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Condamnation de Sarkozy: la presse réagit à un “jugement historique”

“Putain cinq ans!”, “Le coup de grâce”: la presse française et internationale relève que la condamnation jeudi de l’ex-président Nicolas Sarkozy à cinq ans de prison marque une “première historique” dans un pays en plein flottement politique.”Nicolas Sarkozy a dirigé la France de mai 2007 à mai 2012. Maintenant, il doit aller en prison pour la même durée”, note le quotidien à grand tirage allemand Bild, soulignant qu'”un ex-président français en taule, ça n’a encore jamais existé”.Sous le titre “Un président en prison”, La Croix publie en Une une photo de Nicolas Sarkozy sortant du tribunal les traits tirés.”Exceptionnellement lourd”, ce jugement marque “une étape de plus du mouvement de fond de moralisation de la vie politique”, relève l’éditorialiste du quotidien catholique français Séverin Husson, qui rappelle que “l’ancien président a montré qu’il était prêt à beaucoup pour conquérir le pouvoir. Il a d’ailleurs déjà été définitivement condamné pour +corruption+ et +trafic d’influence+”.Un jugement qui pour Cécile Cornudet des Echos “constitue un énième épisode de la désacralisation du pouvoir”.”Un chef de l’Etat français pouvait déjà voir son effigie brûlée, perdre une dissolution incomprise, ne pas pouvoir se représenter, être visé par une procédure de destitution, être condamné sitôt son mandat terminé, il va désormais aller en prison. C’est le coup de grâce”, estime-t-elle.Titrant en Une “Le séisme”, le quotidien conservateur Le Figaro dénonce dans un éditorial d’Yves Thréard une décision “absurde et incompréhensible”, rendue en l’absence de “preuves tangibles” et reflétant “l’hubris de la magistrature”.”Nicolas Sarkozy ferait-il les frais de ses mots naguère peu aimables pour la corporation des magistrats? Paye-t-il un règlement de comptes politique ?”, s’interroge l’éditorialiste, jugeant que “l’image de la patrie des droits de l’homme n’en sort pas grandie.”Dans le quotidien de centre gauche Libération, qui met en Une le visage de Nicolas Sarkozy barré des mots “LA TAULE”, Paul Quinio, dans un billet jouxtant le titre “Procès Sarkozy Putain cinq ans!” assure: “certains s’en réjouissent. Pas nous”.Car cette affaire creuse “le fossé entre les Français et leurs représentants. Fossé dans lequel la démocratie française s’embourbe avec, à terme, un seul gagnant: l’extrême droite, qui n’a jamais été aussi proche du pouvoir”.- “Fini le bling bling” -Le quotidien conservateur allemand FAZ, qui énumère toutes les affaires judiciaires auxquelles Nicolas Sarkozy a été mêlé, qualifie l’ex-dirigeant de “poison pour la démocratie”, l’accusant d’avoir “sapé les principes républicains” en ayant notamment instauré des peines planchers et voulu supprimer les juges d’instruction. “Fini le bling bling”, cingle le journal.Pour le quotidien italien d’inspiration catholique Avvenire, “cette condamnation ternit encore davantage la crédibilité de la classe politique, déjà au plus bas selon tous les sondages”.”Bien qu’il n’occupe plus de fonction officielle, (Nicolas Sarkozy) a continué à jouer un rôle d’inspirateur et de conseiller dans l’ombre du camp conservateur (…). A tel point que même l’actuel nouveau Premier ministre Sébastien Lecornu (…) avait pris son petit-déjeuner avec l’ancien président dès les premières heures suivant sa nomination”, rappelle le quotidien.Outre-Atlantique, le média argentin Clarin pointe “une condamnation délicate” dans un contexte de “sentiment croissant des électeurs français que le processus démocratique du pays est corrompu et peu fiable”.Pour la BBC, la justice a condamné en la personne de Nicolas Sarkozy un “homme politique égocentrique et très influent qui n’a cessé de repousser les limites de la loi pour arriver à ses fins”. “Nicolas Sarkozy est de retour là où il était autrefois: il domine l’actualité et divise la nation”, écrit encore la BBC avant de porter l’estocade: “les débats autour de cette affaire résonnent dans les ruines de la politique française”.

Agriculture: quelques actions pour dénoncer des importations “aberrantes”

