glucksmann et est aujourd’hui proche de Gabriel Zucman. L’effet escompté est réussi selon Gabriel Zucman: “quasiment tout le monde reconnaît le besoin d’une imposition minimale des ultra-riches”, affirmait-il au cours d’un entretien en février avec l’AFP au sujet de ce projet largement plébiscité selon un récent sondage, et soutenu par sept prix Nobel d’économie.En face, les attaques sont parfois virulentes: cette taxe “videra la France de ses entreprises”, a fustigé le patron des Républicains Bruno Retailleau. Bernard Arnault a qualifié le week-end dernier l’économiste franco-américain de “pseudo universitaire” et de “militant d’extrême gauche”.Dans la foulée, interrogé par l’AFP, l’économiste a appelé à respecter “la vérité et les faits” dans le débat sur la taxation des hauts patrimoines.Ce qui l’inquiète, “c’est plutôt la dérive sur le mode trumpiste, la remise en cause du travail scientifique”, ajoute Lamia Oualalou.- Sollicité au G20 -En 2019, cet amateur de piano et père de trois enfants a publié avec son collègue Emmanuel Saez “Le triomphe de l’injustice”, dans lequel il abordait déjà ses pistes pour taxer les riches ménages et entreprises.La présidence brésilienne du G20 lui a commandé en 2024 un rapport sur la taxation des plus fortunés, et, malgré l’appui de plusieurs pays dont la France, n’a pas retenu son idée de taxer à 2% les milliardaires.”Il faut agir à toutes les échelles”, martèle ce fils de médecins parisiens, diplômé de l’Ecole d’économie de Paris et ancien de l’Ecole normale supérieure de Paris-Saclay.Le fait que cette thématique soit arrivée sur la table des négociations est une victoire, selon son ancien directeur de thèse, l’économiste Thomas Piketty. “Quand je proposais il y a dix ans (…) la création d’un impôt mondial sur la fortune, j’étais loin de me douter que cela arriverait dans l’agenda officiel du G20″, dit-il à l’AFP, louant l'”infatigable énergie” de son jeune collègue.Gabriel Zucman a aussi conseillé les candidats démocrates Elizabeth Warren et Bernie Sanders à la présidentielle américaine de 2020, et a travaillé sur la question des paradis fiscaux au travers de “La richesse cachée des nations”, sa thèse traduite en près de 20 langues.Il a reçu en 2023 la médaille Bates Clark, prestigieuse récompense économique.Une récompense “controversée”, avait jugé le journal The Economist, rappelant que certains de ses collègues mettaient en doute ses méthodes pour mesurer les inégalités.

Macron met Trump au défi de stopper la guerre à Gaza pour décrocher le Nobel

Emmanuel Macron a mis mardi Donald Trump au défi de stopper la guerre à Gaza s’il veut décrocher le prix Nobel de la paix, avant un échange à l’ONU qui a permis aux deux dirigeants d’afficher leurs désaccords sur la Palestine mais aussi quelques convergences.”Il y en a un qui peut faire quelque chose, c’est le président américain”, a reconnu le chef de l’Etat français dans un entretien à la chaîne française BFMTV depuis New York, au lendemain de sa reconnaissance d’un Etat palestinien. Il l’a exhorté à “faire pression sur le gouvernement d’Israël”, soulignant que les Etats-Unis lui livraient des “armes qui permettent de mener la guerre à Gaza”, contrairement à la France.”Je vois un président américain qui est mobilisé, qui l’a redit ce matin à la tribune (des Nations unies): +Je veux la paix. J’ai réglé sept conflits+. Qui veut le prix Nobel de la paix. Le prix Nobel de la paix n’est possible que si vous arrêtez ce conflit”, a lancé Emmanuel Macron.Les deux hommes se sont ensuite retrouvés pour une rencontre. Interrogé sur les propos de son homologue français, le milliardaire républicain a d’abord éludé: pour le Nobel, “c’est Gaza, c’est la Russie, c’est un peu tout”, a-t-il estimé.Il a glissé au passage qu’Emmanuel Macron l’avait “aidé” à résoudre les “sept conflits” auxquels il revendique d’avoir mis fin, alors qu’il avait pesté dans la matinée, devant l’Assemblée générale de l’ONU, sur l’absence de soutien international.Quant au conflit à Gaza, “nous voulons y mettre fin”, a assuré Donald Trump, espérant un “résultat très rapidement”. Il devait tenir un peu plus tard une réunion avec plusieurs pays arabes.- “Récompense” au Hamas? -Les désaccords ne sont pas effacés sur cette question sensible.Emmanuel Macron, pourfendeur de l’offensive israélienne à Gaza, a reconnu lundi, à l’ONU, un Etat palestinien, avec une dizaine d’autres pays dont le Royaume-Uni et le Canada.Le président américain, principal allié du gouvernement israélien de Benjamin Netanyahu, a lui répondu mardi à la même tribune qu’il s’agissait d’une “récompense” pour les “atrocités” commises par le Hamas, le mouvement islamiste palestinien auteur de l’attaque sanglante du 7 octobre 2023 en Israël.A côté du président, il l’a redit: “Cela honore le Hamas, et on ne peut pas faire cela en raison du 7-Octobre”.”C’est totalement faux de dire que c’est une récompense au Hamas”, a protesté Emmanuel Macron sur BFMTV. Au contraire, selon lui, “c’est le seul manière d’isoler” le mouvement islamiste.En face-à-face, il a plaidé que la solution militaire avait été “une grande réussite” contre les dirigeants du Hamas, mais qu’elle “ne fonctionne pas pour démanteler” l’organisation.”Ce n’est pas la bonne façon d’agir. Nous avons donc besoin d’un processus complet”, a-t-il insisté.Il a défendu une fois de plus le plan franco-saoudien en faveur de la solution à deux Etats, israélien et palestinien, qui a été endossé par 142 pays à l’ONU. Et qui prévoit le désarmement du Hamas, exclu de toute gouvernance palestinienne future.Au-delà de ces divergences, Emmanuel Macron et Donald Trump ont fait quelques pas l’un vers l’autre, faisant même assaut d’amabilités, au moment où leurs vues semblent converger plus que jamais sur l’Ukraine.Le premier a dit espérer que Washington puisse porter “un plan de paix crédible” complémentaire pour Gaza, tandis que le second lui a dit, en se tournant vers lui: “Je comprends votre position”, “nous devons juste résoudre cela”.Le président français a aussi tenté encore une fois d’apaiser les craintes israéliennes sur son “projet de paix”.Il a d’ailleurs expliqué qu’Israël aurait son mot à dire pour que la nouvelle entité prenne véritablement forme, y compris en disant “oui ou non sur chaque membre” d’une “autorité de transition” à Gaza.Au final, “le jour où l’Etat de Palestine est créé, c’est le jour où l’Etat d’Israël le reconnaît”, a-t-il insisté.

