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Fermeture annoncée d’une usine Orangina en Seine-Saint-Denis, des élus se mobilisent

Des élus de Seine-Saint-Denis rencontreront mardi les dirigeants de l’usine de production d’Orangina qui emploie actuellement 105 personnes à la Courneuve, mais dont le groupe japonais Suntory a annoncé la fermeture dès l’an prochain, a-t-on appris vendredi auprès d’eux.En 2009, le fabricant japonais de boissons Suntory avait racheté pour quelque 300 milliards de yens (2,2 milliards d’euros au cours de l’époque) le groupe Orangina Schweppes (qui produit aussi Pulco, Oasis, Pampryl, Canada Dry…).Jeudi, la division production de Suntory Beverage & Food France a annoncé dans un communiqué qu’elle ne conserverait que trois de ses quatre sites industriels en France. Elle entend mettre en oeuvre “un transfert progressif de la production et d’une partie des emplois (56 postes)” de son site de La Courneuve vers celui de Donnery (Loiret), jusqu’à la fermeture – fin 2026 – de l’usine de Seine-Saint-Denis. La filiale du groupe japonais met en avant “un recul des ventes depuis 2022, lié à l’augmentation inédite des coûts de production et à une inflation impactant le pouvoir d’achat des Français, accentuée par la hausse récente de la taxe des boissons sucrées”. Le maire de la Courneuve, Gille Poux (PCF) a dénoncé “une annonce des plus brutales” et appelé “à ce que toutes les pistes alternatives pouvant garantir un maintien du site de production soient étudiées”. M. Poux rencontrera lundi après-midi les salariés de l’usine et mardi après-midi la direction du groupe Suntory”, a-t-on appris auprès de son entourage. Le président du conseil départemental de Seine-Saint-Denis, Stéphane Troussel (PS), a également “demandé une rencontre avec les dirigeants du groupe afin de pouvoir envisager toutes les alternatives pour le maintien du site et des emplois à La Courneuve”, a-t-il annoncé sur le réseau social X.M. Troussel rencontrera la direction mardi matin, selon son équipe.Construite dans les années 1970, l’usine de La Courneuve est présentée par le fabricant comme “un site ancien” du groupe.”97% de nos boissons consommées en France sont produites dans nos usines françaises”, a assuré le directeur général de Suntory Beverage & Food France, Alexis Daems dans son communiqué. “Le projet d’investir plus de 170 millions d’euros dans notre réseau industriel témoigne de notre détermination à ancrer notre présence en France sur le long terme et à nous projeter dans l’avenir”, a-t-il ajouté. 

Raphaël Glucksmann, le vent dans le dos, mais sans convaincre le reste de la gauche