Blocage d’un Buffalo Grill, tracteurs et bennes devant la Maison de l’Europe… Quelques rassemblements symboliques se sont tenus jeudi à l’appel de la première alliance syndicale agricole FNSEA-Jeunes Agriculteurs, contre les importations “aberrantes” qui minent selon elle l’agriculture française.D’autres actions sont annoncées pour vendredi, loin malgré tout des grandes journées de blocage des deux hivers derniers alors que vendanges et récoltes occupent encore le monde paysan.Dans le viseur des agriculteurs, le projet d’accord de libre-échange entre l’Union européenne et des pays latino-américains du Mercosur dont Bruxelles a lancé début septembre le processus de ratification. La France, hier très opposée, semble depuis se montrer moins défavorable.Plus globalement, il s’agit de se mobiliser contre “le Mercosur, les taxes imposées par Donald Trump et le flot des importations internationales qui ne respectent pas les normes qui sont les nôtres”, a indiqué Arnaud Rousseau, le président de la FNSEA, qui dans un premier temps avait prévu des mobilisations plus tard dans l’automne.”N’importons pas ce qu’on ne veut pas qu’on produise. C’est ça, l’hypocrisie de l’Europe. Sous couvert d’écologie, on importe ce qu’on ne produit pas ici, avec aucune norme environnementale et sociale”, déplorait ainsi jeudi Dominique Noury, éleveur de vaches charolaises et de volailles, lors d’une action à Dijon.L’accord avec le Mercosur doit permettre à l’UE d’exporter davantage de voitures, machines, vins… Mais l’accord facilitera aussi l’entrée de bœuf, volaille, sucre, miel, riz, exemptés de droits de douane.Bruxelles insiste sur la faiblesse des volumes attendus, mais les filières européennes concernées crient au risque de déstabilisation et de baisse des prix, et surtout à la concurrence déloyale du fait de normes de production moins-disantes sur le plan sanitaire et environnemental et de contrôles défaillants.- Ordre syndical dispersé -Jeudi, une cinquantaine d’agriculteurs, selon des représentants syndicaux, ont bloqué l’entrée d’un Buffalo Grill à Pusey, près de Vesoul (Haute-Saône), pour la défense de la viande française. Avec une charolaise devant la porte d’entrée, ils ont tagué sur la devanture “Je suis français, je mange français”.”Les dégradations sur notre restaurant de Vesoul ne visent pas le bon acteur. Elles sont inacceptables”, a déploré auprès de l’AFP le directeur général de l’enseigne Robert Guillet, assurant qu” à aucun moment nous n’avons ne serait ce que penser à importer depuis les pays d’Amérique du Sud”. Dans le centre de Dijon, 150 agriculteurs sont venus, avec 41 tracteurs et bennes, déverser fumier, terre et paille devant la Maison de l’Europe. “On importe de la viande qu’on n’a pas le droit de produire chez nous, alors qu’on a l’agriculture la plus durable au monde”, a expliqué à l’AFP Antoine Fauchet, président des JA d’Is-sur-Tille (Côte d’Or).La mobilisation se poursuivra vendredi sous diverses formes: mobilisations en supermarchés, défilés devant des préfectures, présentation de produits jugés “aberrants” (pommes du Chili, noix des Etats-Unis, etc), ou manifestation régionale avec tracteurs place d’Armes, devant le château de Versailles.Pour les agriculteurs interrogés par l’AFP en Occitanie, cette date du 26 septembre ne convient pas, en période de vendange et de récolte céréalière, “maïs, tournesol, soja, sorgho”, énumère Jérôme Barthès, président de la FDSEA de l’Aude: “c’est trop tôt dans la saison. Il peut y avoir un manque d’agriculteurs impliqués” dans la mobilisation.Son syndicat prévoit une action vendredi aux abords de Carcassonne. Ce sera “surtout de la communication, des distributions de tracts”, dit-il.En Haute-Garonne, la FDSEA souligne que la “base, elle suit. Même s’il n’y a pas de gouvernement, on veut que la copie soit déjà sur le bureau du, ou de la, prochaine ministre”, explique Luc Mesbah, secrétaire général.Le texte sur le Mercosur doit encore être approuvé par les États membres puis par le Parlement européen, la Commission espérant leur aval d’ici fin décembre.Les syndicats agricoles expriment leur opposition au traité dans un rare mouvement d’unanimité. Mais ils se mobilisent en ordre dispersé.La Coordination rurale (CR), dans une volonté de se démarquer, veut être reçue par le Premier ministre Sébastien Lecornu pour lui présenter ses propositions, avant une mobilisation “avant la fin de l’année”.Le 3e syndicat, la Confédération paysanne, pour sa part a annoncé une manifestation à Paris, “tracteurs en tête”, le 14 octobre. 

Lourdement condamné au procès libyen, Sarkozy ira en prison, une première pour un ex-président