Le maire de Saint-Etienne nie tout chantage à la sextape, son ex-directeur de cabinet l’accable

Le maire de Saint-Etienne Gaël Perdriau, ex-LR, a nié mardi, au deuxième jour de son procès, tout complot pour piéger un rival avec une sextape, malgré le témoignage accablant de son ancien directeur de cabinet et l’interrogatoire serré de la présidente du tribunal.”Jamais, je n’ai pratiqué des méthodes hors-la-loi pour faire de la politique,” a assuré sur un ton très combatif l’édile de 53 ans qui encourt dix ans de prison et une peine d’inéligibilité.Depuis lundi il est jugé à Lyon pour chantage, association de malfaiteurs et détournement de fonds publics avec trois anciens membres de son entourage. Entendus un par un, ils ont tous reconnus avoir comploté pour filmer l’ancien Premier adjoint Gilles Artigues – un catholique qui s’était opposé au mariage homosexuel – avec un prostitué, afin de le “tenir” politiquement. Surtout, ils ont assuré que le maire avaient joué un rôle dans ce “kompromat”.”C’est totalement faux, ça s’est fait sans moi”, s’est étranglé Gaël Perdriau, interrogé mardi soir. “Chacun d’eux avait des raisons personnelles d’organiser cette vidéo”, ambition, appât du gain ou rancunes, soutient-il.Depuis que Médiapart a révélé le scandale en août 2022, “j’ai eu l’impression que l’on ne m’écoutait pas”, “dès le premier instant, il fallait que je sois coupable”, regrette-t-il encore en se présentant comme victime d’une instruction à charge, de fuites “partielles” dans les médias et d’accusations mensongères.- “Je m’en occupe” -Juste avant lui, Pierre Gauttieri qui fut pendant dix ans son plus proche et son plus fidèle collaborateur, a pourtant porté un coup dur à sa défense.Dès son élection au printemps 2014, “Monsieur le maire m’a demandé une solution pour tenir en respect Gilles Artigues, parce que nous avions (…) un doute sur sa capacité à ne pas comploter”, assure l’ancien directeur de cabinet. Et quand l’idée d’une sextape a émergé lors d’échanges avec l’adjoint à l’Education Samy Kéfi-Jérôme et son compagnon Gilles Rossary-Lenglet, “Monsieur le maire a pris la décision d’y aller”, poursuit Pierre Gauttieri.Sur le volet financier, qui impliquait de trouver 40.000 euros pour rémunérer Gilles Rossary-Lenglet, Gaël Perdriau “m’a dit: je m’en occupe”, assène-t-il encore.Des “mensonges”, balaie le maire quand son tour à la barre arrive.”Je pense que Pierre Gauttieri avait des ressentiments très forts contre Gilles Artigues”, qu’il accuse d’avoir fait circuler des rumeurs à son sujet, avance Gaël Perdriau en l’accusant d’avoir agi dans son dos.- Blagues -De même, Gaël Perdriau a réponse à tout, quand la présidente du tribunal Brigitte Vernay soulève les points troublants du dossier:- “Je ne sais pas si c’est un gang bang ou une partouze”, avait-il lâché devant la presse juste après la publication de l’enquête de Médiapart. Pourquoi un tel vocabulaire, s’il ne savait rien du complot?, lui demande la magistrate.- “Je suis assailli, je n’ai pas la bonne réaction, parce que je ne sais pas si Gilles Artigues subit ou est à l’origine de l’article.”- En 2017, il menace son Premier adjoint dans un échange enregistré par ce dernier de diffuser la vidéo “en petit cercle”, rappelle-t-elle.- C’était juste un coup de “colère” à cause d’un désaccord politique, par une menace, rétorque-t-il.- Et les SMS blagueurs qui évoquent Théo, l’escort-boy, échangés en 2018 avec Samy Kéfi-Jérôme ? Comment peut-il avoir compris la référence ?- Parce que le nom lui a été donné la seule fois, fin 2015 ou début 2016, où on lui a dit qu’une vidéo de Gilles Artigues avec un homme existait, assure-t-il. Il avait alors pensé que le film avait été réalisé avec le consentement de son Premier adjoint et n’en avait pas fait plus de cas, poursuit Gaël Perdriau.Toutes ces réponses “n’empêcheront pas le tribunal de s’interroger”, conclut la juge, avant d’ajourner l’interrogatoire qui reprendra mercredi.