Raphaël Glucksmann, positionné sur une stratégie de rupture avec La France insoumise, a le vent en poupe pour 2027 selon les sondages, mais le leader de Place publique doit encore s’imposer dans le débat politique national et convaincre le reste de la gauche.Alors que se tiennent samedi et dimanche à La Réole (Gironde) les Rencontres de Place Publique, l’eurodéputé est auréolé d’un sondage Ifop qui le place en situation de concurrencer Édouard Philippe et lui laisse entrevoir une qualification au second tour de la présidentielle.Un sondage critiqué par la gauche sur sa méthode, mais qui conforte Raphaël Glucksmann dans sa “stratégie de rupture claire” avec La France insoumise, même s’il se refuse encore à officialiser sa volonté de concourir à l’élection.Le patron du Parti socialiste Olivier Faure, qui se verrait bien lui aussi sur la ligne de départ, n’en fait pourtant pas le prétendant naturel de la gauche: Raphaël Glucksmann “n’est pas le candidat des socialistes”, ni celui “du reste de gauche”, a-t-il asséné jeudi en marge de la manifestation parisienne.Et pour cause, Raphaël Glucksmann refuse de participer au processus d’union pour 2027 – initié notamment par les Écologistes et le PS -, qui devrait passer par une primaire.Il argumente que les Écologistes ont aussi invité LFI, alors que l’eurodéputé de 45 ans défend une ligne social-démocrate émancipée de la gauche radicale, dont il critique notamment les positions sur l’Ukraine, la Russie, la Chine, et le rapport à la démocratie.   “Si on fait une primaire avec Jean-Luc Mélenchon, ça veut dire qu’on imagine que s’il gagne on va se battre derrière lui. Dans ce moment de l’histoire, je dis non”, a-t-il expliqué le weekend dernier à la patronne des Écologistes Marine Tondelier, qui sera présente à La Réole.Cette dernière rétorque que les insoumis ont déjà clairement rejeté toute primaire, et qu’en installant le duel avec Jean-Luc Mélenchon, Raphaël Glucksmann risque de faire gagner le RN. L’eurodéputé se veut pourtant en première ligne dans le combat contre l’extrême droite.Mais il plaide pour la “clarté” politique, et pour qu’il y ait deux offres politiques à gauche, puisqu’elles sont selon lui “irréconciliables”. “François Mitterrand, quand il a gagné en 1981, ce n’était pas sur la base d’une union avec les communistes, mais d’un rapport de force”, rappelle l’essayiste qui veut s’imposer dans les sondages pour incarner le vote utile.”Mon angoisse, ce n’est pas que la gauche soit désunie, c’est qu’elle plafonne à 25 %”, avance-t-il, espérant attirer un électorat plus centriste. “Raphaël est désormais une voix qui compte”, veut croire un de ses proches, soulignant qu'”il a été invité par le Premier ministre Lecornu”. “Personne ne l’a pris au sérieux quand il a dit qu’il voulait créer un parti de masse, mais on a 12.000 adhérents”, ajoute un député de Place publique.- Pas de leadership -Mais les critiques fusent à gauche. Les Insoumis, qui en ont fait leur premier opposant, le décrivent comme “un nouveau Macron”.Et si l’ex-ministre Aurélie Filippetti vient d’annoncer son ralliement à Place publique, socialistes et écologistes soulignent que l’eurodéputé ne dispose que de deux députés et deux sénateurs, et peine à s’imposer dans le débat.”Personne ne sait réellement ce qu’il pense sur de nombreux sujets nationaux”, remarque une élue écologiste, qui ne sent “pas une Glucksmann mania” autour d’elle.”Je ne vois pas comment il incarne la rupture avec le macronisme, c’est quand même la gauche caviar”, assène la même, réitérant le procès en parisianisme qui poursuit le fils du philosophe André Glucksmann.Le compagnon de la journaliste Léa Salamé a tout de même les faveurs de certains socialistes pour 2027, même si d’autres remarquent qu’il n’a pas “une position centrale” à gauche pour rassembler.Une macroniste avoue ne pas croire “une seule seconde qu’il sera candidat”. Elle rappelle qu’au soir de la dissolution, alors qu’il était arrivé en tête des européennes, il n’avait “pas pris le leadership” à gauche, se laissant imposer l’accord du Nouveau Front populaire, avec LFI. “C’est un type sympa, brillant, un excellent porte-parole, mais profondément pas un homme politique, il en a fait la démonstration ce jour-là”.

Postes-clés à l’Assemblée: le soutien réciproque entre RN et macronistes laisse la gauche sur le carreau