Pour la première fois de l’histoire de la République, un ex-président derrière les barreaux : le tribunal de Paris a condamné jeudi Nicolas Sarkozy à cinq ans d’emprisonnement avec incarcération prochaine pour avoir “laissé ses plus proches” démarcher la Libye de Mouammar Kadhafi pour financer sa campagne victorieuse de 2007, une lourde peine infligée selon lui par “haine”.Brûlant d’une colère froide, blême, l’ex-chef de l’Etat (2007-2012) a redit son “innocence” et annoncé dès la sortie de la salle d’audience son intention de faire appel. Cela n’empêchera pas son incarcération au cours des prochaines semaines.L’ayant reconnu coupable d’association de malfaiteurs, le tribunal correctionnel a prononcé à son encontre un mandat de dépôt différé mais avec exécution provisoire, une décision d’une sévérité inattendue qui a suscité la stupeur dans la salle d’audience, que les magistrats ont justifiée par la préparation d’une “corruption au plus haut niveau possible”.Les faits reprochés sont d'”une gravité exceptionnelle”, “de nature à altérer la confiance des citoyens”, a insisté la présidente du tribunal, Nathalie Gavarino.”La haine n’a donc décidément aucune limite (…) J’assumerai mes responsabilités, je déférerai aux convocations de justice et s’ils veulent absolument que je dorme en prison, je dormirai en prison, mais la tête haute”, a de son côté cinglé devant les caméras Nicolas Sarkozy, sous le regard de son épouse, Carla Bruni.Selon une source proche du dossier, il a été convoqué le 13 octobre par le Parquet national financier (PNF) pour savoir quand il entrerait en prison. Sans confirmer la date de cette convocation, une source judiciaire interrogée par l’AFP a précisé qu’il serait incarcéré dans un “délai relativement proche” après. En réaction à l’appel de Nicolas Sarkozy, déposé dans la journée, le parquet financier fera également appel.L’un des avocats de l’ancien président, Me Jean-Michel Darrois, a souligné que son client était “affecté” et fait valoir les “conséquences pour sa femme, ses enfants, sa famille”. Sonnant comme un coup de tonnerre dans le monde politique, l’incarcération prochaine de Nicolas Sarkozy a relancé les critiques à droite et au Rassemblement national sur l’exécution provisoire des peines.Le président (LR) du Sénat, Gérard Larcher, a dit “partager” le “questionnement grandissant au sein de la société” sur ce point. La leader d’extrême droite, Marine Le Pen, condamnée elle aussi à une peine avec exécution provisoire au procès des assistants européens, a de son côté dénoncé “la généralisation” de cette mesure, “un grand danger, au regard des grands principes de notre droit”.- Pas de “démonstration” de financement libyen -Au cours des trois heures de lecture du jugement de 400 pages, le tribunal a estimé que Nicolas Sarkozy a entre 2005 et mai 2007, date de son accession à l’Élysée, “laissé ses plus proches collaborateurs et soutiens politiques, sur lesquels il avait autorité et qui agissaient en son nom”, solliciter les autorités libyennes “afin d’obtenir ou tenter d’obtenir des soutiens financiers en vue du un financement de sa campagne électorale”.D’après les juges, des “rencontres occultes” de Claude Guéant et Brice Hortefeux avec un haut dignitaire libyen fin 2005 “n’ont de sens” que par “la nécessité d’obtenir des fonds” pour la campagne Sarkozy, à une époque où l’intéressé n'”avait alors, dans le contexte de sa rivalité avec Dominique de Villepin, aucune certitude d’être investi par son parti (l’UMP, devenu LR, NDLR) et bénéficiaire de son soutien financier”.Au terme de trois mois d’audience, le PNF avait requis en mars sept ans d’emprisonnement à l’encontre de Nicolas Sarkozy, lui reprochant d’avoir noué un “pacte de corruption faustien avec un des dictateurs les plus infréquentables de ces 30 dernières années” et d’avoir été aussi bien le “commanditaire” que le bénéficiaire d’un financement illégal de sa campagne.Les juges ont relaxé l’ex-président des faits de recel de détournement de fonds publics libyens, de corruption passive, notamment parce que Nicolas Sarkozy aurait agi comme candidat et non comme ministre de l’Intérieur dépositaire de l’autorité publique, et de financement illégal de campagne électorale.Le tribunal a constaté que des flux d’argent étaient effectivement partis de Libye mais que les éléments de la procédure ne faisaient pas la “démonstration” que ces fonds étaient finalement arrivés dans les caisses de la campagne Sarkozy. Mais en droit, la préparation suffit à caractériser le délit d’associations de malfaiteurs, même si le but visé ne s’est finalement pas concrétisé.”Ces engagements, pris en réponse à une offre de financement, suffisent à caractériser l’existence d’un pacte corruptif destiné à être exécuté à compter de l’élection de Nicolas Sarkozy à la présidence de la République française et ce, indépendamment des faits qu’aucune somme ne soit in fine arrivée, ou très partiellement, ou que le financement de la campagne par l’UMP devenant certain, il n’y en ait plus eu besoin”, a estimé le tribunal selon une copie de travail du jugement consultée par l’AFP.Claude Guéant et Brice Hortefeux, deux anciens proches collaborateurs de Nicolas Sarkozy, ont également été reconnus coupables d’association de malfaiteurs.Le premier a également été reconnu coupable de corruption passive et de faux. Il a été condamné à six ans d’emprisonnement. Son état de santé lui épargne un mandat de dépôt. Brice Hortefeux a écopé de deux ans d’emprisonnement, qu’il effectuera avec un bracelet. Eric Woerth, trésorier de la campagne de 2007, a pour sa part été relaxé.Les associations de lutte contre la corruption Sherpa, Transparency International et Anticor, parties civiles au procès, ont salué dans un communiqué un “jugement historique”.ng-edy-amd-pab/asl/swi

Libertés publiques: des ONG dénoncent la trajectoire “illibérale” de la France

La France est engagée dans une trajectoire “illibérale” et suit la pente des Etats autoritaires européens en portant des atteintes “systématiques” dans les domaines des libertés civiques, en particulier à la liberté de manifester, dénoncent plusieurs ONG jeudi.Dans leur rapport intitulé “France: démocratie en décrochage”, fruit de dix mois de travaux, la Fédération internationale pour les droits humains (FIDH), la Ligue des droits de l’Homme (LDH) et l’Organisation mondiale contre la torture (OMCT) étrillent le glissement de la posture française depuis l’accession au pouvoir d’Emmanuel Macron en 2017.”Depuis plusieurs années, la France connaît une dégradation profonde et structurelle de l’environnement dans lequel la société civile peut s’exprimer et agir, ainsi qu’une régression préoccupante des libertés publiques, en particulier s’agissant de la liberté d’association et de la liberté de réunion pacifique”, dénoncent ces organisations.La France s’inscrit à cet égard dans une “dynamique plus large” en Europe et dans le monde, marquée par la montée de l’autoritarisme.”Les campagnes de stigmatisation des manifestants et des défenseurs des droits humains par des représentants des pouvoirs publics sont donc loin d’être anodines (…) et sont symptomatiques d’une dérive +illibérale+”, écrivent les ONG dans ce rapport.”Souvent perçue, à tort, comme étant à l’abri de ces tendances en raison de sa tradition républicaine, (…) la France se distingue aujourd’hui par l’ampleur et la gravité des restrictions imposées aux libertés civiques”, soulignent les auteurs.Le rapport de 80 pages détaille une longue liste d’exemples, selon ces ONG, de ces dérives allant de la répression du mouvement des Gilets jaunes à celle contre la réforme des retraites en 2023.”Sans formellement réduire au silence les voix critiques, l’Etat les fragilise, limitant leurs ressources, les décrédibilisant, les épuisant, les intimidant et mettant en péril leur existence même”, dénoncent les ONG. “Ainsi, la dérive démocratique ne menace pas uniquement les associations et les défenseurs des droits humains, mais la société toute entière”, concluent les auteurs. “A terme, elle pourrait engendrer une forme de gouvernement qui, sans être ouvertement autoritaire, ne pourrait plus être qualifiée de démocratie à part entière.”