Financement libyen: l’intermédiaire franco-libanais Ziad Takieddine est mort

L’un des grands protagonistes des affaires politico-financières françaises de ces 30 dernières années s’est éteint: l’intermédiaire franco-libanais Ziad Takieddine est mort mardi matin à Beyrouth, à deux jours de la décision du tribunal correctionnel de Paris sur les soupçons de financement libyen de la campagne présidentielle 2007 de Nicolas Sarkozy.L’information du Point a été confirmée à l’AFP par l’avocate française de M. Takieddine, Me Elise Arfi, et par une source au sein de sa famille.D’après cette dernière, l’intermédiaire de 75 ans “était détenu à la prison de Tripoli (nord du Liban) depuis un mois sur la base d’une action en justice intentée par son avocat (libanais) qui affirmait qu’il ne l’avait pas payé”, et est décédé à l’hôpital après une crise cardiaque.Dès mai 2012, Ziad Takieddine assurait à la presse que le financement de la campagne de l’ex-chef de l’Etat français par le défunt dictateur libyen Mouammar Kadhafi et de ses lieutenants, évoqué dès 2011, était “la vérité”.Nicolas Sarkozy avait en retour constamment vilipendé celui qu’il qualifiait de “grand manipulateur”, connu pour ses déclarations fluctuantes.En 2016, dans un retentissant entretien à Mediapart, Takieddine s’auto-incrimine: il affirme avoir convoyé entre novembre 2006 et début 2007 “cinq millions d’euros” dans des valises lors de trois voyages entre Tripoli et Paris, remis en deux fois à Claude Guéant, directeur de cabinet de Nicolas Sarkozy, alors ministre de l’Intérieur, mais aussi à l’ancien chef de l’État lui-même. Ces derniers avaient farouchement démenti.Ziad Takieddine avait été mis en examen dans cette enquête sensible.Cet homme volubile, haut en couleurs, et parfois confus dans ses explications, avait connu en parallèle d’autres soucis judiciaires sur des dossiers plus anciens.La cour d’appel de Paris a en effet confirmé début 2025 sa condamnation à cinq ans de prison ferme dans le volet financier de la tentaculaire affaire Karachi, un système de commissions occultes sur des contrats d’armement français avec l’Arabie saoudite et le Pakistan au mitan des années 1990.Ziad Takieddine avait quitté la France pour se réfugier au Liban quelques jours avant sa condamnation dans cette affaire en première instance, mi-2020.En fuite, il était visé par un mandat d’arrêt dans le dossier libyen. En raison du décès de l’intermédiaire, le tribunal de Paris, qui doit rendre jeudi son jugement dans ce dossier, devrait déclarer l’action publique éteinte à son encontre.- Volte-face -Au Liban, Ziad Takieddine avait fait plusieurs séjours en prison, notamment à cause du mandat d’arrêt français.Mais comme le Liban n’extrade pas ses ressortissants et que Ziad Takieddine avait fait appel en France, la justice libanaise l’avait libéré en avril avec une interdiction de quitter le territoire libanais. Le septuagénaire avait déclenché un dernier big bang, fin 2020: il avait rétracté près de dix ans d’accusations de financement de Nicolas Sarkozy par la Libye devant BFMTV et Paris Match, soutenant cette fois que l’ex-président n’avait pas bénéficié de cet argent.Des propos “déformés”, corrigeait deux mois plus tard Ziad Takieddine, une volte-face temporaire analysée depuis par la justice comme une possible subornation de témoin, et qui vaut une mise en examen à plusieurs personnalités, dont Nicolas Sarkozy, son épouse Carla Bruni-Sarkozy ou la figure de la presse people, Mimi Marchand. Les trois sont présumés innocents dans ce dossier pas encore jugé.Ziad Takieddine est mort au Liban où il était né, le 14 juin 1950, dans une grande famille druze implantée dans les hautes sphères du pays.L’intermédiaire y a d’abord été publicitaire, avant de quitter son pays, déchiré par la guerre civile, pour Londres.Dans les années 1980, il est placé à la tête de la station de montagne Isola 2000 (Alpes-Maritimes) et noue progressivement des liens avec de hauts responsables de droite.Grâce à ces connaissances et son entregent, il s’immisce dans la négociation de contrats de défense au cœur de l’affaire Karachi. Il mène alors grand train et couvre de cadeaux ses relations politiques.Mais son influence va ensuite décliner, entre un divorce difficile avec son épouse, la concurrence de son ennemi juré, l’homme d’affaires Alexandre Djouhri, venu des réseaux liés à Jacques Chirac, et le début de ses ennuis judiciaires.