Avec l’appui du Rassemblement national, la coalition gouvernementale a réussi jeudi, Finances exceptées, à prendre la tête de toutes les commissions de l’Assemblée, en ravissant deux à la gauche, grande perdante de la bataille des postes-clés qui s’est jouée sur deux jours au Palais Bourbon.La gauche a immédiatement accusé le socle commun d’avoir passé un accord avec le Rassemblement national pour obtenir ce résultat. Mercredi, le parti de Marine Le Pen avait fait son grand retour au sein du Bureau de l’Assemblée, sa plus haute instance exécutive, avec le soutien des macronistes et de la droite.”Les macronistes poursuivent leur compromission: aucun candidat RN ne s’est présenté aux présidences de commissions pour respecter le deal avec le bloc central”, a accusé le porte-parole du PS Arthur Delaporte.”C’est un contre-sens absolu”, a réagi sur France 2 la présidente macroniste de l’Assemblée, Yaël Braun-Pivet. “On veut la juste représentation des partis” aux postes-clés en fonction du nombre de leurs députés, “cela n’a rien à voir avec le front républicain”, a-t-elle martelé.”Il n’y a pas eu de deal avec le RN (…) Il ne revient qu’à Marine Le Pen d’expliquer le choix qui a été fait par son groupe politique”, a assuré de son côté Ludovic Mendes (Renaissance).Les commissions permanentes, où sont étudiés les textes de lois avant d’arriver dans l’hémicycle, réunissent plusieurs dizaines de députés, et leur présidence est donc stratégique.Le groupe de Marine Le Pen avait décidé cette année de ne présenter de candidat dans aucune, et de voter pour ceux du socle commun, ne laissant aucune chance à la gauche.Le RN considère que l’esprit du règlement veut que les présidences de commissions (hors finances), aillent à des soutiens du gouvernement en place. Il réclamait également des vice-présidences dans les commissions, qu’il a obtenues, avec des voix du socle.Les élections ont donc été réglées en un temps record.La présidence de la commission des Affaires culturelles est revenue au LR Alexandre Portier, en lieu et place de la socialiste Fatiha Keloua Hachi, qui avait notamment pris la tête de la commission d’enquête sur l’affaire Bétharram.La présidence de la commission des Affaires économiques, qui était occupée depuis un an par Aurélie Trouvé (La France insoumise), a elle été ravie par le macroniste et ancien ministre de l’Agriculture Stéphane Travert.”Une bonne chose de faite”, a commenté le patron des députés LR Laurent Wauquiez.- “Non-censure” -Hormis la commission des Finances, qui revient toujours à un groupe d’opposition, et qui restera présidée par l’insoumis Eric Coquerel, toutes les autres commissions sont restées aux mains du bloc central.Florent Boudié (Renaissance, Lois), Frédéric Valletoux (Horizons, Affaires sociales), Bruno Fuchs (MoDem, Affaires étrangères), Sandrine Le Feur (Renaissance, Développement durable), Jean-Michel Jacques (Renaissance, Défense) ont conservé leurs présidences.Et le poste de rapporteur général du budget, interface entre le gouvernement et les députés, est revenu au LR Philippe Juvin, qui a évincé Charles de Courson, membre du groupe centriste Liot. Un poste stratégique alors que les négociations sur le budget 2026 s’annoncent extrêmement difficiles pour le Premier ministre Sébastien Lecornu, dont le gouvernement devrait être annoncé d’ici la fin de la semaine.”Je serai, en tant que président de la commission des Finances, quelque part le premier opposant de ce budget face aux ministres qui prendront place”, a estimé M. Coquerel. Son collègue Manuel Bompard, coordinateur de La France insoumise, a lui avancé que la stratégie macroniste était aussi destinée à obtenir la clémence du RN pour le futur gouvernement: “À l’Assemblée nationale, un accord a été noué entre la macronie et l’extrême droite pour s’échanger des postes et acheter la non-censure du RN”, a-t-il écrit sur X.- Majorité de gauche perdue au Bureau -Plus tôt dans la matinée, la gauche avait déjà perdu sa majorité au Bureau de l’Assemblée, qui décide notamment des sanctions les plus sévères contre les députés, ou de la recevabilité de certains textes. Le Rassemblement national y a lui fait son retour, obtenant deux vice-présidences et deux secrétaires, grâce à un accord avec le socle commun. Par leurs voix conjuguées, les deux blocs ont imposé aux autres groupes une répartition des 22 postes du Bureau proportionnelle au poids des différents groupes.Une répartition pour laquelle la présidente de l’Assemblée, Yaël Braun-Pivet, plaidait depuis des mois. Si le nouveau Bureau de l’Assemblée compte douze femmes et dix hommes, sept commissions permanentes sur huit sont désormais présidées par des hommes.parl-la/sl/sde/mpm/alv