Sarkozy, toujours incontournable à droite, malgré ses déboires judiciaires

Nicolas Sarkozy reste incontournable à droite malgré les épreuves judiciaires : deux semaines avant sa condamnation à cinq ans de prison dans l’affaire du financement libyen, il recevait encore dans ses bureaux parisiens Sébastien Lecornu, tout juste nommé à Matignon, après Jordan Bardella ou encore Gabriel Attal.Début septembre, il révélait, dans Le Figaro, avoir rencontré Emmanuel Macron pendant l’été pour lui assurer qu’il n’y avait pas “d’autre solution que la dissolution” pour mettre fin à l’instabilité politique en France.Sans parvenir à le convaincre pour autant. Nicolas Sarkozy, 70 ans, a d’ailleurs reconnu publiquement que le chef de l’Etat “ne l’écoutait pas toujours”, comme il a encore pu le constater en décembre dernier lorsqu’il s’est rendu à l’Elysée pour y dire tout le mal qu’il pensait de son ennemi François Bayrou, sans empêcher sa nomination à Matignon. Eternelle figure tutélaire de la droite, bien que contesté par certaines de ses figures, son évocation dans les meetings de son parti Les Républicains déclenche toujours des tonnerres d’applaudissements. Et ses livres de souvenirs demeurent des succès d’édition.Dans son entretien au Figaro, l’ex-chef de l’Etat (2007-2012), qui avait pourtant assuré en février après sa condamnation dans l’affaire des écoutes “renoncer à toute expression médiatique”, a encore fait feu de tout bois. Le RN appartient à “l’arc républicain”, a-t-il assuré, déclenchant un feu de critiques à gauche. Et de déplorer que la droite ne dispose pas “aujourd’hui d’un leader incontournable” malgré l’écrasante victoire au printemps de Bruno Retailleau sur Laurent Wauquiez… avec qui il a également échangé quelques jours plus tôt. Une activité frénétique menée dans son bureau situé à deux pas de l’Elysée, dans le quartier parisien de Miromesnil, où il enchaîne les rendez-vous avec les membres du parti qu’il a fondé, mais aussi des dirigeants d’autres formations, comme Gabriel Attal ou encore Jordan Bardella avec qui il s’est entretenu début juillet. Le président du RN avait exprimé quelques jours plus tôt son “sentiment” qu'”il y a une volonté” d’humilier l’ex-chef de l’Etat après que sa légion d’honneur lui avait été retirée en raison de sa condamnation définitive à un an d’emprisonnement ferme dans l’affaire des écoutes.”Comme Nicolas Sarkozy a l’habitude de dire du mal de celui avec qui il avait rendez-vous juste avant vous, il est préférable de fixer le rendez-vous avec lui en fin de journée pour être le dernier”, commente un dirigeant LR qui a ses habitudes à Miromesnil. – Service minimum -Face aux déboires judiciaires de leur ancien leader, les dirigeants de son parti se montrent prudents, voire mal à l’aise.Après sa condamnation, le patron des Républicains, Bruno Retailleau, s’est fendu d’un court communiqué pour lui apporter son “soutien” et espérer qu’il parvienne à faire “prévaloir son innocence” en appel.Laurent Wauquiez a exprimé sobrement sa “reconnaissance envers l’homme d’État qui a tant donné à notre pays et mon amitié pour l’homme”.Le vice-président de LR François-Xavier Bellamy a, quant à lui, dénoncé un “jugement politique”, tandis qu’Eric Ciotti, l’ancien patron de LR qui s’est allié au RN, a transmis “une pensée amicale” à l’ancien président.Son influence sur son parti reste bien réelle. Pour preuve, une autre interview accordée au Figaro il y a un an où il a incité les siens à quitter l’opposition et rejoindre le gouvernement.C’était peu avant que le LR Michel Barnier entre à Matignon et qu’il embarque dans son gouvernement des personnalités de droite comme Bruno Retailleau (Intérieur) qui a bondi depuis dans les sondages et redonné des couleurs à son parti. Mais, malgré le respect toujours exprimé par son parti politique, son fils Louis Sarkozy devra patienter pour être désigné officiellement candidat en mars à la mairie de Menton (Alpes-Maritimes). La commission nationale d’investiture (CNI), qui s’est réunie mardi, a remis à plus tard sa décision.