Plutôt que la taxe Zucman, le rapporteur du budget propose de viser les holdings familiales

Le rapporteur général du budget à l’Assemblée nationale, Charles de Courson, a estimé mardi que la taxe Zucman réclamée par la gauche “ne tient pas la route”, et proposé plutôt de lutter contre l’optimisation fiscale en visant les holdings familiales. “Personne ne va pleurer sur les 1.800 familles” qui seraient concernées par la mesure théorisée par l’économiste Gabriel Zucman, consistant à taxer à hauteur de 2% par an les patrimoines supérieurs à 100 millions d’euros, a déclaré M. de Courson lors d’une rencontre organisée par l’Association des journalistes économiques et financiers (Ajef). Mais “la taxe Zucman, cela ne tient pas la route”, a poursuivi l’élu du groupe Liot, évoquant un problème de constitutionnalité et de mise en oeuvre ainsi qu’un impact négatif sur l’économie, avec “l’effondrement d’un certain nombre d’entreprises”. “Il faut donc trouver une alternative pour faire payer les très riches”, a développé M. de Courson: il a proposé de réinstaurer “un précompte mobilier sur les dividendes non distribués dans les holdings” familiales. C’est-à-dire un acompte sur les revenus non distribués par ces holdings, à qui ils ont été versés par des filiales dans le cadre d’un régime fiscal avantageux. Selon lui, le taux de cette retenue pourrait s’élever à 15%, mais peut être débattu.  “Ce qu’il faut, c’est lutter contre l’optimisation fiscale” et “la taxe Zucman ne répond absolument pas à ce problème”, a-t-il ajouté. Dans son édition de mercredi par ailleurs, La Tribune cite une source à Bercy, assurant que l’administration fiscale “planche sur un nouveau levier visant spécifiquement la trésorerie excédentaire des holdings”, particulièrement les holdings patrimoniales, à l’exclusion des biens professionnels.Si ces fonds “servent à acquérir des biens sans lien avec l’activité professionnelle, ils rentreront dans l’assiette de taxation de la trésorerie de la holding”, selon la source citée par le quotidien économique.M. de Courson, qui a fait part de ses propositions la semaine dernière au Premier ministre Sébastien Lecornu, a également suggéré mardi de rallonger la durée de détention des titres, de six ans actuellement à huit ans par exemple, pour obtenir un abattement de 75% sur leur valeur lors de transmissions d’entreprises familiales, prévu dans le pacte Dutreil. Selon La Tribune, ce pacte est également dans le viseur de Bercy, car il exige seulement de placer dans la holding familiale “au moins 50% d’actifs professionnels”, ce qui permet d’y placer tout autant d’actifs privés.La Cour des comptes doit publier prochainement un rapport sur le pacte Dutreil.Concernant la réforme des retraites, dont les socialistes réclament l’abrogation, Charles de Courson a estimé qu’il pouvait y avoir “des aménagements”, par exemple geler la remontée de l’âge légal ou permettre aux personnes ayant leurs annuités de partir à la retraite avant d’avoir atteint l’âge légal.Selon le rapporteur du budget, la France manquera de peu son objectif de ramener le déficit public à 5,4% du PIB en 2025, après 5,8% en 2024, en raison de recettes moindres que prévu et du “dérapage” des dépenses sociales.L’économiste Gabriel Zucman sera reçu par le groupe Liot mardi prochain à l’Assemblée, selon le groupe. Le lendemain, il participera à un colloque organisé par la commission des Finances de la chambre basse, en compagnie des économistes Joseph Stiglitz, prix Nobel d’économie, et Jayati Ghosh.