Les syndicats s’agacent d'”un saupoudrage” de mesures mais peinent à mobiliser

Une mobilisation qui s’essouffle, avant une semaine cruciale: la nouvelle journée de grèves et manifestations à l’appel de l’intersyndicale a rassemblé jeudi beaucoup moins de monde que la précédente, après des annonces budgétaires du Premier ministre qualifiées de “saupoudrage” par les syndicats et à quelques jours de son discours de politique générale. La CGT a annoncé avoir décompté “près de 600.000 manifestants partout en France”, alors qu’elle en avait recensé un million le 18 septembre. Le ministère de l’Intérieur a, lui, compté 195.000 personnes dans les cortèges, là où il en avait vu plus de 500.000 le 18. A Paris, les chiffres de la préfecture de police dégringolent de 55.000 à 24.000, avec quatre interpellations dans l’agglomération parisienne.”C’est la première rentrée sociale où il y a ce niveau de mobilisation”, “une unité syndicale totale et une détermination très forte des travailleuses et des travailleurs”, a assuré la secrétaire générale de la CGT Sophie Binet, en tête du cortège parisien.Mais pour François Hommeril, président de la CFE-CGC, “on voit bien qu’on est arrivé au bout d’une séquence”. “Il ne faut pas non plus épuiser les gens. Je pense qu’on a été assez exemplaires, honnêtement. On voit bien, aujourd’hui, la mobilisation n’a pas le niveau d’il y a deux semaines”, a-t-il constaté.  Le nombre de manifestants est partout en baisse. A Montpellier, de 10.000 le 18 à 4.000, selon une source policière ; à Strasbourg, 5.000 à 1.500 selon la préfecture. Éducation, transports, universités… Partout, le mouvement a été moins suivi pour cette deuxième journée initiée par l’intersyndicale.Le taux de grévistes était de 6,95% chez les enseignants des écoles maternelles et élémentaires et de 6,13% dans les collèges et lycées, contre 17,06% le 18, selon le ministère. Sept lycées ont été complètement bloqués, selon la même source. La circulation des TGV et de la quasi-totalité du réseau RATP est restée “normale”, selon le ministère des Transports, avec “quelques perturbations” dans les “TER, RER et Transilien et Intercités”.- Un gouvernement “arc-bouté” -“On se mobilise à répétition et pour l’instant rien ne se passe, le gouvernement reste arc-bouté sur ses choix: faire payer le monde du travail, les retraités, les jeunes, les malades. Sans toucher aux ultra-riches”, se désole à Nantes, Muriel Kerdreux, assistante sociale de 60 ans.Pour Arnaud Bordier, postier de 49 ans dans la région rennaise et militant Sud PTT, les dates de la mobilisation sont “trop échelonnées”. “Il ne faut pas s’arrêter qu’une fois tous les 15 jours. Je ne connais pas d’autre moyen pour obtenir satisfaction que ceux qui fassent tourner la société s’arrêtent”.”Je perds 90 euros par jour de grève donc à 1.500 euros par mois, je ne peux pas suivre le mouvement financièrement”, regrette à Bayonne Christelle Salagoïty, factrice de 52 ans. Ce jeudi sera sa dernière manifestation. – “Anti-économique” -A Paris, les dirigeants de l’intersyndicale (CFDT, CGT, FO, CFE-CGC, CFTC, Unsa, FSU et Solidaires) ont épinglé les dernières annonces de Matignon.L’entourage de Sébastien Lecornu a fait savoir jeudi à l’AFP qu’il étudiait plusieurs pistes de baisses de prélèvements en faveur des salariés, comme une baisse de l’impôt sur le revenu pour les couples payés chacun “légèrement” au-dessus du Smic ou “une défiscalisation et un allègement des charges sociales” sur les heures supplémentaires.”C’est anti-économique: on détruit les emplois en défiscalisant les heures supplémentaires. C’est dans tous les bouquins! Je ne sais pas, ces gens-là, d’où ils tirent leur culture économique”, s’est agacé François Hommeril (CFE-CGC). La veille, le Premier ministre  avait assuré aux leaders syndicaux qu’il reprendrait, pour le projet de budget de la Sécurité sociale, “notamment (la mesure) relative à l’amélioration de la retraite des femmes”. “Hors sujet”, avaient répondu les syndicats qui réclament toujours la suspension de la réforme des retraites, voire son abrogation.”Faire du saupoudrage de mesures pour essayer de démobiliser, ça ne marche pas”, a ironisé Frédéric Souillot (FO).”Je ne pense pas que ce soit une bonne chose d’égrener un certain nombre de mesures”, a abondé Marylise Léon (CFDT). “On est à quelque jours de la déclaration de politique générale, je ne doute pas qu’on aura des réponses”.Dans un communiqué jeudi soir, la CGT affirme que l’intersyndicale se réunira “au lendemain” de ce discours “pour analyser les annonces du Premier ministre, et prendre les décisions nécessaires pour la suite”.