Agriculture: des actions “symboliques” pour dénoncer des importations “aberrantes”

Blocage d’un Buffalo Grill, assemblée de tracteurs devant la Maison de l’Europe… Des rassemblements symboliques se sont tenus jeudi à l’appel de la première alliance syndicale agricole FNSEA-Jeunes Agriculteurs, contre les importations “aberrantes” qui minent selon elle l’agriculture française.D’autres actions sont annoncées pour vendredi, loin malgré tout des grandes journées de blocage des deux hivers derniers alors que vendanges et récoltes occupent encore le monde paysan.Dans le viseur des agriculteurs, le projet d’accord de libre-échange entre l’Union européenne et des pays latino-américains du Mercosur dont Bruxelles a lancé début septembre le processus de ratification, et vis-à-vis duquel la France, hier très opposée, semble depuis se montrer moins défavorable.Plus globalement, il s’agit de se mobiliser contre “le Mercosur, les taxes imposées par Donald Trump et le flot des importations internationales qui ne respectent pas les normes qui sont les nôtres”, a indiqué Arnaud Rousseau, le président de la FNSEA, qui dans un premier temps avait prévu des mobilisations plus tard dans l’automne.”N’importons pas ce qu’on ne veut pas qu’on produise. C’est ça, l’hypocrisie de l’Europe. Sous couvert d’écologie, on importe ce qu’on ne produit pas ici, avec aucune norme environnementale et sociale”, déplore ainsi Dominique Noury, éleveur de vaches charolaises et de volailles, lors d’une action à Dijon.L’accord avec le Mercosur doit permettre à l’UE d’exporter davantage de voitures, machines, vins… Mais l’accord facilitera aussi l’entrée de bœuf, volaille, sucre, miel, riz, exemptés de droits de douane.Alors que Bruxelles insiste sur la faiblesse des volumes attendus, les filières européennes concernées crient au risque de déstabilisation et de baisse des prix, et surtout à la concurrence déloyale du fait de normes de production moins-disantes sur le plan sanitaire et environnemental et de contrôles défaillants.- Ordre syndical dispersé -Jeudi, une cinquantaine d’agriculteurs, selon des représentants syndicaux, ont bloqué l’entrée d’un Buffalo Grill à Pusey, près de Vesoul (Haute-Saône), pour protester contre le Mercosur et pour la défense de la viande française. Ils ont amené une charolaise devant la porte d’entrée et ont tagué sur la devanture “Je suis français, je mange français”.A Plérin (Côtes d’Armor), une cinquantaine de manifestants étaient réunis au marché au porc, selon un photographe de l’AFP.Dans le centre de Dijon, 150 agriculteurs sont venus, avec 41 tracteurs et bennes, déverser fumier, terre et paille devant la Maison de l’Europe. “C’est à cause de l’Europe qu’on est là. On importe de la viande qu’on n’a pas le droit de produire chez nous, alors qu’on a l’agriculture la plus durable au monde”, explique à l’AFP Antoine Fauchet, président des JA d’Is-sur-Tille (Côte d’Or).La mobilisation se poursuivra vendredi sous diverses formes: mobilisations en supermarchés, défilés devant des préfectures, présentation de produits jugés “aberrants” (pommes du Chili, noix des Etats-Unis, etc), ou manifestation régionale avec tracteurs place d’Armes, devant le château de Versailles.”C’est vraiment symbolique. On suit l’appel national, mais la période est compliquée”, en cette saison de vendanges ou de récolte de maïs, souligne Enzo Rodriguez, président des JA des Pyrénées-Orientales, sans fermer la porte à de nouvelles mobilisations dans les prochaines semaines.Le texte sur le Mercosur doit encore être approuvé par les Etats membres puis par le Parlement européen, la Commission espérant leur aval d’ici fin décembre.Les syndicats agricoles expriment leur opposition au traité dans un rare mouvement d’unanimité. Mais ils se mobilisent en ordre dispersé.La Coordination rurale (CR), dans une volonté de se démarquer, veut être reçue par le Premier ministre Sébastien Lecornu pour lui présenter ses propositions, avant une mobilisation “avant la fin de l’année”.Le 3e syndicat, la Confédération paysanne, pour sa part a annoncé une manifestation à Paris, “tracteurs en tête”, le 14 octobre. Rappelant son engagement de toujours contre les traités de libre-échange, elle dénonce les “contradictions profondes des dirigeants de la FNSEA et de la CR” dont la lutte contre les normes “empêche une réelle stratégie gagnante contre les accords de libre-échange”.

Fiscalité et ISF: Larcher hostile “au retour des recettes de 1981”