Lecornu, des tractations en silence

Les Français connaissent à peine le son de sa voix. Cloîtré à Matignon depuis une dizaine de jours, Sébastien Lecornu poursuit ses tractations pour tenter d’éviter la censure en gardant un silence rare à ce niveau de responsabilités.A moins que le nouveau Premier ministre ne sorte de sa réserve à l’issue de sa rencontre mercredi avec les syndicats, soutenus par la gauche, alors qu’il cherche un compromis avec les socialistes. Dans la foulée, mercredi après-midi, M. Lecornu recevra les représentants du patronat.Ce fidèle d’Emmanuel Macron a reçu mardi le soutien du président, qui a dit sur BFMTV avoir “confiance” dans son Premier ministre et les responsables politiques pour “dessiner un chemin”, jugeant “normal” que Sébastien Lecornu “prenne le temps”, saluant son “courage” et son “engagement”.Les syndicats menacent de lancer une nouvelle journée d’action si ce dernier n’accède pas à leurs demandes – qui vont de l’abrogation de la réforme des retraites à une taxe sur les hauts patrimoines – exprimées lors d’une mobilisation d’ampleur jeudi dernier.Au terme de cette journée, le très réservé locataire de Matignon avait assuré que les “revendications” des manifestants étaient “au cœur des consultations” engagées avec les forces politiques et syndicales depuis sa nomination le 9 septembre, donnant un signal à la gauche sans pour autant dévoiler ses intentions.- “Petits bouts” -Au risque de faire monter les enchères et d’augmenter la probabilité d’une censure. Chez les députés socialistes, “tout le monde est très remonté contre Lecornu parce que pour l’instant il ne nous a rien dit”, rapporte un des leurs, qui a “du mal à ne pas voir” une censure à ce stade. “J’entends la stratégie du silence, mais plus le 1er octobre (jour de la rentrée des députés, NDLR) s’approche, plus il va falloir dire quelque chose”, prévient un responsable du Rassemblement national qui n’est “pas en mode négociation”.Depuis sa promesse à son arrivée à Matignon de “rupture” sur la forme comme sur le fond, Sébastien Lecornu ne s’est exprimé publiquement qu’à la fin d’un court déplacement à Mâcon pour annoncer un projet encore flou de maisons “France Santé”.Il ne s’est plié à aucun des grands rendez-vous médiatiques, comme le journal de 20h, passage obligé pour qui veut se faire connaître du grand public.Décrit par certains alliés comme “mutique”, il n’a toujours pas de gouvernement. Sa formation a été repoussée de fin septembre à début octobre, selon plusieurs sources.Chargé tel un “préfigurateur” de “bâtir les accords indispensables” avant de constituer son équipe, il entend trouver “le quoi avant le qui”, insiste son entourage. Et il prend “son temps” pour “laisser redescendre la pression”, soutient un proche. “Il prend les sujets par petits bouts pour débloquer les points et les nœuds”.Une ministre ne croit pas à un accord “solde de tout compte” dès maintenant, même si une censure est possible dès l’ouverture de la session parlementaire. “Il y a des choses qu’on peut se dire maintenant, d’autres à la lecture du PLF (projet de budget de l’État), puis au PLFSS (projet de budget de la Sécurité sociale)”.- “Amorce” -Sébastien Lecornu a reçu mardi, pour la troisième fois, les partis de son “socle commun” du centre et de la droite, qu’il veut mettre d’accord avant de tenter un compromis avec le PS.Sans parler d’abrogation, des parlementaires évoquent la piste d’une suspension de la réforme des retraites jusqu’à la présidentielle, vue par certains à droite comme “une voie de passage” et par  les socialistes comme “une amorce” de négociation.Sans dire ce qui sortira au final de son chapeau, Sébastien Lecornu a tenté de donner en même temps un signal à la droite de son gouvernement qui pose, elle, des conditions pour y rester.Il a reçu mardi les auteurs d’un rapport sur l’Aide médicale d’État (AME) pour les sans-papiers, que LR et le le RN souhaiteraient réduire, voire supprimer. Ils ont eu notamment un échange sur une proposition du Sénat, à majorité de droite, “de limiter l’AME aux soins urgents et aux pathologies graves”, selon le rapporteur et ancien ministre PS Clauve Evin, joint par l’AFP. M. Evin, accompagné par le haut-fonctionnaire LR Patrick Stefanini, ont dit leur opposition à cette proposition “qui coûterait plus cher en réalité”.En travaillant sur l’AME, “sans qu’il y ait un regard des acteurs de santé, sans qu’il y ait un gouvernement, cela montre bien combien (cette) question est avant tout une question idéologique, de négociation politique”, a déploré le président de l’ONG Médecins du Monde Jean-François Corty.

Lecornu, des tractations en silence

Les Français connaissent à peine le son de sa voix. Cloîtré à Matignon depuis une dizaine de jours, Sébastien Lecornu poursuit ses tractations pour tenter d’éviter la censure en gardant un silence rare à ce niveau de responsabilités.A moins que le nouveau Premier ministre ne sorte de sa réserve à l’issue de sa rencontre mercredi avec les syndicats, soutenus par la gauche, alors qu’il cherche un compromis avec les socialistes. Dans la foulée, mercredi après-midi, M. Lecornu recevra les représentants du patronat.Les syndicats menacent de lancer une nouvelle journée d’action si Sébastien Lecornu n’accède pas à leurs demandes – qui vont de l’abrogation de la réforme des retraites à une taxe sur les hauts patrimoines – exprimées lors d’une mobilisation d’ampleur jeudi dernier.Au terme de cette journée, le très réservé locataire de Matignon avait assuré, par voie de communiqué, que les “revendications” des manifestants étaient “au cœur des consultations” qu’il avait engagées avec les forces politiques et syndicales depuis sa nomination le 9 septembre, donnant un signal à la gauche sans pour autant dévoiler ses intentions.Au risque de faire monter les enchères et d’augmenter la probabilité d’une censure. Chez les députés socialistes, “tout le monde est très remonté contre Lecornu parce que pour l’instant il ne nous a rien dit”, rapporte un des leurs, qui a “du mal à ne pas voir” une censure à ce stade. “J’entends la stratégie du silence, mais plus le 1er octobre (jour de la rentrée des députés, NDLR) s’approche, plus il va falloir dire quelque chose”, prévient un responsable du Rassemblement national qui n’est “pas en mode négociation”.- “Petits bouts” -Depuis sa promesse à son arrivée à Matignon de “rupture” sur la forme comme sur le fond, Sébastien Lecornu ne s’est exprimé publiquement qu’à la fin d’un court déplacement à Mâcon pour annoncer un projet encore flou de maisons “France Santé”.Il ne s’est plié à aucun des grands rendez-vous médiatiques, comme le journal de 20h, passage obligé pour qui veut se faire connaître du grand public.Et deux semaines après sa nomination, ce fidèle d’Emmanuel Macron, que certains alliés décrivent comme “mutique”, n’a toujours pas de gouvernement. Sa formation a été repoussée de fin septembre à début octobre, selon plusieurs sources.Chargé tel un “préfigurateur” de “bâtir les accords indispensables” avant de constituer son équipe, il entend trouver “le quoi avant le qui”, insiste son entourage. Et il prend “son temps” pour “laisser redescendre la pression”, soutient un proche. “Il prend les sujets par petits bouts pour débloquer les points et les nœuds”.Une ministre ne croit pas à un accord “solde de tout compte” dès maintenant, même si une censure est possible dès l’ouverture de la session parlementaire. “Il y a des choses qu’on peut se dire maintenant, d’autres à la lecture du PLF (projet de budget de l’État), puis au PLFSS (projet de budget de la Sécurité sociale)”.Sébastien Lecornu a reçu mardi pour la troisième fois les partis de son “socle commun” du centre et de la droite, qu’il veut mettre d’accord avant de tenter un compromis avec le PS.- “Amorce” -Sans parler d’abrogation, des parlementaires évoquent la piste d’une suspension de la réforme des retraites jusqu’à la présidentielle, vue à droite comme “une voie de passage” et chez les socialistes comme “une amorce” de négociation.Sans dire ce qui sortira au final de son chapeau, Sébastien Lecornu a tenté de donner en même temps un signal à la droite de son gouvernement qui pose, elle, des conditions pour y rester.Il a reçu mardi après-midi les auteurs d’un rapport sur l’Aide médicale d’État (AME) pour les sans-papiers, que les Républicains et le Rassemblement national (RN) souhaiteraient réduire, voire supprimer. Ils ont eu notamment un échange sur une proposition du Sénat, à majorité de droite, “de limiter l’AME aux soins urgents et aux pathologies graves”, selon le rapporteur et ancien ministre PS Clauve Evin, joint par l’AFP. M. Evin, accompagné par le haut-fonctionnaire LR Patrick Stefanini, ont dit leur opposition à cette proposition “qui coûterait plus cher en réalité”.En travaillant “déjà” sur l’AME, “sans qu’il y ait un regard des acteurs de santé, sans qu’il y ait un gouvernement, cela montre bien combien (cette) question est avant tout une question idéologique, de négociation politique”, a déploré le président de l’ONG Médecins du Monde Jean-François Corty.