Face à la polémique sur les notes de frais, Hidalgo publie un état des lieux

Prise dans une polémique sur ses notes de frais, la maire socialiste de Paris Anne Hidalgo a riposté jeudi en publiant un état des lieux détaillé des indemnités versées à ses élus, ainsi que les frais de représentation des maires d’arrondissements, également épinglés.L’édile socialiste a annoncé porter plainte le 19 septembre pour “dénonciations calomnieuses” après la révélation par Mediapart de ses frais de déplacement et de représentation, qui s’élèvent à au moins 75.000 euros sur quatre ans en frais notamment vestimentaires, dans le respect du plafond légal.Le maire PS du 18e arrondissement Éric Lejoindre, dont elle est proche, a également été épinglé jeudi, tandis que le journal Libération a épluché les notes de frais des 17 maires d’arrondissements, de droite comme de gauche, révélant des pratiques parfois contestables.Rappelant que le budget annuel de la capitale dépasse les 11 milliards d’euros en 2025 et que la maire exerce “une fonction de représentation nationale et internationale”, la Ville souligne que les indemnités des élus locaux “sont fixées par délibérations de l’assemblée élue” et encadrées par le code général des collectivités territoriales.Le plafond général pour la maire et les membres du Conseil de Paris qui cumulent d’autres indemnités électives est fixé à 8.897,93 euros brut mensuels, rappelle-t-elle dans un communiqué.Les frais de représentation, strictement encadrés depuis l’élection de l’ex-maire PS Bertrand Delanoé en 2001, sont plafonnés à 19.720 euros pour la maire de Paris et à 11.092 euros pour les maires d’arrondissement.”Depuis 2001, ces frais ont baissé de quasiment 10.000 euros” pour le maire, a souligné en conférence de presse Patrick Bloche, le premier adjoint, faisant valoir leur rôle de “garde-fou contre la corruption”.Un memento élaboré par la Commission de déontologie de la ville de Paris précise les conditions d’utilisation de ces frais, souligne la mairie.Éric Lejoindre a été interpellé en conseil d’arrondissement sur des remboursements de repas avec “menus enfant”, ont souligné les élus LR du groupe de Rachida Dati au Conseil de Paris.Le maire du 18e arrondissement, également directeur de campagne du candidat PS aux municipales Emmanuel Grégoire, a déploré dans Le Parisien une “tentative de diversion de la droite parisienne”, alors que la candidate des LR sera jugée pour corruption en septembre 2026, six mois après les municipales.”Le problème c’est que cette polémique est concomitante avec la publication du rapport de la Chambre régionale des comptes qui pointe la mauvaise gestion de la ville”, a commenté de son côté le maire LR du 17e arrondissement Geoffroy Boulard, président du premier groupe d’opposition.Rachida Dati n’utilise pas les frais de représentation auxquels elle a droit dans le cadre de son mandat de maire du 7e arrondissement, selon son groupe.Interrogé par l’AFP, le Parquet national financier (PNF) a indiqué qu’aucune enquête n’est en cours sur les notes de frais d’Anne Hidalgo. Une enquête est en revanche ouverte sur son voyage controversé à Tahiti en octobre 2023.

Plainte d’Anticor visant le maire de Toulouse, le dossier dépaysé à Auch

L’examen d’une plainte pour financement illicite de campagne électorale de 2020, déposée par l’association Anticor et visant le maire de Toulouse Jean-Luc Moudenc, a été dépaysé au parquet d’Auch, a-t-on appris jeudi de source judiciaire.”Nous sommes dans le cadre d’une enquête préliminaire à la suite de la plainte déposée par Anticor pour détournement de fonds”, a dit à l’AFP la procureure d’Auch Clémence Meyer.L’enquête confiée au SIPJ de Toulouse devra établir si “des personnes rémunérées par la collectivité, au lieu de travailler exclusivement pour la mairie, ont aussi travaillé pour la campagne du candidat. (…) Il y a des éléments à vérifier, des documents à éplucher, nous en avons pour plusieurs mois d’enquête”, a-t-elle précisé.La plainte a été déposée par Anticor en juin auprès du procureur de Toulouse, avant que le dossier soit transmis au parquet d’Auch, comme c’est généralement le cas quand une enquête vise un élu local.D’après l’association de lutte contre la corruption Anticor, “M. Moudenc aurait mobilisé des agents publics, notamment des membres de son cabinet et des fonctionnaires territoriaux, pour participer, sur leur temps de travail, à sa campagne électorale et œuvrer à sa réélection”.Maire de la 4e ville de France de 2004 à 2008, et depuis 2014, Jean-Luc Moudenc (DVD) briguera un nouveau mandat lors des municipales de 2026.En janvier, Anticor avait déjà déposé une plainte contre X avec constitution de partie civile devant le tribunal judiciaire de Paris visant le maire de Toulouse, jugeant qu’il avait bénéficié d’un emploi fictif au ministère de l’Économie, entre 2015 et 2021.