Le président LR du Sénat Gérard Larcher s’est dit hostile jeudi “au retour des recettes de 1981″, dans une allusion à la possibilité de rétablir un impôt sur les grandes fortunes qui est envisagée par une partie du camp présidentiel pour trouver un compromis avec les socialistes.”Est-ce qu’on recherche plus d’équité fiscale ? La réponse est oui. Mais est-ce qu’on revient aux recettes de 1981 ? Ma réponse est non”, a déclaré M. Larcher sur Public Sénat.M. Larcher faisait allusion à une proposition de rétablir l’impôt de solidarité sur la fortune (ISF), créé sous un autre nom par la gauche avec l’arrivée de François Mitterrand au pouvoir en 1981, supprimé en 1986 puis rétabli en 1988 avant d’être supprimé en partie en 2018.Cette proposition a été soutenue par le chef des députés Modem Marc Fesneau en lieu et place de la taxe Zucman – une taxe de 2% sur les patrimoines de plus de 100 millions d’euros – réclamée par la gauche.Dans un entretien aux Echos mercredi, M. Fesneau a défendu “un impôt sur la fortune improductive, qui ressemble à l’ancien ISF, en excluant le patrimoine utile à l’économie”.L’ancien ISF rapportait environ 4 milliards d’euros contre 2 milliards aujourd’hui pour l’IFI (impôt sur la fortune immobilière) qui l’a remplacé en 2018 et dont sont exonérés les actifs financiers.Les biens professionnels seraient exclus de cet impôt, alors qu’ils sont inclus dans la taxe Zucman dont les socialistes attendent un rendement de 15 milliards. Quand M. Larcher évoque “l’équité fiscale”, il dit “penser aux holdings patrimoniales (utilisées pour contourner l’impôt), à un certain nombre de niches, à la lutte contre la fraude fiscale et sociale”. Il souhaite, comme le Premier ministre selon lui, “que parallèlement au dépôt du projet de budget, il y ait un projet de loi +justice fiscale et sociale+”. Et a répété sa ferme opposition à la suspension de la réforme des retraites.Le ténor des Républicains a par ailleurs levé une partie des doutes concernant le report de l’examen de la loi sur la fin de vie, dont le Sénat devait se saisir à partir du 7 octobre si le précédent gouvernement n’était pas tombé. Son inscription à l’ordre du jour du Sénat, vivement souhaitée par la présidente de l’Assemblée nationale Yaël Braun-Pivet, “dépend du gouvernement”, mais elle “pourrait” survenir “la semaine d’après” la déclaration de politique générale du Premier ministre Sébastien Lecornu, a assuré M. Larcher, envisageant un examen dès octobre.”Je veux un débat ici qui soit serein, qui soit ouvert”, a-t-il ajouté.

La dette a continué de gonfler à fin juin dans une France en quête de budget

La dette publique de la France a encore gonflé au deuxième trimestre, atteignant 115,6% du PIB et un record en valeur absolue à plus de 3.400 milliards d’euros, alors que le Premier ministre tente toujours de trouver la martingale pour boucler un budget 2026 dans un climat social tendu.A fin juin, la dette atteignait 115,6% du produit intérieur brut (PIB) et 3.416,3 milliards d’euros en valeur absolue, un record dû à une hausse de 70,9 milliards par rapport au premier trimestre, a indiqué l’Institut national de la statistique.L’endettement s’établissait à 113,9% du PIB à fin mars et 112,1% au deuxième trimestre 2024. Au début du premier quinquennat d’Emmanuel Macron, il était de 101,2% ou 2.281,3 milliards d’euros. Alimentée par l’accumulation ininterrompue des déficits depuis 1975, la dette n’en finit plus de monter depuis la fin des années 1990, mais elle “augmente plus vite que celle de ses voisins européens”, surtout depuis 2019, constate Mathieu Plane, directeur adjoint du département analyse et prévision de l’OFCE, auprès de l’AFP.Outre les très coûteuses mesures de soutien face aux crises sanitaire et inflationniste, il y voit le résultat d’une baisse de prélèvements obligatoires non financée, et d’une croissance plus molle qu’espéré par le gouvernement, et donc moins génératrice de recettes. Différence entre des dépenses chroniquement plus élevées que les recettes, “le déficit n’est pas seulement un déficit de crise, il est aussi structurel”, note l’économiste, qui situe “le tournant” au moment de la crise des gilets jaunes.- Dette instable -Toujours sans gouvernement et en quête d’un compromis pour éviter une censure, le Premier ministre a jusqu’à la mi-octobre pour transmettre un projet de budget à l’Assemblée nationale qui puisse être adopté avant la fin de l’année. Mais avant même d’être connue, sa copie budgétaire suscite le mécontentement: déçue de sa nouvelle entrevue mercredi à Matignon, l’intersyndicale prévoit une nouvelle journée de mobilisation le 2 octobre pour plus de justice fiscale. Le patronat organisera lui un meeting le 13 octobre contre “la dangerosité (du) débat fiscalo-fiscal”. En 2026, le niveau du déficit public dépendra du montant de l’effort budgétaire qui sera consenti. Le curseur sera-t-il autour de 35 milliards d’euros, comme l’accepterait la droite? Ou vers 22 milliards comme le souhaitent les socialistes, moitié moins que les 44 milliards ambitionnés par l’ex-Premier ministre François Bayrou afin de ramener le déficit à 4,6% du PIB? Davantage que le niveau de la dette, c’est toutefois son évolution qui inquiète. “Aujourd’hui, on n’est pas capable de stabiliser la dette”, souligne l’expert en finances publiques François Ecalle, président du site spécialisé Fipeco, interrogé par l’AFP. La France est troisième sur le podium des pays de la zone euro les plus endettés, derrière la Grèce et l’Italie, et première concernant l’ampleur de son déficit, espéré à 5,4% du PIB cette année, loin du seuil maximal européen de 3% qui permettrait de stabiliser la dette. L’agence de notation Fitch, qui a dégradé en septembre la note souveraine de la France en citant son instabilité politique et sa fragilité budgétaire, voit même l’endettement grimper jusqu’à 121% du PIB en 2027. – “Flottement politique” -Cette dette qui gonfle devient de plus en plus coûteuse avec la remontée des taux auxquels la France emprunte sur les marchés, une hausse accentuée depuis la dissolution de l’Assemblée nationale en juin 2024, compliquant l’équation budgétaire.Au vu de l’effort requis pour parvenir à la stabiliser, François Ecalle juge nécessaire de réaliser essentiellement des économies sur les dépenses, mais aussi d’augmenter les prélèvements obligatoires.Alors que la taxe Zucman visant le patrimoine des plus aisés occupe le terrain du débat politique, “il est nécessaire, au moins pour des raisons politiques et sociales, de prélever un peu plus sur les riches.”Surtout, pour éviter une perte de confiance des investisseurs et un emballement des taux souverains, il faut “de la crédibilité” et “une stratégie claire de redressement des finances publiques sur plusieurs années”, sans nuire à l’économie, estime Mathieu Plane. Or, actuellement “on ne voit pas émerger de réelle stratégie: il y a un flottement politique tel qu’arriver à faire passer un budget pour une année, c’est déjà extraordinaire”. 