“Fier d’être Africain”: l’élu de Guadeloupe Olivier Serva, député français et citoyen béninois

Pour dénoncer la montée d’un climat xénophobe en France, le député de Guadeloupe Olivier Serva a décidé de devenir binational: il a acquis la citoyenneté béninoise profitant d’une loi votée dans ce pays d’Afrique de l’Ouest pour les descendants d’esclaves.Depuis 2024, le Bénin permet à toute personne ayant un ancêtre africain déporté durant la traite transatlantique la possibilité d’acquérir sa nationalité. Ses côtes furent l’une des plaques tournantes du commerce triangulaire organisé par les puissances européennes. Plusieurs Afro-descendants ont déjà pu bénéficier de cette loi, dont des célébrités, comme la chanteuse américaine de R’n’b Ciara.A 51 ans, Olivier Serva a également souhaité prendre la nationalité béninoise, après avoir foulé pour la première fois le sol de ce pays en janvier, comme il l’explique à l’AFP.Le Bénin recouvre une partie de l’ancien plateau du Dahomey d’où une partie de ses ancêtres sont originaires: son ascendance a pu être établie grâce à des tests génétiques et des recherches généalogiques.Sur place, l’élu s’émerveille d’un “pays en chantier avec un potentiel incroyable”, où persiste certes de la pauvreté mais résolument “tourné vers l’avenir”.Face au palais présidentiel à Cotonou, où trône désormais une statue en bronze de plus de 30 mètres représentant une amazone, ces femmes guerrières qui ont combattu les troupes coloniales françaises au XIXème siècle, le député dit avoir été profondément ému.-“Porte du Non-Retour” -Mais bien plus encore, lorsqu’il parcourt à Ouidah (ville côtière du Bénin) et la “route des esclaves”, qui conduit jusqu’à la Porte du Non-Retour, une structure en béton et bronze qui commémore la déportation des esclaves. Sur ces quatre kilomètres, plus d’un million d’hommes, de femmes et d’enfants furent conduits, souvent pieds nus et enchaînés, vers les bateaux négriers qui les emportaient dans un exil sans retour.”Penser que vos aïeux sont passés par là, j’en suis sorti bouleversé.”  De retour en France, le député qui siège à l’Assemblée nationale depuis 2017, d’abord sur les bancs macronistes puis sur ceux du groupe Liot (centre), se heurte à la montée d’un climat xénophobe. “Français de papiers”, “submersion migratoire”… Olivier Serva dresse la longue liste “des mots ou propos racistes qui ne disent pas leur nom” entretenus notamment, accuse-t-il, par le ministre de l’Intérieur démissionnaire Bruno Retailleau. “La France doute, et il faut trouver un bouc émissaire. L’étranger est tout trouvé, tout désigné”, regrette l’élu.Pour certains, “les supposés maux de la France viendraient des Africains, ce que je trouve tout à fait injuste lorsque l’on se penche sur notre histoire”, explique Olivier Serva qui a co-fondé un petit parti centriste Utiles, émanation du groupe Liot.  “En tant que député français, je veux affirmer avec fierté à mes homologues députés d’abord, mais à la France en général, que je suis fier aussi d’être Africain”.C’est l’une des raisons pour lesquelles “j’ai décidé de demander la nationalité”, obtenue le 21 mai par décret signé de la main du président béninois Patrice Talon.  – Spike Lee, ambassadeur -Depuis sa première élection en 2016, Patrice Talon a fait du tourisme mémoriel et du renforcement des liens avec la diaspora africaine et des Afro-descendants l’un des leviers de sa politique économique, à l’instar du Ghana, son voisin anglophone.Il a ainsi nommé en juillet le réalisateur américain Spike Lee et sa femme, la productrice et avocate Tonya Lewis Lee, “ambassadeurs thématiques de la République du Bénin auprès de la diaspora Afro-descendante des Etats-Unis d’Amérique”.La modernisation du Bénin s’est aussi accompagnée d’un virage autoritaire, ses principaux opposants sont désormais en exil ou en prison.Interrogé sur ce recul démocratique, Olivier Serva répond: “Ce n’est pas ce que j’ai vu (…) J’ai plutôt vu un Président Patrice Talon qui a fait deux mandats, qui ne se représente pas en 2026 et ne s’accroche pas au pouvoir”.Un proche de M. Talon, son ministre de l’Economie Romuald Wadagni, sera alors le candidat de la coalition au pouvoir pour la présidentielle.