Le RN et le PS reçus vendredi matin par Lecornu

Le Rassemblement national et le Parti socialiste seront reçus vendredi matin par le Premier ministre Sébastien Lecornu dont ils attendent des ouvertures sur le projet de budget pour 2026, le menaçant d’une éventuelle censure. Resté volontairement discret depuis sa nomination il y a trois semaines, le Premier ministre a présenté vendredi dernier ses premières pistes pour le budget attendu à la mi-octobre, franchissant plusieurs lignes rouge dessinées notamment par les socialistes. Marine Le Pen est attendue à 9H00 à Matignon, puis la délégation socialiste à 10H30. Se succèderont ensuite dans le bureau de Sébastien Lecornu les Ecologistes à 11H30 puis les communistes à 12H30. Un rendez-vous jeudi avec le groupe indépendant Liot a finalement été annulé.  Sébastien Lecornu, qui a rencontré plusieurs fois les responsables du “socle commun” (Renaissance, Modem, Horizons, LR), a également déjà reçu les partis d’opposition depuis qu’il a succédé à François Bayrou. 

Municipales à Paris: Chikirou pressentie mais pas (officiellement) candidate

Mais où est passée Sophia Chikirou? Alors que tous les candidats à l’élection municipale de 2026 à Paris sont déjà connus, les Insoumis n’ont pas encore officiellement désigné leur champion pour la capitale. Mais le doute semble peu permis autour de sa candidature.La France insoumise a déjà prévenu qu’elle se présenterait seule à Paris et resterait loin des tractations entre le Parti socialiste, les Ecologistes et le Parti communiste, en vue d’une union dès le premier tour.Ayant bien observé les sondages qui donnent une candidature Insoumise aux alentours de 15%, Ecologistes et communistes ne souhaitent pas insulter l’avenir et totalement fermer la porte à LFI, à l’inverse des socialistes, dont le divorce avec la formation de Jean-Luc Mélenchon est déjà acté. Et si dans la plupart des grandes villes, les têtes de liste LFI commencent à être connues pour ce scrutin des 15 et 22 mars, à Paris une opacité demeure toujours.”Le calendrier prévoit une désignation dans la première quinzaine d’octobre”, indique sobrement La France insoumise. “A Paris, on s’oriente vers cinq candidats pressentis. Nos cinq députés”, commente le coordinateur du mouvement Manuel Bompard. A savoir Aymeric Caron, Rodrigo Arenas, Danièle Obono, Sarah Legrain et Sophia Chikirou – qui siège également au Conseil régional d’Île-de-France.Mais si le premier siège au groupe LFI à l’Assemblée, il n’est pas membre du parti. Et le deuxième n’est pas proche de la direction.  “On sait que ça sera Chikirou, c’est un secret de polichinelle” assure un fin connaisseur de l’écosystème Insoumis qui ne voit Sarah Legrain que comme “un plan B”. “Pour Paris il faut une personnalité médiatique. Il y aura de la baston et Sophia sait y faire”, indique de son côté le député LFI Antoine Léaument, membre de la direction du mouvement de Jean-Luc Mélenchon.- “Dégager le PS” -De la “baston”, il risque en effet d’y en avoir vu la personnalité clivante de Sophia Chikirou.Proche de Jean-Luc Mélenchon – elle est décrite comme sa compagne – la députée de Paris, élue dans les 11e et 20e arrondissement de la capitale, a l’habitude des polémiques. Comme quand elle a dit ne pas considérer la Chine comme une dictature ou quand elle avait traité les membres de la rédaction du Média, qu’elle dirigeait, de “tafioles de merde”.Surtout, elle a été mise en examen il y a un an pour escroquerie aggravée et abus de biens sociaux dans l’enquête sur les comptes de campagne 2017 du candidat à la présidentielle Jean-Luc Mélenchon”Les affaires judiciaires, ce n’est pas un paramètre. On a la conscience très tranquille”, assure Manuel Bompard.Des affaires qui n’empêchent pas non plus Rachida Dati de se présenter à la mairie de Paris avec l’investiture des LR, alors qu’elle sera jugée en septembre 2026 pour corruption et trafic d’influence devant le tribunal.Des comparaisons sont régulièrement effectuées entre ces deux enfants d’immigrés, connues pour leur franc-parler et qui ont grandi dans des milieux populaires avant de réussir en politique.A cause de son style, Rachida Dati est d’ailleurs plutôt appréciée par les Insoumis, qui l’avaient invitée à leurs universités d’été en 2022.Après avoir été exclue du PS en 2007, Sophia Chikirou avait rejoint La Gauche Moderne, un parti social-libéral, très vite soutien de Nicolas Sarkozy.   “Il y aura une alliance objective entre Dati et Chikirou”, croit savoir un cadre parisien de Renaissance. “Elle ne tapera que sur le PS et les Ecolos”, projette-t-il. “LFI a vraiment envie de dégager le PS. Ils tuent la gauche à Paris, et ils la reconstruisent pendant six ans”, indique de son côté un proche de la candidate des Républicains.Des discussions sont actuellement en cours entre socialistes, Ecologistes et communistes et pourraient aboutir à la mi-octobre, selon une source chez les Ecologistes.Faute d’accord sur une union, il est probable que la gauche se présente éparpillée en trois listes au premier tour: une liste PS, une liste LFI et une liste réunissant les Ecologistes, le PCF et l’Après, le parti des ex-Insoumis.