Procès de la sextape: le maire de Saint-Etienne face à ses propres mots

A la barre des prévenus mercredi, le maire de Saint-Etienne Gaël Perdriau, jugé pour chantage à la sextape, explique avec pédagogie la politique et le budget municipal, mais perd un peu sa contenance confronté à un enregistrement de ses propres propos.L’édile de 53 ans, exclu des Républicains, est soupçonné d’avoir muselé son ancien premier adjoint et rival, le centriste Gilles Artigues, avec une vidéo intime, et d’avoir financé le piège avec des fonds publics.Il réfute vivement ces accusations, admettant tout juste avoir eu connaissance de l’existence d’un film montrant Gilles Artigues avec un prostitué, réalisé en janvier 2015 par d’anciens membres de son entourage. Sauf qu’en novembre 2017, il a clairement menacé son premier adjoint de diffuser ces images, sans savoir que ce dernier l’enregistrait. Et la bande son de cet échange a été produit mercredi par le tribunal correctionnel de Lyon.”Une fois que c’est sur les réseaux, ce n’est plus du chantage”, “c’est une exécution”, l’entend-on dire dans cette conversation animée. Gaël Perdriau semble par ailleurs connaître l’existence d’un montage ne comportant que des extraits de la scène compromettante: “ça, c’est peut-être une mise en scène, mais le film complet, ce n’est pas une mise en scène”.Quand Gilles Artigues lui demande s’il est le commanditaire, le maire répond “absolument pas”. Mais ajoute: “on m’a remis un clé USB où il y avait à voir, tout ce qu’il y avait à voir…”- “Bluffe”-Confronté à ce document accablant, Gaël Perdriau reconnaît que ses propos ne sont “pas glorieux” et se dit “profondément attristé” de savoir que ces “quelques minutes sordides” puissent éclipser ses trente années d’engagement dans la vie politique stéphanoise.Il déroule surtout point par point ses arguments pour tenter de minimiser leur poids.D’abord, quand il dit avoir la clé USB, il “bluffe” dans le cadre d’un rapport de force avec Gilles Artigues, assure-t-il.Ensuite, ses mots ont “dépassé sa pensée” parce qu’il était “en colère” contre son premier adjoint, accusé d’être déloyal.Il admet aussi qu’il y a bien eu “menace, oui, mais du chantage, non ! Il n’y a pas de contrepartie demandée”.Gilles Artigues, qui a déposé plainte pour chantage aggravé une fois la vidéo révélée par Mediapart en 2022, soutient, lui, qu’il a été obligé de mettre en sourdine ses ambitions sous peine de voir ce film révélé.Gaël Perdriau assure que son premier adjoint n’a jamais été brimé. Mais à la fin de leur échange de 2017, il lui lance : “tu me fais chier avec ton existence politique propre”.- “Equilibriste” -Les débats ont ensuite abordé un autre élément délicat: le versement en 2014 et 2015 de deux subventions de 20.000 euros, prises sur la réserve du maire, à des associations qui les ont ensuite reversées à l’auteur principal du piège, Gilles Rossary-Lenglet.Leur montant a semblé “exceptionnel” à la présidente du tribunal, qui a rappelé qu’en moyenne les subventions attribuées sur cette réserve étaient de 1.688 euros en 2014.La magistrate s’est également interrogée sur le caractère “dérogatoire” et rapide de la procédure d’attribution, ce qui a entraîné de longues explications de Gaël Perdriau sur le fonctionnement du budget municipal.”Il répond bien, mais il répond à côté”, a ironisé à la suspension d’audience l’avocat des parties civiles, André Buffard, raillant son “numéro d’équilibriste”.Interrogé au total pendant une dizaine d’heures, le maire est également revenu sur le témoignage de son ancien directeur de cabinet qui, la veille, l’avait accusé d’avoir donné le feu vert au projet de sextape. “Pierre Gauttieri se retourne contre moi sans doute pour atténuer sa responsabilité”, a-t-il supposé.A quoi, ce dernier a rétorqué: “en 2023 j’ai craqué, j’en ai ras-le bol de lire que je suis le seul responsable (…) désolé, j’ai un patron au dessus de moi !”Gaël Perdriau encourt dix ans de prison et une peine d’inéligibilité. Le procès durera jusqu’à lundi et le jugement sera sans doute mis en délibéré.