Les auteurs de la sextape de Saint-Etienne assument, l’un d’eux charge le maire

Deux hommes, un ancien couple à la ville et en politique, ont assumé lundi, au premier jour du procès dit de “la sextape de Saint-Etienne”, avoir piégé un élu en le filmant avec un prostitué, l’un d’eux accusant le maire Gaël Perdriau d’avoir passé la “commande” pour “tenir” un rival.Le tribunal correctionnel de Lyon, qui juge toute la semaine le maire et trois de ses ex-collaborateurs pour chantage, association de malfaiteurs et détournement de fonds publics, est entré d’emblée dans le vif des débats en diffusant à huis clos un montage de ces images volées.Le maire, qui nie fermement avoir joué le moindre rôle dans ce complot, et les autres prévenus sont restés dans la salle, tout comme Gilles Artigues, son ancien Premier adjoint qui a été piégé dans la vidéo, dont la famille est toutefois sortie pour échapper à cette projection.En janvier 2015, ce centriste catholique, qui s’était opposé au mariage homosexuel, a été filmé à son insu dans une chambre d’hôtel parisien en compagnie d’un escort-boy, a rappelé à la barre celui qui a posé la caméra cachée: l’ancien adjoint à l’Education, Samy Kéfi-Jérôme.”C’était une commande formulée par Pierre Gauttieri”, alors directeur de cabinet du maire, “la commande était de piéger Gilles Artigues sur son homosexualité refoulée”, précise-t-il. En échange, le directeur de cabinet promet à ce jeune adjoint très ambitieux “le soutien du maire aux élections législatives de 2017”. “Je n’ai pas d’éléments prouvant que le maire a connaissance de ces choses, mais si Pierre Gauttieri prend un tel engagement, j’en déduis qu’il a forcément eu l’aval” de Gaël Perdriau, déclare encore Samy Kefi-Jérôme, qui parle de manière très posée et prudente. – “Barbouzage de moeurs” -Beaucoup plus direct et provocateur, son ancien compagnon Gilles Rossary-Lenglet qui, de son propre aveu “grenouillait” à l’époque “dans le marécage politique” stéphanois, incrimine le maire, avec lequel il dit avoir noué un “contrat”.Selon son récit, émaillé de remarques salaces et de phrases assassines, Gaël Perdriau et son directeur de cabinet avaient noué un accord électoral “contre-nature” avec Gilles Artigues pendant les municipales de 2014 mais craignaient qu’il ne soit pas loyal.”Ils voulaient le tenir” et “j’ai dit +il faut faire un barbouzage de moeurs+”: la vidéo doit leur servir pour “éviter qu’Artigues fasse un pu-putsch”, ironise-t-il. En échange, Gilles Rossary-Lenglet dit avoir touché 40.000 euros, pioché dans les fonds municipaux, qui ont transité par des associations sous la forme de subventions fictives.Ce volet vaut à quatre responsables associatifs, qui n’étaient selon lui pas au courant du motif de ce tour de passe-passe, de comparaître pour “abus de confiance”.”J’ai fait la balle (…) qui a tué Gilles Artigues, sans aucun état d’âme”, ajoute cet homme fantasque de 53 ans, par qui le scandale est arrivé en 2022 quand il a balancé toute l’affaire à Mediapart. Gilles Artigues a fait “la promotion de l’homophobie”, se justifie-t-il, avant d’être coupé par la présidente du tribunal qui lui reproche sa “hargne”.A la fin de l’audience, elle exprime sa perplexité face à son témoignage. “C’est déroutant: vous reconnaissez tout pour mieux accuser les autres”, lâche Brigitte Vernay. “Dans vos explications, il y a une complaisance à salir les personnes qui fait qu’on va les accueillir avec une certaine réserve.”Le procès doit reprendre mardi avec la fin du témoignage de M.  Rossary-Lenglet. Gaël Perdriau, qui encourt dix ans de prison et une peine d’inéligibilité, pourrait être entendu mardi soir ou mercredi.”Combatif et déterminé” selon son avocat Jean-Félix Luciani, il n’a jamais renoncé à la mairie de Saint-Etienne et n’exclut pas de briguer un nouveau mandat aux municipales de 2026. Mais avant, “j’ai besoin d’être débarrassé de cette épée de Damoclès”, a-t-il dit à l’AFP il y a quelques jours.