Prison avec sursis requise contre l’ancien maire de Besançon

Huit mois de prison avec sursis ont été requis mercredi à l’encontre de Jean-Louis Fousseret, maire de Besançon de 2001 à 2020, et un an avec sursis contre sa collaboratrice de cabinet, jugés pour détournements de fonds publics et prise illégale d’intérêt.  Il est reproché à l’ancien édile (La République en marche), aujourd’hui âgé de 78 ans, d’avoir licencié, début 2020, Alexandra Cordier, sa collaboratrice de cabinet, alors qu’elle avait l’intention de présenter sa candidature aux élections municipales de mars 2020, Elle avait perçu au total 82.750 euros pour ce licenciement. La Chambre régionale des comptes avait estimé dans un rapport publié en 2024 que l’ancienne conseillère technique au cabinet du maire de Besançon (entre 2008 et 2019), aurait dû démissionner sans recevoir d’indemnité, pour pouvoir se lancer dans la campagne.  Me Levent Saban, avocat de la Ville de Besançon, partie civile, a estimé que le délit de prise illégale d’intérêt est constitué par la participation de l’ancien édile à toute la campagne électorale d’Alexandra Cordier. Le maire sortant figurait en dernière position sur la liste de Mme Cordier. “On a affaire à un licenciement de pure complaisance car les 82.750 euros sont bien sortis des caisses de la collectivité” a insisté le procureur Julien Babé. “Il y a eu entente entre les deux prévenus”, a-t-il soutenu, avant de requérir un an de prison avec sursis, 30.000 euros d’amende et une peine complémentaire d’inéligibilité contre Mme Cordier, et huit mois de prison avec sursis, 20.000 euros d’amende et un an d’inéligibilité contre l’ancien maire.  L’un des avocats de la défense, Jérôme Pichoff, a plaidé la relaxe de l’ancien maire :”Jean-Louis Fousseret n’a pas commis d’infraction sur le plan matériel, ne s’est pas enrichi, et n’a pas cherché à enrichir qui que ce soit. Il a cherché à faire cesser une incompatibilité qui lui apparaissait évidente pour des raisons politiques et éthiques”, a-t-il plaidé, précisant que “les services juridiques et administratifs de la mairie ont été sollicités” sans qu’une mise en garde n’ait été formulée.Emmanuel Touraille a aussi plaidé la relaxe de Mme Cordier : “Elle était prête à démissionner la veille de l’élection municipale en mars 2020 (…) Ça lui a été refusé par le maire”, qui a voulu la “licencier dans le cadre de (son) pouvoir discrétionnaire”. M. Fousseret a lui déclaré “se sentir sali et meurtri par cette procédure après 40 ans de vie politique”. La décision sera mise en délibéré.