L’intersyndicale réinvitée à Matignon après son appel à une nouvelle mobilisation le 2 octobre

“Une occasion manquée”: l’intersyndicale a annoncé mercredi une nouvelle journée de mobilisation le 2 octobre, déçue par les propositions du Premier ministre qui souhaite, lui, revoir les partenaires sociaux “dans les prochains jours”.Le Premier ministre (Sébastien Lecornu) n’a apporté “aucune réponse claire” aux attentes des travailleurs et des travailleuses, a souligné l’intersyndicale, reçue pendant plus de deux heures mercredi matin à Matignon.Reçues dans l’après-midi, les trois organisations patronales représentatives, Medef, CPME et U2P, se sont félicitées que la politique de l’offre n’ait pas été remise en cause.Le Premier ministre a assuré aux partenaires sociaux qu’il n’entendait pas “passer en force” et souhaitait les revoir “dans les prochains jours”, selon un communiqué publié mercredi soir.Sébastien Lecornu leur écrira également pour leur demander “leur contribution sur cinq thématiques”: financement de la protection sociale, réindustrialisation et souveraineté économique, conditions de travail, renforcement du paritarisme et modernisation du marché du travail.Toujours sans gouvernement et en quête d’un compromis notamment avec les socialistes pour faire passer un budget, le Premier ministre a reçu dans la matinée l’ensemble de l’intersyndicale (CFDT, CGT, FO, CFE-CGC, CFTC, Unsa, FSU et Solidaires), en présence des ministres démissionnaires Catherine Vautrin (Travail, Santé et Solidarités), Astrid Panosyan-Bouvet (Travail et Emploi) et Laurent Marcangeli (Fonction publique). Arrivés et ressortis ensemble de Matignon, les syndicats ont annoncé une nouvelle journée de grèves et de mobilisation le 2 octobre. – “Langue de bois” -Invitée du journal de France 2, la numéro un de la CFDT Marylise Léon a estimé qu'”un chemin est possible pour construire un budget s’il y a un partage des efforts”. “Le monde du travail ne se laissera pas faire s’il a le sentiment que les efforts sont totalement déséquilibrés”, a-t-elle prévenu. “C’est l’une des raisons pour laquelle on se remobilise le 2 octobre, il faut qu’il (le Premier ministre) puisse répondre à cette question”, a-t-elle développé.Seul potentiel motif de satisfaction, l’enterrement d’une nouvelle réforme de l’assurance chômage semble “bien parti”, a-t-elle indiqué plus tôt à l’AFP. Mais ce n’est pas le cas du doublement des franchises médicales ou de la suppression de 3.000 postes de fonctionnaires et M. Lecornu n’a donné “aucun élément précis” sur la justice fiscale, a regretté Sophie Binet. La numéro 1 de la CGT a fustigé “deux heures de langue de bois”. Quant à la réforme des retraites de 2023, point central des revendications syndicales, “ça fait partie des sujets qui ont été le moins clairs”, a déploré Mme Léon, Sophie Binet regrettant que le Premier ministre n’ait “pas dit un mot” d’une éventuelle suspension.Le Parti socialiste a exprimé mercredi soir dans un communiqué sa “solidarité pleine et entière avec l’intersyndicale et appelé “l’ensemble des citoyennes et citoyens à rejoindre massivement la journée d’action et de mobilisation du 2 octobre”.Depuis son arrivée à Matignon, où il avait d’emblée promis “des ruptures” sur le fond, le Premier ministre a déjà reçu les organisations représentatives une à une. Au terme de leur journée de grève et de manifestations du 18 septembre, il avait convié les syndicats à revenir le voir. – “Efforts partagés -Ceux-ci lui avaient lancé un “ultimatum”, lui demandant de répondre à leurs revendications avant mercredi sous peine d’une nouvelle mobilisation. Mercredi en début d’après-midi, c’était au tour des organisations patronales d’être reçues, en présence des ministres démissionnaires Eric Lombard (Economie) et Catherine Vautrin (Travail et Santé).Selon Patrick Martin, le président du Medef, le Premier ministre “est parfaitement conscient qu’il faut envoyer des signaux sur le partage des efforts, sur l’équité (fiscale) mais surtout sur la lutte contre la fraude”, sans “mettre en péril le modèle économique”.Amir Reza-Tofighi, le président de la CPME, a indiqué que son mouvement était “à 200% pour” lutter contre la suroptimisation fiscale par certains contribuables, mais “qu’il ne fallait pas créer de nouveaux impôts”. Michel Picon, le président de l’U2P (entreprises de proximité), a lui estimé que “si on ne dit pas aux Français que les efforts seront partagé par tous ils ne seront acceptés par personne”.Selon plusieurs sources, syndicales et patronales, M. Lecornu a confié mercredi qu’il était “le plus faible Premier ministre de la Ve République”. “Je ne suis pas Édouard Philippe, je n’ai pas 350 députés sur lesquels m’appuyer”, a rapporté Sophie Binet.Le Premier ministre, qui pourrait selon des sources concordantes donner une interview dans la presse écrite dès jeudi soir, a été reçu par François Hollande “à la demande de Matignon” pour “un entretien de pure courtoisie républicaine”, a indiqué l’entourage de l’ancien président.Les députés insoumis ont demandé mercredi aux autres groupes de gauche de l’Assemblée nationale de signer une motion de censure commune contre Sébastien Lecornu qui sera déposée “dès l’ouverture de la session parlementaire”, le 1er octobre. bur-are-od-bj-caz/cg/ito/cbn