Près d’une centaine de mairies hissent le drapeau palestinien malgré l’opposition de la place Beauvau

Près d’une centaine de mairies dirigées par la gauche ont hissé le drapeau palestinien au fronton de leur mairie lundi, jour de la reconnaissance par Emmanuel Macron d’un Etat de Palestine, un pavoisement auquel s’est fermement opposé le ministre démissionnaire de l’Intérieur.La place Beauvau, qui avait donné instruction aux préfets de faire cesser tout pavoisement en vertu du principe de neutralité du service public, de non-ingérence dans la politique internationale de la France et du risque de “troubles graves” à l’ordre public, a recensé lundi à 17H00 au moins 86 municipalités réfractaires, sur 34.875 communes.Après Nantes, Rennes ou Saint-Denis dans la matinée, les mairies écologistes de Besançon et Lyon ont hissé à leur tour le drapeau palestinien sur le fronton de l’hôtel de ville.”Cette reconnaissance de l’Etat palestinien n’est pas une offense faite à Israël (…). L’absence d’État est un terreau fertile pour tous les groupes terroristes, de Daech au Hamas”, a estimé le maire écologiste de Lyon Grégory Doucet, cité dans un communiqué. A Paris, une dizaine d’élus dont David Belliard, candidat écologiste à la mairie de Paris en 2026, ont déployé le drapeau palestinien depuis une fenêtre de l’hôtel de ville peu après 18H00, contre l’avis de la maire PS Anne Hidalgo.Dimanche, l’édile socialiste avait préféré projeter les drapeaux palestinien et israélien côte à côte sur la tour Eiffel, décision qualifiée lundi de “consternante de stupidité” par le fondateur de La France insoumise Jean-Luc Mélenchon.Dans la matinée, les élus de Saint-Denis, première ville de Seine-Saint-Denis, avaient convié la presse pour ériger le drapeau palestinien sur l’hôtel de ville, aux côtés des drapeaux français et européen.”Depuis des années je me bats pour l’émergence d’une solution à deux Etats comme seule solution durable pour espérer une paix au Proche-Orient”, avait déclaré le maire PS Mathieu Hanotin. – “Arrêtez le feu” -A ses côtés, le premier secrétaire du Parti socialiste Olivier Faure, à l’origine de l’idée de pavoiser les mairies, a relevé que le drapeau palestinien “n’est pas le drapeau du Hamas”.Dans la soirée, le ministre de l’Intérieur démissionnaire Bruno Retailleau l’a accusé sur LCI de commettre “une double faute” – “en termes juridiques” et “contre l’unité” du pays.Les conseils départementaux du Lot et de la Gironde se sont joints au mouvement de pavoisement, tandis que la maire écologiste de Poitiers le fera mardi.A Malakoff (Hauts-de-Seine), la maire communiste, qui avait apposé la bannière de la Palestine dès vendredi, restée depuis sur le fronton de l’Hôtel de ville malgré l’injonction du tribunal administratif de Cergy-Pontoise de le déposer, s’est vu infliger lundi une astreinte de 150 euros par jour de retard. Elle a annoncé faire appel devant le Conseil d’Etat.A Corbeil-Essonnes, ville jumelée avec Jérusalem-Est, le maire DVG Bruno Piriou avait hissé le drapeau palestinien depuis plusieurs mois et souhaitait distribuer 1.000 drapeaux palestiniens.Deux décisions suspendues par la justice administrative, qui s’est aussi opposée à des pavoisements à Bagneux (Hauts-de-Seine), Goussainville (Val-d’Oise) ou encore Montataire (Oise).A Strasbourg, la justice a donné tort à la municipalité qui voulait projeter les couleurs du drapeau palestinien sur l’hôtel de ville, mais la décision n’a été connue qu’après le début de l’illumination.De plus petites villes comme Carhaix (Finistère), Dives-sur-Mer (Calvados) ou Grabels, près de Montpellier, ont emboîté le pas aux grandes.”En mettant ce drapeau, nous disons +arrêtez le feu, arrêtez le génocide+”, a déclaré à l’AFP le maire LFI de Grabels, René Revol.A Marseille, le maire DVG Benoît Payan a lui refusé de hisser le drapeau palestinien, préférant annoncer le jumelage de sa ville avec Bethléem, située en Cisjordanie occupée.Ce n’est pas la première fois que le pavoisement des mairies fait polémique.Au décès du pape François, la demande du gouvernement de mettre en berne le drapeau français avait été jugée contraire au principe de laïcité par certains maires. Selon Jean-Paul Markus, professeur de droit public à l’Université Paris-Saclay, “à chaque fois que les tribunaux ont validé les drapeaux, c’était parce qu’il y avait un mouvement national de solidarité”, comme par exemple le drapeau israélien après le 7-octobre ou le drapeau ukrainien.Pour Serge Slama, professeur de droit public à l’Université de Grenoble-Alpes, “un maire ne peut pas, à travers un drapeau, exprimer une opinion politique religieuse ou philosophique”. “Mais”, poursuit-il, “ériger un drapeau parce que le chef de l’État reconnaît la Palestine comme État ne me semble pas manquer au devoir de neutralité, parce que c’est la position officielle de la France ce jour-là”.bur-mk-mca-mdb-hdu/bfa/cbn