A l’ouverture de la session, le RN de retour dans les instances de l’Assemblée

Le Rassemblement national de retour au Bureau de l’Assemblée : laissé à la porte de la plus haute instance exécutive de la chambre basse en 2024, le groupe de Marine Le Pen a récupéré mercredi deux vice-présidences, au grand dam de la gauche qui appelait à un “front républicain”.C’était le premier acte de la nouvelle session ordinaire du Parlement, qui rouvre ses portes dans un certain brouillard : en l’absence de ministres, le socle commun du centre et de la droite tente de finaliser un accord de gouvernement et de s’entendre sur la composition de l’équipe qui entourera le Premier ministre Sébastien Lecornu, nommé le 9 septembre.A l’issue d’un seul tour de scrutin, les députés RN Sébastien Chenu (341 voix) et Hélène Laporte (340 voix) ont retrouvé les vice-présidences de l’Assemblée qu’ils avaient occupées entre 2022 et 2024. Un poste en vue permettant de diriger les débats dans l’hémicycle depuis le perchoir, et de notabiliser un RN en quête de responsabilités.”C’est une victoire pour nos onze millions d’électeurs, qui ont droit, comme chaque Français, au respect de leurs idées”, a estimé sur X la cheffe de file des députés RN Marine Le Pen.Les insoumises Clémence Guetté (501 voix) et Nadège Abomangoli (501 voix et promue première vice-présidente) retrouvent également leurs postes, avec les voix de la gauche mais aussi de l’essentiel des autres groupes.Christophe Blanchet (MoDem, 387 voix) et Marie-Agnès Poussier-Winsback (Horizons, 385 voix), complètent le collège des six vice-présidents. A l’inverse, les écologistes et la droite perdent une vice-présidence, comme Renaissance, le groupe de Gabriel Attal, qui a laissé la sienne au MoDem.Un scénario mis sur le métier depuis des mois, notamment par la présidente de l’Assemblée Yaël Braun-Pivet (Renaissance), qui souhaitait une répartition proportionnelle au poids des groupes, contrairement à l’an passé. Son poste à elle n’était pas renouvelé.- La gauche agacée -La gauche s’est insurgée face à ce résultat: “Nous regrettons que des députés RN puissent avoir été élus par des députés ayant participé au front républicain” lors des législatives anticipées, a regretté la porte-parole socialiste Mélanie Thomin, l’écologiste Jérémie Iordanoff dénonçant un accord “extrêmement grave” entre bloc central et RN.Le Nouveau Front populaire avait profité l’an dernier d’une démobilisation d’une partie du socle commun pour décrocher une majorité au bureau de l’Assemblée, qu’il devrait perdre cette année.Cette fois, dos au mur, insoumis et écologistes ont longuement discuté de qui devait perdre sa vice-présidence. Selon des sources parlementaires au socle commun et à gauche, les groupes de gauche se sont accordés sur le fait que les insoumises avaient vocation à être élues en priorité. Une information dûment transmise à Mme Braun-Pivet, selon un cadre du socle commun.Mais les écologistes ont maintenu deux candidatures, pour qu’un vote ait lieu dans l’hémicycle.L’Assemblée a aussi reconduit sans difficulté les trois questeures sortantes : Christine Pirès Beaune (PS), Michèle Tabarot (LR) et Brigitte Klinkert (Renaissance) restent chargées de la bonne santé financière de l’institution. Douze députés-secrétaires seront désignés jeudi matin pour compléter le nouveau Bureau.Egalement remises en jeu jeudi après-midi les présidences des commissions permanentes, dont l’emblématique commission des Finances, réservée à l’opposition. Le sortant Eric Coquerel (LFI) espère garder son poste. Le socialiste Philippe Brun, que des rumeurs annonçaient candidat, a indiqué à l’AFP qu’il soutiendrait comme son groupe Eric Coquerel.Le socle commun tentera de reprendre les présidences des Affaires économiques et des Affaires culturelles, remportées par la gauche en 2024.- Motion de censure attendue -Une fois en ordre de marche, l’Assemblée va pouvoir reprendre ses travaux habituels à partir du 6 octobre. Le Premier ministre devrait prononcer une déclaration de politique générale en début de semaine, selon des sources concordantes.Il devra aussi affronter rapidement une motion de censure de LFI. Le PS pourrait aussi en déposer une, en fonction de ce que lui dira le Premier ministre lors d’une rencontre prévue vendredi, présentée comme celle de la “dernière chance” par le premier secrétaire Olivier Faure.A supposer que Sébastien Lecornu surmonte l’obstacle, peu de textes pourront être examinés les deux premières semaines, en raison de la nomination tardive du gouvernement, attendu en fin de semaine, et qui devrait faire la part belle aux sortants. Le budget sevrait lui arriver sur le bureau des deux assemblées mi-octobre.sl-sac-ama-cma-la/are/cbn